August 16, 2018

Il y a 100 ans : Le travail s’impose à tous, aux colonies comme en France (2)


(Suite.)
Que l’administration soit en tout état de cause formellement hostile à une obligation quelconque dès lors qu’il s’agit du travail de l’indigène, nous pensons que nul n’en saurait douter un moment ; si vous faites valoir les intérêts compromis, la colonie courant à la ruine, soyez persuadés qu’elle en exprimera tous ses regrets en se gardant bien d’agir le moins du monde comme il le faudrait pour y remédier. Elle rééditera et appliquera le mot tristement fameux : « Périsse la colonie plutôt que notre principe. » Et « notre principe », sachez-le, c’est la liberté absolue de l’indigène ; notre politique, c’est de démontrer à celui-ci combien est grand son bonheur d’être administré par nous. Or, comme le bonheur est chose absolument subjective, nous donnons à nos administrés la forme de bonheur qu’ils préféreront toujours à tout autre, à savoir le droit à la paresse.
Quant aux questions de mise en valeur, de productivité, d’expansion économique, ce sont choses qui ne sont que fort lointainement de notre ressort : veiller à ce que nos indigènes ne manquent pas des quelques produits nécessaires à leur subsistance et à leur vie modeste, nos vues ne vont pas au-delà.
Telle est, aucun colon n’y contredira, la manière de voir administrative. Sans doute, des circulaires à belles formules, des arrêtés même viennent çà et là masquer la réalité et faire croire que l’administration a le plus grand souci de fournir à la colonisation la main-d’œuvre dont celle-ci a besoin. Toutefois, à part quelques exceptions, de nous inconnues, mais qui sans doute existent, au moins pour confirmer la règle, il est certain que, du haut au bas de l’échelle, court un mot d’ordre consistant à ne gêner, déranger ou désobliger aucun indigène pour procurer de la main-d’œuvre à une exploitation européenne. Les exemples en abondent.
Par exemple, l’indigène qui n’a pas payé les impôts dans les délais prescrits ne devrait-il pas être mis ipso facto et réglementairement mis à la disposition d’un employeur payant ? Or, il n’en est rien, et la masse de ces contribuables de mauvaise volonté continue le petit jeu des atermoiements, des retraites momentanées, pour aboutir finalement à quelques inutiles journées de « boîte ».
 (À suivre.)
Paul Desloy.
Le Courrier colonial


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 73 titres parus à ce jour.

August 15, 2018

Il y a 100 ans : Le travail s’impose à tous, aux colonies comme en France (1)


Un Français peut-il se soustraire aujourd’hui à la loi du travail si son âge ou les circonstances le mettent à l’abri du danger ? Évidemment non.
N’en est-il pas de même pour les indigènes de nos colonies qui restent chez eux et ne viennent pas au secours de la mère patrie ?
La Grande Île souffre, comme l’a souvent exposé le Courrier Colonial, d’un mal qui menace d’enrayer très sérieusement l’essor plein de promesses qu’avait pris, depuis plusieurs années, la colonisation : la crise de la main-d’œuvre s’aggrave de plus en plus, de nombreuses entreprises se voient dans la nécessité de réduire leur champ d’action et il n’est pas exagéré de dire que la puissance productrice de la colonie est menacée de décroître rapidement.
Pour remédier à cette situation alarmante, on a préconisé de nombreux remèdes, trop nombreux, peut-on dire, car chacun d’eux ne représente jamais qu’un expédient provisoire, n’abordant pas de front le problème pourtant simple dont la donnée est celle-ci : il y a crise de main-d’œuvre, mais il y a abondance de bras.
Dès lors, une seule solution s’impose, le travail obligatoire, solution radicale, certes, mais en dehors de laquelle tout le reste n’est que vaines paroles.
C’est pourquoi il faut grandement louer le Syndicat des Agriculteurs de Madagascar d’avoir, pour son coup d’essai, osé ce coup de maître de réclamer le travail indigène obligatoire.
Cette audace est faite pour réveiller et exciter la sensiblerie des ignorants ou des retardataires qui ne vont pas manquer de faire quelque comparaison imbécile avec un retour à l’esclavage.
De là une série de discussions qui n’est, hélas ! pas près de finir et qui retardera d’autant l’ère du nouveau régime : d’une part, le bloc des chefs d’entreprises petites ou grandes, dont l’œuvre se trouve compromise par l’impossibilité d’obtenir du travail de l’indigène ; d’autre part, l’énorme machine administrative, puissamment secondée par une certaine opinion empreinte d’un libéralisme en porte-à-faux, n’admettant pas que la loi du travail universel s’applique aux gens dont la peau est colorée, tout comme aux autres. Qui de nous, en France, n’est pas obligé de travailler ou exposé à se faire tuer pour la patrie ?
(À suivre.)
Paul Desloy.
Le Courrier colonial


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August 12, 2018

Il y a 100 ans : M. le Gouverneur Général à Majunga


M. Merlin a quitté Tananarive jeudi dernier pour se rendre à Majunga. D’après les derniers journaux de la côte ouest, le Gouverneur Général s’arrêtera à Marovoay et y séjournera deux jours pour visiter la canalisation de cette ville. Il prendra passage à 6 heures du matin sur une chaloupe de la Cie de Batelage et débarquera au Wharf de Majunga vers 2 heures du soir. Les réceptions officielles des Corps constitués et Services auront lieu à la Résidence à 4 heures. La journée sera consacrée à la visite de la ville et à l’examen sur place des questions intéressant les travaux en cours projetés, notamment ceux relatifs aux améliorations à apporter au port. Ensuite, la Commission municipale, la Chambre consultative et le Comice agricole tiendront une réunion à la Résidence, sous la présidence de M. le Gouverneur Général. Puis un kabary aura lieu au Marché couvert. M. le Gouverneur Général quittera Majunga par une chaloupe du Batelage pour se rendre à Boanamary d’où il partira, après une visite aux Établissements de la Cie Générale Frigorifique, pour Maevatanana.
M. le Gouverneur Général sera accompagné du directeur des Finances, de son Chef de Cabinet et de son Chef de Secrétariat particulier.

Annuaire de Madagascar

L’Annuaire de Madagascar de 1918 vient de paraître. Avis aux intéressés.

On dit…

Que, prochainement, la réquisition générale du riz sera étendue à toute la Province de Tananarive et aux circonscriptions de l’Itasy et d’Ankazobe.
Que le vapeur Bankoku-Maru sera à Tamatave vers le 30 juin. Après avoir débarqué les nombreuses marchandises destinées aux commerçants et particuliers de notre ville, il chargera pour la Réunion ris, maïs, etc., et repartira de l’île voisine avec un chargement de rhum et de sucre.

T. C. E.

Le T. C. E. organise pour samedi soir, comme il l’a fait samedi dernier, un train spécial pour Tamatave à l’occasion des courses.

Viande de cheval

Le cheval qui l’autre jour s’est cassé la patte a été abattu et la viande, vendue ce matin au marché.
Le Tamatave


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August 10, 2018

Il y a 100 ans : Tournée d’inspection


Le Général Commandant supérieur Nicolle s’est rendu à Majunga à l’effet d’aller inspecter les postes militaires de la côte ouest. Il s’est embarqué à Majunga sur le Léon Saury à destination de Basalampy puis, prenant la voie de terre, est remonté vers le nord pour visiter Bokarano ; ensuite, se dirigeant vers le sud, il a inspecté les postes de Bekodoka, Kandreho, Tsiandro, Maintirano, Malaimbandy, Morafenobe et est arrivé à Antsirabe. Là, il a pris l’automobile pour Tananarive. Dans cette tournée, il était accompagné de M. le Directeur du Service de Santé Camail et du Capitaine Bleusez. Il s’est montré satisfait du bon fonctionnement des divers services militaires, a témoigné la plus haute bienveillance aux officiers et sous-officiers qui dirigeaient ces postes, et s’est intéressé à la condition morale et matérielle des militaires européens et indigènes, les interrogeant sur leur position sociale, leur état de santé et leurs précédents militaires. Cette tournée laissera un profond souvenir aussi bien chez les Européens que chez les indigènes de ces régions-là, car il y avait longtemps qu’on n’avait vu un général passer par là ; ce n’est, en effet, qu’avant la guerre, en 1913, que le Général Riou avait accompli une tournée suivant le même itinéraire.

Avis

L’Administrateur des Colonies, Chef de la Province et Maire de Tamatave, a l’honneur de porter à la connaissance du public le télégramme suivant qui lui a été communiqué par M. le Directeur des Magasins Généraux et qui est susceptible d’intéresser le commerce local :
« On offre fret Tamatave-New York par un voilier deux mille tonnes à 65 dollars tonne cubique assurance tous risques huit pour cent consul Amérique signale comme produits demandés par États-Unis cuirs, bois ; pensons que chargeurs pourraient profiter occasion pour charger cuirs rebutés par Intendance également bois dont chargement difficile pour Métropole ; syndicat interviendrait pour faire évacuer par côtiers des ports secondaires sur Tamatave ; prière indiquer si exportateurs seraient disposés charger ; communiquez. Syndicat chargeurs. »
Le Tamatave


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August 8, 2018

Il y a 100 ans : Les archives au feu


Sous ce titre, la Tribune de Madagascar plaide la cause des archives de la Grande Île qui ne semblent pas assez protégées et dont la perte peut avoir des conséquences fâcheuses.
C’est ainsi que notre confrère nous rapporte qu’en 1914, dans l’incertitude de l’avenir, des chefs de postes, notamment dans l’Ouest, reçurent l’ordre de brûler leurs archives pour réduire leurs impedimenta.
Ainsi disparut, dit notre confrère, le témoignage des méthodes employées par les officiers de Gallieni – entre autres le fameux capitaine Maritz – pour maîtriser d’abord et pacifier ensuite les tribus un peu trop remuantes.
La Tribune de Madagascar trouve que le feu est une façon d’administrer aussi difficilement admissible aux colonies qu’en France ! Aussi, conjure-t-elle l’administration de conserver soigneusement les archives qui lui restent encore et de les mettre à jour.
Nous sommes moins respectueux que notre confrère vis-à-vis de ces vieilles paperasses. Pour une qui peut présenter quelque utilité, il y en a des milliers qui encombrent inutilement les cartons.

Les bois malgaches à Maurice

Dans une remarquable étude que notre confrère Croix et Patrie de Maurice consacre aux sleepers, il est fait mention des bois et de ceux qui les coupent.
Il y est indiqué particulièrement que les bois demandés par Maurice à Madagascar sont gercés, fendillés, et marqués pour une usure rapide ; ceux de Maurice sont au contraire sans reproche.
Est-ce la faute des bûcherons malgaches ? Non, nous dit encore notre confrère, puisque les excellents bûcherons mauriciens sont des créoles issus de… Malgaches ou des Malgaches venus directement de la Grande Île. Et ces bûcherons seraient encore plus experts s’ils ne buvaient pas le samedi et le dimanche ce qu’ils ont gagné pendant la semaine.
Le Courrier colonial

Mort au champ d’honneur

Mondain (René), aspirant au 11e de ligne. – Tué à Verdun, dans la tranchée de première ligne, le 2 ou le 3 juin 1918, à l’âge de 20 ans.
M. Mondain (René) était de fils de M. G. Mondain, président de la Mission protestante française de Madagascar.
Journal officiel de Madagascar et dépendances


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August 6, 2018

Il y a 100 ans : Ce qu’on appelle encourager le colon


Le Djemnah quittait le port de Tamatave le 10 avril dernier au grand désespoir du commerce local qui maudissait une fois de plus « l’organisation administrative ».
Que s’était-il donc passé ?
Un fait banal à force de se répéter, mais qui n’en est pas moins déplorable, car il arrivera un jour où les colons se désaffectionneront de la métropole qui, vraiment, se moque trop d’eux.
Des commerçants de Tamatave avaient obtenu l’autorisation d’exporter à la Réunion et à Maurice diverses marchandises, notamment du riz et autres plus ou moins périssables. Les preneurs avaient conclu leurs achats à des prix assez élevés pour les avoir plus tôt en profitant du départ du Djemnah.
Tout s’annonçait bien lorsqu’au dernier moment, la Colonie fit savoir qu’elle réquisitionnait tout le vide du bateau et que les marchandises des particuliers partiraient par le prochain courrier, c’est-à-dire ce mois de juin, au plus tôt.
Devant ce coup du sort, les commerçants lésés signèrent une pétition adressée au gouverneur général. Dans cette pétition qu’appuyait l’administrateur-maire, les signataires demandaient qu’on réquisitionnât le Sidon pour emporter les marchandises à la Réunion et à Maurice.
Le courrier qui nous est arrivé ne dit pas si leur désir a été exaucé.

Les patentes

Estimant comme insuffisamment étudié et susceptible d’apporter des troubles dans certaines industries, ou tout au moins de leur imposer des charges exagérées, l’arrêté du 5 décembre dernier, inséré à l’Officiel du 10 décembre, qui modifie l’arrêté sur les patentes, la Chambre consultative de Tananarive a émis le vœu que cet arrêté ne soit pas appliqué avant une nouvelle étude et une complète révision.

Le ricin à Madagascar

M. Dussac, originaire de la Réunion, vient d’être chargé par le sous-secrétaire de l’Aéronautique d’une mission à Madagascar en vue d’intensifier la culture du ricin. M. Dussac, qui doit partir incessamment, emportera quelques tonnes de graines de première qualité qu’il utilisera, sitôt débarqué.
Le Courrier colonial


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August 5, 2018

Il y a 100 ans : La mode à Madagascar


Connaissez-vous miss Ruth Roland ? Non, probablement. Laissez-moi donc vous dire que c’est un beau brin d’Américaine, fréquentant le « Cercle Rouge » de Tananarive. Cette demoiselle porte, avec beaucoup d’art d’ailleurs, une espèce de « suivez-moi, jeune homme » minuscule, attachée aux épaules.
Or, si ce fait ne vous dit rien, j’ajouterai que depuis l’arrivée de cette… alliée, toutes les dames comme il en faut de Tananarive ont cru devoir suivre un exemple aussi… transatlantique.
Cet ornement vestimentaire rappelle d’ailleurs assez le petit rectangle que portent les Sammies en guise d’épaulettes, mais comme la mode ne saurait se contenter de drap vulgaire, le nouvel… insigne se fait en mousseline ou en dentelle vaporeuse ou en soie changeante, du plus agréable effet.
Qu’on vienne donc encore après cela prendre les colons pour des paysans du Danube ; à défaut d’eux, leurs femmes… et leurs dames démontrent bien le contraire.

La vie chère dans la Grande Île

La vie est chère en cette quatrième année de guerre, c’est entendu, mais tout de même, il y a des pays où certains exagèrent.
On nous écrit de Tananarive que le pain vaut actuellement là-bas 1 fr. 20 le kilo et le vin 4 francs le litre. On n’ose pas encore, en France, nous faire des prix pareils, mais ça viendra peut-être aussi. Ne désespérons pas.
Les colons de l’Émyrne ne se souviennent pas sans quelque amertume que Vigné d’Octon – quand il était député – avait fulminé contre eux parce qu’ils prétendaient développer la culture du blé et de la vigne sur les Hauts Plateaux.
Aussi, pourquoi les colons malgaches n’étaient-ils pas tunisiens ? Vigné d’Octon les aurait approuvés tout de suite.
Le Courrier colonial

Quinine

À l’Officiel paru le samedi 1er juin, un Arrêté du 29 mai fixant, jusqu’à nouvel ordre, la distribution de la quinine aux particuliers : aux Indigènes, à 0,15 fr. le gramme ; aux Européens, au prix de revient de leur province, majoré de 25 %.
On nous prie de demander qu’il soit fait connaître ce prix de revient, par simples affiches modifiées à chaque fluctuation.
Le Tamatave


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July 28, 2018

Il y a 100 ans : Soirée au profit des œuvres de guerre


La représentation théâtrale donnée le 8 juin par des acteurs malgaches et des amateurs de la ville au profit des œuvres de guerre a eu un succès sans précédent.
La salle du théâtre, quoique assez grande, n’a pu contenir tout le monde et bon nombre de spectateurs ont dû se retirer faute de place ; aussi espère-t-on donner une seconde représentation samedi prochain.
Les décors d’un goût parfait étaient l’œuvre d’artistes amateurs de notre ville, et ont été très remarqués. Les acteurs et actrices se sont surpassés et méritent toutes nos félicitations, ainsi que les organisateurs de cette charmante fête. Nous devons les remercier tous de leur loyalisme et de leur dévouement à notre chère France.
La recette a été de 600 francs environ.

La chaussure nationale

Les chaussures se vendent actuellement 50 francs et on nous prédit qu’à la fin de l’année elles atteindront 100 francs.
Comme remède à cet état de chose, certaines personnes voudraient que la colonie fasse venir de la chaussure nationale qu’elle vendrait à la Mairie en même temps que le riz.
Transmis à qui de droit.

Tribunal correctionnel

Dans son audience extraordinaire du 10 courant, le tribunal a prononcé les condamnations suivantes :
Rakoto, ancien employé du Wharf, pour vol de deux angady au préjudice de la dite société, a été condamné à 3 mois de prison.
Boto, pour avoir, le 7 janvier, dérobé à son employeur 20 kilogs de riz, s’est vu condamné à 6 mois d’emprisonnement.
Le Tamatave

Les colons des Comores et de Nossi-Bé ont satisfaction

Nous avons une bonne nouvelle à annoncer à nos lecteurs des Comores qui nous avaient adressé de nombreuses lettres de protestation contre la suppression de l’escale de Mayotte.
Sur un rapport de M. Francis Mury, faisant connaître les graves conséquences qui pouvaient résulter de cet état de choses pour nos compatriotes, en si petit nombre aux Comores, le rétablissement de l’escale de Mayotte a été décidé.
Pour donner satisfaction à un député des colonies, M. Bonisson a décidé que les paquebots des Messageries Maritimes toucheraient également à Nossi-Bé.
Le Courrier colonial


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July 27, 2018

Il y a 100 ans : Reims serait défendu par des Noirs


Un message allemand semi-officiel, destiné plutôt aux civils boches qu’aux neutres, prétend que Reims n’a aucune valeur tactique ni stratégique. Les Boches désiraient bien l’épargner, mais au lieu de l’évacuer les Français mettent leurs adversaires dans l’obligation de réduire cette ville en ruines par le bombardement.
Cette résistance à la manière de Don Quichotte semble d’autant plus incompréhensible aux Boches que, suivant eux, « la défense de la ville a été laissée entièrement à des nègres du Sénégal et de Madagascar ! »
Le Courrier colonial

Travaux publics

Par contrat du 18 mai 1918 passé entre le Gouverneur Général de Madagascar et Dépendances et M. Muller, chef de bataillon en retraite, officier de la Légion d’honneur, demeurant à Tamatave, il a été convenu ce qui suit :
M. le commandant Muller s’engage à servir pendant trois années à Madagascar et Dépendances, en qualité d’inspecteur des parcs et jardins de la Colonie.

Départ de troupes

Par le Bosphore se sont embarqués pour une destination inconnue près de 500 soldats appartenant à la classe 18 et quelques territoriaux.
300 soldats créoles venant de la Réunion sont partis pour Tananarive jeudi matin.

Le riz

Les Réunionnais ne sont pas contents du riz que la Colonie de Madagascar leur a envoyé dernièrement.
Toute la presse de ce pays critique cet envoi.

Importations

Le vapeur Bosphore a débarqué dans notre port les marchandises suivantes : 1 106 caisses de savon, 183 balles de tissu, 508 balles de sucre, 18 ballots de gonis, 345 sacs de charbon, 2 automobiles, 1 canot automobile, 91 colis machines, 30 colis divers, 1 voiture automobile.
Le vapeur anglais Clan Macrae venant de Durban débarque dans notre port les marchandises suivantes : 2 106 sacs ciment, 147 balles de tissu, 4 colis poterie, 15 colis divers, 3 014 caisses savon, 12 colis autos, 35 colis papier, 398 caisse de gin de Whisky, 1 402 caisses de bougies, 194 caisses de pâtes, 35 caisses de vin, 197 caisses de lait, 181 caisses de confiture, 27 colis acide, 1 chaudière, 5 caisses de chaussures, 3 040 caisses de pétrole, 50 caisses allumettes, 5 caisses de fromages, 10 caisses coaltar, 25 caisses de porter.
Le Tamatave


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July 22, 2018

Il y a 100 ans : Vol


Le 28 courant comparaissait devant le tribunal correctionnel de Tamatave un indigène du nom de Botoany, accusé d’avoir soustrait chez M. Gustave Streuli 156 boîtes de fil d’une valeur de 1 560 francs. Le Malgache, après avoir nié « naturellement », a reconnu avoir volé 2 bobines de fil et les avoir vendues à une dame de la ville ; alors qu’il avait vendu 20 boîtes à cette dame. Puis, s’étant renfermé dans le mutisme le plus complet, on n’a pu savoir ce qu’étaient devenues les autres boîtes de fil.
Le tribunal l’a condamné à 2 ans de prison et à 100 francs d’amende.

Les colis postaux de Tamatave à Tananarive

On se plaignait dernièrement que les colis postaux envoyés de Tamatave dans le Sud du côté d’Antsirabe stationnaient trop longtemps à Tananarive. On nous fait savoir aujourd’hui qu’ils arrivent plus vite « en ce sens » que les derniers envoyés sont arrivés à destination ; mais on attend encore les premiers.

Avis

À l’occasion des prochaines réunions de courses à Tamatave, il sera délivré dans toutes les gares du chemin de fer T. C. E. des billets aller et retour à demi-tarif pour Tamatave et dont la durée de validité est fixée du 3 au 22 juin inclus.

Le courrier de France

Le Crimée, porteur de notre courrier de France, parti de Port-Saïd le 20 mai, aurait en cours de route reçu l’ordre de retourner à Port-Saïd, son point de départ.
Le Bankoku-Maru a quitté, dit-on, Port-Saïd depuis 4 ou 5 jours pour Madagascar. Nous donnons ces nouvelles sous toutes réserves.

Justice

Par arrêté du 23 mai 1918 et rapporté l’arrêté du 21 janvier 1918, nommant provisoirement M. Virassamy juge-suppléant du tribunal de 1re instance de Tamatave, M. Frelant, adjoint des services civils, a été nommé provisoirement juge-suppléant au tribunal de 1re instance de Tamatave, en remplacement de M. Genser, appelé à d’autres fonctions.

Le graphite

La société La Maskar vide ses magasins en chargeant à outrance son graphite sur le vapeur anglais Clan Macrae. Et les autres exploitants de graphite la regardent faire.
Heureuse société !
Le Tamatave


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July 20, 2018

Il y a 100 ans : Les automobiles administratives


Chaque fois que des personnages de marque viennent nous visiter, comme dernièrement les officiers anglais du Minerva, l’Administrateur-Maire n’a, pour leur faire visiter la ville et ses environs, que quelques pousse-pousse à sa disposition.
Trouvant que ce mode de locomotion est un peu rococo, surtout depuis que les habitants de Tamatave possèdent des automobiles, l’Administrateur-Maire va quémander une auto pour ses visiteurs, tantôt chez les uns, tantôt chez les autres, qui ne lui refusent jamais mais qui, somme toutes, ne sont nullement obligés de faire la charité à la ville ou à la colonie.
Connaissant cet état de choses, le Gouverneur Général a résolu de mettre à la disposition des Administrateurs de Majunga, Diégo et Tamatave une automobile pour chacun de ces derniers ports. Mais en ce moment ces voitures sont si rares qu’il a été impossible à la colonie de se les procurer. Et le projet a donc été remis après la guerre.
Donc, si par hasard un autre bateau de guerre ou quelque personnage des nations alliées débarque dans notre ville, on les promènera dans Tamatave, au jardin d’essai, voire même aux courses en pousse-pousse, pendant que des particuliers les croiseront en automobile. Ce qui sera très flatteur pour la commune et pour Madagascar.

Départ des troupes

On nous fait connaître de Tananarive que les départs pour France d’Européens et d’indigènes vont recommencer bientôt. On a déjà fait la révision des engagés pour la durée de la guerre qui étaient inaptes pour la France et ils ont tous rejoint Tananarive.
On a fait de même pour les Européens.

La quinine pour les pauvres

Les personnes nécessiteuses trouvent que la quinine ainsi que les médicaments se vendent très cher dans nos pharmacies, et que les objets de pansement font complètement font complètement défaut à Tamatave. Quant à la quinine, l’hôpital indigène en est complètement dépourvu et nous sommes menacés d’en manquer tout à fait. La Colonie en a demandé en France depuis plusieurs mois, mais n’a encore rien reçu.
Le Tamatave


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July 17, 2018

Il y a 100 ans : Le graphite, une pétition (4)


(Suite et fin.)
Madagascar doit devenir le premier pays producteur de graphite du monde, mais il faut sans délai sauver la situation de l’industrie du graphite qui devient critique ; pour cela, il suffit de laisser libre l’exportation directe du graphite des ports de Madagascar sur les ports de l’Amérique amie et alliée.
Pour conclure, nous demandons la liberté d’exporter librement et directement le graphite de Madagascar de nos ports aux États-Unis.
Après discussion, la Chambre adopte par 14 voix et deux abstentions le principe de cette pétition. Le texte en sera soumis aux conseillers légaux de la Chambre et envoyé ensuite aux Pouvoirs publics par l’entremise de l’Union coloniale.
Elle sera adressée également à toutes personnalités s’intéressant à la question du graphite.

Ceci est fort bien mais il est regrettable toutefois que cette Assemblée ait jugé à propos de faire parvenir ses doléances à qui de droit en se servant du canal du fameux Consortium à l’influence duquel nous devons la situation actuelle.
Dans ces conditions, il y a beaucoup de chances que doléances et pétitions soient étouffées avant d’arriver à destination.
Il est à souhaiter que le nouveau Syndicat reprenne cette affaire pour son compte en évitant de se servir d’intermédiaire aussi peu sûr.

M. Lendresse

Le sous-lieutenant Lendresse (si sympathiquement connu à Tamatave), qui commandait le poste de Bekodoka, y a contracté un accès de fièvre pernicieuse, est tombé gravement malade et a dû être évacué d’urgence sur l’hôpital de Majunga.
Ce poste de Bekodoka qui a vu mourir le sous-lieutenant Paulin est, comme tous les postes de cette région-là, très malsain. En effet, peu nombreux sont les Européens qui n’aient pas été ou rapatriés ou évacués pour maladie ; on a eu à y enregistrer un chiffre de décès relativement élevé et il est excessivement imprudent d’y envoyer des Européens qui n’aient pas fait un séjour colonial antérieur.
En dernière heure, nous apprenons que l’état de santé de M. Lendresse s’est amélioré et nous faisons des vœux pour son complet rétablissement.
Le Tamatave


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 73 titres parus à ce jour.

July 15, 2018

Il y a 100 ans : Le graphite, une pétition (3)


(Suite.)
8° Que le marché américain, obligé de s’alimenter à Ceylan à des prix excessivement élevés, a cherché à s’en affranchir et y remédie par la mise en exploitation de mines de graphite nouvelles qui ont fait passer la production des États-Unis de 2 000 tonnes en 1914 à 12 000 en 1917, mines qui ne doivent le jour qu’au régime protecteur créé par la fermeture du marché malgache.
9° Qu’une influence mystérieuse entrave la liberté du commerce des graphites avec les États-Unis.
En résumé, Madagascar, colonie française, approvisionne largement la France et l’Angleterre en graphite nécessaire pour la fabrication des creusets utilisés par la Défense Nationale et n’est pas autorisée à vendre librement son excédent de production aux États-Unis.
Ceylan, colonie anglaise, vend librement son graphite aux États-Unis et n’en fournit que fort peu en Angleterre.
Le prix du graphite malgache est de 700 à 1 000 fr. au port d’embarquement.
Le prix du graphite de Ceylan est de 2 000 à 2 500 fr. au port d’embarquement ; et pourtant les fabricants de creusets ont démontré que, sans traitement spécifique, le graphite malgache est aussi bon que le graphite de Ceylan.
L’ouverture de nouvelles mines aux États-Unis crée, pour l’après-guerre, une concurrence aux graphites de Madagascar. La levée de l’interdiction actuelle d’exporter directement de nos ports en Amérique aurait pour effet d’affranchir les États-Unis des cours trop élevés des graphites de Ceylan. Cette interdiction n’existe du reste qu’au bénéfice des producteurs de Ceylan et des réexportateurs d’Angleterre et de France.
Une baisse locale considérable sur les cours des graphites à Madagascar est la preuve de l’abondance de ce produit en France et en Angleterre.
L’industrie du graphite est devenue la branche la plus importante des exportations de Madagascar puisque, en dix ans, l’exportation est passée de 0 à 30 000 tonnes, d’une valeur de trente à quarante-cinq millions sur les marchés d’Europe, avec répercussion sur toute la vie économique du pays.
(À suivre.)
Le Tamatave


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July 14, 2018

Il y a 100 ans : Le graphite, une pétition (2)


(Suite.)
2° Que les 6 ou 8 000 tonnes de graphite de Madagascar exportés de Marseille ou d’Angleterre, outre qu’ils ont parcouru des mers à navigation dangereuse, ont fait un trajet inutile et ont encore privé la Métropole d’un pareil tonnage de produits de première nécessité tels que conserves de viande, cuirs, fécules, maniocs, pois du Cap, haricots, rafia, etc., dont ils ont pris la place sur les paquebots.
3° Que l’envoi direct de paquebots, vapeurs ou voiliers venant chercher des graphites à Madagascar permettrait à notre Colonie d’être ravitaillée périodiquement en divers produits que nous ne pouvons nous procurer actuellement en Europe, essence, pétrole, rails, aciers, métaux, lainages, toiles, etc. ; ces échanges commerciaux ont été d’ailleurs à diverses reprises sollicités par les négociants américains.
4° Que la part plus large de Madagascar dans les importations des États-Unis serait un élément de plus pour contribuer à l’amélioration du change entre la France et l’Amérique et aurait également sa répercussion immédiate sur les prix de fabrication des creusets nécessaires à la métallurgie, qu’il réduirait dans une forte proportion, en raison du meilleur marché des matières premières qui entrent dans leur composition.
5° Que par suite du transbordement des produits à Port-Saïd, ce port se trouve encombré et les exportations de Madagascar ne trouvent plus d’autres acheteurs sur place que la seule Société qui exporte directement en Angleterre par les bateaux qui lui sont envoyés par l’Amirauté.
6° Qu’une baisse considérable s’est produite à Madagascar, malgré l’augmentation du prix de toutes les matières premières, baisse qui est occasionnée d’une part par la crise des transports maritimes et les séjours des marchandises à Port-Saïd, d’autre part une quantité trop considérable de graphite exporté sur Marseille, d’où la répartition se fait mal, et enfin par l’interdiction d’exporter directement en Amérique.
7° Que les besoins de la Défense Nationale sont largement assurés en France et en Angleterre par le consortium de l’Union Coloniale Française et par les exportations directes sur l’Angleterre.
 (À suivre.)
Le Tamatave


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July 13, 2018

Il y a 100 ans : Le graphite, une pétition (1)


La Chambre des Mines de Madagascar nous communique les comptes rendus de sa séance du 13 février et de son assemblée générale du 28 mars 1918.
De ces comptes rendus, il ressort que la Chambre des Mines s’est parfaitement rendu compte de la situation déplorable créée par l’interdiction d’exporter directement nos graphites aux États-Unis. Elle décide en conséquence d’exposer ses doléances aux Pouvoirs publics et de leur adresser la pétition élaborée par M. Dreyfus que nous reproduisons ci-après.
Pétition
La Chambre des Mines de Madagascar et les signataires de cette pétition ont l’honneur d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur la situation critique de l’industrie du graphite à Madagascar, situation créée par l’interdiction d’exporter ce produit directement de Madagascar aux États-Unis.
Notre protestation est basée sur les chiffres comparatifs de la production en graphite depuis dix ans, de la production en graphite à Ceylan et de la consommation annuelle américaine en graphite de Ceylan.
Production du graphite de Madagascar (tonnes de 1 000 kg.)
1908 : 19
1909 : 197
1910 : 545
1911 : 1 246
1912 : 2 731
1913 : 6 343
1914 : 7 749
1915 : 11 851
1916 : 25 596
1917 : 26 464 exportées ; production probable : 35 000
Production du graphite de Ceylan (tonnes de 1 106 kg.)
1912 : 32 564
1913 : 28 998
1914 : 14 229
1915 : 12 818
1916 : 16 906 au 24 juillet
Graphite importé de Ceylan aux États-Unis (tonnes de 967,18 kg.)
1911 : 13 116
1912 : 16 791
1913 : 16 996
1914 : 8 755
1915 : 14 491
1916 : 26 222 et 5 828 provenant d’autres pays
Il résulte des chiffres et des faits :
1° Que le graphite malgache ne pouvant être envoyé qu’à Marseille, à l’exception des graphites exportés directement en Angleterre par les soins de l’Amirauté britannique, l’Amérique ne trouve à s’approvisionner presque exclusivement qu’à Ceylan et au prix de 2 000 à 2 500 fr. au port d’embarquement.
(À suivre.)
Le Tamatave


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July 12, 2018

Il y a 100 ans : Antsirabe


D’après les fêtes qui viennent d’avoir lieu à Antsirabe, on peut en augurer qu’après l’achèvement du chemin de fer de Tananarive à Antsirabe, cette région salubre, déjà riche et peuplée, prendra une extension économique considérable.
Ses multiples ressources sont de tout ordre, minérales, pastorales, agricoles ou industrielles.
Le massif de l’Ankaratra, voisin d’Antsirabe, est particulièrement favorisé et semble assuré d’un brillant avenir. On connaît les sources thermales et minérales. On y a également découvert du pétrole.
Le sol est d’une fécondité remarquable, alors que dans le centre de Madagascar le sol est généralement improductif.
Jusqu’à notre arrivée, les indigènes ne cultivaient le riz que dans la mesure stricte de leurs besoins.
Grâce à l’irrigation et aux encouragements administratifs, la riziculture s’est si bien développée que les exportations de riz sont devenues très importantes.
Les indigènes de la région d’Antsirabe ont même ajouté à cette culture celle du manioc. Le jour où existeront les moyens de transport nécessaires, ces deux produits prendront une extension de plus en plus considérable.
C’est dans cette province que l’on a essayé avec le plus grand succès la culture du blé, de l’avoine, du seigle, de l’orge, du maïs, des pommes de terre, des haricots, etc. Si on avait continué la culture du blé, le pays en produirait assez pour suffire à la consommation de toute la colonie.
Comme cultures industrielles, on développe la culture du mûrier à Antsirabe où l’industrie de la soie devient prospère. Il y existe aussi des sécheries et féculeries de manioc, des brasseries, des décortiqueries de riz. Des machines extraient, broient, lavent les minerais aurifères.
Le gouvernement de la colonie y a encouragé le développement de l’hydraulique industrielle, un des éléments les plus nécessaires à la mise en valeur de l’île.
La province d’Antsirabe est une de celles où la civilisation a fait les plus rapides progrès.
Les colons s’y sont installés en fort grand nombre, séduits par la fertilité du sol et la salubrité du climat, le plus tempéré de Madagascar.
La population indigène, de son côté, est la plus dense de l’île.
Le Tamatave


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