1 novembre 2019

Il y a 100 ans : Bassin-abri (2)


(Suite et fin.)
Il suffirait donc de la prolonger jusqu’à la tête Amiot, en contournant le récif. D’après certains ingénieurs, son coût n’atteindrait pas 300 000 frs, ce chiffre pourrait même être réduit de moitié de la façon suivante.
La Colonie étant propriétaire des carrières de pierre, le T. C. E. pourrait construire un embranchement rejoignant la plus rapprochée de la voie et les blocs de pierre seraient ainsi transportés sans transbordement de la carrière directement sur la jetée. L’économie serait considérable et cet embranchement viendrait à propos pour aider à la construction du port qui, chaque jour, s’impose davantage.
Si, à cette heure, les rails faisaient défaut pour la construction de cet embranchement, en attendant leur arrivée, la plate-forme à construire pourrait recevoir des rails Decauville. Sans doute, dans ce cas, un transbordement serait nécessaire ; mais il peut être facilité par une grue puissante.
La nécessité de la construction de ce bassin-abri s’impose avec plus d’urgence qu’en 1917 car rien ne nous fait prévoir que la mauvaise saison ne nous réserve pas une surprise aussi désagréable qu’à cette époque-là. Dans ce cas le désastre serait complet, c’en serait fait de la navigation côtière, car les voiliers qui restent viendraient à être détruits, et les paquebots ne pourraient assumer le même service ; il leur serait impossible de s’arrêter dans tous les ports de la côte, de plus ils ont le service des grandes lignes à assurer.
Heureusement que, dans la dernière séance des Corps constitués tenue à la Mairie sous la présidence de M. le Gouverneur Général, la construction immédiate de ce bassin a été décidée et l’exécution en sera confiée à M. Bénard, Ingénieur des Travaux publics dont la compétence en cette matière est bien connue.
Il était temps. Si, en effet, M. Lebureau avait attendu pour préparer cet abri que tous les voiliers eussent été détruits, il aurait ressemblé à l’Arabe qui, n’ayant plus de quoi nourrir son âne, le vendit pour acheter de l’avoine.
Le Tamatave



Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 82 titres parus à ce jour.

30 octobre 2019

Il y a 100 ans : Bassin-abri (1)


Parmi les nombreuses questions posées par les Corps constitués à M. le Gouverneur Guyon, lors de son passage à Tamatave, figure celle de la construction d’un bassin-abri pour les voiliers. La question n’est pas neuve. Elle s’est posée d’abord en février 1917 au moment du passage du cyclone qui a détruit des constructions publiques, jeté à la côte sept voiliers appartenant à divers commerçants de ville et dont les débris jonchaient les rochers du boulevard Gallieni. Cet événement avait porté un coup violent au commerce de notre ville et ruiné quelques propriétaires de ces bateaux pour qui cela constituait le seul moyen d’existence. Aussi avait-on proposé de construire un bassin-abri pour voiliers afin d’éviter le retour de pareil désastre.
La construction de ce bassin-abri s’imposait d’urgence aussitôt la mauvaise saison terminée, et avant qu’elle ne recommençât. 1917 s’écoula sans que les pouvoirs publics s’en fussent préoccupés.
Ce ne fut qu’en octobre 1918 que la Commission consultative fit part de ce projet à M. le Gouverneur Général Schrameck. Celui-ci en prit note comme il prenait note de tout, et les Tamataviens apprennent avec joie qu’un crédit de 600 000 francs figurerait dans l’exercice de 1919 en vue de la construction du bassin-abri en question. Mais voilà que l’exercice 1919 va être clos et que va commencer celui de 1920, sans qu’on ait vu un commencement de construction, bien que des études aient été faites.
Pourtant, ce bassin est bien loin d’offrir les difficultés d’exécution qu’exigera le port de Tamatave. Il suffirait d’un empierrement ou jetée en pierres sèches partant de la tête Amiot et contournant le récif ; il arrêterait les vagues déjà brisées par le récif lui-même. La preuve de son efficacité et sa résistance la fournit le morceau de jetée en pierres sèches lancé sur le récif en face de la gare du T. C. E.
Non seulement cette jetée a parfaitement résisté à la violence des vagues, mais encore, malgré son peu d’étendue, elle a abrité suffisamment les remorqueurs et les chalands qui se sont trouvés sous son action.
(À suivre.)
Le Tamatave



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29 octobre 2019

Il y a 100 ans : La mortalité infantile à Madagascar


La question du peuplement de nos colonies est étroitement liée à celle de leur mise en valeur. Elle doit faire l’objet des préoccupations de notre administration au double titre économique et social.
Nous devons protéger les indigènes contre les fléaux qui les déciment.
À Madagascar, une trop grande quantité d’indigènes des Hauts Plateaux sont victimes tous les ans des affections pulmonaires, surtout pendant la saison froide.
A-t-on fait quelque chose pour lutter contre cette cause essentielle de dépopulation ?
L’administration de M. Schrameck répond : « Oui. » Et en effet, une circulaire de 1917 oblige les indigènes à vêtir leurs enfants d’une façon convenable. Elle stipule même que les enfants indigents seront vêtus par les soins du village.
Dans la réalité, cette circulaire demeure lettre morte, et les enfants qui vivent dans la brousse sont nus ou presque nus en toute saison, d’où une mortalité effroyable.
On voit souvent des femmes très confortablement vêtues porter leurs enfants rigoureusement nus à la consultation du médecin.
Interrogées sur cette façon d’agir, elles répondent que la coutume le veut ainsi, et qu’elles n’ont pas été élevées autrement que leurs enfants.
C’est donc cette coutume néfaste qu’il faut s’attacher à combattre et qu’il faut vaincre. Par quels moyens ? C’est à l’administration à les trouver. Elle est justement faite pour cela. Mais, en principe, ni les circulaires ni les arrêtés ne peuvent rien en l’occurrence.
Si les décrets avaient l’omnipotence qu’on leur prête, il y a longtemps, je présume, qu’un député socialiste aurait fait décréter le bonheur universel.
Ce n’est pas un arrêté du gouverneur général qui atténuera la mortalité sur les Hauts Plateaux de la Grande Île. Peut-être est-ce plutôt l’éducation des indigènes qu’il faut envisager.
Le Courrier colonial

Vol

Ces jours derniers, environ 600 francs ont disparu de la caisse du sympathique commerçant de notre place M. Juge. On recherche le voleur.
Le Tamatave


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27 octobre 2019

Il y a 100 ans : Un fonctionnaire malgache meurt à cent huit ans


On a tort de négliger la lecture des journaux officiels, aussi bien des colonies que de la métropole. On y découvre parfois des choses intéressantes même dans la rubrique nécrologique, témoin le Journal officiel de Tananarive du 4 juillet, qui a publié, dans son édition malgache, l’information suivante.
« Raindrasto est mort. Il était né à Tananarive vers l’an 1801, sous le règne de Radama Ier. Il était officier de l’État malgache et a donné toujours satisfaction à ses chefs. Il était également chef du service de poudres à Isoraka et Analakely, et chef de l’agriculture sous le règne de Rainilaiarivony (époux de la reine Ranavalona).
« Il a la médaille d’Ordre du Mérite du gouvernement français.
« Décédé le 28 juin 1919, il était bien connu de son pays et avait beaucoup de monde pour suivre son cortège funèbre.
« Il a vu jusqu’à la cinquième génération de ses descendants.
« Il est bon d’ajouter que cinq de ses petits-fils sont engagés volontaires dont deux sont morts pour la France. »
Le Courrier colonial

Exportations

Le vapeur Clan Macewen de la firme Cayser-Iroine and C° Ltd a embarqué dans notre port les marchandises suivantes :
Pour le Havre : graphite 1 362 119 k. (dont 500 t. environ marques SLM, 300 marques diverses), peaux brutes arséniquées 332 442 k., peaux brutes de mouton 2 975 k., café en fèves 5 055 k., fécule de manioc 39 471 k., farine de manioc 60 122 k., tapioca 9 867 k.
Pour Londres : corindons 49 470 k., raphia 80 000 k., farine de bananes 4 891 k., billes d’ébène 61 021 k., billes de palissandre 11 307 k., graphite 6 900 k.
On annonce que cette Cie enverra un vapeur tous les mois.
Le voilier Protea a embarqué pour Durban 240 555 k. de riz entier.
Le vapeur Ville d’Oran a embarqué dans notre port les marchandises suivantes pour la Réunion : 50 k. de conserves de viande, 300 k. de charcuterie, 8 840 k. arachides, 13 285 k. saindoux, 8 200 k. salaisons de porc, 1 300 k. de salaisons de bœuf, 2 000 k. de grains, 1 100 k. de café en fèves, 43 960 k. de maïs en grains, 167 k. de ciment, 35 000 k. bœufs vivants.
Le Tamatave


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6 octobre 2019

Il y a 100 ans : Le scandale de Madagascar


On se rappelle les circonstances dans lesquelles le trop fameux Schrameck – déjà connu pour ses agissements comme préfet de l’Aisne, puis comme directeur de l’administration pénitentiaire – a été désigné comme gouverneur intérimaire de Madagascar.
Le gouverneur, M. Garbit, après avoir rendu de grands services à notre grande colonie, par son administration active et intelligente, avait mené à bien la mobilisation malgache.
Quand cette tâche eut été accomplie, il demanda lui-même à revenir en France, prendre son poste de combat, et Schrameck fut alors désigné pour exercer l’intérim du gouvernement de Madagascar.
Il trouve sans doute le séjour agréable et le poste avantageux, car il ne veut plus rendre sa place ; bien plus, il se lance dans de vastes projets, pour lesquels il demande la bagatelle de 400 millions, dont il refuse, d’ailleurs, de laisser contrôler l’emploi.
Cela ne va pas sans protestations de la part de ses administrés qui espéraient voir finir, avec la guerre, nos déplorables pratiques d’autrefois, qui comptaient que nos colonies prendraient un nouvel essor sous la direction d’hommes compétents et qui se trouvent tomber de nouveau sous la coupe d’un fonctionnaire politicien, dont le passé n’est pas fait pour leur donner confiance.
Les chambres de commerce exigent, si un emprunt est contracté, qu’un organe sérieux de contrôle soit constitué ; elles ont adressé leurs protestations en haut lieu, et saisi M. Henri Simian, ministre des colonies, de leurs justes réclamations. Schrameck vient de débarquer à Marseille, sans doute pour fournir les explications nécessaires.
Espérons que le ministre aura l’énergie de ne pas laisser aux mains d’un pareil intérimaire l’œuvre admirable fondée par Gallieni.
L’Action française

Importations

Le vapeur Australcrag consigné à la Cie Lyonnaise a débarqué dans notre port les marchandises suivantes : 9 000 caisses essence de pétrole, 15 948 caisses pétrole, 664 barriques huile à graisser, 2900 caisses huile à graisser, 170 barils graisse minérale, 625 caisses graisse minérale, 1 100 rouleaux Texaco Roofing, 70 caisses Texalène, 75 caisses peinture asphalte.
Le Tamatave


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5 octobre 2019

Il y a 100 ans : Le coup de canon de 8 heures


On ne saurait se figurer les inconvénients qui ont résulté de la suppression de ce coup de canon, arbitre de toutes les horloges et montres de notre ville auxquelles il imposait l’heure vraie de sa voix impérative. Dès qu’elle se faisait entendre, tous les chronomètres sortaient des poches pour se voir mis d’accord avec lui. Depuis que ce maître ne parle plus, horloges et montres vont à leur propre gré, ou plutôt au gré de leurs propriétaires. Ainsi les montres des employés retardent toujours tandis que celles des patrons avancent continuellement. Celle du chef de gare, on ne sait pourquoi, a quelquefois de l’avance sur celles des voyageurs, tandis que ceux-ci se plaignent souvent de voir retarder l’horloge du lieu de destination. Mais le plus grand écart que l’on puisse constater est bien celui qui existe entre l’heure des maîtres et celle des élèves qui ne sont jamais d’accord, sauf le jeudi et le dimanche.
Cet état de choses donne lieu à des discussions interminables entre les uns et les autres – discussions qui n’auraient pas lieu si l’arbitre tonnant venait les trancher tous les jours. Vraiment, l’économie qu’on réalise ne compensera jamais les inconvénients qui en résultent.

La route d’Ambodiriana

On nous signale que cette route est dans un état lamentable. En plusieurs endroits, la végétation a recouvert la route qui disparaîtra complètement sous les broussailles si on n’y remédie pas. En d’autres endroits, elle est encombrée par des tas de terre glaise qui contribuent également à la rendre impraticable, en d’autres aussi, la caillasse coupe les pneus des pousse-pousse, motocyclettes et automobiles. De plus, au-delà du 21e kilomètre, la route n’est plus qu’un sentier malgache tout bourbeux et qui n’est accessible qu’aux piétons.

Les fêtes de la Paix

Dans notre dernier numéro, nous avons oublié de signaler les belles décorations de la ville dues à notre sympathique agent voyer M. Lepervenche et celles de la kermesse auxquelles M. Tréal des Travaux publics a pris une large part. À ces deux fonctionnaires, toutes nos félicitations.
Le Tamatave


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4 octobre 2019

Il y a 100 ans : Madagascar est une autre Golconde (2)


(Suite et fin.)
Non, M. Lacroix a simplement observé que « la scapolite jaune forme des cristaux allongés suivant l’axe vertical et dont quelques-uns atteignent plusieurs centimètres de longueur. Ce sont des prismes quadratiques, à faces creusées de profonds sillons longitudinaux ; ils sont dépourvus de sommets, mais quelques-uns paraissent avoir été basés. Toutefois, les faces terminales sont remplacées par une série de surfaces coniques, lisses et brillantes, rappelant celles du béryl de Sahanivotry, sous la réserve qu’il n’y existe aucun plan mesurable. » Ouf !
Certes, M. Lacroix, tout ceci est bon à savoir, mais combien vos travaux seraient suivis de plus près, si vous nous disiez les propriétés « bénéfiques » ou maléfiques de la scapolite jaune, si, comme l’opale, elle porte malheur, si elle est aussi néfaste que le diamant bleu, ou si, au contraire, elle fera trouver le prince charmant à la bergère qui portera la scapolite à son doigt ?
Ah ! qui nous dira les vertus cachées des gemmes de la Grande Île ?
Le Courrier colonial

Soirée théâtrale indigène

L’abondance des matières nous a empêché de parler de la soirée théâtrale donnée par les indigènes dans la soirée de samedi dernier.
Elle fut en tout point réussie : les artistes ont été excellents – la salle était joliment occupée – et l’on remarquait de ravissantes toilettes.
Tout s’est passé, du reste, avec une parfaite correction et nous félicitons vivement les organisateurs de cette belle soirée.
Le même jour, MM. les sous-officiers ont donné un bal qui a été également un gros succès.
Le Colonel commandant d’armes, M. l’Administrateur-Maire et beaucoup d’invités de marque et leurs dames se sont fait un plaisir de répondre à l’invitation de ces messieurs.
Beaucoup de monde et beaucoup d’animation à ce bal qui s’est prolongé jusqu’au matin.
Dimanche soir, le bal donné à l’école officielle d’Ambodimanga a été également très réussi. Très nombreuse assistance, ravissantes toilettes de nos belles ramatoas, nombreux smokings impeccables, portés par nos élégants faux-cols.
L’orchestre était malheureusement un peu maigre, ce qui a nui un peu à l’entrain de cette fête laquelle, malgré tout, a été un succès. Tout s’est passé avec la plus parfaite correction.
Le Tamatave


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27 septembre 2019

Il y a 100 ans : Madagascar est une autre Golconde (1)


Dernièrement, l’Académie des sciences a entendu le rapport de M. H. Lacroix sur quelques pierres précieuses de la Grande Île.
Parmi les faits intéressants mis en évidence par l’étude de la minéralogie de Madagascar, il en est peu, dit M. Lacroix, qui soient plus imprévus que la découverte de plusieurs minéraux, communs ou rares, entrant dans la constitution de roches granitiques et qui, au lieu de se présenter avec l’opacité plus ou moins grande qu’ils possèdent partout ailleurs, se trouvent dans la Grande Île en cristaux transparents et tellement limpides qu’ils peuvent être utilisés comme gemmes quand, par ailleurs, leur dureté est suffisante.
Voilà une nouvelle tout à fait de nature à réjouir nos élégantes. La rivière de diamants et le collier de pertes sont aussi communs aujourd’hui que les colliers de verre, et les marchandes des quatre saisons poussent leur brouette avec des mains ruisselantes de brillants.
La perle et le diamant se sont encanaillés, si l’on peut dire. Le rapport de M. Lacroix vient à son heure, pour révéler au noble faubourg toute une série de gemmes inconnues. Nous avons l’orthose jaune d’or foncé, et le diopside vert sombre qui feront merveille sur votre col ivoirin, Madame la marquise. Et que vous semblerait d’une « esclave » semée de kernerupines d’un vert olivâtre clair d’Itrongahy ? (Ça, ce doit être rupin !)
La Grande Île nous offre encore la danburite jaune topaze de Maharitra et d’Imale… autant de gemmes d’une exceptionnelle pureté qui feront des bijoux rares, auprès desquels le « Régent » ne sera plus que de l’eau de… charbon.
Mais M. Lacroix est un savant et il ne s’arrête pas à ces considérations frivoles.
Comme il avait trouvé une nouvelle pierre malgache d’un jaune limpide et d’une pureté exceptionnelle, l’idée ne lui est point venue de rechercher si elle serait mieux montée en épingle ou enchâssée dans un bloc de platine, ni si cette pierre devait être portée au printemps plutôt qu’en été, ni si elle conviendrait aux blondes plutôt qu’aux rousses ou aux brunes.
(À suivre.)
Le Courrier colonial



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25 septembre 2019

Il y a 100 ans : C’est la concurrence qui secouera l’apathie des indigènes malgaches


Une vague de paresse, nous dit-on, passe sur l’Europe et la France. Si nous en croyons un colon de la Grande Île, il y a beau temps que les indigènes de Madagascar se laissent rouler mollement par cette vague et ils s’en trouvent si bien, que ni discours, ni enseignements, ni exemples ne sont assez puissants pour les inciter à faire un effort sérieux.
Les pouvoirs publics et l’opinion se préoccupent par exemple de l’importante question de l’élevage. On voudrait accroître le cheptel en quantité et surtout en qualité. Comme c’est l’indigène qui possède la majeure partie des troupeaux, il semble que, si l’on faisait son éducation professionnelle, de bons résultats pourraient être obtenus.
Peine perdue, dit un colon.
« Ce qu’il faut, c’est se persuader, une fois pour toutes, qu’on n’arrivera à rien avec l’indigène.
« L’indigène entend obtenir le maximum de rendement avec le minimum d’efforts et sans dépenses. Il y a cela une cause que nous connaissons bien, parce que nous la suivons depuis des années, mais il faut vouloir faire, tout d’abord, cette constatation.
« Ce ne sont pas les écoles ou les fermes qui obvieront aux effets de cette mentalité, ces gens-là n’ont pas le crâne fait comme le nôtre. On ne les amènera à un progrès que lorsque d’autres vendeurs apporteront des produits de plus en plus parfaits sur les mêmes marchés qu’eux et qu’ils sauront que s’ils vendent moins cher, c’est que leurs produits sont inférieurs. Or, celui qui sera capable de faire cela, c’est le colon. »
Ces réflexions nous semblent parfaitement justes. C’est par la fréquentation quotidienne de la race plus civilisée que l’indigène progresse, c’est surtout lorsqu’il voit dans le colon un concurrent direct qu’il se préoccupe d’améliorer ses méthodes de production. L’école n’obtient jamais de pareils résultats chez les peuples primitifs.
Le Courrier colonial

Le courrier

On a remarqué, et on s’est plaint, de la lenteur exceptionnelle apportée au dépouillement du courrier de la Ville d’Arras. Ce bateau a mouillé à 6 heures du matin et les premières lettres n’étaient pas encore distribuées à onze heures.
Le Tamatave


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22 septembre 2019

Il y a 100 ans : Les colons de la Grande Île se plaignent de leurs facteurs


M. Schrameck trouve que rien ne va à Madagascar et, sur certains points, ses anciens administrés sont tout à fait d’accord avec lui. Par exemple, les colons de la Grande Île se plaignent des fantaisies du service postal et de son insuffisance.
De ceci, Madagascar n’a pas le monopole, les points du globe où le service postal laisse à désirer sont nombreux. Une chose est particulière à Madagascar cependant. Ailleurs, on déplore que les lettres n’arrivent point ; ici on prétend qu’elles ne parlent même pas.
L’administration des P. T. T. a bien mis des boîtes à la disposition des particuliers pour jeter leur correspondance ; elle a chargé des facteurs indigènes de ramasser les missives ainsi confiées à ses soins, mais voici où commence la difficulté. Les facteurs indigènes n’ont pas saisi leur véritable mission ; ils respectent le secret des boîtes aux lettres et se gardent bien d’en extraire les plis que le public y a déposés. À Madagascar, les indigènes sont discrets.
Peut-être, estiment-ils, que ce n’est vraiment pas la peine de vider les boîtes avant qu’elles soient pleines. Le temps est une chose précieuse et ce serait le gaspiller que de transporter en cinquante voyages ce qui peut être transporté en un seul.

Les relations maritimes entre Bourbon et Madagascar

Les habitants de la Réunion se plaignent de la situation actuelle des relations maritimes entre leur île et Madagascar.
Ils demandent que les navires des Messageries Maritimes, qui font le tour de Madagascar, soient déroutés après les escales de Tamatave et Mananjary.
Il est nécessaire que les navires ainsi déroutés touchent ces derniers ports avant d’arriver à la Réunion, parce que c’est là qu’on trouve, en outre des riz, les autres articles d’alimentation et les bœufs indispensables à l’île, fournis par le Betsileo, l’Émyrne, Moramanga et la région du lac Alaotra ; Majunga et Tuléar y ajouteraient leur précieux appoint de riz blanc, de pois du Cap et de tortues.
Il ne faut pas oublier que Madagascar est le fournisseur obligé du Réunionnais, surtout depuis la guerre.
Le Courrier colonial


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19 septembre 2019

il y a 100 ans : Madagascar sans monnaie


Il y avait dans la Grande Île 2 millions de pièces laurées en circulation, et tout le monde s’accommodait fort bien de ces monnaies impériales.
Un décret vint, qui les démonétisa. Les pièces furent retirées ; le bon sens eût voulu qu’elles fussent remplacées par une égale quantité de pièces frappées à l’effigie orthodoxe. Naturellement rien de semblable ne fut fait et Madagascar subit une crise de monnaie divisionnaire. C’est une crise moins grave que celle du fret. Il n’en est pas moins vrai qu’elle est gênante pour les transactions courantes, aussi les colons nous demandent s’il ne serait pas possible de leur envoyer quelques colis postaux de pièces de nickel.
Une pareille expédition serait quelque peu risquée. Depuis des mois, le colis postal a une fâcheuse tendance à prolonger outre mesure son séjour sur les quais d’embarquement. Il arrive, même s’il ne renferme que les denrées les moins enviables, que le colis disparaisse. Que pourrait-il bien advenir d’un colis de pièces de nickel ?

La Grande Île est dans le marasme

De la Démocratie Nouvelle :
En ce moment, la main-d’œuvre indigène fait complètement défaut. Depuis l’armistice, il n’y a plus de bateaux. Les quelques rares paquebots qui arrivent mettent de trente-cinq à cinquante jours pour faire la traversée, au lieu de vingt. Quatre sont arrivés chargés de troupes et lestés de sable, alors qu’on manque de tout.
L’Orénoque a dû laisser à quai, à Marseille, des colons, des fonctionnaires, des soldats démobilisés qui avaient retenu leurs places depuis le point de départ. Résultat : indemnités à payer, traitements doubles, etc., etc.
Les colis postaux n’arrivent plus ; le manque de remèdes a causé, pendant l’épidémie de grippe, de nombreux décès. Et, pendant que les commerçants français sont dans le marasme, Chinois et Indiens s’approvisionnent par la voie anglaise de produits anglais, indiens ou japonais.

Matériel sanitaire pour Madagascar

Le département de la guerre a cédé à Madagascar pour environ 500 000 francs le matériel sanitaire désaffecté.
On compte que ce matériel arrivera dans la Grande Île avant la fin de l’année, en même temps que les machines agricoles commandées en France par le gouvernement général.
Le Courrier colonial


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18 septembre 2019

Il y a 100 ans : Les indigènes de la Grande Île apprécient nos institutions


Les indigènes de la Grande Île paraissent sensibles aux marques d’intérêt que leur prodigue l’Administration française. Mieux encore, ils semblent comprendre la haute portée des réformes sociales introduites chez eux.
Dernièrement, une trentaine de notables indigènes, tous commerçants, se sont rendus à la Résidence pour remercier le gouverneur général à propos de la récente création d’un orphelinat.
De plus, ils ont fait connaître au chef de la colonie qu’ils participeraient très volontiers aux frais de cet établissement
Les notables de la Grande Île apprécient en effet nos méthodes d’éducation et paraissent même regretter que l’instruction soit donnée à leurs enfants avec quelque parcimonie.
Plusieurs d’entre eux viennent de manifester le désir de voir se créer dans la colonie une école indigène supérieure, avec un internat très surveillé. Quant aux carrières ouvertes par le passage dans cette école, ils voudraient qu’elles fussent non pas administratives, mais commerciales, et que leurs enfants reçoivent une instruction leur permettant de les seconder dans leurs affaires, ou de trouver des situations intéressantes auprès des employeurs européens.
À l’heure actuelle, disent-ils, cet enseignement fait complètement défaut. Sa création n’entraînerait pas de grosses dépenses au budget puisque nous sommes disposés à payer les frais d’instruction de nos enfants.
Malheureusement, il y a pénurie de personnel dans le service de l’enseignement, et M. Schrameck lui-même a fait la critique de celui-ci.
Le Courrier colonial

La représentation de Madagascar au Parlement

La question de la représentation de Madagascar au Parlement a été posée le 25 juin dernier par M. Cazenave, sénateur du Rhône.
La réponse du rapporteur sur le projet de réforme électorale a été assez curieuse : « Il faudra d’abord que les cadres administratifs pour cette consultation soient préparés. L’heure n’est donc pas venue de poser cette question. »
M. Cazenave n’a pas poussé plus loin la discussion. Il est probable qu’il n’a pas senti le moment favorable car il ne pouvait vraiment considérer la réplique du rapporteur comme un argument sérieux.
Le Tamatave


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 82 titres parus à ce jour.

16 septembre 2019

Il y a 100 ans : Les fêtes de la victoire à Tananarive


À Madagascar, comme dans tous les points du globe où flotte notre pavillon, la nouvelle de la signature de la paix a été le signal de réjouissances spontanées de la part des indigènes.
Les fêtes officielles avaient été reportées au 14 juillet. Malheureusement, par suite de l’épidémie de grippe qui, au dire de M Schrameck, a fait 30 000 victimes à Madagascar (et suivant d’autres informations 50 000), les fêtes officielles ont dû être reportées à une date plus éloignée.
Le gouverneur général a décidé que, dans les circonscriptions contaminées par la grippe, les réjouissances n’auraient pas lieu le 14 juillet et seraient différées jusqu’aux fêtes de la paix qui seront célébrées après la disparition complète de l’épidémie.
Comme conséquence, la Fête Nationale a comporté seulement les cérémonies patriotiques.
Dans les circonscriptions qui, après avoir été atteintes de la grippe, ont été déclarées indemnes, les chefs de circonscription ont eu toute latitude pour organiser des réjouissances ou les différer. La circulaire du gouverneur général les autorisait même à utiliser tout ou partie des crédits disponibles sous forme de secours aux familles les plus éprouvées.
Les circonstances imposaient cette décision. À Tananarive particulièrement, il était de toute nécessité d’éviter un rassemblement d’indigènes provenant de différents points de la province les plus éprouvés et peu éloignés de la capitale.
Pour célébrer les fêtes de la paix, il sera possible d’organiser trois journées allant du samedi au lundi, alors qu’aucun retour offensif de l’épidémie ne sera à prévoir. L’alerte a été suffisamment chaude pour que l’on désire en éviter le retour.
Le Courrier colonial

Importation

Le vapeur Australcrag consigné à la Cie Lyonnaise a débarqué dans notre port les marchandises suivantes : 9 000 caisses essence de pétrole, 15 948 caisses pétrole, 660 barriques huile à graisser, 2 900 caisses huile à graisser, 170 barils graisse minérale, 625 caisses graisse minérale, 1 100 rouleaux Texaco Roofing, 70 caisses texalène, 75 caisses peinture asphalte.
Le Tamatave



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15 septembre 2019

Il y a 100 ans : La personnalité civile accordée aux Chambres consulaires de Madagascar


Un récent décret accorde la personnalité civile aux Chambres de commerce, de l’industrie et de l’agriculture de Madagascar.
Comme conséquence, ces assemblées auront voix consultative dans les décisions du gouvernement. Elles auront qualité pour fonder ou administrer des établissements à usages commerciaux tels que bourses, magasins généraux, laboratoires, fermes modèles, etc. De plus, elles auront un budget propre et pourront être autorisées à contracter des emprunts.
Le décret qui accorde la personnalité civile aux Chambres de commerce de Madagascar a été motivé par le développement économique, de jour en jour plus considérable, de la Grande Île.
Malgré la guerre, le commerce total de la colonie, qui n’était en 1902 que de 55 millions de francs, s’est élevé en 1916 à 187 millions et en 1917 à 223 millions.
Cet accroissement continu en dépit de l’insuffisance des transports maritimes est le meilleur critérium du développement rapide de toutes les branches économiques de notre colonie. Aussi ne pouvait-on que trouver légitimes les aspirations des colons français qui désiraient voir accorder la personnalité civile à quelques-unes de leurs Chambres consultatives.
Les nouvelles organisations, avec une autonomie et des ressources propres, des attributions plus étendues, ne pourront qu’accentuer la collaboration précieuse des colons avec l’administration pour le plus grand bien de l’intérêt général.
La nouvelle organisation prévoit que deux membres indigènes feront partie de ces assemblées.

La rue du Papin

On a dû l’oublier, car il a l’air d’y avoir longtemps qu’on n’y a pas touché. Aussi a-t-elle pris un curieux aspect. Une partie des cailloux s’est détachée, ce qui fait la joie des gamins qui ont de quoi exercer leurs talents balistiques. Une autre partie adhère encore, ce qui fait horriblement cahoter les véhicules qui ont le malheur de s’y aventurer. Songez donc, il y a quatorze ans qu’elle n’a senti le rouleau compresseur, et la ruelle tient toujours bon. Pourtant ce n’est pas un record, car les routes romaines qui existent encore datent de plus de 1800 ans.
Attendrons-nous aussi longtemps pour voir la rue du Papin réparée ?
Le Tamatave



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14 septembre 2019

Il y a 100 ans : L’aviation civile aux colonies


Le gouvernement vient de saisir les Chambres d’un projet de loi portant ouverture d’un crédit de 2 100 000 francs. Ces crédits sont destinés à organiser l’aviation aux colonies, principalement à Madagascar et en Indochine.
Les dépenses de cette organisation devraient, en principe, incomber aux budgets locaux. Mais plusieurs colonies ont fait savoir au gouvernement que leur situation financière ne leur permettait pas de prévoir des crédits destinés à l’aviation. Seules ont consenti à inscrire, dans leur budget de 1919, Madagascar, 240 000 francs, et l’Indochine, 600 000 francs.
Ces crédits ont paru insuffisants pour faire œuvre utile et la métropole viendra en aide à ces colonies. Deux subventions, l’une de 1 400 000 francs, l’autre de 500 000 frs, sont accordées respectivement à l’Indochine et à Madagascar pour permettre à ces deux possessions de réaliser le programme qu’elles ont envisagé.
Ces subventions sont d’ailleurs entièrement justifiées par le fait que l’aviation coloniale, appelée à un développement considérable, ne peut manquer de contribuer grandement à l’essor de nos possessions d’outre-mer, résultat dont la métropole sera la première à bénéficier.
De plus, l’emploi des escadrilles étant envisagé en cas d’opérations militaires, il paraît naturel que le budget de l’État participe aux dépenses de ce service.
Une somme de 200 000 francs a paru également nécessaire pour permettre au ministère des Colonies d’aider les entreprises privées, employant l’avion, qui ont l’intention de s’installer dans nos possessions, et d’encourager pécuniairement les expériences qui intéressent l’aviation coloniale.
Le Tamatave

La garde indigène de Madagascar

Le Journal officiel du 4 août publie un décret portant réorganisation de la garde indigène de Madagascar.
Ce décret prévoit une augmentation des soldes du personnel de cette formation, la suppression du grade d’inspecteur de troisième classe, la création d’emplois de gardes principaux hors classe et met au point la réglementation en vigueur relative aux conditions d’admission du personnel européen de la garde et à la proposition des différents grades dans les effectifs indigènes.
Le Courrier colonial


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13 septembre 2019

Il y a 100 ans : Un tableau trop sombre de Madagascar (3)


(Suite et fin.)
M. Schrameck n’a pas réussi davantage à changer la mentalité des Malgaches sur ce point. Puisqu’il se plaint de la main-d’œuvre et la déclare insuffisante et défectueuse, c’est qu’il n’a pu l’améliorer. Aussi bien les circonstances s’y prêtaient-elles mal. Avant tout, il fallait enrôler des indigènes pour la métropole et il eût été maladroit de mécontenter la population, quand s’imposait l’envoi de milliers de Malgaches.
Mais aujourd’hui les conditions ne sont plus les mêmes. Nous sommes les maîtres de la situation, nous ne redoutons plus d’insurrection, le temps de l’oisiveté est passé, colons et sujets français doivent travailler assidûment à la prospérité de la Grande Île. Ce n’est que par un effort considérable et régulier que cette magnifique colonie peut être mise pleinement en valeur.
Et si les indigènes protestent, que l’administration supérieure leur dise ce que l’Allemagne aurait fait d’eux si le destin avait fait tomber Madagascar entre ses mains. Tous les maîtres d’école de cette colonie n’ignorent pas le français. Invitons ceux qui le connaissent à donner lecture aux enfants des passages les plus saillants des rapports officiels sur la manière dont les Allemands comprenaient la colonisation au Cameroun, par exemple. Que les instituteurs invitent leurs élèves à répéter dans leurs familles ce qu’ils auront entendu.
Nos sujets connaîtront ainsi le régime auquel la maison O’Swald et tous les Allemands déjà fixés à Madagascar se proposaient de les soumettre. Ayant fait la comparaison entre le sort qui les attendait et celui que nous leur faisons, ils s’estimeront heureux de travailler avec nous.
Madagascar aura assez de main-d’œuvre et de bonne main-d’œuvre quand l’administration supérieure empêchera celle-ci de se dérober à la loi du travail.
Des techniciens, des ingénieurs, des médecins, des routes, des chemins de fer, des ports, il y en aura quand les capitaux afflueront dans la Grande Île. Mais pour qu’ils en prennent le chemin, il est maladroit de faire au public métropolitain un tableau trop désenchanté de ce pays et de ceux qui le colonisent.
Je reste persuadé que M. Schrameck a une meilleure opinion de ces derniers et qu’il saisira la première occasion de rendre hommage à leurs efforts.
F. Mury
Le Courrier colonial



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