9 septembre 2019

Il y a 100 ans : Les deux plaies de Madagascar, la spéculation et l’incompétence (2)


(Suite et fin.)
« Ce qu’il nous faut, c’est une compréhension meilleure des intérêts généraux. Le bétail et les mines sont les deux grandes ressources de l’île. Il y avait aussi les forêts, mais elles ont été en partie dévastées. On a découvert des gisements de cuivre, de fer et de charbon, mais ce qui importe est leur exploitation par des gens compétents. Il faut un personnel technique, un cadre de colons instruits et sérieux au lieu de gens qui cherchent à faire de la spéculation et des affaires. Il est pénible de voir d’anciens marchands de cartes postales, par exemple, accaparer de riches terrains houillers et attendre tranquillement l’offre du prix fort pour s’en dessaisir. La spéculation est un microbe infectieux qui a pénétré partout, là-bas comme ici. En Europe on résiste tant bien que mal, là-bas on en meurt.
« On en meurt, car elle annihile les meilleures volontés, elle paralyse tous les efforts. Il y a beaucoup à faire à Madagascar, mais il nous manque des agriculteurs, des ingénieurs, des médecins et des instituteurs. En un mot, des gens de métiers qui savent quelque chose, des éducateurs d’hommes capables de conduire des hommes et de les initier à ce qu’ils savent et d’en tirer le meilleur rendement possible. Il y a des maîtres d’école qui ne savent pas un mot de français et qui, naturellement, ont la prétention de l’enseigner. Il en est, malheureusement, de tout ainsi. Que l’on balaie les spéculateurs d’abord et les incompétents ensuite, et Madagascar sera ce qu’elle doit être, ce qu’il faut qu’elle soit : un des plus beaux fleurons de notre domaine colonial. »
Cette situation, M. Schrameck va aller à Paris l’exposer au ministre. C’est un grand cri d’alarme qu’il va pousser, et il a l’espoir qu’il sera entendu. Ensuite, il ira se reposer à Vichy. Retournera-t-il à Madagascar ? Pour le moment, il est en congé régulier, et, s’il a des projets, c’est son secret. L’avenir nous le dira.
E. de Feuquières.
Le Petit Parisien



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