23 mars 2007

Bibliothèque malgache / 19

Je vous l'annonçais depuis quelque temps, ça y est. Le Voyage à Madagascar d'Ida Pfeiffer (1797-1858) est disponible dans la Bibliothèque malgache.
Grande voyageuse, la Viennoise avait accompli deux tours du monde, qu'elle a d'ailleurs racontés dans des livres à succès. Mais elle rêvait de voir Madagascar et, à l'approche de la soixantaine, elle aborde enfin la Grande Île après avoir cru devoir y renoncer. De Tamatave à Antananarivo, elle découvre un pays qu'elle trouve magnifique mais presque laissé à l'abandon. À ses yeux, la reine Ranavalona est responsable de tous les malheurs du pays en raison de sa cruauté. Les persécutions contre les chrétiens la renforcent dans son opinion. Et sa proximité avec un complot visant à destituer la reine pour faire monter son fils sur le trône n'arrange rien. Avec d'autres Européens, elle est expulsée. Entre-temps, elle a contracté une fièvre dont les conséquences se révéleront mortelles.
Son récit de voyage à Madagascar (1856-1857), un classique du genre, a été traduit en français dès 1862 par W. de Suckau. Notre édition de référence, publiée en 1881, contient aussi une notice historique sur Madagascar et une biographie d'Ida Pfeiffer par Francis Riaux.
Cela en fait, avec ses 356 pages, le plus épais des ouvrages publiés dans la Bibliothèque malgache.

22 mars 2007

Poésie, grandes voix du Sud

Notre librairie a changé de nom, bien que l'intitulé soit toujours présent en sous-titre de Culture Sud, comme la revue s'appelle maintenant. C'est bien, une publication qui commence au numéro... 164, preuve que la continuité est de mise, au moins pour l'instant. On peut toujours télécharger les derniers numéros au format PDF, et en particulier celui qui vient de paraître, Poésie, grandes voix du Sud. Quatorze poètes y font l'objet d'une présentation souvent accompagnée d'inédits, et deux Malgaches trouvent place parmi eux. Sans surprise: ils étaient déjà présents dans l'anthologie de Senghor en 1948. Qui avait d'ailleurs retenu un troisième nom avec Flavien Ranaivo.
Jean Joseph Rabearivelo est présenté par Claire Riffard, qui prolonge son texte par une introduction aux célèbres et en partie toujours mystérieux (puisque inédits pour leur plus grande partie) Calepins bleus, dont elle donne des extraits. Khal Torabully consacre aussi un article à la récente édition bilingue de Presque-Songes / Sali-Nofy, que l'on doit à la même Claire Riffard et dont il a déjà été question dans ce blog.
Nivoelisoa Galibert se penche, de son côté, sur Jacques Rabemanjara, tandis que Jean-Luc Raharimanana (récent signataire, avec 43 autres écrivains, du manifeste Pour une littérature-monde en français) revient sur Antsa, le recueil écrit par le poète à la veille du jour où il pensait être exécuté. Le dossier se complète de propos recueillis par Michèle Rakotoson et, pour les deux poètes, d'une bibliographie.
Il va de soi qu'il y a bien d'autres poètes à découvrir dans ce numéro. Mais il allait de soi de mettre l'accent sur Rabearivelo et Rabemananjara.

16 mars 2007

Bibliothèque malgache / 18

Chose promise, chose due: le nouveau volume de la Bibliothèque malgache est une réédition illustrée de Madagascar à vol d'oiseau, le récit de Désiré Charnay dont le texte seul était le 13ème numéro de la collection.
Désiré Charnay était photographe. Mais Le Tour du Monde, la revue où il a publié son texte en 1864, deux ans après son voyage à Madagascar, ne publiait que des dessins. Ce sont ceux-ci, disponibles sur le site du Fonds Grandidier, qui ont été intégrés à cette nouvelle édition.
Vous le savez, les illustrations "pèsent" relativement lourd dans un fichier. Celui-ci est donc sans commune mesure avec les livres électroniques publiés précédemment dans la Bibliothèque malgache. Jugez-en plutôt: 3,8 Mo pour la version Word et 8,4 Mo en PDF. J'en suis désolé pour les internautes qui ne disposent pas d'une connexion rapide, mais il était impossible de faire autrement.
Au passage, je signale un "bug" qui fait de 350 exemplaires du n° 17 de la collection des"collectors". Je me suis aperçu, un peu tard, d'une erreur sur la couverture du volume. Reprenant la mise en page du précédent numéro du Bulletin du Comité de Madagascar, j'avais oublié de modifier les dates. Les premiers à avoir chargé ce volume ont donc le contenu du n° 1 de la 2e année, janvier 1896, sous une couverture qui porte: 1re année, n° 9, décembre 1895. Ceux que cela ennuie peuvent recharger un nouvel exemplaire, la correction a été effectuée il y a quelques jours.
Et la suite ne sera pas longue à venir: j'ai presque terminé la préparation du Voyage à Madagascar d'Ida Pfeiffer, une grande voyageuse du 19ème siècle.

9 mars 2007

Bibliothèque malgache / 17

Je suis de retour après deux semaines passées sous d'autres cieux. Deux semaines pendant lesquelles le dix-septième titre de la Bibliothèque malgache a fait son apparition sur le site Ebooks libres & gratuits. Je suis désolé de ne pas vous en avoir accordé la primeur (il s'en est déjà chargé plus de 350 exemplaires depuis le 22 février) mais ce n'était pas possible.
Il s'agit du premier numéro de la deuxième année (1896) du Bulletin du Comité de Madagascar, le dixième au total que je mets à votre disposition. Le lien de chargement est ici et restera disponible dans le catalogue, à droite.
Il s'ouvre sur la relation, parmi les événements survenus à Madagascar fin 1895, d'une révolte sévèrement matée à l'ouest d'Antananarivo, qui ressemble fort à celle que raconte Charles Renel à la fin de La coutume des ancêtres. Un autre document important de ce bulletin concerne l'organisation de la justice et l'installation du personnel français des résidences. Ce pan administratif inquiète d'ailleurs un peu la Comité qui y pressent une coûteuse dérive...
Une fois de plus donc, un document de premier choix sur les orientations de la colonisation française.
Comme promis avant mon départ, je prépare actuellement l'édition illustrée de Madagascar à vol d'oiseau, le récit de voyage de Désiré Charnay déjà publié sans les dessins qui l'accompagnaient à l'origine.
Et j'ajoute au programme proche, outre l'ouvrage d'Ida Pfeiffer déjà annoncé (Voyage à Madagascar), les Lettres de Madagascar de Galliéni dont j'ai fait l'acquisition cette semaine à Paris.
Bref, on continue.

20 février 2007

Pour patienter en mon absence


Je m'absente de Madagascar pendant une quinzaine de jours. Il est donc probable que je serai silencieux sur ce blog jusqu'au 8 mars, date de mon retour à Tana. Car je ne serai pas en vacances, loin de là, et j'ouvre d'ailleurs un autre blog pour la durée de la Foire du Livre de Bruxelles, c'est-à-dire du 28 février au 4 mars. Ceux qui m'aiment (?) peuvent m'y suivre.
Dans l'intervalle, il y a aura néanmoins une nouveauté dans la Bibliothèque malgache, le 17ème numéro - et le premier de la deuxième année (1896) du Bulletin du Comité de Madagascar. Je n'aurai sans doute pas l'occasion d'en signaler la disponibilité immédiatement. J'invite donc les impatients à visiter de temps à autre le site Ebooks libres & gratuits où il ne devrait pas tarder à apparaître.
Après mon retour, je reprendrai le récit de Didier Charnay, Madagascar à vol d'oiseau, pour y ajouter des illustrations comme celle que vous pouvez voir ci-dessus. La Bibliothèque universitaire d'Antananarivo a réalisé un travail de reproduction bien plus soigné que celui de Gallica (qui a dit: ce n'est pas difficile!? - il a raison). Et le succès du livre (près de 1000 exemplaires chargés depuis le 17 janvier) me fait croire qu'il y aura des amateurs pour cette nouvelle version améliorée.
Ensuite, je terminerai la préparation du Voyage à Madagascar d'Ida Pfeiffer, un classique de la littérature consacrée à la Grande Ile.
Et les autres projets ne manquent pas. D'autant qu'une conversation, samedi dernier, avec Jean-Marie Andrianiaina, le directeur de la Bibliothèque universitaire déjà citée, m'a enfin permis de comprendre le mode d'emploi du Fonds Grandidier dans lequel se trouvent, en mode image, des reproductions de livres anciens auxquels je n'avais pas accès jusqu'à présent.
Il y a donc du pain sur la planche.
Et il faut aussi que je vous reparle des Lettres de Madagascar de Jean Paulhan, un formidable ouvrage présenté et annoté par Laurence Ink aux Editions Claire Paulhan. Ce sera après mon voyage, le temps me manque aujourd'hui.
A bientôt donc, et bonne(s) lecture(s).

15 février 2007

Désiré Charnay dans la presse

L'exposition consacrée à Désiré Charnay est ouverte au Musée du Quai Branly à Paris. Pour rappel, on s'y intéresse tout particulièrement ici en raison de la réédition récente, dans la Bibliothèque malgache, de son Madagascar à vol d'oiseau. La presse parisienne s'y intéresse aussi, la preuve par quelques extraits d'articles.

C’est «un grand photographe très connu des américanistes», indique Christine Barthe, commissaire de l’exposition, mais dont on «publie toujours la même quarantaine d’images». L’exposition, qui entend montrer un aspect plus large du travail de Désiré Charnay, s’attache particulièrement à quelques expéditions réalisées entre 1857 et 1886, au Mexique surtout, mais aussi Madagascar, Java ou l’Australie.
(La Nouvelle République)

Trop longtemps oublié, Désiré Charnay ; et pourtant, en 1862, son album photographique Cités et ruines américaines, publié à l'issue d'un voyage de trois ans au Mexique, est préfacé par Viollet-le-Duc, une caution morale à ce travail « scientifique » selon les normes d'une époque qui voyait des aventuriers archéologues défricher les sites antiques. L'album apporte une reconnaissance immédiate à Charnay qui devient le photographe officiel des ruines mexicaines. Il en offre un exemplaire à l'empereur Napoléon III.
(Le Figaro)

Espion, Charnay ? "Possible", sourit Christine Barthe. Il était un homme bien né, aventurier, explorateur, archéologue, anthropologue, photographe, romancier. Mais aussi agent accrédité par Napoléon III. Adam Sellen le qualifie d'"archéologue romantique, bien de son époque", "un de ceux avec Maler et Maudsley qui ont inventé les Mayas par leurs récits et photos". Et se sont livré une compétition sévère, entre aventures à la Tintin et fouilles hasardeuses sur fond de conquêtes coloniales.
(Le Monde)

13 février 2007

Un p'tit coup de Saint Valentin ?

Une bonne nouvelle pour Nicolas Fargues, qui fut pendant quatre ans, de 2002 à 2006, le directeur de l'Alliance franco-malgache d'Antsiranana (Diégo Suarez): le prix Saint-Valentin 2007 vient de lui être attribué pour son dernier roman, J'étais derrière toi. Au contraire de Rade terminus, qui affichait son contexte malgache, celui-ci n'est pas censé se passer à Diégo. Mais cela y ressemble fort. Comme la fin d'un couple, et le début d'un autre, ressemble fort à son histoire personnelle. Mais cela ne nous regarde pas. Et c'est surtout un livre fort, à l'écriture très maîtrisée, où la fureur côtoie dangereusement la tendresse.
Bravo Nicolas!

9 février 2007

Bibliothèque malgache / 16

Le deuxième livre de Charles Reznel est arrivé dans la Bibliothèque malgache. Après les nouvelles de La race inconnue, le titre qui avait inauguré la collection fin octobre dernier, voici La coutume des ancêtres. Dont je ne parviens pas à vous montrer la couverture, en raison probablement d'une défaillance temporaire de Blogger. Peu importe.
Il s'agit cette fois d'un roman. Dont le thème est l'affrontement entre la tradition et la nouvelle religion importée par les vazaha, le protestantisme. Deux petits villages proches de Tana ont fait des choix différents. Et le jeune Ralahy, dont le père possède une idole sacrée, souffre des deux côtés. La première jeune fille avec laquelle il a fait l'expérience de l'amour, a été chassée selon la coutume parce qu'elle était stérile – elle vivra ensuite dans la capitale avec un vazaha. La seconde, fille du surveillant du temple dans le village voisin, est empêchée par son père de fréquenter un incroyant. À cette trame sentimentale s'ajoutent de multiples péripéties, au cours desquelles Ralahy fera un long voyage vers l'Ouest, ainsi que des fléaux naturels ou humains...
La date de parution de ce livre est incertaine: la notice Gallica indique, en l’accompagnant d’un point d’interrogation, 1913, c’est-à-dire la date de fin de rédaction telle que l’auteur la renseigne lui-même. Sans avoir pu déterminer l’année exacte de la publication, je peux dire en tout cas qu’elle n’est pas antérieure à 1915 : la bibliographie de l’auteur dans ce volume renseigne Les amulettes malgaches, paru à l’Imprimerie officielle de Tananarive, ouvrage sorti en 1915. Celui-ci date donc de la même année, ou un peu après.

7 février 2007

Un problème avec la lettre d'informations

C'est formidable, l'informatique, quand tout va bien. A tel point qu'on en oublie qu'un problème pourrait survenir et qu'on néglige de prendre des précautions élémentaires. Et puis, quand ça arrive, patatras!
Voilà, c'est arrivé. Un gros, un énorme "plantage" de disque dur. Et, si je n'ai pas perdu beaucoup de données, il m'est quand même impossible de retrouver la liste de tous ceux qui m'avaient envoyé un message pour recevoir la lettre d'informations de la Bibliothèque malgache. Je possède toujours la liste des correspondants qui, dans la première vie de cette collection consacrée à la réédition d'ouvrages sur Madagascar, m'avaient demandé de leur faire parvenir des volumes en fichiers attachés. C'était jusqu'au 17 janvier.
Mais, entre cette date et aujourd'hui, les autres ont disparu... J'en suis désolé pour ceux qui vont attendre cette lettre d'informations sans plus jamais la recevoir... à moins d'en refaire la demande - et je promets de sauver la prochaine liste plus fréquemment.
Il existe, évidemment, une autre possibilité d'être averti des nouveautés de ce blog - qui ne se consacre pas tout à fait qu'à la Bibliothèque malgache, même si cela me prend une bonne partie de mon temps et de mon énergie, et qui propose d'autres informations culturelles sur Madagascar: s'abonner au fil RSS signalé par le rectangle orange ci-dessus.
Cela vous permettra de savoir à quel moment le seizième volume de la Bibliothèque malgache sera disponible sur le site Ebooks libres & gratuits. Incessamment sous peu, comme on dit: j'ai terminé l'édition d'un roman de Charles Renel, La coutume des ancêtres.
Pour suivre dans la collection, je vais continuer la publication du Bulletin du Comité de Madagascar. Et attaquer le Voyage à Madagascar d'Ida Pfeiffer. En attendant les Ouvrages anciens sur Madagascar, volumes fragiles, précieux et épais dont le traitement est commencé mais qui sera encore long.
En dehors de la collection, je vous promets dans les jours qui viennent d'abondants commentaires sur les Lettres de Madagascar: 1907-1910 de Jean Paulhan. Le volume, publié chez Claire Paulhan, est tout frais sorti de presse. Et Claire Paulhan se trouve à Antananarivo pour une quinzaine de jours au cours desquels une exposition se tient au CCAC.
Une conférence de Laurence Ink, qui a établi, présenté et annoté cette édition, se tient le mardi 13 à 18 heures: Jean Paulhan et Madagascar, une rencontre d'exception.
Le jeudi 15, les hain-teny malgaches seront à l'honneur dans une table ronde (18 heures).
Le lendemain, un cabaret littéraire propose un Voyage dans le monde de Jean Paulhan (19 heures).
Et on terminera le samedi 17 à 10h30 avec un forum littéraire où Laurence Ink et Claire Paulhan seront les intervenantes que je mettrai à la question.
Bon, là, tout de suite, je vous laisse, je me prépare pour aller au vernissage de l'exposition. Et quel journaliste littéraire voudrait manquer une rencontre avec Jean Paulhan?

1 février 2007

Rabearivelo bilingue

Il y a longtemps déjà que Claire Riffard travaille sur les textes de Jean Joseph Rabearivelo, qu'il est je crois inutile de présenter aux visiteurs de ce blog. Elle m'avait montré, il y a quelques années, des photocopies des manuscrits de Presque-Songes et de Traduit de la nuit. Un document d'une valeur littéraire inestimable puisque le travail de Rabearivelo s'y laisse voir à nu.
La grande particularité de ces deux recueils, c'est qu'ils ont été écrits à la fois en malgache et en français. "Ce que le manuscrit dévoile, écrit Claire Riffard dans sa préface, c'est un travail de création conjointe, presque simultanée. Il montre les tâtonnements du texte, son errance dans la forêt des mots, non pas entre les langues mais dans les deux langues à la fois."
Presque-Songes
se voit donc maintenant doublé d'un autre titre tout aussi original: Sari-Nofy. L'ouvrage est paru en coédition entre Sépia, en France, et Tsipika, à Madagascar. Il sera suivi, cette année, de l'autre volume, Traduit de la nuit.
Si je ne me trompe pas, la version malgache de ces poèmes était totalement inédite. Pas question donc d'en faire un livre électronique libre de droits et gratuit. (Pour la version française, c'est une autre histoire, dont nous reparlerons l'année prochaine.) Mais en avant-goût, pour ceux qui achèteront ce livre (ce que je conseille vivement, il s'agit d'une oeuvre essentielle de la littérature malgache), quelques vers qui constituent le premier poème du recueil:
Lire

Ne faites pas de bruit, ne parlez pas :
vont explorer une forêt les yeux, le cœur,
l’esprit, les songes…

Forêt secrète bien que palpable :
forêt.

Forêt bruissant de silence,
forêt où s’est évadé l’oiseau à prendre au piège,
l’oiseau à prendre au piège qu’on fera chanter
ou qu’on fera pleurer.

A qui l’on fera chanter, à qui l'on fera pleurer
le lieu de son éclosion.

Forêt. Oiseau.
Forêt secrète, oiseau caché
dans vos mains.

27 janvier 2007

Bibliothèque malgache / 15

L'année 1895 du Bulletin du Comité de Madagascar est désormais complète. Avec le neuvième numéro, c'est aussi une page d'histoire qui se tourne: l'expédition française a atteint la capitale malgache et le récit des derniers jours est rapporté par le journaliste du Temps qui accompagnait l'avant-garde des troupes.
L'essentiel de ce numéro est d'ailleurs consacré aux événements de Madagascar. Dont l'autre temps fort est, le 27 novembre, le débat à la Chambre sur la question de Madagascar avec le ministre des Affaires étrangères, M. Berthelot.
Faut-il le redire? Comme les quatorze premiers titres de la Bibliothèque malgache, celui-ci relève du point de vue du colonisateur français. A force d'être dedans, cela me semble une telle évidence...
Mais, apparemment, pas pour tout le monde: depuis que la Bibliothèque malgache se trouve sur le site Ebooks libres & gratuits et bénéficie ainsi d'une visibilité accrue, une petite polémique est née autour d'elle. (Pour en savoir plus, voir notamment les commentaires sur la page de chargement du livre de Désiré Charnay, Madagascar à vol d'oiseau.)
On m'a reproché, assez lourdement me semble-t-il, de répandre un point de vue indéfendable. Celui du colonisateur, donc. Afin que les choses soient claires, je le redis haut et fort: il n'est évidemment pas question d'une quelconque révision de l'histoire. Mais, au contraire, il s'agit de montrer quels étaient les discours sur Madagascar dans les ouvrages libres de droits (donc anciens, donc datant de l'époque coloniale ou pré-coloniale). Et à chaque lecteur de se faire son opinion.
La mienne, d'opinion, est faite depuis longtemps: la colonisation était, pour le dire crûment, une belle saloperie.
Que l'on soit curieux de mieux connaître le fonctionnement de cette saloperie me paraît, en revanche, tout à fait légitime. J'en veux pour preuve les 761 chargements du livre de Désiré Charnay depuis une dizaine de jours, et les 588 chargements des autres titres de la collection dans la même période.

22 janvier 2007

Bibliothèque malgache : 536 volumes diffusés en 4 jours

Je veux partager cette joie avec tous ceux que la Bibliothèque malgache intéresse. Depuis jeudi soir, c'est-à-dire depuis que le site Ebooks libres & gratuits accueille la collection des livres anciens consacrés à Madagascar que je réédite, ce sont 536 volumes qui ont été téléchargés à partir de ce serveur. Pas loin, si je compte bien, d'un exemplaire toutes les douze minutes.
Mention spéciale au récit de voyage de Désiré Charnay, Madagascar à vol d'oiseau, qui se trouve depuis ce moment-là en première ligne des nouveautés sur la page d'accueil, et qui a été téléchargé... 366 fois!
La diffusion et la distribution, tous les éditeurs vous le diront, il n'y a que cela pour rendre possible (mais pas assuré) le succès d'un livre!

20 janvier 2007

Petit changement technique pour les téléchargements

Vous savez comment on est: toujours un peu puéril. Ainsi, j'étais frustré de ne pas savoir, depuis que j'avais établi des liens directs de téléchargement pour la Bibliothèque malgache, combien d'ouvrages étaient chargés à partir de cette page. (C'est possible, je sais, mais après avoir bricolé un peu, je me suis dit que le temps passé à y arriver méritait d'être mieux utilisé.)
J'ai donc modifié la procédure en y ajoutant une étape: chaque lien envoie maintenant vers la page du site Ebooks libres & gratuits d'où il faut alors charger le volume désiré en PDF ou DOC compressé.
Je peux donc connaître, au jour le jour si nécessaire, le nombre exact, titre par titre, des volumes chargés. Par exemple, Madagascar à vol d'oiseau, de Désiré Charnay, atteint à l'heure qu'il est le chiffre (qui m'impressionne) de 225 chargements depuis jeudi. Il est vrai qu'il est signalé comme la dernière nouveauté du groupe. Et il faut y ajouter 58 chargements pour les 13 autres titres de la Bibliothèque. Pour ne rien dire d'une belle fréquentation de ce blog ces jours-ci (32 visiteurs jeudi, 43 vendredi, 19 déjà aujourd'hui alors que la moyenne tournait autour de 10 depuis que j'y ai installé un compteur)...
Elle n'est pas belle, la vie?

19 janvier 2007

Citation / Paul Morand


Ce roman de Paul Morand est une curiosité. Il s'agit en effet du tout premier qu'il a écrit, en 1910 et 1911, et il n'a été publié qu'en 1986, dix ans après sa mort. Il vient de ressortir dans une collection de "semi-poche", comme on dit. Je ne le connaissais pas, l'occasion était belle de le lire, même si ce n'est pas un chef-d'oeuvre.
Simon, un jeune homme, y est amoureux de la princesse Lemska qu'il a rencontrée en Angleterre. Le cosmopolitisme de Morand est donc présent dès ses débuts.
La princesse est toujours accompagnée de son "singe", nommé Jim. Simon perd son adorée et la redécouvre à Venise en voyant Jim. Qui, nous allons le constater, n'est pas tout à fait un singe:
Simon ne put retenir un cri: il avait reconnu Jim! Jim, le compagnon de la princesse Lemska! L'erreur n'était pas possible. Quel autre singe que ce maki malgache, d'une espèce rare, eût possédé ce pelage roux, cette queue et ces pattes noires à l'une desquelles brillait un anneau de jade?

Paul Morand, Les Extravagants. Gallimard, coll. L'Imaginaire, 2007, page 196

Etonnant, non?

18 janvier 2007

La Bibliothèque malgache hébergée par Ebooks libres & gratuits

En matière de livres électroniques gratuits en français, il existe un site digne de tous les éloges: Ebooks libres et gratuits. 1248 titres sont disponibles, dont une bonne partie de la littérature classique et bien d'autres choses, parfois inattendues. Je leur étais déjà redevable de la mise en page des ouvrages de la Bibliothèque malgache puisque je me suis, avec leur autorisation, largement inspiré de la leur.
Ils accueillent maintenant tous les volumes de la Bibliothèque malgache sur leur serveur. Jusqu'à hier, il fallait m'envoyer un message pour obtenir un ouvrage, ou plusieurs. A partir d'aujourd'hui, il suffit de cliquer sur les liens ci-contre (colonne de droite) pour télécharger directement les titres que vous désirez. C'est évidemment beaucoup plus simple, y compris pour moi puisque les manipulations auxquelles je me livrais pour expédier les livres disparaissent.
Un merci tout particulier, donc, à Coolmicro, un des principaux animateurs de ce groupe de travail, que je nomme bienfaiteur de la Bibliothèque malgache.
Nous allons évidemment perdre le contact direct qui s'établissait à chaque demande de titre. Et grâce auquel je m'étais constitué un fichier des lecteurs intéressés par la Bibliothèque malgache afin de leur envoyer de temps à autre une lettre d'information. J'invite donc ceux qui désirent recevoir celle-ci à m'envoyer un message pour le faire savoir. Il suffit de cliquer sur le mot "demande" dans la colonne de droite, au début du catalogue.
Par ailleurs, la location d'espace sur un serveur étant payante, je ne propose plus que deux formats de fichier: le traditionnel PDF que je trouve personnellement très confortable pour la lecture; et un DOC compressé en ZIP, utile pour faciliter les travaux sur un texte. Tout le monde est capable de décompresser un fichier ZIP, je pense, il existe quantité d'utilitaires gratuits pour le faire.

13 janvier 2007

Bibliothèque malgache / 14

L'année 1895 se termine - le huitième numéro du Bulletin du Comité de Madagascar est l'avant-dernier de sa première année d'existence. Avec le décalage chronologique dû aux transmissions d'une époque sans Internet (mais comment faisaient-ils?), la succession des événements de Madagascar ne conduit encore qu'en septembre. L'avant-garde des troupes du général Duchesne est en route vers "Tananarive". Nous connaissons la suite de l'histoire, bien entendu. Mais elle est ici restituée au jour le jour, grâce notamment aux informations des journalistes envoyés spéciaux sur le théâtre de la guerre de conquête.
L'autre partie principale de cette livraison rassemble des commentaires sur "le traité de Tananarive". Ceux du Comité et ceux de nombreux journaux contemporains des événements.
Je publierai sans tarder le numéro de décembre 1895 dans la Bibliothèque malgache, de sorte que les lecteurs désireux de s'informer à cette source disposent d'une année complète de ce Bulletin. En attendant la suite...

9 janvier 2007

Bibliothèque malgache / 13

Je remercie le hasard: sans en avoir eu l'intention, me voici en phase avec l'actualité avec ce treizième volume de la Bibliothèque malgache. Et même, comme il se doit, un peu en avance sur l'événement.
Claude-Joseph Désiré Charnay (1828-1915), pour une fois, est loin d'être un inconnu. Ses expéditions au Mexique et dans différents pays d'Amérique centrale sont des références pour l'anthropologie du 19ème siècle. D'autant qu'il en a ramené non seulement des récits mais aussi des photographies. Du 13 février au 13 mai, certaines d'entre elles seront exposées au musée du Quai Branly qui possède 500 négatifs et un millier de tirages anciens. Le titre de l'exposition, Le Yucatan est ailleurs (titre aussi d'un ouvrage de Christine Barthe à paraître chez Actes Sud en février), ne laisse pas entendre qu'il y sera question de Madagascar. Où Désiré Charnay est pourtant venu aussi, comme il est allé à Java et en Australie.
C'est donc en avant-première de cette exposition que je vous propose son récit de voyage à Madagascar tel qu'il est paru en 1864 dans Le Tour du Monde. Sans photographies, malheureusement, puisque le magazine n'en reproduisait pas à cette époque. Et même sans les dessins inspirés des photos, en raison d'une qualité médiocre de la reproduction sur laquelle j'ai travaillé.
Le regard, curieux de l'autre, n'est pas dénué d'une ironie ancrée dans la culture européenne. Mais ce récit vaut le détour - détour par Tamatave, Saint-Marie et "Nossi-be". A découvrir.

7 janvier 2007

Un peu de teasing...

J'ai toujours aimé fouiner dans les bibliothèques ou chez les bouquinistes. J'y passerais des journées si je ne me retenais pas - ou si des affaires plus urgentes ne m'appelaient ailleurs. C'est parfois l'occasion de belles découvertes, comme celle que j'ai faite vendredi: je suis tombé sur six volumes de la collection lancée par le Comité de Madagascar en 1903, Ouvrages anciens sur Madagascar. Les cinq premiers et le septième...
Le premier volume se trouve actuellement à côté de mon scanner. C'est le n° 48 d'un tirage de 325 exemplaires. Ce tome 1 reprend des "ouvrages ou extraits d'ouvrages portugais, hollandais, anglais, français, allemands, italiens, espagnols et latins relatifs à Madagascar (1500 à 1613)", édités par Alfred et Guillaume Grandidier.
J'ignore évidemment quand ce premier tome trouvera sa place dans la Bibliothèque malgache parce qu'il est volumineux et qu'il doit être traité avec précaution. Mais j'ai commencé à le numériser et un jour viendra où vous pourrez en disposer sous forme de livre électronique, comme les autres volumes de ma collection.
Pour vous aider à patienter, je traiterai d'autres titres entre-temps, à commencer par Madagascar à vol d'oiseau, un voyage effectué en 1862 par Désiré Charnay et publié dans Le Tour du Monde en 1864. Pour celui-ci, l'attente ne devrait pas être longue.

4 janvier 2007

Bibliothèque malgache / 12


Voici un long poème (pour un petit livre) que je viens de trouver sur Google Books et qu'il m'a semblé intéressant de publier immédiatement. Ecrit en 1856 à Saint-Denis de la Réunion, c'est un vibrant plaidoyer en faveur de la présence de la France à Madagascar. Démonstration en deux temps:
1. La France glorieuse se doit d'étendre son influence sur le monde.
2. Les peuples de Madagascar, soumis aux impitoyables Hova (ce n'est pas moi qui le dit, c'est l'auteur, bien sûr), n'attendent que d'être libérés de ce joug par la France généreuse.
Mû par un volontarisme naïf, le poème n'est pas non plus signé par Victor Hugo... François Saint-Amand ne trouve d'ailleurs une place que dans les marges de la littérature réunionnaise.
Il n'empêche: ce document a valeur de témoignage.

3 janvier 2007

Un réveillon sans ADSL

Ce n'est pas d'avoir trop fait la fête qui m'a tout à coup rendu silencieux. Mais mon modem a rendu l'âme samedi après-midi et la situation n'a pu être rétablie qu'hier soir. La technique vous lâche toujours, l'avez-vous remarqué, au plus mauvais moment. Au début d'un long week-end, quand il est impossible de trouver une solution au problème avant que les travailleurs normaux retournent à leurs tâches normales. Pour quelqu'un comme moi, qui ne connais pas les horaires, c'est une source inépuisables de surprises. La semaine dernière, déjà, j'avais besoin de passer au CCAC, et je n'y ai trouvé que des gardiens, m'expliquant sérieusement que le Centre était fermé pour congés annuels, alors que j'avais de mon côté envie de rire. Est-ce que je prends des congés annuels, moi? (en fait, j'ai quand même pris un mois l'année dernière, mais j'ai une excuse: cela n'était pas arrivé depuis six ans.)
Quoi qu'il en soit, maintenant que tout est rentré dans l'ordre, le cours des choses va pouvoir reprendre. Je prépare le douzième volume de la Bibliothèque malgache, qui n'est pas très long mais assez compliqué en raison d'une qualité assez médiocre du document original.
Autre nouveauté à venir bientôt: un site consacré à Madagascar accueillera bientôt la collection qui sera, dès lors, accessible en téléchargement. Je suis toujours heureux de recevoir vos mails quand vous demandez des livres - et je continuerai à les expédier à ceux qui me sollicitent de cette manière - mais certains trouveront probablement le téléchargement direct plus commode.
Je vous en dis plus dès que ce sera en place.