27 août 2015

Il y a 100 ans : Véritable mise au point

Notre excellent et très éminent confrère la Dépêche Malgache prend la mouche à propos d’un article publié par notre modeste journal, contre les lanceurs de fausses nouvelles, et là-dessus de nous accuser de sentiments profondément créolophobes… Ouf !!
Tu as mal lu, Basile ; mets donc tes bésicles et relis l’article qui t’a servi de prétexte pour tomber à faux sur le Tamatave, et tu y verras qu’il ne s’est proposé que de combattre les fausses nouvelles répandues par de sinistres farceurs afin de jeter l’inquiétude dans le sein des nombreuses familles qui ont des leurs parmi ceux qui sont partis. Car il n’y a pas que des créoles sur le Caucase, par exemple, nous y avons aussi nos fils, et dans chaque lettre jetée à chaque escale, ils déclarent la nourriture suffisante, et aussi satisfaisantes que possible les conditions dans lesquelles ils voyagent ; ils se rendent compte qu’on ne peut leur donner, à eux simples militaires, des cabines de première classe.
Du reste le sens de l’article du Tamatave et le but qu’il se proposait d’atteindre sont si clairs que notre sympathique confrère La Presse de Madagascar ne s’y est pas trompée, et voici ce qu’elle dit dans son numéro du 24 :
« Le même confrère – le Tamatave – s’élève, avec raison, contre un sinistre Lemice-Terrieux qui a trouvé bon d’alarmer les familles qui ont des militaires embarqués sur le Caucase, en lançant le bruit, ne reposant sur aucun fondement, que ce paquebot aurait subi un grave accident en route.
« En outre, il paraîtrait que des soldats créoles, en service en France, se plaindraient, – dans des lettres particulières, naturellement introuvables, – d’être… trop bien nourris !
« C’est la dernière ! c’est la quatre-vingt-dix-neuvième : après quoi, sans nous frapper, apprêtons-nous à recommencer le premier couplet.
« Nous nous joignons à notre confrère pour réclamer des recherches et de sévères sanctions contre les lanceurs de “canards”. »
Nous ne voulons rien y ajouter ; pour le moment, ce sera notre réponse.

Le Tamatave

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont maintenant disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 26 titres parus à ce jour.

25 août 2015

Il y a 100 ans : Le carnet d’un boto de pousse-pousse

J’ai un bon copain, commerçant patenté, qui est en passe de faire fortune, il a trouvé un truc épatant.
Depuis les fêtes du « 75 », il est à Tananarive où il rachète à bas prix les médailles et insignes déjà vendus ; il en envoie régulièrement à Tamatave et en fournit ses clients à des prix défiant toute concurrence.
Je vois d’ici la tête que vont faire les Dames de Tamatave, futures vendeuses, qui vont être bien étonnées de voir toutes les poitrines garnies et leur stock leur rester pour compte.
Quand les fêtes du « 75 » seront terminées à Tamatave, il fera le même coup dans les autres villes de la Colonie et le tour sera joué, il aura réalisé de beaux bénéfices sans se donner beaucoup de mal.
Et on dit que le commerce ne va pas !!!
L’Administration, qui a cependant plus d’un tour dans son sac, n’y pourra rien, aucun texte ne peut empêcher d’être médaillés à bon compte pendant deux jours.
Il y aurait bien eu un moyen de tourner la difficulté, personne sans doute n’y a songé, c’était de faire, à Madagascar comme en France, une seule journée du « 75 » dans toute l’île ; mais alors la capitale n’en aurait pas eu la primeur et aurait crié au scandale. De fait, pourquoi nous plaindre puisque nous allons y trouver notre compte.
Sarah B.

À propos des sursis

M. le Gouverneur Général, pour ne pas entraver la vie économique du pays, a assez largement accordé des sursis à ceux qui en demandaient.
Il est regrettable d’entendre quelques-uns d’entre eux se vanter ouvertement auprès de leurs amis et de ceux qui n’ont pu en obtenir que c’est grâce à leurs relations amicales avec M. Garbit ou à des influences puissantes qu’ils ont pu arriver au résultat recherché.
D’où des cris et vociférations de certains de ceux qui sont revenus bredouilles.
Nous signalons simplement le fait en nous dispensant de conclure, persuadés que ce n’est que de la simple vantardise.

M. le Gouverneur Général en tournée

M. Garbit doit se rendre vers le 30 de ce mois à Vatomandry et de là viendra peut-être passer quelques jours à Tamatave.

La Dépêche malgache

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24 août 2015

Il y a 100 ans : Mise au point

Le Tamatave, dans un article intitulé « Fausses nouvelles » paru le 19 juin, semble prendre à partie les créoles et fait allusion à une lettre vraie ou fausse d’un soldat qui se plaindrait de la nourriture qui leur serait donnée, prétendant qu’on leur fait manger du beefsteak de cheval saignant et du pain de seigle.
Est-ce vrai ? Il faudrait le voir pour le croire, étant donnés les sentiments profondément créolophobes si connus du Tamatave qui, à plusieurs reprises, ne s’est pas gêné pour les étaler dans ses colonnes. Messieurs les abonnés créoles ont pu en prendre pour leur rhume.
Nous ne savons pas ce que mange l’auteur de l’article intitulé « Fausses nouvelles », si c’est de la poularde et du pain blanc, mais je suis certain que les créoles voudraient bien en faire autant si la nature n’avait fait pousser chez eux du riz au lieu de blé et si le climat débilitant et souvent fiévreux des pays chauds n’exigeait pour réveiller leur appétit endormi par les chaleurs et les malaises dus à l’ambiance dans laquelle ils vivent, des mets épicés indispensables pour appeler la faim.
L’habitude une fois prise, il n’y a rien d’étonnant à ce que le créole préfère le riz et le rougail au pain et au beefsteak saignant.
Est-ce un crime pour le chanter à cor et à cri dans un journal surtout colonial ?
Les peuples ne peuvent être que divers et diverses sont leurs coutumes. La nature dans son œuvre gigantesque n’a pas fait qu’un seul modèle et un seul climat.
En somme, si nous relevons les propos perfides de cet article, c’est que son auteur n’a pas seulement envisagé la question nourriture, mais bien une occasion de chercher à rabaisser les créoles.
Qu’a-t-il donc à leur reprocher, surtout en ce moment où sur leur demande ils sont, non comme on a voulu l’insinuer, chargés simplement de la garde des prisonniers, mais sur le front en France et aux Dardanelles à faire bravement leur devoir tout comme les métropolitains.
C’est petit et mesquin de la part d’un journaliste d’attaquer des Français, qu’ils soient créoles de la Réunion ou d’ailleurs, lorsqu’ils paient sans sourciller l’impôt du sang, surtout sans avoir couru après des sursis comme beaucoup, hélas !!!
S’il y a des critiques à faire, elles doivent être dirigées contre les « embusqués » et les quémandeurs de sursis.
Un Créole « même ».

La Dépêche malgache

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21 août 2015

Il y a 100 ans : Les fêtes du 75 à Tananarive (2 et fin)

(Suite et fin.)
La garde-robe du musée avait été pour la circonstance mise à contribution. Les uniformes les plus variés, les plus invraisemblables, donnaient au défilé une allure des plus pittoresques.
Remarqués dans un coin du rova, une vingtaine de bambins s’acharnant sur un jeu de massacre, rivalisant d’adresse à qui démolirait Guillaume, François-Joseph, Bülow, etc.
Pendant toute la journée de la fête, les excellentes musiques des tirailleurs malgaches et du gouvernement général firent entendre les meilleurs morceaux de leur répertoire.
La journée se termina par une brillante retraite aux flambeaux à laquelle participèrent également les deux musiques.
Le lendemain, la fête commença par un concours de chant entre 7 groupes de chanteurs malgaches ; des exercices de gymnastique furent remarquablement exécutés par les membres du stade olympique de l’Émyrne. Il y eut aussi un concours de lutte et enfin un concours de tennis.
Un public aussi choisi que nombreux assistait à ces joutes : il ne ménagea pas ses applaudissements aux acteurs.
L’après-midi fut consacré aux courses de chevaux.
Le soir, à 8 heures, le théâtre brillamment décoré et illuminé ouvrait ses portes.
Deux pièces malgaches jouées avec un entrain endiablé retinrent tout particulièrement l’attention des spectateurs. La première, Dans les tranchées, est due à la plume alerte de M. Rainizanabololona, rédacteur en chef de la Trompetra Volamena, et la deuxième, La Guerre vécue, mimodrame de M. Bernardin Ravelosona, professeur-assistant.
Tous nos compliments aux auteurs et aux acteurs.
La soirée prit fin par l’exécution de l’hymne national qui fut exécuté debout, dans le plus profond recueillement.
Nos vives félicitations à la police pour l’organisation du service d’ordre, qui n’a pas un instant laissé à désirer.
Remercions également les membres du comité de la Société des Amis laïcs qui furent les véritables boute-en-train de ces trois journées de fêtes que nous verrons se renouveler avant peu.
Radesy.
(De la Tribune.)

Le Tamatave

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20 août 2015

Il y a 100 ans : Les fêtes du 75 à Tananarive (1)

Les « journées » du 75 ont obtenu un succès que beaucoup n’osaient espérer.
Grâce au zèle inlassable de nos gracieuses Tananariviennes, au dévouement desquelles on ne fait jamais en vain appel lorsqu’il s’agit d’une œuvre de bienfaisance ou de patriotisme, le placement des insignes a dépassé toutes les espérances.
Elles ont bien mérité de nos blessés ! En leur nom, merci.
Un bon point aussi aux indigènes qui, chaque jour, sous les formes les plus diverses, ne cessent de donner des preuves de loyalisme à la France qu’ils considèrent depuis longtemps comme leur Mère Patrie.
Pour donner plus d’importance à la journée, ou plutôt aux « journées » du 75, ils organisèrent une série de fêtes des mieux réussies. Leurs charmantes vendeuses, à l’instigation des dames françaises, rivalisèrent de zèle pour placer le plus d’insignes possible.
Leurs efforts furent couronnés de succès. Les résultats obtenus ont dépassé toutes les espérances. Par un bourjane, pas un boto ne circulait en ville sans arborer fièrement à sa boutonnière ou à son chapeau un, voire même plusieurs insignes du 75.
Le samedi, dans l’après-midi, une foule considérable se rendait au Palais de la reine, pour assister à la kermesse organisée par des notables, des fonctionnaires indigènes et par la Société des Amis laïcs.
À trois heures, M. le Gouverneur Général, accompagné du colonel Bonnaccorsi, commandant supérieur p. i., de M. l’administrateur en chef Hesling, directeur de son cabinet civil, de Monsieur le capitaine Sisteron, chef du cabinet militaire, et de Monsieur Granjean, chef du secrétariat particulier, faisait son entrée dans la grande cour du palais, aux accents de la Marseillaise.
Aussitôt la kermesse commence.
La place nous faisant défaut, nous devons renoncer à parler en détail du défilé historique, qui fut le clou de la journée.
C’était une reproduction exacte de l’ancien cortège royal. Personne n’y manquait, du plus haut dignitaire au plus humble tsimandoa, sans oublier les mpitan-defona et les mpiantsa.
(À suivre.)
Radesy.
(De la Tribune.)
Le Tamatave

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19 août 2015

Il y a 100 ans : Une enquête à bord de l’«El-Kantara»

À la suite d’une réclamation formulée par quelques militaires passagers à bord de l’El-Kantara, M. le Commandant d’Armes Régnier s’est rendu à bord de ce courrier pour faire une enquête.
Les soldats se plaignaient de la nourriture et du manque de couchage.
En effet, les militaires embarqués à la Réunion ont couché sur le pont là où ils ont pu et comme ils ont pu ; à son départ de la Réunion l’El-Kantara n’avait aucun matériel de couchage, ce n’est qu’à Tamatave que ce cargo a embarqué la literie apportée, pour lui, par le Louqsor.
La Cie des Messageries Maritimes avait, paraît-il, prévenu l’administration, à la Réunion, de ce manque d’installation et les militaires ont été embarqués comme passagers de pont jusqu’à Diégo-Suarez.
En ce qui concerne la nourriture, le Commissaire du bord a déclaré au Commandant Régnier que les hommes recevaient à chaque repas du riz et du carri (bœuf ou poisson) et qu’il leur faisait distribuer en outre des tomates et du piment. Le commissaire ajoute que, dès le départ de la Réunion, craignant que la cuisine faite par un chef européen ne leur donnasse satisfaction, il avait demandé quelques hommes de bonne volonté pour s’occuper de la cuisine des troupes moyennant rétribution, mais qu’aucun ne s’était présenté.
La Dépêche malgache

Fausses nouvelles

Le bruit court en ville que le paquebot Caucase, parti récemment pour la France avec un contingent de soldats, aurait subi en route un grave accident : de quelle nature ? personne ne peut le préciser. Vérification faite, rien de tel n’est encore arrivé jusqu’à cette heure.
Comme, parmi les militaires embarqués sur ce paquebot, plusieurs ont leur famille à Tamatave ou ses environs, un mauvais plaisant a trouvé gracieux de lancer cette odieuse nouvelle.
La police ne pourrait-elle rechercher le vilain personnage qui en est l’auteur, afin de lui faire passer l’envie de renouveler cette macabre façon de jeter l’inquiétude dans les familles ?

Le Tamatave

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18 août 2015

Il y a 100 ans : Grand émoi à la Pointe Hastie

Dimanche dernier, dans la matinée, Madame X… vaquait à ses occupations dans son domicile à la Pointe Hastie, lorsque des cris venant de la rue attirèrent son attention. Elle allait sortir par la porte, pour se rendre compte de ce qui se passait, lorsque, par la fenêtre, une masse énorme se précipite chez elle avec le bruit et la rapidité d’une bombe. La pauvre dame, à qui le temps de la réflexion ne fut pas donné, n’eut que celui de se sauver.
C’était un zébu de grande taille, pourvu de puissantes cornes, qui, poursuivi par une meute de gens enragés qui le rendaient fou de terreur, avait cru pouvoir trouver un refuge dans cette habitation à l’apparence si paisible.
Mais le malheureux n’était pas seul. Tout un troupeau s’était enfui, de l’abattoir disent les uns, du frigorifique, disent les autres. La police doit avoir vérifié ce point qui nous importait peu.
Mais ne pourrait-on pas faire comprendre aux Malgaches que ce n’est pas en hurlant, en courant par bandes après ces animaux et en leur jetant des pierres, des bâtons, toute sorte de projectiles, qu’ils arriveront à les calmer et à les prendre ? Bien au contraire. Aux gardiens se joignent tous les gamins, tous les désœuvrés, et c’est alors une sarabande qui renverse tout ce qu’elle rencontre à travers les rues de la ville, et dans les immeubles où le hasard la fait pénétrer. Tout le monde oublie que ces animaux sont très doux de leur nature. En voici la preuve.
Cinq de ces animaux, fuyant la rue, ont pénétré en trombe dans mon jardin, en brisant les clôtures. Sur leur trace, une bande de gardiens a fait irruption en criant, en gesticulant et lançant des projectiles. À grand’peine j’ai pu les arrêter, – les gardiens, non pas les bœufs, – et ces derniers, ne se sentant plus poursuivis, se sont arrêtés tout seuls. Après les avoir laissé souffler un moment derrière un massif, je m’approche d’eux avec un seul gardien, et très doucement, à tout petits pas, sans crier et sans gesticuler, je les conduis jusque dans la rue, où ils se laissent mener sans aucune résistance. Ils auraient marché de même jusqu’à l’abattoir ou le frigorifique, s’ils n’eussent été de nouveau poursuivis de cris et de projectiles.

Le Tamatave

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16 août 2015

Il y a 100 ans : Le raphia et… les Boches

Tout le monde sait que, parmi les maisons de commerce qui, de Madagascar, expédient en Europe la plus grande quantité de raphia, se trouvait, en première ligne, la maison O’Swald, laquelle dirigeait ce produit sur Hambourg.
Là, je le donnerais en cent, je le donnerais en mille, que nos lecteurs ne devineraient pas à quoi était destiné ce pacifique produit ?…
À rien moins qu’à prendre une part, modeste sans doute, mais utile toutefois, à l’œuvre de destruction, à la sanglante invasion depuis si longtemps préparée par les Boches.
C’est une lettre du front, écrite par un colonial malgache, qui est venue nous renseigner sur le rôle imposé par les Boches à ce produit par lui-même si peu offensif.
Le raphia, le pacifique et inoffensif raphia, qui jamais sur la terre malgache n’avait nourri de noir dessein, le raphia, dis-je, qui dans son corps inerte ne pouvait protester contre l’homicide usage auquel on le faisait contribuer, avait servi, bien tressé, à confectionner des paniers dans lesquels on avait enveloppé les obus de toutes sortes qui, ainsi protégés, pouvaient voyager ou stationner dans les dépôts, sans crainte d’être éraillés ou endommagés dans une manipulation trop rapide. Au moment de l’introduire dans la pièce, l’obus est dégagé de son enveloppe de raphia, et celle-ci est jetée au rebut.
Nos « poilus » les ramassent pour, remplies de terre, renforcer leurs parapets, ou en former litière au fond des tranchées. Bien qu’elle ne nous l’ait pas fait dire, nous pouvons affirmer que cette dernière destination répond mieux à sa nature.

Le « Louqsor »

Ce paquebot est arrivé sur notre rade avec quelques jours de retard parce que, quelque temps avant de quitter Marseille, il avait été réquisitionné pour les Dardanelles.
Au dernier moment, n’étant pas utile, il lui a été permis de venir à Madagascar.
S’il n’a pas apporté la farine attendue sur place, c’est que son départ a été précipité et, qu’à ce moment, camions et conducteurs de camions avaient été eux aussi réquisitionnés ou mobilisés en presque totalité.
Le Louqsor, qui part aujourd’hui pour la Réunion, rapportera de cette île, à son retour, 1 000 recrues à destination de Diégo-Suarez et embarquera ici 900 soldats à destination de France.

Le Tamatave

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15 août 2015

Il y a 100 ans : Le Musée d’Histoire Naturelle

Un Musée d’Histoire Naturelle vient d’être créé à Tananarive par arrêté de M. le Gouverneur Général en date du 20 février 1915 et l’Académie Malgache a été spécialement chargée d’organiser ce nouveau musée. Il existe aussi au Palais de la Reine des collections d’ethnographie encore à l’état embryonnaire, mais susceptibles d’un grand développement.
Or ces diverses collections peuvent s’enrichir rapidement avec la collaboration du public, et il est de l’intérêt général de former à Tananarive un Musée malgache qui soit un véritable centre d’études et de recherches scientifiques. De pareilles recherches en effet ont presque toujours des applications agricoles, commerciales ou industrielles. Chacun peut donc être mis à même d’en profiter un jour.
C’est pourquoi il est fait appel à tous ceux qui s’intéressent à l’Histoire Naturelle ou à l’Ethnographie. Que tous ceux-là, européens ou indigènes, colons ou fonctionnaires, enrichissent les collections publiques par le don des objets curieux ou intéressants qu’ils ont pu trouver ou acquérir et que souvent ils sont assez embarrassés pour conserver eux-mêmes.
Les échantillons ou objets offerts par les particuliers peuvent être remis par les donateurs à MM. les Administrateurs Chefs du district ou de province, qui se chargeront de les faire parvenir à Tananarive.
Pour les objets susceptibles de s’altérer très vite, il est recommandé, si possible, de faire l’envoi directement par la poste, en affranchissant au tarif ordinaire et à l’adresse suivante : M. le Président de l’Académie malgache à Tananarive. En ce dernier cas, l’Académie Malgache remboursera à l’expéditeur le montant des frais d’envoi.
Tous les échantillons ou objets offerts ainsi par des particuliers et admis par la Commission du Musée à figurer dans les collections seront classés avec indication de leur provenance et du nom des donateurs.

Départ pour le front

Les militaires réservistes dont les noms suivent s’embarqueront sur l’El-Kantara :
2e Régiment de Tirailleurs malgaches : soldats Cerdagne, d’Angest et Gonthier.
Section des Infirmiers Coloniaux : soldat infirmier Bertrand (Père jésuite).
À tous, bon voyage et prompt retour.

Le Tamatave

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14 août 2015

Il y a 100 ans : La question de la viande (3)

(Suite et fin.)
Quelle est l’importance des marchées proposés par la commission de l’Agriculture ? Le calcul est aisé à faire. L’armée consomme 45 000 tonnes de viande par mois. Elle peut recevoir 15 000 tonnes de conserves ou de moutons africains. Elle absorbe 20 000 tonnes de viandes frigorifiées. Il reste donc un déficit de 10 000 tonnes. En comptant sur un rendement de 300 à 330 kilos de viande nette, c’est donc 30 000 têtes que l’on doit trouver, soit pour quatre mois, c’est-à-dire pour attendre le bétail d’herbe du mois d’octobre, 120 000 bœufs. On peut défalquer de cette quantité les 10 000 bœufs provenant de Madagascar, et on arrive ainsi à un total de 100 000 bœufs dont l’importation est nécessaire.
C’est la conclusion du rapport de M. Cosnier.
Ed. Claris.
Le Journal

Le carnet d’un boto de pousse-pousse

Dans l’intérieur de la Colonie, les transports s’améliorent journellement, l’Officiel nous l’apprend et nous-mêmes à Tamatave nous pouvons le constater au gros effort que fournissent les travaux publics ; on inaugure à Moramanga, un train supplémentaire par semaine vient d’être créé, l’étude du canal Tamatave-Ivondro sera terminée avant peu et les travaux de la route de Melville se poursuivent normalement. Nous en remercions sincèrement le Chef actuel de la Colonie dont l’esprit de décision et l’activité sauront bien vite nous faire oublier l’engourdissement général qui fut la caractéristique du règne de son prédécesseur.
Eh bien ! cette activité dont l’exemple vient de haut n’a aucun effet sur notre Grande Compagnie de navigation, les bateaux des Messageries qui ont grossi et grandi depuis la guerre ne veulent plus rien savoir pour avancer, l’horaire est le dernier de leurs soucis, l’Agent Général a beau se dépenser, rien à faire, c’est à croire que notre ex-gouverneur a laissé son empreinte dans nos eaux et sur la route que suivent les navires.
C’est le découragement général, au point que le pavillon blanc et rouge n’est même plus hissé sur la tour pour signaler la présence sur rade des cargos, j’allais écrire escargots, que l’on nous envoie.
Allons ! Messieurs des Messageries, regardez autour de vous, partout l’activité règne. Suivez ! suivez l’exemple.
Sarah B.

La Dépêche malgache

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13 août 2015

Il y a 100 ans : La question de la viande (2)

(Suite.)
C’est donc une ressource importante à laquelle nous devons songer.
Mais l’importation de ce bétail présente des inconvénients, par suite de la longue traversée. Aussi paraît-il plus logique d’utiliser les viandes de Madagascar, soit en viandes frigorifiées, soit en conserves qui pourront être faites sur la côte malgache. Des usines sont déjà installées. Il convient de les encourager. Cependant M. Cosnier pense qu’il ne faut pas négliger les ressources de notre grande île et il approuve le ministre des colonies d’avoir décidé d’importer dix mille bœufs vivants de Madagascar.
Comme ils n’arriveront sur le marché français que dans soixante jours environ et ne constitueront qu’un faible appoint, ils ne nous permettent pas de remédier au déficit que nous avons signalé.
Il paraît alors nécessaire de faire appel au bétail en provenance de l’Amérique du Nord.
Le Canada et les quatre États de la région des Grands Lacs présentent toute garantie au point de vue sanitaire et se prêteront parfaitement à cette exploitation. On pourrait seulement objecter que, vu les fatigues de la traversée, le bétail perd en poids et en qualité ; il ne faut pas oublier que la traversée du Canada à nos ports de l’Atlantique n’est que de 8 jours. D’autre part, avant l’introduction des viandes frigorifiées, l’Angleterre, qui ne disposait pas à cette époque des transports rapides qui existent de nos jours, s’alimentait presque exclusivement avec ce bétail. De nombreuses expériences ont, d’ailleurs, montré que ces animaux importés étaient très rapidement remis en état par un court séjour sur des pâturages.
Il pourrait également être fait appel, avec des précautions spéciales, en ce qui concerne l’état sanitaire des animaux, au bétail de l’Argentine, du Brésil et de quelques départements du nord des États-Unis. Ce ne sont d’ailleurs là que les conclusions de la commission qui a été réunie au ministère de l’Agriculture sous la présidence de notre confrère, M. Dariac.
(À suivre.)
Ed. Claris.

Le Journal

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12 août 2015

Il y a 100 ans : La question de la viande (1)

Pour remédier à l’emprise faite depuis le début de la guerre par les réquisitions sur le bétail français, le gouvernement a fait appel aux viandes frigorifiées. Il a récemment conclu avec l’Angleterre des marchés de viandes frigorifiées s’élevant à 240 000 tonnes, à répartir entre février 1915 et février 1916. Cette viande est destinée aux troupes. De plus, un projet de loi récemment voté par la Chambre autorise l’achat annuel de 120 000 tonnes de viandes congelées.
Mais la dernière mesure ne donnera son plein effet que dans cinq ou six mois, quand les compagnies de transport auront aménagé sur les bateaux les appareils frigorifiques nécessaires. En attendant, la question de la pénurie et de la cherté de la viande reste entière. Pour la résoudre, la commission de l’agriculture de la Chambre vient d’approuver la proposition de M. Cosnier autorisant l’acquisition et l’introduction de bétail étranger sur pied.
Dans le très intéressant rapport qu’il soumet à ses collègues, M. Cosnier précise en ces termes la proposition faite :
On a songé à faire appel au bétail sur pied de nos colonies. Il eût été intéressant de pouvoir s’adresser au Maroc, mais la disette de viande de ces années dernières n’a déjà que trop décimé ce bétail. Nous ne pouvons guère, au moment où les populations marocaines concentrent tous leurs efforts à reconstituer leur troupeau, nous adresser à elles pour nous fournir une partie du bétail qui nous est nécessaire. Nos colonies nord-africaines ne peuvent donc nous donner que quelques milliers de moutons qui nous permettront d’apporter un peu de variété dans la ration de nos troupes.
Il n’en est pas de même pour le bétail de Madagascar : le cheptel malgache, comprenant plus de 5 millions de têtes, est composé d’un bétail assez gras pour être consommé et fournir à la métropole une partie de la viande qui lui est nécessaire. Cette colonie pourrait mettre annuellement à notre disposition plus de 200 000 têtes de bétail d’excellente qualité ; les personnes initiées ont constaté que les rendements varient de 50 à 59 %, ce qui permet d’obtenir avec des animaux pesant environ 400 kilos, 40 000 000 de kilos revenant rendues à la côte à 40 francs les 100 kilos.
(À suivre.)
Ed. Claris.

Le Journal

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont maintenant disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 26 titres parus à ce jour.

11 août 2015

Il y a 100 ans : Le carnet d’un boto de pousse-pousse

Est décoré qui peut, il faut généralement pour cela avoir rendu des services signalés, soit un sabre ou un fusil à la main, soit en usant de nombreux ronds de cuir devant des paperasses administratives et sentant plus ou moins le moisi. Certains, plus pratiques, profitent simplement des talents d’une chère moitié qui se dépense de mille façons différentes pour faire éclore le ruban rêvé à la boutonnière du mari. Tout cela est bien ennuyeux.
Même en temps de guerre, tout le monde ne trouve pas des aptitudes pour manier des engins de mort et les ronds de cuir les plus endurcis en arrivent à préférer les plumes sur le chapeau de leur femme que dans leur main.
À Madagascar, nous n’avons plus besoin de tout cela : la journée du 75 arrive heureusement, tous les candidats au ruban, moyennant une somme modique, pourront s’en mettre partout, ils auront même des médailles par-dessus le marché et il y en a pour tous les goûts.
Décidément ce 75 est merveilleux, il ne se contentera pas de sauver la France, il va encore décorer ses habitants. Il n’y a qu’une ombre au tableau, nous ne l’avons jamais vu qu’en photo. Les habitants de la Capitale sont plus à la hauteur que nous ; il est vrai que lorsqu’on habite Tamatave on ne les envie pas.
Sarah B.
La Dépêche malgache

Départ pour le front

Les militaires du 2e Malgaches dont les noms suivent ont été désignés pour continuer leurs services en France.
1° Embarquement sur l’El-Kantara : capitaine Roger, lieutenant Muscatelli.
2° Embarquement sur le Louqsor : adjudant Chevallier, sergents Élie et Alcindor.

Le général Gautheron

Arrivé par le Louqsor pour prendre le commandement supérieur des troupes de l’A. O., ce général n’a pas voulu qu’on lui rendît les honneurs militaires, ce dont, vu les circonstances, nous le félicitons.

Commission municipale de Tamatave

Par arrêtés des 1er et 2 juin 1915, MM. Laroque, Baillet, Bouvier, Melville et Ratsimba ont été nommés pour une période de deux années, membres de la Commission municipale de Tamatave.
À tous, nos sincères félicitations.

Le Tamatave

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10 août 2015

Il y a 100 ans : L’Œuvre des Dames de Tamatave

Tamatave, le 2 juin 1915.
Madame la vice-Présidente de l’Union des Femmes de France (Croix Rouge), Marseille.
Madame,
J’ai l’honneur de vous faire parvenir, sous ce pli, trois mandats poste nos 145, 146 et 147 de 500 francs et 268 fr. 45, reliquat de la somme qui nous reste en caisse, soit 1 268 fr. 45.
Cette somme représente le montant des souscriptions des Dames de Tamatave adhérentes à notre Œuvre. Elle était destinée, comme vous le savez, à l’achat d’étoffe et à la confection de vêtements pour les victimes de la guerre et pour nos soldats blessés.
Obligée de quitter Tamatave, j’ai le regret de vous faire connaître que notre œuvre a vécu. J’en suis profondément peinée, mais je ne puis rien contre les événements qui me contraignent à un déplacement que rien ne faisait prévoir ; au contraire.
Avant de clore ma lettre, je ne dois pas vous laisser ignorer quelle reconnaissance je conserve au groupe des Dames de notre ville, aisées ou pauvres, qui ont bien voulu aider notre Comité ; toutes ont apporté le même dévouement à la Patrie, nonobstant leur éloignement du théâtre de la guerre.
Je remercie également M. le Gouverneur Général Garbit pour les encouragements qu’il a bien voulu prodiguer à notre groupement et si, dans notre localité, ma tâche n’a pas toujours été facile et si, par ailleurs, je n’ai pu faire mieux, je vous en dirai plus tard les causes. Il n’est pas toujours facile de faire son devoir, même lorsqu’il s’agit d’être utile à son Pays. Cette réflexion m’est personnelle et n’engage nullement notre Comité pas plus que la généreuse population de notre ville.
En partant je laisse à Madame Chazal, de notre Comité, 600 vêtements environ qu’elle vous fera parvenir par un prochain courrier. Cet envoi portera nos expéditions à 4 100 pièces.
Veuillez agréer, Madame, l’expression de mes sentiments très distingués et les meilleurs.
Madame Adolphe Bourgine,
Présidente de l’Œuvre Patriotique des Dames de Tamatave.

La Dépêche malgache

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8 août 2015

Il y a 100 ans : Tribune libre

On nous écrit :
Dans votre numéro du 22 mai, vous avez fait allusion, sous la rubrique « Tribune libre », aux agents des Douanes de la réserve de l’active qui ne sont pas mobilisés et vous vous étonnez que « ces jeunes gens sur les quais de nos différents ports pendant que leurs camarades métropolitains donnent leur vie pour le Pays. »
Permettez-moi de vous donner quelques chiffres qui éclaireront votre religion à ce sujet.
Sur 138 agents que comprend l’effectif douanier, 51 dont 27 de la réserve de l’active sont mobilisés à l’heure actuelle, soit dans la Colonie, soit dans la Métropole où ils se trouvaient en congé à l’heure des hostilités. Il reste donc en service 87 agents se répartissant ainsi : 20 de la réserve de l’active, 24 de la territoriale, 29 de la réserve de la territoriale et 14 des classes dégagées de toute obligation militaire. J’ajoute que les 20 agents de la réserve active appartiennent tous aux classes antérieures à 1906.
Si ces 20 unités étaient appelées sous les drapeaux, il resterait 67 agents des deux services pour surveiller les opérations de 22 bureaux organisés et centraliser le service, ce qui ferait, pour chaque bureau, une moyenne inférieure à 3 agents pour assurer la surveillance des embarquements et débarquements, la visite des marchandises, la perception des droits, le travail d’écritures et le service de garde qui fonctionne, vous le savez, jour et nuit.
Pensez-vous que 67 agents suffiraient à faire face à ces multiples obligations sans léser les intérêts de la Colonie et des commerçants ? Pensez-vous que ces derniers seraient disposés, sous prétexte qu’un ou deux douaniers ont été mobilisés dans leur localité, à attendre une semaine la livraison de marchandises qu’ils ont l’habitude d’obtenir le jour même ou le lendemain ?
Avez-vous songé, enfin, aux abus qu’un défaut de surveillance et de contrôle peut créer au profit de commerçants étrangers qui continuent à gérer leurs affaires en toute tranquillité, pendant que leurs concurrents français, souvent mobilisés, auront dû confier la direction de leur commerce à des mains inexpérimentées ?

La Dépêche malgache

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7 août 2015

Il y a 100 ans : Le rail à Madagascar (4)

(Suite et fin.)
Par vos nombreuses mesures, tout en tenant compte des intérêts de la défense nationale, vous avez réussi avec habileté à soutenir la situation économique de l’île ; votre rapide voyage au milieu des assemblées constituées vous a démontré toutes nos sympathies et la confiance unanime des colons. Aussi laissez-moi exprimer un vœu en leur nom, c’est que longtemps encore vous restiez à la tête de notre Colonie pour le plus grand bien de Madagascar.
Vous avez eu la généreuse idée d’associer la Colonie toute entière à une œuvre de solidarité nationale en demandant au Gouvernement français de prendre charge de 100 orphelins de la guerre. Nous ne pouvons qu’applaudir à cette pensée et je suis certain d’être l’interprète de tous mes compatriotes en vous priant d’agréer tous leurs remerciements.
Ce discours fut très goûté de tous et des applaudissements très nourris se firent entendre.

Le carnet d’un boto de pousse-pousse

Comme vous le pensez, je n’étais pas invité à l’inauguration du Chemin de Fer de Moramanga au lac Alaotra ; je ne voulais cependant pas mourir sans voir cela.
Profitant de la nuit noire et de l’inattention des employés de la gare occupés à installer nos édiles dans de confortables wagons de 1ère classe, je me suis furtivement glissé dans un fourgon et suis arrivé comme tout le monde à Moramanga : éreinté et courbaturé.
Après les premières effusions entre les habitants de la Capitale et nos concitoyens, un repas plantureux et quelques discours, on se mit en route pour l’inauguration. Il y en a beaucoup qui déjà auraient préféré faire tranquillement un bridge à Moramanga, mais noblesse oblige ! Encore 164 kilomètres aller et retour à s’appuyer.
Cette fois, impossible de trouver la moindre place, et bien m’en prit, j’ai dormi comme un loir en attendant le retour du train pavoisé ; j’en ai vu sortir des gens éreintés aux traits tirés. Je pensais toutefois qu’ils feraient meilleure figure à table, mais hélas ! la perspective d’une nuit encore à passer sur le rail ne permit pas à la plupart de faire honneur au fin gueuleton.
Les malheureux ?… Combien les petits sont heureux de n’avoir jamais rien à inaugurer.
Il n’y en a qu’un là-dedans qui rigole et comme par hasard c’est toujours Martel.
Sarah B.

La Dépêche malgache

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4 août 2015

Il y a 100 ans : Le rail à Madagascar (3)

(Suite.)
Nous devons ce grand effort à la générosité de la France, aux éminents gouverneurs qui se sont succédé ici, au général Galliéni, à M. Augagneur, à M. Picquié.
Nous devons cette prospérité au concours de nos soldats, de l’Administration ; mais nous la devons surtout aux colons, à la valeur de leurs efforts méthodiques et à leur persévérance, à tous ceux, commerçants, agriculteurs, industriels, qui n’ont pas marchandé leurs capitaux et leur santé, tant ils ont eu confiance dans le résultat.
Les voies ferrées doivent être au premier rang dans l’outillage de notre Colonie ; et ce merveilleux agent de circulation ne fera qu’agrandir le bien-être dans les régions traversées et augmenter la valeur du pays. Nous serions des ingrats si nous n’étions reconnaissants à vos prédécesseurs du grand effort qu’ils ont accompli dans cet ordre d’idée.
En moins de 5 années, nous leur devons le chemin de fer de Brickaville à Tamatave, le chemin de fer de Tananarive à Antsirabe.
Ce résultat obtenu en si peu d’années et dû, sans appel à l’emprunt, aux seuls excédents de recettes de notre budget force l’admiration et démontre ce que peut notre jeune Colonie sous d’habiles directions.
À peine arrivé, M. le Gouverneur Général, les voies ferrées ont retenu votre attention : le railway de Moramanga au lac Alaotra, dont aujourd’hui nous inaugurons le premier tronçon jusqu’à Andaingo, est un premier pas ; puis vos yeux se sont tournés vers le Betsileo où vous avez reconnu la nécessité à bref délai de doter d’un rail les deux grandes villes de Fianarantsoa et Mananjary.
Certes, la Colonie ne pourrait faire face longtemps à toutes les demandes de gros travaux, et nous risquerions fort d’attendre longtemps l’épanouissement du pays si nous ne devions avoir recours à la France, à la fin des hostilités, en lui demandant de contracter un emprunt.
Nous savons, M. le Gouverneur Général, que vous êtes partisan des grands travaux ; en donnant un nouvel et grand effort, vous êtes assuré de l’union de tous les colons et vous pouvez compter sur leur concours. Nous avons mis en vous toute notre confiance, connaissant votre activité.
 (À suivre.)

La Dépêche malgache

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3 août 2015

Ida Pfeiffer à Madagascar, une réédition numérique

Rimbaud
Très demandé, me dit-on, d'autant que l'édition papier en circulation ne serait pas le texte intégral, un classique du récit de voyage à Madagascar: Ida Pfeiffer, Voyage à Madagascar.
Grande itinérante, femme indépendante, Ida Pfeiffer est une pionnière du récit de voyage. Cette Autrichienne, née à Vienne en 1797, a accompli deux fois le tour du monde et en a fait la relation dans des livres à succès, traduits en plusieurs langues.
Elle se met cependant en route tardivement. Avant de partir, il a fallu se libérer d’un mariage qui ne lui convenait pas. Quand elle dirige ses pas vers Constantinople et Jérusalem, elle a presque quarante-cinq ans. Mais, dès lors, rien ne l’arrêtera plus. Il lui reste une quinzaine d’années, et le monde est vaste.
Courant du nord au sud et d’est en ouest, elle a cependant manqué Madagascar. Elle embarque donc de nouveau en mai 1856. Au passage à Paris, les membres de la Société de Géographie tentent de la décourager. Madagascar ? Les circonstances ne s’y prêtent pas, la guerre s’annonce car la France se prépare, déjà, à la conquête de l’île.
Rien n’y fait. Il y aura bien quelques détours mais, dans les derniers jours d’avril ou au début de mai 1857, près d’un an après le début de son voyage, elle est à Tamatave. Puis à Tananarive, où elle fréquente Messieurs Lambert, grâce à qui elle a pu atteindre son but, et Laborde. Ce qui se fait de mieux, à proximité du pouvoir, en matière d’Européens.
Mais, en raison précisément de cette proximité du pouvoir, les intrigues deviennent complots. Ida Pfeiffer se trouve bien malgré elle entraînée dans une page agitée de Madagascar, sur laquelle elle offre un témoignage de première main.
Elle paiera ce voyage, son dernier, de sa vie. Il est probable en effet qu’elle a contracté, lors du trajet entre Tananarive et Tamatave effectué dans des conditions difficiles après avoir été expulsée en même temps que d’autres Européens, la maladie dont elle mourra après son retour à Vienne, en octobre 1858.
Son fils Oscar publiera donc l’ultime récit de voyage écrit par Ida Pfeiffer en forme d’hommage posthume à une audacieuse aventurière.
2,99 euros