7 février 2015

Il y a 100 ans : La route de Tamatave à Melville et le canal de Vatomandry à Tamatave (11)

Lettre d’un colon
(Suite.)
Cette plaine, que vous qualifiez de stérile, ne produit-elle pas des arbres de la plus belle venue, et que l’on a plantés partout où la colonisation a pu pénétrer sans trop de difficultés ?
Sous ces arbres qui, – jusqu’à cette heure, ne comprennent presque exclusivement que des filaos et des eucalyptus, – sous ces arbres, dis-je, ne pousse-t-il pas une herbe drue, fine et tendre, dont les animaux sont très friands, et qui pousse avec vigueur, parce qu’elle trouve le sol bonifié par l’humus formé par les feuilles qui tombent des arbres, présentant ainsi un excellent pâturage ?
Or l’élevage n’est-il pas une des principales ressources de la colonie, et un élément puissant de prospérité ?
Et qui ne voit le bénéfice qu’il y aurait à engraisser, ici, tout près, les animaux destinés au frigorifique ou même à l’exportation sur pied ?
Ayant des troupeaux, les colons disposeraient de fumier abondant, leur facilitant la création de potagers et de cultures rémunératrices.
Quels délicieux cottages ne s’élèveraient pas alors dans cette plaine aujourd’hui désolée, improductive et inhabitable ?
Mais les filaos et les eucalyptus ne sont pas les seules essences qu’il faille cultiver.
Si nous nous donnions la peine de nous rendre compte de ce qui se passe dans les colonies voisines, même dans nos propres colonies, la Nouvelle-Calédonie par exemple, nous verrions qu’à Nouméa et dans ses environs, la service de colonisation plante à outrance, sur toutes les avenues, sur tous les coteaux dénudés, dans les terres les moins fertiles, un arbre qui pousse partout avec une grande vigueur, et se reproduit facilement et rapidement. C’est l’Algéroba.
Cet arbre, que le docteur Lebœuf a rapporté des îles Hawaï, où il a envahi de lui-même les endroits les plus arides et les plus incultes, est de la famille des légumineuses (Prosopis Judiflora). Il pousse avec une telle rapidité, qu’en moins de deux ans il atteint plus de 3 mètres de haut.
Il jouit d’une grande valeur agricole, parce que, comme toutes les légumineuses, l’Algéroba enrichit le sol où il croît, et qu’il fournit, en outre, des quantités énormes de gousses sucrées, dont les chevaux, les bœufs et les porcs sont très friands.
(À suivre.)

Le Tamatave

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