8 septembre 2008

La quinzaine Raharimanana au CCAC

Ce doit être ce qu'on appelle un hasard objectif. J'étais occupé à rechercher l'image ci-contre, que j'avais déjà publiée en mai, pour la réutiliser ici.
A ce moment, le téléphone sonne dans la pièce d'à côté.
Encore un importun, me dis-je en courant...
Erreur.
C'était Raharimanana, que j'ai entendu sourire (si, si) quand je lui ai raconté ce que j'étais en train de faire.
(Tu vas le raconter dans ton blog? me demande-t-il? Voilà, la réponse est oui.)
Je reviens quand même, après cette introduction à laquelle je ne pouvais pas m'attendre, au véritable sujet de cette note - puisqu'il ne s'agit pas, vous l'aurez compris, de me mettre en scène dans mon appartement, de vous dire comment je suis habillé ni ce que je suis en train de boire...

Une vraie quinzaine Raharimanana s'est ouverte au CCAC à Antananarivo, depuis ce matin. La littérature de Madagascar sera donc en fête.

Actuellement, et jusqu'à vendredi, l'écrivain anime un atelier d'écriture dans un esprit que je lui laisse le soin de dévoiler:
Un atelier d’écriture autour de la mémoire, passée et présente. Autour de mes deux livres Madagascar, 1947 et Za. Quels sont les liens entre l’histoire, la voix, le corps ? Si la pièce 47 est une exploration de la mémoire, le corps demeure un enjeu de domination.
Parcourir la mémoire ou la traversée des vies, d’un lieu à un autre, d’un parcours individuel à la destinée d’un groupe, les visages disparus dans le temps, des réapparitions souvent singulières, inexplicables, parfois brutales, presque violentes. Des voix et des visages couverts par les pans de l’histoire, des voix et des visages déformés par les clichés, racontés par d’autres.
Za quant à lui, tisse un lien très fort encore la voix et le corps, sa voix éraillée, zézayante, et son corps meurtri, le corps de son fils disparu, le corps des ancêtres tombé en poussière mais censé demeurer parmi les vivants.
L’atelier explorera ainsi les notions de mémoire et la charge des voix et la présence du corps dans l’écriture.
Je crois qu'ils ont bien de la chance, celles et ceux qui y participent!

Samedi à 10h30, toujours au CCAC, j'aurai le périlleux honneur de présenter Raharimanana dans un forum littéraire. Nous reparlerons de Za, bien entendu. Et aussi, j'imagine, d'un tas d'autres choses. Venez nombreux, c'est gratuit. Et il s'agit d'un grand, d'un très grand écrivain malgache.

La quinzaine se terminera, comme il se doit, à la fin de la semaine prochaine, avec une double représentation de 47, une pièce interprétée par Romain Lagarde et Sylvain Tilahimena.
Des rires sur l’absurdité de ces lignes cherchant à comprendre pourquoi je devrais me justifier pour revendiquer ma mémoire. (…) De quoi parlons-nous en fait ? De 1947, mars 1947 et de tout ce qui s’ensuivit. Insurrection contre la colonisation française. L’oppression pendant près de deux ans. Je parlais comme d’une évidence : le chiffre même de 47 sonne douloureux sur la Grande Île, la fin d’un monde, la perte et la défaite, le silence lourd d’une période qui n’en finit pas de nous ronger, de nous hanter…
Raharimanana dans un court texte incisif revient sur une période de l’Histoire, entre Madagascar et la France. C’est une œuvre qui nous interroge sur les rapports entre colonisés et colonisateur, entre pouvoir actuel et passé, sur le silence de part et d’autre, sur l’écriture de l’histoire par le Nord et la nécessité d’interroger cette histoire par le Sud.
Notez donc ces rendez-vous: le vendredi 19 et le samedi 20, chaque fois à 19 heures.

6 septembre 2008

En vrac...

... Mais il ne s'agit pas, cette fois, de Roman Vrac, la trilogie romanesque de Jean-Claude Mouyon.
Plutôt d'infos cueillies ici ou là, au hasard de mes butinages sur Internet.

Tout de suite, parce que c'est aujourd'hui à Bruxelles, je signale un Festival malgache, Un baobab au bois de la Cambre, deuxième édition. L'affiche est sympa, graphiquement (donc, je vous la montre), et aussi au sens du programme attendu:
Cette nouvelle édition de notre festival malgache ouvrira ses portes avec la présentation de Contes Musicaux Malagasy destinés à tous, enfants et parents, et accueillera, le soir, le retour du groupe Njava au complet sur scène avec en introduction et en exclusivité un film tourné à Madagascar sur leur famille.
Et tout au long de la soirée : Repas, boissons, animations, artisanat, photos... de Madagascar.
Tous les bénéfices de l'événement sont destinés à des projets de développement à Madagascar.
Aujourd'hui aussi, Le Figaro Magazine publie un petit article (presque publicitaire, il faut bien le dire...) de Bénédicte Menu: Votre île à Madagascar. Il y est question du Tsara Komba Lodge, sur l'île de Nosy Komba, près de Nosy Be. Un havre de paix, bien sûr. Malheureusement, les prix sont illisibles, il faudra acheter le magazine papier pour celles et ceux que cela intéresse.

Dans un tout autre registre, Linda Caille est allée sur la côte est se pencher sur le cas des Jumeaux maudits de Mananjary. C'est à lire dans Le Monde daté d'aujourd'hui. Je cite l'accroche, accrocheuse comme il se doit:
Dina et Diari, 5 mois, entrelacent leurs doigts délicats. Allongés sur le dos, côte à côte, au centre d'un vieux lit à barreaux à la peinture écaillée, ces deux frères jumeaux fixent les visiteurs de leurs grands yeux noirs et brillants. Ils ont été recueillis par le Centre d'accueil et de transit des jumeaux abandonnés (Catja), à Mananjary, ville froide et humide de la côte sud-est de Madagascar, à 450 kilomètres de la capitale, Antananarivo. Il y a un siècle, leur crâne aurait été fracassé sous les sabots des zébus. Aujourd'hui encore, Dina et Diari sont jumeaux, donc maudits.

C'est dans Le Soir (oui, oui, l'excellent journal belge pour lequel je travaille) que je suis tombé sur une information discrète et à côté de laquelle je serais passé si je ne nourrissait pas depuis longtemps une grande admiration pour Peter Gabriel. C'est d'ailleurs très discrètement, en plein été, sans aucune promotion (je cite mon ami Thierry Coljon) qu'il vient de sortir un nouveau disque, Big Blue Ball. Les enregistrements datent du début des années 90 et rassemblent un certain nombre de complices habituels, notamment dans cette période, du musicien.
Parmi eux, Sinead O’Connor, Natacha Atlas, Joseph Arthur, Hukwe Zawose, les Holmes
Brothers, Vernon Reid, Hossam Ramzy, Tim Finn, Francis Bebey, Andy White, Tchad Blake, Jah Wobble, Manu Katché, PapaWemba, Deep Forest, Guo Yue et... notre Rossy.

Enfin (pour aujourd'hui), on annonce pour bientôt le lancement de Noot TV, une nouvelle chaîne télé à la Reunion, censée programmer des créations de tout l'Océan Indien. Nous verrons bien. En attendant, voici la démo.

14 août 2008

Petit jeu linguistique

Je vais commencer par préciser:
1. que je ne suis pas linguiste, et
2. que ma connaissance de la langue malgache est proche de zéro, ce que j'avoue toujours avec honte avant d'avancer quelques explications qui n'excusent pas tout, et dont je ferai l'économie aujourd'hui - mon niveau me permet seulement de faire mes courses dans une épicerie de Madagascar où personne ne parle français (et je ne fais pas non plus collection d'injures ou de mots orduriers).

Ceci étant dit, j'ai été frappé tout à l'heure par le titre d'un article comme je n'en lis guère, mais du genre qui ne passe pas inaperçu quand on survole l'info sur Internet:
Elton John et son mari font du shopping à Portofino
Vous imaginez bien ce qui a attiré mon attention: Portofino, c'est où, ça?

Euh... non, pas du tout. L'expression "Elton John et son mari", pour légale qu'elle soit dans les Etats où le mariage homosexuel est pratiqué, reste malgré tout inhabituelle et provoque une demi-seconde d'arrêt devant les mots.

Demi-seconde que je prolonge.

D'autres que moi ont déjà remarqué la confusion que font les Malgaches peu francophones entre "mari" et "femme" (dans le sens d'épouse). Cela arrive tout le temps dans les conversations, et je ne me moque jamais. Il n'y a d'ailleurs aucune raison de se moquer puisqu'en malgache, le même mot, "vady", est utilisé pour les deux sexes.
J'en viens à mon audacieuse conclusion: la langue malgache aurait-elle intégré bien avant la française la possibilité du mariage homosexuel?

Bon, encore une note à ne pas prendre trop au sérieux...

12 août 2008

Ca fait toujours plaisir...

... même si la modestie doit en souffrir.
Je viens de tomber sur une note postée par Vola dans son blog: Attention site culte (-urel). Je ne connais pas Vola, mais elle est parfaite: elle dit tout le bien que je pense de ce blog-ci et... de moi-même (euh... je précise quand même qu'il ne faut pas prendre ces derniers mots au sérieux).
J'ai pourtant le souvenir de n'avoir pas été trop bon lors de la présentation de Zovy au CCAC en janvier. Si néanmoins, dans la salle, les spectateurs ont été heureux, c'est bien.
Et si je lançais un concours d'éloges?...

10 août 2008

Bibliothèque malgache électronique / 41 : Le "Décivilisé", de Charles Renel


Je l'avais promis, je l'ai fait: la Bibliothèque malgache électronique (BME) est de retour après une trop longue interruption.
Symboliquement, le 41ème volume est un ouvrage de l'auteur par qui j'avais ouvert la collection: Charles Renel, que vous êtres nombreux à connaître.

"Le Décivilisé" est un classique du roman colonial, et un cas intéressant... Adhémar Foliquet, ancien pion dans un lycée français, est devenu malgré lui instituteur dans un village de la côte est à Madagascar. Il se trouve bien d'une nouvelle vie dans laquelle il s'éloigne progressivement de la civilisation européenne. Et découvre le plaisir qu'il y a à ne pas avoir toujours quelque chose à faire, à ne plus se préoccuper de l'heure.
Bien sûr, il se pose des questions: est-il bien raisonnable de devenir à ce point un autre?
Le livre fourmille de scènes saisies sur le vif et de discussions sur la valeur comparée de différentes cultures. De Charles Renel, la BME a déjà réédité un autre roman, La race inconnue, et un recueil de nouvelles, La coutume des ancêtres.

Et, puisque nous en sommes à une sorte de nouveau démarrage, on peut faire le point sur la circulation de tous ces textes.
Les 41 titres de la Bibliothèque malgache électronique ont été chargés au total près de 30.000 fois, surtout bien entendu par l'intermédiaire d'Ebooks libres & gratuits. Mais il y a aussi dans ce chiffre des consultations sur le site Scribd. Et un peu - ça commence - sur le nouveau site de la maison d'édition Bibliothèque malgache.
En vedette, et dans un ordre décroissant, le Voyage du général Gallieni, avec plus de 1.600 chargements et consultations, puis le texte seul de Madagascar à vol d'oiseau, de Désiré Charnay (mais il y a plus de 2.400 lecteurs de ce volume et du volume illustré, si on les additionne), le Voyage à Madagascar de Louis Catat, d'adolphe Badin, Une famille parisienne à Madagascar...Au pays malgache, d'Emile Blavet, et l'autre Voyage à Madagascar d'Ida Pfeiffer. Ceci pour ceux qui ont dépassé les 1.000 chargements et/ou consultations.
On continue donc, puisque cela semble le mériter...

5 août 2008

En avant-première, Madagascar dans la rentrée littéraire

Chaque année, je fouine, dans la rentrée littéraire, pour trouver les passages d’ouvrages qui font référence à Madagascar. Honnêtement, je n’ai encore presque rien lu de ce qui va paraître, à partir du 15 août, pendant deux mois – plus de six cents romans, sans compter le reste. Mais j’ai pu, grâce aux vertus particulières du livre électronique, effectuer une recherche dans une trentaine de textes. Le résultat n’est pas très riche, même si Madagascar n’est jamais tout à fait absent.

On aurait pu en attendre une présence moins discrète, cependant, dans les deux ouvrages de Malcolm de Chazal, le Mauricien, publiés par Jean-Pierre Orban dans la collection L’Afrique au cœur des lettres qu’il dirige à l’Harmattan. La Grande Île n’apparaît cependant que dans les commentaires.

Dans le texte de Robert Furlong, d’abord, après l’Autobiographie spirituelle, à propos de l’édition de Sens-Plastique chez Gallimard, à l’initiative de Jean Paulhan :

Jean Paulhan, adepte des hain-teny malgaches – ces poèmes traditionnels courts fonctionnant sur des associations subtiles, qu’il a connus lors de deux années passées à Madagascar comme enseignant et sur lesquels il a publié une étude en 1930 –, aurait-il retrouvé des tonalités similaires dans l’écriture de Chazal, qu’il qualifie dans sa préface à Sens-Plastique de « gerbe d’à la fois science, arts, poésie, psychologie, métaphysique et mystique : secret de la vie, présence de Dieu » ?

Une autre fois, aussi, mais il s’agit d’une redite par rapport à ce qu’on trouve dans l’autre livre, Moïse, où le même commentateur écrit, à propos de cette pièce restée inédite jusqu’à présent et que beaucoup pensaient disparue :

Mais une version dactylographiée de la pièce existait, la pièce ayant dû être tapée en quelques exemplaires pour un enregistrement radiophonique dont la diffusion a eu lieu sur les ondes de Radio Tananarive à Madagascar le 13 décembre 1951.

Un extrait de presse (extrait de Advance) en témoigne d’ailleurs.

Plus inattendu, un personnage du roman de Melanie Abrams, Jeux dangereux (Calmann-Lévy), profite d’une réflexion sur la mort pour faire surgir une image venue de chez nous, et utilisée ici dans le but de séduire :

— Les gens ont des réactions très bizarres face à la mort, conclut-il en lui rendant son manuel. À Madagascar, les Sakalava représentaient sur leurs tombes des hommes et des femmes en postures lascives.

Il laissa sa main posée sur le livre et lui sourit, d’un sourire malicieux qui lui serra le cœur.

— Ça valait le coup d’œil ! commenta- t-il en retirant enfin sa main.

Chez le même éditeur, Xavier Mauméjean décrit un parc floral dans Lilliputia :

Il se trouvait dans un temple vivant aux colonnes fermement enracinées. Angraecum fragrans de Madagascar que l’on infuse avec des feuilles de thé, tubercules d’Inde que l’on réduit en poudre, Spathoglotis plicata qui enivrent les rats de Malaisie, Epidendrum mutelianum refusée aux Lilliputiens car on la surnomme « Orchidée du Haut »…

Bref hommage funèbre aux morts de la campagne des Balkans (1915-1917) dans Zone, de Mathias Enard (Actes Sud), lors d’une visite à la nécropole de Zeitenlick à Salonique :

dans la nécropole se trouvent un carré britannique bien entretenu, un parterre russe, un monument italien, un gigantesque ossuaire serbe, un recoin pour les musulmans d’Algérie, pour les français israélites, pour les bouddhistes d’Indochine, les Malgaches et les Sénégalais le monde entier était venu se faire trucider par les Bulgares sauvages les Allemands et leurs alliés Autrichiens, et le monde entier reposait maintenant entre les cyprès sur l’avenue Langada à deux kilomètres de la mer, dans le soleil d’août

Enfin, et pour être tout à fait complet à propos du corpus visité, j’ajoute une note de bas de page dans la Correspondance entre Jean Malaquais et Norman Mailer qui paraîtra au Cherche midi. Jean Malaquais, en 1953, fait allusion aux événements du Maroc, éclairés par cette note :

Pour avoir soutenu le principal mouvement indépendantiste marocain, Mohammed V fut déposé le 20 août 1953 et contraint à l’exil en Corse, puis à Madagascar ; le 16 novembre 1955, il fut rappelé par le gouvernement Edgar Faure, qui était aux prises avec le conflit algérien naissant.

Je vous parlerai bientôt d'un livre pour la jeunesse et d'un album de bande dessinée, qui nous touchent de plus près.

A suivre, donc.

15 juillet 2008

www.bibliothequemalgache.com



La Bibliothèque malgache possède désormais son propre site Internet, dont voici la page d'accueil.
J'ai choisi le nom le plus simple: www.bibliothequemalgache.com. Tout le monde le retiendra?
On y trouve l'ensemble du catalogue, électronique et papier, ainsi que tous les liens utiles pour les téléchargements des ebooks.
En ce qui concerne les livres papier, il est possible d'en lire les premières pages et, donc, de se faire une idée de ce qu'ils sont.
Le blog Actualité culturelle malgache (vous y êtes) reste actif, de même que le groupe Yahoo.
Les deux permettent en effet d'être informé des nouveautés plus directement que par des modifications sur le site. Le blog, en outre, propose des sujets qui débordent du cadre de la Bibliothèque malgache - mais toujours en rapport avec Madagascar.
Dans le blog comme dans le groupe, les renseignements sur les livres publiés sont éparpillés au fur et à mesure de leur arrivée. Ils sont rangés plus rationnellement sur le site.
D'où son existence.
J'espère que vous serez nombreux à le visiter et que vous ne retiendrez pas vos critiques. Il n'est probablement pas exempt de défauts - je l'ai réalisé rapidement, pour qu'il soit fonctionnel tout de suite - et la grande crainte, sur un nouveau site, est d'y avoir introduit des liens erronés. J'ai tout fait pour que ce ne soit pas le cas, mais je ne suis pas infaillible.
Une adresse électronique accueillera volontiers toutes vos remarques: bibliothequemalgache@bibliothequemalgache.com.

8 juillet 2008

Qu'est-ce qu'on bois ?

Non, non, je n'ai pas fait de faute d'orthographe dans le titre de cette note. Même si j'ai pris quelques libertés avec la norme...
C'est que, pour une fois, je voudrais vous parler des arbres - si, si, il en reste à Madagascar, et même de certaines essences précieuses, très recherchées dans le monde, qui s'exportent encore parfois illégalement. Un "pays d'accueil" est souvent montré du doigt pour pratiquer ce pillage, certes souvent grâce à des intermédiaires sur l'honnêteté desquels il vaut mieux ne pas se poser trop de questions.
Ce pays, c'est la Chine, qui accueille les Jeux olympiques dans un mois. Libération lui consacre une bonne partie de son numéro d'aujourd'hui. Voici la couverture. (Attention, demain, ce ne sera plus celle-là, forcément.) Mais, comme vous êtes sages, je vous la place ici:

On trouve, dans le numéro chinois de Libé, un article intitulé L'atelier mondial du bois illégal. Une belle description sous la plume (comme on dit encore bien que, vous en avez vu souvent, vous, des journalistes écrire encore à la plume?) d'Abel Ségrétin qui est allé à Zhangjiagang où sont débarqués ces bois.
Il commence ainsi:
Sur les quais, au milieu des grues et des cohortes de coolies du XXIe siècle, des dizaines de milliers de troncs d’arbres de toutes les tailles et de toutes les teintes, fraîchement débarqués par bateau, sont empilés en rangées formant des allées, comme une ville dont les immeubles seraient du bois mort. Sinistre image d’immenses forêts couchées à perte de vue, en amas de dix à vingt mètres de haut, coupés à la taille des conteneurs.
Un peu plus loin, il fournit quelques informations sur l'origine de ce bois:
Aux alentours, des milliers d’ateliers et de petites usines débitent sept jours sur sept, vingt-quatre heures par jour, les arrivages permanents de ces gros troncs d’arbres venant du monde tropical et boréal. Sibérie, Indonésie, Brésil, Chili, Gabon, Cameroun, Congo, Mozambique, Birmanie, Cambodge, chaque nouvelle cargaison est empilée selon sa valeur et son origine. Selon l’association Global Timber, plus de la moitié des importations chinoises de bois brut seraient illégales ou intraçables, provenant de forêts officiellement protégées.
Ben non... pas d'arrivage de Madagascar, en tout cas ce jour-là. Je ne suis pas certain que cela soit suffisant pour se consoler... En tout cas, le pillage est global, comme la mondialisation.

1 juillet 2008

Joël A. est partout

Joël Andrianomearisoa est un des artistes malgaches les plus internationaux qui soient. Aujourd'hui, je retrouve son nom au détour d'un article de Libération consacré au dernier spectacle de la chorégraphe haïtienne Kettly Noël. En fait, je lisais cet article pour Kettly elle-même. J'avais apprécié son travail autant que sa personne lors de la dernière édition tananarivienne de Sanga, les biennales de chorégraphie africaine. Et il me plaît de voir sa renommée grandir avec son nouveau spectacle, Chez Rosette, donné à La Villette après Montpellier.
Elle ne travaille pas toute seule:
Kettly Noël, avec la complicité du scénographe Joël Andrianomearisoa et de l’auteur congolais Dieudonné Niangouna, franchit une étape. Elle avait proposé précédemment des spectacles plus convenus, comme gênés aux entournures. Là, elle resplendit, y compris sur scène où elle interprète une méchante femme.
Et c'est là, donc, la petite touche de Madagascar apportée par Joël A., après bien d'autres créations - dont une des plus spectaculaires fut 30 et Presque-Songes l'an dernier à Tana.
Bon vent pour la suite, Joël!

19 juin 2008

Un format de plus pour la Bibliothèque électronique malgache

Les heureux propriétaires d'un Sony Reader, s'il y en a parmi vous, peuvent se réjouir: la plupart des titres de la Bibliothèque malgache électronique ont été convertis au format LRF (le meilleur, semble-t-il, pour lire sur cet appareil qui fonctionne aussi avec les fichiers PDF mais, pour ce que j'en sais, moins bien) par Jean-Yves, membre du groupe Ebooks libres & gratuits.
La liste complète des ouvrages du groupe disponibles sous cette forme se trouve sur cette page. Elle ne contient qu'une liste par ordre alphabétique des fichiers, mais je vais m'empresser d'ajouter au catalogue les liens permettant d'accéder directement au téléchargement des différents titres.

Quant à ceux qui se languissent de nouveautés, je peux les rassurer: cela ne va pas tarder...

17 juin 2008

Madagascar, porte-bonheur des Bleus, ou...?

Une info amusante et qui ne mange pas de pain (ni de riz, ni de manioc), pour une fois. L'équipe de France qui participe à l'Euro 2008 de football, et qui joue contre l'Italie tout à l'heure sa dernière carte, sans trop savoir ce que les adversaires ont en mains, a pris une heure de détente dans la journée.
Sympa, non?
Mais, me direz-vous, quel rapport avec l'actualité culturelle malgache?
C'est tout simple: comme ils sont à Zürich, et que cette ville possède un zoo, ils y sont allés.
D'accord, l'explication n'est pas suffisante.
Mais je suis certain que beaucoup d'entre vous savent et ont déjà compris.
Le zoo de Zürich a reconstitué, sur 11.000 mètres carrés, le biotope de la réserve de Masoala (2.400 kilomètres carrés, quand même), qui se trouve à l'est de Maroantsetra, sur le cap Est. Sous une bulle d'un hectare (je cite cette source), "nous voyageons loin, très loin de la Suisse, sur une grande île près de l'Afrique qui s'appelle Madagascar. Tout y est fidèlement reconstitué, de la moindre plante au plus petit insecte. Il fait 30 degrés et aucun animal n'est enfermé. Ils se cachent au-dessus de nos têtes."
Maintenant, quant à savoir si ce bain de Madagascar transformera les Bleus en reliques ou leur donnera l'agilité de lémuriens, c'est une autre histoire - dont, entre nous, je me moque complètement. Mais l'histoire était belle, non?

16 juin 2008

Elle n'est pas belle, la province?


Je rentre d'Antsirabe, et je découvre ce matin dans la presse malgache le compte-rendu des "derniers" concerts de la tournée de Rossy. Je devrais dire: la presse tananarivienne. Car celle-ci semble ignorer (les journaux que j'ai lus, du moins), qu'il y aura encore un concert le 22 juin, dans quelques jours, annoncé un peu partout dans la ville d'eaux par des grandes banderoles.
Les quotidiens arrivent à Antsirabe à partir de la fin de la matinée. Ceux qui les liront là, à trois heures de route de la capitale, se sentiront frustrés d'être ainsi ignorés. Et ils auront raison de l'être. Un fait divers sanglant trouve sa place dans les pages. Mais que la tournée de Rossy ait un prolongement après les ultimes prestations tananariviennes, on s'en moque.
Dommage.
Pour ma part, je ne regrette pas les conversations culturelles que j'ai eues là-bas.
Avec Ben Arès, écrivain belge en séjour à Madagascar pour s'imprégner d'une atmosphère qu'il compte restituer dans son prochain roman. Le premier, Ne pas digérer, est paru au début de cette année et m'a fait une forte impression.
Avec Bekoto, de retour d'une tournée internationale en compagnie des autres membres de Mahaleo, nous avons surtout parlé de littérature. Et en particulier de Raharimanana, dont il a ramené Za dans ses bagages.
Avec Vahömbey, enfin, il a été question de musique et de sa volonté de s'y impliquer complètement après un an et demi de travail.
C'est cela aussi, Antsirabe: des rencontres comme on peut en faire en province.
Dans la province française, à Montpellier pour l'instant, le Printemps des Comédiens accueille aussi des artistes malgaches. Doly Odeamson a lu des poèmes avec Clarisse et... l'ancien premier ministre français, Dominique de Villepin. Dans Les précieuses ridicules, de Molière, Fela Karlynah Razafiarison et Haingo Ratsimbazafy jouent, Haingo Ratsimbazafy est à la mise en scène tandis que Hanitraviro Rasoanaivo-Anderson chante. Pour lire un compte-rendu du spectacle, voir ici.
Alors, elle n'est pas belle, la province?
Bien sûr qu'il se passe aussi des choses à Antananarivo et à Paris. Mais ne nous limitons pas aux capitales, de grâce!

Et puis, pour ceux qui préfèrent parler aux arbres et aux plantes, voici un bel outil: l'atlas des Plantes de Madagascar, par Lucile Allorge qui n'en est pas à son coup d'essai sur ce terrain. Aux 850 photos annoncées sur la couverture s'en ajoutent 2500 autres sur un CD-rom. Avis aux amateurs...

31 mai 2008

A lire en complément, à voir peut-être

Deux articles parus hier et qui peuvent intéresser ceux qui suivent l'actualité culturelle malgache:
Dans Le Monde, un reportage de Florence Evin, Madagascar, par la nationale 7, qui donne l'impression d'un voyage très bref (à moins que ce soit à suivre, mais ce n'est pas précisé).
Et, dans Le Soir, le texte que je vous avais annoncé à propos de Za, le roman de Raharimanana dont il était question ci-dessous, en même temps que sur un autre roman de Georges Yémy, Tarmac des hirondelles. Cela s'appelle Une langue qui râpe et dérape.

Et puis, pour ceux qui se connectent tôt et sont dans le coin, il y a tout à l'heure (10h30) un forum littéraire au CCAC (à Tana, donc), où j'aurai le plaisir d'interroger trois auteurs pour les jeunes, Jean-Claude Mourlevat, Laurence Ink et Jean-Pierre Haga.
Pour ceux qui ne pourront pas y être, voici quelques références de livres:
De Jean-Claude Mourlevat, L'Enfant Océan, La rivière à l'envers ou Hannah - parmi un nombre considérable de titres.
De Laurence Ink, Piège en forêt.
Et, de Jean-Pierre Haga, Vert de peur.

Maintenant, je vous laisse - je n'ai pas fini de préparer ce forum.

27 mai 2008

Raharimanana en pleine forme


Presque cinq mois déjà que Za, le nouveau roman de Raharimanana, est paru aux Editions Philippe Rey, et je finis seulement aujourd'hui de le lire. Lamentable, n'est-ce pas? Mais il arrive que je me propose de faire telle ou telle chose et que les circonstances décident à ma place. Je suis contraint de reporter cette activité au moment où le temps me sera plus favorable. Pour la lecture des livres, c'est souvent quand j'arrive à glisser dans Le Soir un article sur les titres que j'aspire à découvrir - et à faire découvrir. Voilà, pour Za, c'est fait, l'article paraîtra vendredi - et je pense que vous pourrez le lire sur le site du journal.
Je ne vais donc pas vous le faire maintenant (l'article). Mais je peux déjà vous dire que je suis soufflé par la maîtrise et l'exigence d'un texte formidable (je pèse mes mots).
Voici sans aucun doute le meilleur livre de Raharimanana, qui avait pourtant déjà donné quelques ouvrages importants. L'œuvre qu'il construit depuis Lucarne est de celles qui laissent des traces de plus en plus profondes au fur et à mesure qu'elle s'affirme. Cette voix - déformée dans le cas de ce roman par le zézaiement qui accompagne le personnage principal et qui produit une musique singulière - est celle d'un de nos contemporains capitaux, qu'on se le dise!
Et je m'arrête là, sans quoi je vais finir quand même par l'écrire ici, cet article.
Il me reste néanmoins à vous renvoyer vers quelques lieux qui font écho à ce travail, en commençant par le site d'Africultures où pas moins de quatre articles sont disponibles. Celui de Dominique Ranaivoson a été le premier à paraître, début février. Yves Chemla a suivi le 16 mai avec un autre article, en même temps qu'un entretien réalisé par Virginie Andriamirado. Et Taina Tervonen a conclu (provisoirement?) cette série il y a quelques jours.
Il faut aussi signaler, sur le site de Remue.net (où l'on trouve ce qui se fait de mieux en littérature contemporaine), un excellent article de Dominique Dussidour ainsi que la publication d'un inédit de Raharimanana, Danse.
Enfin (et j'oublie peut-être quelques autres références), Raharimanana répond à Philippe Bernard, auteur d'un article consacré à L'Afrique répond à Sarkozy, un ouvrage collectif auquel l'écrivain malgache a participé, dans un droit de réponse qui avait été refusé par Le Monde.
Ce sera tout pour aujourd'hui. Notez bien que, si Raharimanana est bien évidemment inspiré par Madagascar, sa parole porte aujourd'hui bien au-delà des rivages de la Grande Ile. On ne peut que s'en réjouir. Pour lui comme pour nous.

22 mai 2008

Bernard Giraudeau à Madagascar

Ce n'est pas le Bernard Giraudeau acteur. Ce serait plutôt l'écrivain. Et même pas tout à fait lui, puisqu'il s'agit de Marc Austère, le personnage principal des Dames de nage, un roman publié l'an dernier, qui vient de reparaître au format de poche.
Avant de devenir cinéaste et de tourner des documentaires dans le monde entier, il a été, très jeune, marin. Deux tours du monde dans cette profession lui ont fait faire escale à Tamatave, un lieu cité rapidement deux ou trois fois dans le roman.
Supposons donc que le marin n'a pas cru nécessaire de s'attarder au milieu des Malgaches. En revanche, le cinéaste, qui est bien le même homme avec quelques années de plus, s'est posé un peu plus longtemps. Ses souvenirs sont précis. Ce qui nous vaut une grosse page, vers la fin du livre. Une fois n'est pas coutume, je vais la citer en entier. La voici:
Un hiver de France, j'étais à Madagascar dans un village comme celui du bas. Je descendais une rivière, la Mangouke. Je filmais avec bonheur les rives sableuses, la joie des enfants à notre passage et ce que j'admirais le plus, qui était ma fascination, l'écoulement du temps à travers les regards paisibles, la femme surprise dans sa tâche, le visage du piroguier. Ce temps, ce temps libre que j'enchaînais dans une petite boîte et que je filmais sans jamais le vivre. Arrivé au village, j'avais continué à filmer, épuisant les batteries. J'étais resté une semaine à attendre un assistant qui devait me rapporter du matériel pour achever le film. J'étais fou de rage parce qu'il y avait toujours des scènes surprenantes, uniques. C'est souvent ainsi. Je me consolais à regarder et écouter les hommes et les femmes bavarder, rire. Il y avait une lumière vivante, une lumière de flammes qui faisait danser les corps et les ombres, pas la lumière morte de l'incandescence électrique qui fige la clarté. C'était un bonheur à vivre sans rien faire d'autre que d'être.
Un soir j'étais resté avec un groupe autour du feu. Il y avait un mélange de mots mystérieux mais je saisissais que l'on pariait, que l'on s'amusait des uns et des autres, dont moi, bien évidemment, avec une gaîté communicative. Un certain Momo me traduisit que c'était décidé, l'une était d'accord pour que je l'emmène en France. Rires facétieux. Personne ne craignait les regards dans l'ombre. Les dernières lueurs achevaient de danser sous les jupons qui frôlaient, sans innocence que celle de la nuit, les corps des hommes assis. Les femmes s'éloignaient furtivement. Celle que je devais "marier" fictivement se cachait la bouche avec son foulard et faisait sonner ses bracelets. Plus loin, elle reprenait un chant dont je ne connaîtrais jamais l'histoire. Je devine, ma belle. Une autre jeune fille très silencieuse, visiblement timide, m'intriguait. Elle se cachait toujours dans l'ombre, les mains sur le visage.
- Pourquoi te caches-tu? lui avais-je demandé.
- ...
- Je ne te mangerai pas, tu sais.
Elle avait répondu dans son dialecte et les gens autour de moi avaient ri en se claquant les cuisses.
- Qu'a-t-elle dit?
- "Dommage!"
J'étais resté étonné. Elle ne me regardait jamais. Je la fixais, un peu séduit tout de même, et elle continuait le jeu. Le lendemain je suis passé près d'elle.
- Alors tu trouves dommage de ne pas être mangée?
- Oui, puisque tu me plais et que je te plais.
- Et si je te mangeais, alors?
- Peut-être que ce serait dommage aussi.
Je ne suis pas autorisé, en principe, à citer un si long passage. Je me l'autorise cependant, en échange d'une citation faite, dans la même collection, d'un de mes articles à peu près aussi long.

6 mai 2008

Zafinamiry intime, un nouveau livre sur Madagascar


Les Editions Dodo vole de la Réunion viennent d'annoncer la sortie d'un ouvrage qui était très attendu: Zafinamiry intime. Johary Ravaloson et Sophie Bazin, fondateurs et animateurs de cette maison, en parlent sur leur blog:
Carnet de voyage associant texte bilingue français-malgache et photographies en noir et blanc, préfacé par Juliette Ratsimandrava, cet ouvrage voit le jour après dix années de rencontres entre les auteurs, Johary Ravaloson et Sophie Bazin, et les sculpteurs Zafimaniry, isolés sur les Hauts-plateaux malgaches, au savoir-faire reconnu par l'Unesco depuis 2003.
Proposant une incursion dans les questionnements liés à l'identité autant qu'un voyage dans le temps, ce livre sera présenté en avant-première au Salon du livre de Caen, sur le stand des Editions Dodo vole.
Pour nous joindre : dodovole@yahoo.fr

Quelques photos supplémentaires sont présentes sur la page consacrée à l'ouvrage.

2 mai 2008

SCRIBD : ne me demandez pas comment ça se prononce...

Pendant que la Bibliothèque malgache électronique (BME) reste bloquée à 40 titres, toujours pour cause de préparation d'un volume important de la Bibliothèque malgache contemporaine (mais je vous promets quelques bonnes surprises une fois que ce sera fait), des collaborateurs discrets mais efficaces continuent à faire circuler les textes que j'ai rééditer.
C'est ainsi que l'ensemble du catalogue disponible peut maintenant se lire en ligne, hors téléchargement, sur le site de Scribd, malheureusement en anglais. Mais il semble promis à un bel avenir - c'est-à-dire probablement au multilinguisme et, on l'espère, au français. En effet, le groupe Ebooks libres & gratuits a placé sur Scribd l'ensemble (je crois) de son catalogue, y compris les ouvrages de la BME.
Pour ceux qui préfèrent cette manière de lire les textes, l'occasion est belle.
Le "visualisateur" (il doit y avoir une traduction moins barbare de viewer, mais elle ne me vient pas à l'esprit) est assez commode et ressemble un peu, pour ceux qui l'utilisent, à celui de Google Books.
Et il reste possible de télécharger (download dans la langue de Shakespeare) les ouvrages, apparemment dans différents formats - PDF, DOC et TXT. Je n'ai pas tout testé, peut-être devrez-vous effectuer quelques expérimentations pour y parvenir.
De mon côté, pour vous simplifier la vie, j'essaie de mettre l'ensemble de la BME dans un groupe qui vous éviterait les étapes de recherches par lesquelles je suis en train de passer.
Et puis, je vais aussi ajouter, dans le catalogue ci-contre, les liens titre par titre. Mais pas aujourd'hui.
Je vous tiens informés, of course (comme ils disent là-bas).

18 avril 2008

Le voyage de Gallieni en livre papier

Je n'oublie pas le goût de certains lecteurs pour la lecture sur papier plutôt que sur écran. D'autant que je partage ce goût.
Et je poursuis donc, cahin-caha, la constitution d'une Bibliothèque malgache sous cette forme. Pour les textes anciens, je n'ai pas encore trouvé le financement nécessaire à leur réédition à Madagascar. J'en suis donc toujours, par l'intermédiaire de Lulu.com, à rendre disponibles certains ouvrages dans un catalogue que l'on trouve trouve sur Internet.
En voici le dixième volume (à quoi s'ajoutent trois ouvrages de la Bibliothèque malgache contemporaine) : le Voyage du général Gallieni. Cinq mois autour de Madagascar (209 pages, 12,41 € + port).

Arrivé à Madagascar en 1896 comme gouverneur général, Gallieni (1849-1916) entreprend immédiatement de mettre de l’ordre dans la jeune colonie. Avec des méthodes que l’on qualifiera (prudemment) de musclées. Après moins de deux ans sous son administration, il entreprend, du 2 juin au 8 octobre 1898, un grand tour de l’île afin de vérifier, et si besoin est de consolider, les résultats de la « pacification ». Dans sa suite, un officier dont le nom ne nous est pas parvenu relate le voyage (signé X…). Son récit tient évidemment de l’hagiographie : le général Gallieni est accueilli partout sous des arcs de triomphe aux accents de la Marseillaise. Ce long parcours malgache offre pourtant, sous ses aspects officiels, une vision parfois inattendue de la réalité locale et des pointes d’humour bienvenues. Cette réédition suit le texte publié dans Le Tour du Monde en 1899 et 1900, édité ensuite en volume chez Hachette en 1901.

Bonne lecture à tous ceux qui s'intéresseront à cette page d'histoire malgache.

13 avril 2008

L'ouvrage de Suzy Andrée Ramamonjisoa sur Albert Rakoto Ratsimamanga en librairie à Tana

Il est peut-être dérisoire de parler de livres au lendemain de la parution, dans Le Monde, d'un article consacré au défi inédit pour l'ONU que représentent les émeutes de la faim, en cours de multiplication dans les pays pauvres. On y lit notamment ceci:

Parmi les défis qui attendent l'ONU et qui ne doivent pas être sous-estimés, figure aussi le durcissement de crises locales causé par des "émeutes de la faim", comme celles qui ont secoué l'Egypte, la Mauritanie, le Mexique, le Maroc, la Bolivie, le Pakistan, l'Indonésie, la Malaisie...
[...]
La réflexion onusienne s'appuie notamment sur des données du Fonds international de développement agricole (FIDA), une agence de l'ONU selon laquelle, pour chaque augmentation de 1 % du prix des denrées de base, 16 millions de personnes supplémentaires sont plongées dans l'insécurité alimentaire. Cela "signifie que 1,2 milliard d'êtres humains pourraient avoir chroniquement faim d'ici à 2025 ; 600 millions de plus que précédemment anticipé", prévient le document. Parmi les pays en première ligne : l'Erythrée, la Sierra Leone, Madagascar, Haïti, la Géorgie, le Burundi ou le Zimbabwe.
Je crois pourtant que les livres nous donnent l'occasion de réfléchir. Et qu'il est donc, quelles que soient les circonstances - même et surtout si celles-ci sont difficiles - important de faire vivre le livre et la lecture.

C'est pourquoi je suis heureux et fier d'annoncer la parution, en édition produite localement par la Bibliothèque malgache, de l'ouvrage de Suzy Andrée Ramamonjisoa, Albert Rakoto Ratsimamanga et moi. 1. L'héritage.

Je ne peux mieux faire, pour présenter à nouveau un livre qui était déjà disponible - et le reste - par Internet (voir ma note de blog à ce sujet), que citer l'introduction de l'auteur:

Ratsimamanga vivant

Si l’absence physique du Professeur peut changer certains aspects du projet que nous formulions ensemble d’écrire sur lui, la lecture de ce volume qu’il a lu et aimé montre à quel point l’homme fut jusqu’au bout rempli de cette vie qu’il a tant servie.

Nous avons réalisé les entretiens qui sont à la base de ce volume sur L’Héritage à la fin du XXe siècle. Partout dans le monde le courant prospectiviste depuis une décennie faisait le bilan du XXe siècle pour préparer le XXIe siècle. Avec le Professeur, nous avions discuté des acquis de ce courant à Madagascar. Ce fut un réel plaisir pour nous de penser aux bases de « l’ajustement culturel » nécessaire pour le corps national et international qu’en tant que citoyens malgaches conscients il nous faut construire pour réussir notre efficacité dans le nouveau millénaire.

Ratsimamanga aurait aimé être là pour voir comment les choses vont vite et aurait tout fait pour donner son avis à qui de droit. Mais en lisant les résultats des premiers entretiens, on se rend compte de la vivacité de cet esprit qui, au-delà de l’événementiel, savait identifier l’essentiel et s’y tenir avec l’opiniâtreté stratégique qui le caractérisait.

Ratsimamanga vit en nous et nous donne une belle leçon d’optimisme dans L’Héritage.

L'ouvrage est à présent disponible dans les principales librairies d'Antananarivo.

Bonne lecture.

9 avril 2008

Fleurs malgaches

J'aurais bien d'autres choses à raconter ces jours-ci, mais le travail, le travail...
Donc, à toute allure, parce que le lien ne restera probablement pas valide très longtemps, je signale l'article paru aujourd'hui dans Le Figaro, Madagascar : chasseurs de senteurs, sauveurs de fleurs, à propos des plantes et de leur bon usage - ainsi que de la manière de les sauver, peut-être.
Je suis toujours un peu énervé par les jugements lourdingues sur le tavy - que propose-t-on d'autre aux paysans? Ainsi que par la manie française de n'aller voir que des vazaha dès qu'il est question d'un sujet un peu pointu.
Mais l'article est vraiment intéressant, j'en conseille la lecture