7 novembre 2009

En librairie : Rencontres malgaches, par Jean-Pierre Vallée

Jean-Pierre Vallée, coordonnateur des établissements scolaires français pour l’Ambassade de France, a vécu à Alger, Rabat et Wallis et Futuna: de tous ses voyages, celui à Madagascar (qui a duré quatre ans) a été le plus bouleversant.
Voici ce que nous dit l'éditeur de Rencontres malgaches à propos d'un auteur que nous sommes probablement nombreux à avoir croisé à Madagascar.
Patrick Cauvin, l'auteur de Villa Vanille, a donné à ce livre une préface dont j'extrais quelques lignes:
Ce livre rassemble et expose quelques années de la vie d’un homme plongé dans une civilisation, un monde qui n’est pas le sien: sans a priori, sans céder aux sirènes d’un folklore si spectaculaire en ces latitudes, il raconte et nous révèle sa vérité sur ces villes, ces plaines, ces déserts. Le livre refermé, il reste des images, elles auront servi à nous rapprocher de la réalité de ce pays de cyclones, de misère et d’espoir. Chacun gardera en mémoire une séquence du film déroulé…
Vous avez envie d'une présentation de l'ouvrage? Il suffit de demander.
Immersion en pays malgache: dépaysement garanti.
Touristes, s’abstenir: parcourir la Grande Île en un temps record s’avèrerait inutile pour comprendre l’intelligence, le courage et la douceur d’un peuple régulièrement dévasté par les cyclones et durement éprouvé par les aléas de l’économie mondiale.
Parcourant l’île de bout en bout, l’auteur nous invite à bannir clichés et préjugés à la découverte d’une culture emplie de délicatesse. Au-delà de son propre séjour à Madagascar, il livre ses réflexions sur le voyage, dénonçant le tourisme intrusif et irrespectueux des coutumes locales et appelle à davantage de respect et d’humilité. Il se veut voyageur immobile, ailleurs pour un temps indéterminé, mais bel et bien décidé à apprendre de l’autre.
Et, puisque vous avez lu cette note jusqu'au bout, j'ajoute, en prime, une illustration extraite du livre.


Étant d'humeur généreuse ce matin, voici encore un lien pour charger la préface, l'introduction et quelques illustrations.

31 octobre 2009

Mikea en tournée : carnet de voyage


Il est bien agréable d'avoir des nouvelles de Mikea autrement que par Facebook où on peut suivre, de loin en loin, les aventures d'un groupe bien lancé dans le monde depuis le prix Découvertes RFI 2008. Leur tournée africaine, depuis septembre, fait l'objet d'un carnet de voyage que l'on retrouve à partir de cette page d'accueil.
De N'Djamena et Libreville au Cap Vert et à la Guinée Equatoriale (photo), le parcours est empli de dates de concerts et de rencontres. Cela fera de beaux souvenirs et, surtout, une expérience internationale qui devrait permettre à Théo et aux siens de ne pas s'arrêter en si bon chemin.
D'ailleurs, dans le dernier épisode en date de ces carnets, ils sont occupés à tenter d'obtenir leurs visas pour de nouvelles dates en Roumanie.
Il me semble deviner, entre les lignes, que la route commence à être longue et qu'ils ont hâte de rentrer à Madagascar. Rendez-vous avec Mikea le 18 décembre au CCAC...
Quant à ceux qui n'auront pas eu la chance de se trouver sur leur parcours, il reste toujours la possibilité d'écouter Taholy, un disque disponible depuis le mois de juin pour l'ensemble de la planète.
Autrement dit, pour tout le monde, puisque le beko appartient à quiconque est capable de l'apprécier.

29 octobre 2009

Madagascar, l'île continent


La publication d'un livre est parfois une aventure aussi longue que les voyages qui l'ont engendré. En avril dernier, je vous parlais d'un livre de Patrick Blanche, Nomades de la mer, paru en 2008 et où il était notamment question des Vezo. J'ignorais alors que son nouveau livre, Madagascar, l'île continent, annoncé à ce moment comme s'il était disponible, devrait attendre la fin de ce mois d'octobre pour voir le jour...
C'est fait. Et je peux vous dire comment l'éditeur présente ce livre en quatrième de couverture.
De la lointaine période de la fragmentation et la dérive des continents, la grande île de Madagascar s'isola dans l'Océan Indien comme pour mieux en préserver sa faune et sa flore endémique, aujourd'hui encore préservées. Plus récemment, objet de vagues d'immigrations successives, marins indonésiens puis esclaves d'Afrique orientale, l'île aux 18 ethnies fut soumise aux convoitises puis colonisée par la France avant de gagner enfin son indépendance. Aujourd'hui cette île-continent mystérieuse, aux multiples visages et aux traditions séculaires, reste à découvrir.
Patrick Blanche a sillonné ce pays merveilleux à plusieurs reprises. Il a su partager la vie simple et discrète des peuples malgaches, écouter leurs récits qui, parfois, livrent quelques secrets.
J'ai posé quelques questions à Patrick Blanche pour en savoir davantage sur son livre.

Vous êtes essentiellement photographe. Et photographe voyageur, comme on dit écrivain voyageur. Quels sont les pays dont vous êtes amoureux, et pourquoi?

Je suis avant tout attiré par les régions insulaires et l'Indonésie notamment. Ces régions, dans notre monde dit globalisé, semblent être pour l'instant à l'ecart de cette uniformisation culturelle en cours, de par leur isolement géographique, mais aussi par leurs particularités et leurs identités insulaires bien ancrées. En tant que photographe mais surtout voyageur en quête d'authenticité, cet archipel, après de nombreux séjours en Asie du Sud-Est, m'est vite devenue cher. Madagascar, pour des raisons similaires, constituait une suite logique a mes pérégrinations, ses habitants étant d'origine lointaine des Indonésiens. Le charme indéniable de cette île mystérieuse y est aussi probablement pour beaucoup.

Quant à compléter vos clichés par des textes, comment vous y prenez-vous?

Travaillant pour la presse, puis plus tardivement vers l'édition, mes photographies, seules, ne suffisaient pas à retenir suffisamment l'attention des rédactions. Il me fallut donc me porter aussi vers l'écrit. Cet enrichissement m'impliquait davantage dans mes reportages. La rédaction aide à composer une série de prises de vues plus larges couvrant plusieurs aspects, pas seulement esthétiques mais aussi documentaires. Mes reportages photos sont ainsi devenu plus riches, plus dépouillés, mieux construits.

Dans ce dernier ouvrage, en particulier, privilégiez-vous une approche documentaire?

Nomades de la mer était une approche documentaire avec un important travail de recherche post- et pré-reportage. C'était avant tout une rencontre entre un éditeur, Mr Bernard Cesari (Ibis Press), et moi, et une confiance mutuelle dans le projet. Ce livre était la rencontre d'un voyageur un peu curieux avec des populations ayant pour point commun le nomadisme marin sous diverses lattitudes. C'était d ailleurs un livre privilégiant l'écrit. Les photos venaient en appui pour une documentation simple, parfois esthéthique.
Mon ouvrage sur l'Indonésie et Madagascar, l'île continent sont en quelque sorte un condensé de plusieurs reportages de type presse magazine regroupés dans un ouvrage et donnant ainsi un apercu du pays à travers des sujets cibles.

27 octobre 2009

Deux nouveautés sur Madagascar

Je vais être très clair. Les couvertures et les argumentaires de ces deux livres ne me disent rien qui vaille. Mais, puisqu'ils existent, je vous les signale... avec les présentations des éditeurs eux-mêmes. Je n'ai pas d'autres renseignements à l'heure actuelle.

Sahondralalao Rahantamanalina nous présente ici son premier ouvrage.
Vie confuse et ardue que celle de cette jeune malgache que les difficultés n'épargnent pas et s'il n'y avait parfois l'obscurité qui fait place à la lumière, les obstacles ne lui auraient guère laissé de souffle pour vivre! Et, pour dévoiler à la face du monde, combien d'abnégation et de détermination sont essentielles, l'héroïne les surmonte avec courage et opiniâtreté. Comme tout être qui ambitionne de s'élever, c'est un véritable "parcours de combattant" qu'elle s'impose. Les péripéties qui jalonnent l'existence de notre héroïne sont dévoilées crûment, au fil de l'histoire, sans aucune fausse honte pour qu'elle n'en soit ni blâmée, ni jugée.

Balades Madécasses est un reportage photographique, un carnet de notes ou de musique des mots, il guide le lecteur au fil de pistes chaotiques, entre des allées d’arbres immenses, sur le banc d’une pirogue, dans le brouhaha d’une boîte de nuit ou à la recherche d’un trésor de pirate; une visite insolite de Madagascar.

23 octobre 2009

Madagascar au programme de "La planète revisitée"

Je me trompais, pas plus tard qu'avant-hier, en écrivant qu'il n'y a plus rien à découvrir sur notre planète. L'inconvénient d'écrire avant de réfléchir...
Car, bien entendu, les scientifiques ont encore beaucoup à nous apprendre. L'océanographe Philippe Bouchet l'affirme au Monde: "J'appartiens à la première génération de scientifiques qui savent qu'approximativement 80 % des espèces restent à découvrir et que, dans le même temps, beaucoup sont en voie d'extinction. [...] Nous allons découvrir des milliers d'espèces."
D'où lui vient ce bel enthousiasme?
Du lancement d'un programme de recherches, "La planète revisitée", orchestré par le Muséum national d'Histoire naturelle et l'ONG Pro Natura International, et qui vise à compléter les connaissances sur la biodiversité des régions les plus riches en espèces et les plus menacées du monde afin de mieux les protéger.



Les deux premières expéditions concernent le Mozambique et Madagascar. En particulier, pour ce qui nous concerne, "une enclave marine située au sud de l'île, remarquable par la présence d'eaux froides et une ceinture d'algues brunes dans un environnement aux températures tropicales. Ce Grand Sud malgache suscite, depuis le début des années 1990, l'intérêt des collectionneurs de coquillages, qui y ont repéré de nouveaux spécimens." (Je cite là un deuxième article du Monde.)
C'est à suivre, notamment par le biais d'une lettre d'information à laquelle on peut s'abonner sur le site de La planète revisitée.

Une nouveauté de la Bibliothèque malgache: Sans fil, par Ben Arès

Pour la première fois, la Bibliothèque malgache coédite un livre avec un éditeur étranger. L’Arbre à paroles, installé en Belgique et attaché à publier des poètes, possède un catalogue de plus de 900 titres qui s’enrichit chaque année d’une trentaine de nouveautés.
La collection Poésie Ouverte sur le Monde accueille donc Sans fil, de Ben Arès, illustré par deux photographies de Jean-Marc Cransfeld. Celui-ci a déjà exposé à Madagascar, notamment au Centre culturel Albert Camus et au Kudéta à Antananarivo, ainsi qu’à l’Alliance française de Mahajanga.
Ben Arès est né le 28 mars 1970 en Belgique. Madagascar est, devient une terre d’attaches. Editeur responsable de la revue Matières à poésie devenue, en 2008, Langue vive. Il a publié précédemment huit ouvrages, dont un roman (La Différence, Paris) et des recueils de poèmes. Parmi ceux-ci, Là où abonde le sel (Boumboumtralala, Liège), inspiré par un séjour à Antsirabe.

Extrait

Entre deux
villes invisibles au départ,
entre l’Interdite et la Merina.

Et le retour de saison chaude
Au-Pays-des-tromba, désir d’abord
de passer, trépasser sans fracas.

Sauve-qui-peut pour la voie,
l’inconnue, l’amour la poésie,
la tentation vers le canal.




Entretien avec Ben Arès

Vous voici de retour à Madagascar avec un deuxième ouvrage ancré dans le pays. Après Là où abonde le sel, dont le titre faisait explicitement référence à Antsirabe, c’est maintenant Sans fil. Peut-on dire qu’il s’agit d’un récit de voyage ?
C’est un récit de voyage, oui. Inspiré par un séjour récent, de mars à juin cette année.
Trois mois, et la relation rapide de ce séjour, en une trentaine de pages…
Je parle d’une traversée, d’une itinérance. Les côtes, les hautes terres, puis la descente vers les côtes à nouveau. C’est un poème topographique, où la longueur des textes épouse plus ou moins les variations d’altitude.
Avez-vous écrit ce livre ici, ou à votre retour en Belgique ?
Je l’ai écrit ici, et je l’ai retouché un peu après. Ce sont des poèmes de l’instant, écrits en fonction des lieux où je me trouvais.
Ils sont à la fois très concrets et très rêvés…
Je dirais : très concrets et très secrets. Les premiers poèmes correspondent à l’arrivée à Madagascar, mais à un moment où j’étais encore très influencé par ce qui se passe en Belgique. Puis je suis de plus en plus centré sur Madagascar.
Il y a un an et demi, environ, que vous venez à Madagascar avec l’intention d’y écrire un livre. Là où abonde le sel et Sans fil sont-ils, en quelque sorte, des pièces détachées d’un ouvrage plus important encore à venir ?
Sans fil est un peu différent. Un peu décalé, plus léger, comme, effectivement, un carnet de voyage. Là où abonde le sel, oui. Une sorte d’introduction. Je me suis rendu compte, par rapport aux expériences vécues et qui nourrissent Là où abonde le sel, que j’avais besoin de davantage de temps pour m’imprégner de Madagascar, pour me détacher d’événements liés à mon histoire et à Madagascar.
Est-ce qu’on s’imprègne de Madagascar ou est-ce qu’on est imprégné par Madagascar ?
On subit Madagascar. En tout cas, j’ai envie d’y passer plus de temps, et pas seulement pour l’écriture. Si j’écoute mon cœur, je voudrais y passer la quasi-totalité de mon temps. Mais, chez moi, l’écriture et la vie sont étroitement liées. Il n’y a pas, pour moi, de différenciation entre les deux.
Le projet de roman pour lequel vous étiez venu l’an dernier progresse-t-il souterrainement ?
Pour l’instant, il avance souterrainement. J’en ai écrit une petite centaine de pages, que je laisse dormir depuis plusieurs mois, parce que le projet était lié à l’histoire d’un enfant qui venait de Madagascar, que j’ai eu et que j’ai perdu. Et je voudrais maintenant que le roman soit plus détaché de ce réel-là. Qu’il soit aussi moins à vif, moins lié à ce deuil, mais en revanche plus ancré à Madagascar. Qu’il ait cette légèreté que je trouve ici et pas en Europe.
Sans fil évoque, pour ceux qui connaissent, le quartier de la gare routière de Toliara. Y a-t-il un lien ?
C’est Toliara, effectivement, mais c’est à la fois autre chose. Quand on veut faire le pas d’un pays à un autre, d’un continent à un autre, si on attend de le faire en sécurité, on risque de ne jamais le faire. Sans fil, c’est ça : passer d’un lieu à un autre sans qu’il y ait de lien concret. Simplement une attirance liée au cœur.
Ce livre est le fruit d’une coédition entre la Belgique et Madagascar. Était-il important pour vous qu’il existe aussi ici ?
Oui, c’était important pour moi. Le paradoxe est qu’il y a un petit fil quand même entre la Belgique et Madagascar à travers cette coédition…

Ben Arès, Sans fil, avec 2 photographies de Jean-Marc Cransfeld. L’Arbre à Paroles/Bibliothèque malgache, 38 pages. Prix conseillé à Madagascar, 10.000 ariary (5 € en Europe).

21 octobre 2009

Les tsingy de Bemaraha dans le National Geographic


La nature généreuse et unique de Madagascar offre une mine inépuisable de sujet aux journalistes et aux photographes qui arpentent le globe à la recherche de ses beautés. Depuis plus de 120 ans - c'était l'époque où il restait encore des choses à "découvrir" -, le National Geographic publie des reportages dont la qualité fait l'unanimité.
Le numéro du magazine (dans sa version américaine) daté de novembre voyage en Syrie, en Inde ou... à Madagascar.
C'est, vous l'aurez compris, dans les tsingy de Bamahara que Neil Shea pour le texte et Stephen Alvarez pour les photos sont allés se promener en mars dernier pour en ramener la matière des quelques pages consacrées à ce site. Une visite assez sportive, s'il faut en juger d'après la position du photographe sur cette image.


Le résultat est à voir, pour ceux qui y ont accès, dans le magazine papier. Mais le texte et quelques illustrations sont disponibles sur le site du National Geographic.
Je vous conseille de ne pas manquer une illustration trop grande et trop détaillée pour être reproduite ici, à travers laquelle on comprend tout de la formation, à travers 200 millions d'années, de ces tsingy.

Enfin, les amoureux de photographies dans la tradition du magazine se réjouiront de la publication d'un livre exceptionnel, National Geographic. La collection. 120 ans d'images. L'ouvrage est coûteux, comme il se doit pour des reproductions de qualité. Mais, si l'on pense aux voyages entrepris pour réaliser ces images, si l'on se souvient que le National Geographic a financé autrefois de grandes missions d'exploration de la planète, on se dira (peut-être) qu'il est possible de voyager avec les yeux pour un investissement comparable à celui d'un billet sur un vol low cost.

15 octobre 2009

En librairie : La varangue, par Henri Mahé

Ce roman est paru début septembre, mais sa sortie m'avait échappé. N'ayant pas lu La varangue, de Henri Mahé, je ne peux que vous fournir les renseignements communiqués par l'éditeur, sur le livre et sur son auteur.
En 1960, Madagascar recouvre son indépendance et sa souveraineté nationale, après de nombreuses décennies passées sous le joug du colonialisme français. Une date figée de l’Histoire ne peut toutefois, d’un claquement au vent du drapeau national, effacer les rancœurs accumulées par une population locale excessivement et durement exploitée au bénéfice des structures colonisatrices.
C’est dans ce contexte qu’un petit garçon français va vivre avec sa sensibilité et ses incompréhensions le déchirement du départ forcé de son pays de naissance, puis les déceptions de «l’exil» dans son pays d’origine, la France. Son esprit, à défaut de son corps, sera finalement sauvé par l’enseignement mystique reçu à Madagascar.
À travers l’histoire bouleversante de ce petit garçon sont bien sûr évoqués les thèmes de l’attachement à la terre natale et du déracinement, comme ceux de l’intolérance et de l’ostracisme qu’ont pu subir des Français nés outre-mer, dans la France semi-rurale des années 60.
Après une vingtaine d’années passées à l’étranger, Henri Mahé, la cinquantaine venue, jette l’ancre sur les bords de la rade de Toulon durant l’été 2005. Ce long «vagabondage», lié à ses activités professionnelles exercées hors de nos frontières, l’ont conduit à résider notamment dans différents pays d’Afrique et de l’Océan Indien, au Proche-Orient et en Asie du Sud-Est.
De ses expériences lointaines, il nous livre ici, pour son deuxième ouvrage, une œuvre forte et poignante, dont il est difficile de se détacher, sur les incompréhensions de l’enfance face aux tragédies de l’Histoire – coloniale, en la circonstance – et de l’incurie ordinaire de ses conséquences.
Henri Mahé vient de publier aux éditons Géhess: Grand bonheur chez les pêcheurs de la rade!

14 octobre 2009

BOMBS 09 : Best Of Malagasy BlogS


C'est à une opération de bombardement bien pacifique que sont conviés tous les internautes qui cherchent sur la Toile des informations à propos de Madagascar: donner leurs voix aux blogs qu'ils estiment les meilleurs.
L'opération avait été inaugurée en 2007 (l'Actualité culturelle malgache avait été un des lauréats) et, cette année, pour la deuxième édition, je rejoins le jury.
La première étape, si vous possédez vous-même un blog, consiste à vous inscrire sur le site de BOMBS.
Trois catégories (plus une) sont en lice:
Les catégories "Culture" et "Société" qui ont été difficiles à départager lors de l'édition 2007 seront cette année refondues pour créer la catégorie "Vita Gasy" (littéralement : Fait par les Malgaches; décorativement : Vie Malgache) pour ainsi couronner les blogs qui auront mis le plus d'effort et de talent à définir le mode de vie et la culture malgaches.
La Catégorie "Teny Gasy" (Langue) demeure la reine du concours et malgré le fait que notre langue soit uniquement parlée sur l'île, les nominations prouveront ses qualités de langue vivante qui s'enrichit et se renouvelle continuellement tant dans l'oral, la littérature mais aussi avec le lexique technologique. L'activisme de la blogosphère malgache est reconnaissable dans le dynamisme des traducteurs de Global Voices en Malgache dirigés par Jentilisa (lauréat 2007) mais aussi dans les entreprises telles que les "Aza ampijaliana ny tenintsika" ("n'écorchons pas notre langue") qui a vu la publication d'une centaine d'articles sur les fautes de langues malgaches.
La Catégorie "Tanora Gasy" (Jeunesse) devra être la fenêtre des jeunes malgaches sur le monde. Cette génération qui chaque jour doit faire preuve de créativité et d'ingéniosité face aux obstacles de pauvreté et de perte de repères culturels dans la globalisation possède en elle un potentiel traditionnellement minimisé par les aînés mais qui grâce au tremplin qu'est blogging a réussi à exister et s'épanouir par delà les limites des dogmes et des injustices sociales.
La meilleure catégorie est sans conteste celle qui est élue par le public tout naturellement le "Coup de Coeur'. Elle nous a fait découvrir la merveilleuse Shoan en 2007. Cette excellente bloggueuse, dans sa grande générosité, a réussi à répandre une atmosphère conviviale, inclusive et chaleureuse à travers la grande famille que représentent les milliers de blogs malgaches.
Les nominations sont ouvertes depuis lundi. A vos claviers, à vos souris!

12 octobre 2009

Le prix Bayeux-Calvados pour une photo faite à Madagascar


Cela ne rappelle pas de bons souvenirs. Mais l'histoire s'écrit aussi avec les photos. Et celle-ci, que Walter Astrada de l'AFP a prise le 16 février dernier, est désormais au palmarès du prix annuel Bayeux-Calvados des correspondants de guerre. Oui, vous avez bien lu: des correspondants de guerre.
D'ailleurs, les lauréats des autres catégories ont ramené des reportages d'Afghanistan, d'Israël, du Pakistan, du Congo ou de Mogadiscio...

9 octobre 2009

Bibliographie Internet : quatrième supplément

Comme les mois précédents, je complète, avec quelques nouveaux liens, la bibliographie que vous trouverez sur le site de la Bibliothèque malgache (n° 54 de la Bibliothèque malgache électronique).


Crenn, Docteur Louis. Notes d’ophtalmologie sur Madagascar. Paris, A. Maloine, 1910, 58 pages
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5718058n

Ferrand, Gabriel. Les tribus musulmanes du Sud-Est de Madagascar. 27 pages
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56186980
Extrait de la « Revue de Madagascar » [Paris,
Impr. de G. de Malherbe, 1903]

Parès, Eugène. Une famille française à Madagascar. Limoges, Eugène Ardant & Cie, 250 pages
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5620309r
Trente gravures [1901 ;
pseud. Eugène de Kerzollo]

II. Anonymes, collectifs, périodiques

Ministère des Affaires étrangères. Documents diplomatiques. Affaires de Madagascar. Paris, Imprimerie Nationale, 1896, 10 pages
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5613314q

Ministère des Affaires étrangères. Documents diplomatiques. Affaires de Madagascar. 1885-1895. Paris, Imprimerie Nationale, 1895, 100 pages
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5613711v

Ministère des Affaires étrangères. Documents diplomatiques. Affaires de Madagascar. 1884-1886. Paris, Imprimerie Nationale, 1886, 194 pages
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5613422m

Question de Madagascar traitée au point de vue de l’intérêt français et du droit public européen. Bordeaux, Imprimerie de P. Coudert, 1846, 42 pages
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5579918q
[Rédigé sur les notes du capitaine Garnot.]

2 octobre 2009

Un petit coup de publicité


Midiweb, c'est-à-dire le site de Midi Madagasikara, a pris l'excellente initiative d'offrir gratuitement, pour un temps limité, de l'espace publicitaire à des annonceurs. Vous me direz que c'est en raison du manque d'annonceurs payants. Probablement, oui, mais tous les moyens sont bons pour relancer la machine économique. Celui-ci, par exemple: attirer des sociétés qui, en s'affichant sur les pages de Midi, seront peut-être amenées plus tard à engager un budget pour y apparaître plus régulièrement.
Pour aller jusqu'au bout de la logique et prouver l'efficacité de cette présence, il aurait été intéressant de permettre aux sociétés possédant un site web d'établir un lien direct vers celui-ci. La consultation des statistiques, pour la part qui fournit l'origine des visiteurs, aurait été un bon argument.
La prochaine fois, peut-être?
En attendant, la petite publicité ci-dessus a trouvé place sur le site de Midi. Merci.

1 octobre 2009

Madagascar encore au patrimoine culturel immatériel de l'humanité

D'accord, c'est par la bande.
La nouvelle liste de 76 nouveaux éléments inscrits hier par l'Unesco sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité n'en a trouvé aucun sur le territoire malgache. Alors qu'une bonne vingtaine ont été répertoriés en Chine.
Mais, dans cette liste, on trouve le maloya de la Réunion. Et le maloya, ben oui, c'est un peu malgache. Ce n'est pas Jaojoby qui me dira le contraire - il a enregistré avec Granmoun Lélé.
Pour plus d'explications, je vous renvoie au texte qui accompagne, sur le site de l'Unesco, la présentation du maloya (je ne suis pas responsable des majuscules.)
Le Maloya est à la fois une forme de musique, un chant et une danse propres à l’île de la Réunion. Métissé dès l’origine, le Maloya a été créé par les esclaves d’origine malgache et africaine dans les plantations sucrières, avant de s’étendre à toute la population de l’île. Jadis dialogue entre un soliste et un chœur accompagné de percussions, le Maloya prend aujourd’hui des formes de plus en plus variées, au niveau des textes comme des instruments (introduction de djembés, synthétiseurs, batterie…). Chanté et dansé sur scène par des artistes professionnels ou semi-professionnels, il se métisse avec le rock, le reggae ou le jazz, et inspire la poésie et le slam. Autrefois dédié au culte des ancêtres dans un cadre rituel, le Maloya est devenu peu à peu un chant de complaintes et de revendication pour les esclaves et, depuis une trentaine d’années, une musique représentative de l’identité réunionnaise. Toutes les manifestations culturelles, politiques et sociales sur l’île sont accompagnées par le Maloya, transformé de ce fait en vecteur de revendications politiques. Aujourd’hui, il doit sa vitalité à quelque 300 groupes recensés dont certains artistes mondialement connus, et à un enseignement musical spécialisé au Conservatoire de la Réunion. Facteur d’identité nationale, illustration des processus de métissages culturels, porteur de valeurs et modèle d’intégration, le Maloya est fragilisé par les mutations sociologiques ainsi que par la disparition de ses grandes figures et du culte aux ancêtres.

30 septembre 2009

En librairie : Madagascar, l'île océan


Ce livre vient de paraître: Madagascar, l'île océan.
On connaît Madagascar, l’île-continent, ses forêts exubérantes, ses collines sculptées par les rizières… On connaît moins ses richesses marines exceptionnelles, son merveilleux récif barrière... On sait peu que l’exploitation de la crevette est le principal secteur économique du pays avec le tourisme, et qu’il représente un espoir en une vie meilleure pour des milliers de Malgaches. On en sait moins encore sur les Vezo, nomades de la mer qui luttent pour leur avenir sur les côtes arides du sud de l’île, ou sur ces paysans qui se tournent vers l’océan et vont pêcher dans les lagunes pour améliorer leur quotidien.
Madagascar l’océane possède de nombreux atouts et propose des projets de développement qui pourraient être des exemples pour d’autres nations maritimes. Le peuple malgache se mobilise en gérant son patrimoine maritime pour préserver son avenir. En jouant sur ses atouts – des richesses naturelles océaniques exceptionnelles – le pays veut développer ses activités économiques telles que la pêche, l’aquaculture, le tourisme, le transport de marchandises par voie de mer ou l’exploitation du sel. Les rencontres avec ces hommes et ces femmes qui agissent sont riches d’enseignements… Alors que l’on dit souvent que le développement durable est l’apanage des pays riches, Madagascar, l’un des dix pays les plus pauvres du monde, a compris que sans développement durable, il n’y a pas d’avenir.

Les auteurs:
Philippe Vallette est océanographe, directeur de Nausicaa - le Centre National de la mer (Boulogne-sur-mer), Président du Festival Mondial de l’Image sous-marine, et coprésident du Réseau Océan Mondial.
Christine Causse est biologiste de formation, spécialisée dans l’environnement et le monde marin, elle est conseillère scientifique à Nausicaa. Auparavant, elle a travaillé avec l’Équipe Cousteau et l’association américaine Ocean Futures.
Alexis Rosenfeld est photographe spécialisé dans le monde sous-marin depuis plus de 15 ans, il est l’auteur de plusieurs ouvrages dans ce domaine. Il collabore avec de nombreux magazines français et étrangers, dans lesquels il publie ses reportages.
Depuis quelques années il a concentré ses activités dans la région de l’Océan Indien et particulièrement Madagascar.


L'ouvrage accompagne l'exposition Rencontres à Madagascar qui se tient à Nausicaa.

29 septembre 2009

Le temps des festivals

Malgré le contexte dans lequel se trouve Madagascar depuis des mois, les promoteurs de festivals continuent à rassembler artistes et public, dans un combat d'autant plus nécessaire que les circonstances le rendent plus difficile.

Angaredona s'est terminé ce week-end. Rajery, avec d'autres, a réussi à donner vie au pari de départ, car c'en était un: proposer une programmation musicale originale qui nous change des cabarets (je n'ai rien contre les cabarets). Porté par sa notoriété internationale ainsi que par son charme naturel, le valihiste s'est fait animateur. Pour le meilleur.

Qui aurait cru par ailleurs que Gaby Saranouffi (photo) parviendrait à faire d'I'Trôtra davantage qu'un événement local? Honnêtement, pas moi. Je me souviens encore de ses craintes des débuts, quand elle confectionnait laborieusement un dossier pour la recherche de partenaires. Mais il ne fallait pas sous-estimer son énergie. Il fallait aussi tenir compte de l'expérience internationale qu'elle a accumulée comme danseuse et chorégraphe. Si bien que la sixième édition de son festival touche maintenant, après des rencontres et des ateliers studieux, à ses meilleurs moments, pour le public au moins, à partir de l'ouverture officielle qui aura lieu mercredi au CCAC.

Quant à Madajazzcar, c'est une véritable institution. Désiré Razafindrazaka peut être fier d'en présider la vingtième année. De partager une fois encore son goût pour une musique plus éclectique qu'on veut souvent le dire. Et de faire découvrir des artistes en provenance de huit pays, du 5 au 17 octobre.

Oui, c'est vraiment le temps des festivals...

18 septembre 2009

Forum littéraire : Histoire des régions de Madagascar

Je devais animer au CCAC, le 28 février dernier, un forum littéraire dont l'invité était Frédéric Randriamamonjy, à l'occasion de la parution de son livre Histoire des régions de Madagascar, des origines à la fin du 19e siècle. Les événements en ont décidé autrement et cette présentation a été reportée. Elle aura lieu demain, samedi 19 septembre, à 10h30.
Ceux qui avaient l'habitude d'assister à ces forums en éprouveront peut-être quelque soulagement: j'ai renoncé à la présence que j'assurais assez régulièrement depuis une dizaine d'années dans ce contexte. Ce qui permet à des intervenants certainement plus qualifiés que moi d'occuper la place de l'intervieweur. Cette fois, Serge Henri Rodin, qu'il n'est plus nécessaire de présenter, sera l'interlocuteur de l'invité.
Celui-ci a écrit un ouvrage riche en informations. Frédéric Randriamamonjy semble avoir tout lu du sujet qu'il a traité et a réalisé une brillante compilation comme, probablement, il n'en existait pas avant la sortie de son livre. En français, du moins, puisqu'il a lui-même publié d'autres ouvrages historiques en malgache.

Avant-première : L'âge de la stupidité

Ce sera mardi soir, 22 septembre, au CCAC à 18h30, en sortie mondiale - pour la version de langue française, faut-il quand même préciser, puisque le film a été présenté le 14 mars à Londres pour la première fois. Entrant d'ailleurs au Guiness des records pour la plus large avant-première simultanée, puisqu'il était diffusé simultanément sur 62 sites. Ce long métrage de Franny Armstrong a été tourné en trois ans et demi avec un budget de 500.000 euros. Il s'agit d'un documentaire d'anticipation - les deux mots, bien entendu, sont contradictoires mais il faut bien les utiliser pour respecter la volonté de la réalisatrice. Docu-fiction, dira-t-on pour reprendre une étiquette qui s'est largement répandue...
Quant au sujet tourné par cette militante contre le réchauffement climatique, en voici le résumé:
Alors que la Terre est en train de mourir, le dernier humain rescapé de cette catastrophe enregistre ses mémoires. Devant son écran, il passe en revue les événements de cause à effet qui ont amené l'humanité à sa perte et se demande pourquoi nous n'avons pas sauvé la planète et empêché le changement climatique alors qu'il en était encore temps.
Pour en savoir davantage, le film a son site officiel.


5 septembre 2009

Bibliographie Internet : troisième supplément

Comme en juillet et août, , je complète, avec une vingtaine de nouveaux liens, la bibliographie que vous trouverez sur le site de la Bibliothèque malgache (n° 54 de la Bibliothèque malgache électronique).

I. Auteurs

Boulland, E. Souvenirs de voyage en Afrique centrale. Madagascar. La côte est de l’Afrique. Verviers, Bibliothèque Gillon, [1883], 120 pages
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56112511

Fallot, Ernest. Madagascar et le protectorat français. Marseille, Typographie et lithographie Barlatier-Feissat, 1888, 40 pages
http://www.archive.org/details/madagascaretlep00fallgoog
Extrait du Bulletin de la Société de géographie de Marseille

Féline, Adrien. Madagascar. Paris, Typ. Schneider et Langrand, [1846], 6 pages
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5576925x
Extrait de la Revue indépendante. Livraison du 10 décembre 1845

Firinga, Joachim. Comité de protection et de défense des indigènes. Ile Sainte-Marie de Madagascar. Six mille Français dépouillés de la qualité de citoyen. Paris, V. Giard et E. Brière, 1911, 45 pages
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5677685q

Gennep, Arnold van. Tabou et totémisme à Madagascar. Etude descriptive et théorique. Paris, Ernest Leroux, 1904, 390 pages
http://www.archive.org/details/tabouettotmisme00genngoog
Bibliothèque de l’Ecole des Hautes Etudes. Sciences religieuses. Dix-septième volume

Gennep, Arnold van. Tabou et totémisme à Madagascar. Etude descriptive et théorique. Paris, Ernest Leroux, 1904, 390 pages
http://www.archive.org/details/tabouettotmisme01genngoog
Bibliothèque de l’Ecole des Hautes Etudes. Sciences religieuses. Dix-septième volume

La Vaissière, P. de. Vingt ans à Madagascar. Colonisation - Traditions historiques - Mœurs et croyances. D’après les notes du P. Abinal et de plusieurs autres missionnaires de la Compagnie de Jésus. Paris, Victor Lecoffre, 1885, 386 pages
http://www.archive.org/details/vingtansmadagas01abingoog

La Vaissière, P. de. Vingt ans à Madagascar. Colonisation - Traditions historiques - Mœurs et croyances. D’après les notes du P. Abinal et de plusieurs autres missionnaires de la Compagnie de Jésus. Paris, Victor Lecoffre, 1885, 388 pages
http://www.archive.org/details/vingtansmadagas00abingoog

Laverdant, D. Transportation et colonisation. [Paris], Duverger, [1848], 38 pages
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5607339h
[Note sur la transportation des insurgés, sur la colonisation de Madagascar et sur un nouveau principe de politique colonisatrice ; Laverdant, Gabriel-Désiré (pseud. Me Petit Jean)]

Leguével de Lacombe, B.-F. Voyage à Madagascar et aux îles Comores (1823 à 1830). Tome II. Paris, Louis Desessart, 1840, 398 pages
http://www.archive.org/details/voyagemadagasca00frobgoog
Précédé d’une notice historique et géographique sur Madagascar par M. Eugène de Froberville. Avec un atlas de huit vues et costumes dessinés par V. Adam, et deux cartes géographiques

Lemire, Ch. Aux Militaires coloniaux et aux municipalités. Le peuplement de nos colonies, concessions de terres, Madagascar, Indo-Chine française, Nelle Calédonie, Congo, Tunisie, Djibouti. Paris, Challamel, 1900, 240 pages
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5708223v
4e édition, augmentée et accompagnée de documents officiels annexes

Régnon, R.P. Henry de. Madagascar et le roi Radama II. Paris, Imprimerie de L. Toinon et Cie, 1863, 222 pages
http://www.archive.org/details/madagascaretler00jouegoog

Ruyneau de Saint-Georges, Th. Question politique et maritime. Madagascar. Droits de souveraineté de la France et colonisation. Paris, E. Dentu, 1860, 50 pages
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5603692p

Silvie, Laurent. Madagascar et Dépendances. Code fiscal de Madagascar et dépendances. Textes fiscaux de Madagascar. Tananarive, Imprimerie Officielle, 1928, 682 pages
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5699043g

Stéfany, S. Fondation du royaume de Vakinankaratra. [Imprimerie du Progrès], 1912, 31 pages
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5687050q
Récits historiques recueillis par…

II. Anonymes, collectifs, périodiques

Guide pratique du colon et du soldat à Madagascar. Paris, Joseph André & Cie, 1895, 233 pages
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56067548
E. Gautier, Dr Rouire, A. Jully, Paul Combes

Madagascar (Le). Tamatave, Dimanche 13 juillet 1902, 6 pages
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56904180
Quinzième année. Nouvelle série 2167. Organe des Intérêts Politiques et Coloniaux de l’Île. Journal hebdomadaire paraissant le dimanche

Tribune de Madagascar et dépendances (La). 1937-1938
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb328810180/date.r=.langFR#
[255 numéros disponibles]

1 septembre 2009

La vidéo de Jean-Claude Mouyon

Samedi après-midi, Jean-Claude Mouyon et moi étions à l'Alliance française de Toliara. Nous y avons présenté la Bibliothèque malgache dans son ensemble, puis plus particulièrement Beko ou La nuit du Grand Homme, disponible, comme vous le savez, dans les librairies d'Antananarivo - et de Toliara.
L'ambiance était sympathique. L'assistance, en grande partie constituée d'étudiants, a semblé très intéressée - c'est toujours agréable.
Le lendemain, nous nous sommes retrouvés, auteur et éditeur, dans un petit bar, où nous avons enregistré quelques images pour que tous ses lecteurs (y compris ceux à venir) découvrent le visage de Jean-Claude Mouyon et quelques propos qu'il peut tenir sur ses livres.
Ce n'est pas un clip professionnel, je l'ai réalisé avec les moyens du bord. Mais le voici quand même, au bout de ce lien.

31 août 2009

Nicolas Fargues n'a pas oublié Madagascar

Comme je vous l'avais annoncé, je me suis baladé dans le sud. Où les connexions ne sont pas toujours idéales pour mettre un blog à jour. Je vous raconterai une ou deux choses de ce voyage.

Mais je voulais aussi dire quelques mots du nouveau roman de Nicolas Fargues, Le roman de l'été, qui vient de paraître. On se souvient de Rade Terminus, qu'il avait écrit quand il était en poste à l'Alliance française de Diego. Voici autre chose, puisqu'il me l'a dédicacé avec ces mots: «Voici le petit dernier, enfin affranchi de l’influence Madagascar».
Admettons.
Sinon qu’il semble difficile de renier les conséquences de quatre années passées à Madagascar.
Page 104, sur une étagère, voici un cendrier Three Horse Beer (un cendrier avec une faute d’orthographe, d’ailleurs, puisqu’il aurait fallu écrire Three Horses Beer).
On se dit que c’est un détail, et qu’il n’y en aura pas d’autres.
Ben si!
Et ce n’est plus un détail, cette fois. Le journaliste politique Bruno Belval, vedette de la télé (dans cette fiction), est de passage dans la ville où se déroule le livre. Il a écrit un roman. Du moins, il l’a signé – car un homme de son envergure n’a pas le temps de se consacrer à la littérature. Le titre est furieusement influencé par la Grande Île: Le Sanglot madécasse. Madécasse, pas malgache, comme dans les Chansons madécasses de Parny…
Mais le roman de Bruno Belval est un ramassis de clichés. Cela commence avec la brousse qui «s’étendait sous les yeux de Pierre, hostile et mystérieuse.» Puis arrive la femme: «“Clandestine, câline, mutine, féline, sublime”, songea Pierre en regardant s’ébrouer parmi les draps blancs le corps ébène d’Amalia.»
Si vous voulez tout savoir sur ce roman qui n’existe pas, et n’est ni à écrire ni à lire, le mieux est encore d’en donner la quatrième de couverture:
Pierre Bonaventure est un journaliste déterminé dans un monde plein de confusion. A cinquante ans, sur un coup de tête, il quitte sa rédaction parisienne et sa seconde femme pour Madagascar, afin de mener l’enquête sur les dessous de la filière vanille. Mais l’Île rouge se révèle aussi entêtante qu’ensorcelante, et Pierre aura tôt fait de comprendre que, sous les intérêts particuliers des uns et des autres, se cachent des compromissions politiques d’envergure internationale.
Alors, Nicolas, vraiment affranchi de l’influence Madagascar ?

20 août 2009

Le prix du livre insulaire à "Zafimaniry intime"


Le quotidien Les Nouvelles annonce la... bonne nouvelle ce matin: dans la catégorie poésie, le Prix du livre insulaire a été attribué hier à Zafimaniry intime, l'ouvrage de Sophie Bazin et Johary Ravaloson dont il a déjà été question ici, en octobre 2008 et en juillet dernier.
La qualité des textes, des photographies et de la réalisation valait bien une telle récompense.
Et je me réjouis avec les lauréats de cette consécration.

19 août 2009

Serge Joncour et son proverbe malgache

Je suis resté en arrêt devant une phrase inattendue dans le nouveau roman de Serge Joncour, L’homme qui ne savait pas dire non. C’est à la fin du prologue: «comme le dit le proverbe malgache, ce n’est pas en tirant sur la feuille qu’on fait pousser la plante.»
La question m’est venue tout de suite (parce que j’ai moi-même, dans des circonstances que je raconterai peut-être un jour, inventé des proverbes chinois): s’agit-il d’un proverbe authentique ou d’une création de l’auteur?
Personnellement, je ne connais pas celui-là. Il est vrai que je ne suis en rien un spécialiste de la question. J’ai lancé un message sur Twitter, comme une bouteille à la mer – et je n’ai obtenu aucun éclaircissement.
Je me suis donc résolu à interroger directement Serge Joncour, qui ne m'a pas dit non et a répondu ceci:
«Ce proverbe malgache, j’y tiens beaucoup, j’ai fait de nombreuses versions de ce livre avant de le publier, d’innombrables changements, mais depuis le début je voulais que ma première partie se conclue par ce proverbe, dont à force de le retourner dans ma tête, je ne sais même plus s’il est authentique ou pas, c’est incroyable que vous me posiez la question, car sincèrement, je ne sais pas, en même temps il me paraît tellement pur, simple, irréfutable, qu’il est possible que je l’ai entendu pour de vrai. Je pense qu’il est authentique, j’ai des poignées de phrases comme cela en tête depuis longtemps, et que j’assimile tellement que je les fais miennes, mais je pense à la réflexion, en l’étudiant d’un peu près, comme un rubis, que c’est un vrai!
Je crois l’avoir réellement entendu.»
Ou comment un romancier s’imprègne tellement de ce qu’il écrit que l’origine des choses en devient floue…

18 août 2009

Une pensée pour Foulpointe


J'emprunte à l'édition du jour de Midi Madagasikara la photo ci-dessus, et qui dit la désolation dans laquelle se trouve Foulpointe après l'incendie qui a ravagé le village hier, des deux côtés de la Nationale 5. Foulpointe (Mahavelona) se relèvera de ses cendres, c'est sûr. En attendant, les habitants se retrouvent, pour une bonne part d'entre eux, sans abri. Et je pense à ces personnes auprès desquelles il m'est arrivé de passer du temps, côté village plutôt que côté plage.

John Tocke est comme moi: il a écrit Demandez à Hemingway, son polar malgache, dans le village de Foulpointe, où il n'avait pourtant pas pensé situer la fin du livre. Il m'a raconté comment, alors qu'il était occupé à y travailler, une rencontre avec Jaojoby, de passage après un concert plus au nord, avait infléchi la géographie d'une intrigue qu'il pensait conclure du côté de Mahajanga. Le "roi du salegy" lui avait demandé, après s'être enquis de ce qu'il faisait là: "Et tu vas parler de Foulpointe?" John Tocke s'est trouvé tout bête de ne pas y avoir pensé et avait fini par acquiescer. Ce qui a donné les scènes finales de son roman. Avec ce qu'il appelle "la plage des pêcheurs" plutôt que "la plage des touristes".
Un livre disponible à la Bibliothèque malgache, imprimé sur papier ou en livre électronique, pour retrouver Foulpointe (ou Mahavelona) avant l'incendie d'hier...

17 août 2009

Du théâtre à Sainte-Marie

C'est par un site visité pour la première fois que j'apprends l'existence de cette (possible) première: Bouge ton île revient en photos sur une pièce de théâtre qui a été représentée les 15 et 16 août à la Salle des Fêtes de Sainte-Marie par l'association "Théâtre du Ravinala". Cette fresque historique en plusieurs tableaux a été montée sur un texte de Jean-Claude Scant. "La fabuleuse histoire de l'Isle Sainte Marie" ou, en malgache, "Tantara Nosy Boraha" fait, sur le site déjà cité, l'objet d'un reportage photographique dont voici un exemple.

13 août 2009

Deux rendez-vous dans le sud

La Bibliothèque malgache, dont le catalogue ne s'intéresse pas qu'à la capitale, fait mouvement vers le sud de la Grande Ile.



La semaine prochaine, je serai à Tolagnara pour présenter l'ensemble des travaux éditoriaux de cette petite maison d'édition à l'Alliance française. Je ne sais pas encore exactement quel jour cela se passera mais, si vous passez dans le coin, il y aura bien l'une ou l'autre affichette pour vous en informer.



La semaine suivante, même programme, ou presque, à Toliara. Cette fois, la date est connue: ce sera le samedi 29 août à 17 heures. Et nous profiterons de la présence sur place de Jean-Claude Mouyon pour explorer son œuvre un peu plus en détail, avec en particulier Beko ou La nuit du Grand Homme dont cette séance sera en quelque sorte le lancement officiel - je vous rappelle néanmoins que ce roman est en librairie, à Tana et à Toliara, depuis quelques semaines.
Ces deux rendez-vous seront aussi pour moi l'occasion de présenter la deuxième version du CD de la Bibliothèque malgache électronique. Cette petite galette de plastique contient, mine de rien, l'intégralité des titres déjà publiés sous forme de livres électroniques, soit 54 ouvrages en deux formats (DOC et PDF), ainsi que deux autres livres numérisés en mode image pour la Bibliothèque malgache et les catalogues des éditions papier. De quoi négliger les difficultés de connexions parfois laborieuses...


1 août 2009

Bibliographie Internet : deuxième supplément

Il faudra peut-être donner un supplément une fois par mois, et envisager une réédition annuelle, tant les références se multiplient.
Je vous renvoie, pour la bibliographie de base, au 54e volume de la Bibliothèque malgache électronique, à charger sur le site. Et, pour le premier supplément, à la note publiée le mois dernier.
Voici donc un deuxième supplément.

I. Auteurs

Carayon, L. Histoire de l’établissement français de Madagascar pendant la Restauration. Paris, Gide, 1845, 298 pages
http://www.archive.org/details/histoiredeltabl01caragoog
Précédée d’une description de cette île et suivie de quelques considérations politiques et commerciales sur l’expédition et la colonisation de Madagascar

Charles-Roux, J. Les voies de communication et les moyens de transport à Madagascar. Paris, Armand Colin et Cie, 1898, 80 pages
http://www.archive.org/details/lesvoicesdecomm00rouxgoog

Ferry, Jules. Discours et opinions. Tome cinquième. Discours sur la politique extérieure et coloniale (2e partie). Affaires tunisiennes (Suite et fin). – Congo. – Madagascar. – Egypte. – Tonkin. – Trois préfaces. Paris, Armand Colin & Cie, 1897, 586 pages
http://www.archive.org/details/discoursetopinio05ferruoft
Publiés avec commentaires et notes par Paul Robiquet

Ferry, Jules. Discours et opinions. Tome cinquième. Discours sur la politique extérieure et coloniale (2e partie). Affaires tunisiennes (Suite et fin). – Congo. – Madagascar. – Egypte. – Tonkin. – Trois préfaces. Paris, Armand Colin & Cie, 1897, 633 pages
http://www.archive.org/details/discoursetopini02ferrgoog
Publiés avec commentaires et notes par Paul Robiquet

Ferry, Jules. Discours et opinions. Tome cinquième. Discours sur la politique extérieure et coloniale (2e partie). Affaires tunisiennes (Suite et fin). – Congo. – Madagascar. – Egypte. – Tonkin. – Trois préfaces. Paris, Armand Colin & Cie, 1897, 585 pages
http://www.archive.org/details/discoursetopini03unkngoog
Publiés avec commentaires et notes par Paul Robiquet

Grandidier, Alfred. Histoire physique, naturelle et politique de Madagascar. Volume IV. Ethnographie de Madagascar, par Alfred Grandidier et Guillaume Grandidier. Tome premier. Les habitants de Madagascar. Deuxième partie : Les étrangers. Paris, Imprimerie Nationale, 1908, 329 pages
http://www.archive.org/details/histoirephysiqu00sausgoog

Jacquier, Léonce. La main-d’œuvre locale à Madagascar. Paris, Imprimerie Henri Jouve, 1904, 319 pages
http://www.archive.org/details/lamaindoeuvrelo00jacqgoog
Faculté de Droit de l’Université de Paris. Thèse pour le Doctorat présentée et soutenue le jeudi 17 mars, à 1 heure. Président : M. Leveillé. Juges : MM. Estoublon et Perreau

Jourdan, E. Les ophidiens de Madagascar. Paris, A. Michalon, 1903, 150 pages
http://www.archive.org/details/lesophidiensdem00jourgoog
1 carte et 38 planches


Leguével de Lacombe, B.-F. Voyage à Madagascar et aux îles Comores (1823 à 1830). Paris, Louis Desessart, 1840, 434+406 pages
http://www.wdl.org/fr/item/2546/
Précédé d’une notice historique et géographique sur Madagascar par M. Eugène de Froberville. Avec un atlas de huit vues et costumes dessinés par V. Adam, et deux cartes géographiques

Vérin, Pierre. Histoire ancienne du Nord-Ouest de Madagascar. Taloha 5. Numéro spécial. Tananarive, Université de Madagascar, 1972, 175 pages
http://revues.education.gov.mg/revues/shownxarticles.jsp?idREVUESss=190.66128299144492&ij=2&ivn=73&etj=0&snapshotjournal47750=articles

II. Anonymes, collectifs, périodiques

Annales de l’Université de Madagascar : Série Sciences de la Nature et Mathématiques. 1963-1978
http://revues.education.gov.mg/revues/shownsearcharticles.jsp?idREVUESss=796.4630969457204&ij=7&etj=0&snapshotjournal278600=articles
[15 numéros disponibles]

Archives de l’Institut Pasteur de Madagascar. 1993-2003
http://www.pasteur.mg/spip.php?article277
[Le lien est celui du premier numéro disponible. La page fournit les liens vers 9 autres numéros]

Archives du C.N.R.O. 1984-1990
http://revues.education.gov.mg/revues/shownsearcharticles.jsp?idREVUESss=436.3977873439675&ij=5&etj=0&snapshotjournal152600=articles
Centre National de Recherches Océanographiques [5 numéros disponibles]

Budget spécial des grands travaux et dépenses sanitaires sur fonds d’emprunt pour l’exercice 1931. Tananarive, Imprimerie Officielle, 1931, 42 pages
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5600673d
République française. Liberté – Egalité – Fraternité. Madagascar et dépendances

Bulletin de l’Automobile-Club de Madagascar. 2me Année – N° 2. 1er juin 1929. 43 pages
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5599257z

Délégations économiques et financières. Session de 1929. Procès-verbaux des séances. Rapport général. Tananarive, Imprimerie Officielle, 1930, 380 pages
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5582192m
Madagascar et dépendances

Didaktika : Revue de didactique. 2004
http://revues.education.gov.mg/revues/shownsearcharticles.jsp?idREVUESss=590.1035591818027&ij=1&etj=2&snapshotjournal206500=articles
[2 numéros disponibles]

Journal officiel de Madagascar et dépendances. Supplément commercial & agricole (Tamatave et Côte-Est). Tamatave, 1898 à 1900
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb344252850/date.r=.langFR
Paraît tous les mercredis [38 numéros disponibles]

Madagascar : Revue de géographie. 1962-1985
http://revues.education.gov.mg/revues/shownsearcharticles.jsp?idREVUESss=731.5678706764037&ij=4&etj=2&snapshotjournal256200=articles
[45 numéros disponibles]

Mada-Géo : Journal des sciences de la terre. 1998-2009
http://revues.education.gov.mg/revues/shownsearcharticles.jsp?idREVUESss=318.98005901895255&ij=3&etj=2&snapshotjournal111650=articles
[13 volumes disponibles]

Taloha 1. 1965, 301 pages
http://revues.education.gov.mg/revues/shownxarticles.jsp?idREVUESss=24.803547495250157&ij=2&ivn=3&etj=0&snapshotjournal6250=articles

Taloha 2. Arabes et islamisés à Madagascar et dans l’océan Indien
http://revues.education.gov.mg/revues/shownxarticles.jsp?idREVUESss=641.6030221017028&ij=2&ivn=83&etj=0&snapshotjournal160500=articles

Taloha 4. Civilisation du Sud-Ouest. Archéologie – Anthropologie sociale et art de Madagascar. Université de Madagascar, 1971, 233 pages
http://revues.education.gov.mg/revues/shownxarticles.jsp?idREVUESss=498.9391752593233&ij=2&ivn=9&etj=0&snapshotjournal124750=articles
Revue du Musée d’Art et d’Archéologie

Taloha 9. 1982, 140 pages
http://revues.education.gov.mg/revues/shownxarticles.jsp?idREVUESss=28.686395488727534&ij=2&ivn=60&etj=0&snapshotjournal7250=articles

Taloha 14-15. Horizons. 2004-2005, Université d’Antananarivo.
http://www.taloha.info/sommaire.php?id=21
Revue de l’Institut de l’Institut de Civilisations, Musée d’Art et d’Archéologie de l’Université d’Antananarivo, Madagascar

Taloha 16-17. Etudes bibliographiques du Fonds Grandidier suivies de quelques résultats de recherches. Université d’Antananarivo.
http://www.taloha.info/document.php?id=394
Revue de l’Institut de l’Institut de Civilisations, Musée d’Art et d’Archéologie de l’Université d’Antananarivo, Madagascar

Taloha 18. Accès à la terre 1. 2007, Université d’Antananarivo.
http://www.taloha.info/sommaire.php?id=522
Revue de l’Institut de l’Institut de Civilisations, Musée d’Art et d’Archéologie de l’Université d’Antananarivo, Madagascar

Télédétection et gestion de l’environnement. Les XIèmes journées scientifiques du réseau Télédétection de l’AUF. Recueil de résumés. Antananarivo, AUF, 1998, 299 pages
http://revues.education.gov.mg/revues/homeadeco.jsp?idREVUESss=160.60809024692247&snapshotjournal25760=journal

31 juillet 2009

Les Archives royales de Madagascar au registre UNESCO de la Mémoire du Monde

Sauf erreur, la nouvelle n'a pas encore fait grand bruit - on ne parle que du Journal d'Anne Frank, ou presque, dans les informations que j'avais vues sur le sujet. La communication de l'UNESCO date, il est vrai, de ce jour et, sans nul doute, beaucoup d'encre va couler sur le sujet: 35 biens documentaires viennent d'être ajoutés au Registre UNESCO de la Mémoire du Monde, qui rassemble le patrimoine documentaire identifié par le Comité consultatif international et approuvé par le Directeur général de l’UNESCO comme répondant aux critères de sélection d’intérêt universel.
Parmi les documents identifiés pour entrer dans ce Registre, les Archives royales de Madagascar, appartenant aux Archives nationales qui, de Tsaralalana à Antananarivo, rayonnent sur le monde grâce à leur site - où peu de choses sont numérisées pour l'instant, mais où le catalogue prend une forme de plus en plus détaillée.
Voici quand même un exemple de document trouvé parmi cette mine d'archives.



C'est une belle occasion de mettre en lumière un fonds exceptionnel, qui ne se limite d'ailleurs pas aux Archives royales:
Les Archives Nationales détiennent divers documents, édits royaux, états civils, actes de vente, actes de notoriété, journaux, archives d'organismes scientifiques, fonds privés... dont les plus anciens datent de l’année 1824. Ils sont conservés dans trois grands fonds d’archives :
- archives du XIXème siècle, archives royales et journaux anciens ;
- archives de la période coloniale ;
- archives républicaines à partir de l’indépendance.
A propos de la partie, datée de 1824 à 1897, qui a retenu l'attention de l'UNESCO, le communiqué précise:
La collection comprend les archives royales, des journaux anciens, des registres des Sakaizambohitra (chefs de village) et des documents d’état civil. Eléments clés de la fondation de l’identité du pays, ils contiennent des documents écrits provenant de la redécouverte en 1895, à la fin du règne de Ranavalona III, d’archives de personnalités de haut rang du Royaume de Madagascar.
Les arguments qui ont joué en faveur de son inscription tiennent en quelques mots - mais lourds de sens:
Le patrimoine documentaire des Archives Nationales relate une période assez vaste de l’histoire du peuple malgache, du moins depuis le début du XIXème siècle. Les archives royales sont les seules archives précoloniales conservées sous forme écrites dans toute l’Afrique subsaharienne. Le XIXème siècle est une période charnière dans l’histoire du pays. C’est le point de départ d’un certain nombre de transformation correspondant à la naissance du Royaume de Madagascar et à l’entrée du pays dans l’ère de la modernité. C’est une phase d’expansion et de développement du royaume au plan interne et externe.
J'en profite pour rappeler que trois lieux malgaches sont inscrits au Patrimoine mondial de l'UNESCO: la Réserve naturelle intégrale du Tsingy de Bemahara, la Colline royale d'Ambohimanga et les Forêts humides de l'Atsinanana. Sans oublier, dans le patrimoine immatériel de l'humanité, le savoir-faire du travail du bois des Zafimaniry - il était question d'eux dans ma note précédente.









30 juillet 2009

Zafimaniry intime : deux vidéos

Je vous avais parlé, l'an dernier, de la rencontre au CCAC avec Johary Ravaloson à propos du livre qu'il avait écrit avec Sophie Bazin, Zafimaniry intime. Ces deux-là ont beau être quasiment mes voisins, ils ne sont pas du genre à se la jouer vedettes. La preuve: ils ne m'avaient rien dit (ou alors, en extrême fin de soirée, et je ne m'en souviens pas) de l'existence de deux vidéos en rapport direct avec ce livre. Et qui, pour autant que je puisse en juger (j'ai vu seulement cinq minutes de l'une d'entre elles - ah! les connexions!), sont réalisées avec goût. Bien qu'elles ne soient pas nouvelles, je vous les signale quand même.
La première, Antananarivo-Antoetra, est filmée sur le terrain (11'39'').
Retour à Antoetra, capitale du pays zafimaniry, pour y présenter le carnet de voyage "Zafimaniry intime / Zaho zafimaniry" produit de dix années de rencontres entre ces sculpteurs et les auteurs. L'occasion de pénétrer à l'intérieur des fameuses et bientôt rares maisons de bois qui ont valu aux Zafimaniry leur classement comme patrimoine immatériel de l'humanité.
La seconde, Zafimaniry intime: L'interview, est construite à partir de la rencontre au CCAC (et, désolé, j'y joue le rôle de l'animateur).
Johary Ravaloson est interviewé par le journaliste littéraire Pierre Maury pour le livre bilingue "Zafimaniry intime / Zaho zafimaniry", dans le cadre du forum littéraire au CCAC de Tananarive. L'interview est ponctuée d'incursions chez les Zafimaniry, ces sculpteurs au savoir-faire reconnu comme patrimoine culturel immatériel par l'Unesco. Johary Ravaloson explique pourquoi il se considère comme un écrivain dégagé.
A voir sans modération...




24 juillet 2009

Les cauchemars du gecko: le cauchemar de la critique?

Les premiers articles sont sortis dans la presse à propos de la pièce de Raharimanana, Les cauchemars du gecko. La tendance générale n'est pas à l'enthousiasme.
Sur son blog Parathéâtre, Philippe Couture évacue le sujet d'un revers de la main pour mieux passer à autre chose:
Il s'est produit quelque chose de l'ordre d'une libération hier soir au Cloître des Célestins. Disons qu'Un peu de tendresse bordel de merde arrivait à point nommé, après toute une série de pièces sur la guerre et quelques ratages qui ont laissé les spectateurs sur leur faim (et en proie à l'épuisement). Ciels, de notre bien-aimé Wajdi, est malheureusement du nombre, comme Les cauchemars du gecko, une pièce de Jean-Luc Raharimanana dont je vous épargne les détails.
C'est ne rien dire tout en laissant clairement entendre qu'il n'a pas apprécié.
Dans L'Humanité, Jean-Pierre Léonardi trouve bien que le gecko est un "sympathique reptile". Mais...
Si l’on fréquente volontiers les plages d’humour noir (aux deux sens) éparses dans le spectacle, on a plus de difficulté avec la rhétorique à l’oeuvre dans le champ de la revendication et de la dénonciation brute, ce malgré la forte présence d’interprètes alternativement aptes au lyrisme sec et à l’ironie froide, sur fond de pensée politique, fût-elle après tout un tantinet confuse.
Fabienne Darge, pour Le Monde, note la qualité des comédiens et "le beau travail aux guitares de Rija Randrianivosoa". Mais, elle aussi...
Que le néocolonialisme soit encore une réalité, doublée par celle de la mondialisation, ne transforme pas pour autant le constat en spectacle de théâtre. D'abord parce que le texte, très inégal, poétique par éclats mais troué de faiblesses et de facilités, se dilue à trop vouloir embrasser tous les maux de l'Afrique.
Et de conclure:
Raharimanana et Bédard restent prisonniers d'une logique de la dénonciation qui, au théâtre, n'est malheureusement jamais très utile.
On va quand même attendre d'autres commentaires...







18 juillet 2009

Bibliographie Internet : premier supplément

C'est rapide: j'ai terminé la bibliographie des ouvrages et périodiques concernant Madagascar et disponibles gratuitement sur Internet il y a moins de dix jours. Voici déjà une quinzaine de références pour la compléter. J'ai été conduit, grâce à un chercheur qui fouinait du côté de la Bibliothèque malgache, vers le Bulletin de l'Académie malgache, dont je n'avais jamais vu de numérisation. J'en ai trouvé quelques volumes, qui entrent donc de plein droit dans la bibliographie. En même temps, j'ajoute quelques autres ouvrages.



I. Auteurs

Bonnavoy de Premot, F.-H. Rapport à l’Empereur sur la question malgache et la colonisation de Madagascar. Paris, Imprimerie de H. Carion, 1856, 227 pages
http://books.google.fr/books/download/Rapport____l_empereur_sur_la_question_ma.pdf?id=DLAoAAAAYAAJ&output=pdf&sig=ACfU3U21T2OinX-LEnoedYH8xJ48fL0jqw

Boudou, Adrien, S.J. Le complot de 1857. Tananarive, Imprimerie moderne de l’Emyrne, 1943, 98 pages
http://books.google.fr/books/download/Collection_de_documents_concernant_Madag.pdf?id=hgULAAAAIAAJ&output=pdf&sig=ACfU3U1TIxsXl7hUlSZP5ZcXThINS2vG7w
Colonie de Madagascar et dépendances. Académie malgache. Collection de documents concernant Madagascar et les pays voisins. Tome troisième. Textes anciens et nouveaux publiés et annotés par…

Chauvot, H. Madagascar et la France. Paris, Joubert, 1848, 108 pages
http://books.google.fr/books/download/Madagascar_et_la_France.pdf?id=X5soAAAAYAAJ&output=pdf&sig=ACfU3U1tAOYk1gkeo_M_puFxoyWXh-wy_w

Grandidier, Alfred. Histoire physique, naturelle et politique de Madagascar. L’origine des Malgaches. Paris, Imprimerie Nationale, 1901, 159 pages
http://www.archive.org/details/loriginedesmalg00grangoog

Humbert, H. Flore de Madagascar et des Comores (Plantes vasculaires). Paris, Firmin-Didot et Cie, 1951
http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/6600
Publiée sous les auspices du Gouvernement général de Madagascar et sous la direction de… [Ouvrage découpé en 189 familles, certaines d’entre elles divisées en plusieurs parties]

II. Anonymes, collectifs, périodiques

Bulletin trimestriel de l’Académie malgache. N° 1. 1er trimestre 1902. Vol. I. Tananarive, Imprimerie Officielle de la Colonie, 295 pages
http://www.biodiversitylibrary.org/item/49407
Fondée le 23 janvier 1902 par arrêté du Gouverneur Général. Philologie. – Ethnographie. – Histoire. – Croyances. – Traditions. – Légendes. – Institutions politiques et sociales. – Lois et coutumes. [Contient probablement les vol. 1 et 2, années 1902 et 1903]

Bulletin trimestriel de l’Académie malgache. N° 1. 1er trimestre 1904. Vol. III. Tananarive, Imprimerie Officielle de la Colonie, 139 pages
http://www.biodiversitylibrary.org/item/48793
Fondée le 23 janvier 1902 par arrêté du Gouverneur Général. Philologie. – Ethnographie. – Histoire. – Croyances. – Traditions. – Légendes. – Institutions politiques et sociales. – Lois et coutumes. [Contient probablement les vol. 3 et 4, années 1904 et 1905]

Bulletin de l’Académie malgache. Année 1908. Vol. VI. Tananarive, Imprimerie Officielle de la Colonie, 1909, 194 pages
http://www.biodiversitylibrary.org/item/48799
Fondée le 23 janvier 1902 à Tananarive par M. le Gouverneur Général Gallieni. Philologie. – Ethnographie. – Histoire. – Croyances. – Traditions. – Légendes. – Institutions politiques et sociales. – Lois et coutumes. [Contient probablement les vol. 6 et 7, années 1908 et 1909]

Bulletin de l’Académie malgache. Année 1910. Vol. VIII. Tananarive, Imprimerie Officielle de la Colonie, 1911, 223 pages
http://www.biodiversitylibrary.org/item/49425
Fondée le 23 janvier 1902 à Tananarive par M. le Gouverneur Général Gallieni. Philologie. – Ethnographie. – Histoire. – Croyances. – Traditions. – Légendes. – Institutions politiques et sociales. – Lois et coutumes. [Contient probablement les vol. 8 et 9, années 1910 et 1911]

Bulletin de l’Académie malgache. Année 1912. Vol. X. Tananarive, Imprimerie Officielle de la Colonie, 1913, 229 pages
http://www.biodiversitylibrary.org/item/49426
Fondée le 23 janvier 1902 à Tananarive par M. le Gouverneur Général Gallieni. Philologie. – Ethnographie. – Histoire. – Croyances. – Traditions. – Légendes. – Institutions politiques et sociales. – Lois et coutumes. – Paléontologie. – Sciences naturelles [Contient probablement les vol. 10 et 11, années 1912 et 1913]

Bulletin de l’Académie malgache. Année 1913. Vol. XII (Première Partie). 148 pages
http://www.biodiversitylibrary.org/item/50231
Fondée le 23 janvier 1902 à Tananarive par M. le Gouverneur Général Gallieni. Philologie. – Ethnographie. – Histoire. – Croyances. – Traditions. – Légendes. – Institutions politiques et sociales. – Lois et coutumes. – Paléontologie. – Sciences naturelles [Contient probablement le vol. 12 complet, année 1913. Une erreur d’impression conduit à une certaine confusion dans la numérotation des volumes]

Bulletin de l’Académie malgache. Nouvelle série. Tome Ier. 1914. Tananarive, Imprimerie Officielle, 1917, 264 pages
http://www.biodiversitylibrary.org/item/50234
Colonie de Madagascar et dépendances. Fondée le 23 janvier 1902 à Tananarive par M. le Gouverneur Général Gallieni [Contient probablement les tomes 1 à 3, années 1914 à 1917]

Bulletin de l’Académie malgache. Nouvelle série. Tome IV. 1918-1919. Tananarive, Imprimerie Franco-malgache, 1921, 263 pages
http://www.biodiversitylibrary.org/item/50237
Colonie de Madagascar et dépendances. Fondée le 23 janvier 1902 à Tananarive par M. le Gouverneur Général Galliéni [Contient probablement les tomes 4 et 5, années 1918 à 1921]

Bulletin de l’Académie malgache. Nouvelle série. Tome VI. 1922-1923. Tananarive, Imprimerie Pitot de la Beaujardière, 1924
http://www.biodiversitylibrary.org/item/50784
Colonie de Madagascar et dépendances. Fondée le 23 janvier 1902 à Tananarive par M. le Gouverneur Général Galliéni

Bulletin de l’Académie malgache. Nouvelle série. Tome VII. 1924. Tananarive, G. Pitot de la Beaujardière, 1924, 595 pages
http://www.biodiversitylibrary.org/item/49428
Colonie de Madagascar et dépendances. Fondée le 23 janvier 1902 à Tananarive par M. le Gouverneur Général Galliéni

Bulletin de l’Académie malgache. Nouvelle série. Tome VIII. 1925. Tananarive, G. Pitot et Cie, 1926, 370 pages
http://www.biodiversitylibrary.org/item/50230
Colonie de Madagascar et dépendances. Fondée le 23 janvier 1902 à Tananarive par M. le Gouverneur Général Galliéni

Je rappelle que le volume original de la bibliographie, contenant plus de 500 références, est téléchargeable sur le site de la Bibliothèque malgache.

17 juillet 2009

Jean-Marc Lovay à Madagascar

Non, l'écrivain suisse n'est pas à Madagascar. C'est une vieille histoire. Et un enchaînement de hasards comme je les aime quand ils se recoupent. Il faut d'abord que je vous dise qu'en 1976, le premier roman de Jean-Marc Lovay, Les régions céréalières, m'avait beaucoup marqué et que j'avais, à sa sortie, fait un billet à son sujet dans le magazine littéraire d'une chaîne de la radio publique belge. Un représentant de Gallimard m'avait convaincu de le lire, il n'avait pas perdu son temps. Depuis, j'ai un peu perdu de vue l'œuvre de Lovay, qui continue pourtant à écrire et sort d'ailleurs un nouveau livre à la prochaine rentrée littéraire. Prochaine rentrée qui verra aussi arriver en librairie un livre de Lydie Salvayre, simplement intitulé BW. BW comme Bernard Wallet, son compagnon qui était, en 1976, le représentant de Gallimard m'ayant parlé de Jean-Marc Lovay. J'ai lu le texte de Lydie Salvayre (j'adore son écriture). Il y est question de Jean-Marc Lovay. Tiens, tiens...
Et Madagascar, dans tout ça? me demanderez-vous. J'y viens.
Ce matin, je lis le blog de Didier Jacob, consacré à... Jean-Marc Lovay. J'y apprends qu'il a "escaladé le mont Ararat dans les années 60, traversé en mule un désert de pierre entre l'Iran et l'Afghanistan, exploré l'Écosse, bourlingué à Madagascar et en Australie." Ah! Madagascar! Nous y sommes. Je ne sais pas trop combien de temps il y est resté, ni exactement ce qu'il y faisait, mais, avant de s'y poser, il faisait des fromages en Suisse. Le lien peut sembler curieux, pourtant il existe puisqu'il dit ceci: "Quand je suis allé à Madagascar en 86, j'avais ma présure, je me disais que je pouvais toujours gagner de l'argent avec ça."
L'interview n'en dit pas plus. Mais, vous devez commencer à me connaître, quand je suis sur ce genre de piste, il faut absolument que je trouve quelque chose de concret. Dans le cas d'un écrivain, la trace concrète serait évidemment un texte où il est question de Madagascar. Et... j'ai trouvé.
Dans Pages choisies, tome 2, de Maurice Chappaz, un autre écrivain suisse, Jean-Marc Lovay a publié un texte en hommage à son aîné. Cela s'appelle Nuit à la Caisserie et la Caisserie est la maison où Lovay habita, en 1986, à Madagascar.
En voici le premier paragraphe:
Abandonnée par ses maîtres, la pluie bat le toit de la Caisserie. Hier Tchernobyl a explosé, et dans une buée de rhum l'occulte bouche à oreille a soufflé que l'Europe entière est rongée. Dehors les Antandroy ont rejoint les braseros, ignorant la goutte de pluie qui rêve de percer les tôles pour éteindre la bougie. Aux pattes du ventru anophèle est suspendu le fantôme miniature d'un messager de fin du monde. Ma pensée ruine les ruines du monde et je ne pourrai franchir la nuit sans penser.




16 juillet 2009

En librairie à Madagascar : le deuxième roman de Jean-Claude Mouyon

Après Roman vrac, paru au début de l’année dernière, l’écrivain Jean-Claude Mouyon publie à la Bibliothèque malgache un deuxième roman qui prolonge et enrichit sa vision du Sud. Il allie une connaissance intime des mentalités et des coutumes à un regard sans complaisance mais empreint d’une sincère humanité.
Ses personnages, dont certains sembleront familiers aux lecteurs de son précédent livre, sont plongés dans deux histoires croisées. Elles sont habitées par une musique que Mikea promène ces temps-ci dans le monde entier. Preuve, s’il en était besoin, de ce que l’ancrage profond dans une terre peut conduire à l’universalité.
En quatrième de couverture de l’ouvrage actuellement en vente dans les principales librairies de la capitale et de Toliara, l’auteur présente lui-même le roman:
Pratiqué dans les régions Sud de Madagascar, le beko est un chant polyphonique a capella généralement interprété par un groupe d’hommes, nommés sahiry, composé d’un récitant et de choristes.
Perpétué depuis la nuit des temps par les ethnies du Grand Sud, le beko fait résonner sa litanie répétitive et gutturale durant les nuits où amis et famille du défunt sont réunis devant des feux et des bassines de rhum pour accompagner l’esprit du mort dans sa marche vers l’Est, là où vivent les ancêtres.
Beko, le roman, n’est en rien une explication ethnologique du culte des ancêtres mais l’appropriation d’un fait social et culturel qui m’a permis de bâtir une fiction à partir de la structure rythmique et narrative d’une cérémonie revisitée en présence de ses acteurs: Grand Homme, le défunt; les sahiry; les vivants.
Sur le thème d’une histoire policière inspirée d’un fait divers réel, Beko ou La nuit du Grand Homme se veut aussi un chant, une musique à la fois tendre et violente dédiée à l’extrême Sud de Madagascar et aux hommes libres qui y vivent, ceux qui souffrent mais ne pleurent jamais.
La Bibliothèque malgache contribue ainsi, selon un rythme soumis aux circonstances, à la découverte d’une voix singulière de la littérature de langue française.