31 juillet 2015

Il y a 100 ans : Le rail à Madagascar (2)

(Suite.)
Aux alentours de la gare est massée une foule compacte qui acclame le Représentant de la France à Madagascar aux cris répétés de « Vive le Gouverneur Général ».
Après un échange de cordiales poignées de mains, M. Garbit se dirige vers la table somptueusement parée. Quelques personnes seulement furent placées par M. le Gouverneur Général ; les autres se mirent à l’avenant autour de la table.
Le protocole fut banni de cette réception où ne cessa de régner la plus franche cordialité.
Pendant tout le cours du repas, nous fûmes régalés par la musique malgache qui nous joua avec un véritable talent les airs les plus variés.
Au dessert, M. Frapart, président de la Chambre consultative de Tananarive, prit la parole en ces termes.
Discours de M. Frapart
Monsieur le Gouverneur Général,
S’il est vrai que c’est par le recul que l’on peut juger les grandes œuvres, je ne puis aujourd’hui, au moment de cette inauguration, m’empêcher de me rappeler ce qu’était Madagascar il y a 25 années lorsque je débarquais à Diégo-Suarez, cette enclave de Madagascar où vivaient quelques troupes et une vingtaine de colons.
Plus près, en 1895, au moment de notre occupation, la Colonie ne possédait comme développement des voies de communication qu’un réseau de sentiers, sans ouvrages, sans ponts. Toutes les marchandises voyageaient à dos d’hommes, aussi la situation était-elle bien pauvre puisque le commerce général, importations et exportations réunies, atteignait à peine 17 600 000 francs.
En 1906, grâce à un premier réseau de grandes routes, au développement de nombreuses voies de communication, notre commerce faisait un premier bond de 50 millions en atteignant 64 715 000 francs.
En 1913, il atteignait près de 120 000 000 fr.
L’agriculture, l’industrie et le commerce constituent la vie économique d’un pays et les statistiques sont le résultat des transactions, aussi devons-nous être fiers en contemplant l’œuvre de la France à Madagascar.
La densité de la population étant toujours de 3 millions d’âmes, ce n’est donc pas à un surcroît de population venant de l’extérieur que nous devons cette prospérité, mais à une plus grande capacité d’achats de l’indigène, résultant d’un plus grand bien-être matériel et moral.
 (À suivre.)

La Dépêche malgache

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont maintenant disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 25 titres parus à ce jour.

28 juillet 2015

Il y a 100 ans : Le rail à Madagascar (1)

M. le Gouverneur Général vient, en compagnie de quelques invités, d’inaugurer officiellement un tronçon du railway Moramanga-Lac Alaotra. Le rail part de Moramanga pour s’arrêter à Andaingo, c’est-à-dire sur un parcours de 82 kilomètres.
Les invités de Tamatave quittèrent cette ville le vendredi 28 mai à 11 h. du soir par train spécial pour arriver le lendemain à 8 h. 30 à Moramanga. Ceux de Tananarive arrivèrent le même jour à 11 h. 30.
Parmi les invités nous remarquons en particulier M. Porter, Consul général d’Angleterre et les membres de la presse de Tananarive et de Tamatave que M. le Gouverneur Général avait eu la délicate attention de convier à cette solennité.
À Moramanga, la gare et la ville sont pavoisées. On avait, en enlevant une cloison à la gare, transformé un bâtiment en une grande salle où eut lieu le banquet. Celle-ci était admirablement décorée par les soins de l’ami Martel, le sympathique et brillant Vatel tananarivien. Le menu du matin aussi bien que celui du soir était impeccable tant au point de vue de l’abondance que de la qualité des mets.
Voyez plutôt :

Déjeuner
Hors-d’œuvre
Beurre-Olives-Saucisson
Galantine d’oie truffée
Langouste à la Parisienne
Vol-au-vent à la Financière
Ailerons de dinde Printanière
Fonds d’artichaut à la Clamart
Cuissot de chevreuil Venaison
Salade
Glace à la vanille
Madeleines
Dessert
Café – Liqueurs – Cigares Bock
Vins
Graves – Côtes de Fronsac
Champagne Moët et Chandon
*
Dîner
Consommé Velours
Bouchées de queues d’écrevisses
Dorade aux fines herbes
Jambon d’York au Champagne
Asperges sauce mousseline
Pintades truffées sur broche
Salade
Foie d’oie entier en Belle vue
Savarin de glace Plombières
Petits fours
Dessert
Café – Liqueurs – Cigares Bock
Vins
Pouilly- Mâcon
Champagne Moët et Chandon

À l’arrivée du train de Tananarive dans lequel se trouvait M. le Gouverneur Général, la Milice, rangée sur les quais de la gare, présente les armes tandis que les clairons sonnent aux champs. La musique locale, dont les exécutants sont les plus hauts fonctionnaires indigènes de la ville et des environs, fait entendre les accents joyeux et guerriers de la Marseillaise. Colons et fonctionnaires s’étaient également réunis sur les quais pour saluer le Chef de la Colonie.
(À suivre.)

La Dépêche malgache

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27 juillet 2015

Il y a 100 ans : Commission du travail (3)

(Suite et fin.)
En ce qui concerne les « tâches », il en a été distribué 21 jusqu’ici par les divers services intéressés. Là encore, on eût pu répartir un plus grand nombre, si les postulants avaient toujours pu disposer de la faible mise de fonds ou du petit outillage initial nécessaires.
Si, au chiffre des « placés », on ajoute celui des « tâches » distribuées, la proportion des personnes ayant trouvé du travail s’élève à 41,7 %. Ce sont là des résultats que beaucoup d’organisations similaires de la Métropole nous envieraient.
Ces chiffres éloquents prouvent combien cette institution répond à un besoin réel. Ils sont un précieux encouragement pour les membres de la Commission. Ceux-ci continueront à n’épargner aucun effort pour faire rendre le maximum d’effet utile à cette œuvre de solidarité au premier chef.
En terminant, la Commission rappelle aux employeurs disposant de places vacantes que c’est auprès d’elle qu’ils pourront trouver le plus rapidement les employés désirés.
Tananarive, le 5 mai 1915.
Le Président,
Bourdariat.

Copie du télégramme officiel n° 653

Tananarive, le 8 mai 1915.
Gouverneur Général à Chef Province Tamatave.
Suite à 628 en raison instructions nouvelles Ministre Guerre il est nécessaire hâter opérations prescrites par mon 628. En conséquence toutes demandes sursis concernant territoriaux ou réservistes territoriaux devront me parvenir télégraphiquement pour le 20 mai au plus tard. Devrez me signaler télégraphiquement les noms des appelés dont situation n’aura pu être examinée à cette date. Ajoute que demandes sursis ne doivent concerner que les nouveaux appelés et non ceux dont le cas a été examiné lors des précédents opérations.
Garbit.

Copie du télégramme officiel n° 269-CS

Tananarive, le 8 mai 1915.
Gouverneur Général à toutes circonscriptions.
Toutes demandes de sursis pour maladie ou inaptitude chronique doivent être accompagnées certificat médical établi par médecin militaire ou civil européen. Vos télégrammes mentionneront avis médecin apte ou inapte. Dans deuxième cas appel sera retardé jusqu’à réception et examen des certificats ; décision vous sera aussitôt transmise. Au besoin appel des mobilisés malades hors centres pourvus médecins européens pourra être retardé sur certificat médecin colonisation indigène et avis Chef district.

Le Tamatave

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26 juillet 2015

Il y a 100 ans : Commission du travail (2)

(Suite.)
Mais, avant de donner les résultats de ces travaux, il n’est pas inutile d’exposer sommairement le fonctionnement de la Commission.
Les demandes sont enregistrées dès leur réception et reçoivent un numéro d’ordre qui est ensuite celui d’après lequel les dossiers sont présentés aux employeurs éventuels. Les demandes accompagnées des précisions et pièces justificatives nécessaires sont classées suivant la nature de l’emploi sollicité. Pour les autres, les renseignements complémentaires sont immédiatement demandés aux intéressés. À ce sujet, il est bon de rappeler à ces derniers la nécessité de faire connaître à la Commission, en même temps que leur demande et avec toute la précision voulue, leurs aptitudes, références, certificats, afin d’activer la solution de chaque affaire. Dès qu’une vacance se présente ou qu’une offre est faite, les demandes sont transmises dans leur ordre d’inscription aux employeurs qui, dès lors, traitent directement avec le ou les candidats présentés.
Les affaires sont solutionnées dans le minimum de temps. Avec les provinces, elles sont traitées télégraphiquement, de sorte que, malgré la centralisation des demandes à Tananarive, centralisation indispensable afin d’assurer une meilleure répartition des emplois, – les offres de travail étant plus nombreuses sur certains points du territoire que sur d’autres, – le règlement de chaque affaire n’exige pas plus de temps que s’il s’effectuait sur les lieux mêmes.
Les résultats obtenus par ces conditions se résument comme suit :
Sur 146 demandes d’emplois formulées, 40 d’entre elles ont reçu satisfaction jusqu’ici, et onze se trouvent présentement en instance. Ces demandes émanent de tous les points de la Colonie. Quelques-unes, en très faible minorité, proviennent de sujets des pays alliés.
Le chiffre des candidats placés aurait été plus élevé si tous les postes offerts avaient été acceptés. En effet, certains postulants ont finalement refusé l’emploi proposé, soit parce que la localité où ils avaient à se rendre ne leur convenait pas, soit qu’ils aient pu, entretemps, trouver une autre situation. Néanmoins, 27,39 % ont pu être placés.
(À suivre.)
Tananarive, le 5 mai 1915.
Le Président,
Bourdariat.

Le Tamatave

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25 juillet 2015

Il y a 100 ans : Commission du travail (1)

La Commission créée en vue de faciliter, pendant la durée des hostilités, les relations entre employeurs et employés, vient d’entrer dans le troisième mois de son fonctionnement. Il est intéressant d’exposer les résultats de cette institution que la colonie doit à la clairvoyante sollicitude de M. le Gouverneur Général Garbit, soucieux de concilier, dans la plus large mesure possible, les nécessités de la défense nationale avec le maintien de la vie économique à Madagascar. Nous tenons à l’en remercier vivement, ainsi que des heureuses mesures qu’il a prises depuis son arrivée dans la Colonie en vue de faciliter la reprise des affaires malgré les difficultés actuelles.
La Commission se compose de M. Bourdariat, président ; MM. Rolland, Frapart et Pochard, membres, et de M. Bignotti, secrétaire, qui a succédé récemment à M. Nepveu appelé à d’autres fonctions.
Répondant aux nécessités présentes, la Commission a pu tout de suite exercer son activité. Dès son entrée en fonctions, les demandes et offres d’emplois ont afflué. Les premières, plus nombreuses, bien entendu, que les secondes, ainsi que c’est généralement le cas en pareille matière.
Afin d’accroître les possibilités de placement, forcément restreintes dans le commerce et l’industrie par suite de la crise mondiale, le Gouverneur Général a bien voulu réserver aux candidats présentés par la Commission les emplois devenus disponibles dans l’Administration locale du fait de la mobilisation.
De plus, sur un vœu exprimé par la Commission, M. le Gouverneur Général a décidé de créer des « tâches » de quinze cents francs en plus grande quantité que précédemment, de façon à donner du travail à un plus grand nombre de tâcherons ou petits entrepreneurs inoccupés et pour qui le versement d’un cautionnement est impossible. Grâce à cette mesure bienveillante ainsi qu’aux facilités accordées à la Commission, – telles que franchise postale et télégraphique, autorisation de communiquer directement avec les Chefs de province accordée au président de la Commission, – de nombreuses demandes ou offres d’emplois ont pu recevoir satisfaction.
(À suivre.)
Tananarive, le 5 mai 1915.
Le Président,
Bourdariat.

Le Tamatave

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24 juillet 2015

Il y a 100 ans : Le ticket fiscal

La création de ce ticket, depuis longtemps réclamé par les colons, permettra de résoudre, au mieux des intérêts de tous, la perception des impôts dus par les ouvriers des exploitations agricoles ou minières.
Jusqu’à présent, cette perception a été très difficile et très délicate ; car si l’employeur s’en désintéressait, les ouvriers ne payaient presque jamais leur taxe ; et l’Administration, pour ne pas compliquer la tâche de l’employeur, toujours à court d’ouvriers, ne pouvait pas sévir contre les réfractaires.
Si le patron voulait intervenir, il devait, ou faire venir le collecteur d’impôts pour assister à sa paie, ou bien il retenait lui-même l’argent destiné au fisc en donnant, ou non, un reçu ; mais bien souvent l’intéressé disparaissait avant d’avoir le récépissé du percepteur, qui était embarrassé pour établir cette pièce sans connaître l’indigène à qui elle était destinée.
Avec la nouvelle création, l’employeur, pour payer son ouvrier, peut lui donner tout son dû ; seulement, sur le montant de sa paie, il lui donne cinq francs en un papier-monnaie qui n’a cours qu’à la caisse du percepteur d’impôts indigènes, et après avoir inscrit son nom sur le ticket. De cette façon, tous les inconvénients disparaissent ; plus d’avances pour payer la carte, plus de reçus dont le propriétaire a disparu, plus de possibilité pour l’ouvrier de changer ce reçu contre un autre objet.
Cependant cette création, – excellente en principe et approuvée de tous, – soulève dans notre région des objections assez sérieuses et plusieurs colons déclarent déjà qu’ils ne pourront pas employer ces tickets. En effet, cinq fr., c’est beaucoup. Il ne faut pas oublier que les indigènes de ce pays gagnent en moyenne 15 fr. par mois. Si on leur retient 5 fr. sur la paie mensuelle, ils ne seront pas contents et s’en iront peut-être, ce que nos colons, toujours à court de main-d’œuvre, craignent beaucoup. Aussi ceux-ci préféreraient un ticket de valeur moindre, 2 fr. par exemple, que l’on remettrait chaque mois à l’ouvrier. Au bout de 10 mois, la carte serait payée.
Ces considérations valent qu’on s’y arrête et nous pensons qu’en cela il sera possible de donner satisfaction aux intéressés.
Un colon.

Le Tamatave

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22 juillet 2015

Il y a 100 ans : Triple exécution capitale

Jeudi 6 mai, à 6 h. du matin, ont été fusillés sur la plage à l’extrémité du Boulevard d’Ivondro, sur le lieu ordinaire de ces exécutions, trois indigènes nommés Laivao, Latoto et Nivo. Ils avaient été condamnés à mort le 30 décembre dernier, par le Tribunal indigène, pour assassinat commis sur la personne de leur compatriote Tika, à Ambodivoanio, canton de Vohipeno, district de Fénérive.
Tika, « avocat » malgache, suivait un procès sur le résultat duquel Laivao, qui s’y trouvait intéressé, avait quelque inquiétude. N’ayant pu, sans doute, réduire son adversaire par d’autres arguments, Laivao proposa à Latoto et Nivo de le débarrasser de Tika, moyennant finances. Latoto et Nivo, ayant accepté, se rendirent un soir à la tombée de la nuit à la case de Tika, au moment où la femme de ce dernier allumait le feu pour préparer le repas du soir, et frappèrent la victime avec des antsy ou haches malgaches, jusqu’à ce que mort s’en suivît. La femme qui, paraît-il, devait aussi être assassinée, réussit à prendre la fuite, donna l’éveil, et c’est ainsi que les assassins ont été arrêtés.
Condamnés à mort le 30 décembre dernier, ils avaient signé un recours en grâce qui a été rejeté. On leur a dès lors appliqué la procédure employée envers les criminels européens, sans se rendre compte que leur intelligence de primitifs n’est pas encore suffisamment ouverte pour en apprécier la nuance.
Il en est de même du genre de supplice qui leur est appliqué et auquel ils se rendent sans aucune émotion.
De vieux Malgaches, ayant vécu quelques années à la Réunion où ils ont eu l’occasion d’assister à des exécutions par la guillotine, racontent l’impression de terreur qu’ils avaient ressentie à voir la tête du condamné séparée brutalement du tronc et rejetée dans le panier. Ce spectacle leur avait réellement inspiré la crainte du châtiment. Mais des balles ne leur font pas peur ; leurs sorciers ont des « fanafody » qui leur permettent de s’en tirer.
Aussi, à chaque exécution capitale qui a lieu à Madagascar, le public et la presse ne cessent de réclamer l’application de la guillotine.
Les balles devraient être exclusivement réservées aux militaires, comme en France d’ailleurs.

Le Tamatave

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21 juillet 2015

Il y a 100 ans : Réglementation de l’élevage des aigrettes et des fausses aigrettes

Un arrêté du 9 avril 1915 réglemente l’élevage des aigrettes et des fausses aigrettes (vorompotsy) et le commerce intérieur et extérieur des plumes provenant des oiseaux domestiques. D’après cet arrêté, l’interdiction de la chasse de ces oiseaux est prorogée pour une durée de trois années et, à partir du 3 mai 1916, la capture des adultes est interdite. La capture des jeunes de 10 jours à 45 jours sera seulement autorisée pour les personnes qui voudront se livrer à la domestication et à l’élevage, lesquelles devront demander une autorisation au chef de province. Les éleveurs sont tenus de faire déclarer le nombre et l’âge des oiseaux qu’ils possèdent et les naissances qui pourraient survenir.
Cet arrêté, dont on appréciera l’importance au point de vue de la sauvegarde et de la conservation d’un oiseau qui tendait à disparaître, par suite de l’incurie administrative, fixe en outre les conditions du commerce des plumes d’aigrette.

L’exportation des bœufs de Madagascar

Nous avons donné les conclusions de la commission de ravitaillement, chargée d’examiner la question de l’envoi en France des bœufs provenant de Madagascar, conclusions que le Gouvernement a faites siennes, décidant l’importation dans la métropole de 10 000 bœufs malgaches.
La plus grosse difficulté résidait dans la question des transports, et il fallait qu’elle fût rapidement résolue, de crainte de voir arriver l’époque difficile et dangereuse de la mousson avant que le premier envoi eût pu être effectué.
Le ministre de la Marine, M. Victor Augagneur, a décidé de réquisitionner le paquebot Loire, navire de 5 400 tonnes, qui vient d’arriver à Cayenne, amenant un convoi de relégués. La Loire va, d’ici peu de jours, se mettre en route pour Madagascar.
On peut donc espérer que, pour la fin d’août, le premier envoi des bœufs malgaches arrivera dans la Métropole.
Les Annales coloniales

Çà et là

Sur l’initiative de M. Pierre Razafintscheno, président de la Société mutuelle des fonctionnaires indigènes, le gouverneur général de Madagascar a autorisé l’ouverture d’une souscription pour les victimes de la guerre, orphelins et nécessiteux ; un comité central s’est aussitôt formé à Tananarive.

Le Courrier colonial

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20 juillet 2015

Il y a 100 ans : Le service de colonisation à Madagascar (2)

(Suite et fin.)
La première question qui se pose est celle-ci : comment et dans quels cadres choisira-t-on le chef d’un service réunissant entre ses mains des attributions aussi diverses ? L’agriculture, l’hydraulique, les forêts, les haras ne nécessitent-ils pas, respectivement, des connaissances techniques spéciales ? Le titulaire sera-t-il un technicien (ingénieur, vétérinaire, etc.), ou un fonctionnaire sans compétence reconnue ?
Nous ne voyons pas très bien, pour notre part, un vétérinaire s’occupant d’agriculture, d’hydraulique ou de forêts, pas plus qu’un ingénieur des arts et manufactures tranchant les questions agricoles, sylvicoles, prophylactiques. Un fonctionnaire d’ordre administratif ou un politicien serait encore moins à sa place dans un pareil domaine.
Les candidats à ce poste pourvu d’un assez coquet traitement ne manqueront pas, il est vrai, de nous faire l’objection suivante : les chefs de section seront spécialisés. Soit, mais alors pourquoi créer une sinécure inutile et onéreuse ? Pourquoi ne pas laisser l’entière responsabilité de la marche de leur service à ceux qui sont capables d’en assurer la bonne exécution ? Constituer une direction unique, n’est-ce pas s’exposer à entraver tout progrès, à supprimer toute initiative ? Les chefs des diverses sections, agissant en sous-ordre, ne montreront pas la même activité.
En ce qui concerne l’hydraulique, en particulier, cette section ne devrait-elle pas être réunie aux travaux publics ? Les agents de ce service semblent tout désignés pour effectuer, dans les meilleures conditions possibles, les constructions de barrages, de canaux d’irrigation ou de drainage, etc.
Nous avons cru nécessaire de montrer en quelques mots les inconvénients qu’il y aurait à grouper des services aussi divers. Leur réunion sous une seule direction n’offre, on le voit, que des difficultés pour la bonne administration de chacun d’eux.
En matière administrative, notamment, il ne faut jamais perdre de vue le principe posé par les Anglais dans cet axiome : « The right man in the right place », axiome que La Fontaine avait excellemment exprimé dans ces vers, non moins lapidaires :
« Chacun son métier
« Les vaches seront bien gardées… »
Jean Peyraud.

Le Courrier colonial

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19 juillet 2015

Il y a 100 ans : Le service de colonisation à Madagascar (1)

Il est sérieusement question, à Madagascar, de réorganiser le service de colonisation qui, maintes fois déjà, a été remanié. Va-t-il enfin trouver sa forme définitive, comme le voudraient nos compatriotes de cette île ? Il semble bien qu’ils ne peuvent compter sur la prompte réalisation de leur désir, car l’autorité supérieure inclinerait plutôt vers un retour à d’anciens errements qui ont été l’objet de justes critiques.
Un arrêté, en date du 3 août 1906, avait supprimé les services de l’agriculture, des forêts et de la section vétérinaire, et les avait remplacés par un service unique, dit de colonisation, qui comprenait quatre sections : l’agriculture, les haras, l’hydraulique agricole et les forêts. Toutes étaient placées sous l’autorité directe d’un fonctionnaire appartenant à l’hydraulique.
Cette organisation n’avait pas donné de résultats bien satisfaisants. En effet, si l’hydraulique avait pris un grand développement, par contre, l’agriculture n’occupait pas la place à laquelle elle avait droit. Aussi, par un arrêté du 15 janvier 1913, son autonomie a été rendue à la section vétérinaire, et le service de colonisation est resté composé de trois sections : agriculture, hydraulique et forêts, cette dernière seulement pour mémoire, car elle n’aurait, nous dit-on, jamais fonctionné effectivement.
Ces diverses expériences auraient dû, semble-t-il, conduire à une organisation plus rationnelle. Cependant, dans le nouveau projet, on envisagerait, si nos renseignements sont exacts, un retour au primitif état de choses institué par l’arrêté du 3 août 1906 : le service vétérinaire serait de nouveau rattaché au service de colonisation.
On se rend malaisément compte des avantages que l’administration peut trouver à une modification de ce genre. Si l’on en croit les gens à l’esprit mal intentionné, la principale préoccupation de ceux qui suggèrent au gouverneur général d’entrer dans cette voie serait de faire créer un poste avantageux destiné à récompenser les services d’un vieux fonctionnaire, voire même d’un politicien. Il suffira certainement de signaler à la bienveillante attention de M. Garbit les inconvénients de ce retour en arrière pour qu’il reconnaisse la justesse de nos critiques.
(À suivre.)
Jean Peyraud.

Le Courrier colonial

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18 juillet 2015

Il y a 100 ans : Venise à Tamatave

En 1900, nous eûmes « Venise à Paris » ; en 1915, les Malgaches l’ont à Tamatave, c’est la voirie qui a bien voulu leur offrir cette surprise à la pointe Hastie et la voirie n’a rien déboursé… ou pas grand’chose.
Voyant que les habitants souffraient de la chaleur (ça se passe dans l’hémisphère austral), l’administration – représentée par M. Lebureau et ses cousins – s’est dit que rien ne serait plus agréable aux habitants que de prendre des bains, et que tout le monde n’avait pas le temps d’aller jusqu’à la mer. Et puis, il faut compter avec les délicats qui préfèrent les bains d’eau douce.
Précisément, la rue de l’Amiral-Pierre commence dans un bas-fond, près de la gare des Messageries françaises, où les eaux trouvent très peu d’écoulement en raison de l’imperméabilité du sous-sol de la rue. M. Lebureau se dit que cela ne pouvait durer : « Il y a trop d’eau, dit-il, pour ceux qui n’en veulent pas, et pas assez pour ceux qui en désirent. » Et, sous prétexte de refaire des trottoirs, il a fait apporter des dalles qui les ont surélevés, de sorte que l’eau qui ne s’absorbait pas beaucoup avant, ne s’absorba plus du tout après.
Mais cette bordure supplémentaire s’arrêtait à la rue Jean-Laborde, et la nouvelle piscine n’était pas assez vaste pour suffire aux ébats de la population de Tamatave. M. Lebureau, qu’on ne prend jamais au dépourvu, remédia bien vite à cet ennui, et n’ayant plus de dalles de trottoirs disponibles, fit apporter de la terre pour continuer le rebord de la piscine publique ; de sorte qu’aujourd’hui, les habitants ont à leur disposition une baignoire qui « n’est pas dans une musette » parce qu’elle ne pourrait pas y tenir.
Mais il y a des gens qui ne sont jamais contents et qui se plaignent que ce nouveau lac les empêche de vaquer librement à leurs affaires.
M. Lebureau, qui est un père pour les contribuables, va doter l’immense piscine de pirogues pour les gens qui ne voudront pas se baigner.
Et voilà comment aujourd’hui les amateurs de pittoresque peuvent voir Venise à Tamatave.
Mais gare aux locataires de la pointe Hastie. Bien sûr qu’en raison de la plus-value que cette attraction va donner à la rue de l’Amiral-Pierre, et peut-être à la rue Jean-Laborde, les loyers vont augmenter.

Le Courrier colonial

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16 juillet 2015

Il y a 100 ans : La question des vivres pour se procurer de la viande (2)

(Suite et fin.)
La mortalité s’éleva pourtant, au cours d’autres voyages, à 25 %. Les importateurs se sont rendu compte de la cause de ces insuccès partiels. Il est à souhaiter que l’administration et les importateurs ne tombent pas dans les erreurs commises.
Les bœufs zébus doivent n’être parqués que sur le pont et le faux-pont. Ils ne doivent, en aucun cas, être placés dans des endroits qui ne pourraient pas être facilement ventilés. Le plancher doit être constamment nettoyé ; de nombreux lavages à l’eau de mer doivent servir à évacuer leurs déjections.
Mais la principale précaution à prendre a trait à la nourriture. Elle doit être, durant la traversée, abondante et variée : des foins importés et surtout des foins indigènes doivent leur être distribués, paddys, maïs concassé. La principale précaution doit consister à leur procurer une bonne boisson. Le bœuf zébu ne résiste pas à l’absorption de l’eau de mer ou de l’eau obtenue par distillation incomplète de l’eau de mer. Il est indispensable au premier chef de faire une ample provision d’eau douce au départ et de remplacer cette eau aux escales de Djibouti et de Port-Saïd. C’est la cause des insuccès de MM. Ollié et Rey. Par une enquête, ils eurent la preuve que, par suite du défaut de provision, on avait fait boire de l’eau salée au troupeau. La mortalité s’éleva à 30 % et les bêtes débarquées à Marseille avaient perdu plus de 30 % de leur poids.
Enfin, il est indispensable de faire convoyer les bœufs par des bergers malgaches qui connaissent les mœurs du troupeau et les soins à donner.
Si on tient compte de ces enseignements, Madagascar peut nous fournir la viande qui peut un jour nous faire défaut. On peut très facilement importer 200 000 têtes, et très rapidement.
Il appartient au gouvernement de prendre toutes mesures utiles pour empêcher une hausse trop considérable du prix de la viande, événement qui pourrait avoir de graves conséquences pour les services de l’intendance et surtout pour la population civile qui ne pourra pas, dans la campagne, profiter des envois de viande congelée.
E. Barthe,
Député de l’Hérault.

L’Humanité

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont maintenant disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 25 titres parus à ce jour.

14 juillet 2015

Il y a 100 ans : La question des vivres pour se procurer de la viande (1)

Elle se pose avec autant de gravité que la question du blé. Les commissions du budget et de l’agriculture de la Chambre ont déjà examiné le problème et diverses solutions ont déjà été envisagées. On a procédé, depuis le début de la guerre, à de très forts emprunts sur le cheptel national ; on a, peut-être un peu à la légère, immolé trop de femelles, et aujourd’hui tout le monde est d’avis qu’on ne peut plus réquisitionner sérieusement notre troupeau. Il faut en effet songer à la situation qui résulterait dans l’avenir si on détruisait entièrement nos ressources de ce côté.
On a examiné sérieusement l’importation d’un nombre élevé de bœufs de Madagascar, et la question est à l’étude. Une certaine hésitation s’est produite : on craint une forte mortalité durant le voyage, qui sera toujours supérieur à un mois. Le passage de la mer Rouge est surtout inquiétant. On ne doit pas s’arrêter devant cette partie du problème.
J’ai eu la bonne fortune de causer longuement avec un de mes compatriotes qui, en 1910 et 1911, étudia le problème et le résolut. Il ne dut abandonner son projet qu’en présence des exigences draconiennes de la compagnie de navigation qui lui transporta les premiers envois. M. Paul Ollié, en effet, a nettement fait la preuve que l’importation du bœuf zébu est réalisable et peut donner de sérieux profits.
On a évalué à deux millions de têtes la richesse du troupeau de Madagascar. En 1910, le bœuf adulte, pesant en moyenne 350 kilos, était vendu 80 fr. L’affirmation que le troupeau est contaminé est fausse. Dans la partie sud de l’île, il y a des cas de tuberculose, mais dans la partie nord, là où le cheptel est le plus riche, le bœuf est sain. Ce fut M. Rey qui le premier s’occupa de l’importation. Plusieurs voyages furent exécutés par la Compagnie Havraise Péninsulaire. La mortalité s’éleva à 3 %. M. Valentin, boucher à Marseille, assista aux divers débarquements et déclara la viande de première qualité. D’ailleurs, ces bœufs furent vendus sur pieds au marché de la Villette, à raison de 0 fr. 80 le kilo. Le premier arrivage comprenait 159 animaux : 158 arrivèrent dans de bonnes conditions.
(À suivre.)
E. Barthe,
Député de l’Hérault.

L’Humanité

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1 juillet 2015

Il y a 100 ans : Tribune libre (2)

(Suite et fin.)
Oui, ils sont bien indésirables, ces compères chinois qui exploitent cruellement la crédulité et la convoitise du vain peuple.
Qu’ils soient bannis à tout jamais !
Excusez-moi, Monsieur le Rédacteur, d’abuser de vos moments, mais il me reste à vous dire un mot sur le balayage des rues et la façon irrégulière dont les charrettes du contracteur du nettoiement de cette ville opèrent.
Le balayage des rues est déplorable. Quant aux balayures et autres immondices, elles ont le temps de pourrir avant d’être enlevées.
Il paraît que les agents sanitaires chargés du bon entretien de la ville ont le sens olfactif peu chatouilleux.
Vous feriez bien, dans l’intérêt de vos nombreux lecteurs, d’attirer l’attention de l’Édilité sur ces infractions aux règles de l’hygiène et de la salubrité.
Veuillez agréer, Monsieur le Rédacteur, l’assurance de mon profond dévouement.
Victor.
N. D. L. R. – Notre indépendance absolue nous fait un devoir de publier la lettre ci-dessus qui nous est adressée par un de nos lecteurs, qui s’est certainement mépris sur le sens de notre article sur le recours en cassation.
Nous n’avons jamais eu l’intention de défendre Laurent Marcel mais nous avons parlé en général de ce qui concerne l’indigène.
Nous n’avons demandé qu’une chose, l’égalité pour tous.

Œuvre patriotique des Dames de Tamatave

Le Comité porte à la connaissance des Dames adhérentes que, à la date du 29 avril dernier, il a été embarqué sur le vapeur Ville d’Alger de la C. H. P. 200 kilos de vêtements confectionnés (mille pièces) destinés à l’Union des Femmes de France (Croix-Rouge). Le nombre des effets que nous avons fait parvenir à cette œuvre s’élève à ce jour à 3 500.
D’autre part, au mois de mars, M. l’Administrateur Talvas a bien voulu nous adresser un mandat de 360 francs, produit d’une souscription ouverte entre les Européens de Mananjary. Suivant le désir exprimé par ces généreux donateurs, cette somme a été expédiée à la Croix-Rouge.
À toutes et tous merci !

La Dépêche malgache

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28 juin 2015

Il y a 100 ans : Tribune libre (1)

La Dépêche malgache, organe absolument indépendant, publie, sous cette rubrique, tous les documents qui lui sont adressés, mais sous la responsabilité personnelle de leurs auteurs.
Tamatave, le 7 mai 1915.
Monsieur le Rédacteur,
J’ai lu dans la Dépêche du 1er mai courant quelques réflexions plus ou moins justes que vous faites sur le recours en cassation dont les indigènes de l’Île sont privés de par un décret de 1905.
De ce fait, vous vous apitoyez mal à propos, il me semble, sur le sort de Laurent Marcel.
En effet, qu’adviendrait-il, dites-vous, si Joseph Thomas et Gaston Morange étaient acquittés par une autre Cour criminelle ? Ce serait alors Laurent Marcel, parce qu’il est indigène, qui devrait subir seul une condamnation qui n’aurait plus sa raison d’être puisque, même s’il est reconnu innocent, il lui faudrait subir sa condamnation.
Je vous laisse la responsabilité de votre réflexion, car le défenseur de Laurent ne l’aurait pas mieux défendu.
Si le contraire, cependant, se produisait, et si, l’affaire ayant été renvoyée devant une autre Cour criminelle pour être jugée à nouveau, il arrivait, ce qui est très possible, que Joseph Thomas et Gaston Morange fussent condamnés à la peine capitale, qu’adviendrait-il ?
Une chose bien regrettable, à mon sens, vu que le plus coupable des trois serait plus favorisé que ses complices et resterait avec sa condamnation aux travaux forcés à perpétuité.
Laissons donc les événements se produire normalement et ne nous montrons pas humanitaires mal à propos.
Dans ce même numéro, j’ai lu qu’un compère chinois avait été expulsé du territoire de la Colonie, à la suite d’une condamnation correctionnelle qu’il avait encourue pour tenue de loterie non autorisée.
Parfait, je vous l’assure, cet acte de bonne justice, et puisse-t-il donner à réfléchir à ceux qui restent et qui continuent ces loteries chinoises, déplorables à tous points de vue.
La population tamatavienne devra brûler une grande chandelle le jour où tous les Chinois, racoleurs, marqueurs et tireurs de loteries auront été expulsés de ses murs.
(À suivre.)

La Dépêche malgache

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27 juin 2015

Il y a 100 ans : La guillotine (2)

(Suite et fin.)
Avec la guillotine, plus de boucherie et tous les fanafody n’auront pas grâce devant elle.
La décapitation frappera considérablement l’esprit des indigènes et produira des effets salutaires, d’autant plus que nombre d’entre eux, adonnés au tromba et à d’autres pratiques musulmanes, seront terrorisés de savoir qu’en cas de condamnation ils auront la tête tranchée, ce qui d’après eux leur supprimerait le paradis d’Allah ; ils éviteront donc à tout prix de commettre un crime.
On a déjà objecté que la guillotine entraînerait à des frais nécessitant un emploi de bourreau. Nous trouvons que la justice peut et doit largement faire le nécessaire pour enrayer les crimes qui commencent à être fréquents à Madagascar et combler le plus tôt possible cette lacune.
En France, on n’a pas hésité dans ce sens devant aucun sacrifice ; il nous semble que, dans une colonie neuve et en bonne voie comme Madagascar, il faut montrer la même énergie et ne pas s’arrêter devant une question de gros sous.
Avis aux autorités compétentes.
La guillotine s’impose !

Commencement d’incendie

Hier au soir vers 8 h. 45, alors que M. et Mme G… s’apprêtaient à se coucher, ils remarquèrent que de la fumée semblait sortir d’un cabinet de débarras contigu au salon. Mme G… ouvrit alors la porte de l’appartement en question et aussitôt d’énormes flammes envahirent la bibliothèque et le salon.
Aux cris de : au feu ! les voisins accoururent et avec l’aide de la police ils purent éteindre l’incendie qui avait déjà pris de grandes proportions.
C’est surtout grâce à l’initiative d’un voisin qui, monté sur le toit, avait défoncé à coups de hache une partie de la toiture donnant sur le foyer que le danger put être conjuré.

Remerciements

Monsieur Giquel remercie chaleureusement les personnes qui lui ont prêté assistance hier soir pour éteindre l’incendie qui s’était déclaré chez lui.
Il regrette de ne pas les connaître toutes pour pouvoir exprimer à chacune individuellement sa reconnaissance.

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26 juin 2015

Il y a 100 ans : La guillotine (1)

Nous aimons à espérer que désormais l’Administration ne nous donnera plus des spectacles aussi navrants que celui de mercredi dernier.
La foule qui assistait à cette triple exécution a été écœurée de voir la façon dont l’exécution a été faite.
Pour achever un des condamnés qui n’avait reçu du peloton que deux blessures insuffisantes pour provoquer la mort, l’une au flanc droit et l’autre à la tête, cette dernière provenant du coup de grâce, il dut, gisant sur le sol, être achevé tel un animal par quatre coups de revolver successifs dont deux à la tête et deux autres au cœur.
Ce fut une véritable boucherie et il s’écoula 12 minutes entre l’exécution et la mort réelle du condamné.
C’est horrible de penser qu’on puisse faire souffrir un être humain que la justice avait condamné à mort mais non à pareil supplice.
Que prévoit la loi ? L’article 12 du code pénal dit : « Tout condamné à mort aura la tête tranchée. »
Pourquoi n’en est-il pas ainsi à Madagascar et passe-t-on par les armes les gens qui, condamnés par les tribunaux civils, relèvent uniquement de la guillotine ?
Si nous revenons aujourd’hui sur cette question si délicate qui avait déjà fait, il y a quelques années, l’objet d’une demande très judicieuse de notre ancien Gouverneur Général auprès du Ministère des Colonies, c’est d’abord pour éviter aux yeux de la foule des scènes aussi pénibles, aussi barbares que celles qui se sont produites le 6 mai. La guillotine tue sûrement et proprement et son emploi impressionnera plus profondément l’indigène qui se montre incrédule devant l’efficacité des balles.
Lors de la dernière exécution, les indigènes ne se sont pas gênés pour dire à haute voix que leur compatriote comme Haka, l’un des assassins de M. A. Bonnemaison, possédait un puissant fanafody contre les balles, et là-dessus ils racontent une foule d’histoires sur des exécutions capitales qui auraient soi-disant raté vu les talismans dont les condamnés étaient soi-disant pourvus.
Il importe de faire cesser ces superstitions qui prennent de plus en plus racine dans l’esprit par trop crédule de l’indigène, tant pour le bon maintien de notre puissance que pour mettre fin à tous ces errements.
(À suivre.)

La Dépêche malgache

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25 juin 2015

Il y a 100 ans : Tamatave et sa province (3)

(Suite et fin.)
10° Que les travaux de routes exécutés dans la province de Tamatave ne fassent pas abandonner le prolongement du canal des Pangalanes jusqu’à Tamatave, après achèvement de celui du sud, les routes et les voies navigables ayant toutes leur intérêt et correspondant à des besoins différents.
Le chef du service des travaux publics du port a été invité à procéder à l’étude du projet de canal du sud jusqu’à Tamatave, ces travaux étant liés à l’exécution du port.
En ce qui concerne l’exécution du canal du nord, cette question va être mise à l’étude.
Agréez, Monsieur le Président, les assurances de ma considération la plus distinguée.

La vie économique

La Chambre consultative et le Comice agricole au grand complet se sont réunis au Gouvernement général. La réunion fut particulièrement cordiale et montra une fois de plus l’union et la solidarité qui existent à Madagascar entre les colons et la Gouverneur général. D’importantes questions commerciales, agricoles et industrielles ont été successivement discutées et cet échange de vues ne peut avoir que les meilleurs résultats.
Les Annales coloniales

Les pierres précieuses de Madagascar

M. Garbit, gouverneur général de Madagascar, a avisé le président de la Chambre consultative, qu’à sa demande, le consul des États-Unis d’Amérique se charge de s’occuper, auprès des acheteurs de son pays, de faire connaître les pierres précieuses de la colonie.
Une collection de pierres, taillées et brutes, a été, à cet effet, adressée à M. Carter, qui la fera parvenir en Amérique. Le gouverneur général espère que, grâce aux dispositions qui ont été prises de concert avec le consul américain, Madagascar pourra, dorénavant, se passer de l’intermédiaire des acheteurs allemands et, en tout cas, pendant les événements actuels cela permettra de redonner un peu de vitalité à l’industrie extractive des pierres précieuses de la colonie.

Dernier écho de l’affaire O’Swald

Une maison de Majunga est sur le point d’obtenir la marque américaine de pétrole que la maison O’Swald vendait sur la place.
Ce serait encore, ainsi que nous le fait observer notre correspondant, un nouvel article de repris au commerce allemand, en même temps qu’il permettra de ramener le pétrole à son prix normal.

Le Courrier colonial

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