(Suite.)
Vous croyez que votre
grade de Lieutenant-Colonel d’Artillerie vous crée le devoir, selon vous
supérieur, de participer d’une façon plus directe à l’Action, et alors,
obéissant à votre conscience de soldat, vous abandonnez gaiement une situation
des plus brillantes et des plus enviées, un pays où vous n’avez que des amis,
pour aller vous jeter en pleine fournaise et vous mêler à cette pléiade de
héros qui, depuis tantôt trois ans, luttent si âprement pour la défense, non
seulement de notre Patrie menacée dans son existence, mais encore de la liberté
universelle, de la civilisation et du droit compromis. Qui de nous ne
s’inclinerait devant une semblable décision ?
Soyez-en certain, Monsieur
le Gouverneur Général, tous nos vœux vous accompagnent dans cette nouvelle
mission ! Tous ici, nous souhaitons vivement que le Colonel Garbit ait,
sur le front, des succès comparables à ceux du Gouverneur Général Garbit à
Madagascar ; nous souhaitons que le Livre d’or de notre Colonie
s’enrichisse bientôt de quelqu’une de vos actions d’éclat ; nous
souhaitons enfin et surtout qu’une fois la vermine allemande chassée des pays
qu’elle souille si ignominieusement, une fois anéanti cet empire de bandits
militaires qui rêve encore de courber le monde entier sous sa domination
brutale et féroce, vous reveniez au milieu de nous, selon l’expression de notre
immortel Chant du Départ, beau de votre gloire personnelle, de celle de la
France et de ses Alliés, et de la Liberté du Monde reconquise !
Messieurs, je porte un
toast en l’honneur de Monsieur Garbit, notre Gouverneur Général, à l’avenir
glorieux du Lieutenant-Colonel Garbit et à son prochain retour parmi nous,
comblé d’honneurs bien mérités ; et j’adresse un salut fraternel à tous
ceux, Français et Alliés, qui sacrifient si généreusement leur vie pour
sauvegarder nos libertés à tous !
Inutile d’ajouter que de
vigoureux applaudissements ont souligné et fréquemment interrompu cette
allocution qui exprimait si bien les sentiments de la population.
(À
suivre.)
Le Tamatave
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