May 23, 2018

Il y a 100 ans : M. Merlin


Le comité consultatif de la colonie s’est rendu vendredi dernier auprès de M. Merlin. – Le comité félicita le Gouverneur de la décision prise en conseil des ministres en lui exprimant ses regrets d’un départ inopiné, inattendu, contraire, à n’en pas douter, aux intérêts de la colonie.
M. Merlin, nous écrit-on, répondit qu’il aurait accepté avec plaisir de se rendre en Afrique occidentale au mois de mai dernier. Il connaissait ce gouvernement mais, à l’heure actuelle, il éprouve des regrets de quitter ce pays dont il sait les ressources et où il était certain d’accomplir une œuvre durable.
Avant tout, il voulait amener les colons à prendre une part plus directe à l’administration de la colonie, d’où la modification complète dans les dispositions qui créèrent le comité consultatif ; le projet d’établissement d’un conseil de gouvernement était en voie d’achèvement, de même qu’un autre projet relatif aux chambres consultatives et aux comices agricoles. Ces différents projets dressés en vue d’amener, dans les différentes assemblées, la représentation de tous les intérêts. Il voulait également pratiquer une politique indigène sur des bases solides. Actuellement, il n’y a rien en ce sens.
L’entrevue fut très cordiale.
Nous exprimons à M. Merlin et à sa famille tous nos regrets de le voir quitter la colonie où il est depuis six mois à peine. Nous le félicitons de sa nomination à un poste envié, qui indique suffisamment en quelle estime le tient le gouvernement de la République.

Va-et-vient

On signale qu’un certain nombre de mutations ont été faites dans le personnel des administrateurs et adjoints.
Il paraîtrait que ça ne va pas tout seul.
Pourquoi ne pas suivre une règle bien droite et ne s’en écarter qu’en circonstances tout à fait exceptionnelles ?
Que de récriminations évitées !

À la belle étoile

Il paraît que les hôtels Métropole et des Gourmets à Tananarive sont vendus.
Le matériel serait vendu et les immeubles abriteraient des magasins.
La fermeture ? 1er avril, et ce n’est pas un poisson : l’acte de vente fut signé le 29 janvier.
Alors ?
Le Tamatave


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 71 titres parus à ce jour.

May 21, 2018

Il y a 100 ans : Le cinéma gouvernemental


M. Merlin a lieu d’être flatté de la haute distinction que lui confère le Gouvernement : il est, ni plus ni moins, le premier Vice-Roi de la République française pour l’Afrique.
Mais il n’a pu s’empêcher de dire qu’il regrettait cette grande île où, après l’énorme travail de préparation qu’il avait accumulé, il se sentait à point pour l’application des qualités d’expérience et de maîtrise coloniales que des appréciateurs considérables lui ont reconnues.
M. Garbit reviendra sans doute plus tard ; on se plaît à croire qu’il a, aujourd’hui, tout ce qu’il faut pour faire donner leur plein effet à ses qualités incontestables : la science – difficile – de connaître ses véritables amis, ceux que n’étouffent ni la haine ni l’ambition.
M. Schrameck tient une place remarquée au premier rang des Préfets de la IIIe République. C’est la première fois que le Gouvernement détache ainsi le préfet d’un département considérable pour l’envoyer en quelque sorte en mission spéciale au loin. Le cabinet Clemenceau doit avoir obéi là à de très importantes considérations. Mais M. Schrameck ne connaît rien de Madagascar ; c’est encore toute une école à faire.
Cette cinématique gouvernementale, où donnent les grands premiers rôles, est l’indice d’une crise collective des plus graves intérêts nationaux et dont nous ignorons la nature ; mais tous ici nous devons y porter une grande attention.
Une fois de plus sont montrés les inconvénients de cette instabilité administrative dont les effets peuvent être traduits pour ces mots qu’il nous faut trop souvent prononcer : Tout est à recommencer !
Espérons que c’est la crise finale qui nous conduira à un régime.

On dit…

On dit que le départ du gouverneur pourrait ne pas être isolé.
On s’accorde aussi à penser dans les milieux bien informés, dont nous ne recueillons que de faibles échos, que M. Hesling pourrait être nommé gouverneur avant le départ de M. Merlin et être pourvu d’un poste.
Mais tout cela n’est que des on dit… Attendons.
Le Tamatave


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May 19, 2018

Il y a 100 ans : Une nouvelle ressource pour la Grande Île


M. Garbit, promu tout récemment gouverneur général de Madagascar, avait, quand il était encore dans cette colonie, chargé le Jardin colonial de procéder à une enquête sur la possibilité et l’intérêt de l’importation en France des graines du pignon d’Inde de la Grande Île.
Cette enquête a permis de constater que le rendement utilisable de l’huile de pignon d’Inde de Madagascar était de 27 à 28 % du poids total.
L’huile obtenue, et plus connue sous le nom d’huile de Pulghère, est surtout utilisée dans la saponification, mais cela ne veut nullement dire qu’elle ne peut se prêter à d’autres emplois.
C’est ainsi que, par sa faible acidité, l’huile de pignon d’Inde pourrait contribuer au graissage, être utilisée comme l’huile lampante et même employée en stéarinerie.
Ajoutons qu’avant la guerre, le cours de la graine de pignon d’Inde oscillait entre 17 à 25 francs les 100 kilos et que son prix n’a pu qu’augmenter. En outre, l’énorme consommation de corps gras provoquée par la guerre assure à ce produit un débouché très intéressant pour notre grande colonie de l’océan Indien, en même temps qu’une précieuse ressource pour la métropole.
Le Courrier colonial

Les colis postaux

On nous écrit :
Les colis postaux arrivés par le Louqsor ne sont pas encore distribués. Seuls quelques privilégiés ont pu retirer les leurs.
Faut-il être étranger ou neutre pour recevoir satisfaction ?
Si le personnel ne suffit pas à la besogne, qu’on en mette d’autres ; mais qu’on ne fasse pas attendre quinze jours des colis qui contiennent des articles fragiles ou périssables.

La vente du riz

Des personnes nécessiteuses voudraient que l’Administration donne aux commerçants au détail du riz à vendre.
Pour elles, l’avantage serait d’abord de pouvoir se le procurer à toute heure du jour et ensuite la facilité de l’acheter par fractions de kilo ; car, ajoutent-elles, on a bien souvent 0 fr. 25 ou 0,50, mais on n’a pas toujours 1 franc pour 2 kilos de riz.
L’Administration n’a pas pris en compte les demandes qui lui ont été faites à ce sujet, parce que, n’ayant aucun moyen de contrôler la vente du riz, des abus auraient pu se produire.
C’est ce qu’elle a voulu éviter.
Le Tamatave


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May 18, 2018

Il y a 100 ans : La hausse de la viande de bœuf


Les Malgaches propriétaires d’un cheptel ayant appris que les bovidés de Madagascar pourraient bien être réquisitionnés pour l’exportation à des prix très rémunérateurs, disent-ils, en profitent pour ne vendre leurs produits que très cher.
Les bœufs que les bouchers de la ville pouvaient se procurer à 140 et 150 fr. par tête le mois dernier valent actuellement 160 francs et au-dessus, encore, lorsque les propriétaires veulent s’en défaire.
Attendons-nous donc à voir sur le marché la viande augmenter de prix, à moins que l’Administration ne consente à vendre la viande de bœuf comme le riz sans aucun bénéfice. Car certains bouchers, devant la hausse constante des bœufs et les difficultés qu’il y a pour se les procurer, renonceraient, paraît-il, à ce genre de commerce.

Nos Gouverneurs

Le Gouverneur Merlin, amené récemment par un croiseur venu spécialement à cet effet de Dakar retourne d’où il vient…
M. Garbit est nommé Gouverneur de Madagascar, mais reste cependant à l’armée.
M. Schrameck, ex-préfet des Bouches-du-Rhône, vient faire l’intérim.
Tout cela dénote chez nos gouvernants une incohérence peu ordinaire. Il eût certes été beaucoup plus logique et surtout plus économique, si on devait en arriver là, de laisser M. Merlin en A. O. F. et M. Garbit à Madagascar.
Mais l’économie, la logique et le bon sens sont des qualités qu’il ne faut pas chercher chez les pilotes d’occasion chargés de conduire notre barque.

On dit que…

À Majunga, la réquisition ne frappa qu’une partie des riz et douze cents tonnes trouvèrent grâce devant le chef de la Province ignorant encore ce que veut dire le mot réquisition.
Ce riz, il est vrai, était cédé au Mozambique en échange de charbon par un particulier, mais le fonctionnaire ayant reçu ordre de réquisitionner n’avait pas à se préoccuper d’une opération commerciale à côté.
Et c’est ainsi que, très souvent, trop souvent, le Chef de la Colonie supporte les critiques légitimement formulées contre certains actes commis par des collaborateurs maladroits ou… fatigués, dont le ciel nous préserva jusqu’ici.
Le Tamatave


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May 17, 2018

Il y a 100 ans : Pour charger vite


La formule se dessine, se pose : les affrétés japonais sont la première étape vers le système de l’avenir : des long-courriers qui prennent, dans les grands ports de Madagascar, les cargaisons concentrées par les côtiers.
Nous avons ailleurs traité la question des côtiers ; nous y reviendrons d’ailleurs.
En ce qui concerne les long-courriers, il importe avant tout qu’ils ne perdent pas de temps.
Finalement, ils ne toucheront que deux points principaux : Tamatave à l’Est et Majunga à l’Ouest ; peut-être aussi Diégo-Suarez qui peut un jour prendre une importance stratégique.
Occupons-nous de Tamatave.
Comment faire gagner du temps aux grands navires ? Par la rapidité des opérations de cargaisons.
Le rêve serait le port en eau profonde, les opérations bord à quai.
Il est improbable que nous en voyions de sitôt la réalisation ; la discussion n’est pas près de prendre fin entre le projet Y et le projet Z.
La vraie raison est qu’il en coûtera beaucoup de millions et qu’on ne sait où les prendre.
Mais il y a un moyen terme que nous pouvons réaliser tout de suite, avec les seules ressources et l’aide des finances de la Colonie.
C’est le système – pratiqué dans tous les ports américains – du quai flottant en bois.
Ce n’est pas le navire qui vient au quai, c’est celui-ci qui va au navire.
Nous concevons pour la rade de Tamatave deux, quatre ou six grands chalands en bon bois de l’Est, étanches du fond et du pontage, allégeant aux environs de 300 tonnes.
En rade, ces chalands-docks reçoivent les cargaisons des côtiers, puis ils bordent, à leur arrivée, les long-courriers qui y déposent par un treuil leurs colis d’importation pendant qu’un autre treuil monte les marchandises d’exportation.
Il sera facile, en retrait de quelque points, d’aménager une plage d’échouage où les quais flottants seront tirés quand la rade devient méchante. Quant aux côtiers, étant mixtes leur moteur leur permettra de prendre le large en quelques minutes.
Ce n’est là qu’une idée. Elle vaut pourtant d’être examinée.
Le Tamatave


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May 16, 2018

Il y a 100 ans : Notre ville


Depuis quelques mois, une commission municipale s’occupe de faire disparaître les excroissances laides ou malsaines qui avaient poussé comme une végétation morbide sur Tamatave.
Nous souhaitons qu’elle réussisse et surtout qu’elle persiste sous l’impulsion active du chef de la province qu’assiste un sage conseil.
Mais le point de départ de cette conception n’est-il point erroné ? Abattre quelques masures, repousser l’invasion de Tanambao, racler les cours sales, quoi encore ?
Tout cela n’est que d’un jour. La saleté reviendra, l’indigène insouciant est tenace à la façon des parasites et des mollusques, la masure est la sanction des villes construites sans plan général, au jour le jour, dans la hâte fiévreuse de l’improvisation.
Nous avons une seule rue et des ruelles vite passées à l’état de simples venelles. La municipalité épuise chaque année ses ressources à relever les caillasses mal accrochées à ce sable mouvant ; il serait une meilleure affaire d’employer une fois pour toutes des crédits suffisants à la constitution de solides chaussées profondément empierrées, donnant ainsi un fond inébranlable, retenant mieux la macadamisation de surface.
Il en est de même des bâtisses.
Nous sommes embaraqués, nous ne sommes pas logés.
En dehors du danger si souvent renouvelé des cyclones, tout cela ne tient pas, tout cela est vieillot, vétuste ; nous y traînons une existence recroquevillée, grillés ou humidifiés alternativement, en contact avec la tellurie malsaine et il nous faut ajouter à notre nourriture quotidienne toute une variété de produits médicamenteux !
Or, la terre ferme n’est pas loin ; un service public de decauvilles nous apporterait à bon compte de bonnes pierres de fondation ; le gouvernement général, par une réduction spéciale des tarifs des transports, devrait faire arriver en abondance à la côte briques et tuiles de l’Émyrne ; nos forêts de l’Est  sont remplies d’excellents bois pour des pièces de charpente de tout repos et même des bardeaux qui sont tout indiqués pour les toitures dans cette région très pluvieuse.
Tout cela est faisable. Le fera-t-on ? Oui, si nous organisons une action municipale permanente, exclusive de toutes préoccupations de personnes et de circonstances particulières.
Tanio.
Le Tamatave


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May 13, 2018

Il y a 100 ans : L’aide de l’État


Notre confrère de Tananarive, la Tribune, commente avec quelque développement un arrêté du Ministère de l’Agriculture du 8 octobre 1917, allouant des avances, pouvant aller jusqu’à 50 % du prix, pour l’achat d’appareils perfectionnés de culture en France.
Pour nous, nous pouvons nous borner à examiner brièvement les possibilités d’adaptation de cet arrêté métropolitain aux besoins de notre région.
Il y a beaucoup de planteurs dans l’Est, et qui ont assez bien réussi, mais au prix de quels efforts, tous ayant été plus ou moins livrés à leurs propres moyens.
Le système « Débrouille » n’est décidément pas la bonne méthode de Colonisation. Jusqu’ici nous n’avons guère connu l’Administration que quand elle réclame les impôts… quelquefois par les tracasseries de certains de ses agents.
Dans une région donnée, là où l’initiative privée n’a pu le faire, des installations, dont le coût serait avancé par l’Administration, pour la préparation de la vanille, le décorticage du café, du riz, etc., rendraient bien des services aux colons du groupement, les inciteraient à étendre leurs plantations, en encourageraient de nouveaux à s’installer.
Car, souvent, le Colon se restreint ou même s’abstient tout à fait, par la crainte de ne pas pouvoir tirer un bon parti de ses produits bruts, de ne pouvoir les mettre dans le commerce avec une présentation convenable.
C’est donc, là aussi, une question fort séduisante à étudier. Nous convions les Tamataviens et tous les « Côtiers » à voir cet arrêté du Ministre de l’Agriculture (on en trouvera le texte dans le Journal officiel de la République du 10 octobre), à en rechercher les modes d’application à notre région ; ensuite, on se réunira pour soumettre un projet à l’Administration supérieure.
Nous rappelons qu’il s’agit d’avances à des groupements en vue d’achats d’appareils perfectionnés et non de subventions directes à des personnalités momentanément gênées.
Nous aussi, nous croyons l’État-Banquier pas plus efficace que l’État-Patron.
Le Tamatave


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May 12, 2018

Il y a 100 ans : Réquisition de riz


Le gouverneur général nomma, à Tananarive, une commission pour la répartition du riz réquisitionné à Majunga et à Nossi-Bé.
Il fixa également la composition d’une commission devant examiner la question en diverses provinces.
Trop tard : la récolte commence à s’abattre et les achats se font. Il va falloir bientôt que l’on presse des mesures extrêmement sévères pour obtenir sans tricherie la déclaration des stocks. Autrement gare, les prix vont monter et l’on verra ce phénomène fâcheux : les cours du riz très hauts au début d’une récolte réputée très belle. La taxe ? Évidemment, la taxe, mais quelle sera la conséquence immédiate de cette mesure extrême ? Celle-ci : les indigènes, à moins d’y être énergiquement contraints, ne cultiveront que ce dont ils auront besoin pour eux-mêmes.
Trop lentement se mettent en mouvement les organes administratifs.
Nous sommes convaincus d’une chose : c’est que cette lenteur provenant d’indécisions n’aboutisse à un résultat diamétralement opposé à celui que cherche M. Merlin.
Qu’il n’hésite donc pas à faire pour ces opérations et plus largement encore appel aux colons.
Il trouvera près d’eux, partout où besoin sera, un sérieux appui et, disons-le, il allégera la besogne de certains de ses fonctionnaires d’autant plus utilement que l’Administration n’était nullement préparée à assurer ce service de la réquisition.

La répartition du riz à Tamatave

Depuis jeudi, l’Administration procède à la répartition du riz arrivé par le Louqsor.
La foule était si considérable et tellement pressée qu’il a fallu l’intervention de la police pour y maintenir l’ordre.
Il a été délivré le premier jour plus de 300 bons de riz.
Quant à la qualité, on nous assure que l’administration n’a reçu qu’une seule qualité de riz et qu’il n’est fait dans la répartition aucune préférence.

On dit…

Qu’il serait question de transformer ce qu’on appelle la poste à Tamatave en dépôt des archives et que l’on construirait, pour la commodité du service, du public et du personnel, un bureau modèle sur l’emplacement des agences boches. Le projet figure à la prochaine exposition coloniale de Marseille.
Le Tamatave


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May 10, 2018

Il y a 100 ans : Marinage


Voici encore une nouvelle mauvaise saison, un « hivernage », comme l’on dit, qu’il nous faut traverser. Jusqu’à ce jour, les pluies se répartissent assez régulièrement sur le Grande Île. D’aucun côté on ne parle encore de perturbations atmosphériques.
Puissions-nous atteindre ainsi le mois de mai !
Mais le passé est là, le bilan de 1917 n’est pas fameux. Il est plutôt inquiétant. Un raz-de-marée – même pas un vrai cyclone ! – en rade de Tamatave a anéanti la presque totalité de notre tonnage à voiles. Quant à notre tonnage à vapeur, l’accident du Bagdad à Maroantsetra réduit Madagascar à deux petits vapeurs : Persépolis et Sidon.
L’un des deux étant réservé aux besoins de la côte Ouest, il ne reste pratiquement, pour la navigation côtière de l’Est, qu’un seul vapeur annexe.
C’est si peu que ce n’est rien.
Pour l’Est, l’urgence est que quelque chose de pratique soit arrêté, adopté, mis à exécution.
Nous ne repasserons pas en revue toutes les propositions qui ont été suggérées ; notre sentiment est qu’il y en a trop, que c’est fini de délibérer et qu’il faut passer à l’application.
Mais il y a eu le projet d’un port aux Manguiers, d’un autre à Tanio, d’un refuge à Hastie… Nous n’avons pas de préférence pour le projet X, celui d’Y ou celui de Z. Nous disons seulement que la métropole maritime de l’Est de Madagascar ne peut pas plus longtemps rester dans cet état précaire, qui tient en alarme incessante les colons, met en défiance les capitaux.
Faites-nous un port digne de l’importance réelle de Tamatave, voilà tout ce qu’il nous faut. Et, de ce port, faites le point d’attache d’une flottille moderne, active, solide de grand et moyen cabotage pour alimenter de fret régulièrement les navires de grandes lignes.
Tamatave pourrait, doit avoir trois bons bateaux de 500 tonnes trafiquant activement de Fort-Dauphin à Diégo, visitant tous les recoins, attirant et fixant ainsi colons et indigènes en une foule de points jusqu’à présent délaissés faute de relations. Ces trois unités serviraient à remplir les cales des long-courriers ; elles iraient le plus souvent à la voile, mais auraient un moteur moderne pour les vents contraires et pour se soustraire au danger.
Le Tamatave


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May 5, 2018

Il y a 100 ans : On se fréquente


Le Gouverneur Général Merlin paraît être résolu à faire une réalisation du vœu ancien et unanime des colons.
L’autre jour, il a invité les particuliers européens à se rendre à la Mairie, pour délibérer avec le Maire et Chef de la Province de Tananarive l’opportunité et les conditions pratiques de la réquisition du riz de la récolte pendante de cette province.
Nous trouvons que M. Merlin a bien fait. Il procède ainsi à une sorte d’inauguration de très grande portée.
Il est juste de reconnaître que, jusqu’ici, le fin mot des « accrochages » trop souvent constatés dans la marche normale de la colonisation est que l’élément colon était quelque chose comme une sorte de plèbe par rapport à l’élément officiel.
Ne serait-ce que pour les indigènes, rien n’est mieux fait pour relever à leurs yeux le prestige des vazaha en général.
Et, surtout, nous n’aurons plus lieu de nous plaindre de cet état d’ignorance des « possibilités » qui expliquait, jusqu’à un certain point, notre nervosité. Mis en présence des réalités au jour le jour, chacun comprendra combien il est vain de perdre le temps en récriminations sans portée et que le mieux est de chercher les solutions.
Enfin, à se fréquenter assidûment, on se connaît mieux ; il se crée ainsi une espèce d’intimité d’idées qui rend plus fort le lien de solidarité.
L’opposition, qui est un devoir contre le despotisme, n’a plus sa raison d’être contre des dirigeants qui vous ouvrent tout grands leurs cartons et leurs tiroirs. L’opposition ne peut plus être alors qu’un système, et, dans cette colonie, nous n’avons que faire de doctrines : nous voulons des affaires.
Il ne nous reste plus qu’à souhaiter que le chef de notre province entre lui aussi dans cette voie large. Il ne faudra pas voir que la province, mais toute la Côte Est.
L’objection que les colons sont dispersés sur une grande étendue de côtes ne tient pas, puisque tous ont des correspondants d’affaires à Tamatave.
Persévérons. Dans quelque temps, et si nous opérons avec sagesse, la Métropole se trouvera en présence d’un fait accompli qu’il ne s’agira ensuite que de consacrer par un texte. Ainsi nous approchons du Gouvernement de la colonie par les colons.
Le Tamatave


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May 4, 2018

Il y a 100 ans : Politique indigène


Le Général Galliéni suivit une politique indigène que ses successeurs, les uns après les autres, s’efforcèrent d’effacer.
Galliéni voulait que, dans la colonie, il n’y eût aucune force perdue. Les résultats obtenus furent satisfaisants puisque, progressivement, la production du riz s’augmenta et, malgré les grands travaux entrepris, les chantiers ne manquèrent pas de main-d’œuvre. Ils étaient il est vrai moins nombreux qu’actuellement.
Depuis, on a cru bien faire en laissant à l’indigène son libre arbitre. L’État ne lui demandait qu’une chose, payer ses impôts, d’accomplir religieusement ses prestations, très limitées. Il est bon d’ajouter que très souvent les travaux prestataires n’avaient rien de commun avec ce qui s’appelle l’intérêt général.
On a souvent reproché aux chefs de province de ne pas intervenir efficacement pour faire disparaître ces tendances à la paresse des indigènes. Sans doute, mais à cette époque les chefs de province n’avaient aucune latitude, ils devaient se conformer strictement aux instructions venant d’en haut.
Ils ne devaient donc encourir aucune responsabilité.
Aujourd’hui, on semble vouloir revenir à un autre système, celui-ci : laisser aux chefs de province plus de latitude, partant plus de responsabilités.
Et cela est juste. Mieux que personne ils connaissent les besoins des colons des régions qu’ils administrent. Ils seront donc plus à même d’y faire face ; suivant les indications générales données au point de vue politique indigène, établie de la politique indigène suivant les méthodes de Galliéni, il est évident que des modifications seront apportées aux grandes lignes du programme suivi par le général, dans cet ordre d’idées. Le pays a évolué. Le Malgache a gagné beaucoup d’argent, par contre il est vrai ses besoins sont plus grands.
Il est toutefois inadmissible que des quantités d’individus restent bras croisés alors que les Européens travaillent. Il ne faut pas que les choses restent en l’état, pour cela il convient qu’un programme bien défini soit mis en application dans l’intérêt général.
Nous l’attendons de M. Merlin qui, très certainement, fournira sur ce sujet toutes les explications nécessaires aux colons du Sud et de l’Est qu’il visitera prochainement.
Le Tamatave


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May 2, 2018

Il y a 100 ans : Interventions


On a beaucoup parlé du voyage qu’accomplit en ce moment en France M. le directeur du Contrôle financier.
Il ne faudrait pas s’imaginer cependant que ce fonctionnaire s’en est allé missionné pour le compte de la colonie.
On a, sauf erreur toujours possible lorsqu’on n’est pas dans le secret des dieux, profité de son voyage pour le prier d’insister au Ministère des Finances sur la question monétaire et de faire connaître l’état de malaise dans lequel se trouve la colonie du fait de l’absence de numéraire et de monnaie de billon.
M. Boullay appartient à l’administration des finances, peut-être aura-t-il la chance de se faire écouter. Puisque nous parlons contrôle, ou plutôt direction du contrôle, nous ferons cette remarque que la colonie n’a nullement gagné au change, l’Afrique Occidentale non plus d’ailleurs.
Pourquoi a-t-on, à l’inspection du contrôle des colonies, substitué l’inspection des finances pour diriger le service très simplifié du contrôle dans nos possessions lointaines, nous ne savons. La seule constatation que nous puissions faire à Madagascar est celle-ci : les premiers étaient, et de beaucoup, plus discrets que les seconds et l’on ne parlait d’eux qu’à l’occasion de leur service.

Petites nouvelles

Notre confrère tananarivien annonce le prochain voyage du Gouverneur Général à Antsirabe – Fianar – Mananjary. Nous attendrons avec curiosité les déclarations que fera le gouverneur au cours de cette prise de premier contact direct avec les colons.
En février, sur la fin, M. Merlin se trouvera à Majunga à peu près en même temps que le général Nicolle qui, pour des raisons spéciales, revient de Diégo à Tananarive sans poursuivre son voyage projeté à la côte ouest.
Le Gouverneur aurait désiré visiter tous les ports de nos côtes mais, le navire sur lequel il semblait pouvoir compter pour effectuer ce voyage ayant reçu une autre destination, M. Merlin ira à Majunga par voie de terre. Il prendra à Majunga un côtier qui lui permettra de visiter Analalava, Nossy-Bé et Diégo.

Les pommes de terre

Ce tubercule, qu’on appelle en France la nourriture du pauvre, peut s’appeler, à Tamatave, celle du riche. En effet, malgré l’arrêté prohibant la sortie des pommes de terre, celles-ci continuent à se vendre sur le marché à 0 fr. 70 le kilog.
Le Tamatave


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 71 titres parus à ce jour.

May 1, 2018

Il y a 100 ans : Pour manger


Les journaux de la Réunion sont unanimes sur ce point : les docks de la Colonie voisine regorgent de sucre, de tapioca, de rhum, de vanille, d’essences, de géranium et d’ylang-ylang.
Mais le riz est rationné à 400 grammes ; le pain est un article de luxe ; le maïs vaut 0 fr. 60 la livre et il est réservé aux chevaux de prix ; le bœuf – quand un navire en apporte quelques têtes de Madagascar – se débite à 1 fr. 40 la livre ; le poisson, à 1 fr. 80 ; la volaille et le porc ont disparu.
C’est la famine.
Et pourtant, il existe encore quelques Créoles – actuellement fort avancés en âge – qui disent que jadis leur pays exportait moins de sucre et de vanille, mais qu’il produisait beaucoup plus de viandes, de grains, de légumes, le tout sain, abondant, à prix abordables. Une locution s’était établie pour exprimer le fait – très commun – de l’ancienne longévité des Réunionnais ; on disait : Un créole du bon vieux bois !
Tout cela a disparu devant l’ambition féroce, d’ailleurs illusoire, de l’exportation à tout prix.
Mais ne nous hâtons pas de nous moquer de l’état de nos voisins ; considérons l’état lamentable de notre propre marché quotidien ; nous souffrons des mêmes privations, presque à la même intensité et par suite des mêmes causes.
Dans l’Est, tout le monde s’est rué sur la vanille, le café et, depuis quelques années, sur le graphite.
Tout cela est très bien ; mais il n’empêche que nous en sommes, nous aussi, à nous procurer difficilement ce qui se mange.
Il y a encore des Tamataviens qui se rappellent l’ancien Tamatave, avec ce qui est devenu la rue du Commerce occupé par un canal qui amenait, de diverses directions, des produits de toutes sortes ; alors, c’était le pays de l’abondance ; poisson, viandes, grains, tout ce qui se mangeait était en grande quantité et à vil prix.
Tout cela s’est transformé et a fait place à un embryon de ville moderne ; on a bien fait, c’est le progrès. Mais, ce qu’on a mal fait, c’est de n’avoir pas remplacé ce qui était. Les T. P. ont dépensé beaucoup dans la région ; mais il faut reconnaître que ça n’a guère été que dépenses somptuaires, sans coordination, sans but pratique. Peu à peu Tamatave s’est habitué à recevoir presque tout son sakafo… de la Réunion et, depuis le chemin de fer, de l’Émyrne.
Le Tamatave


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 71 titres parus à ce jour.

April 30, 2018

Il y a 100 ans : Dans la mer


Toutes les Sociétés de Géographie, vraiment savantes par conséquent, à l’exclusion de celles de Bochie, sont saisies de la question de fixer l’étymologie de certaines îles de la mer.
Notamment, notre îlot tamatavien, célèbre dans nos fastes maritimes, a l’honneur de se faire arracher leurs quatre cheveux aux vénérables docteurs de ces vénérées Sociétés.
Doit-il être appelé l’îlot Prune ou l’île aux Prunes ? Les Boches qui y avaient été internés en août 1914 avaient tourné la difficulté ; se rappelant l’hospitalité large que ces bons Français leur avaient assurée à Madagascar et considérant le long développement des côtes madécasses, ils avaient décidé entre eux de ne plus appeler la Grande Île que l’île aux Poires !
Poire ou prune, nous avons un îlot qui n’a guère servi jusqu’à présent qu’à naufrager les pauvres bateaux en fugue devant la tempête.
Il s’agit de lui donner une destination pratique autant que définitive.
J’ai pu avoir quelques instants sous les yeux un projet préparé dans les bureaux arcanéens de l’un de nos services les plus utiles.
Il est question d’employer les déblais du très futur port de Tamatave à la construction d’une îlette jumelle ; elle recevra le nom de l’île aux Dattes ou de la Date ; après la guerre, la clique Hohenzollern sera conduite là à perpétuité ; les pruneaux seront réservés aux mâles et les dattes aux femelles ; comme il sera entretenu dans le canal de séparation des deux îles une quantité de requins de l’espèce la plus vorace, pruneaux et dattes ne pourront plus jamais communiquer ensemble.
Ainsi s’éteindra la lignée maudite de toute l’humanité ; et ainsi se réalisera la grande politique du président Wilson !
Le passant.

Le vola-alika à Tananarive

Le vola-alika est, quand il y en a, délivré aux caisses publiques et aux premiers arrivants.
Ce sont des indigènes qui se prétendent envoyés par des Européens. Il serait sage que chacun de nous donne un bon à l’émissaire envoyé, afin d’éviter que le vola-alika ne fût encore monopolisé par des indigènes faisant une déclaration imaginaire.
Ce sont ces bougres-là qui détiennent la monnaie blanche. Efforçons-nous de ne point laisser l’autre tomber entre leurs mains.
Le Tamatave


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April 29, 2018

Il y a 100 ans : Spéculation… réquisition (2)


(Suite et fin.)
Cette tâche n’est pas insurmontable mais encore faut-il l’envisager dans toute son étendue et notre gouvernement ne devra pas craindre de s’éclairer des lumières de gens compétents et familiarisés avec les questions commerciales.
Mais, nous le répétons encore, pas de demi-mesures. Ou le commerce libre, ou la réquisition générale du riz à la récolte…
Ceux qui avaient traité pour le riz du Louqsor en seront non seulement pour leurs frais de versement et d’intérêt, mais ils doivent encore se demander quand ils pourront disposer des capitaux qu’ils avaient immobilisés pour cette affaire.
Ceux-là ni les autres ne sont pas prêts de renouveler l’expérience.

Commission mobile

Il serait question de rétablir la commission mobile pour l’examen des demandes de sursis.
C’est évidemment une nécessité afin d’éviter les erreurs grossières commises par la commission fixe. On voit en effet des colons utiles, en qui les indigènes ont confiance à ce point qu’ils exercent une réelle influence sur toute une région, appelés à se rendre à la caserne. Par contre, on voit par exemple dans une grande ville de l’ouest des maisons de commerce où se trouvent trois employés dont deux mobilisables et d’autres qui seraient parfaitement capables d’aller retrouver des camarades de classe et d’âge continuer à vaquer à leurs occupations comme si rien n’était. Demandez à notre confrère Bontoux qui dirige les Petites Affiches.
Il signale même, dans l’un de ses numéros de décembre, un embusqué mousquetaire terré dans une localité qu’il désigne.
La commission mobile peut opérer efficacement en ce sens qu’elle peut, sur place, se rendre compte de l’utilisation des individus au point de vue défense nationale. C’est ce que demandent les colons et le gouverneur général peur donnera satisfaction.

Accident

Un accident d’automobile s’est produit dernièrement sur la ligne de l’ouest.
Un mécanicien a été tué, il y aurait plusieurs blessés.
Le Tamatave


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