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7 mars 2019

Il y a 100 ans : Lettre de Madagascar (1)


De notre correspondant de Mananjary :
Je viens aujourd’hui vous demander de faire une petite campagne pour obtenir qu’on envoie immédiatement une dizaine de bateaux à Madagascar afin d’enlever le fret en souffrance dans les ports.
Tous les bateaux qui viennent en ce moment dans l’océan Indien prennent du sucre à la Réunion, des conserves, des cuirs, du rafia, des haricots et des troupes, mais laissent systématiquement, sur les ordres du ministère du Ravitaillement, tous les autres produits, soit des mines, soit de l’agriculture. Il y a, à la date d’aujourd’hui, 33 000 tonnes en poids, représentant près de 70 000 mètres cubes, visibles dans les magasins des ports en souffrance à Madagascar. Je ne parle pas de ce qui existe dans les magasins des producteurs et qui peut sans crainte être évalué à un chiffre égal.
Pour transporter ces 70 000 mètres cubes, le ministère du Ravitaillement nous donne 150 mètres cubes, non sur tous les bateaux touchant Madagascar, mais seulement sur les vapeurs qui font le courrier, c’est-à-dire qu’en un an nous aurons peut-être 1 000 mètres cubes disponibles.
Depuis l’année dernière, les planteurs de Mananjary notamment n’ont pu exporter 1 kilo de café.
Demain, il y aura à Tananarive une réunion des fabricants de fécule et de tapioca, qui sont logés à la même enseigne que nous, pour protester contre cet état de choses et voir les mesures qu’il y aurait lieu de prendre.
Il n’y en a qu’une : envoyer immédiatement huit ou dix gros navires.
Il faut pour cela que le gouvernement français obtienne des bateaux de nos Alliés, Angleterre et Amérique. Pour eux il a supporté le gros poids de la guerre, pendant laquelle il n’a pu construire de nouveaux bateaux, tandis que les Anglais et les Américains pouvaient le faire. Que ces deux nations lui prêtent donc le tonnage qui lui est nécessaire pour faire vivre ses colonies.
Il est bon aussi de faire observer que la plupart des navires qui viennent dans l’océan Indien y font des séjours beaucoup trop longs, y perdent leurs temps et par leur lenteur font diminuer d’un tiers environ le fret disponible.
(À suivre.)
Le Courrier colonial



Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 78 titres parus à ce jour.

6 mars 2019

Il y a 100 ans : Le port de Tamatave


Lors de l’inauguration du buste de Gallieni, M. Schrameck gouverneur général de Madagascar, avait promis de démontrer l’activité par des actes ; il a tenu parole.
Tout d’abord, il a marqué une sollicitude toute particulière au port de Tamatave qui doit intensifier le mouvement commercial de la Grande Île ; d’accord avec les corps constitués, il a constitué une Commission d’études qui a présenté plusieurs projets d’emplacement du port.
L’un d’eux a particulièrement séduit le gouverneur général à qui il a paru pratique et nullement inspiré par des intérêts particuliers. Si donc, rien n’est changé, il semble que le port de Tamatave serait construit du côté de la pointe Tanio, à gauche au-delà de cette pointe, où se trouvent beaucoup de terrains domaniaux.
On dit même que les choses sont beaucoup plus avancées qu’on ne le dit et que les travaux pourraient commencer bientôt, au grand contentement des Tamataviens chez qui M. Schrameck a rencontré un parfait désintéressement et une collaboration précieuse.
Le Courrier colonial

Mutations

Des Petites Affiches de Majunga :
M. Marcoz, Administrateur Chef de Province, est affecté à Tamatave. On parle de M. Béréni, actuellement à Fort Dauphin, pour le remplacer à Majunga.
Disons à ce propos que M. Marcoz, qui devait partir mercredi par chaloupe, et passer par Tananarive, s’embarquera sur le Louqsor, attendu vers le 14 décembre.
En conséquence, le Vin d’Honneur qui devait avoir lieu mardi, à l’occasion du départ de M. et de Mme Marcoz, sera reporté, nous dit-on, à la veille de leur embarquement.

Les pancas du Tribunal

Il y a un mois environ, en pleine audience, les cordes des pancas se cassaient presqu’à la fois, et un des appareils venait s’abattre sur la tête d’un éminent avocat de Tananarive qui a évité le choc grâce à sa présence d’esprit et à son agilité.
Depuis cette époque ces pancas ne fonctionnent plus, mais menacent toujours de tomber sur la tête des juges et des avocats.
Ne pourrait-on pas les réparer ?
Transmis à qui de droit.

Au Tribunal

Malgré les condamnations sévères, mais toujours justes, du Tribunal de notre ville, les voleurs ne se découragent pas.
C’est ainsi qu’un indigène, pour avoir volé 2 pains a été condamné à 6 mois de prison.
Le Tamatave


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5 mars 2019

Il y a 100 ans : Administration et géographie


Nous recevons d’un de nos correspondants de Majunga une lettre qui donne à penser que la géographie, l’administration et… la logique ne voisinent pas toujours ensemble.
Parmi les dernières modifications administratives de Madagascar – car enfin, il faut bien que les Lebureau de la Grande Île justifient des honoraires qu’ils reçoivent de la princesse de Trébizonde – il s’est trouvé que Port-Bergé a été rattaché à la province d’Analalava. Pourquoi ? Lebureau lui-même serait bien embarrassé de le dire.
Il paraît qu’on fait de l’élevage à Port-Bergé et comme Analalava est une province d’élevage, Port-Bergé doit en faire partie. C’est bien administratif…
Cependant, nous écrit notre correspondant, Port-Bergé, géographiquement et topographiquement, est rattaché à Majunga, le grand port de la Côte Ouest, même par un service de canonnière. Mieux, dans une de ses visites, M. Merlin, aujourd’hui gouverneur général de l’A. O. F., avait fait aux corps constitués la promesse d’une route, Majunga-Port-Bergé.
Ajoutons toutefois qu’en même temps que nous recevons la protestation de notre correspondant, nous apprenons que la Chambre de commerce de Majunga a fait les démarches nécessaires pour obtenir la révision de ce malencontreux arrêté et le rattachement de Port Bergé à Majunga. Espérons qu’elle aura gain de cause.
D’autre part on nous écrit d’Antsohihy que les habitants de ce district se plaignent amèrement de son détachement d’Analalava.
On ne s’explique guère la raison de cette nouvelle fantaisie administrative. Lebureau tranche, coupe et taille au petit bonheur sans tenir aucunement compte des aspirations des intéressés.
Notre confrère, le Midi Colonial, écrivait dernièrement que Lebureau des colonies vivait dans un enfer et passait par des phases d’énervement intensif ; les colons, qui n’en peuvent mais, s’en aperçoivent.
Antsohihy est un centre commercial très important qui, en 1917, a exporté 400 T. de rafia, 40 T. de peaux de bœufs, 30 T. de cire, 10 T. de café, 250 T. de riz blanc, 100 T. de paddy et 12 000 bœufs, soit un mouvement commercial de 2 millions de francs ; il y avait un chiffre de 800 000 fr. de mandats postaux ; enfin le port est constamment rempli de vapeurs et de boutres. Pourquoi dès lors cette décision que rien ne justifie ?
Le Courrier colonial



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4 mars 2019

Il y a 100 ans : Si Madagascar contractait un emprunt (2)


(Suite et fin.)
En 1905, le mouvement du port de Tamatave était de 19 925 tonnes.
Il a été en 1917 de 78 213 tonnes. Mais on serait presque tenté de souhaiter de moins brillants résultats quand on songe qu’ils servent de prétexte à la Métropole pour refuser toute aide financière à la Grande Île.
Pour justifier son refus, la Métropole invoquait notamment la pénurie de main d’œuvre et prétendait que l’exécution de travaux publics importants dans diverses parties de Madagascar priverait de travailleurs les colons dont les établissements se trouveraient compromis.
À cette sollicitude inaccoutumée, M. le Gouverneur Général a répondu, peut être sans le vouloir, dans son magnifique discours prononcé à l’occasion de l’inauguration du monument Galliéni, lorsqu’il a dit : « N’est-ce pas un décevant spectacle que celui du travail qui, dans bien des industries modernes ou sur des routes récentes admirablement tracées s’effectue, selon des pratiques primitives, gaspillant l’effort humain alors que la nature a doté le pays des forces innombrables que la science de nos ingénieurs et les ressources de nos capitalistes pourraient utilement discipliner. »
La Métropole n’a donc plus de motif à invoquer pour ne point accueillir favorablement une demande d’emprunt. Et, puisque les autres colonies africaines ont obtenu satisfaction, le moment est venu de dire à la Métropole qu’elle ne peut faire preuve de moins de générosité vis-à-vis de Madagascar.
Si tous ceux qui m’intéressent à notre grande colonie de l’Océan Indien savent unir leurs efforts, celle-ci cessera d’être la cendrillon de notre empire d’outre-mer.

Vol de café

Les nommés D. et E. était accusés d’avoir soustrait frauduleusement deux sacs de café au préjudice de la S. C. des P.
Pour sa défense, l’accusé dit l’avoir acheté d’un autre indigène nommé E.
Ce dernier reconnaît bien avoir eu en sa possession les 2 sacs de café, mais il ajoute l’avoir récolté sur l’ordre de M. I.
Les deux indigènes ont été condamnés pour vol et recel à 15 mois de prison et 50 francs d’amende.
Le Tamatave



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3 mars 2019

Il y a 100 ans : Si Madagascar contractait un emprunt (1)


Depuis longtemps toutes nos jeunes possessions en voie de développement : Maroc, Afrique Occidentale, Afrique Équatoriale, ont obtenu du Parlement l’autorisation d’emprunter les fonds nécessaires à l’exécution de travaux publics dont le nécessité n’est pas contestable. Or, on s’étonne à bon droit de constater que, seule, la Grande Île doit faire face à tous ses besoins au moyen de ses seules ressources.
Est-ce-à-dire que Madagascar est parvenu à un degré de prospérité qui lui permet de se passer de tout concours financer extérieur ?
Aucunement. Cette colonie a fait connaître à diverses reprises, notamment quand il s’est agi de doter Tamatave d’un port, qu’un emprunt s’imposait, et c’est le refus du ministre des Colonies de soumettre au Parlement un projet dans ce sens qui avait contraint l’Administration supérieure de la Grande Île à prélever sur la caisse de réserve les fonds nécessaires à la construction de ce port. Or on sait comment ont été employés pendant la guerre les fonds de cette caisse de réserve.
Si pour les possessions désignées plus haut un emprunt a été presque une question de vie ou de mort, a-t-on le droit d’entraver le développement d’une possession comme Madagascar, en ne la dotant pas des moyens qui permettaient d’achever sa mise en valeur ? Quel bond ferait notre colonie si elle se couvrait rapidement d’un réseau complet de voies de communication.
Depuis 10 ans, on fait, à Madagascar, études, contre-études, projets et contre-projets… Qu’en sort-il ? du vent !
À l’heure actuelle, le Nord, le Sud et l’Ouest notamment ont perdu l’espoir de voir établir avant de longues années les routes dont l’absence rend impossibles les transports par terre, car à mesure que l’outillage économique de la colonie prend plus d’extension, les dépenses d’entretien vont croissant et absorbent une partie de plus en plus grande des crédits.
Certes la situation de Madagascar est excellente. En 1905, le mouvement du commerce de la Colonie était de 72 091 tonnes.
Il a été en 1917 de 210 771 tonnes.
(À suivre.)
Le Tamatave



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2 mars 2019

Il y a 100 ans : Les doléances des pêcheurs


Les pêcheurs de la Pointe-Hastie ont adressé dernièrement une pétition à M. le Gouverneur Général pour lui demander à ce que le poisson subisse une augmentation de 50 % sur le tarif actuel qui est de 1 franc le kilo ; car à ce prix, disent-ils, par ces temps de vie chère, ils ne gagnent pas assez pour vivre, eux et leurs familles.
M. le Gouverneur Général a renvoyé la pétition à M. l’Administrateur-Maire afin de s’entendre avec les pêcheurs sur le prix de vente du poisson suivant la qualité.
Il a été fixé un prix pour chaque qualité de poisson. Les plus fins se vendront à 1,50 franc le kilo, les autres avec un rabais proportionné à leur finesse.
La vente devra toujours s’effectuer au poids.

Légion d’honneur

Le capitaine Sisteron, si sympathiquement connu à Madagascar, vient de recevoir la rosette d’Officier de la Légion d’honneur.
Nous lui adressons nos sincères félicitations.

Fête

La Colonie chinoise a fêté hier la victoire des alliés.
Toutes leurs maisons de commerce étaient fermées et pavoisées. La pagode où se sont réunis tous les Chinois de notre ville était le soir illuminée a giorno.

Nécrologie

À la date du 12 décembre, un câble apprenait à son frère la mort de M. Eugène Dupuy, avocat défenseur à Tamatave, survenue à la Réunion pendant un voyage qu’il était en train d’effectuer.
M. Eugène Dupuy était une physionomie tamatavienne originale et sympathique. Toujours gai, toujours le mot affable sur les lèvres, il avait avec tous la poignée de main cordiale et affectueuse.
Doué d’une facilité d’élocution remarquable, ses plaidoiries, souvent spirituelles, étaient toujours originales. Ses clients étaient ses amis, et ses confrères l’estimaient à cause de la loyauté de son caractère. Il disparaît jeune encore, en tout cas en pleine possession de sa force physique et intellectuelle.
C’est une physionomie originale de Tamatave qui disparaît.
Nous exprimons nos compliments de condoléance à sa famille, et en particulier à son frère M. Georges Dupuy.
Le Tamatave


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27 février 2019

Il y a 100 ans : Commission Municipale de Tamatave (2)


(Suite et fin.)
Question des clôtures. – La Commission des logements insalubres demandait à ce que tous les terrains vague fussent clôturés par des murettes surmontées de grilles en fer ou en bois travaillé conformément à l’arrêté municipal. Un membre fait observer que les matériaux étant hors de prix, on pourrait permettre, provisoirement, de clôturer les terrains en palissades comme anciennement. Plusieurs membres disent que ces clôtures durant pour le moins 10 ou 12 ans, il faudrait attendre ce délai pour les remplacer par les clôtures en maçonnerie. Il fut alors décidé qu’on donnerait un délai d’un an aux propriétaires des terrains pour les clôturer ; passé ce délai on les obligerait à entourer leurs terrains de murettes surmontées de grilles en fer ou en bois travaillé.
Locations des terrains. – Cette question fut également discutée ainsi que la révision du cahier des charges pour la vente des terrains communaux.
Changement des noms de certaines rues. – Il a été décidé à l’unanimité que certaines rues porteraient le nom de généraux ou d’aviateurs qui se sont illustrés dans la guerre actuelle tels que : Foch, Pétain, Castelnau, Garros, etc., ou de villes telles que : Verdun, Calais, etc.
Les squares s’appelleront respectivement Clémenceau, Georges V, Albert I, Wilson.
Demande de crédits. – la Commission Municipale trouve que les crédits accordés à la ville de Tamatave ne sont plus suffisants, le prix des matières premières ayant augmenté d’une façon considérable. À l’unanimité, la Commission demande à M. le Gouverneur Général de bien vouloir augmenter ces crédits.

Remerciements

Le Gouverneur des Colonies, le Secrétaire Général du Gouvernement Général et Madame Joseph Guyon, très touchés des nombreux témoignages de sympathie qui leur sont parvenus de Tananarive et d’autres points de la Colonie, à l’occasion du deuil cruel qui les a frappés dans le torpillage du Djemnah, se trouvant dans l’impossibilité de répondre à tous, prient les personnes qui se sont associées à leur douleur de trouver ici l’expression de leurs remerciements émus.
Le Tamatave


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24 février 2019

Il y a 100 ans : Commission Municipale de Tamatave (1)


Lundi dernier, la Commission Municipale de la ville de Tamatave a tenu sa première séance sous la présidence de M. Rambaud, Administrateur-Maire, pour discuter diverses questions concernant la ville et la région.
Le programme des questions à traiter était : Révision des prix des zones de la valeur foncière de la ville de Tamatave. Logements en ville des indigènes. Eclairage électrique. Question des clôtures. Location de terrains. Changement des noms de certaines rues. Demande de crédits.
Nous ne donnerons pour le moment qu’un succinct résumé.
Révision des prix des zones. – Dans certaines zones de la ville les terrains ont pris depuis peu une grande valeur ; il a paru bon à la Commission Municipale de réviser les prix des terrains communaux dans ces diverses zones et d’en déterminer le prix d’après la valeur actuelle. Un tableau a été dressé à cet effet.
Logements des indigènes en ville. – Il est défendu à tous les indigènes de loger en ville, même à ceux qui sont employés chez des industriels ou des particuliers, Un membre fait observer que cette prohibition présente un grand inconvénient, car l’indigène qui sort de chez son patron après 9 heures du soir se voit arrêté par la police, et s’il arrive le matin avant le jour chez son employeur, la police lui met également la main dessus. M. l’Administrateur-Maire dit alors, que c’est par mesure d’hygiène qu’on a défendu aux Malgaches de loger en ville, mais que si l’industriel ou les particuliers s’engageait à donner à ses ouvriers ou botos des habitations salubres on pourrait permettre à ces derniers de loger chez leurs patrons.
Après discussion, il fut décidé qu’on nommerait une commission chargée d’inspecter en ville les habitations occupées par les botos chez leurs employeurs.
Éclairage électrique. – La Municipalité estime qu’il y a lieu d’éclairer le plus tôt possible Tamatave à l’électricité. On sait que la Municipalité a été saisie de propositions à ce sujet.
La Commission décide d’étudier ces diverses propositions, et si l’on n’arrivait pas à s’étendre avec les auteurs de ces projets, d’exécuter les travaux en régie.
(À suivre.)
Le Tamatave



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22 février 2019

Il y a 100 ans : Voyage de M. le Gouverneur Général au lac Alaotra (2)


(Suite et fin.)
D’Anosiroa, dernière station du tramway, au lac Alaotra il reste une trentaine de kilomètres de voie ferrée à construire. Mais cette partie possède déjà une route empierrée qui permet l’exportation des produits de cette région.
Celle-ci mesure une égale étendue d’une centaine de kilomètres.
Tout le monde sait que cette région est une des plus fertiles de la colonie.
On conçoit dès lors le trafic intense qui se fait sur la nouvelle voie et le degré de prospérité qu’elle provoque dans les pays qu’elle dessert. Cette prospérité sera complète le jour où le railway aura atteint son point terminus au bord du lac Alaotra.

La houille blanche à Madagascar

On sait tout le parti qu’ont tiré les entreprises métropolitaines de la houille blanche, autrement dit de la force motrice fournie par les chutes d’eau.
Il serait facile d’obtenir le même résultat aux colonies, à Madagascar notamment, où les chutes d’eau sont nombreuses.
Rien qu’en considérant la région comprise dans un rayon de 100 kilomètres de Tananarive, et sans faire état, dans ce périmètre, des petites chutes inférieures à 200 chevaux, on peut obtenir les rendements suivants :
Sur l’Ikopa : 7 000 chevaux ; à Anlelomita, 1 200 chevaux ; à la Mandraka : 1 800 chevaux ; à Ramainandro : 1 500 chevaux ; à Andromba : 500 chevaux ; sur le Sisaony : 400 chevaux : soit un chiffre total de 12 800 chevaux, représentant en une année près de 100 millions de chevaux heure, soit l’équivalence de 100 000 tonnes de charbon. C’est donc une richesse inutilisée de 10 millions de francs que l’on pourrait facilement mettre en œuvre à peu de frais.
Dans ces chiffres, encore une fois, n’est pas comprise la force motrice qui pourrait être obtenue dans les autres provinces. Il ne faut pas oublier que presque toutes les rivières prennent leur source dans l’intérieur de l’île, à une hauteur moyenne de 1 000 mètres, surtout sur la Côte-Est ; de là, par un court trajet elles se précipitent jusqu’à la mer en cascade qui atteignent souvent cent mètres de hauteur. Cela représente une richesse incalculable. Mais cette richesse est méconnue et inutilisée.
Le Tamatave


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19 février 2019

Il y a 100 ans : Voyage de M. le Gouverneur Général au lac Alaotra (1)


En quittant Tamatave, et poursuivant son voyage d’inspection, M. Schrameck s’est rendu à Moramanga, et de là au lac Alaotra.
Le pays traversé sera certainement pour lui une révélation.
Après avoir traversé avec le T. C. E. la zone absolument chaotique qui précède Moramanga, on se trouve pour ainsi dire, sans transition, dans une plaine immense mesurant une trentaine de kilomètres de largeur, sur une centaine de longueur dans le sens où se dirige le tramway, exactement du Sud au Nord, vers la région du lac Alaotra. Cette plaine légèrement ondulée est traversée de l’est à l’ouest par une infinité de petits cours d’eau formés par des sources qui sourdent des collines la limitant à l’Est.
On devine quels avantages cette disposition des lieux présente pour de riches installations agricoles. Chaque petit cours d’eau capté et canalisé, après avoir par ce fait assaini la plaine, peut servir à l’irrigation des terres qui l’avoisinent. Ces terres sont principalement alluvionnaires et recouvertes d’humus dont la couche sur certains points atteint jusqu’à un mètre de profondeur, sur les talus de la voie.
De plus, cette plaine à ondulations à peine sensibles peut être labourée directement, sans nécessiter d’autres travaux, même par des charrues à vapeur.
Cela est si vrai, que, le tramway à peine en construction, des colons on ne peut plus sérieux se sont empressés de s’installer dans cette plaine
C’est ainsi qu’à Marovoay, première station où le train porte le voyageur en 40 minutes, on trouve une usine à transformer le manioc en fécule, et une grande étendue de terrain planté de ce tubercule.
D’autres colons se sont installés le long de la voie. Car, si les terres qu’on traverse sont bonnes pour l’agriculture, elles sont également bonnes pour l’élevage.
On parcourt ainsi 80 kilomètres de voie ferrée jusqu’au village d’Andaingo. Grâce à la configuration du sol, cette voie, qui ne présente que des déclivités très peu sensibles, va en ligne droite, au point de présenter des alignements de 17 kilomètres.
(À suivre.)
Le Tamatave



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18 février 2019

Il y a 100 ans : Riz et réquisition


Le riz de réquisition est livré, en gros, par l’Administration à Tamatave, au prix inouï de 475 francs la tonne, alors qu’à Tananarive le prix par tonne est de 335 francs !
On se demande le motif de cette différence de traitement. Il ne peut même pas s’expliquer par une différence dans le prix de revient. Il est impossible de supposer, en effet, que l’Administration ait réquisitionné du riz à Majunga à un prix supérieur à 300 francs la tonne.
Ce prix est déjà beaucoup trop élevé car il est avéré que, même à 250 francs, les usiniers auraient déjà un bénéfice fort honnête !
Mais, en supposant que l’on ait payé le prix fort, soit 300 francs la tonne, le riz ne peut, en tout cas, revenir à Tamatave à plus de 350 francs.
Pourquoi alors ce prix fantastique de 475 francs ?
Devant de pareilles inconséquences, nous ne pouvons que souhaiter que le Gouverneur Général mette fin une bonne fois à la réquisition et laisse le commerce libre tout en sévissant, s’il y a lieu, contre les spéculateurs et les accapareurs.

Monsieur le Gouverneur Général à Tamatave

M. le Gouverneur Général est arrivé à Tamatave dimanche matin. À la gare, de nombreux colons, des fonctionnaires des indigènes sont allés le saluer.
Le lundi, il a installé la nouvelle Commission Municipale et prononcé à cette occasion une allocution dans laquelle il a montré à la nouvelle commission ses devoirs et ses attributions.
De ce premier contact avec M. le G. G., les membres de la nouvelle commission se sont montrés très satisfaits. Après cela, M. Schrameck s’est retiré et a laissé la Commission Municipale à ses travaux.
L’après-midi, il a visité les écoles, la poste, la prison, les dépôts de riz et il est reparti de Tamatave le soir à 9 heures.
Arrêté
Art. 1er. – MM. Chatillon, Directeur de la Société des Messageries françaises, Dechamp, négociant, Grenard, banquier, Isambert, imprimeur, Luzet, agent de la Compagnie Lyonnaise et le docteur Vié sont nommés, pour une période de deux ans, membres de la Commission Municipale de Tamatave en remplacement de MM. Caucé, Baron, Baillet, Bouvier, Clarke et Dupré.
Art. 2 – MM. Nativel et Vié sont nommés respectivement premier et deuxième Adjoints à l’Administrateur-Maire.
Art. 3. – l’Administrateur Maire de Tamatave est chargé de l’exécution du présent arrêté.
Signé : A. Schrameck.
Le Tamatave


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16 février 2019

Il y a 100 ans : Notre ville, Tamatave (2)


(Suite et fin.)
Il n’est pas jusqu’aux indigènes à qui il serait possible de créer des quartiers confortables convenablement disposés, dont ils n’éprouveraient plus le besoin de s’enfuir, de déborder comme ils le font de leur pacage actuel de Tanambao.
Tout cela est faisable. Le fera-t-on ? Oui, si les services compétents y mettent de la bonne volonté, et si nos dirigeants accordent les crédits nécessaires.
Le Tamatave

Nouvelles maritimes et courriers

La Crimée, qui doit emporter le prochain courrier pour France, est en réparation à Maurice. Elle ne sera pas à Tamatave avant le 25 courant.
Le Louqsor, prochain courrier de France, sera à Tamatave du 15 au 20.
La Cordillère, venant de France, a passé à Port-Saïd le 29 novembre.

La V. V. S.

De L’Action :
À l’occasion de la Victoire, M. le Gouverneur Général a décidé de gracier tous les Membres de la V. V. S. qui avaient été condamnés à trois années de détention administrative. Ces indigènes ont montré un réel repentir de s’être laissé entrainer dans la célèbre aventure.
M. Schrameck va étudier les dossiers des autres condamnées afin de prendre à leur égard telles mesures qui conviendront.

Riz

On nous signale qu’une forte quantité du riz chargé à Majunga sur Sidon est composée de brisures et de déchets d’usines.
Il est bon de rappeler que la commission « ad hoc » avait condamné du riz semblable, arrivé pour le Commerce, au temps où la réquisition ne sévissait pas.
Nous espérons que l’Administration saura s’appliquer les règlements qu’elle applique aux autres et que les fonctionnaires chargés de vérifier les achats n’éviteront pas la sanction qu’ils méritent.
Le Tamatave

Mort au champ d’honneur

Dousse, sous-lieutenant au 8e tirailleurs algériens. Chevalier de la Légion d’honneur avec quatre citations antérieures. Mort des suites de ses blessures. Cité dans les termes suivants :
« Officier de grand courage et animé du plus haut sentiment du devoir. Véritable entraîneur d’hommes. Mortellement atteint à la tête de sa section en se portant à l’attaque d’un village opiniâtrement défendu par l’ennemi. »
M. Dousse était garde principal de 1re classe de la garde indigène de Madagascar.
Journal officiel de Madagascar et dépendances


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 78 titres parus à ce jour.

13 février 2019

Il y a 100 ans : Notre ville, Tamatave (1)


À l’heure actuelle, on signale dans notre ville comme une recrudescence de fièvre paludéenne, qu’il est convenu d’attribuer au changement de saison, qui peut bien ne pas y être indifférent, mais il faut l’attribuer surtout à la façon défectueuse dont est construite la ville de Tamatave, sans plan général, au jour le jour, dans la hâte fiévreuse de l’improvisation
Nous sommes la principale ville maritime de l’Est – et pour le moment l’on peut dire de tout Madagascar – et nous sommes campés sur notre langue de sable comme des gens qui n’auraient pas l’intervention d’y rester.
Nous avons une seule rue et des ruelles vites passées à l’état de simples venelles. La municipalité épuise chaque année ses ressources à relever les caillasses mal accrochées à ce sable mouvant ; il serait une meilleure affaire d’employer une fois pour toute des crédits suffisants à la constitution de solides chaussées profondément empierrées donnant ainsi un fond inébranlable, retenant mieux la macadamisation de surface.
On ne pourra tout faire en une fois : mais l’essentiel est de commencer à le faire.
Il en est de même des bâtisses.
En dehors des dangers si souvent renouvelés des cyclones, nos maisons, à quelques exceptions près, sont construites avec des bois trop minces qui n’abritent qu’approximativement contre les intempéries et nullement contre l’humidité et la chaleur du dehors. Ajoutez à cela des toitures en tôles de fer plus ou moins galvanisées que vous pouvez toucher presque de la main tant elles sont basses en général, concentrant dans l’habitation la chaleur solaire, au point d’en faire de véritables étuves, foyer d’infection où la fièvre trouve à se développer tout à son aise.
Or, la terre ferme n’est pas loin ; un service public de decauvilles nous apporterait à bon compte de bonnes pierres de fondations ; le gouvernement général, par une réduction spéciale des tarifs de transports, devrait faire arriver en abondance à la côte briques et tuiles de l’Émyrne ; nos forêts de l’Est sont remplies d’excellents bois pour des pièces de charpente de tout repos et même des bardeaux qui sont tout indiqués pour les toitures dans cette région très pluvieuse.
(À suivre.)
Le Tamatave



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10 février 2019

Il y a 100 ans : Une lettre du Général Galliéni (2)


(Suite et fin.)
Sous peu un bureau semblable sera constitué à Tamatave, et des instructions rédigées d’après les mêmes principes seront envoyés à tous les Résidents, Commandants de Cercles, autorités civiles et militaires de l’intérieur et de la côte. D’autre part des recommandations sont faites à tous les services intéressés pour que les nombreuses affaires en suspens, telles que concessions de terrain, de mines, exécutions de travaux, etc. soient étudiées et résolues le plus rapidement possible. Bref, l’appui qui sera donné à tous les colons français à Madagascar n’aura pour limites que les règles posées par le Département des Colonies auxquelles j’ai pour devoir de me conformer strictement, et l’observation de la plus rigoureuse impartialité dans l’examen des demandes de chacun.
Dès maintenant, je vous prie de vouloir bien me transmettre les vœux que vous avez à exprimer dans l’intérêt du commerce et de la Colonisation.
J’y donnerai la satisfaction la plus large possible ; mais vous voudrez bien, en me les adressant, tenir compte des difficultés de toutes sortes que j’ai trouvées à mon arrivée à Madagascar.
J’espère, avec l’appui de tous, arriver à les surmonter peu à peu ; mais, en attendant, et pour quelque temps encore, elles m’obligent à borner mes efforts, et devront souvent paralyser ma bonne volonté quand il s’agira de vous fournir le concours que vous me demanderez et auquel, je vous le répète, vous avez droit de la façon la plus complète.
Le Général Commandant Supérieur des Troupes et des Territoires Militaires, faisant fonctions de Résident Général.
Signé : Galliéni.
Il est certes regrettable que cette ligne de conduite n’ait pas été suivie par de nombreux Administrateurs pour lesquels hélas le colon est l’ennemi !
Nous avons de bonnes raisons de croire que M. Schrameck partage les idées de notre premier Gouverneur en ce qui concerne la colonisation.
Il aura un fort courant à remonter, mais grâce à son énergie, il arrivera certainement à vaincre toutes les difficultés de la force d’inertie que l’on ne manquera pas de lui opposer – qu’il ait au moins dans cette tâche l’appui de tous les colons.
Le Tamatave



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7 février 2019

Il y a 100 ans : Une lettre du Général Galliéni (1)


Nous croyons intéressant de mettre sous les yeux de nos lecteurs la lettre adressée par le Général Gallieni aux membres de la Colonie française dès son arrivée à Madagascar en octobre 1896.
Messieurs,
Mon premier soin, en prenant provisoirement les fonctions de Résident Général à Madagascar, conformément aux ordres de M. le Ministère des Colonies, est de me mettre en relations avec vous.
Je n’ai pas besoin de vous indiquer les sentiments qui m’animent vis-à-vis de nos commerçants et colons.
Dans tous les commandements coloniaux que j’ai eu l’honneur d’exercer, j’ai toujours considéré comme le premier de mes devoirs de fournir mon concours la plus complet à mes compatriotes, estimant que les colonies sont faites pour les colons français, n’ignorant pas les risques auxquels ils s’exposent en s’expatriant et en aventurant au loin leurs personnes et leurs fortunes, et applaudissant de grand cœur à tous les succès qu’ils peuvent obtenir.
J’ai toujours posé en principe cette vérité et je me suis efforcé de la faire admettre par mes subordonnés, à savoir que la réussite d’un colon français exerçait la plus heureuse des influences, la plus essentielle de toutes au point de vue de la colonisation française, car la nouvelle, avec les multiples moyens que nous possédons aujourd’hui, s’en répandait en France et déterminait aussitôt plusieurs de nos compatriotes à venir tenter à leur tour la fortune au loin, en apportant dans ces nouvelles terres françaises le concours de leurs intelligences et de leurs capitaux.
Je compte ici rester fidèle à ce principe qui est d’ailleurs conforme aux instructions que j’ai reçues de M. le Ministre des Colonies et je m’efforcerai par tous les moyens à ma disposition de vous faciliter votre tâche. Déjà, à Tananarive, j’ai créé auprès de moi un bureau commercial, qui sera chargé de centraliser tous les renseignements intéressant les colons à un titre quelconque, de les leur communiquer, de faire faire dans les points encore inexplorés de l’île les études nécessaires à l’extension de la colonisation, d’indiquer aux colons les endroits où ils doivent se rendre, en un mot de les aider partout et toujours dans leurs entreprises de nature diverse auxquelles ils comptent se livrer.
(À suivre.)
Le Tamatave



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