14 mars 2019

Il y a 100 ans : Une caisse d’épargne à Madagascar


Le gouverneur général de la Grande Île – nos lecteurs s’en souviennent sans doute – avait saisi le ministère des Colonies d’un projet de création, pour la colonie qu’il administre, d’une caisse d’épargne locale.
Ce projet était d’autant plus intéressant qu’il s’agissait de faire rentrer dans la circulation les réserves en numéraire, de plus en plus importantes, que les indigènes – thésauriseurs impénitents – ont constituées et qui de ce fait sont absolument improductives.
Nous avions ici même exprimé ces craintes, il y a des années, et l’avenir nous a malheureusement donné raison : la fortune publique, ainsi immobilisée, s’est accrue depuis la guerre dans des propositions fantastiques, en raison des achats effectués dans la colonie par la métropole, et aussi par la suite du développement intensif de la vie économique et industrielle.
En présence de cette thésaurisation outrancière qui peut devenir un fléau, le gouverneur général avait donc sagement pensé que la création d’une caisse d’épargne locale pouvait à la fois flatter le penchant des indigènes pour l’économie et faciliter la remise de tout ce numéraire en circulation.
M. Henry Simon a obtenu pour ce projet l’assentiment de M. Klotz, ministre des Finances : un décret vient de créer dans la Grande Île une caisse d’épargne qui accorde aux déposants un intérêt dont le taux sera fixé par le gouverneur général en Conseil d’administration.

Le manioc à Madagascar

Longtemps, dans la Grande Île, la culture du manioc fut tenue en peu d’estime et il en aurait peut-être été toujours ainsi si un colon n’avait tenté d’améliorer et d’étendre dans sa région la culture du riz en employant des méthodes rationnelles et des instruments perfectionnés.
Le hasard, ce grand deus ex machina, lui fit découvrir en même temps l’industrialisation du manioc.
Depuis, dans le nord-ouest de la colonie, des grandes compagnies ont fondé des usines en vue de cette industrie, tandis que les indigènes, conquis à l’usage de la charrue, intensifièrent la production de la précieuse racine. D’autres régions suivent ou vont suivre cet exemple, ce qui va accroître l’actif économique de Madagascar.
Le modeste coton, qui cherchait à améliorer la riziculture, peut être fier de son œuvre.
Le Courrier colonial


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