23 juin 2017

Il y a 100 ans : L’avenir de Madagascar (8)

(Suite.)
Et si, malgré tout, ce dernier finit par installer son industrie, il n’est jamais qu’un étranger, un intrus dans son usine que le moindre caprice peut arrêter et, mieux que cela, faire démolir et disparaître. Voyez ce qu’édicte, dans son troisième alinéa, l’article 19 du décret du 3 juin 1913 : « Les ouvrages, terrains, bâtiments et engins de toute sorte déterminés au cahier des charges comme constituant des dépendances immobilières de la concession FONT PARTIE DU DOMAINE PUBLIC » !!!
Donc, c’est bien dans une sorte de socialisme d’État que vient s’annihiler l’industriel conduit à Madagascar par sa mauvaise étoile.
Il serait trop long de relever une par une toutes les entraves dont on l’entoure, nous ne pouvons que demander avec la plus grande énergie que ces entraves soient supprimées avant que de songer à développer à Madagascar les industries aussi diverses que nombreuses auxquelles, par ailleurs, notre colonie offre tant de facilités.
Le sucre. – Dans son câblo du 21, Havas nous annonce que le ministre du ravitaillement a invité les préfets à mettre en vigueur la carte-sucre. Cette denrée si nécessaire à l’alimentation est donc rationnée en France et constitue une question de la plus grande actualité qui préoccupe autant les consommateurs que les pouvoirs publics. À l’heure actuelle, la France ne fabrique plus assez de sucre pour sa consommation, et au cours de l’année qui vient de s’écouler, elle a dû en importer 532 751 tonnes contre une exportation de 134 935 tonnes, soit un déficit de 397 786 tonnes, ou en chiffres ronds 400 000 tonnes.
Or, tout le monde sait avec quelle facilité et quelle richesse pousse la canne à sucre à Madagascar. À l’époque de notre conquête, plusieurs fabriques de sucre étaient en pleine prospérité tant sur l’Ivondro que sur l’Ivoloina. Mais des convenances politiques ou personnelles les ont tuées, et on peut en contempler encore les ruines imposantes. Cependant quels services ne rendraient-elles pas à la France actuellement, si elles fonctionnaient encore !…
Allons, M. Lebureau, un bon mouvement ; lâchez les liens qui entravent cette industrie qu’un peu plus de liberté rendrait sous peu des plus florissantes, et encouragez les initiatives qui se manifestent.
(À suivre.)

Le Tamatave

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont maintenant disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 62 titres parus à ce jour.

21 juin 2017

Il y a 100 ans : L’avenir de Madagascar (7)

(Suite.)
M. Augagneur, aussitôt avisé, trancha la question dans les 24 heures.
Mais le force d’inertie de M. Lebureau n’a pas de limites. Forcé de s’exécuter, il répond : « Vos plans sont incomplets. »
L’industriel demande en quoi.
« Pas d’explications à vous donner. Ils sont incomplets ; refaites-les. »
Refaits, vous les présentez à nouveau.
« Vos plans ne sauraient être approuvés, tant ils sont absurdes. »
?…
« Comment, vous le demandez ? Vous mettez dans votre usine des chambres d’eau… C’est pour prendre des bains ? »
Le malheureux ignorait que ces chambres d’eau étaient destinées à recevoir des turbines.
Un autre demande :
« Combien d’eau prendrez-vous à la rivière ? »
« Mais, le cas échéant, tout ce qu’elle pourra donner. »
« Cela, jamais nous ne pourrions le permettre ! Y pensez-vous ? Que deviendraient les populations situées au-dessous de votre usine ? » (Les expressions amont et aval lui étaient inconnues.) « Elles n’auraient plus d’eau pour boire et leurs animaux mourraient de soif. »
L’homme à l’omniscience, « Zaptatout », ignorait que cette eau, toute cette eau, devrait être restituée sur l’heure à la rivière, en la forçant à passer par les auges des turbines et fournir ainsi la force motrice désirée.
Tout ce que dessus est authentique et nous pouvons donner les noms des fonctionnaires et industriels qui y sont visés. Pour abréger, nous passons sur d’autres incidents tout aussi édifiants.
Et c’est à de tels… personnages que la législation confie la direction et le contrôle de l’utilisation de la houille blanche à Madagascar.
Ce n’est pas tout.
Nous ne saurions assez insister sur la situation, pour le moins singulière, dans laquelle la législation sur la matière met l’industriel. Ce dernier apporte ses capitaux, sa science, son expérience, mais c’est un agent n’ayant aucune préparation pour cela, et qui, d’ailleurs, n’aspire qu’à une chose, faire le moindre effort possible, c’est, dis-je, cet agent qui lui imposera sa manière de voir et sa volonté sur la nature, la forme et la dimension des travaux à exécuter, heureux si par ses exigences et ses vexations il peut déterminer l’industriel à aller se faire pendre ailleurs.
 (À suivre.)

Le Tamatave

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18 juin 2017

Il y a 100 ans : L’avenir de Madagascar (6)

(Suite.)
L’industriel qui veut s’en servir se heurte à une sorte de socialisme d’État qui le jette pieds et poings liés entre les mains de M. Lebureau et celui-ci le tient en lisière sous sa direction et son contrôle absolu. Or, l’ignorance, l’outrecuidance et le mauvais vouloir de M. Lebureau, en général, ont acquis à ce dernier une réputation universelle. Et, suprême ironie, l’industriel, l’homme de science et d’expérience, ne peut se mouvoir que sous sa coupe, obligé, pour ainsi dire, de se faire son homme-lige.
Que la Colonie se réserve la propriété absolue de toutes les eaux de Madagascar, sans que leur aliénation puisse jamais être permise, passe encore.
Qu’en accordant une autorisation de prise d’eau, elle fasse toutes réserves utiles quant aux droits des tiers et aux dommages que la retenue des eaux pourrait causer aux propriétés riveraines, rien de plus juste.
Mais qu’un agent ignare qui, de sa vie, n’a vu une prise d’eau, encore moins une usine quelconque, vienne imposer sa manière de voir à un homme d’expérience connaissant bien son métier, il n’y a que dans notre pays où l’on puisse admirer une chose aussi… paradoxale (soyons modérés).
De par la législation en la matière, l’industriel est obligé, dans un délai fixé, de soumettre ses plans et devis à l’approbation de M. Lebureau. Mais si l’industriel doit soumettre ses plans dans un délai fixe, aucun délai n’est imposé à M. Lebureau pour les examiner, de sorte que si l’industriel n’est pas persona grata et n’a pas montré… patte blanche, ou graissé les rouages, il attendra longtemps, – des mois, des années, – des nouvelles de ses plans. Quand, lassé d’attendre, il ira, respectueusement, en référer à M. Lebureau dans son cabinet, il entendra celui-ci lui répondre d’une voix mielleuse :
« Désolé, mon cher Monsieur ; mais j’ai 73 affaires à étudier avant la vôtre. Patience ! votre tour viendra. »
Malheureusement pour M. Lebureau, l’industriel qui attendait depuis deux heures dans la salle d’attente l’avait entendu faire une réponse identique aux réclamants qui l’avaient précédé. Il avait pour chacun 73 affaires à étudier avant la sienne (authentique).
(À suivre.)

Le Tamatave

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16 juin 2017

Il y a 100 ans : L’avenir de Madagascar (5)

(Suite.)
Les malvacées, auxquelles appartient le pam-pam, ou Urena lobata que le service de colonisation est parvenu à domestiquer.
Les bananiers, surtout sauvages, ou chanvre de Manille, les ananas, les bambous, si nombreux dans ce pays, les débris de canne à sucre, les ravenales dont la richesse de la fibre a déjà fait l’objet d’expériences concluantes, les lianes de toutes sortes qui inondent les forêts, les lougousso qui empoisonnent les champs, tous les focoïdes, etc., etc.
Beaucoup de ces plantes donnent de la soie végétale de grande valeur, et toutes donnent de la pâte à papier, autrement facile à obtenir que celle que l’on obtient des forêts. De plus, toutes ces plantes se reproduisent dans l’année même, quand ce n’est pas tous les six mois, tandis qu’un arbre demande de 40 à 50 ans avant que d’être en état d’être coupé à nouveau.
La seconde cause de la crise du papier réside dans la rareté de la houille. Ce n’est pas que nos mines et celles de l’Angleterre qui nous fournissent ce combustible, ne continuent à donner, même plus qu’en temps ordinaire. Mais le charbon ou houille noire est indispensable aux besoins de la guerre qui, à l’heure actuelle, prime tout.
Ici encore, M. Achile Bergès, dans son rapport, nous fait connaître que Madagascar possède une richesse jusqu’ici presque complètement délaissée.
C’est la houille blanche, qui se trouve partout sous la main, elle aussi en quantité inépuisable. De sorte que notre colonie pourrait fournir à la mère-patrie, et même à l’Angleterre, des fibres et de la pâte à papier nécessaires à leurs industries, et détourner à son profit ces centaines de millions, dont elles paient le tribut aux pays étrangers.
Tout cela serait fort beau si la législation en vigueur à Madagascar sur l’utilisation de la force motrice hydraulique ne venait jeter le holà ! C’est ce que nous allons démontrer.
Nous avons dit que la richesse de Madagascar en houille blanche était incalculable. Mais que dire de la législation qui en régit l’utilisation ?
 (À suivre.)

Le Tamatave

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15 juin 2017

Il y a 100 ans : L’avenir de Madagascar (4)

(Suite.)
Peut-on imaginer une clause léonine plus odieuse, plus inique, plus anti-coloniale, plus monstrueuse enfin. Et, naïvement, M. Lebureau a le… courage de nous demander comment on peut aider au développement de la colonie ! Sa demande est-elle sérieuse ? On pourrait en douter.
La législation sur la propriété foncière remaniée de façon à offrir toutes facilités et toutes garanties au colon, à quoi ce dernier pourra-t-il employer son énergie et son initiative ? Il n’aura que l’embarras du choix suivant son goût et ses aptitudes, car Madagascar présente des ressources si étendues et si variées qu’il serait difficile de trouver une autre colonie, ou même un autre pays, en présentant un ensemble aussi complet.
Les crises que subit la France en ce moment vont nous guider dans cette énumération.
D’abord, celle du papier qui touche directement le journalisme, tant en France qu’en Angleterre.
Elle provient de deux causes : d’abord le manque de matière première que les fabricants tant anglais que français faisaient venir des pays étrangers, pour plusieurs centaines de millions par an. Pour y remédier, d’aucune ont proposé de mettre en coupe réglée les forêts de l’Afrique équatoriale, d’autres proposent d’aller exploiter les bambous de nos colonies de l’Extrême-Orient, etc. Personne ne songe aux ressources que présente Madagascar. Et cependant, il suffirait de remettre au jour le rapport dont nous avons parlé de la commission présidée par Monsieur Achille Bergès, et qui affirme que Madagascar possède des plantes textiles, et quantités inépuisables et de qualité bien supérieure à celles que l’on va chercher dans les pays étrangers. Quantités inépuisables, qualité supérieure… Que l’on demande à M. Augagneur, qui, frappé par cette affirmation, a tenu à en vérifier l’exactitude par lui-même.
L’énumération, ici, de toutes ces plantes, serait trop longue, elles sont d’ailleurs connues de tout le monde. En voici quelques-unes au hasard.
Les cypéranées, auxquelles appartiennent les zouzours, ou cyperus, avec les fibres duquel les anciens Égyptiens ont fait du papyrus, qui a donné son nom aux produits similaires, soit le papier.
 (À suivre.)

Le Tamatave

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11 juin 2017

Il y a 100 ans : L’avenir de Madagascar (3)

(Suite.)
Or on connaît la moralité du Malgache et la valeur de son témoignage surtout lorsqu’il s’agit d’évincer un vazaha.
Sans doute, les tribunaux se montrent aujourd’hui très prudents pour statuer dans des questions de cette nature, mais il n’en est pas moins vrai que le cas s’est présenté, et que cette épée de Damoclès est suspendue sur la tête du colon, qui, s’il n’est pas « persona grata » auprès de M. Lebureau, peut voir d’un coup sa fortune disparaître, en même temps que le produit de ses sueurs et le labeur de plusieurs années.
Devant cette iniquité que l’on peut qualifier de monstrueuse, que fait la Colonie, l’Alma mater du colon ? Il est pénible de le dire mais, comme Pilate, elle s’en lave les mains avec un cynisme qui n’a pas de nom.
Méditez les clauses de son article VI qu’elle insère tout au long dans le titre provisoire de propriété qu’elle vous impose, et qui est à prendre ou à laisser :
Art. VI. – L’autorisation d’occuper le terrain ci-dessus désigné est purement provisoire et est accordée sous la réserve expresse des droits quelconques pouvant appartenir à des tiers ; dans le cas où par suite, soit d’une réclamation émanant d’un tiers, soit d’une action en Justice, soit d’une décision du tribunal statuant sur la demande d’immatriculation, soit d’une sentence de tout autre tribunal, le preneur se verrait contraint d’abandonner tout ou partie de sa propriété, ce dernier n’aura AUCUN RECOURS contre le domaine et ne pourra réclamer de dommages intérêts ; mais il lui sera concédé un terrain d’une superficie égale à celle dont il aurait été dépossédé.
Voyez-vous bien le colon évincé, ruiné, de santé et d’argent, aller recommencer son « via crucis » sur un autre terrain, avec la même perspective d’en pouvoir être évincé, une fois mis en valeur.
Il suffirait de reporter au premier bornage – fait au moment de la demande de concession – ce délai de trois mois accordé aux prétendants droits, avant que le colon n’ait dépensé ni un centime de son argent, ni une heure de sa sueur.
Seulement ce serait trop simple et M. Lebureau se trouverait désarmé. Car pour lui, le colon, comme nous l’avons déjà dit, voilà l’ennemi !
 (À suivre.)

Le Tamatave

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10 juin 2017

Il y a 100 ans : L’avenir de Madagascar (2)

(Suite.)
Or la législation qui régit cette matière dans notre colonie est ce qu’il y a de plus monstrueusement idiot, mauvais et ridicule. La presse, de quelque opinion qu’elle fut, a été unanime à la flétrir de la façon la plus violente. M. Lebureau, impassible, contemple avec satisfaction le malheureux colon se débattant dans les entraves et les pièges que présente cette législation. Le colon !… voilà l’ennemi et cette législation lui permet, d’une chiquenaude, d’envoyer le colon… se faire pendre ailleurs.
Justement ému des plaintes formulées au sujet de cette législation, M. Augagneur chargea M. Rousset de corriger les imperfections du décret du 16 juillet 1897 régissant la matière. Au lieu de cela, ce fonctionnaire rédigea un nouveau décret du 4 février 1911 de cent coudées plus défectueux que le précédent.
Ce fut un tollé général devant le bien-fondé duquel M. Picquié remit l’étude de cette si importante question à une commission présidée par M. Gamon. Devant cette solution, la presse et les intéressés se sont tus, attendant, anxieux, la nouvelle législation.
Il y a déjà quatre ou cinq ans de cela, et comme sœur Anne…
Nos braves colons ont oublié que, lorsque M. Lebureau se trouve en présence d’une question qui l’ennuie, il s’empresse de nommer une commission à qui il en confie l’étude. Tout le monde sait à quoi s’en tenir : la dite question a reçu les honneurs d’un enterrement de première classe. Est-ce là le sort de notre législation foncière ? Avec le Gouverneur général actuel, il y a lieu d’espérer que non.
Nous ne recommencerons point la critique qui en a été faite ; tout le monde la connaît. Nous ne rappellerons qu’un seul point qu’il eût suffi de modifier dans le décret du 10 juillet 1897 pour rendre celui-ci acceptable.
Lorsque, au bout de deux, trois, quatre ans ou plus, le colon a mis en valeur son terrain, – même acheté de la colonie aux enchères publiques, – il doit en demander l’immatriculation et la délivrance du titre définitif.
Or, du jour où avis par affiches est donné au public de cette demande d’immatriculation, les prétendants droits, – qui sont toujours des indigènes, – ont un délai de trois mois pour revendiquer devant les tribunaux la propriété des dits terrains.
(À suivre.)

Le Tamatave

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8 juin 2017

Il y a 100 ans : L’avenir de Madagascar (1)

À M. le président du Comice agricole.
Sur le vœu présenté par les commissions économiques de la Chambre des Députés et le désir exprimé par le Gouvernement, M. le Gouverneur Général vous a demandé : « de vouloir bien procéder à une étude aussi complète que possible, portant sur l’ensemble des ressources de votre région, etc. »
On a procédé à cette étude maintes fois, et peut-être en retrouverait-on trace dans les cartons à oubliettes du Gouvernement général ou du Ministère des Colonies, car une des premières a été faite il y a une quinzaine d’années par une commission envoyée à cet effet par M. Doumergue, alors Ministre des Colonies. Cette commission était composée de trois personnes dont deux, M. Achille Bergès de Grenoble et M. Thury de Paris-Genève, jouissent dans le monde entier d’une réputation incontestée de science et d’expérience.
Peut-être le rapport de cette commission, rédigé sans esprit de parti et sans considération de personnes, a-t-il été un peu sévère à l’égard de certains travaux de colonisation, notamment ceux de la construction du T. C. E.
Il était naturel que, sur ce dernier point, M. Thury le grand électricien et M. Bergès le père de la Houille blanche ne puissent pas admettre que le T. C. E., côtoyant sur son parcours d’importantes chutes d’eau, n’eut pas mis à profit la force motrice hydraulique, qui aurait permis de réduire les courbes et par suite la longueur de la voie en faisant épouser à cette dernière des pentes deux et trois fois supérieures.
M. Lebureau, froissé dans son amour-propre, s’en est vengé en envoyant le susdit rapport dormir du sommeil éternel dans quelque carton, si même il ne l’a pas jeté au panier.
Et cependant… il serait aujourd’hui d’actualité aussi vraie qu’il l’était alors. On pourrait le reprendre sans y changer un mot.
Mais passons et répétons ce qui a été dit tant de fois, dans le cas où le Gouvernement serait réellement disposé à favoriser le développement de la colonie.
Partons d’un principe qui domine tout. C’est celui de la propriété foncière. Celle-ci est la base, la pierre angulaire de toute colonisation. Il serait oiseux d’en faire la démonstration.
(À suivre.)

Le Tamatave

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5 juin 2017

Il y a 100 ans : À propos de mobilisation

En raison de la multiplicité des demandes faites par les fonctionnaires en vue d’être mobilisés, le Gouverneur Général a décidé de donner tout d’abord satisfaction aux plus jeunes en mobilisant, sans aucune exception, pour être envoyés en France, tous les fonctionnaires des classes 1900 à 1917.
Il ne pourra être donné une suite quelconque aux demandes formulées par les autres fonctionnaires avant que ceux appartenant à la catégorie ci-dessus aient reçu intégralement satisfaction.
On signale quelques erreurs commises à propos de la mobilisation. Certains cas particuliers nous sont connus au sujet desquels nous reviendrons si besoin est.
Nous sommes d’ailleurs bien convaincus que M. Garbit, mieux informé, remettra au point ce qui a besoin de l’être, simplement au nom de l’équité.

Poignée de nouvelles

M. Bastel, chef de la sûreté générale, revient à Madagascar. Il s’est embarqué sur le Sidney le 18 janvier.
Le retour de M. Bastel va être la cause d’un mouvement administratif qui n’affectera pas Tamatave.
M. Vally, dit-on, Administrateur en Chef, serait appelé à prendre la direction de Fianarantsoa où, et pour différentes raisons, la présence d’un administrateur expérimenté est nécessaire. M. Berthier serait appelé à la Province de Tananarive, M. Carron, mobilisé sur sa demande, devant rentrer en Europe en mars. Il servirait comme lieutenant dans la cavalerie ou l’artillerie.
D’autres mouvements sont prévus, nous les connaissons. Tout au moins nous les pressentons. Il est prématuré d’en parler ici.

Cyclone

Télégramme officiel n° 45.
Tananarive, le 25 janvier 1917.
Gouverneur Général à Chef Province Tamatave.
Priorité. – Observatoire Tananarive signale présence cyclone au large Océan Indien à hauteur région Vohémar, Antalaha et qui se dirigerait vers Madagascar. Prenez dispositions en conséquence.
Le Tamatave

Service solennel à Mananjary

À l’église paroissiale de Mananjary, le 1er décembre, un service solennel a été fait à la mémoire des soldats de la Grande Île morts pour la patrie.

Le Courrier colonial

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4 juin 2017

Il y a 100 ans : Le R. P. Freydier (2)

(Suite et fin.)
Mais, à toutes ces qualités, il en joignait une autre non moins appréciable aux heures tragiques que nous vivons ; c’est celle du plus pur et du plus ardent patriotisme.
Ainsi que le Delenda Carthago de l’antique roman, pas une de ses allocutions ne se terminait, si même elle ne traitait exclusivement cette question, sans rappeler les malheurs et les souffrances de la France, le dévouement et la vaillance de nos soldats qui sacrifient héroïquement leur vie pour le salut de la mère-patrie, c’est-à-dire pour notre salut à tous. Il insistait toujours auprès des mères de famille pour leur rappeler que leur devoir le plus sacré était d’envoyer leur fils au front, ajoutant qu’elles n’avaient point à se désoler puisque Dieu le voulait ainsi.
En même temps, il rappelait avec insistance à ses auditeurs qu’ils avaient tous le devoir sacré de joindre leurs efforts à l’effort commun, soit en aidant de leur obole les œuvres de guerre, soit surtout en ne cassant de prier pour la France, pour la victoire finale. À cet effet, tous les jours, y compris fêtes et dimanches, le R. P. Freydier convoquait les fidèles à l’église paroissiale afin d’y prier en commun pour la mère-patrie, notamment par la récitation du chapelet qu’il ne laissait à personne d’autre que lui le soin de présider, à de rares exceptions près.
C’est donc un ardent patriote en même temps qu’un saint missionnaire que Madagascar a perdu. Nos regrets n’en sont que doublement amers.
En souvenir de lui, nous tâcherons de ne pas oublier les paroles par lesquelles il a terminé sa dernière allocution prononcée le dimanche même qui a précédé sa mort et qui sont comme son testament mystique : « Aimez-vous les uns et les autres. Aimez surtout les enfants et élevez-les avec soin, afin d’en faire de bons citoyens utiles à la France ! »
Le R. P. Freydier était né le 30 janvier 1845 à Mont, canton de Tence (Haute-Loire). En octobre 1863, il est entré à la Cie de Jésus, où il a consacré une grande partie de sa vie au professorat, préparant les candidats aux écoles de Saint-Cyr et Polytechnique. Ordonné prêtre en 1877, il est venu à Tamatave en avril 1903, et y est resté jusqu’à sa mort, sauf un séjour de 3 ans à l’Île Bourbon.

Le Tamatave

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3 juin 2017

Il y a 100 ans : Le R. P. Freydier (1)

Samedi dernier, la dépouille mortelle du R. P. Freydier, Supérieur de la Mission catholique de Tamatave, dont la mort si rapide a si péniblement surpris tout le monde, a été accompagnée à sa dernière demeure par la population entière de Tamatave. La population entière n’est point ici une hyperbole, car protestants et libre-penseurs se pressaient autour de son cercueil conjointement avec les catholiques. C’est que le défunt était un de ces hommes rares que la France seule produit, et dont elle fait ses apôtres pour son expansion dans le monde.
Esprit large autant que cultivé, de vues très élevées, très tolérant, libéral même, planant au-dessus de toutes divergences politiques ou religieuses, il se souvenait qu’à l’exemple du Christ, il se devait tout à tous. Pour ce motif, accueillant avec tout le monde, riches ou pauvres, petits ou grands, – petits surtout, – il se donnait sans compter.
Mais en cela même, la lame a usé le fourreau, et comme les soldats au front, il est mort sur la brèche. En effet, n’ayant pas voulu ménager sa santé, ni prendre le repos et les soins nécessaires, son excès de zèle a hâté sa fin, car, avec des ménagements, sa robuste constitution lui aurait permis de vivre encore de longs jours, étant de cette race forte du centre de la France qui, généralement, défie les ans et les maladies.
En même temps qu’une noble figure, c’est un homme de grande valeur qui disparaît et qui sera difficilement remplacé. Possédant une voix puissante, harmonieuse, d’une diction pure, doué en un mot d’un véritable talent oratoire, il ne prononçait jamais, cependant, que des allocutions aux idées claires, précises, pratiques, – telles que l’explication et le commentaire des évangiles, – à la portée de tout le monde, et que les plus simples pouvaient facilement comprendre. Ces allocutions, il les prodiguait et les improvisait avec la plus grande facilité. Il était donc un missionnaire, un apôtre dans toute l’acception du mot, ce qui ne l’empêchait pas d’être en même temps un homme du monde, un gentleman accompli, de relations très agréables. Cela explique la considération et la respectueuse sympathie dont tout le monde l’entourait.
(À suivre.)

Le Tamatave

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30 mai 2017

Il y a 100 ans : La réquisition des bateaux

Ce n’est pas sans une certaine déception que les colons de Madagascar ont appris la réquisition de presque tous les bateaux venant visiter notre Colonie. C’est que la question du convoiement des transports de troupes est des plus difficiles à résoudre. La marine doit chaque jour, en Méditerranée principalement, assurer la sécurité d’un grand nombre de vapeurs affrétés. Elle est chargée en outre, avec le concours des marines alliées, du service de patrouille qui fonctionne de Gibraltar à la côte de Syrie. On a réquisitionné pour ce service tous les chalutiers, remorqueurs, yachts à vapeur, embarcations à moteur qu’on a pu trouver. La marine a fait construire des avisos, des vedettes, des canonnières jusqu’à l’extrême limite de la production des chantiers. Notre flotte s’est ainsi augmentée de plus de 500 unités. C’est encore insuffisant. Et c’est pour cela que le ministre de la Marine, bien qu’il ait donné d’autres commandes, a aussi réquisitionné nos bateaux.
Nous devons nous incliner.

Les petits ruisseaux vont aux grandes rivières

On nous écrit :
Un arrêté qui n’a pas encore vu le jour, mais qui paraîtra incessamment, accorde, aux administrateurs chefs de Province ou de district qui ne sont pas logés, une indemnité de logement de 125 fr. par mois, à compter du premier janvier 1917.
Naturellement, les petits fonctionnaires sont oubliés.
Naturellement aussi, les petits ruisseaux vont aux grandes rivières.
B.

Le monument Galliéni

Tamatave, le 22 janvier 1917.
Le Comité pour l’érection d’un monument au Général Galliéni à Tamatave a l’honneur de remercier Messieurs les Souscripteurs de leur générosité et informe le public que la souscription sera close le premier février, la somme recueillie étant suffisante pour couvrir les frais d’achat et d’érection du monument. Il prie les détenteurs de listes de souscription de bien vouloir les remettre avec les sommes recueillies, s’il y a lieu, à Monsieur Covain, Trésorier du Comité.
Pour le Comité :
Le Président, Cauce.

Le Tamatave

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont maintenant disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 62 titres parus à ce jour.

28 mai 2017

Il y a 100 ans : Mort au champ d’honneur

Miquelard, lieutenant-colonel d’infanterie coloniale.
Le commandant Miquelard était en Afrique lorsqu’éclata la guerre, il fut un des conquérants du Cameroun où il commandait une colonne opérant auprès de la Guinée espagnole. Il s’empara de plusieurs points importants, ce qui lui valut le grade de lieutenant-colonel, la croix d’officier de la Légion d’honneur et la Croix de guerre avec palme et étoile. Après son retour du Cameroun, où il resta jusqu’à la conquête définitive, le colonel Miquelard, quoique fort épuisé par le climat du Cameroun, partit presque aussitôt sur la Somme où il resta en première ligne pendant un mois et demi. Son régiment, ayant été très éprouvé, fut mis à l’arrière pour un temps indéterminé. Puis son régiment fut désigné pour servir à l’armée d’Orient. Le 15 septembre 1916, il s’embarquait à Toulon et débarquait le 22 à Salonique, où il était envoyé presque aussitôt dans la région de Florina qu’il contribua à enlever. Le 14 octobre, le régiment que commandait le lieutenant-colonel Miquelard était engagé contre les Bulgares et son chef tomba au champ d’honneur au cours de cette journée.
M. le lieutenant-colonel Miquelard a servi dans la Colonie en qualité de chef de bataillon. Il a été commandant d’armes à Fianarantsoa et officier d’ordonnance du général Winckel-Meyer.
Journal officiel de Madagascar et dépendances

Le régime forestier à Madagascar

En vertu du décret du 23 septembre 1916, le gouverneur général de Madagascar vient de prendre un arrêté promulguant le régime forestier applicable à Madagascar.
Aux termes de cet arrêté, la durée des contrats sera de deux à cinq ans, suivant l’étendue des concessions ; en aucun cas, les concessions ne dépasseront 10 000 hectares. Elles pourront être renouvelées si le concessionnaire a rempli toutes les clauses de son contrat.
Sous aucun prétexte, la durée totale des renouvellements successifs ne pourra excéder vingt ans. L’autorisation de défricher sera donnée par le gouverneur général.
Le Courrier colonial

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6 mai 2017

Il y a 100 ans : Encore la question du riz

On nous écrit :
Le prix du riz monte toujours malgré les taxes qui ne réussiront pas à limiter cette hausse. D’ailleurs, à cette heure le mal est fait. Le riz disponible se trouve entre les mains de spéculateurs qui se rient de la taxe puisqu’elle ne les atteint pas, n’étant imposée qu’aux petits commerçants au détail.
À cela, il n’existe qu’un seul remède héroïque. Celui de réquisitionner tout le riz, comme, en France, on a réquisitionné tout le blé, afin de le céder ensuite à la consommation à un prix raisonnable.
Aura-t-on le courage de le faire ? That is the question.
Il est une autre opération indispensable, pratiquée en Indo-Chine avec la dernière perfection, et qui pourrait être prochainement exécutée puisque nous approchons de la nouvelle récolte.
C’est celle d’établir une statistique faisant connaître la quantité de riz récolté. De relever d’un autre côté la quantité nécessaire à la consommation des habitants de la colonie, – quantité largement calculée, bien entendu, – et de ne permettre l’exportation que de l’excédent. Sans cela, il se trouvera toujours des spéculateurs qui ne se feront aucun scrupule d’accaparer cette denrée, afin d’imposer à leurs concitoyens des prix de famine.
Vous indiquez que, comme à Maroantsetra, on pourrait obliger l’indigène à ne vendre son riz que sur le marché. Mais il se trouvera toujours des spéculateurs assez habiles pour accaparer le riz dans le brousse et éluder cette obligation.
Comme vous le dites, c’est la vie économique de Madagascar qui reste suspendue aux mesures que l’on prendra et qui doivent être radicales.
Le Tamatave

Le régime forestier à Madagascar

En vertu du décret du 23 septembre 1916, le gouverneur général de Madagascar vient de prendre un arrêté promulguant le régime forestier applicable à Madagascar.
Aux termes de cet arrêté, la durée des contrats sera de deux à cinq ans, suivant l’étendue des concessions ; en aucun cas, les concessions ne dépasseront 10 000 hectares. Elles pourront être renouvelées si le concessionnaire a rempli toutes les clauses de son contrat.
Sous aucun prétexte, la durée totale des renouvellements successifs ne pourra excéder vingt ans. L’autorisation de défricher sera donnée par le gouverneur général.

Le Courrier colonial

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5 mai 2017

Il y a 100 ans : Le riz malgache

Dans son intéressante monographie de Madagascar, M. André You, directeur au ministère des Colonies, cite le riz parmi les principales cultures de la Grande Île ; la production de cette plante suffisait largement, dès 1905, à la consommation locale.
« Il n’est pas douteux, écrivait M. You, que cette céréale puisse avoir un grand avenir et donner lieu à un important commerce d’exportation vers les pays voisins, notamment l’Afrique du Sud, la Réunion et Maurice, qui sont tributaires de l’Inde, pour cette denrée d’importance capitale. »
Mais l’exportation risquait de se trouver suspendue sinon arrêtée par la crainte de la maladie connue sous le nom de béribéri que l’on impute à l’introduction du riz décortiqué dans la ration alimentaire des soldats indigènes.
Or, M. le docteur Fontoynont, directeur de l’École de médecine de Madagascar, démontre aisément, dans la Dépêche malgache du 2 décembre 1916, que « le riz malgache ne semble pas pouvoir être la cause d’épidémies de béribéri à l’exclusion des autres riz et que, de tous les riz susceptibles d’être importés dans les régions voisines de Madagascar, le riz malgache est celui qui, en tout cas, a le moins de chance de donner le béribéri. »
En Imerina, on ne vit jamais un Européen ou un indigène atteint de béribéri, parce que jamais on n’y consomme d’autre riz que celui du pays.
Il était bon de rassurer les pays d’exportation sur l’innocuité du riz malgache qui assurera à la Grande Île un produit rémunérateur.
Les Annales coloniales

Les timbres-monnaie de 1 fr.

Plusieurs commerçants nous ont fait connaître qu’ils avaient été estampés par des Hovas au moyen de timbres-monnaie qu’ils faisaient passer pour UN franc de la façon suivante.
Sur le carton-timbre de 10 centimes, ils collent un timbre de 1 centime, dont le 1 est assez semblable à celui de 1 franc, et grattent le C de centime. La couleur du timbre effacée par l’usage est assez difficile à distinguer. Il faut une loupe pour reconnaître la fraude.
Ne serait-il pas plus simple, pour éviter cet estampage, de retirer purement et simplement de la circulation les timbres de 1 franc ?
Transmis à qui de droit.

Le Tamatave

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28 avril 2017

Il y a 100 ans : Vagabondage et recrutement

On nous écrit :
Vous reste-t-il des ouvriers sur votre chantier ? À moi presque pas. Alléchés par les 200 fr. de prime qu’on leur donne, nos meilleurs ouvriers ont été se faire inscrire au bureau de recrutement. Je me suis bien laissé dire que deux d’entre eux, avec quelques autres camarades, se sont empressés de jouer « la fille de l’air », aussitôt les 200 fr. empochés, mais ils se sont bien gardé de revenir sur mon chantier, où ils auraient pu être pincés.
Pendant ce temps, nous voyons dans nos villages des groupes de jeunes gens bien bâtis, « costauds », drapés dans leurs lambas, se promener du matin au soir, ou plutôt du soir au matin, sans qu’on leur connaisse aucun moyen d’existence.
Vous leur demandez s’ils ne consentiraient pas à venir travailler chez vous pour remplacer les absents. Ils vous répondent dédaigneusement que eux ne connaissent pas travailler. Les petits larcins de manioc, patates, canne à sucre, bananes, etc., dont les propriétés voisines sont abondamment pourvues, leur permettent de vivre sans rien faire. Ils sont donc une charge pour la société, ou mieux un danger pour elle.
Les agents chargés de racoler des volontaires ne pourraient-ils conduire au bureau de recrutement ces gaillards-là qui, une fois encadrés militairement, seraient aptes à rendre autant de services que les autres ? Pourquoi, à leur égard, userait-on de ménagements qu’on ne garde pas pour les citoyens français qui, eux, sont envoyés à la caserne qu’ils le veuillent ou non. C’est là une question de salubrité ou de moralité qui devrait attirer l’attention de nos gouvernants. Le service obligatoire pour tous les vagabonds et gens sans travail.
Qu’on y réfléchisse. La vie économique de Madagascar en dépend.
Le Tamatave

Les cuirs de Madagascar

Le mécontentement des colons malgaches persiste à l’égard de la commission de réquisition dont les maladresses ont été déjà plusieurs fois signalées à nos lecteurs.
La presse locale se fait le porte-parole des colons et la Tribune de Madagascar ne craint pas de dire que parmi les cuirs réquisitionnés et arrivés en France, il s’en trouve dans les magasins du Havre, qui ont été refusés par l’Administration et attendent qu’on leur fasse un sort.

Le Courrier colonial

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24 avril 2017

Il y a 100 ans : La taxe du riz, criante anomalie

On nous écrit :
Voulez-vous nous permettre, par la voie de votre journal, de faire remarquer à qui de droit la criante anomalie qui existe à propos des riz. Ceux-ci sont taxés au détail à 0 fr. 25 le kilo.
Or le riz vendu à Tamatave vient des Hauts Plateaux et, tous frais payés, revient aux négociants en gros à 280 fr. la tonne au minimum. Si minime que soit leur bénéfice, en petits commerçants, et si mince également que soit le bénéfice de ces derniers, il est impossible de le vendre à moins de 30 cent. le kilo.
On n’est pas en haut lieu sans connaître cette situation, puisqu’un service administratif vient d’acquérir 30 tonnes de cette denrée à un prix exorbitant.
Cette pénible situation a deux causes : d’abord, l’exportation intense qui en a été faite sans réserver le stock nécessaire à la consommation du pays. Et ensuite, la spéculation qui a accaparé cette denrée et en a majoré les prix sans vergogne et sans autre raison que celle de réaliser de gros bénéfices.
À la première cause, M. le Gouverneur Général a apporté un remède radical, en interdisant, quoique un peu tardivement, la sortie du riz.
On pourrait obvier à la seconde en obligeant les indigènes à ne vendre leur riz ou paddy de luxe que sur un marché public, suivant une taxe, et sous le contrôle d’un fonctionnaire, ce qui couperait court à la spéculation.
Du reste, c’est ainsi que cela se pratique sur le marché de Maroantsetra, et ce procédé a donné d’excellents résultats. Ne pourrait-on l’étendre à l’Émyrne et autres pays de production, à ce moment où la nouvelle récolte va venir sur les marchés ? Il y va de l’intérêt public, le riz étant la base de la nourriture de toute la population.
Le Tamatave

Morts au champ d’honneur

Giraudet (Raphaël), caporal au 54e colonial. – Tombé au champ d’honneur au corps expéditionnaire d’Orient, le 21 octobre 1916.
Clementine (Germain-Emmanuel), soldat au 54e colonial. – Tombé au champ d’honneur au corps expéditionnaire d’Orient, le 28 octobre 1916.
Hyla (Jean), soldat au 56e régiment d’infanterie coloniale. – Mort à l’ennemi, le 17 août 1916, à Doldzeli (Macédoine grecque).
Ces trois militaires habitaient Tamatave avant le commencement des hostilités. Leurs familles résident actuellement à Tamatave.

Journal officiel de Madagascar et dépendances

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