February 28, 2014

Il y a 100 ans : Conspiration à Madagascar!

En France, la masse ignore les choses coloniales, c’est entendu, mais encore faudrait-il que les « spécialistes », ou soi-disant tels, évitent, en pareille matière, de donner le spectacle d’une ignorance qui, parfois, dépasse vraiment la mesure.
L’un d’eux vient de s’attirer les moqueries d’un de nos confrères de la Grande Île pour avoir inconsidérément confondu « autour » avec « alentour ». Quelques personnalités malgaches s’étant réunies au temple protestant de Tananarive, dans le but de faire réparer le tombeau d’un de leurs ancêtres, le colonial en question a voulu voir là une conspiration.
Il se serait agi, en l’espèce, de rétablir l’ancienne dynastie hova sur le trône de Madagascar avec la complicité du gouverneur général actuel.
Voilà une idée qui a, au moins, le mérite d’être originale et même drôle !
Quoi qu’il en soit, pour donner à ses sensationnelles révélations quelque vraisemblance, notre spécialiste a essayé d’étourdir ses lecteurs sous un luxe d’érudition, hélas ! mal digérée !
Les « conspirateurs » en question appartenant à la caste des « Andrianamboninolona », il affirme que de cette caste seraient sortis les souverains hova (il écrit même « howa » par souci excessif de la couleur locale, sans doute).
Par malheur pour lui, il n’y a rien d’exact dans cette assertion. La dynastie qui régnait à Tananarive au moment de l’annexion descendait de Rasoherina, grand’mère de Radama I, qui n’appartenait à aucun degré à la caste des Andrianamboninolona, laquelle était simplement une branche collatérale de la famille et occupait le quatrième rang dans la hiérarchie des castes « merina ».
D’ailleurs, parler, à l’heure actuelle, de castes à Madagascar paraît aux colons de la Grande Île une distraction un peu… archaïque ; l’esprit de caste a presque entièrement disparu là-bas et les mariages entre membres de grandes familles et « roturiers » sont fréquents.
Ceux qui s’échauffent ainsi ont peut-être raison de penser qu’un nouveau séjour à Madagascar leur serait salutaire. Rien ne les empêche de s’y rendre… mais en qualité de touristes et à leurs frais et non à ceux de la… bonne princesse.
Jean Peyraud.
Le Courrier colonial


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February 27, 2014

Il y a 100 ans : L’instabilité du personnel colonial

La nouvelle, absolument fausse d’ailleurs, du retour de M. Picquié pour raisons de santé, a produit une assez vive émotion à Madagascar.
Dans les Petites Affiches de Majunga, arrivées par le dernier courrier, nous lisons précisément un article dont l’auteur démontre les dangers de l’instabilité du personnel administratif pour nos colonies, surtout des hauts fonctionnaires, placés à leur tête. Dans nos possessions, les si fréquents changements de gouverneurs ont des conséquences plus fâcheuses que les crises ministérielles en France.
Notre confrère rappelle, à ce sujet, ce qui s’est produit à l’arrivée de M. Augagneur dans la Grande Île. La plupart des fonctionnaires, dressés à l’excellente école du général Galliéni, furent renvoyés en France au moment même où ils pouvaient être le plus utiles et on les remplaça, par des nouveaux venus n’ayant aucune expérience du pays.
Ce fut, pour eux, toute une école à faire au grand détriment de la colonie.
Autre danger : chaque nouveau gouverneur arrive avec des idées personnelles, ou qu’il croit telles, et prétend les appliquer alors même qu’elles sont diamétralement opposées à celles qui inspiraient l’administration de son prédécesseur.
Il fait comme un nouveau ministre qui prétend réformer tout ce qu’a fait son prédécesseur.
Le développement de la colonie se trouve ainsi ralenti pendant plusieurs années et, lorsque le gouverneur peut enfin rendre des services, on l’envoie dans une autre de nos possessions faire de nouvelles et inévitables écoles.
À ce point de vue, les Anglais nous donnent un grand exemple. Jamais les fluctuations de la politique métropolitaine n’ont leur contrecoup sur l’administration des colonies, et l’on voit constamment, tels gouverneurs, nommés par un ministère conservateur, conserver leurs fonctions dans le même pays, sous un ministère libéral.
La comparaison, facile à faire, entre la durée du séjour d’un gouverneur britannique et celle d’un gouverneur français est singulièrement édifiante.
Nous déciderons-nous un jour à suivre cet exemple ? La prospérité de nos possessions d’outre-mer s’en ressentirait singulièrement.

Le Courrier colonial


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February 26, 2014

Il y a 100 ans : Mise en adjudication de travaux importants à Diégo-Suarez

Les colons de Diégo-Suarez se plaignaient de l’abandon où était laissée leur région : leurs routes, disaient-ils, étaient mal entretenues et leurs ponts menaçaient ruine.
Leur légitime impatience va obtenir satisfaction, le 19 février prochain : on mettra en adjudication des travaux de maçonnerie pour ponts métalliques sur huit points de la route des placers, ainsi que d’autres travaux sur dix autres points. L’évaluation pour le premier lot est de 71 100 fr. et pour le second de 75 300 francs environ.
Il va de soi que la construction de ces dix-huit ponts entraînera nécessairement la réfection des routes qu’ils desserviront. Nos amis de Diégo-Suarez vont enfin être contents.

Une circulaire inhumaine

Une récente circulaire de l’administration supérieure de Madagascar a interdit aux fonctionnaires en tournée de se faire accompagner par leurs femmes. Aucune exception ne sera faite désormais, même pour les nouveaux mariés.
Mais cette mesure ne s’applique pas aux indigènes qui accompagnent les fonctionnaires, si bien que ces derniers peuvent emmener leurs ramatoas avec eux !
Et nos charmantes compatriotes sont inquiètes ; elles protestent et prétendent exiger que lesdites ramatoas soient logées à la même enseigne qu’elles-mêmes. Il serait difficile de ne pas reconnaître qu’elles ont raison.

Retraits de concessions

Trois arrêtés du gouverneur général de Madagascar annulaient récemment : 1° la concession du monopole de la pêche des éponges sur les côtes de Madagascar comprises entre l’embouchure sud du Mangoky, exclusivement, et le Cap Sainte-Marie ; 2° le monopole de la pêche des huîtres perlières sur la même étendue de côtes ; 3° le droit d’occuper une partie de la zone des pas géométriques de l’île de Nossi-Ve, près Tuléar, en vue de la création d’établissements de pêcheries.
Ces concessions ont été retirées parce que ladite société n’a fait aucune tentative d’exploitation dans le délai de dix-huit mois imposé par les arrêtés de concession.

Le Courrier colonial


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February 25, 2014

Il y a 100 ans : Le buste de Ranavalo

Tel Héségippe Simon, la petite reine de Madagascar, Ranavalo, a son buste. Il est même l’œuvre du sculpteur Dubois, et chacun a pu l’admirer au Salon.
On avait cru faire plaisir à l’ex-souveraine en lui proposant de couler son image en bronze pour le musée qui va prochainement être inauguré dans le palais royal de Tananarive.
Mais Ranavalo s’y est obstinément refusée.
Pensez donc ! Son buste dans son ancienne capitale ! Si la République française allait croire qu’elle complote de remonter sur son trône !
C’est que la timide ci-devant Majesté hova qui, durant tout son règne, a été tenue en étroite tutelle par un tyrannique premier ministre, a une sainte terreur de l’autorité.
Quand elle régnait à Tananarive avant l’arrivée du méchant vazaha Duchesne, le terrible Rainilaiarivony, son maître, la gardait enfermée, ne laissant pénétrer personne auprès d’elle. La reine de Madagascar avait pour seule occupation de jouer à la poupée !
Aussi, aujourd’hui, considère-t-elle sa chute comme une délivrance : pour rien au monde, elle ne voudrait mécontenter la République qui l’a débarrassée de sa couronne et du manteau royal dont le poids était trop lourd pour ses frêles épaules.
Mais la petite reine malgache retournera, malgré elle, dans son palais, au moins en effigie. Ainsi en a décidé le gouvernement français.

Réception au Gouvernement Général de Madagascar

Nous avons annoncé, dans notre numéro du 20 janvier, qu’une réception avait été offerte, le 1er janvier, par M. le gouverneur général et Mme Picquié au Palais de la Résidence.
Les journaux de Madagascar nous apportent quelques détails sur cette réunion qui fut très animée.
Toute la colonie française, les officiers et les fonctionnaires avaient tenu à apporter à M. et Mme Picquié le chaleureux témoignage de leur respectueuse sympathie.
Dans les salons, brillamment illuminés et ornés de fleurs et de verdure, les toilettes charmantes rivalisaient d’élégance.
Les danses se sont succédé très animées jusqu’au jour.

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February 24, 2014

Il y a 100 ans : On s’amuse à Tananarive

Le 25 décembre, à l’occasion des fêtes de Noël, la Société philarmonique de Tananarive a offert une soirée artistique et musicale à ses membres honoraires.
Le programme comprenait une partie de concert et une pièce en trois actes, le Bonheur sous la main, de Paul Gavault.
Des artistes amateurs ont brillamment enlevé leur rôle aux applaudissements mérités de l’assistance.
C’est un succès de plus à ajouter à ceux qu’a déjà recueillis si souvent la Société philarmonique de Tananarive.

Contre les vols de bœufs à Madagascar

Au moment du départ du courrier, les administrateurs chefs des provinces de Morondava, Maevatanana et Majunga, ainsi que les commandants des secteurs de ces provinces, étaient réunis à Besalampy, sous la présidence de M. Demortières, administrateur maire de Majunga.
Ces fonctionnaires étudiaient les moyens propres à purger leurs régions respectives des bandes organisées de voleurs de bœufs.

La première mesure à prendre consiste, sans contredit, à poursuivre impitoyablement les receleurs. Du jour où les fauteurs de vols ne trouveront plus à écouler le produit de leurs larcins, on constatera immédiatement une notable diminution dans le nombre des délits.

La part de l’Allemagne dans le commerce malgache

Il n’est pas exact de dire, comme l’ont fait certains amateurs de paradoxes, que l’Allemagne occupe une place prépondérante sur le marché de Madagascar. Il suffit de jeter un coup d’œil sur le mouvement des ports malgaches pour s’assurer qu’en 1912, par exemple, la part de l’Allemagne dans les échanges extérieurs de la Grande Île a été de 10 590 000 francs, et celle de la France et des colonies françaises de 89 millions.
Encore sur les 10 590 000 francs en question, les importations ne comptent-elles que pour 1 million seulement.
Il n’en est pas moins vrai que les compagnies de navigation allemandes déploient une grande activité et accordent des facilités réelles pour le transport des produits de la Grande Île. Il y a là un danger qu’il faut prévoir : il serait désirable que les compagnies françaises, s’inspirant de cet exemple, étudient de plus près leurs tarifs et adaptent leurs installations aux réalités du commerce local.
Quand sera enfin construit le port de Tamatave projeté, il faudra veiller à ce que les frets ne soient pas accaparés par nos concurrents.
Le Courrier colonial


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February 21, 2014

Il y a 100 ans : « Gratteurs » et « Grattés »

Nous avons résumé, dans un précédent numéro, la pittoresque interview de ce chef de canton indigène de Madagascar qui allait, disait-il, se trouver obligé de voler si on ne lui donnait pas de l’avancement.
Ces doléances ouvrent de curieux horizons sur les procédés de certains fonctionnaires indigènes de la Grande Île.
On sait ce qu’était le régime administratif sous la domination hova ; il ressemblait beaucoup au régime turc où le fonctionnaire, non payé, s’enrichissait aux dépens du « contribuable ».
Beaucoup d’indigènes ont conservé cette tradition et s’imaginent que rien n’est changé depuis l’occupation française. Le chef de canton continue à donner des permis de complaisance, à laisser abattre des bœufs malades pourvu qu’il soit rémunéré en conséquence.
Le chef de canton s’assure des services d’un secrétaire de son choix, et l’on cite le cas de ce fonctionnaire indigène qui avait pris comme secrétaire un forçat, arrivant tout droit du bagne où il venait de « tirer » cinq années de travaux forcés ! On conçoit sans peine à quelles « combinaisons », à quelles exactions pouvait se livrer un pareil personnage !
Nos confrères locaux de la Grande Île s’élèvent avec raison contre cette mentalité.
Les indigènes, dit l’un d’eux, qui acceptent les fonctions de l’État, savent à quoi ils s’engagent : ils sont fixés d’avance sur le montant de leur salaire et sur les charges qui leur incombent. Certes, il en est parmi eux, Dieu merci, qui sont honnêtes et intègres. Mais d’autres le sont moins, voire même pas du tout.
Quelques sanctions sévères serviraient d’exemple à ceux qui seraient tentés d’exploiter leurs administrés.

Épilogue de l’affaire du Cercle de Diégo-Suarez

Nous avions relaté, sans commentaires, le cas de cet officier d’infanterie coloniale de Diégo-Suarez qui, étant aux arrêts, se rendit au Cercle, et refusa de rentrer chez lui.
Nos lecteurs se souviennent que l’on fut même obligé de le faire emmener par un piquet de troupes.
Notre correspondant de Diégo-Suarez nous annonce que le conseil de guerre de cette ville vient de condamner cet officier à la destitution.

Le Courrier colonial


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February 19, 2014

Il y a 100 ans : La colonie ravagée par les pluies

Par câblogramme du 28 janvier, le gouverneur général de Madagascar rend compte au ministre des colonies de la situation créée dans l’ensemble de la grande île par les pluies abondantes et persistantes survenues depuis le 15 du mois courant.
Des inondations sont signalées en de nombreuses régions centrales ou côtières.
Les long de la voie ferrée de Tananarive à la côte est, des éboulements se sont produits notamment dans la région de la Mandraka et de la forêt de Beforona. Mais la situation reste néanmoins assurée par transbordement pendant que les travaux de déblaiement se poursuivent avec activité.
Le fleuve Ikopa a débordé aux environs de Tananarive et les digues de la rivière Sisaony, affluent de l’Ikopa, viennent de se rompre causant l’inondation de la région traversée par la route du Sud, aux environs de la capitale, et l’interruption momentanée de la circulation normale. Toutefois, les communications postales sont maintenues ainsi que le passage des voyageurs et des transports les plus urgents. La récolte, surtout dans les plaines avoisinantes, se trouve gravement compromise.
Sur la côte est, à Tamatave, le jardin d’essais d’Ivoline est endommagé par les eaux. La rivière Ivohitra qui passe à Brickaville présente de fortes crues.
Dans la région sud-est, le bac qui est en service sur la route de Mananjary à Fianarantsoa ne peut fonctionner en raison de la crue et plusieurs éboulements ont été relevés sur cette même route sans que cependant la circulation ait été interrompue.
Il n’est fait mention d’aucun accident de personnes et toutes les dispositions sont prises pour effectuer dans un délai minimum la réparation de tous les dégâts.
L’Aurore

Les Comores deviennent province malgache

Le projet de budget de Madagascar pour 1914, prévoyant le rattachement des Comores à Madagascar et la suppression du trésorier de Mayotte, est actuellement au ministère des Finances.
Le léger retard dans la promulgation du budget de cette colonie provient des suppressions de crédit nécessitées par ce rattachement.
Le Courrier colonial


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February 17, 2014

Il y a 100 ans : On se plaint à Tananarive

De notre correspondant particulier :
La circulation dans la capitale de la colonie devient de plus en plus difficile, pour ne pas dire impossible. On se croirait à Paris !
Sur tous les points de la ville, on a commencé des travaux de réfection des rues, rendant impossible l’accès de certains quartiers.
L’utilité de ces travaux n’est pas contestable, mais un peu plus de méthode eût été nécessaire.
Au lieu de faire comme en France, où on empierre les routes par moitié, de façon à ne pas entraver la circulation, ici on travaille sur la largeur totale de la chaussée.
C’est ainsi que la voie contournant le lac d’Anosy se trouve défoncée sur deux côtés à la fois et que les quartiers d’Isotry, Isoraka, Soanierana sont isolés de celui de Mahamasina ; de plus, par suite du manque d’indication au sujet des travaux, il se produit un véritable encombrement : piétons, véhicules et cyclistes qui s’engagent sur cette vois, ne peuvent passer et sont obligés de revenir sur leurs pas !

Colons contre colons

Il vient de se produire, à Madagascar, un de ces fâcheux conflits entre colons qui deviennent heureusement de plus en plus rares. Ces incidents entravent le développement de la colonisation et portent atteinte au prestige du vazaha au regard de l’indigène. Voici les faits :
Un colon, établi comme commerçant à Madagascar depuis plus de trente ans, voulut acquérir des terres pour se livrer à la culture. Il avisa un territoire sur lequel des indigènes avaient un droit d’occupation. Il s’entendit avec eux et leur avança les fonds nécessaires pour faire immatriculer les terres à leur profit, avec promesse qu’ils les lui vendraient ensuite, en se réservant pour eux certains terrains.
Là-dessus interviennent des colons voisins, qui accusent leur compatriote de tentative d’accaparement, incitent les indigènes à ne pas tenir leur promesse, provoquent d’autres demandes d’occupation des terrains, etc.
Bref, ils font si bien que l’affaire est en suspens depuis deux ans.
De tels faits, répétons-le, sont déplorables et ne peuvent que porter préjudice à tous.
Malheureusement, aux colonies, l’entente ne règne pas toujours entre nos compatriotes, dont les intérêts sont souvent compromis par de telles discordes.

Le Courrier colonial


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February 16, 2014

Il y a 100 ans : Retard de livraison des colis postaux

On se plaint à Tamatave, et les commerçants en souffrent, de ce que l’insuffisance du personnel de la douane à Tamatave cause un grand retard dans la livraison des colis postaux, quelle que soit d’ailleurs la diligence des vérificateurs.
La Direction des Douanes à Tananarive ne pourrait-elle expédier à Tamatave un ou deux vérificateurs de plus, ce qui n’est que juste et nécessaire ?
De plus, les commerçants, vu l’exiguïté du local de la Douane, demandent que les colis postaux soient livrés directement par la Poste – ce qui paraît aussi assez normal !
Il a fallu le mois dernier 4 jours – exactement du 7 au 11 – pour délivrer les colis postaux arrivés par le Natal.
Puisque vous veillez à tout, M. Picquié, puisque vous êtes l’homme universel par qui tout se fait et sans qui rien ne se fait dans la Grande Île – ce qui n’est pas un mince honneur !… – voyez donc comment vous pourriez remédier à ces inconvénients.

Les événements et les hommes

– Le Journal de Madagascar du 17 décembre 1913, qui se publie à Tamatave, annonce que des fouilles actives étaient entreprises depuis quelques jours dans un terrain situé à l’angle du cimetière, dans le but de retrouver un trésor, soi-disant un demi-million, que des indigènes auraient enfoui au pied d’un arbre.
Diable ! Un trésor ? à l’angle d’un cimetière !… Va-t-on voir naître à Tamatave une histoire analogue à celle de Hué ?
Ne faisons point de pronostics, et attendons ce que l’esprit d’initiative va peut-être produire d’imprévu dans l’île de M. Picquié.
– Une assez forte secousse sismique a été ressentie le 15 décembre au soir en Émyrne.
Ce tremblement de terre a duré 5 secondes environ et n’a point causé d’accident.
– Anandry, un des chefs de bandes de voleurs de bœufs qui se tiennent aux frontières des provinces de Majunga, Maevatanana et Morondava, a été capturé par une patrouille le mois dernier. Depuis que, grâce à une administration lamentable, la surveillance exercée aux frontières de ces provinces se relâche par trop, ces bandes foisonnent et rapinent à l’aise. Il reste encore pas mal de chefs à arrêter et plus encore de leurs disciples avant que la sécurité revienne à Madagascar.

Les Annales coloniales


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February 14, 2014

Il y a 100 ans : À propos de fossiles nouvellement exposés au Muséum d’histoire naturelle (3)

(Suite et fin.)
Celui-ci raconte qu’allant aux îles de la Sonde il atterrit avec quelques autres marins à une île déserte où se trouvait un œuf de Rokh dont la coquille entr’ouverte laissait passer la tête du jeune oiseau. « Mes compagnons, ajoute-t-il, après avoir, malgré mes avertissements, brisé l’œuf à coups de hache, mangèrent le poussin. Sur ces entrefaites parurent au loin comme deux grands nuages blancs ; le capitaine reconnut de suite que c’étaient des Rokhs et, faisant embarquer précipitamment tout son monde, il mit à la voile. Les cris de ces monstres retentissaient dans les airs comme autant de coups de tonnerre.
« Dès qu’ils eurent vu l’œuf cassé et leur petit mort, ils prirent chacun dans leurs serres un rocher gros comme une montagne, et, se dirigeant en toute hâte de notre côté, ils planèrent quelques instants au-dessus de nos têtes, puis laissèrent tomber ces rochers ; l’un entr’ouvrit, tout à côté de nous, la mer dont nous aperçûmes le fond, et l’autre brisa en mille pièces notre pauvre navire dont l’équipage périt au milieu des flots. »
En réalité, le Rokh – et Ibn Batouta nous confirme dans cette opinion – cet oiseau spécial aux mers de Chine et à la partie méridionale de l’Océan Indien, qui n’apparaissait qu’à certaines saisons de l’année, qui obscurcissait le ciel et faisait sombrer les navires, est la personnification poétique des trombes, des cyclones et des typhons, en un mot de tous ces terribles météores que l’imagination féconde des marins orientaux a ainsi dénaturés.
Grâce au squelette du Muséum, il ne reste plus rien aujourd’hui de ces hypothèses ni de ces légendes, car, comme il est facile de s’en rendre compte, l’Æpyornis de Madagascar était incapable de voler et se mouvait à terre lourdement ; ses ailes étaient extrêmement, ridiculement petites et, comme le montrent ses phalanges, il n’avait pas de serres ; ses pattes étaient dépourvues de pouce et n’avaient que trois doigts comme celles des casoars et des nandous.
Pour terminer, rappelons que c’est un œuf d’Æpyornis, rapporté à la suite d’un périple par des navigateurs carthaginois, qui était suspendu à la voûte du temple de Tanit, temple dont Flaubert donne, dans Salammbô, une si belle description.
G. G.

Journal des débats politiques et littéraires


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February 13, 2014

Il y a 100 ans : À propos de fossiles nouvellement exposés au Muséum d’histoire naturelle (2)

(Suite.)
Telle est probablement la cause qui a permis à Madagascar de rester le témoin unique d’un âge géologique dont les traces ont été effacées partout ailleurs, et de posséder un nombre d’espèces animales et végétales hors de proportion avec le peu d’étendue qu’il présente aujourd’hui.
Ces quelques données un peu ardues étant admises, il n’y a plus lieu de s’étonner de découvrir encore vivants à Madagascar des animaux aujourd’hui disparus de tout le reste du globe, par exemple d’y voir vingt-trois espèces de ces jolis lémuriens (ou « faux-singes à museau de renard » comme disait Geoffroy Saint-Hilaire) gambadant dans les forêts, tandis que leurs proches parents dans la grande famille zoologique sont morts pendant l’oligocène et qu’on retrouve nombreux leurs restes dans les gisements de phosphorites du centre de la France.
Mais, contemporains de cette faune actuelle, vivaient, il y a peu d’années encore, quelques siècles à peine, d’autres grands animaux mal armés pour se défendre que leur taille mettait dans de mauvaises conditions biologiques et que l’homme a décimés ; il y avait parmi ces disparus des lémuriens géants de la dimension d’un petit poney, des oiseaux de trois mètres de hauteur, voisins des autruches, et des casoars. C’est le squelette de l’un de ces grands oiseaux, l’Æpyornis maximus, que le Muséum vient de monter et expose dans ses galeries.
Depuis le milieu du siècle dernier, époque à laquelle Geoffroy Saint-Hilaire a attiré l’attention sur cet animal gigantesque en montrant à l’Académie des sciences quelques ossements brisés et des œufs de dimensions colossales (d’une capacité de huit à dix litres, celle d’un seau d’eau) qu’il venait de recevoir de Madagascar, les hypothèses les plus variées ont été émises à son sujet. Tour à tour, faute de documents probants, les naturalistes ont voulu faire de l’Æpyornis un oiseau de proie, un pingouin, un canard ; on a cherché aussi à l’identifier avec le « griffon », que Marco Polo décrit comme un « aigle colossal dont les ailes couvrent un espace de trente pas et qui enlève dans ses serres puissantes des éléphants, les laissant ensuite tomber de haut pour se nourrir de leurs chairs écrasées », ou au Rokh dont parle Sindbad le Marin, dans les Mille et une Nuits.
(À suivre.)

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February 12, 2014

Il y a 100 ans : À propos de fossiles nouvellement exposés au Muséum d’histoire naturelle (1)

Au cours de l’année dernière, la plupart des collections du Muséum se sont enrichies de documents précieux, mais à la surface de notre vieille planète il n’est pour ainsi dire plus de découverte zoologique sensationnelle à faire ; seules la recherche et l’étude des créatures disparues qui ont peuplé la terre aux âges lointains peuvent maintenant donner lieu à des trouvailles dignes d’exciter l’admiration et l’étonnement de la foule. C’est donc vers la galerie de paléontologie qu’il faut, cette année encore, entraîner les visiteurs et les amis du Jardin des Plantes. Ils y trouveront trois pièces qui par leur conservation, leur beauté, leur intérêt scientifique et leurs grandes dimensions, sont dignes d’être signalées à part dans la longue liste des nouveautés entrées dans la collection en 1913 : un crâne de Triceratops, un squelette complet d’Æpyornis, et un cadavre de mammouth.
Madagascar est une terre étrange ; tout y est spécial, caractéristique ; habitants, faune, flore. Son histoire géologique, autant qu’on peut la reconstituer, explique dans une certaine mesure cette individualité. Toutes les découvertes paléontologiques montrent en effet qu’aux temps secondaires l’Amérique du Sud, l’Afrique méridionale, Madagascar et l’Australie formaient un vaste ensemble de terres complètement séparées de celles situées au Nord, qui comprenaient l’Afrique septentrionale, l’Europe, l’Asie et l’Amérique du Nord. Vers l’époque jurassique, une grande brèche s’étendant jusqu’aux bouches de l’Indus s’est formée dans le continent indo-africain, et Madagascar s’est trouvé séparé de l’Afrique.
Pendant tout le début de la période tertiaire, Madagascar a donc été rattaché à l’Inde, à l’Australie et à l’Amérique du Sud, mais des cataclysmes volcaniques, dont les nombreuses îles de l’Océan Indien sont encore les témoins, ont démembré peu à peu ce continent, et tandis que l’Amérique du Sud et l’Inde, comme l’avait été précédemment l’Afrique, se trouvaient mis en contact avec les continents du Nord et recevaient ainsi par immigration une faune nouvelle qui détruisait où dénaturait celle existante, Madagascar restait isolé, conservant dans toute sa pureté sa faune tertiaire.
(À suivre.)

Journal des débats politiques et littéraires


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February 11, 2014

Il y a 100 ans : La paresse et le bâton

Les anciens rois malgaches étaient des gens pratiques ; ils connaissaient bien leurs sujets et les traitaient en conséquence :
Si tu trouves des gens couchés après le lever du soleil, disait le bon prince Andrianampoinimerina à ses fonctionnaires, tu les réveilleras à coups de bâtons.
Le temps est passé de ces moyens aussi radicaux qu’efficaces pour secouer la paresse indigène.
Cependant, il est urgent de mettre un frein aux rapines de trop nombreux Malgaches qui ont pris la douce habitude de remplacer le produit du travail par celui du vol.
À l’œuvre, nos bons humanitaires et dites-nous au moins comment il faut s’y prendre pour transformer les fainéants parasites de nos colonies en travailleurs… conscients.
Peut-être proposerez-vous de leur envoyer certains délégués de la C. G. T., que des malheurs récents ont mis en disponibilité. Ils enseigneront à nos sujets que l’homme est libre de son travail et qu’il a le droit de gagner beaucoup en besognant peu. Mais, d’un tel enseignement, l’indigène tirera probablement cette conclusion qu’il a le droit de gagner beaucoup en faisant le seul effort de se tourner les pouces.
Allons, messieurs les humanitaires, nous attendons votre glose !

Un conflit théâtral

Il y a conflit entre Tamatave et Saint-Denis de la Réunion à propos de spectacles. Les colons malgaches reprochent aux Bourbonnais de n’aimer que la musiquette et pas la comédie, tandis qu’eux, à Tamatave, préfèrent, à l’esprit d’un Maurice Donnay, la force tragique d’un Bernstein et la bonne et franche gaîté d’un Courteline et d’un Feydeau aux flonflons de Manon ou de la Mascotte. Et comme c’est la même troupe qui dessert les deux colonies, nos compatriotes de Tamatave déclarent que, payant davantage, ils doivent être servis à leur goût.
Là-dessus, les Bourbonnais de Saint-Denis répliquent qu’ils aiment autant l’esprit qu’à Tamatave, mais qu’ils réprouvent le théâtre grivois où l’on ne peut aller en famille.
Espérons que l’on trouvera bientôt un terrain d’entente et que nous n’aurons pas le douloureux spectacle de voir la guerre allumée entre ces deux colonies pour les beaux yeux de Maurice Donnay, d’Audran ou de Courteline.

Le Courrier colonial


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February 10, 2014

Il y a 100 ans : L’automobile à Madagascar

Le bureau des services automobiles à Madagascar a publié récemment un rapport sur la situation en 1912.
Il en résulte que ce système de transport en commun est en réel progrès. Alors qu’en 1909 le nombre de kilomètres parcourus n’était que 72 606, il atteignait, en 1912, 207 687 kilomètres, soit exactement trois fois plus.
Cependant les dépenses ne sont que deux fois et demie supérieures au chiffre de 1909, tandis que les recettes ont presque quadruplé, passant de 57 335 francs à 207 687 francs.

Néanmoins, l’exercice se solde par un déficit de 59 000 francs. Mais « il ne faut pas considérer le service des automobiles comme une entreprise pouvant donner des résultats financiers positifs, c’est avant tout une entreprise nécessaire au développement de la colonie ». À ce point de vue, les services automobiles ont amplement rempli leur rôle.

Une intéressante peuplade de Madagascar

M. Aujas, administrateur des colonies, a fait, aujourd’hui, dans le grand amphithéâtre de l’École Coloniale, une conférence fort intéressante, accompagnée de projections, sur les Betsimisaraka, à Madagascar.
L’auteur a indiqué la situation géographique des Betsimisaraka, leurs origines et traditions historiques. Après avoir esquissé un portrait des hommes et des femmes, il a exposé l’organisation de la société et de la famille, dépeint les mœurs, les coutumes en usage chez cette peuplade.
Il a rappelé les immigrations arabes sur la côte Est, les séjours prolongés que firent au milieu de ces noirs, pendant trois cents ans, du seizième au dix-neuvième siècle, les corsaires et pirates arabes, anglais, hollandais et français, les guerres intestines que se firent les naturels du pays, et, finalement, leur assujettissement à la monarchie hova, jusqu’en 1896, époque de l’annexion de Madagascar à la France.
M. Aujas a indiqué les caractères tant physiques que moraux de cette race, foncièrement bonne, douce, hospitalière, mais paresseuse, chez qui l’alcoolisme a causé de grands ravages. L’auteur a tracé de la femme betsimisaraka et de la naissance des enfants, du mariage, des fêtes et des cérémonies religieuses en honneur dans cette peuplade un curieux tableau qui témoigne d’une parfaite connaissance de ces indigènes.
Le Courrier colonial


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February 9, 2014

Il y a 100 ans : Madagascar et la Réunion menacés de la peste

Les mesures de défense que nos colonies de Madagascar et de la Réunion sont obligées de prendre contre les provenances pesteuses de l’île Maurice deviennent vraiment onéreuses. Récemment encore, quatre personnes venant à la Réunion par un paquebot des Messageries Maritimes, il fallut débarquer à un débarquement en haute rade, conduire les suspects au lazaret, etc. L’île Maurice, grâce à l’insouciance de l’administration britannique, est devenue le rendez-vous de toutes les pestes asiatiques : le déboisement, l’absence de mesures prophylactiques contre les innombrables Hindous, toujours sales, toujours malsains, et toujours plongés dans les cours d’eau réduits, en été, à des filets bourbeux parce qu’aucune ombre ne les protège contre les rayons du soleil, ont fait de cette colonie, considérée autrefois comme un sanatorium, l’un des points les plus dangereux du globe au point de vue sanitaire.
L’administration anglaise, qui depuis la conquête en 1810, a l’idée fixe d’anéantir l’élément français existant dans l’île, et de la transformer en une dépendance de l’Inde, ne fait rien, ou presque rien, pour enrayer le mal.
La peste a éclaté à la Réunion, elle a été jugulée en trente jours. À Madagascar, l’administration n’a pas hésité à faire incendier plusieurs immeubles pour enrayer un commencement de peste importé de l’île Maurice.
Mais la menace reste constante, et nos compatriotes de la Réunion et de Madagascar réclament la suppression du service des Messageries Maritimes entre leurs îles et Maurice. Il faudra bien en venir là si nos amis, les Anglais, continuent à se livrer avec tant de sollicitude à la culture des microbes en vue de l’exportation.
Le Courrier colonial

Cours de peinture et de dessin

M. Supparo rappelle aux élèves qui n’ont pas été admis le 10 novembre dernier de se présenter le jeudi 29 courant, à 2 heures de l’après-midi, à son domicile, avenue Labourdonnais, munis de dessins nouveaux.

Journal officiel de Madagascar et Dépendances


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February 8, 2014

Il y a 100 ans : Les crimes se multiplient à Madagascar

De notre correspondant particulier de Maevatanana :
Deux attentats ont encore été commis sur la route de l’ouest, l’un près de Mahatsinjo, l’autre non loin d’Antanimbary, par des rôdeurs, non seulement rebelles à tout travail, mais encore habitués à ne vivre que de rapines.
Il semble que parmi les individus arrêtés il se trouve des gens ayant été mêlés au meurtre d’un convoyeur d’or du poste aurifère de Ranomandry et, plus anciennement, à l’assassinat d’un autre convoyeur appartenant au poste aurifère de Tainangidina.
La plupart de ces malfaiteurs avaient été arrêtés à ce moment, mais l’administration d’alors les laissa s’envoler et, depuis, on n’entendit plus parler d’eux.
La création de postes à Mahatsinjo et Antanimbary, la réorganisation de ceux de Manerinerina et de Maevatanana s’imposent si l’on veut rétablir la sécurité.
Il serait bon également de renforcer l’effectif de la brigade de Maevatanana de façon à pouvoir combiner des battues, rendues indispensables entre Andriamena, Maevatanana, Andriba.
Dans ces parages se trouvent un certain nombre de repris de justice dangereux, dont la capture pourrait bien être mouvementée. Les enquêtes ouvertes se poursuivent activement au milieu de grandes difficultés.
Il faut rendre responsables les fokonolona, souvent trop complaisants, et faire quelques exemples salutaires dans le personnel des chefs de canton et parmi leurs secrétaires si l’on veut rendre la tranquillité à des populations qui ne peuvent actuellement se livrer sans inquiétude à leurs occupations habituelles.

Création d’établissements frigorifiques à Tamatave

Les colons de la région de Tamatave sont fort satisfaits.
Ils seront, en effet, les premiers à bénéficier de l’autorisation donnée par M. Picquié à la Société Rochefortaise d’établir des établissements frigorifiques dans cette ville.
Ils voient là, et avec juste raison, un nouvel et important élément d’activité pour le pays. Les chiffre des exportations va augmenter ainsi très sensiblement.
L’avenir apparaît d’autant plus souriant aux Tamataviens que la vallée de l’Ivondro est, on le sait, très fertile, et que l’achèvement du canal d’Ivondro à Tamatave va amener vers cette ville tous les produits de la région.

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February 7, 2014

Il y a 100 ans : Le développement agricole de Madagascar (3)

(Suite et fin.)
Pour diminuer les inconvénients de l’endiguement, le service de la colonisation de la Grande Île a commencé à effectuer divers travaux hydrauliques, notamment dans la plaine de la Manandona et dans d’autres vallées.
Un réseau de canaux appropriés permettra de répartir les grandes quantités de limon, charriées par les rivières sur la surface des marais, et de rétablir peu à peu l’équilibre entre le fleuve et les terrains environnants.
Dans une vallée de la province de Tananarive, la rupture des digues a démontré combien il est dangereux de ne pas entretenir le lit des fleuves. La Catsoaka, l’Andromba, la Mananara sont autant de plaines que, seuls, des travaux d’aménagement des eaux pourront rendre définitivement cultivables.
L’adjudication des travaux des plateaux d’Antsonjo, au pied de la montagne d’Ambre, dans la province de Diégo-Suarez, est le commencement de la mise en valeur de ces dépôts volcaniques qui deviendront aussi fertiles que la cuvette de Betafo le jour où ils seront suffisamment arrosés.
Dans les montagnes de Betroka et d’Ivohibe, le service de colonisation et l’administration locale poursuivent, de concert, l’exécution de travaux d’hydraulique agricole, qui rendront de véritables services à ces régions.
Trop souvent, aux colonies, nous sommes tentés de ne tenir aucun compte des travaux effectués avant notre arrivée par les populations indigènes, suivant des usages qui n’étaient peut-être pas le fruit du raisonnement ni d’études scientifiques, mais qui s’adaptaient au milieu dans lequel vivaient les habitants.
À Madagascar, notre administration a eu la sagesse de rester dans les traditions de l’agriculture malgache, en améliorant, bien entendu, les installations dues aux anciens souverains de l’île et en continuant leur œuvre suivant les principes de la science de l’hydraulique agricole.
Ainsi elle arrivera à assurer la complète mise en valeur d’une colonie dont l’agriculture paraît de plus en plus devoir constituer la principale source de richesses.
A. Chalamel,
Député de l’Ardèche

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