January 22, 2019

Il y a 100 ans : La main-d’œuvre malgache est inconstante


Monsieur Le Directeur,
J’ai lu avec intérêt l’article paru dans votre numéro du 28 septembre dernier sur la main-d’œuvre. Vous êtes un partisan résolu du livret de travail pour les indigènes malgaches.
Voulez-vous me permettre de vous donner un avis personnel et de vous assurer que je ne crois nullement à l’efficacité de ce système ?
Le Malgache est le plus parfait bohème que je connaisse. Pour peu que soit uniforme et suivi le travail qu’on lui demande, il lâche inévitablement son employeur.
Peu lui importe même sa famille : il ira dans une autre région, à plusieurs jours de marche, à la recherche d’un travail ayant l’attrait du nouveau.
Il lui faut du changement : changement de patron, changement de travail, changement de région. Il ne peut se contraindre à penser qu’il lui faudra, pendant les jours, des mois, des années, ne s’occuper que d’un seul travail et toujours du même.
Vous pensez, combien avec cette mentalité, il est difficile d’arriver à un résultat pratique dans le commerce ou l’industrie.
Un colon ne peut dans son exploitation monter un cinéma ou engager une troupe théâtrale permettant à son personnel indigène de s’attacher à lui uniquement à cause des distractions qu’il lui donne ?
Toute entreprise demande, au contraire, pour qu’elle ait une chance de réussite, un travail d’une extrême régularité. Le succès est à ce prix.
Combien sont nombreux les colons et les industriels qui, par la faute de ces travailleurs vagabonds, ont dépensé leurs capitaux sans espoir de les retrouver jamais !
Leurs espérances, leur courage, leur foi en l’avenir, tout a sombré dans le néant, et cela par l’inconstance et la pénurie de la main-d’œuvre indigène.
Certes, l’obligation du livret individuel serait un progrès, mais je crois le projet difficilement réalisable. En tous cas, le contrôle est difficile, sinon impossible.
Ce n’est certes pas ce papier officiel ni la crainte de la maréchaussée qui corrigeront les Malgaches de leur déplorable habitude de vagabonder.
E. L.
N. D. R. – Nous remercions notre aimable contradicteur, et nous publions toujours avec reconnaissance les critiques qu’on veut bien nous adresser, ayant pour principe que du choc des idées jaillit la lumière.
Le Tamatave



Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 78 titres parus à ce jour.

January 20, 2019

Il y a 100 ans : La législation foncière à Madagascar (2)

(Suite et fin.)
Le décret primitif du 16 juillet 1897 présentait sans doute des défectuosités que l’expérience avait révélées, mais il aurait suffi de quelques modifications pour le rendre pratique.
Pour faire droit aux critiques dont il était l’objet, l’autorité supérieure fit procéder à la rédaction d’un nouveau décret qui fut celui du 11 février 1911. Son apparition souleva un tollé général de la part de tous ceux, magistrats, fonctionnaires ou colons qui ont à s’occuper de lui.
La presse se fit leur écho, et la discussion de ses articles établit que pas un, pour ainsi dire, ne pouvait rester debout, tant il était inepte et d’application impossible.
Une commission fut nommée le 13 mars 1913, chargée d’étudier les modifications à y apporter. Cette commission se mit assez rapidement à l’œuvre et le 25 avril suivant le Président de la Chambre Consultative de Tananarive, en séance, lut le rapport élaboré par la commission.
Ce rapport indique, article, par article, les modifications que la commission a cru devoir apporter au décret du 11 février 1911.
Ces modifications ont été communiquées à la Tribune qui les a publiées jusqu’à l’article 102 inclusivement.
Et la suite ?…
La suite ? nous l’attendons encore, et comme sœur Anne nous ne voyons rien venir.
Or ce n’est pas seulement le décret du 11 février 1911 qu’il est indispensable de modifier, mais encore le régime des concessions lui-même.
La question est trop importante et de trop palpitante actualité pour que nous n’y revenions pas, profitant de ce que la direction de la Colonie est en des mains assez énergiques pour mener la question à bonnes fins.

Chemin de fer T. C. E.

Il nous parvient de divers côtés un desideratum qui nous paraît parfaitement justifié. Il s’agirait de remporter au mardi le départ du lundi tant de Tamatave que de Tananarive.
Ceci permettrait à chacun de pouvoir répondre au courrier arrivant à Tananarive et à Tamatave le samedi soir et distribué le dimanche matin.
On exprime également le désir que les trains de nuit soient rétablis aussitôt que la saison ne fera plus redouter la possibilité d’éboulements dangereux dans la circulation nocturne.
Le Tamatave
Si vous voulez vraiment savoir, la Jirama, ça ne s'arrange pas. Donc, ici non plus. Pour un témoignage (plus catastrophiste que la situation réelle, déjà bien assez affligeante pour qu'il ne soit pas nécessaire d'en ajouter), jetez un œil sur Deep South, l'article paru hier dans L'Express de Madagascar.

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 78 titres parus à ce jour.

January 15, 2019

Il y a 100 ans : La législation foncière à Madagascar (1)


Prévoyant la fin prochaine de l’horrible guerre qui a désolé l’Europe, la presse – surtout coloniale –  se préoccupe de questions qui d’ores et déjà imposent aux pouvoirs publics l’obligation de leur trouver une solution. Le Courrier Colonial ouvre le feu par un article : « Compensations Coloniales ».
Il fait ressortir avec juste raison que, parmi les victimes de cette guerre atroce, les plus dignes d’intérêt se trouvent les agriculteurs des régions envahies. Comment leur rendre leur domaine et leur maison ? Les cadastres de leurs communes n’existent plus ; et réussirait-on à reconstituer les limites de leurs propriétés qu’ils ne retrouveraient que des terres défoncées, bouleversées par la mitraille, les tranchées, les boyaux, les abris souterrains, les ossuaires, etc., c’est-à-dire des terres sans valeur, parce que pour les remettre en état de produire, il faudrait dépenser beaucoup plus que ce qu’elles pourraient valoir. Par suite ces infortunés ont droit à une indemnité.
Mais serait-il possible de les indemniser en espèces ? Le trésor public est trop obéré pour qu’on puisse y songer. Force sera donc de les indemniser en nature, et le collaborateur du Courrier Colonial indique que les riches terres des colonies sont là pour servir à ces indemnités. C’est ce qu’il appelle « Compensations Coloniales ». Sans être neuve, l’idée est juste, le tout est d’en rendre l’exécution possible.
Notre colonie de Madagascar, par exemple, présente, notamment sur les Hauts-Plateaux, et sous un climat tempéré, des terres riches où le cultivateur pourrait trouver, « avec une maison neuve et claire, un champ plus vaste et plus fertile, sous un ciel français où les siens pourraient vivre mieux, moyennant un effort moindre que celui qu’il lui faudrait pour féconder le sol dans son pays dévasté. »
Mais bien des choses s’opposent à la réalisation de ce beau projet. Avant tout et surtout la législation qui, à Madagascar, régit la propriété foncière.
(À suivre.)
Le Tamatave



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January 14, 2019

Il y a 100 ans : Les colons de Madagascar se déclarent satisfaits (4)

(Suite et fin.)
De l’avis de tous, la Colonie a besoin d’un véritable gouverneur énergique et clairvoyant : M. Picquié fut un brave homme ; M. Garbit continua, malgré les avis des colons, la politique néfaste d’Augagneur à l’égard des indigènes, exaltant leurs droits sans insister sur leurs devoirs ; M. Merlin, intérimaire, n’aura fait que passer sans laisser son empreinte…
L’impression excellente, produite dès son arrivée par M. Schrameck, n’a fait que s’accentuer. Il a l’air de s’orienter vers la politique du grand administrateur que fut le général Gallieni. Tout le monde s’en félicitera à Madagascar.
Un Galliéniste.

Le recrutement indigène dans la Grande Île

Le Journal officiel de Madagascar a promulgué le décret en date du 3 août dernier, relatif au recrutement des indigènes de la colonie pendant la durée de la guerre ; il a publié en même temps un extrait du câblogramme du ministre des Colonies, en date du 17 août, et fixant à 4 000 hommes le contingent que doit fournir la Grande Île pendant l’année 1918 ; l’âge des appelés est fixé entre 18 et 35 ans. Enfin, le Journal officiel a publié également un arrêté de M. Schrameck, le nouveau gouverneur général, aux termes duquel les appels seront faits dans l’ordre suivant :
Les célibataires ; les mariés sans enfants ; les mariés, pères de un ou de deux enfants ; les mariés, pères de trois à cinq enfants ; les mariés, pères de plus de cinq enfants ou les veufs, pères de quatre enfants ; enfin, les indigènes dont le frère sera mort sous les drapeaux, des suites de blessures, ou de maladies contractées dans le service.
Dans chacune des catégories énumérées, l’appel doit commencer par les jeunes, ce qui est équitable et logique.
Mais ce décret sera-t-il appliqué ?
Le Courrier colonial

Mort au champ d’honneur

On annonce la mort du lieutenant Bérard, ancien avocat à Tamatave, survenue à l’hôpital de Versailles des suites d’une blessure.
À sa famille nos sincères condoléances.
Le Tamatave

P.-S. Toujours aux prises avec les difficultés d'organisation du travail avec 10 à 14 heures de délestage par jour... (Là, maintenant, je travaille dans le noir, à la seule lumière de l'écran!)


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January 8, 2019

Il y a 100 ans : Les colons de Madagascar se déclarent satisfaits (3)


(Suite.)
Des mesures furent prises sur-le-champ pour l’importation de France de nombreux sujets soigneusement sélectionnés, et pour le développement intensif de la nouvelle race ovine franco-malgache, de façon à vulgariser, chez les indigènes, l’industrie de la laine, arriver à les préserver du froid, et à enrayer ainsi la mortalité qui les décime.
Un jour fut consacré à la visite des usines et plantations de la rive droite du fleuve (concession Vernet, exploitations de la Société nantaise, de la Compagnie lyonnaise) où la culture du café se fait en grand, où des bœufs attelés à des charrues labourent avec méthode et régularité sur des alignements de 2 000 mètres, donnant ainsi au gouverneur général ravi l’impression de nos vastes labours de France.
Le 29, M. Schrameck quittait Mananjary et arrivait le soir à Fianarantsoa où il trouvait chez les colons et les indigènes le même enthousiasme et même accueil empressé qu’aux étapes précédentes. Le lendemain, le 30, il visitait l’hôpital, les haras, les bâtiments publics, assistait à la séance de la Chambre consultative, et recevait les colons avec son affabilité habituelle. Mis au courant de leurs revendications et de leurs desiderata, à peu près semblables à ceux qu’on lui avait déjà soumis ailleurs, il répondait avec même netteté qu’on avait aussi appréciée ailleurs, donnant l’impression d’un homme bien au courant des questions et qui a la ferme volonté de faire au mieux des intérêts de tous.
M. Schrameck était du retour à Tananarive le 1er septembre, satisfait de son voyage et certain, après avoir pris sur place contact avec les colons, d’être en communication d’idées avec eux sur la plupart des points examinés ensemble.
M. Schrameck a pu se rendre compte dans sa première tournée que, si le souvenir du général Gallieni est toujours vivace dans la Grand Île, on n’en peut dire autant de M. Augagneur. Celui-ci, vivant, est certainement plus défunt que le sauveur de Paris dans sa tombe.
(À suivre.)
Un Galliéniste.
Le Courrier colonial



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January 7, 2019

Parfois, c'est la Jirama qui veut pas...

Je ne suis pas très actif ici pour l'instant, croyez bien que c'est à l'insu de mon plein gré. La Jirama fournit l'énergie avec parcimonie ces jours-ci...

January 3, 2019

Il y a 100 ans : Les colons de Madagascar se déclarent satisfaits (2)


(Suite.)
Après avoir visité les importants vignobles de M. Du Cor Duprat et des frères de Sainte-Anne, il quittait Ambositra pour Ambohimahasoa, s’arrêtant en cours de route à la concession de M. Ferré, et se faisant présenter chez M. Delmotte les beaux troupeaux de moutons dont ce colon a amélioré la race et qu’il élève à la française sur sa propriété.
Après une halte à Ambohimahasoa, à Itanadiana, il arrivait à Mananjary, où il était salué par la Colonie européenne et les planteurs des environs, puis, sous une pluie battante, il visitait les plantations voisines, l’importante féculerie de M. Lurat, celle de M. Venot, les domaines de Tsaravary, la magnifique plantation de café de M. Paris, déjeunait à Tsiatosika et se rendait sur les propriétés de la Compagnie lyonnaise. La ferme d’Ambalakondro avec sa bergerie, sa porcherie, sa laiterie, retint longuement son attention. Il s’intéressa particulièrement aux troupeaux de moutons à laine, obtenus par croisement de brebis malgaches avec quelques béliers importés d’Europe. Il s’extasia sur la beauté de la nouvelle race, déjà parfaitement acclimatée, qui permettra peut-être de résoudre à brève échéance un des plus importants problèmes de la vie économique de Madagascar.
La vue des beaux troupeaux qu’il avait devant lui, leur acclimatement et leur accroissement rapide lui suggérèrent l’idée que là était peut-être la solution la plus simple pour parer à la crise de dépopulation qui sévissait si cruellement dans le pays. Il fallait au plus tôt doter chaque agglomération d’un certain nombre de bêtes à laine, en intensifier l’élevage de façon à produire rapidement la matière première qui permettrait aux habitants de fabriquer le tissu protecteur contre les intempéries des saisons. Toutes les femmes des Hauts Plateaux savent plus ou moins carder et filer la soie, la tisser avec un métier rudimentaire, et s’en faire des vêtements légers : elles ne seraient pas embarrassées pour carder et tisser la laine et fabriquer des chauds et solides vêtements d’hiver.
 (À suivre.)
Un Galliéniste.
Le Courrier colonial




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January 2, 2019

Il y a 100 ans : Les colons de Madagascar se déclarent satisfaits (1)


En quinze jours le nouveau gouverneur général de Madagascar s’est installé, a pris contact avec les chefs de service, le Conseil d’administration de la colonie, les notabilités civiles, directeurs ou chefs d’exploitation des sociétés minières, agricoles ou commerciales présents à Tananarive, s’instruisant auprès d’eux de la situation économique du pays, prenant note de leurs desiderata, et le seizième jour, au grand étonnement de tous, il montait en auto, accompagné seulement de son secrétaire et de l’inspecteur général des services agricoles pour faire sa première tournée dans les riches provinces du Sud.
Jamais, depuis le général Gallieni, si profondément regretté de la population malgache, on n’avait vu pareille activité, pareil esprit de décision. À Ambatolampy, important chef-lieu de district sur la ligne du chemin de fer en construction de Tananarive à Antsirabe, M. Schrameck a reçu aimablement les colons et les fonctionnaires qui s’étaient portés au-devant de lui, tout visité et en quelques mots a remercié la population de son accueil chaleureux.
Au kabary du gouverneur indigène qui protestait de son loyalisme, il répondit que les Malgaches pouvaient compter sur toute sa sollicitude, mais qu’il espérait que de leur côté ceux-ci, se souvenant des bienfaits de l’administration française, ne négligeraient rien pour s’en rendre dignes, notamment en apportant le concours de leur main-d’œuvre aux entreprises de colonisation qui enrichissaient le pays. Que va dire M. Augagneur ?
À Ambositra il prit immédiatement contact avec les anciens membres de la Chambre consultative et du Comice agricole, et promit d’examiner soigneusement leurs revendications au sujet de la suppression récente de ces deux assemblées. Il assista à un vin d’honneur où lui furent nettement exposés par M. Pachoud les desiderata des colons. Il y répondit simplement, brièvement, en homme qui connait déjà le pays, donnant à tous l’impression qu’on avait enfin un chef, sur lequel on pouvait compter, en vue de l’essor à donner à la colonie.
(À suivre.)
Un Galliéniste.
Le Courrier colonial
                                                                                                                 

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January 1, 2019

Il y a 100 ans : Décision municipale N° 33


L’Administrateur des Colonies, Maire de Tamatave,
Décide
Article Ier. – Tout producteur, vendeur, dépositaire, détenteur ou propriétaire de riz en paille ou décortiqué, sur toute l’étendue du territoire de la Commune de Tamatave, est tenu, par application de la loi du 20 avril 1916 et de l’arrêté du 2 octobre 1917, de faire la déclaration de ses approvisionnements dans les formes et délais ci-après spécifiés :
Art. II. – Les déclarations seront reçues : 1° pour les Européens et assimilés par M. le Commissaire Central de Police ; 2° pour les indigènes par le Gouverneur indigène de la Commune.
Ces déclarations devront être faites du 8 au 12 novembre 1918 inclus pour les stocks actuellement existants.
À partir du 12 novembre 1918 et jusqu’à ce que les présentes dispositions soient rapportées, toute modification supérieure à une tonne apportée aux stocks existant au moment de la déclaration primitive devra faire l’objet d’une déclaration complémentaire dans les huit jours qui suivront cette modification.
Les déclarants sont invités à produire, au moment de leurs déclarations, toutes pièces ou tous livres de nature à en démontrer l’exactitude
Art. III. – Toute déclaration qui, sans excuse valable, ne serait pas faite dans ces délais, exposerait son auteur aux pénalités prévues pour refus de déclaration.
Art. IV. – MM. le Commissaire Central de Police et le Gouverneur Indigène de la Commune sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution de la présente décision.
Le Tamatave

À la population de Madagascar

Le jour de gloire est arrivé.
L’ennemi effondré a imploré l’armistice. À la nouvelle du triomphe, partout les couleurs nationales ont surgi.
Témoins de la poignante tragédie, générations qui montez à la vie, rendons grâces à nos armées ! Rendons grâces aux gouvernements qui les ont dirigées ! À tous ceux qui se sont sacrifiés pour nous, consacrons un culte de reconnaissance éternelle.
L’histoire ne connaît pas de victoire plus éclatante.
La règne du Droit et de la Justice est pour jamais assuré.
Vive la France !
Vivent les Alliés !
Tananarive, le 12 novembre 1918.
Le Gouverneur Général,
A. Schrameck.
Journal officiel de Madagascar et dépendances



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December 31, 2018

Il y a 100 ans : Recrutement


La guerre est éventuellement terminée. Il est évident que le boche s’avoue vaincu et demande grâce ! La conclusion définitive de la paix n’est qu’une question de jours !
Cependant, fidèles à la consigne donnée il y a six mois, nous travaillons consciencieusement à recruter les 4 000 Malgaches demandés à ce moment !
La paix sera signée et nous continuerons tout de même à recruter et à payer des primes à des engagés plus ou moins volontaires devenus inutiles.
Le Colonel Joalland est parti par le Crimée pour lever des recrues à la Réunion !
Bref, on agit comme s’il ne s’était rien passé de sensationnel depuis six mois !
Nous manquons de main-d’œuvre et l’on veut à tout prix (parce que c’est la consigne) enlever à la Colonie déjà saignée à blanc, 4 000 travailleurs de plus et ce, pour arriver à ce beau résultat : achever de ruiner les entreprises industrielles ou agricoles de ce pays et gaspiller inutilement 4 ou 5 millions !
Nous voulons espérer que les leçons de cette guerre n’auront pas été complètement perdues et que notre administration, tant civile que militaire, saura revenir à une conception un peu plus pratique des choses !
Si le Département intéressé (qui doit avoir d’autres préoccupations) oublie de donner les contre-ordres nécessaires, nous ne doutons pas que notre nouveau Gouverneur Général, justement soucieux de la Colonie de Madagascar, saura les solliciter. Ce faisant, il sauvegardera les intérêts de ce pays et en même temps fera réaliser au budget métropolitain une économie très appréciable.

Citation

Du Bulletin des Armées nous extrayons la belle citation dont M. Jean Martin, mitrailleur sur le Front, si sympathiquement connu à Tamatave, vient d’être l’objet.
Ordre N° 187 du 34e C.A. du 28 juin 1918.
« Excellent mitrailleur plein d’allant et de cran. Protégeant un autre avion de son escadrille et le voyant attaqué par deux biplaces et trois monoplaces ennemis a soutenu le combat avec un sang-froid remarquable réussissant à dégager son camarade — A eu son appareil atteint par de nombreuses balles – Croix de Guerre. »
Nos sincères félicitations à Mme Martin, sa digne mère, et à sa sœur.
Le Tamatave



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December 30, 2018

Il y a 100 ans : Tribune libre [L'élevage du mouton]


M. Le Rédacteur,
Votre article sur l’élevage du mouton à Madagascar renferme assurément des idées très judicieuses, mais il y aurait lieu de faire quelques remarques.
Ce n’est pas la première fois que l’importation et l’élevage du mouton en grand ont été tentés, et ils n’ont pas toujours donné des résultats satisfaits. Je pourrais même citer des noms d’éleveurs des hauts plateaux qui, au lieu d’y avoir gagné y ont perdu une partie de leur fortune. Cela tenait à ce que le climat des hauts plateaux bien que froid est sujet à des écarts de température qui n’ont pas lieu en France et auxquels succombent souvent même les moutons du pays si on ne prend pas certaines précautions. On ne doit donc procéder à des essais qu’avec prudence et en petit au début. De plus, il y a lieu de croire que ce n’est que dans les hauts plateaux que l’élevage du mouton ait des chances sérieuses de réussir
Sur la côte, le climat serait le principal obstacle sur certains points, sur d’autres ce serait la nature du terrain, sur d’autres l’incurie des indigènes etc.
Dans ces endroits-là, ce serait plutôt l’élevage de la chèvre qui s’imposerait. Elle est aussi facile à nourrir que le mouton et elle supporte très bien le climat chaud. Mais là aussi il faudra prendre des précautions.
Veuillez agréer, etc.
Un colon.
N. D. R. L’élevage de la chèvre ne répond pas tout-à-fait au but que l’on se propose dans l’élevage du mouton. Quoique la laine de la chèvre puisse se filer, et soit supérieure comme qualité à celle du mouton, elle est moins abondante et plus difficile à travailler. Quant à la viande, celle de la chèvre ne supporte aucune comparaison avec celle du mouton.

Avis

À l’occasion des récentes Grandes Victoire et de la signature de l’armistice, l’Administrateur-Maire de Tamatave informe la population que, indépendamment du concert qui aura lieu ce soir à 5 heures sur la terrasse du Cercle, une Retraite aux flambeaux aura lieu demain soir mercredi 13 courant de 8 heures à 8 h ¾ et sera suivie d’un concert donné par la Musique militaire de 9 heures à 10 heures sur l’emplacement habituel des concerts du dimanche (square Beckman).
Le Tamatave



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December 29, 2018

Il y a 100 ans : Le torpillage du «Djemnah», récit d’un rescapé


C’était le 14 juillet à 9 heures ½ du soir. La nuit était claire, la lune, quoique parfois voilée par des nuages, éclairait assez pour se conduire.
Un certain nombre de passagers avaient regagné leur cabine, d’autres étaient encore sur le pont, lorsque la torpille lancée par le sous-marin, qui se trouvait à une faible distance du vapeur, fit explosion au milieu du bateau, le fendant en deux. Aussitôt une vague immense envahit le bâtiment, les machines sautèrent et en moins de 2 minutes le vapeur coulait engloutissant près de 500 passagers.
On compte, parmi les disparus, des soldats indigènes rapatriés ou réformés, des familles créoles, quelques Européens dont M. Falque inspecteur de la Garde Indigène, une fillette de M. Guyon, M. Urbain, colon à Mayotte, l’Adjudant Massicard, le sergent Lemoine, etc. Disparurent également le commandant Méric, grièvement blessé à la tête qui coula avec le bateau, le mécanicien Mayol, le commissaire Valentin, et des matelots.
Les rescapés n’eurent le temps que de mettre leur ceinture de sauvetage et de se jeter à la mer. Un seul canot du Djemnah put être mis à l’eau. Les naufragés furent recueillis les uns le soir même, les autres le lendemain matin par la canonnière Below et un chalutier qui convoyaient le Djemnah, et qui les transportèrent à Alexandrie. Ils furent hospitalisés à l’hôpital européen de cette ville.
Les deux enfants de M. Guyon furent sauvées par l’artilleur Albert Dalleau.
Le même soir du 14 juillet, deux cargos marchant de concert avec nous reçurent du même sous-marin une torpille chacun, et coulèrent quelques moment avant le Djemnah.

Américan Consular Service

Me référant aux restrictions sur l’importation du graphite aux États-Unis, j’ai l’honneur de vous informer que suivant un télégramme de mon Gouvernement, en date du 2 novembre courant, il ressort que d’après des règlements en vigueur depuis le 1er octobre dernier, il n’est plus délivré de licences pour l’entrée aux États-Unis du graphite amorphe provenant des pays d’outre-mer. D’autre part, des licences sont actuellement délivrées pour l’importation des graphites de la qualité pouvant servir à la confection des creusets, lorsque les demandes pour les dites licences auront reçu l’appui du War Industrie Board.
Américan Consul Carter.
Le Tamatave



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December 26, 2018

Il y a 100 ans : Au Tribunal


Hier comparaissait devant le tribunal de Tamatave un indigène au service de M. P., colon à Foulpointe. Il était accusé d’avoir soustrait frauduleusement un bœuf au préjudice de son employeur. Il avait avoué le vol à M. P. en présence de plusieurs témoins. Mais à l’audience il a nié le fait malgré la déposition des témoins. Il a été condamné à 18 mois d’emprisonnement et à 100 francs d’amende.
Venait également s’asseoir sur la sellette le nommé Toto accusé d’avoir dérobé à son patron M. T. une sacoche en cuir d’une valeur de 35 francs, des assiettes, des cuillères, des bouteilles de vin, du manioc et du bois de chauffage. Avec l’aide de la police, M. T. a retrouvé tous ces objets dans la case de Toto, mais Toto, assez malin, dit pour sa défense que la sacoche en cuir lui avait été données en cadeau par M. T., que les assiettes appartenaient à une dame L., inconnue et que les cuillères lui avaient été prêtées par le propriétaire de sa case, alors que les cuillères portaient la marque de M. T.
Quant au manioc et au vin, des indigènes sont venus déclarer avoir vu Toto les emporter de chez son patron, cachés sous le lamba.
Cet indigène avait été également condamné l’année dernière à deux mois de prison pour vol, toujours au préjudice de M. T. qui l’avait à son service.
Comme récidiviste il a été condamné à 2 ans de prison, 100 francs d’amande et 5 ans d’interdiction de séjour.

Avis

L’Administrateur des Colonies, Chef de la Province et Maire de Tamatave a l’honneur d’informer la population qu’en raison de la pénurie actuelle du riz et des difficultés d’embarquement de cette denrée à Farafangana, il se trouve dans la nécessité d’en rationner la consommation.
Cette mesure n’est que passagère car des dispositions ont été prises avec les centres de production Majunga, Farafangana, Moramanga, Antsirabe et Émyrne pour rétablir la situation et rendre les approvisionnements normaux dans le plus bref délai possible.
Le Tamatave



Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 78 titres parus à ce jour.

December 24, 2018

Il y a 100 ans : Inauguration du monument Galliéni


Hier à 16 heures, par un temps splendide et au milieu d’une nombreuse affluence, eut lieu l’inauguration du buste Galliéni. Après l’arrivée du Gouverneur Général et des autorités civiles et militaires, la Marseillaise exécutée par la fanfare du 2e Malgaches, Mlle Clarke vint découvrir le buste. M. Caucé le remit à la municipalité en retraçant élogieusement la vie du grand soldat et de l’administrateur hors pair que fut le général Galliéni.
À son tour, M. l’Administrateur-Maire remercia le Comité et son président et prononça un remarquable discours retraçant la vie de l’ancien gouverneur de Madagascar. Puis le lieutenant-gouverneur indigène Heurtevent, dans une allocution, vint dire tout ce que la France et Galliéni avaient fait pour Madagascar et pour les Malgaches.
Enfin, M. le Gouverneur Général prit la parole et, s’inspirant de la vie et des actes du grand Français que nous regrettons, prononça un magnifique discours-programme, où toutes les questions intéressant l’avenir de notre grande colonie furent magistralement traitées.
1° Tout le monde se mettra à l’œuvre pour prendre sa part du grand mouvement d’affaires qui se produira après la guerre.
2° Main-d’œuvre. Enseignement. Assistance médicale. Programme de grands travaux à exécuter à l’aide d’emprunts.
Il choisira, dit-il, des hommes adéquats aux fonctions, mais jamais il ne créera de fonction pour aucun.
Ce langage, qu’on n’était pas accoutumé à entendre, produisit une grande et excellente impression parmi les assistants.
Après ce discours, la musique se fit de nouveau entendre et chacun se retira emportant le meilleur souvenir de cette cérémonie.
La tranquillité la plus parfaite régna partout, grâce à un service d’ordre des mieux organisés.

Cercle de Tamatave

Les incidents que nous avons signalés n’ont eu aucune suite, un arrangement amiable étant intervenu entre le Cercle et M. Caubet.

« Sydney »

Le Sydney est parti mardi soir à 17 heures. Se sont embarqués à destination de France M. le gouverneur général Merlin, M. Hesling, de docteur Bouchez et de nombreux fonctionnaires.
Le Tamatave



Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 78 titres parus à ce jour.

December 23, 2018

Il y a 100 ans : La crise des transports


M. Boussenot, député de la Réunion, a exposé dernièrement au ministre des Colonies la situation faite aux producteurs des denrées nécessaires au ravitaillement du pays, par suite de l’insuffisance des moyens de transport.
Le ministre a répondu qu’il avait obtenu que deux bateaux de 5 000 tonnes affrétés par le Commissariat des transports soient envoyés prochainement à la Réunion pour y charger du sucre, et à Madagascar pour prendre des denrées nécessaires au ravitaillement.
M. Simon a saisi également le Comité exécutif des Importations de la nécessité de prévoir dès maintenant les transports ultérieurs et de distraire quelques bateaux afin d’assurer l’exportation dont la Réunion et Madagascar ont un besoin urgent.

Arrivée de M. le Gouverneur Général Schrameck

M. le Gouverneur Général est arrivé à Tamatave hier matin à 8 heures, par train spécial. La Municipalité, les Corps constitués, toutes les autorités civiles et militaires s’étaient rendus à la gare pour le saluer.
M. Schrameck, avec la simplicité et l’amabilité qui le caractérisent, a eu une parole aimable pour chacun. Il s’est fait présenter par M. l’Administrateur-Maire toutes les personnes qu’il ne connaissait pas. En automobile, il s’est ensuite rendu au Gouvernement Général.
Le Tamatave lui souhaite une respectueuse et cordiale bienvenue.
En même temps que le Gouverneur Général sont descendus à Tamatave le Général Nicole, M. Reynaud de Lyques, Procureur Général, M. Carter, Consul des États-Unis, M. Bidel, directeur des Travaux publics, etc., qui viennent assister à l’inauguration du monument Galliéni.

Inauguration du buste Galliéni

C’est vendredi à 4 heures de l’après-midi qu’aura lieu l’inauguration du monument Galliéni. M. Caucé, président du Comité, remettra le monument à la Municipalité et prononcera une allocution. M. Le Gouverneur Général Schrameck prendra également la parole. Un notable indigène viendra témoigner sa reconnaissance au Général Galliéni.
Dans notre prochain numéro, nous donnerons les différents discours qui seront prononcés.
Le Tamatave



Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 78 titres parus à ce jour.

December 22, 2018

Les habits neufs de la Bibliothèque malgache

Les plus attentifs d'entre vous l'avaient vu venir, car les derniers titres parus dans la collection Bibliothèque malgache, cœur de la maison d'édition Bibliothèque malgache (oui, il faut suivre...) suivaient, comme on dit, une nouvelle charte graphique. Les modifications sur les titres parus précédemment (au total, il y en a 25, soit presque un tiers de la production totale des éditions) ne se sont pas faites en un jour - j'aurais aimé, pourtant... Enfin, voilà, tous les livres (numériques, faut-il le rappeler?) sont rhabillés, les autres collections suivront, quand j'en trouverai le temps. La présentation actuelle ressemble à ceci.


December 20, 2018

Les arts malgaches à la Bibliothèque malgache


Deux ouvrages paraissent simultanément à la Bibliothèque malgache, pour prolonger l’exposition parisienne Madagascar. Arts de la Grande Île, au musée du quai Branly-Jacques Chirac (du 18 septembre 2018 au 1er janvier 2019).


Madagascar et les colonies excitent bien des appétits en France et la presse en témoigne pendant l’époque coloniale. D’autres volumes publiés par la Bibliothèque malgache compilent quantité d’articles parus dans les journaux de Madagascar ou de métropole, sur le ton général de : nous apportons la civilisation à ces grands enfants que sont les Malgaches, en échange nous prenons dans la Grande Île de quoi accroître nos richesses en même temps que nous offrons aux courageux colons les meilleures conditions pour entreprendre et prospérer.
Nous avons fouillé cette presse à la recherche de textes qui se seraient intéressés aux arts pendant l’époque coloniale.
Première constatation : ils ne sont pas très nombreux. On ne fera pas mine de s’en étonner. Le principal souci du colonisateur était économique. Quant à la civilisation, celle qui était apportée devait, par sa qualité supérieure, faire négliger un passé par nature insignifiant.
Deuxième constatation, qui découle en droite ligne de la première : si le Malgache a une âme artiste, c’est dans l’imitation qu’il la développe le mieux, ne cherchez pas chez lui une démarche créatrice originale. Tel est, du moins, le discours qui se répand chez les rares personnes à se pencher sur le sujet.
Troisième constatation, car il faut bien chercher à se rassurer : quelques exceptions osent tenir des propos différents et s’intéresser aux arts malgaches en leur reconnaissant une spécificité.
Voilà, dans les grandes lignes, la teneur des textes rassemblés ici (en respectant la graphie choisie par chaque auteur pour les mots malgaches, dans une grande diversité) en guise de témoignage du passé, et pour prolonger les réflexions suscitées par l’exposition déjà citée.
ISBN 978-2-37363-078-7 (2,99 € ou 9.000 ariary)


Quand je me suis installé à Madagascar en 1997, je ne connaissais presque rien de la Grande Île – rien de son Histoire, à peine un peu plus de sa géographie, une infime partie de sa vie culturelle, quant aux coutumes locales, j’aurais été bien en peine d’en évoquer le moindre pan. Autant dire que j’arrivais vierge sur un terrain riche dont j’avais tout à découvrir. Situation exaltante, certes, mais parfois embarrassante quand j’étais contraint, par honnêteté, d’avouer mon ignorance.
L’ignorance se soigne. Jamais autant qu’on le voudrait, hélas ! Mais j’ai fait des efforts, plutôt plaisants d’ailleurs, pour découvrir au moins une partie de ce qui m’avait été caché auparavant. Pour créer les occasions de rencontres et accélérer des études sauvages, je n’ai rien trouvé de mieux que prolonger ici les activités auxquelles je me livrais déjà en Belgique : le journalisme culturel est un espace ouvert dans lequel chaque article est prétexte à ramener quelques pierres d’une construction globale qui restera toujours inachevée mais dont certains pans devraient, à force d’insister, ressembler à quelque chose. À la réalité d’une vie artistique que mènent, en dépit des difficultés rencontrées, des créateurs ardents, des talents parfois ignorés.
De ce présent, ou d’un passé très proche, voici un témoignage, mosaïque d’articles publiés en différents endroits et surtout dans deux quotidiens d’Antananarivo : La Gazette de la Grande Île (2004-2005) et Les Nouvelles (2005-2006). À dire vrai, ma contribution aux Nouvelles, à cette époque, n’était qu’un complément à une émission culturelle diffusée du lundi au vendredi par la radio Alliance 92. « Un quart culture » (parce que cela durait un quart d’heure) se nourrissait, pour l’essentiel, d’entretiens avec des artistes qui ont défilé devant mon micro pendant un an (d’autres, parfois les mêmes, l’avaient fait en 2000-2001 dans une émission hebdomadaire dont j’ai oublié le titre mais pas la durée – une heure et demie – sur les ondes de RLI). La récolte fut abondante, elle aurait peut-être mérité d’être exhumée. Mais il aurait fallu retrouver les enregistrements des émissions et les transcrire, ce qui semble pour l’instant impossible.
On se limitera donc à découper en dix chapitres, des arts plastiques au théâtre, une compilation d’articles qui ne prétend pas être le reflet global d’une décennie de vie culturelle et se contente d’en fournir un écho assourdi. Pertinent ou pas, chacun en jugera. Avec bienveillance, si possible, pour les ruptures de ton qui interviennent dans certains sujets littéraires : des forums animés au Centre Culturel Albert Camus d’Antananarivo (actuellement Institut Français de Madagascar) étaient précédés d’un vague portrait de l’écrivain invité, dans un style plus parlé qu’écrit.
Pierre Maury.
ISBN 978-2-37363-077-0 (2,99 € ou 9.000 ariary)