12 mai 2019

Il y a 100 ans : Main-d’œuvre et sécurité (1)


Les nombreux vols qui se commettent en ville et dans les environs font ressortir quels avantages précieux pour assurer la sécurité offrirait le groupement des indigènes en villages de plus de vingt hommes, sous l’autorité d’un chef responsable. Cette même organisation faciliterait également la main-d’œuvre.
Pour expliquer par un exemple et en prenant pour cela le village de Tanambao qui fournit la presque totalité de la main-d’œuvre employée à Tamatave, voici quelle forme cette organisation pourrait adopter :
Ce village étant formé par des indigènes d’origines différentes et pour ce motif souvent hostiles entre eux, il serait prudent de les diviser, autant que possible, par groupes de même origine, ayant chacun un chef de même race.
Ce sont, paraît-il, les Betsimisarakas et les Antaimoros qui forment le contingent le plus nombreux. Chacun de ces deux groupes pourrait désigner un chef offrant quelques garanties de moralité et de fortune, sachant lire et écrire en français. Il serait désigné un chef unique pour les autres indigènes d’origines différentes qui ne seraient pas en nombre suffisant pour former un groupe séparé.
Chacun de ces chefs serait rémunéré de son travail par une allocation fixée par tête d’administré. On comprend sans plus d’explication les avantages que présenterait ce simple rouage.
À proprement parler, ce serait une sorte de bureau de placement, ou encore un syndicat du travail, toutes choses usitées si couramment en France. Chaque chef ayant la liste de ses hommes avec leurs aptitudes particulières, c’est à lui que l’intéressé devrait s’adresser pour obtenir le travailleur ou le serviteur qui lui est nécessaire.
Le chef consignerait sur le livret individuel le nom de l’employeur et les conventions intervenues lorsque l’employé serait engagé pour un certain temps. De cette façon on ne serait pas exposé à prendre, par exemple, comme cuisinier, un indigène ayant subi plusieurs condamnations qui, après avoir exigé un salaire auquel seuls peuvent prétendre des artistes en art culinaire, se trouve n’être pas apte à remplir l’office d’aide-marmiton.
(À suivre.)
Le Tamatave



Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 82 titres parus à ce jour.

11 mai 2019

Il y a 100 ans : Feux de brousse


Une amende de 420 francs par contribuable a été infligée au fokon’olona d’Antanimandry pour n’avoir pas prêté son concours pour éteindre un feu de brousse allumé par le nommé Rakoto et qui a détruit une partie de la cocoteraie de l’exploitation SAVER.
Dans la province de Vatomandry, une amende de 338 frs, à raison de 2 frs par contribuable, a été infligée à chacun des fokon’olona des villages Ampasimava, Analatsara, Maromby, pour n’avoir pas voulu désigner les auteurs de feux de brousse qui ont occasionné des dégâts dans les plantations des colons de cette région et n’avoir tenté aucun effort pour éteindre ces incendies.
Une autre amende de 535 francs a été infligée à des fokon’olona du district autonome d’Ambilobe pour n’avoir pas dénoncé les auteurs de feux de brousse allumés par des leurs et n’avoir pas travaillé à éteindre ces feux qui ont détruit un pont et endommagé la ligne télégraphique.
Une amende collective de 3 frs par contribuable est infligée aux habitants des villages de Manankasina est, de Mandrosoa, Amboniriana, Andranovelona, Fianohana et Antanimafy (faritany de Mahambo, gouvernement de Mahitsy, district Ambohidratrimo), pour mauvaise volonté dans l’extinction d’un feu de brousse allumé sans autorisation et qui a causé des dégâts importants sur la propriété de M. Garassin.
Le Tamatave

Tananarive célèbre la victoire

Pour fêter l’heureuse terminaison de la guerre mondiale, on a célébré à Tananarive, dans la cathédrale d’Andohalo, magnifiquement pavoisée aux couleurs des nations alliées, le Te Deum de la victoire. Le Gouverneur Général avait délégué son chef de cabinet, le général Nicole, de nombreux officiers, et les anciens combattants de 1870 représentaient l’armée française. La colonie européenne était au complet si bien que l’église se trouvait trop petite pour contenir la foule qui s’y pressait.
Un patriotique discours de Mgr de Saure, que nous regrettons de ne pouvoir reproduire, a ému toute l’assistance, chacun a quitté la cathédrale en se promettant de rester fidèle à l’Union sacrée plus nécessaire que jamais pour le bonheur de la noble France et de l’Humanité, pour la prospérité de la Grande Île.
Le Courrier colonial


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8 mai 2019

Il y a 100 ans : On se plaint…


… Que la glace soit devenue à Tamatave aussi rare que la pluie.
Il faut faire perdre des heures pour en avoir… quand il y en a.
Ou la glace n’est pas encore arrivée ou elle est arrivée il y a une heure et il n’y en a plus. Ou on n’en délivre pas du tout, ou elle est sale.
C’est cependant un objet de première nécessité par ce temps de canicule insupportable !
C’est beau le monopole !
Quand donc un industriel qui ne se moquera pas du public installera-t-il une glacière susceptible de délivrer à la population assoiffée de la glace à une autre saison qu’en hiver ?
Il sera le bienvenu celui-là ! Il pourra compter sur la clientèle qui n’aime pas l’intermittence, et qui craint la pépie.
Pas d’eau ! Ou trop peu pour laver le linge. Le Manangareza se ressent de la canicule à l’inverse des humains… il ne coule plus. C’est dans une boue noire qu’on lave le linge et c’est plus qu’il n’en faut pour engendrer des épidémies. Nous signalons ce fait grave à M. Marcoz qui fera, nous en sommes certains avec son activité ordinaire, l’impossible pour remédier à cette situation.
À quand des lavoirs ? de l’eau municipale et des établissements de bain ?

Télégramme officiel N° 97-R

Tananarive, le 14 janvier 1919
Gouverneur Général à Chef Province Tamatave.
Réponse 67-A. – Ai appris avec surprise que vide mille mètres cubes primitivement prévu pour Ville Arras existait plus après chargement Réunion et produits priorité Madagascar. En conséquence impossible enlever aucun tonnage pour commerce. Regrette vivement que totalité cubes disponible ait été prise par Colonie Réunion. Vous prie en aviser le commerce et lui renouveler que tous mes efforts tendent à modifier situation pénible résultant encombrement nos ports du fait insuffisance bateaux et grand tonnage produits en souffrance lui faire connaître en même temps qu’outre nombreux câblogrammes déjà adressés dans ce but à Département lui câble une nouvelle fois ce jour pour obtenir que partie du tonnage des bateaux actuellement dans les eaux la Réunion soit affectée Madagascar pour enlèvement produits du commerce et que le tiendrai au courant résultats nouvelles démarches entreprises à ce sujet. Aucune erreur en ce qui concerne chargement cuirs Intendance qui est bien 400 tonnes.
Le Tamatave


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4 mai 2019

Il y a 100 ans : Pour donner satisfaction à la population malgache


Enfin, Madagascar va avoir du riz ! Ainsi en a décidé le gouverneur général qui vient de prendre des mesures énergiques pour donner satisfaction à la population mécontente et pour cause. En effet le riz ne manque pas ; il n’a pas encore pris l’habitude de voyager seul, il attend qu’on le transporte. Là est la difficulté, mais qu’on se rassure. Toutes les voitures disponibles vont être mobilisées et affectées à son transport.
Les indigènes recevront l’autorisation de décortiquer et livreront à la réquisition le riz disponible, ce qui nécessitera moins de voitures et permettra de livrer de plus grandes quantités.
Afin d’éviter le retour de la cruelle disette qui désola les années précédentes certaines régions de la Grande Île, le gouvernement général a décidé de constituer dans chaque province des stocks importants de riz, logés dans des magasins spéciaux.
Pour Tananarive seule, la réserve prévue serait de 1 000 tonnes.
D’autre part, des enquêtes sont commencées pour découvrir les trafiquants qui dissimulent des quantités importantes et des peines sévères seront appliquées aux coupables et à leurs complices si puissants soient-ils.
En outre, le Sidon prendra à Majunga un chargement important de riz pour le déposer à Tamatave.
Grâce à ces mesures, M. Schrameck a déjà réussi à améliorer la situation de la colonie dont il a la responsabilité.
Le Courrier colonial

Démobilisation

On va commencer par démobiliser les tirailleurs avant de démobiliser les vazaha ; les réservistes malgaches et les engagés pour la durée de la guerre vont être renvoyés dans leurs foyers.
En ce qui concerne les Européens, l’État-major a seulement demandé quels étaient ceux du recrutement autre que Madagascar qui désiraient se retirer dans cette colonie, quels emplois ils comptaient exercer et quel était le nom de leurs employeurs éventuels.
Le Tamatave

Un bataillon malgache à Bobenheim

Le 12e bataillon malgache, commandant Hippeau, a occupé Bobenheim près du Rhin, à quatre kilomètres de Worms, la vieille ville historique du grand-duché de Hesse.
L’Homme libre




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3 mai 2019

Il y a 100 ans : Dilemme troublant


On a médité et on méditera encore longtemps sur ce problème angoissant. Est-ce la poule qui a pondu le premier œuf ? Est-ce l’œuf qui a donné naissance à la première poule ? Malgré tous les progrès de la paléontologie et de l’archéologie, la solution n’a pas avancé depuis Pic de la Mirandole.
Un autre problème s’est posé depuis que les nations européennes ont pris goût à la politique d’outre-mer. Les colonies sont-elles faites pour les fonctionnaires ; ou les fonctionnaires sont-ils faits pour les colonies ?
Ce problème est encore plus difficile que l’autre, car ni l’œuf ni la poule ne peuvent répondre, tandis qu’il n’en est pas de même des fonctionnaires qui n’admettent pas que les colonies ne soient pas faites pour eux.
Il y a bien quelques voix timides qui s’élèvent pour nous faire croire que les fonctionnaires sont faits pour les colonies et que ces dernières sont faites pour les colons aussi bien que pour les indigènes. Mais ces voix prêchent dans le désert.
Elles avaient peut-être raison au temps, par exemple, de la colonisation de l’Australie par les Squatters, mais l’Australie n’était pas française ; elle ne peut donc nous servir d’exemple.
C’est pourquoi nous trouvons M. Schrameck bien osé quand il prétend réformer les mœurs des Lebureau malgaches et venir à bout de toutes les résistances et de toutes les passivités.
Si le gouverneur général de Madagascar réussit dans son entreprise, on pourra le mettre au même rang qu’Hercule. Mais attendons, pour lui donner pareille place, qu’il ait fait mordre la poussière à Lebureau.

M. Guyon se met à la besogne

Le dernier courrier de l’océan Indien nous apprend que, le 12 novembre dernier, revenait à Tananarive M. Schrameck, gouverneur général de la Grande Île, avec M. Guyon, secrétaire général de la colonie, qui avait abandonné, à Nossi-Bé, le Crimée pour accompagner son chef dans son voyage jusqu’à Diego-Suarez.
M. Guyon a pris possession de l’ancien bureau de M. Hesling, puis il a reçu les autorités civiles, et, dans l’après-midi, les autorités militaires ainsi que les officiers qui avaient manifesté le désir de lui être présentés.
Dès le lendemain, M. Guyon se mettait à l’ouvrage ; le contraire nous aurait surpris, nous qui connaissons l’activité de l’ancien lieutenant-gouverneur du Moyen-Congo.
Le Courrier colonial


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2 mai 2019

Il y a 100 ans : Cuisiniers indigènes conscients et organisés


Ceux qui trouvent que les indigènes de nos colonies viennent timidement à la civilisation les calomnient tout simplement ; les indigènes y mordent au contraire à belles dents et se hâtent d’en ingérer les morceaux qui leur paraissent particulièrement succulents. C’est ainsi qu’à Madagascar, il y a maintenant des citoyens conscients et organisés, des camarades syndiqués qu’il ne fait pas bon contrarier, car vous êtes aussitôt mis à l’index comme un infâme buveur de sueur.
Un de nos confrères de Tananarive nous conte l’interdit qui fut jeté sur lui dans la Grande Île pour avoir renvoyé son cuisinier : car c’est le syndicat des maîtres-queux qui a le plus conscience des beautés de la liberté.
Notre confrère avait donné congé à son gâte-sauce indigène, mais avec plus d’un mois de préavis de sorte que ce fonctionnaire des fourneaux ne pouvait guère crier à l’arbitraire. Par ailleurs, notre confrère avait retenu l’émule de Vatel d’un de ses amis, et, tranquille, il attendait la transmission des pouvoirs.
Hélas, cette transmission ne se fit pas, et, entre deux cuisiniers, se trouvant… assis par terre, notre confrère dut faire sa cuisine lui-même, avec la maigre ressource d’ouvrir une enquête sur les causes de sa mésaventure.
Celle-ci, d’ailleurs, ne fut pas inutile, car elle lui permit de découvrir l’existence du syndicat, et d’apprendre qu’à ce syndicat il était de règle de punir en le mettant à l’index le vazaha qui se permettait de remercier son cuisinier.
Il sut encore que les cuisiniers syndiqués avaient un président qui était chef-cuisinier chez un gros bonnet de l’administration.
Vous voyez que les cuisiniers conscients et organisés de la Grande Île apprécient, comme il convient, le dogme des droits de l’homme et du citoyen : tout pour l’indigène et rien pour le vazaha. Tout le monde ne peut pas, comme certain chef de district boycotté, faire rafler tous les cuisiniers sans ouvrage et en choisir un à son goût.
Aussi bien aurions-nous quelque hésitation à forcer un indigène à nous servir malgré lui ; trop forte serait la tentation de nous faire absorber des mets à l’huile de ricin ou à autre chose. Aussi notre confrère fit-il bien en se résignant philosophiquement à préparer ses plats lui-même.
Le Courrier colonial



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29 avril 2019

Il y a 100 ans : Pêcheries coloniales (2)


(Suite et fin.)
Les lieux de pêche autour de Madagascar et dans les environs ne manquent pas, notre colonie doit naturellement en profiter et y trouver de nouvelles sources de prospérité et de richesse.
Or, dans les eaux de Madagascar, aucun travail méthodique avec les engins de pêche actuels n’a été fait. La température des parages visés présente la question des pêches dans des conditions très différentes comparativement aux industries analogues qui fonctionnent depuis longtemps dans les pays tempérés. Ici, le poisson, aussitôt sa capture, doit être transformé immédiatement sur place en matières utiles ou, tout au moins, subir rapidement une préparation qui le garantisse des atteintes de la décomposition.
L. Bony,
Capitaine au long cours.

À propos de lait

Nous recevons avec prière d’insérer la lettre suivante :
Monsieur le Directeur,
Le lait vendu en ville par les laitiers n’est soumis à aucun contrôle, et c’est toujours avec un sentiment d’appréhension que nous le donnons à nos enfants, et surtout aux enfants en bas âge.
La semaine dernière, du lait acheté en ville et donné à des enfants avec toute la propreté requise provoqua chez ces derniers des vomissements qui ne pouvaient provenir que du lait absorbé.
M. l’Administrateur-Maire devrait faire surveiller le lait vendu en ville et en faire faire l’analyse comme cela se pratique en France et dans tous les pays.
On se montre très sévère, ici, pour les bouchers, boulangers, marchands de poissons, etc., mais par contre les laitiers ne sont jamais inquiétés.
Nous demandons donc à M. l’Administrateur-Maire de faire surveiller le lait vendu en ville, il y va de la santé du public en général et de celle de nos enfants.
Un groupe de mères de famille.

Le Congrès à Tananarive

C’est aujourd’hui que se réunissent en Congrès un certain nombre de délégués des groupements organisés des provinces.
Pour Tamatave, M. Nativel représentera le Président du Comice agricole, empêché. La Commission Consultative sera représentée par M. P. Baron.
Le Tamatave


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22 avril 2019

Il y a 100 ans : Pêcheries coloniales (1)


Les eaux entourant la Grande Île sont très poissonneuses et les bancs exploitables occupent de tous côtés une surface immense. Depuis le cap d’Ambre jusqu’au cap Saint-André, on trouve des fonds dont la surface exploitable est considérable. La limite extérieure des bancs s’écarte de la côte du nord au sud, en commençant par une dizaine de milles près du cap d’Ambre, pour atteindre une cinquantaine de milles sur le banc du Parcel sans solution de continuité. Une pareille surface dans nos pays serait une source de travail vite captée. À l’extrémité sud le banc de l’Étoile, au nord les environs des îles Nosy-Be, Nosy-Mitsiho présentent quelques fonds de pêche, et enfin un peu plus à l’ouest les bancs Gastor et Leven sont à portée d’exploitation.
D’autre part, en comparant les distances parcourues par nos pêcheurs d’Islande et de Terre-Neuve pour exercer leur industrie aux distances qu’auraient à parcourir les pêcheurs de Madagascar pour exploiter les grands bancs de Saya de Mala et Nazareth, l’avantage à coup sûr resterait à ces derniers comme distance et comme surface. Ces bancs, dont les limites sont à peine connues, sont vierges de toutes entreprises méthodiques. Le banc de Saya de Mala sur lequel on a pris à la ligne de gros poissons se trouve situé à l’est-nord-est de Diégo-Suarez, sa position est comprise entre les méridiens de 57° 40 et 60° 02 est, et les parallèles de 8° 14 à 11° 44 sud. Il a la forme d’un S dont la longueur est d’environ 310 milles sur une largeur variant de 10 à 30 milles ; la distance qui le sépare de Diégo-Suarez est environ 660 milles et sur la route, entre ces deux points, à environ 450 milles de Diégo-Suarez se trouve l’île d’Agaléga ou Galéga.
Plus au sud, à peu près à la même distance, on rencontre un autre banc de Terre-Neuve représenté par le banc de Nazareth. Ce dernier ne mesure pas moins de 200 milles de longueur sur une largeur de 26 à 75 milles. Il gît entre les méridiens de 57° à 59° 16 est, et les parallèles de 13° 39 à 16° 50 sud. Il est à portée de Sainte-Marie et de la baie d’Antongil.
(À suivre.)
L. Bony,
Capitaine au long cours.
Le Tamatave



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20 avril 2019

Il y a 100 ans : Révision du régime foncier (2)


(Suite et fin.)
Sans doute, les tribunaux se montrent aujourd’hui très prudents pour statuer dans des questions de cette nature, mais il n’en est pas moins vrai que le cas s’est présenté, et que cette épée de Damoclès est suspendue sur la tête du colon, qui peut voir, d’un coup, sa fortune disparaître, en même temps que le produit de ses sueurs et de son labeur de plusieurs années.
Devant cette iniquité que l’on peut qualifier de monstrueuse, que fait la Colonie, l’Alma Mater du colon ? Il est pénible de le dire, mais comme Pilate, elle s’en lave les mains.
Méditez les clauses de son article VI qu’elle insère tout au long dans le titre provisoire de propriété qu’elle vous impose, et qui est à prendre ou à laisser.
Art. VI. – L’autorisation d’occuper le terrain ci-dessus désigné est purement provisoire et est accordée sous la réserve expresse des droits quelconques pouvant appartenir à des tiers, dans le cas où par suite, soit d’une action en Justice, soit d’une décision du tribunal statuant sur la demande d’immatriculation, soit une sentence de tout autre tribunal, le preneur se verrait contraint d’abandonner tout ou partie de sa propriété, ce dernier n’aura aucun recours contre le domaine et ne pourra réclamer des dommages intérêts ; mais il lui sera concédé dans la même région un terrain d’une superficie égale à celle dont il aurait été dépossédé.
Voyez-vous bien le colon évincé, ruiné, de santé et d’argent, aller recommencer son via crucis sur un autre terrain, avec la même perspective d’en pouvoir être évincé, une fois mis en valeur.
Il suffirait de rapporter au premier bornage fait au moment de la demande de concession ce délai de trois mois accordé aux prétendants droits avant que le colon n’ait dépensé ni un centime de son argent ni une heure de sa sueur.
Peut-on imaginer une clause léonine plus odieuse, plus inique, plus anti-coloniale enfin.
Espérons que, dans la prochaine conférence, la législation sur la propriété foncière sera remaniée de façon à offrir toutes facilités et toutes garanties aux colons.
Le Tamatave



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19 avril 2019

Il y a 100 ans : Révision du régime foncier (1)


Le principe qui domine tout, c’est celui de la propriété foncière. Celle-ci est la base, la pierre angulaire de toute colonisation. Il serait oiseux d’en faire la démonstration.
Le programme des travaux de la conférence du 14 courant comprend entre autres questions : la révision du régime foncier et de celui des concessions à Madagascar.
Or la législation qui régit cette matière dans notre Colonie est ce qu’il y a de plus monstrueusement mauvais et ridicule.
La presse, de quelque opinion qu’elle fut, a été unanime à la flétrir de la façon la plus violente.
Justement ému des plaintes formulées au sujet de cette législation, M. Augagneur chargea M. Rousset de corriger les imperfections du décret du 16 juillet 1897 régissant la matière. Au lieu de cela, ce fonctionnaire rédigea un nouveau décret du 4 février 1911 de cent coudées plus défectueux que le précédent.
Ce fut un « tollé » général devant le bien-fondé duquel M. Picquié remit l’étude de cette si importante question à une Commission présidée par M. Gamon. Devant cette solution, la presse et les intéressés se sont tus, attendant, anxieux, la nouvelle législation. Il y a déjà cinq ou six ans de cela et rien n’a encore été fait à ce sujet.
Nous ne recommencerons point la critique qui en été faite à cette même place, tout le monde la connaît. Nous ne rappellerons qu’un seul point qu’il eût suffi de modifier dans le décret du 10 juillet 1897 pour rendre ce dernier acceptable :
Lorsque, au bout de deux, trois, quatre ans au plus, le colon a mis en valeur son terrain, – même acheté de la Colonie aux enchères publiques, – il doit en demander l’immatriculation et la délivrance du titre définitif.
Or, du jour où avis par affiches est donné au public de cette demande d’immatriculation, les prétendants droits, – qui sont toujours des indigènes – ont un délai de 3 mois pour revendiquer devant les tribunaux la propriété des dits terrains. Or, on connaît la moralité du Malgache et la valeur de son témoignage surtout lorsqu’il s’agit d’évincer un vazaha.
(À suivre.)
Le Tamatave



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18 avril 2019

Il y a 100 ans : Société de Géographie


Dans sa dernière réunion, la Société de Géographie a renouvelé son bureau : le prince Bonaparte, de l’Institut, a été élu président ; MM. Cordier, de l’Institut, et Renaud, directeur du service d’hydrographie au ministère de la Marine, vice-présidents, et M. Guillaume Grandidier, secrétaire général ; ce dernier en remplacement du regretté baron Hulot.
M. Guillaume Grandidier est docteur ès sciences et un colonial de longue date. On lui doit des explorations à Madagascar et dans l’Est africain. Son nom est attaché à l’œuvre magistrale que son père, l’éminent membre de l’Institut, et lui consacrèrent à Madagascar et qui, bientôt achevée, constituera un véritable monument scientifique. Au moment où la Société de Géographie, qui célébrera dans deux ans le centenaire de sa fondation, va orienter ses travaux vers la mise en valeur des colonies françaises et des terres lointaines que depuis un siècle elle a tant contribué à faire connaître, on ne pouvait faire un meilleur choix pour les fonctions de secrétaire général.
Journal des débats politiques et littéraires

Le voyage de M. Schrameck

Certaines personnes prêtent à M. le Gouverneur Général l’intention de s’embarquer sur le Cordillère afin d’aller contracter l’emprunt nécessaire aux grands travaux publics dont il a tracé le programme, et duquel la Colonie attend sa prospérité future.
Espérons qu’il aura l’approbation du Gouvernement et obtiendra la forte somme qui est indispensable pour faire sortir Madagascar de la léthargie actuelle.

Réception officielle

M. l’Administrateur Marcoz, Chef de la Province et Maire de Tamatave, a reçu ce matin officiellement : le Commandant d’Armes, la Commission Municipale, les Corps constitués, les membres du Tribunal, les avocats, les fonctionnaires de tous ordres, européens et indigènes.
Le Tamatave


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8 avril 2019

Il y a 100 ans : Chambre consultative de Majunga


Vente des biens allemands. — M. Barriquand expose la question telle qu’elle a déjà été traitée dans diverses réunions précédentes et demande au Gouverneur Général d’en hâter la solution.
MM. Blanchard et Vuillerme font part des craintes qu’a le commerce dans le maintien d’une situation anormale, du fait que la plupart des maisons indiennes travaillent encore sur le crédit allemand.
La discussion porte ensuite sur la question des réquisitions et des bénéfices illicites.
Le Gouverneur Général assure à l’Assemblée que les marchandises allemandes, lorsqu’elles seront vendues, le seront avec des garanties telles que le commerce de la place n’aura à craindre et à supporter aucun effet de concurrence.
Le Gouverneur Général expose le devoir du Gouvernement à mettre à la portée de tous les deux matières : riz et tissus. Le riz a déjà été réquisitionné pour empêcher un désastre par suite de la spéculation, il en sera de même pour les tissus aussi nécessaires que le riz, si les prix pratiqués continuaient à aller en progressant.
Le Gouverneur Général fait part de sa résolution à arrêter d’une façon énergique les tendances exagérées à la spéculation et à frapper avec toute la rigueur des lois ceux qui abuseraient d’une situation tout exceptionnelle, allant jusqu’à exploiter des sinistres pour retirer des bénéfices disproportionnés sur des marchandises qu’ils possédaient depuis longtemps. En résumé, la question de la réalisation des biens allemands dépend du Parquet Général. Le chef de la Colonie estime que la meilleure solution de la question serait dans ce que ce soit l’Administration elle-même qui en fasse l’acquisition pour les mettre à la portée de tous aux prix les plus bas,
Statut indien. – M. Barriquand expose à nouveau qu’il existe ici une question indienne, plus que partout ailleurs, et demande à ce qu’il soit étudié un statut indien. Après discussion, M. le Gouverneur Général pense que ce projet est délicat à résoudre, et qu’on ne supprimerait quelques difficultés que pour en faire surgir de nouvelles plus importantes.
Le Tamatave



Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 82 titres parus à ce jour.

4 avril 2019

Il y a 100 ans : Le cuivre à Madagascar


Les recherches d’or puis de graphite qui ont successivement accaparé la main-d’œuvre minière ont naturellement fait négliger les recherches d’une substance minérale, le cuivre, dont on peut dire, semble-t-il, qu’elle sera un jour l’une des principales richesses de notre grande colonie. Bien que quelques concessions aient été données, notamment dans la région d’Ambatofangehana, à l’ouest d’Ambositra, aucune exportation de quelque importance de minerais de cuivre n’a été faite jusqu’aujourd’hui.
Vers 1911, on signalait de nombreux affleurements cuprifères dans l’Ambongo et le Bouéni. La couche minéralisée contenait toujours au moins 11 % de cuivre avec une teneur en argent de 150 grammes par tonne.
Cette région, placée entre l’Ankarafansika et l’Andranomavo, occuperait une surface d’un million d’hectares. Cependant, les minerais de cuivre y seraient assez disséminés et c’est cela, sans conteste, qui a été jusqu’à présent l’obstacle à une exploitation régulière. On doit, toutefois, admettre que sur une telle étendue affectée aux prospections, on arrivera à découvrir des gisements dont la situation et la richesse permettront la création d’exploitations continues.
En réalité, le cuivre se trouve dans toutes les régions de l’île : à Vohemar, à Majunga, non loin de l’Ikopa, dans la région de Tuléar.
Le gisement de cuivre d’Ambatofangehana, indiqué ci-dessus, a été mis en exploitation à la fin de 1916 et a fourni plusieurs milliers de tonnes d’un minerai à 12 % de cuivre. De petits fours qui donnent 10 tonnes de mattes à 70 % de cuivre par mois ont été installés aux abords de la mine.
Dans la région de Vohemar, les recherches ont été interrompues par la guerre. Dans cette région, le minerai est très riche. Certains échantillons de sulfure de cuivre ont donné jusqu’à 45 %.

Taxes locatives

Une Commission, composée de MM. Lutton, administrateur, Maury, agent-voyer, Dupré, propriétaire, Niveau, entrepreneur, visite en ce moment les immeubles de la ville, en estime sur place la valeur locative, afin d’en établir les taxes qui seront prochainement perçues.
Le Tamatave


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 82 titres parus à ce jour.

3 avril 2019

Il y a 100 ans : Les cuirs de Madagascar (2)


(Suite et fin.)
Ainsi, un de nos compatriotes de là-bas, de passage à Paris, nous assurait qu’il aurait été préférable de traiter de gré à gré avec les exportateurs et à des prix suffisants pour l’indigène qui, aujourd’hui, doit compter ; la guerre a été sa grande éducatrice.
Des tractations raisonnables eussent incité le Malgache à développer sa production et à rechercher une bonne préparation. L’intendance supportait ipso facto des dépenses moindres (ici : intendance signifie : contribuable) que celles des achats de cuirs à l’étranger. Oui, mais alors, vous me rétorquerez que la mission Desmarets n’avait plus sa raison d’être.
Ma foi, nous n’aurions pas osé avancer une chose pareille, et il nous est agréable que vous l’ayez dite vous-même.
En même temps que l’Administration ménageait nos deniers, on n’aurait pas vu tant de cuirs pourrir dans les entrepôts.
Après ça, vous me direz qu’on a bien vu le blé pourrir par montagnes dans les ports d’Algérie. Mon Dieu oui, et même dans les ports de la métropole.
Heureusement que la guerre est finie !
G. B.

Un mouvement administratif à Madagascar

On dit qu’un mouvement administratif était en préparation depuis un certain temps déjà au gouvernement général de la Grande Île lors du départ du courrier.
On prêterait à M. Schrameck l’intention de débarrasser la colonie de « notables non-valeurs » et les bureaux du gouvernement général lui-même de braves gens depuis longtemps fatigués, mais qui n’envisagent qu’avec répugnance l’idée d’être mis à la retraite.
Le Courrier colonial

Les cotonnades

On dit que des nouvelles reçues ces jours derniers ont annoncé une baisse de 75 % sur les tissus de coton anglais. De grosses commandes auraient été passées par des maisons créoles de la Place de St-Denis.

La chaleur à Tamatave

La pluie qui est tombée dans la nuit de lundi dernier a sensiblement rafraîchi la température. Malgré cela, il y avait hier soir 33° dans le local des colis postaux. Ce qu’il y a de plus pénible dans ce local, c’est le manque d’air. Aussi le public est-il toujours pressé d’en sortir et accuse les employés lorsqu’il y a encombrement des clients.
Le Tamatave


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2 avril 2019

Il y a 100 ans : Les cuirs de Madagascar (1)


On sait que, vu la nécessité de protéger le cheptel métropolitain, si fort décimé par les… erreurs de l’Intendance, l’Administration française avait décidé des achats importants de cuirs hors de France, et prévu un crédit de 56 millions de francs environ.
Un de nos lecteurs nous écrit que « hors de France » ne sous-entendait pas « hors des colonies ». Et ce lecteur ajoute même :
« Nous avons dans nos colonies la possibilité de trouver la presque totalité des cuirs qui nous sont nécessaires. Madagascar seule pourrait en fournir des quantités considérables ainsi que j’en ai vu la preuve sous forme d’un tableau à la Chambre de commerce :
« La Grande Île a exporté, en 1911, 638 000 peaux, soit un poids de 6 388 210 kg ; en 1913, 735 000 peaux d’un poids total de 7 406 616 kg ; en 1913, 800 000 peaux pour 8 032 698 kg ; en 1914, 552 000 peaux, d’un total de 5 525 932 kg ; et en 1915, 736 000 peaux d’un poids total de 7 863 889 kg ; soit une moyenne annuelle de 696 000 peaux… »
Notre correspondant occasionnel paraît bien renseigné, mais ne prouve rien hélas ! et les lecteurs du Courrier Colonial savent pourquoi. Mais continuons :
« La moyenne d’exportation des cuirs de Madagascar représente environ 700 000 peaux. Si nous ajoutons les cuirs de l’Afrique du Nord, du Maroc et de l’A. O. F., on ne peut nier l’importance de l’appoint que nos colonies peuvent fournir à l’industrie du cuir. »
Mais, cher lecteur, nous n’avons jamais dit autre chose et vous prêchez des convertis. Toutefois, permettez-nous d’ajouter à votre plaidoyer qu’il serait bon que l’Intendance modifiât ses méthodes. Pour Madagascar, où nous sommes très exactement renseignés, voici ce qui s’est passé, et M. Desmarets aura le bon goût de ne pas nous contredire.
La Commission des cuirs opérant dans la Grande Île n’a voulu payer que des prix très inférieurs aux cours commerciaux pratiqués au moment de la réquisition, et même de 30 % au-dessous des prix d’avant-guerre. C’est presque de l’Histoire ; c’est officiel, et sur ce chapitre, nous ne craignons pas d’être démentis.
(À suivre.)
G. B.
Le Courrier colonial



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