February 19, 2019

Il y a 100 ans : Voyage de M. le Gouverneur Général au lac Alaotra (1)


En quittant Tamatave, et poursuivant son voyage d’inspection, M. Schrameck s’est rendu à Moramanga, et de là au lac Alaotra.
Le pays traversé sera certainement pour lui une révélation.
Après avoir traversé avec le T. C. E. la zone absolument chaotique qui précède Moramanga, on se trouve pour ainsi dire, sans transition, dans une plaine immense mesurant une trentaine de kilomètres de largeur, sur une centaine de longueur dans le sens où se dirige le tramway, exactement du Sud au Nord, vers la région du lac Alaotra. Cette plaine légèrement ondulée est traversée de l’est à l’ouest par une infinité de petits cours d’eau formés par des sources qui sourdent des collines la limitant à l’Est.
On devine quels avantages cette disposition des lieux présente pour de riches installations agricoles. Chaque petit cours d’eau capté et canalisé, après avoir par ce fait assaini la plaine, peut servir à l’irrigation des terres qui l’avoisinent. Ces terres sont principalement alluvionnaires et recouvertes d’humus dont la couche sur certains points atteint jusqu’à un mètre de profondeur, sur les talus de la voie.
De plus, cette plaine à ondulations à peine sensibles peut être labourée directement, sans nécessiter d’autres travaux, même par des charrues à vapeur.
Cela est si vrai, que, le tramway à peine en construction, des colons on ne peut plus sérieux se sont empressés de s’installer dans cette plaine
C’est ainsi qu’à Marovoay, première station où le train porte le voyageur en 40 minutes, on trouve une usine à transformer le manioc en fécule, et une grande étendue de terrain planté de ce tubercule.
D’autres colons se sont installés le long de la voie. Car, si les terres qu’on traverse sont bonnes pour l’agriculture, elles sont également bonnes pour l’élevage.
On parcourt ainsi 80 kilomètres de voie ferrée jusqu’au village d’Andaingo. Grâce à la configuration du sol, cette voie, qui ne présente que des déclivités très peu sensibles, va en ligne droite, au point de présenter des alignements de 17 kilomètres.
(À suivre.)
Le Tamatave



Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 78 titres parus à ce jour.

February 18, 2019

Il y a 100 ans : Riz et réquisition


Le riz de réquisition est livré, en gros, par l’Administration à Tamatave, au prix inouï de 475 francs la tonne, alors qu’à Tananarive le prix par tonne est de 335 francs !
On se demande le motif de cette différence de traitement. Il ne peut même pas s’expliquer par une différence dans le prix de revient. Il est impossible de supposer, en effet, que l’Administration ait réquisitionné du riz à Majunga à un prix supérieur à 300 francs la tonne.
Ce prix est déjà beaucoup trop élevé car il est avéré que, même à 250 francs, les usiniers auraient déjà un bénéfice fort honnête !
Mais, en supposant que l’on ait payé le prix fort, soit 300 francs la tonne, le riz ne peut, en tout cas, revenir à Tamatave à plus de 350 francs.
Pourquoi alors ce prix fantastique de 475 francs ?
Devant de pareilles inconséquences, nous ne pouvons que souhaiter que le Gouverneur Général mette fin une bonne fois à la réquisition et laisse le commerce libre tout en sévissant, s’il y a lieu, contre les spéculateurs et les accapareurs.

Monsieur le Gouverneur Général à Tamatave

M. le Gouverneur Général est arrivé à Tamatave dimanche matin. À la gare, de nombreux colons, des fonctionnaires des indigènes sont allés le saluer.
Le lundi, il a installé la nouvelle Commission Municipale et prononcé à cette occasion une allocution dans laquelle il a montré à la nouvelle commission ses devoirs et ses attributions.
De ce premier contact avec M. le G. G., les membres de la nouvelle commission se sont montrés très satisfaits. Après cela, M. Schrameck s’est retiré et a laissé la Commission Municipale à ses travaux.
L’après-midi, il a visité les écoles, la poste, la prison, les dépôts de riz et il est reparti de Tamatave le soir à 9 heures.
Arrêté
Art. 1er. – MM. Chatillon, Directeur de la Société des Messageries françaises, Dechamp, négociant, Grenard, banquier, Isambert, imprimeur, Luzet, agent de la Compagnie Lyonnaise et le docteur Vié sont nommés, pour une période de deux ans, membres de la Commission Municipale de Tamatave en remplacement de MM. Caucé, Baron, Baillet, Bouvier, Clarke et Dupré.
Art. 2 – MM. Nativel et Vié sont nommés respectivement premier et deuxième Adjoints à l’Administrateur-Maire.
Art. 3. – l’Administrateur Maire de Tamatave est chargé de l’exécution du présent arrêté.
Signé : A. Schrameck.
Le Tamatave


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 78 titres parus à ce jour.

February 16, 2019

Il y a 100 ans : Notre ville, Tamatave (2)


(Suite et fin.)
Il n’est pas jusqu’aux indigènes à qui il serait possible de créer des quartiers confortables convenablement disposés, dont ils n’éprouveraient plus le besoin de s’enfuir, de déborder comme ils le font de leur pacage actuel de Tanambao.
Tout cela est faisable. Le fera-t-on ? Oui, si les services compétents y mettent de la bonne volonté, et si nos dirigeants accordent les crédits nécessaires.
Le Tamatave

Nouvelles maritimes et courriers

La Crimée, qui doit emporter le prochain courrier pour France, est en réparation à Maurice. Elle ne sera pas à Tamatave avant le 25 courant.
Le Louqsor, prochain courrier de France, sera à Tamatave du 15 au 20.
La Cordillère, venant de France, a passé à Port-Saïd le 29 novembre.

La V. V. S.

De L’Action :
À l’occasion de la Victoire, M. le Gouverneur Général a décidé de gracier tous les Membres de la V. V. S. qui avaient été condamnés à trois années de détention administrative. Ces indigènes ont montré un réel repentir de s’être laissé entrainer dans la célèbre aventure.
M. Schrameck va étudier les dossiers des autres condamnées afin de prendre à leur égard telles mesures qui conviendront.

Riz

On nous signale qu’une forte quantité du riz chargé à Majunga sur Sidon est composée de brisures et de déchets d’usines.
Il est bon de rappeler que la commission « ad hoc » avait condamné du riz semblable, arrivé pour le Commerce, au temps où la réquisition ne sévissait pas.
Nous espérons que l’Administration saura s’appliquer les règlements qu’elle applique aux autres et que les fonctionnaires chargés de vérifier les achats n’éviteront pas la sanction qu’ils méritent.
Le Tamatave

Mort au champ d’honneur

Dousse, sous-lieutenant au 8e tirailleurs algériens. Chevalier de la Légion d’honneur avec quatre citations antérieures. Mort des suites de ses blessures. Cité dans les termes suivants :
« Officier de grand courage et animé du plus haut sentiment du devoir. Véritable entraîneur d’hommes. Mortellement atteint à la tête de sa section en se portant à l’attaque d’un village opiniâtrement défendu par l’ennemi. »
M. Dousse était garde principal de 1re classe de la garde indigène de Madagascar.
Journal officiel de Madagascar et dépendances


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 78 titres parus à ce jour.

February 13, 2019

Il y a 100 ans : Notre ville, Tamatave (1)


À l’heure actuelle, on signale dans notre ville comme une recrudescence de fièvre paludéenne, qu’il est convenu d’attribuer au changement de saison, qui peut bien ne pas y être indifférent, mais il faut l’attribuer surtout à la façon défectueuse dont est construite la ville de Tamatave, sans plan général, au jour le jour, dans la hâte fiévreuse de l’improvisation
Nous sommes la principale ville maritime de l’Est – et pour le moment l’on peut dire de tout Madagascar – et nous sommes campés sur notre langue de sable comme des gens qui n’auraient pas l’intervention d’y rester.
Nous avons une seule rue et des ruelles vites passées à l’état de simples venelles. La municipalité épuise chaque année ses ressources à relever les caillasses mal accrochées à ce sable mouvant ; il serait une meilleure affaire d’employer une fois pour toute des crédits suffisants à la constitution de solides chaussées profondément empierrées donnant ainsi un fond inébranlable, retenant mieux la macadamisation de surface.
On ne pourra tout faire en une fois : mais l’essentiel est de commencer à le faire.
Il en est de même des bâtisses.
En dehors des dangers si souvent renouvelés des cyclones, nos maisons, à quelques exceptions près, sont construites avec des bois trop minces qui n’abritent qu’approximativement contre les intempéries et nullement contre l’humidité et la chaleur du dehors. Ajoutez à cela des toitures en tôles de fer plus ou moins galvanisées que vous pouvez toucher presque de la main tant elles sont basses en général, concentrant dans l’habitation la chaleur solaire, au point d’en faire de véritables étuves, foyer d’infection où la fièvre trouve à se développer tout à son aise.
Or, la terre ferme n’est pas loin ; un service public de decauvilles nous apporterait à bon compte de bonnes pierres de fondations ; le gouvernement général, par une réduction spéciale des tarifs de transports, devrait faire arriver en abondance à la côte briques et tuiles de l’Émyrne ; nos forêts de l’Est sont remplies d’excellents bois pour des pièces de charpente de tout repos et même des bardeaux qui sont tout indiqués pour les toitures dans cette région très pluvieuse.
(À suivre.)
Le Tamatave



Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 78 titres parus à ce jour.

February 10, 2019

Il y a 100 ans : Une lettre du Général Galliéni (2)


(Suite et fin.)
Sous peu un bureau semblable sera constitué à Tamatave, et des instructions rédigées d’après les mêmes principes seront envoyés à tous les Résidents, Commandants de Cercles, autorités civiles et militaires de l’intérieur et de la côte. D’autre part des recommandations sont faites à tous les services intéressés pour que les nombreuses affaires en suspens, telles que concessions de terrain, de mines, exécutions de travaux, etc. soient étudiées et résolues le plus rapidement possible. Bref, l’appui qui sera donné à tous les colons français à Madagascar n’aura pour limites que les règles posées par le Département des Colonies auxquelles j’ai pour devoir de me conformer strictement, et l’observation de la plus rigoureuse impartialité dans l’examen des demandes de chacun.
Dès maintenant, je vous prie de vouloir bien me transmettre les vœux que vous avez à exprimer dans l’intérêt du commerce et de la Colonisation.
J’y donnerai la satisfaction la plus large possible ; mais vous voudrez bien, en me les adressant, tenir compte des difficultés de toutes sortes que j’ai trouvées à mon arrivée à Madagascar.
J’espère, avec l’appui de tous, arriver à les surmonter peu à peu ; mais, en attendant, et pour quelque temps encore, elles m’obligent à borner mes efforts, et devront souvent paralyser ma bonne volonté quand il s’agira de vous fournir le concours que vous me demanderez et auquel, je vous le répète, vous avez droit de la façon la plus complète.
Le Général Commandant Supérieur des Troupes et des Territoires Militaires, faisant fonctions de Résident Général.
Signé : Galliéni.
Il est certes regrettable que cette ligne de conduite n’ait pas été suivie par de nombreux Administrateurs pour lesquels hélas le colon est l’ennemi !
Nous avons de bonnes raisons de croire que M. Schrameck partage les idées de notre premier Gouverneur en ce qui concerne la colonisation.
Il aura un fort courant à remonter, mais grâce à son énergie, il arrivera certainement à vaincre toutes les difficultés de la force d’inertie que l’on ne manquera pas de lui opposer – qu’il ait au moins dans cette tâche l’appui de tous les colons.
Le Tamatave



Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 78 titres parus à ce jour.

February 7, 2019

Il y a 100 ans : Une lettre du Général Galliéni (1)


Nous croyons intéressant de mettre sous les yeux de nos lecteurs la lettre adressée par le Général Gallieni aux membres de la Colonie française dès son arrivée à Madagascar en octobre 1896.
Messieurs,
Mon premier soin, en prenant provisoirement les fonctions de Résident Général à Madagascar, conformément aux ordres de M. le Ministère des Colonies, est de me mettre en relations avec vous.
Je n’ai pas besoin de vous indiquer les sentiments qui m’animent vis-à-vis de nos commerçants et colons.
Dans tous les commandements coloniaux que j’ai eu l’honneur d’exercer, j’ai toujours considéré comme le premier de mes devoirs de fournir mon concours la plus complet à mes compatriotes, estimant que les colonies sont faites pour les colons français, n’ignorant pas les risques auxquels ils s’exposent en s’expatriant et en aventurant au loin leurs personnes et leurs fortunes, et applaudissant de grand cœur à tous les succès qu’ils peuvent obtenir.
J’ai toujours posé en principe cette vérité et je me suis efforcé de la faire admettre par mes subordonnés, à savoir que la réussite d’un colon français exerçait la plus heureuse des influences, la plus essentielle de toutes au point de vue de la colonisation française, car la nouvelle, avec les multiples moyens que nous possédons aujourd’hui, s’en répandait en France et déterminait aussitôt plusieurs de nos compatriotes à venir tenter à leur tour la fortune au loin, en apportant dans ces nouvelles terres françaises le concours de leurs intelligences et de leurs capitaux.
Je compte ici rester fidèle à ce principe qui est d’ailleurs conforme aux instructions que j’ai reçues de M. le Ministre des Colonies et je m’efforcerai par tous les moyens à ma disposition de vous faciliter votre tâche. Déjà, à Tananarive, j’ai créé auprès de moi un bureau commercial, qui sera chargé de centraliser tous les renseignements intéressant les colons à un titre quelconque, de les leur communiquer, de faire faire dans les points encore inexplorés de l’île les études nécessaires à l’extension de la colonisation, d’indiquer aux colons les endroits où ils doivent se rendre, en un mot de les aider partout et toujours dans leurs entreprises de nature diverse auxquelles ils comptent se livrer.
(À suivre.)
Le Tamatave



Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 78 titres parus à ce jour.

February 6, 2019

Il y a 100 ans : Avis relatif à la démobilisation


La majeure partie de l’effectif des hommes de troupe français gradés du groupe de l’Afrique orientale est composée de réservistes et de territoriaux ressortissant aux bureaux de recrutement de Madagascar et de la Réunion.
Cet effectif a été durant la guerre et se trouve encore présentement réduit au strict minimum.
En dehors des besoins des services publics et de cas de strict intérêt national, il ne sera donc possible de mettre en sursis, puis de démobiliser les intéressés, dans l’ordre des classes en commençant par la plus ancienne, qu’au fur et à mesure de l’arrivée de France de gradés de relève. Cette relève a été demandée télégraphiquement au département de la guerre.
En ce qui concerne les hommes de troupe français non gradés, la situation est différente. Il y a présentement un excédent d’effectif qui va disparaitre par la mise en sursis immédiate :
a) Des militaires non spécialistes faisant parties des classes les plus anciennes ;
b) Des hommes du service auxiliaire, non indispensables, de toutes classes.
Journal officiel de Madagascar et dépendances

Vol d’une pirogue et de bananes

4 indigènes étaient prévenus d’avoir soustrait au préjudice de Mme B. 43 régimes de bananes et une pirogue. L’auteur principal avait avoué à l’instruction, mais avait dénoncé comme étant ses complices 3 autres indigènes. À l’audience, il a renouvelé ses aveux, mais a déclaré qu’étant très bouleversé, il avait dénoncé les 3 indigènes qui étaient innocents.
Après une plaidoirie de l’avocat, le tribunal, voyant que la culpabilité des 3 complices désignés par L. n’était pas suffisamment établie, les a acquittés et a condamné le prévenu à deux ans d’emprisonnement et à 100 francs d’amende.

Le poisson

Depuis la suppression des trains de nuit, le poisson de mer a fait sa réapparition sur le marché de notre ville. Cela provient de ce que les courtiers en poisson, qui allaient attendre le mardi soir sur la plage à l’arrivée des pêcheurs pour expédier le poisson ce même soir à Tananarive, ne peuvent plus faire ce commerce. Le poisson, malgré la glace employée, après une journée de voyage, n’arrive plus frais à la capitale.
C’est pour cela que nous pouvons en ce moment-ci manger du poisson de mer à Tamatave.
À quelque chose malheur est bon.
Le Tamatave


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 78 titres parus à ce jour.

February 4, 2019

Il y a 100 ans : La destruction des forêts à Madagascar


Madagascar possède environ 9 millions d’hectares de forêts pour 592 000 kilomètres carrés. C’est bien peu de chose quand on compare cette surface boisée à l’immense étendue occupée par les mamelons dénudés et arides des hauts plateaux.
L’Administration, devant la disparition progressive des grandes forêts, s’est décidée à prendre les mesures nécessaires, et M. Fauchère, Inspecteur d’Agriculture Coloniale, étudie en ce moment le reboisement du plateau central dénudé de l’Imerina.
Trop longtemps on a laissé les indigènes brûler les forêts pour préparer leurs rizières de montagne et obtenir de bons pâturages.
Il faut des années pour remplacer ce que le feu a détruit en quelques heures, bien que la nature, dans la grande île, soit assez généreuse pour faire reverdir au bout de deux ou trois jours les clôtures de bambou coupés et plantés dans le sable. Ce n’est pas le seul exemple de la richesse du sol : des lilas du Japon, à Ankazobé, ont atteint 4 mètres de haut après 5 ans de plantation. Les eucalyptus, les mimosas poussent avec une extraordinaire rapidité à Tananarive. Des noyaux de mangues jetés au hasard sur la route de l’Ouest ont donné des arbres magnifiques là où l’on a remué la terre.
Des essais de reboisement avaient été faits il y a déjà 4 ou 5 ans, et des pépinières ont été établies à Alarobia, à Ambatolaona. Les essences sur lesquelles ont porté les essais furent : l’eucalyptus, le mimosa, le pin et quelques espèces locales choisies parmi les meilleures. Les pépinières ont donné les résultats attendus, elles ont permis de déterminer les espèces forestières les plus propres à procurer un reboisement rapide, et des bois de valeur certaine. Elles ont également fourni les plans nécessaires pour reboiser des surfaces très importantes.
Grâce à la compétence de l’Inspecteur d’Agriculture désigné plus haut, et au bon vouloir de l’Administration, les travaux forestiers de la Colonie vont être menés activement, de façon à développer et à améliorer les richesses forestières de Madagascar.
Le Tamatave



Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 78 titres parus à ce jour.

February 3, 2019

Il y a 100 ans : La crise du graphite (2)


(Suite et fin.)
Pour conclure, disons que la crise ne tardera pas à cesser, mais donnons le conseil aux exploitants de ne s’attacher à traiter que des graphites de bonne teneur, les exigences des acheteurs paraissant devoir porter sur le titrage en carbone des lots offerts.
P. Virelay.
La Guerre étant heureusement terminée, il n’existe plus de raison pour règlementer d’une façon quelconque les exploitations du graphite, sauf cependant un certain contrôle au sujet de la teneur en carbone. Il nous faut le commerce libre, tant sur la France que sur les autres pays.
Il est possible que certains gros accapareurs cherchent à entraver cette liberté, de façon à pouvoir écouler leurs stocks aux prix excessifs qu’ils pratiquent encore actuellement en France.
Ces gens-là ont gagné suffisamment d’argent pendant que le véritable exploitant se ruinait. Leur situation est beaucoup moins intéressante que celle de ce dernier, et nous avons confiance en M. le Gouverneur-Général dont la clairvoyance est bien connue pour déjouer les dernières manœuvres de nos Caïmans.

Au Tribunal

Le nommé L., propriétaire rue Lieutenant Lubert, était le 7 septembre avisé d’avoir à reconstruire son immeuble et à refaire l’entourage en maçonnerie suivant les arrêtés en vigueur. Pour n’avoir pas obéi à l’avis, L. comparaissait le 3 décembre devant le Tribunal correctionnel de Tamatave.
Pour sa défense, L. dit : qu’il n’y a pas de tôles sur place pour arranger son immeuble, et que pour refaire l’entourage en maçonnerie il n’y a pas non plus de ciment à Tamatave.
Il a été condamné à 15 francs d’amende.
Comparaissait également devant le tribunal le boucher Daoud pour avoir vendu au marché de la viande de bœuf au-dessus du tarif.
Il lui est échu 5 francs d’amende.

Encore le riz

Les personnes qui, hier, allaient chercher du riz à la Mairie, se plaignaient de ce que ce riz contenait 50 % de brisures. Plusieurs d’entre elles sont allées trouver M. l’Administrateur-Maire à ce sujet, d’autres se sont retirés sans prendre la quantité qui leur revenait.
Le Tamatave


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 78 titres parus à ce jour.

January 30, 2019

Il y a 100 ans : La crise du graphite (1)


Pour répondre à de nombreuses demandes de nos abonnés exploitants de graphites, nous ne saurions mieux faire, que de reproduire l’article suivant de notre confrère Virelay paru dans L’Action.
La situation du graphite
J’ai reçu quantité de lettres me demandant où en était la question graphites à Madagascar. Je puis maintenant donner quelques précisions.
M. le Gouverneur Général Schrameck, que cette crise de graphite avait vivement ému, a envoyé au ministre, par le Sydney, un rapport très détaillé, très complet, très documenté, à l’élaboration duquel son chef de cabinet civil, l’aimable M. Cayla, a apporté tous ses soins.
Je n’ai pas besoin de vous dire quelle était la conclusion de ce rapport. Vous la devinez ?
Un premier résultat fut acquis grâce aux efforts du Chef de la Colonie et de M. Carter, le distingué consul des États-Unis : la libre importation du graphite en Amérique. Mais cela n’est pas suffisant. Nous restons à Madagascar sous la férule métropolitaine, et si les États-Unis consentent à recevoir nos graphites, il nous faut, pour pouvoir les leur fournir, des autorisations d’exporter venant du gouvernement français. Or, nous sommes à 12 000 kilomètres de France ; c’est donc une perte de temps colossale, et la facilité pour nos bons caïmans de France d’intriguer auprès des Pouvoirs Publics afin de conserver le monopole des exportations.
Cette question est la seule qui soit encore un obstacle à la reprise de l’industrie du graphite. Nous croyons savoir qu’elle sera solutionnée d’ici peu de temps, et que le Gouverneur Général délivrera lui-même les permis d’exporter.
Les États-Unis ont besoin du graphite de Madagascar, dont ils n’ignorent plus maintenant la qualité. Le graphite extrait et traité par eux leur revient à 1 200 francs en moyenne. En achetant chez nous à 600 francs, par exemple, à quai d’embarquement, étant donné les faibles prix de transport dans leurs bateaux, ils réaliseront un réel et important bénéfice.
Il existe une réelle tendance à la reprise du marché. On nous a signalé quelques transactions à 500 et 550 francs la tonne. On peut affirmer que, si les magasins étaient dégorgés, ces quelques opérations se développeraient rapidement.
(À suivre.)
Le Tamatave


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 78 titres parus à ce jour.

January 29, 2019

Il y a 100 ans : L’alcool de manioc


Le manioc de Madagascar, grâce à son haut degré de saccharification (97,5 %), avait attiré quelque temps avant la guerre l’attention des distillateurs français.
Les expériences faites en 1913 avaient été presque toutes concluantes : 100 kilogrammes de matières traitées produisirent de 40 à 50 litres d’un alcool très moelleux à 90°.
Aussi, en raison de son bon marché, plusieurs grands distillateurs de France avaient-ils déjà adopté le manioc comme matière première de leur industrie.
Un d’entre eux, dans le Nord, en avait traité pendant quelques mois des quantités considérables et s’occupait, lorsque la guerre éclata, de transformer une distillerie de betteraves pour n’y traiter que de la racine de manioc.
Des distilleries, dans le Nord, après le passage des boches, il ne doit plus en rester trace, mais elles se reconstitueront, et sous peu nous verrons ces départements du Nord redevenir ce qu’ils étaient il y a quatre ans.
Donc si, la guerre terminée, pour une raison quelconque, le manioc n’était plus aussi demandé, soit sous forme de fécule, soit sous forme de tapioca, on pourra toujours l’utiliser, pour la fabrication de l’alcool.

La sériciculture à Madagascar

L’élevage des vers à soie, à Madagascar, est souvent contrarié par l’excès d’humidité qui fait fermenter les litières où les vers sont placés.
Fréquemment, dans les cases malgaches, les vers sont sur des nattes, par terre, dans la pièce même où couche la famille. Or, ils ne sont jamais changés de litière et celle-ci fermentant répand une odeur infecte.
Pour parer à ces inconvénients, on conseille l’emploi de la tourbe de marais comme litière. La tourbe, en effet, rendrait plus facile et plus rémunératrice aussi l’élevage des vers à soie fait dans des conditions aussi défectueuses, car elle supprimerait cet excès d’humidité et cette fermentation des litières si désagréable. C’est un procédé peu coûteux que le sériciculteur malgache doit appliquer sans retard.
Le Tamatave


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 78 titres parus à ce jour.

January 28, 2019

Il y a 100 ans : Tribune libre (2)


(Suite et fin.)
Ou bien ont-ils pensé que, conviés, ces colons mauvais patriotes s’étaient abstenus alors que les Malgaches avaient répondu avec empressement ?
Ou pis encore ont-ils pensé que, après tout, cette victoire pouvait n’être pas aussi définitive, aussi éclatante qu’on voulait bien le leur dire, puisque de tous ces Français qui auraient dû leur donner l’exemple, une partie semblaient rester indifférents, soit que l’on n’ait pas jugé qu’il valait la peine de les déranger, soit qu’ils eussent jugé inutile de se déranger pour si peu ?
Quel que soit leur point de vue, quelle que soit la cause à laquelle ils aient attribué notre absence, n’est-elle pas faite, cette absence, pour nous déconsidérer nous colons dans leur esprit ?
Aussi quelle que soit notre tristesse de voir une ombre si légère soit-elle obscurcir cette heure sans pareille, nous croyons de notre devoir, Monsieur le Gouverneur Général, de venir respectueusement, mais très énergiquement, protester auprès de vous, contre cette façon de procéder de l’Administration locale que nous sommes forcés de considérer comme une injure personnelle et gratuite à nos sentiments patriotiques aussi bien que comme un moyen, voulu ou non, de nous déconsidérer vis-à-vis des Malgaches, enfin comme une véritable faute capable de ternir aux yeux des indigènes de toute une région l’éclat du triomphe de la France.
Nous vous prions d’agréer ici, Monsieur le Gouverneur Général, l’assurance de nos sentiments très respectueux et très dévoués.
Suivent les signatures des colons :
Agron, Choix, Lemaître, Josse, Poumaroux, Focard.

La distribution du riz

La classe prolétaire se plaint toujours, et avec raison, qu’il faut prendre une demi-journée pour retirer le riz quotidien auquel on a droit.
Puisque ce sont des Malgaches qui font la distribution, ne pourrait-on pas leur adjoindre un ou deux de ces fonctionnaires malgaches qui abondent à la mairie, leur temps n’est pas si précieux pour qu’on ne puisse pas les affecter à ce genre de travail.
Transmis à qui de droit.
Le Tamatave



Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 78 titres parus à ce jour.

January 27, 2019

Il y a 100 ans : Tribune libre (1)


Nous recevons de Vatomandry, avec prière de l’insérer, une protestation adressée à M. le Gouverneur Général par un groupe d’honorables colons de cette province.
Monsieur le Gouverneur Général de Madagascar et Dépendances,
Tananarive
Monsieur le Gouverneur Général,
À l’heure de cette victoire éclatante dont nous n’avons jamais pu douter mais dont l’attente dans notre isolement nous fut parfois si pénible et si angoissée, nous, colons de la brousse, avions pensé combien désirable et opportune serait une réunion, une fête groupant dans un commun élan, dans une commune réjouissance les Français, leurs alliés et la population indigène.
Avec confiance, nous attendions, persuadés que l’Administration locale saurait prendre l’initiative de cette réunion au moment opportun. Aussi combien avons-nous été péniblement déçus d’apprendre que la population indigène s’était rendue ces jours derniers à Vatomandry, conviée par l’administration à une fête de la Victoire, de laquelle nous colons n’avions même pas été avisés.
Que la population indigène ait été immédiatement prévenue de la victoire de la France, qu’elle ait été immédiatement conviée à la fêter, nous ne saurions qu’y applaudir.
Mais nous colons qui, repliés sur nous-mêmes, forcés de dissimuler nos anxiétés aux Malgaches dont nous sentions les yeux fixés sur nous, nous qui n’avons pu vivre pendant ces longues heures que soutenus par l’espoir de ce moment triomphal. Nous qui avons toujours su répondre chaque fois que l’Administration a bien voulu nous convier à quelque souscription, à quelque fête des œuvres de guerre. Pourquoi nous ignorer ???
En dehors de ce que nous pouvons personnellement ressentir de nous voir ainsi tenus à l’écart, nous ne saurions nous empêcher de penser à l’effet que cela a dû produire sur les indigènes au milieu desquels nous vivons.
Ces Malgaches ont-ils pensé que les colons de la brousse ou certains d’entre eux étaient jugés par l’Administration comme indignes de participer à cette fête de la Victoire, à laquelle eux étaient conviés ?
(À suivre.)
Le Tamatave



Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 78 titres parus à ce jour.

January 22, 2019

Il y a 100 ans : La main-d’œuvre malgache est inconstante


Monsieur Le Directeur,
J’ai lu avec intérêt l’article paru dans votre numéro du 28 septembre dernier sur la main-d’œuvre. Vous êtes un partisan résolu du livret de travail pour les indigènes malgaches.
Voulez-vous me permettre de vous donner un avis personnel et de vous assurer que je ne crois nullement à l’efficacité de ce système ?
Le Malgache est le plus parfait bohème que je connaisse. Pour peu que soit uniforme et suivi le travail qu’on lui demande, il lâche inévitablement son employeur.
Peu lui importe même sa famille : il ira dans une autre région, à plusieurs jours de marche, à la recherche d’un travail ayant l’attrait du nouveau.
Il lui faut du changement : changement de patron, changement de travail, changement de région. Il ne peut se contraindre à penser qu’il lui faudra, pendant les jours, des mois, des années, ne s’occuper que d’un seul travail et toujours du même.
Vous pensez, combien avec cette mentalité, il est difficile d’arriver à un résultat pratique dans le commerce ou l’industrie.
Un colon ne peut dans son exploitation monter un cinéma ou engager une troupe théâtrale permettant à son personnel indigène de s’attacher à lui uniquement à cause des distractions qu’il lui donne ?
Toute entreprise demande, au contraire, pour qu’elle ait une chance de réussite, un travail d’une extrême régularité. Le succès est à ce prix.
Combien sont nombreux les colons et les industriels qui, par la faute de ces travailleurs vagabonds, ont dépensé leurs capitaux sans espoir de les retrouver jamais !
Leurs espérances, leur courage, leur foi en l’avenir, tout a sombré dans le néant, et cela par l’inconstance et la pénurie de la main-d’œuvre indigène.
Certes, l’obligation du livret individuel serait un progrès, mais je crois le projet difficilement réalisable. En tous cas, le contrôle est difficile, sinon impossible.
Ce n’est certes pas ce papier officiel ni la crainte de la maréchaussée qui corrigeront les Malgaches de leur déplorable habitude de vagabonder.
E. L.
N. D. R. – Nous remercions notre aimable contradicteur, et nous publions toujours avec reconnaissance les critiques qu’on veut bien nous adresser, ayant pour principe que du choc des idées jaillit la lumière.
Le Tamatave



Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 78 titres parus à ce jour.

January 20, 2019

Il y a 100 ans : La législation foncière à Madagascar (2)

(Suite et fin.)
Le décret primitif du 16 juillet 1897 présentait sans doute des défectuosités que l’expérience avait révélées, mais il aurait suffi de quelques modifications pour le rendre pratique.
Pour faire droit aux critiques dont il était l’objet, l’autorité supérieure fit procéder à la rédaction d’un nouveau décret qui fut celui du 11 février 1911. Son apparition souleva un tollé général de la part de tous ceux, magistrats, fonctionnaires ou colons qui ont à s’occuper de lui.
La presse se fit leur écho, et la discussion de ses articles établit que pas un, pour ainsi dire, ne pouvait rester debout, tant il était inepte et d’application impossible.
Une commission fut nommée le 13 mars 1913, chargée d’étudier les modifications à y apporter. Cette commission se mit assez rapidement à l’œuvre et le 25 avril suivant le Président de la Chambre Consultative de Tananarive, en séance, lut le rapport élaboré par la commission.
Ce rapport indique, article, par article, les modifications que la commission a cru devoir apporter au décret du 11 février 1911.
Ces modifications ont été communiquées à la Tribune qui les a publiées jusqu’à l’article 102 inclusivement.
Et la suite ?…
La suite ? nous l’attendons encore, et comme sœur Anne nous ne voyons rien venir.
Or ce n’est pas seulement le décret du 11 février 1911 qu’il est indispensable de modifier, mais encore le régime des concessions lui-même.
La question est trop importante et de trop palpitante actualité pour que nous n’y revenions pas, profitant de ce que la direction de la Colonie est en des mains assez énergiques pour mener la question à bonnes fins.

Chemin de fer T. C. E.

Il nous parvient de divers côtés un desideratum qui nous paraît parfaitement justifié. Il s’agirait de remporter au mardi le départ du lundi tant de Tamatave que de Tananarive.
Ceci permettrait à chacun de pouvoir répondre au courrier arrivant à Tananarive et à Tamatave le samedi soir et distribué le dimanche matin.
On exprime également le désir que les trains de nuit soient rétablis aussitôt que la saison ne fera plus redouter la possibilité d’éboulements dangereux dans la circulation nocturne.
Le Tamatave
Si vous voulez vraiment savoir, la Jirama, ça ne s'arrange pas. Donc, ici non plus. Pour un témoignage (plus catastrophiste que la situation réelle, déjà bien assez affligeante pour qu'il ne soit pas nécessaire d'en ajouter), jetez un œil sur Deep South, l'article paru hier dans L'Express de Madagascar.

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 78 titres parus à ce jour.

January 15, 2019

Il y a 100 ans : La législation foncière à Madagascar (1)


Prévoyant la fin prochaine de l’horrible guerre qui a désolé l’Europe, la presse – surtout coloniale –  se préoccupe de questions qui d’ores et déjà imposent aux pouvoirs publics l’obligation de leur trouver une solution. Le Courrier Colonial ouvre le feu par un article : « Compensations Coloniales ».
Il fait ressortir avec juste raison que, parmi les victimes de cette guerre atroce, les plus dignes d’intérêt se trouvent les agriculteurs des régions envahies. Comment leur rendre leur domaine et leur maison ? Les cadastres de leurs communes n’existent plus ; et réussirait-on à reconstituer les limites de leurs propriétés qu’ils ne retrouveraient que des terres défoncées, bouleversées par la mitraille, les tranchées, les boyaux, les abris souterrains, les ossuaires, etc., c’est-à-dire des terres sans valeur, parce que pour les remettre en état de produire, il faudrait dépenser beaucoup plus que ce qu’elles pourraient valoir. Par suite ces infortunés ont droit à une indemnité.
Mais serait-il possible de les indemniser en espèces ? Le trésor public est trop obéré pour qu’on puisse y songer. Force sera donc de les indemniser en nature, et le collaborateur du Courrier Colonial indique que les riches terres des colonies sont là pour servir à ces indemnités. C’est ce qu’il appelle « Compensations Coloniales ». Sans être neuve, l’idée est juste, le tout est d’en rendre l’exécution possible.
Notre colonie de Madagascar, par exemple, présente, notamment sur les Hauts-Plateaux, et sous un climat tempéré, des terres riches où le cultivateur pourrait trouver, « avec une maison neuve et claire, un champ plus vaste et plus fertile, sous un ciel français où les siens pourraient vivre mieux, moyennant un effort moindre que celui qu’il lui faudrait pour féconder le sol dans son pays dévasté. »
Mais bien des choses s’opposent à la réalisation de ce beau projet. Avant tout et surtout la législation qui, à Madagascar, régit la propriété foncière.
(À suivre.)
Le Tamatave



Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 78 titres parus à ce jour.