6 octobre 2015

Il y a 100 ans : Le carnet d’un boto de pousse-pousse

On dirait que c’est un fait exprès. Samedi dernier, je me plaignais amèrement que, sous prétexte d’œuvres bienfaisantes, on attirait les Tamataviens au théâtre et que les pauvres étaient loin d’en avoir pour leur argent. Eh bien le lendemain la mesure a été comblée.
Il ne suffit pas, pour s’exhiber sur une scène, d’avoir de la bonne volonté comme unique talent.
À cette représentation, nous avons subi des numéros d’un faible désespérant et des choses superbes ont été dites ou chantées d’une façon telle que c’est par simple politesse si le public n’a pas vidé la salle après la première partie du programme. Cependant un professionnel rehaussait par sa présence l’éclat !!! de la soirée, c’est du reste le seul qui nous empêcha de bâiller.
Le meilleur numéro fut incontestablement la musique militaire qui dans toute autre circonstance serait passée inaperçue, elle est à féliciter et c’est sincèrement que je le fais.
Existe-t-il un moyen de remédier à cela ? Sans doute, il suffirait d’une direction. Qu’un amateur, et il n’en manque pas, on l’a bien vu lors de la fête du 75, conseille ces inexpériences, enlève du programme les numéros trop faibles, enlève même certains acteurs qui seraient mieux au poulailler que sur la scène, et il serait possible, ici comme ailleurs, de passer au théâtre une soirée intéressante, cela permettrait d’éviter au public et en particulier à un Gouverneur Général d’assister au sabotage de jolies choses.
Sarah B.

Exportation du riz

Gouverneur Général, à toutes circonscriptions.
Nouvelles instructions Département suppriment le riz de la nomenclature de l’arrêté du 24 février 1915 et placent ce produit dans la catégorie des articles dont la sortie Colonie reste subordonnée autorisation préalable Département. Toutefois je continuerai à délivrer par délégation du ministre autorisations sortie riz sur pays français ou alliés si transport est assuré par vapeurs français ou alliés. – Garbit.
(Communiqué.)

La rougeole

Afin d’enrayer l’épidémie de rougeole qui sévit actuellement sur les jeunes enfants, l’administration a décidé de fermer, pendant 15 jours, l’École maternelle et l’École enfantine de Tamatave.

La Dépêche malgache

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont maintenant disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 34 titres parus à ce jour.

5 octobre 2015

Il y a 100 ans : La tournée de M. le Gouverneur Général sur l’Ivondro (6)

(Suite et fin.)
Cette visite a bien clos la tournée du chef de la Colonie pour le laisser sous la meilleure impression.
M. le Gouverneur Général, bien que très courte ait été sa tournée, a dû constater qu’on ne l’avait pas trompé, car il a pu se rendre compte, de visu, du progrès qu’avait atteint la colonisation dans la vallée de l’Ivondro et de l’importance de l’effort, – effort couronné de succès, il est vrai, – auquel les planteurs avaient dû se livrer.
Ce n’est pas cependant que ceux-ci, jusqu’à ces derniers temps, n’aient été traités en parias par l’administration. À l’époque de la conquête, ils disposaient d’une voie fluviale qui leur permettait d’apporter économiquement leurs produits jusqu’à Tamatave. Cette voie leur fut interdite, et dès lors les produits pauvres dont ils pouvaient disposer, et dont la vente eût constitué pour eux une ressource pécuniaire, sont restés sans valeur entre leurs mains. Cela occasionna une crise à laquelle les planteurs peu fortunés ne purent résister et durent abandonner la lutte. Ceux qui ont résisté et ont triomphé n’en ont que plus de mérite. Grâce à la haute impulsion de M. Garbit et au bon vouloir du chef de la Province et du chef de district, les planteurs vont bientôt pouvoir compter, en plus du T. C. E., sur une route et un canal. Ils ne ménageront pas leur reconnaissance.

Collège de jeunes filles de Tananarive

À la rentrée du 16 août, le Collège de jeunes filles de Tananarive prendra possession du nouveau local construit spécialement à son intention.
Tout y a été organisé suivant les prescriptions de l’hygiène la plus minutieuse.
Trois vastes dortoirs permettront d’accueillir nombre d’enfants des régions moins saines qui viendront respirer l’air vivifiant de Tananarive.
Elles y trouveront, avec les soins maternels d’une surintendante expérimentée, l’instruction qui les préparera à une vie utile.
L’enseignement est celui des collèges de France ; des cours spéciaux prépareront au Brevet simple et au Brevet supérieur.
Le nouveau Collège de jeunes filles comptait au mois de juillet 93 élèves, dont 11 pensionnaires. La 4e année secondaire a été ouverte en 1915, la 5e année le sera en 1916.

Le Tamatave

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont maintenant disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 34 titres parus à ce jour.

4 octobre 2015

Il y a 100 ans : La tournée de M. le Gouverneur Général sur l’Ivondro (5)

(Suite.)
En remontant la rivière, on nous indique, au hasard, la propriété de M. Maillot avec 30 000 plants de caféiers, des cacaotiers, une belle vanillerie et une importance plantation de manioc ; celle de Técher, avec 20 000 plants de caféiers ; de J. Fontaine avec 10 000 ; de L. Fontaine avec 3 000 ; de Derveilher avec 7 000 ; de deux Chinois avec 7 à 8 000 ; de la Société « Caféière de l’Ivondro » avec 72 000, et d’autres qui commencent à peine leurs plantations, ou qui, mobilisés comme M. Jadras, ont dû les abandonner. Il faut remarquer que tous ces planteurs disposent d’abondantes pépinières, qui leur permettent d’augmenter chaque année leurs plantations d’une façon importante. Tous également plantent sur une grande échelle du manioc destiné à être transformé en tapioca.
Il faut remarquer encore, en le soulignant, qu’environ deux mille hectares de riches terrains, sur les deux rives du fleuve, sont la propriété d’indigènes qui ne les cultivent pas et se refusent à les vendre ou à les louer aux Européens, même au poids de l’or. C’est ce qui explique qu’en parcourant l’Ivondro, on éprouve une sensation pénible à voir de grands espace incultes à côté de riches plantations. Il serait à désirer que, comme cela a été fait en Algérie, des mesures fussent prises pour que ces terrains soient livrés à la colonisation.
C’est encore ce qui explique pourquoi, sur la vallée du Fanandrana, bien que cette rivière n’offre pas à la navigation autant de facilités que l’Ivondro, il se trouve plus de colons que sur cette dernière, tous très sérieux ; mais le temps a manqué pour les visiter. Pour en donner une idée, on peut citer les noms des planteurs ci-après : MM. Golaz, Chapart, Serre, Bourgoin, Ansel, Mallet et Pouchon, Tricard, Balisson et d’autres dont le nom nous échappe.
À l’angle formé par l’embouchure du Fanandrana sur l’Ivondro, M. le Gouverneur Général s’arrête chez M. Chantepie pour visiter ses magnifiques plantations, car, des plus anciennes de la région, elles sont aujourd’hui en plein rapport, et les produits (cacao, vanille, café) livrés au commerce par M. Chantepie sont des plus estimés. Son installation du reste est un modèle.
(À suivre.)

Le Tamatave

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3 octobre 2015

Il y a 100 ans : La tournée de M. le Gouverneur Général sur l’Ivondro (4)

(Suite.)
À peine ont-ils mis le pied hors du canot, que les visiteurs trouvent à mi-coteau l’usine de M. Grenard destinée à l’élaboration du manioc et à sa transformation en tapioca. M. Garbit la visite en détail avec l’intérêt qu’il apporte à tout ce qui contribue au progrès colonial.
Cette visite est d’autant plus intéressante que l’usine est en plein fonctionnement, et on ne se lasse pas d’admirer ces ouvriers qui travaillent et s’agitent en silence comme des abeilles dans une ruche de miel.
Mais la soirée s’avance. Vite on escalade le mamelon sur lequel se trouve la maison d’habitation, de la véranda de laquelle la vue s’étend sur une grande étendue de plantations voisines.
À notre droite, aux dires d’un voisin, sur les terrains dépendant de la propriété « Las Palmas », sont plantés 100 000 pieds de caféiers, sans compter les 300 hectares de manioc pour approvisionner l’usine.
En face de nous, de l’autre côté du fleuve, s’étend la belle propriété de M. T. Payet avec ses 30 000 pieds de caféiers, en plein rapport pour une bonne partie, et ses plantations de canne à sucre pour approvisionner son usine à rhum, dont on aperçoit le toit à travers le feuillage.
À ce sujet, pour donner une idée du développement que prend la vallée de l’Ivondro, il n’est pas hors de propos de faire connaître que son frère Edgard possède une autre usine à rhum, plus haut, dans la même vallée, et qu’à eux seuls, les deux frères Payet ont versé au fisc 83 000 fr. de droits pour la présente année, en ayant payé plus de 80 000 fr. l’année dernière. C’est là un chiffre qu’il est facile de vérifier au Trésor, et qui ne manque pas d’éloquence.
De plus, M. Edgard Payet installe à l’heure actuelle, dans son usine, l’outillage nécessaire à la fabrication du sucre : ce sera la première de ce genre qui fonctionnera à Madagascar depuis la conquête, car celles qui existaient avant ont toutes été arrêtées, à la suite d’un… malentendu regrettable. Le sol et le climat de ce pays sont cependant des plus favorables à la plantation de la canne à sucre. Nous augurons donc un plein succès à la nouvelle industrie, tout en félicitant M. E. Payet de sa courageuse initiative.
(À suivre.)

Le Tamatave

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2 octobre 2015

Il y a 100 ans : La tournée de M. le Gouverneur Général sur l’Ivondro (3)

(Suite.)
Encore un mot, car je ne saurais terminer sans vous prier, Messieurs, de vous joindre à moi pour remercier Madame Sisteron qui a bien voulu apporter à cette réunion la grâce et le charme de sa présence.
Les applaudissements par lesquels les colons saluent cette allocution témoignent que M. Chantepie avait fidèlement interprété leurs sentiments.
M. Garbit, comme toujours, répond par quelques mots bien sentis. Il se dit très sensible  la réception si cordiale qu’il reçoit des planteurs de l’Ivondro, et il est heureux de constater l’union qui règne entre eux ainsi que l’effort opiniâtre avec lequel chaque année ils développent leurs plantations, qu’il était loin de croire aussi importantes. Il les encourage et leur promet que l’administration fera tout son possible pour les aider. Il se joint à M. Chantepie pour envoyer un souvenir ému à nos soldats qui souffrent et combattent pour nous à la frontière.
Il lève son verre au triomphe des armées alliées, à la prospérité de Madagascar, et en particulier des planteurs de l’Ivondro, et termine par ce cri qui doit consacrer l’union de tous les Français : Vive la France !!!
Inutile de signaler les applaudissements qui ont suivi.
Après la… promenade du matin, on se serait volontiers prélassé à table jusqu’au soir, au milieu des desserts variés et des vins fins qui se succédaient, si M. Garbit n’avait rappelé que la visite des planteurs de l’Ivondro était loin d’être terminée, et, à son exemple, on quitte, – bien qu’à regret, – cette magnifique propriété, aux plantes tropicales de toute beauté, et dont aucune description ne saurait donner une idée exacte.
En quarante minutes, M. le Gouverneur Général et les personnes qui l’accompagnent arrivent à la propriété « Las Palmas », après avoir entrevu seulement les plantations intermédiaires.
Là, l’aspect est tout autre que celui de la propriété de M. Borgeaud. Ce ne sont plus les hautes et denses frondaisons de plantes en plein rapport qu’on avait admirées chez ce dernier. Ici, les caféiers, jeunes, de trois ans à peine, en moyenne, mais vigoureux et déjà en rapport, s’étendent à l’infini, escaladant les coteaux aussi loin que la vue peut s’étendre.
(À suivre.)

Le Tamatave

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1 octobre 2015

Il y a 100 ans : La tournée de M. le Gouverneur Général sur l’Ivondro (2)

(Suite.)
Heureusement qu’à un détour apparaît le fleuve et un canot automobile vient prendre les promeneurs harassés pour les reconduire en quelques minutes aux habitations de M. Borgeaud où les attendait un déjeuner vraiment royal, aussi plantureux que succulent, auquel tous, les promeneurs surtout, ont fait le plus grand honneur.
Au dessert, M. Chantepie, l’un des plus méritants et des plus anciens planteurs de la vallée de l’Ivondro, a prononcé la délicate allocution suivante :
Monsieur le Gouverneur Général,
C’est une grande satisfaction pour nous, surtout dans les circonstances actuelles, de nous trouver groupés autour de vous, et nous vous remercions de cette nouvelle marque d’intérêt que vous voulez bien donner aux planteurs de la vallée de l’Ivondro et du Fanandrana.
MM. Caucé d’abord, et Borgeaud ensuite vous ont dit déjà, M. le Gouverneur Général, d’une façon excellente et parfaite, tout ce qu’il y avait à dire, et ont ainsi résumé notre pensée.
Ma tâche s’en trouve d’autant plus simplifiée que je ne saurais dire davantage et mieux qu’il ne l’ont fait.
Les paroles que vous aussi, vous avez prononcées, M. le Gouverneur Général, nous ont été au cœur. « Comment, nous disiez-vous, une entente constante pourrait-elle ne point exister entre ces hommes, qu’ils soient colons ou fonctionnaires, qui n’ont plus qu’une seule pensée commune ? »
Oui, dans cette pensée qui nous est commune, notre entente sera constante.
Par devoir patriotique d’abord, et puis aussi parce que nous avons à cœur de vous témoigner notre gratitude en écartant de votre chemin toutes les questions irritantes ou mesquines qui vous rendraient plus pénible la tâche à laquelle vous vous êtes si entièrement dévoué.
Avant de terminer, permettez-moi de formuler le vœu qu’à votre prochaine visite nos cœurs et nos pensées soient libérés des angoisses de l’heure actuelle.
Messieurs, je vous invite à lever vos verres en l’honneur de M. le Gouverneur Général et de ses dévoués collaborateurs.
Vive la France ! Vive la République ! Vivent les armées alliées !
 (À suivre.)

Le Tamatave

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30 septembre 2015

Il y a 100 ans : La tournée de M. le Gouverneur Général sur l’Ivondro (1)

Toujours soucieux d’étudier les besoins de la colonie et de mieux la connaître, M. Garbit, mercredi dernier, est allé faire une tournée dans la vallée de l’Ivondro pour visiter les colons et voir par lui-même leurs plantations.
Une foule nombreuse d’indigènes, vêtus de leurs habits de fête aux vives couleurs, attendait à la gare de Mahatsara pour saluer le chef de la colonie.
Après quoi, celui-ci, sans retard, a pris place dans le canot automobile de M. Borgeaud, avec quelques-unes des personnes qui l’accompagnaient. Les autres sont montées dans le canot de M. Grenard, et les voilà remontant le fleuve à toute vitesse jusqu’à la propriété de M. Borgeaud.
Là, bon nombre de colons de l’Ivondro et de Fanandrana, invités par le Président du Comice agricole, attendaient M. le Gouverneur Général.
Les présentations terminées, M. Garbit rappelle que l’objet de sa visite est de voir les plantations et qu’il est peut-être prudent de faire, avant le déjeuner, cette opération qui servirait d’apéritif. Il était en effet 11 h. et demie. Quelques-uns, des plus intrépides, se déterminent à le suivre, car on n’oublie pas que M. Garbit est un rude marcheur. Du nombre se trouve Madame Sisteron ; elle s’intéresse vivement aux questions coloniales qui d’ailleurs lui sont familières.
Et voilà le petit groupe se lançant à la suite de M. Garbit, sur une allée interminable qui traverse en ligne droite les plantations de cacaotiers. De temps en temps on s’arrête pour admirer un plant qui surpasse en beauté ses voisins.
Tous, d’ailleurs, sont en plein développement en en plein rapport, étant plantés depuis quinze ou vingt ans. Leurs hautes branches se touchent et forment un dôme qui laisse difficilement passer les rayons du soleil, bien qu’à cette heure il fût perpendiculairement sur la tête.
Après les cacaotiers, voici les plantations de vanille. Mais il va être une heure. Les estomacs sont creux ; cette… promenade y a largement contribué et on se demande avec anxiété si M. Garbit va faire le tour de la propriété. Il ne faut pas oublier que celle-ci mesure plus de cinq cents hectares, et bien qu’elle ne soit pas entièrement plantée, il reste à visiter bien des plantations et notamment les caféiers.
(À suivre.)

Le Tamatave

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29 septembre 2015

Il y a 100 ans : Contre l’alcoolisme

La nécessité qui s’impose de lutter contre l’alcoolisme qui a des tendances à se propager dans la colonie a conduit l’administration locale de Madagascar à abroger le décret du 9 octobre 1913 qui réglait la matière jusqu’ici et à le remplacer par un nouveau texte que le ministre des colonies approuve par décret.
Les principales modifications apportées à la réglementation en vigueur sont les suivantes :
Il est créé deux classes de licence de détail de boissons alcooliques pour traiter différemment les débitants qui ne vendent qu’à emporter et ceux qui vendent à consommer sur place. Pour ces derniers, dont il y a un intérêt majeur à ne pas faciliter l’établissement, les droits perçus actuellement sont majorés d’une façon appréciable.
Il est créé également deux classes de débitants au détail de boissons hygiéniques en observant la même distinction. Le commerce de ces boissons bénéficie de droits très modérés.
Les dispositions restrictives du libre exercice du commerce des boissons, notamment sur la limitation des débits, qui font encore actuellement l’objet d’un arrêté local, ont été incorporées dans le décret et acquerront ainsi plus de fixité.
Le nouveau décret ordonne les mesures propres à développer de la manière la plus large la consommation des boissons hygiéniques métropolitaines et fournit en même temps au gouvernement de la colonie les moyens de lutter efficacement contre les progrès de l’alcoolisme.
Le Temps

La « Loire »

Ce vapeur parti enfin de Tamatave où, avec de nombreuses marchandises, il a pris un contingent militaire venu de Tananarive, s’est rendu à Sainte-Marie pour faire son plein de charbon. Ce combustible se trouve déposé là depuis la conquête, destiné à l’approvisionnement des navires de guerre croisant devant l’Île.
La Loire se rendra ensuite à Diégo, chargera une cinquantaine de bœufs que la colonie offre à la France comme échantillon et prendra une quantité de militaires à destination d’Europe.
Disons en passant que les bœufs que la Loire devait embarquer ont été revendus sans perte pour la colonie, et que ce vapeur emporte un chargement de produits du pays, représentant un fret de 300 000 à 400 000 fr., le couvrant presque des frais antérieurs.

Le Tamatave

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28 septembre 2015

Il y a 100 ans : Le péril jaune (3)

(Suite et fin.)
Si vous, Européen, avez un article à vendre en fraude, portez-le chez un Chinois ; vous êtes absolument sûr que, s’il est pris, il se laissera couper le cou plutôt que de vous dénoncer.
Cette mainmise, cette protection qui s’étend à tous les Chinois sans exception aucune, explique comment des magasins ou épiceries chinoises, même dans la brousse, réussissent, alors que des Européens ne pourraient y vivre.
Vous voyez les magasins en ville changer de propriétaires. Ou bien c’est à la suite d’une condamnation de leur tribunal que cela s’est opéré, ou bien à la suite d’une perte au jeu car, joueurs forcenés, ils jouent jusqu’à leur propre magasin.
Mais qu’un Chinois meure : jamais le curateur aux successions vacantes n’aura à intervenir, car il y aura toujours un propriétaire. Le défunt n’aura été que son employé.
Avec une pareille organisation, autrement dangereuse que celle des Boches avant la guerre, la confrérie chinoise forme un corps irréductible, un véritable État dans l’État.
Qu’on y réfléchisse.
F.

Départ pour le front

Nous apprenons que le sergent Mialou et les soldats Iribe et Actif, tous du 2me Malgaches, embarqueront sur la Loire à destination du front.
Madame Iribe accompagne en France son mari, le distingué et sympathique conducteur des Travaux Publics.
Le Tamatave leur souhaite un heureux voyage et un prompt retour.

Les tabacs malgaches

À la suite d’un envoi de cigares aux soldats sur le front, le Gouverneur Général a reçu la lettre suivante :
En campagne, le 20 juin 1915.
N° 514.
Le Lieutenant Colonel James Martin, Commandant le 412e Régiment d’Infanterie, à Monsieur le Résident Général de la Colonie de Madagascar, Tananarive.
Monsieur le Résident Général,
Le Service des subsistances militaires a remis à mon Régiment 700 cigares provenant de votre Colonie et généreusement offerts par elle à nos armées.
Je viens vous remercier d’avoir bien voulu penser à nos soldats qui ont été très sensibles à cette distribution.
Veuillez agréer, Monsieur le Résident Général, l’assurance de ma haute considération.
Signé : James Martin.
412e Régiment d’Infanterie,
Secteur n° 174.

Le Tamatave

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26 septembre 2015

Il y a 100 ans : Le péril jaune (2)

(Suite.)
1° La « cadouille ». Le condamné à la bastonnade est appelé au club, sans que jamais il puisse se refuser à comparaître, sous peine de mort, et le torse nu, les mains liées, il reçoit d’un compère qui, lui non plus, ne peut se soustraire à cette besogne, le nombre de coups de rotin indiqué par la condamnation.
Et là, pas de tricherie ou de compassion de la part du bourreau improvisé. Il se mettrait dans le cas d’être exécuté lui-même.
2° L’expulsion. Quand un Chinois a mérité cette peine, suivant les juges qui la lui ont infligée, il reçoit un pécule raisonnable pour payer son voyage et s’installer ailleurs, mais il ne peut revenir au point d’où il a été expulsé, sous peine de mort. Le cas s’est vu à la Réunion il y a quelques années.
3° La peine de mort. Quand elle est prononcée, le condamné, – je ne dis pas le coupable, – est invité à s’exécuter lui-même, en s’ouvrant le ventre ou en se tranchant les veines du cou. S’il s’y refuse, ce qui arrive quelquefois, un ou plusieurs compères sont chargés par le tribunal de cette exécution, besogne à laquelle eux-mêmes ne peuvent se soustraire. Et jamais la justice française n’arrive à découvrir quoi que ce soit dans ce genre d’exécution, comme cela s’est vu il y a peu de temps à l’occasion du meurtre d’un commerçant chinois à l’angle des rues Sylvain Roux et de l’Hôpital Militaire ici même à Tamatave.
J’abrège : jamais un Chinois ne travaillera dans un magasin qui n’appartiendra pas à un Chinois, ni jamais il ne prendra un employé qui ne soit pas chinois, à moins que ce ne soit quelques heures le soir pour tenir à jour sa comptabilité et sa correspondance en français.
Jamais un Chinois ne portera plainte contre un Chinois devant la justice française, ni ne le poursuivra pour dettes devant cette justice.
Le club chinois est une Bourse qui détermine le prix auquel les denrées seront vendues. Il achète en gros toutes les marchandises pour les céder à petit bénéfice à divers magasins chinois. Il discute les trucs à employer et les moyens de fraude et de recel qu’ils exécutent avec une adresse tout à fait… chinoise.
F.
(À suivre.)

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25 septembre 2015

Il y a 100 ans : Le péril jaune (1)

Nous recevons la lettre suivante dont nous recommandons tout spécialement la lecture.
Monsieur le Rédacteur du Tamatave,
Dans un de vos précédents numéros, vous avez publié des observations sur les Chinois et leur « nuisance » au milieu de notre population. Vous n’avez fait qu’entrevoir la vérité, mais de loin, car vous ne la connaissez pas en entier.
Vieux colon qui depuis mon enfance fréquente les Chinois, qui ai vu arriver dans le pays les premiers d’entre eux, et même dans ma jeunesse leur ai servi de teneur de livres et de secrétaire, je me permets de venir vous mieux renseigner.
Le Chinois est une race à part qui jamais ne s’assimilera à la nôtre et n’aura jamais notre mentalité. Depuis la République, il s’habille comme nous et se donne un vernis de notre civilisation. Mais tout cela est tout à fait superficiel et de pure convenance. Grattez ce vernis et suivez le Chinois chez lui ou à son club, et vous retrouverez le Chinois pur, tel qu’il est, tel qu’il a été jusqu’ici et tel qu’il sera toujours, sans se fondre jamais avec une autre race. En quelque partie du monde qu’il aille s’établir, il apporte avec lui ses mœurs, sa mentalité, ses coutumes, ses lois.
Dans un club qui lui servira de temps et de lieu de réunion, – car un Chinois, bien qu’arrivé seul dans un pays, est bientôt suivi de nombreux congénères, – dans ce club, dis-je, il installera un tribunal composé de notables, qui le jugeront, le cas échéant, suivant les lois et coutumes chinoises, sans appel, sans que jamais il puisse éluder l’exécution des sentences prononcées contre lui, et surtout sans que jamais, au grand jamais, la justice du pays dans lequel il se trouve arrive à découvrir les auteurs de la sentence ou même celui ou ceux qui l’ont exécutée, quand c’est la peine de mort qui a été prononcée.
Laissant de côté les condamnations que j’appellerai civiles, le tribunal chinois peut prononcer les peines criminelles suivantes : 1° la « cadouille » ou bastonnade ; 2° l’expulsion ; 3° la peine de mort.
F.
(À suivre.)

Le Tamatave

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19 septembre 2015

Il y a 100 ans : Séance du Comice agricole au Gouvernement Général (5)

(Suite et fin.)
Son représentant sur les lieux, M. Royet, qui dirige les travaux d’installation de cette usine, est appelé sur l’heure pour donner quelques explications.
Il fait connaître que, pour remplacer la turbine qui n’a pu être expédiée, il a imaginé une roue hydraulique dont il a établi les plans, et il a remis ces plans aux ateliers de construction de M. Éline avec lequel il s’est entendu pour que cette roue hydraulique fût exécutée avant le mois de septembre prochain. Si cela se réalise, le Gouverneur Général fait observer que l’inauguration de cette usine pourrait avoir lieu en même temps que la pose de la première pierre des travaux du port.
Quelques membres se montrent sceptiques et disent qu’ils s’estimeront satisfaits si cette usine est terminée pour le mois de janvier prochain.
Plus heureux, les colons de l’Ivondro, sans avoir appelé l’Administration à leur aide, et surtout sans avoir grevé d’un centime le budget de la colonie, se trouvent pouvoir disposer d’une usine due à l’initiative privée, et par là même construite avec toute l’économie possible, en même temps qu’avec tous les perfectionnements connus.
9° La cochenille, fléau des caféiers. Plusieurs membres font observer que la production du café, qui prend un si grand développement dans notre colonie, se trouve menacée sérieusement par une invasion de cochenilles qui détruisent les caféiers.
M. le Gouverneur dit qu’il a spécialement recommandé au service compétent de rechercher les moyens d’enrayer ce fléau et de faire connaître, quand il l’aurait trouvé, le remède efficace en même temps qu’économique.
Il est question d’introduire dans la colonie une variété spéciale de coccinelles qui détruisent les cochenilles. Mais en attendant il convient de trouver un moyen de détruire directement cet insecte.
Un membre indique que quelques États de l’Amérique du Nord ayant été ruinés par des fléaux de cette nature, le gouvernement fit rechercher des moyens de les combattre. Un procédé ayant été trouvé et reconnu le plus efficace, en même temps que le plus économique, une loi de l’État en a imposé l’usage à tous les planteurs.
 Le Tamatave

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont maintenant disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 30 titres parus à ce jour, 4 nouveautés à paraître le 1er octobre.

18 septembre 2015

Il y a 100 ans : Séance du Comice agricole au Gouvernement Général (4)

(Suite.)
Quel est le colon qui, employant des Malgaches, n’a pas à se plaindre presque journellement de leur manque de parole ou de quelque indélicatesse de leur part ? Et, pour le prémunir contre tout cela, quelles armes lui a données l’administration chargée de le protéger ? Le conseil d’arbitrage !!! Quelle amère dérision !!!
En résumé, cette institution qui théoriquement paraît excellente s’est montrée, dans la pratique, aussi vexatoire que possible pour le colon, pour qui, au lieu de quelque utilité, elle est au contraire une sorte de « diminutio capitis », le mettant à la merci des indigènes, sans réciprocité possible. Pour rendre son application équitable, il faudrait changer, du tout au tout, la mentalité, les mœurs, l’état civil, etc., des indigènes. Plusieurs générations sont nécessaires pour cela, et un décret ne saurait suffire. En attendant… pauvres colons !!
Il n’est pas possible, disent MM. les avocats, d’infliger une amende à l’indigène qui porte une plainte sciemment fausse contre son employeur.
Est-ce que, dans notre législation française, la loi ne prononce pas une amende contre le plaideur obstiné qui fait appel contre une sentence que la cour reconnaît bien fondée ?
Et ce qui existe pour les citoyens français ne pourrait pas être appliqué aux Malgaches ?
Ce que je disais plus haut est donc la vérité. La possibilité d’une punition éloignerait bien des plaideurs de mauvaise foi, la crainte étant le commencement de la sagesse. Dès lors, le nombre des clients diminuerait.
8° Usine au Jardin d’essai de l’Ivoloina. Un membre fait observer que l’achèvement de cette usine, destinée à la préparation des produits de la région, avait été promis pour le mois de décembre de l’année dernière. Plusieurs mois se sont écoulés depuis cette date et non seulement l’usine n’est pas terminée, mais encore les travaux ont l’air d’être arrêtés complètement.
Le chef de la Colonie répond que c’est encore là un des méfaits de la guerre. C’est une force motrice hydraulique qui doit faire fonctionner cette usine. Or c’est par suite de la guerre que l’entrepreneur n’a pu recevoir la turbine qu’il avait commandée à cet effet.
 (À suivre.)

Le Tamatave

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15 septembre 2015

Il y a 100 ans : Séance du Comice agricole au Gouvernement Général (3)

(Suite.)
Il demande la construction d’un escalier de petites dimensions, sur l’un des côtés du débarcadère, latéral au fleuve, et en permettant l’accès quel que soit le niveau des eaux.
M. Bournel, chef du service régional en l’absence de M. Bernard, est appelé et, après explications, il reçoit un crédit demandé de 200 fr. et des instructions pour que, dès le lendemain, le hangar soit édifié et l’escalier construit.
(Ajoutons en passant que ce débarcadère monumental, mais inaccessible, eût suffi aux besoins du transit avec le tiers de ses dimensions.)
7° Conseil d’arbitrage. Monsieur le Président du Comice agricole fait observer que de nombreux indigènes abusent des facilités que leur offrent les conseils d’arbitrage pour faire comparaître devant eux des colons qu’ils veulent em… nuyer, en les obligeant à de coûteux déplacements et une sensible perte de temps. Il demande s’il ne serait pas possible de punir leur mauvaise foi, chaque fois que celle-ci serait établie.
M. le Gouverneur partageait tout d’abord cette manière de voir ; mais, ayant consulté à ce sujet les maîtres du barreau qui se trouvaient parmi les membres du Comice agricole, ceux-ci ont opiné qu’aucune sanction légale n’était possible en la circonstance, car l’indigène menacé d’être l’objet d’une poursuite, dans le cas où sa demande serait rejetée, hésiterait à se pourvoir devant le conseil d’arbitrage, alors même qu’il se croirait en droit de le faire. Cette opinion se conçoit de la part de ces MM. qui verraient déserter de leurs cabinets tous ceux dont les droits ne seraient pas bien établis.
Quelques membres ayant signalé les anomalies que présente l’institution du conseil d’arbitrage, M. le Gouverneur Général promet de les mettre à l’étude.
Telle qu’elle est, cette institution de profite, en effet, qu’aux indigènes qui en usent et en abusent. Que ces derniers soient pour les avocats de bons clients, c’est possible. Mais combien décevante pour le colon se présente cette institution. Lui, le colon, il a un nom connu et un domicile fixe. L’indigène, par contre, n’a pas de domicile connu, et encore moins de nom fixe. Botohava ou Botokel chez vous, il sera Rakotomanga ailleurs et par suite insaisissable.
 (À suivre.)

Le Tamatave

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14 septembre 2015

Il y a 100 ans : Séance du Comice agricole au Gouvernement Général (2)

(Suite.)
Ce travail sera d’autant plus facile à exécuter que non seulement les études en ont été consciencieusement faites depuis déjà bien longtemps, mais qu’il a déjà été exécuté en partie, commencé par un chef de service, naturellement interrompu par son successeur, puis repris et abandonné suivant le caprice du moment, offrant ainsi à l’admiration de nos sujets malgaches un parfait échantillon de notre gâchis administratif dans la région de Tamatave.
3° Assainissement de la plaine de Tamatave. Cet assainissement est en voie d’exécution au moyen de la main-d’œuvre pénale, et se continuera jusqu’à complet achèvement. Nous n’avons qu’à attendre.
Il n’a pas été question du reboisement de la plaine. À ce sujet nous avons reçu d’un de nos lecteurs une lettre que nous publierons prochainement.
4° Le port. Si les travaux n’en ont pas encore été commencés, la faute en est uniquement à la situation actuelle, grâce à laquelle les matériaux nécessaires n’ont pas pu être expédiés à temps.
Ces matériaux ont pu enfin être embarqués il y a peu de jours et seront rendus à Tamatave dans la deuxième quinzaine d’août.
Par suite, la pose de la première pierre à laquelle M. le Gouverneur Général viendra procéder pourra avoir lieu dans les commencements du mois de septembre.
5° Le canal d’Ivondro à Tamatave. Dès que les formalités d’enquête commodo et incommodo, ainsi que les expropriations nécessaires, seront terminées, et qu’en outre les murs des quais du port seront à hauteur suffisante pour retenir les remblais, de façon qu’ils ne soient pas emportés par les eaux, commencera le percement de ce canal, dont les terres, comme chacun sait, doivent servir à former le terre-plein du port.
Là aussi, il n’y a plus qu’à attendre.
6° Le débarcadère sur l’Ivondro, à la gare de Mahatsara. Ce débarcadère, aux dires des T. P., serait terminé et il ne manque plus que d’édifier le hangar qui doit l’abriter et dont les matériaux sont sur place.
Monsieur le Président du Comice agricole fait remarquer que la première marche de ce débarcadère est à une telle élévation au-dessus des eaux ordinaires qu’on ne peut l’aborder qu’aux très grosses eaux, ce qui ne se présente qu’accidentellement.
 (À suivre.)

Le Tamatave

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12 septembre 2015

Il y a 100 ans : Séance du Comice agricole au Gouvernement Général (1)

Mercredi dernier à 15 heures, les membres du Comice agricole de Tamatave, spécialement convoqués par M. Garbit, se sont réunis sous sa présidence au Gouvernement Général.
En les remerciant d’avoir répondu à son appel, le Chef de la Colonie leur a dit combien il était heureux de se trouver au milieu d’eux pour pouvoir discuter contradictoirement les questions intéressant la région de Tamatave.
Il a été répondu que c’étaient au contraire les membres du Comice qui étaient heureux du vif intérêt que le Chef de la Colonie apportait aux questions auxquelles était lié l’avenir de la région.
Les questions traitées sont les suivantes que nous résumons le plus possible.
1° Route de Tamatave à Melville, en quatre lots, dont la construction des deux premiers a été adjugée à M. Poggioli. Celui-ci explique le retard apporté dans cette construction par le manque de main-d’œuvre.
La construction du 3e lot est en cours, ayant été confiée à de petits tâcherons.
Le 4e lot devait être adjugé le lendemain jeudi, et il l’a été à M. Charles, l’entrepreneur bien connu. Melville étant encore loin du Fanandrana, par la vallée duquel cette route doit remonter vers le centre de l’île, des études ultérieures feront connaître si c’est par la rive droite ou la rive gauche qu’elle doit remonter le cours de l’Ivondro.
Il restera deux ponts importants à installer. Il sera appelé plus tard à leur adjudication.
Au sujet de voies de communication, M. Garbit fait observer que, lorsque le pays s’y prête, les voies les plus économiques sont les voies fluviales, coûtant très peu à établir et surtout à entretenir, alors que les routes, dans un pays tourmenté comme Madagascar, coûtent très cher et exigent un entretien hors de proportion avec les services qu’elles rendent. Seules les voies ferrées ne grèvent pas le budget par leur entretien, et donnent au contraire des bénéfices.
2° Canal au nord de Tamatave. C’est en vertu de ce principe que le canal dit des Pangalanes, venant du Sud à Tamatave, sera continué de cette dernière ville vers le Nord, permettant un débouché aux riches vallées qu’il doit traverser.
(À suivre.)

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10 septembre 2015

Il y a 100 ans : Monsieur le Gouverneur Général à Vatomandry (5 et fin)

(Suite et fin.)
« Messieurs, je lève mon verre à la santé de Monsieur le Gouverneur Général Garbit, à celle de ses dévoués et fidèles collaborateurs, à celle de notre distingué chef de province ; je bois au succès final de nos vaillantes et héroïques armées, à la victoire, au triomphe de la civilisation sur la barbarie.
« Messieurs, Vive la France et la République. »
Monsieur Guenot, au nom de la Colonie britannique, en quelques paroles senties, se mit à l’unisson, son discours fut souligné par de nombreux applaudissements.
Monsieur le Gouverneur Général, qui pendant le cours des discours donna à plusieurs reprises le signal des applaudissements, remercia éloquemment l’assistance de la brillante et chaleureuse réception qui lui était faite par la population, se disant particulièrement touché des sentiments patriotiques exprimés et qu’il était heureux de voir la Colonie britannique se joindre, en cette circonstance, à ses compatriotes.
Il expose les grandes lignes de son programme administratif, faisant ressortir qu’il s’attachait tout spécialement à prendre des mesures non seulement pour empêcher l’arrêt de la vie économique, mais encore faisant tout le nécessaire pour en augmenter l’essor.
Avant de se retirer, Monsieur Garbit d’entretint longuement avec toutes les personnes présentes ; il manifesta sa satisfaction de voir une union si parfaite en regrettant que son temps limité ne lui permette pas de visiter les nombreuses exploitations de la province.
Le soir, dîner officiel où il avait convié les représentants de la population.
Le lendemain, malgré l’heure matinale (5 heures et demie) de son départ, la population européenne se trouvait réunie à l’appontement pour le remercier de sa visite et lui souhaiter un prochain retour.
Monsieur le Gouverneur Général Garbit a produit sur la population de Vatomandry une profonde et sympathique impression, impression qui ne fera certainement qu’aller en augmentant par la réalisation des promesses qu’il a faite.
Nous résumons en quelques mots : brillante et enthousiaste journée où, c’est le cas de le dire, tout fut pour le mieux dans le meilleur des mondes.
P. Gamonet, Directeur des plantations Maurice Robin, Vatomandry.
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