20 octobre 2018

Il y a 100 ans : L’abordage du «Natal» et du «Malgache» (2 et fin)


(Suite et fin.)
Le Natal coula peu après la collision, l’eau ayant pris possession de la chambre de ses machines. Le capitaine Pansat loue à son tour la conduite de son équipage, qui parvint à calmer l’affolement de ses passagers, et il adresse un souvenir ému à son commandant, mort à son poste.
Ces diverses lectures terminées, après un court incident entre la défense et le président, le commandant Carbon est appelé. Très ému, mais très maître de lui, le capitaine du Malgache, dans ses réponses, confirme en tous points son rapport et explique avec beaucoup de clarté les diverses manœuvres qu’il a exécutées.
Après l’audition des témoins, la séance est levée : il est midi.
Elle est reprise à 2 heures et M. le capitaine de corvette Lahm prononce son réquisitoire très modéré. Le commissaire du gouvernement demande néanmoins la condamnation du commandant Carbon, mais il ne s’oppose pas aux circonstances atténuantes. Ce réquisitoire est habilement combattu par Me David.
Une demi-heure après, le capitaine de vaisseau-président Mandine, au nom du tribunal et à l’unanimité, acquittait le commandant Carbon que ses nombreux amis félicitaient. Cette affaire aura une suite devant le tribunal de commerce.
Henri Mallet.

À la mémoire du général Galliéni

Nous apprenons que le monument Galliéni (buste sur stèle en marbre de 3 mètres) est arrivé par le Sydney.
Le Comité réuni hier a décidé que l’inauguration du monument aura lieu dans la première quinzaine de septembre. L’emplacement choisi est au boulevard Poincaré, à sa jonction avec le boulevard Galliéni.
La date de l’inauguration devant coïncider avec le passage du Sydney à Tamatave, époque à laquelle le Gouverneur Général Schrameck sera parmi nous, elle ne sera définitivement fixée que lorsque les Messageries Maritimes auront affiché la date d’arrivée de ce courrier.

Victimes du devoir

Le commandant Méric, un des meilleurs officiers des Messageries Maritimes, le chef mécanicien Mayol et le commissaire Valentin ont disparu dans le torpillage du Djemnah. On se souvient que le commandant Méric (alors sur le Crimée) et son équipage coulèrent l’année dernière un sous-marin allemand qui avait attaqué le paquebot.
Cet exploit valut à M. Méric la légion d’honneur et à son équipage diverses décorations.
Honneur à leur mémoire.
Le Tamatave


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 75 titres parus à ce jour.

19 octobre 2018

Il y a 100 ans : L’abordage du « Natal » et du « Malgache » (1)


Ainsi que nous l’avons annoncé, les débats de cette importante affaire ont eu lieu hier matin à l’Hôtel de la Marine. À 9 heures précises, les juges font leur entrée dans la salle du tribunal.
Le tribunal se compose de MM. Mandine, capitaine de vaisseau, président, Sicard, juge au tribunal de commerce, lieutenant de vaisseau Joseph Marinetti, capitaine au long-cours, commandant à la Compagnie Transatlantique, et Fraissinet Henry, capitaine au long-cours, commandant à la Compagnie Fraissinet. Les fonctions de commissaire du gouvernement sont remplies par M. le capitaine de corvette Lahm ; Me David est au banc de la défense.
Dès le début de l’audience, après la prestation de serment, le capitaine de vaisseau Mandine ordonne la lecture des diverses pièces de la procédure, qui est faite par M. le greffier Giraud.
Du rapport du capitaine Carbon, commandant à la Compagnie Marseillaise de Madagascar, il résulte que le feu puissant de Planier l’a empêché, ainsi du reste qu’à ses officiers, d’apercevoir d’abord la masse sombre du Natal, qui se profilait dans le lointain ; l’ayant ensuite aperçue, il avait manœuvré en conséquence pour éviter la collision, et qu’il en déclinait toute la responsabilité.
Le rapport du capitaine Carbon ajoute qu’après l’abordage, grâce à la conduite à tous les points de vue digne d’éloges de son équipage, il réussit à sauver une centaine de passagers, dont beaucoup de femmes et d’enfants. Ce document se termine en rendant hommage à tous ceux qui se sont dévoués pour arracher à la mort le plus de monde possible.
Le commandant Vallat ayant disparu avec son navire, c’est le lieutenant, M. Pansat, qui a rédigé et affirmé son rapport concernant l’abordage, devant le tribunal de commerce, le 4 septembre dernier. Du rapport de cet officier, qui était de quart, il résulte que le Malgache fut aperçu par bâbord, qu’on le vit se rapprocher, en dépit des manœuvres pour l’éviter, et qu’au dernier moment, voyant qu’il ne tenait pas compte des évolutions qu’il exécutait, comprenant l’abordage inévitable, le capitaine Vallat, pour en atténuer les conséquences, avait accompli une suprême et dernière manœuvre qui, malheureusement, ne réussit pas.
(À suivre.)
Le Tamatave


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18 octobre 2018

Il y a 100 ans : Folle prodigalité


On critique souvent les largesses que l’administration fait en ce moment à son personnel comme indemnités de vie chère ; il faut avouer que celle de la Grande Île ne suit pas ces funestes errements et qu’elle se montre bonne ménagère des derniers publics.
En effet, notre confrère, les Petites Affiches de Majunga, nous apprend qu’une indemnité de guichet de 0 fr. 04 par vacation d’une heure a été accordée dernièrement, dans les bureaux de poste de Tananarive (place Colbert), Tamatave, Diégo-Suarez et Majunga, aux agents manipulant des fonds.
Si l’on songe que la présence des agents des postes et télégraphes aux guichets est de huit heures par jour, et que souvent ces guichets sont très chargés, que les agents préposés doivent y demeurer jusqu’à ce que le travail soit terminé, on conviendra que ces 0 fr. 04 d’heures supplémentaires sont bien maigres.
L’administration aurait pu se montrer plus généreuse envers ces humbles « budgétivores ».

M. Garbit obtient une récompense méritée

Nous avons appris avec plaisir l’admission au traitement militaire d’officier de la Légion d’honneur du colonel de réserve d’artillerie coloniale Garbit.
Gouverneur général de Madagascar à la mobilisation, M. Garbit abandonnait, comme on sait, ses hautes fonctions pour aller au front où il a rendu les services les plus distingués ; il avait organisé notamment l’emploi de contingents indigènes dans l’artillerie lourde, et surtout su la faire aboutir rapidement et utilement grâce à ses indéniables qualités d’organisateur éminent et à sa parfaite expérience des colonies.

La Journée de l’armée d’Afrique à Nossi-Bé

Le courrier de l’Océan Indien nous apporte un dernier écho sur la Journée de l’armée d’Afrique et des troupes coloniales à Nossi-Bé.
Cette Journée qui a duré trois jours a été un vrai succès : il y a eu des danses indigènes, des jeux publics et des représentations théâtrales qui attirèrent une nombreuse assistance et rapportèrent environ 3 000 francs.
Il devait y avoir une fête européenne, mais elle n’a pu avoir lieu.
Le Courrier colonial


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17 octobre 2018

Il y a 100 ans : Monsieur Schrameck à Tananarive


Le Gouverneur Général arriva à Tananarive samedi dernier vers 3 heures de l’après-midi. Il fut reçu à la gare par M. Berthier, Administrateur-Maire, et la Commission Municipale.
M. Berthier, en son nom et au nom de la population de Tananarive, lui exprima ses souhaits de bienvenue. M. Schrameck y répondit par quelques paroles aimables. Après cela, le Gouverneur Général se mit en marche et le cortège suivit l’avenue Fallières, la rue Colbert et l’avenue de France. Toutes les rues du parcours ainsi que la Résidence où descendit M. Schrameck étaient pavoisées et décorées. Sur le trajet, une foule énorme était venue saluer le nouveau Gouverneur Général. Les délégations étaient massées dans les jardins du Gouvernement Général. Aussitôt après eut lieu la réception suivant le protocole. Puis les colons, le général Nicole et l’Inspecteur général Fillion rendirent également visite au Gouverneur Général. Le soir, un dîner intime eut lieu à la Résidence.
Comme à Tamatave, M. Schrameck produisit une excellente impression.

La catastrophe du « Djemnah »

De L’Action :
L’Administration ne possédant pas ou ne voulant pas donner de renseignements nouveaux sur la catastrophe du Djemnah torpillé en Méditerranée, à environ 300 milles d’Alexandrie, il y a une quinzaine de jours, nous avons dû nous livrer à toutes sortes d’investigations pour arriver à faire connaître à nos lecteurs l’étendue du malheur.
C’est de Tamatave que nous est venue la lumière. Un de nos amis, toujours bien informé, nous a écrit et donné les détails qui suivent :
La torpille a frappé le bateau à l’avant. Le Djemnah a sombré en quelques minutes.
Au nombre des disparus, on compte une des trois fillettes de M. Guyon ; M. Falque, inspecteur de la garde indigène ; M. Rassakassy, sujet grec ; M. Urbain, colon aux Comores ; l’adjudant Massicard ; le sergent Lemoine ; 1 adjudant de tirailleurs et 1 adjudant infirmier dont on ignore les noms ; 15 permissionnaires, 30 infirmiers et 410 tirailleurs.
À l’hôpital d’Alexandrie ont été transportés Mmes Guyon et Nepveu et 23 tirailleurs.
L’état de Madame Guyon s’est sensiblement amélioré.
Trois tirailleurs ont succombé.
P. V.
Le Tamatave


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16 octobre 2018

Il y a 100 ans : Journée des Tirailleurs malgaches à Tamatave


Chaque fois que l’occasion se présente, les Malgaches de notre ville nous donnent, sous les formes les plus diverses, des preuves de loyalisme à la France qu’ils considèrent depuis longtemps comme leur Mère Patrie.
À l’occasion de la fête du 4 août, ils ont organisé une soirée des plus réussies.
Le 3 à 9 heures du soir, le théâtre bien décoré et illuminé ouvrait ses portes.
M. Frelant, avec le talent et la voix puissante qu’on lui connaît, déclama une poésie. M. de Bise fut également admirable dans « Madelon », dernière chanson. Sampson fut très applaudi dans « Tiperary » et une chansonnette comique. Le pianiste Rasoanaivo comme toujours fut excellent. Un solo de clarinette par deux tirailleurs fut très applaudi.
Une pièce malgache a aussi été très bien jouée. À citer en première ligne, Mme Raveloary, l’artiste malgache bien connue, et plusieurs amateurs de la ville ont tenu brillamment leur rôle.
Une mention spéciale est due au chef de l’orchestre Ranaivo. Pour terminer, une pièce jouée par quelques tirailleurs du 2e malgaches a montré quelque originalité.
Le lendemain 4 août, des jeux divers eurent lieu : jeux de petits chevaux, d’anneaux, de tourniquet, etc.
La kermesse aussi eut un grand succès.
Le clou de la fête a certainement été l’apparition d’une Malgache qui, en costume du temps de la reine tout chamarré d’or, était en filanzane, portée par 4 bourjanes et escortée de nombreuses suivantes ayant chacune un drapeau tricolore à la main.
Comme toujours, l’excellente musique du 2e malgaches prêtait son concours.
Nos félicitations aux organisateurs et acteurs de cette charmante fête.
Le soir, affluence au cinéma, dont le bénéfice est aussi attribué à la Journée des Tirailleurs malgaches.
Le Tamatave

Le greffier en chef de la Cour d’appel de Madagascar

Aux termes d’un nouveau décret en date du 11 juillet 1918, paru au Journal officiel du 17, l’article 36 du décret du 9 juin 1896 est ainsi complété :
Le greffier en chef de la Cour d’appel de Madagascar pourra être choisi soit parmi les greffiers des cours d’appel d’autres colonies, soit parmi les greffiers des tribunaux de 1re instance de Madagascar ayant exercé au moins leurs fonctions en qualité de greffiers titulaires près desdits tribunaux.
Le Courrier colonial


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15 octobre 2018

Il y a 100 ans : Au Tribunal


Il y a quelques mois, un vol de 50 lingots d’étain d’une valeur de 16 000 francs fut commis au préjudice de la société La Rochefortaise. L’inspecteur de police M. Anziani, chargé de découvrir les auteurs du vol, rencontra un jour un nommé G. qui lui dit : « Vous cherchez l’étain volé à La Rochefortaise ? mais si vous me faites avoir un emploi au frigorifique, je vous ferai connaître les voleurs et l’endroit où se trouve l’étain. »
L’inspecteur de police alla trouver les directeurs du frigorifique et obtint d’eux l’emploi demandé par G. Ce dernier dit alors devant ces messieurs que les voleurs étaient les deux gardiens de nuit Ilahygo et Botomaresaka qui portaient par fractions l’étain volé chez une dame D.
Les deux gardiens furent arrêtés et déclarèrent à l’instruction que la dame D. leur avait dit de voler de l’étain dans un endroit désigné par elle (car elle connaissait la maison, ayant travaillé là pendant près d’un an), de lui porter tous les soirs par fractions. C’est ce qu’ils firent pendant un certain temps. Elle leur avait promis, disaient-ils, pour prix de leur larcin 500 francs, mais ne leur donna que 20 francs à l’un et 10 francs à l’autre.
La dame D., interrogée par le Juge d’instruction, dit n’avoir pris aucune part à ce vol, et qu’elle ignore absolument tout de cette affaire.
Quelques jours plus tard, le nommé G., qui avait dénoncé les voleurs et la receleuse, alla trouver de nouveau l’inspecteur de police en lui disant qu’il n’acceptait pas l’emploi du frigorifique, que ce qu’il avait raconté n’était pas vrai, que c’était seulement pour se procurer du travail qu’il avait parlé ainsi, et qu’il se repentait d’avoir accusé une innocente.
La dame D., malgré les charges accablantes qui pesaient sur elle, déclara hier à l’audience, comme à l’instruction, qu’elle était complètement étrangère dans cette affaire, qu’elle était innocente. Et que c’était sans doute par vengeance qu’on l’accusait. Elle fut confrontée avec les deux gardiens qui firent les mêmes aveux à l’audience qu’à l’instruction.
Le tribunal condamna Ilahygo à 3 ans de prison, Botomaresaka à 18 mois et la dame D. à 1 an de prison avec sursis et aux frais.
Le Tamatave


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14 octobre 2018

Il y a 100 ans : M. Schrameck à Tamatave (3 et fin)


(Suite et fin.)
Permettez-nous d’ajouter à nos souhaits de bienvenue l’expression respectueuse de nos hommages et de nos meilleurs vœux pour Madame Schrameck et vos enfants que nous espérons bientôt avoir le plaisir de saluer sur cette terre malgache.
Permettez-moi enfin, au nom de la Ville de Tamatave, de crier : Vive Monsieur le Gouverneur Général Schrameck, Vive la France et ses glorieux Alliés !

Monsieur le Gouverneur a répondu en quelques mots, remerciant Monsieur l’Administrateur-Maire de l’accueil sympathique qu’il venait de recevoir et qu’il était confus de la réception que Tamatave lui avait faite.
Quoiqu’il ne soit pas un colonial, dit-il, il connaît Madagascar par les produits qu’il a vus en France, et par la vaillance dont les troupes malgaches ont fait preuve ces temps derniers.
Il connaît déjà les besoins et les desiderata des habitants de Madagascar ; il les connaîtra davantage lorsque les Corps constitués les lui présenteront plus développés. Il tâchera de donner satisfaction à tous dans la mesure du possible, et s’il ne peut pas donner une solution immédiate à toutes les questions qui lui seront soumises à cause de la guerre, il compte sur les Administrateurs pour faire patienter les colons dont il reconnaît les mérites, qui ont quitté la Mère Patrie pour venir porter sur cette terre malgache leur initiative et leur activité. Après la victoire finale que les derniers succès de nos héroïques soldats nous font entrevoir prochainement, les questions intéressant Madagascar pourront être solutionnées d’une façon satisfaisante.
Aussitôt après, la toute charmante Giselle Sadreux est venue offrir au nom des enfants de Tamatave une magnifique gerbe de fleurs à Monsieur Schrameck en lui adressant une allocution qu’elle a prononcée d’une façon impeccable.
Monsieur Schrameck, après l’avoir remerciée, l’a embrassée en lui disant que, quoique bien éloignée de la Mère-Patrie elle venait de lui donner l’illusion de se trouver encore sur la terre de France. Que les fleurs qu’elle lui offrait étaient comme celles de là-bas, fraîches le matin et fanées le soir, mais ce qui ne fanerait pas c’était la réception qu’on venait de lui faire, dont il garderait un précieux souvenir.
Le Tamatave


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13 octobre 2018

Il y a 100 ans : M. Schrameck à Tamatave (2)


(Suite.)
Vous avez pu constater sur les quais de Marseille l’affluence des produits malgaches de première nécessité pour la défense nationale et vous y avez vu aussi débarquer tour à tour, accourant généreusement offrir leur sang pour la défense du sol français, des effectifs importants de soldats de Madagascar européens et indigènes qui viennent tout récemment encore de se distinguer par leur bravoure contre les formidables assauts des barbares.
Mais je n’ai point qualité, Monsieur le Gouverneur Général, pour louer votre grande œuvre officielle et aussi bien ce serait présomptueux de la part d’un de vos subordonnés ; il m’est cependant permis de dire que nous savons tous à l’avance que votre dévouement le plus entier, le plus absolu est acquis à la prospérité de la colonie et que tous vos efforts tendront à rendre plus florissante sa situation. Nous sommes assurés que seront continuées ici les traditions des constantes sollicitudes que méritent les intérêts de la Grande Île malgache et de Tamatave en particulier à laquelle vous avez habitué ceux qui ont eu la bonne fortune de compter parmi vos administrés. Ce n’est ni le lieu ni le moment de vous exprimer divers desiderata et de vous exposer certaines questions intéressant la région et la ville de Tamatave, d’autres voix plus autorisées que la mienne le feront plus tard. Je tiens seulement à vous donner tout de suite l’assurance que vous trouverez toujours à Tamatave, chez tous, corps constitués, colons, fonctionnaires et indigènes, les concours les plus absolus, les plus dévoués car tous nous n’avons qu’une pensée, donner à la Mère Patrie dans toute la mesure de nos forces l’aide la plus efficace en ces heures tragiques d’effort précurseur de la victoire finale.
Au surplus, les témoignages manifestés de sincère et déférente sympathie qui ont déjà salué et vont saluer votre passage, la foule qui se porte au-devant de vous, l’air de fête que Tamatave a pris en votre honneur sont la preuve la plus éloquente de nos sentiments à votre égard et valent mieux que des paroles.
 (À suivre.)
Le Tamatave


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12 octobre 2018

Il y a 100 ans : M. Schrameck à Tamatave (1)


Lorsque le Sydney est arrivé sur rade, M. l’Administrateur-Maire, le Général Nicole et les personnalités civiles et militaires se sont rendus à bord pour saluer le Gouverneur Général. M. Schrameck n’est descendu à terre qu’à 11 heures ½. Il a été salué conformément à l’usage par quinze coups de canons, en même temps qu’il était reçu par la municipalité de Tamatave et les hauts fonctionnaires de la ville.
Le Général Nicole ainsi qu’un grand nombre d’officiers étaient également présents.
Ces formalités remplies, M. Schrameck s’est rendu sous la tente dressée à cet effet, et M. de Laborderie lui a adressé l’allocution suivante.

Monsieur le Gouverneur Général,
Comme Chef de la Province et Administrateur-Maire de Tamatave, j’ai l’heureux privilège et l’insigne honneur d’être le premier, au nom des assemblées constituées de Tamatave et de la population entière, à vous exprimer nos souhaits respectueux et cordiaux de bienvenue. L’an dernier à la même époque et à la même place, nous nous trouvions réunis pour recevoir M. le Gouverneur Général Merlin ; assurément nous avons éprouvé de sincères regrets en apprenant son départ mais ces regrets ont été atténués par la nouvelle de votre nomination comme Gouverneur Général de Madagascar.
Bien qu’au sens administratif du mot, vous ne soyez pas un colonial, nous n’ignorons pas en effet votre longue et brillante carrière en France, nous savons les très hautes fonctions que vous avez exercées et qui depuis bien des années ont eu leur écho sur cette terre malgache très éloignée géographiquement de la Mère Patrie, mais près d’elle par le cœur et les sentiments. D’ailleurs Marseille, la seconde ville de France, le chef-lieu de cette grande Préfecture des Bouches-du-Rhône aux destinées de laquelle vous avez présidé si brillamment pendant de longues années n’est-elle pas une autre capitale de nos belles colonies. Et vous avez pu y apprécier déjà les efforts de notre chère Grande Île et le concours qu’elle n’a cessé d’apporter à la Métropole.
(À suivre.)
Le Tamatave


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9 octobre 2018

Il y a 100 ans : Un projet fâcheux (2 et fin)


(Suite et fin.)
La réunion de tous ces présidents, qui ne sauraient être que des commerçants, étant donné l’énorme supériorité numérique de ces derniers sur les colons, industriels et agriculteurs, deviendra en réalité une sorte de petit Parlement, où ne seront défendus que les intérêts du commerce, où seront négligés, voire même sacrifiés, les intérêts de l’industrie et de l’agriculture.
Quelle pourrait être, en effet, la compétence des commerçants en matière agricole ou industrielle ; quelles pourraient être les raisons qui les inciteraient à s’en occuper ?
Au lieu de vouloir vraiment s’éclairer, il semble que l’Administration supérieure ait le désir de tout confondre, afin de pouvoir agir, sans contrôle effectif, comme par le passé.
Le motif inavoué de ce semblant de réforme paraît être l’inquiétude qu’inspire un nouvel organisme, le Syndicat des agriculteurs de Madagascar, qui vient de se constituer et qui groupe déjà presque toutes les forces agricoles de l’île. Or, cet organisme paraît à l’administration devoir être très remuant, très agissant, et elle se préoccupe déjà de lui opposer un autre organisme capable de contrecarrer son action.
Il est vraisemblable que la peur des responsabilités, l’envie de s’abriter derrière un avis émis par des gens incompétents et en même temps irresponsables, le désir de n’avoir pas à se prononcer entre des avis opposés, émanant des représentants qualifiés des divers intérêts en présence, ne soient pas non plus étrangers au projet de l’administration.
Nous voulons cependant espérer que les agriculteurs de Madagascar obtiendront que l’on améliore le statut des Comices agricoles, perfectibles évidemment, comme toute conception humaine. Il y a beaucoup mieux à faire que de les laisser purement et simplement absorber par les Chambres consultatives du commerce et de l’industrie.
Si, contrairement à ce vœu, le projet de l’administration se réalisait, il ne resterait plus aux agriculteurs qu’à refuser de prendre une part, si petite soit-elle, à la création et au fonctionnement de ce nouvel organisme, et à se consacrer uniquement au perfectionnement et à l’extension de leur syndicat.
A. Paris,
Membre du Comice agricole de Mananjary
Le Courrier colonial


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8 octobre 2018

Il y a 100 ans : Un projet fâcheux (1)


Il n’est bruit, en ce moment, à Madagascar, que d’un projet de réforme des assemblées élues de la Grande Île, qui se composent de Chambres consultatives du commerce et de l’industrie, de Comices agricoles, d’une Chambre d’agriculture.
D’après ce que nous croyons savoir, ce projet consacrerait une innovation vraiment singulière. Actuellement, les Chambres consultatives de commerce et d’industrie s’occupent des intérêts du commerce et de l’industrie ; les Comices agricoles, de tout ce qui touche à l’agriculture. Cette organisation, pour être parfaite, nécessiterait une séparation entre le commerce et l’industrie, mais dans l’état actuel, elle correspond déjà à une certaine division du travail, à une certaine spécialisation, et la compétence professionnelle des membres de chaque corps peut se manifester utilement.
Si quelques changements devaient être apportés à l’organisation actuelle, il semblerait tout naturel qu’ils soient orientés dans le sens de la division qui vient d’être indiquée. Or, au lieu de séparer le commerce de l’industrie, et de créer pour cette dernière un organe de représentation professionnelle, le projet en question se propose, au contraire, de grouper en un seul corps élu, comprenant commerçants, industriels, mineurs, agriculteurs, les représentants de ces diverses professions dont les intérêts, pour être connexes, n’en sont pas moins différents les uns des autres, voire même quelquefois en opposition.
En raison des conditions requises pour faire partie du corps électoral, et sur lesquelles il est inutile de s’étendre, le projet en question aura pour inévitable effet de sacrifier, pour le plus grand bénéfice du commerce, les intérêts des professions réellement productives, mines et surtout industrie, agriculture.
Cependant, le commerce ne peut exister et se développer que si les autres branches sont florissantes.
Les inquiétudes des agriculteurs sont tout à fait justifiées. En effet, l’assemblée unique, ainsi constituée au chef-lieu de chaque province, déléguera chaque année son président auprès du gouverneur général.
(À suivre.)
A. Paris,
Membre du Comice agricole de Mananjary
Le Courrier colonial


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7 octobre 2018

Il y a 100 ans : M. Schrameck (2 et fin)


(Suite et fin.)
En second lieu, il est de toute nécessité et de toute justice que le gouvernement réquisitionne chez les producteurs les quantités de graphites nécessaires à la Défense Nationale. En achetant, même à bas prix, une partie des stocks existants, il sauverait de la ruine immédiate nombre de producteurs qui n’ont eu d’autre tort que celui d’écouter les exhortations du gouvernement qui les engageait à une production intensive.
D’autres questions se présenteront encore à l’examen attentif de M. le Gouverneur Général.
C’est d’abord celle de la main-d’œuvre avec la création du livret individuel imposé à chaque indigène adulte. C’est ensuite l’examen de la question du riz avec la suppression ou la modification des réquisitions telles qu’elles sont pratiquées, etc., etc.
Mais nous aurons l’occasion prochainement de rappeler ces questions à la bienveillante attention de M. le Gouverneur Général. Nous avons tenu simplement à lui exposer dès aujourd’hui d’une façon succincte la question le plus brûlante et qui appelle des mesures immédiates.
La haute réputation qui accompagne notre nouveau Gouverneur, les regrets qu’il a laissés à Marseille dont nous avons déjà eu l’occasion d’entretenir nos lecteurs, sont pour nous unsûr garant de l’œuvre utile qu’il ne manquera pas d’accomplir à Madagascar.
Un champ très vaste est offert à son activité bien connue. Pour nous, nous lui faisons entièrement confiance, persuadés que son séjour parmi nous aura la plus salutaire répercussion sur la prospérité compromise de ce pays.

Les anciens Magasins du Louvre de Tamatave

Nous avons annoncé que les anciens Magasins du Louvre de Tamatave sont aujourd’hui la propriété de MM. Barbier et Juge.
Le passé commercial de ces Messieurs est un sûr garant que leur maison continuera aussi bien que par le passé à donner toute satisfaction à leur importante clientèle.
Une visite dans ces magasins si bien assortis nous fait voir des étoffes aux couleurs délicates et chatoyantes, dont le dessin et le bon goût font honneur à l’industrie française.
On y trouve également tout ce qui est nécessaire à la toilette.
Le Tamatave


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 75 titres parus à ce jour.

6 octobre 2018

Il y a 100 ans : M. Schrameck (1)


Notre nouveau Gouverneur débarquera demain matin à Tamatave après un voyage long et mouvementé.
À son passage aux Comores, à Majunga, à Nossi-Bé et à Diégo, il aura pu déjà prendre contact avec la Colonie et recevoir les souhaits de bienvenue de tous les Français, colons et fonctionnaires, établis dans ces régions.
Fidèles à notre ligne de conduite, nous réservons le meilleur accueil au nouveau Gouverneur et lui présentons nos souhaits les plus cordiaux de bienvenue. Nous lui souhaitons un heureux séjour dans la Grande Île.
Son intelligence éclairée ne manquera pas de se rendre compte rapidement des besoins de cette Colonie et des mesures urgentes qu’il importe de prendre.
La ruine de l’industrie des graphites, causé par le refus obstiné et inexplicable opposé par la haute administration à l’ouverture du marché américain aux exportations directes de Madagascar aura dans ce pays une répercussion formidable. Ses conséquences ne peuvent encore être justement appréciées. Le moins qu’on peut en dire, c’est qu’elle met ce pays aux prises avec une crise économique d’une excessive gravité.
Nous espérons que M. le Gouverneur Général Schrameck, devant une pareille situation, n’imitera pas l’exemple de son prédécesseur en s’enfermant dans une inaccessible Tour d’ivoire pour y étudier pendant de longs mois des réformes qui ne verront jamais le jour !
La situation est grave. Le mérite du Chef est de la juger d’un coup d’œil et de savoir prendre sans tarder les mesures qu’elle comporte.
Nous avons longuement exposé, dans une série d’articles parus dans ces colonnes, l’urgence qu’il y avait à autoriser immédiatement les exportations directes de graphites aux États-Unis. Cette mesure n’a pas été prise en temps opportun et la situation se trouve aujourd’hui fortement compromise. Il importe que cette mesure soit prise immédiatement pour sauver de la situation ce qui peut encore être sauvé. Quoi qu’il en soit, cette mesure ne peut être que salutaire.
(À suivre.)
Le Tamatave


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 75 titres parus à ce jour.

5 octobre 2018

Il y a 100 ans : La crise du graphite (2 et fin)


(Suite et fin.)
Mais il faut agir sans aucun retard, sinon tous les consommateurs américains renouvelleront leurs traités avec les producteurs de Ceylan, et se feront délivrer par leur Gouvernement des licences d’importation pour le graphite de cette provenance. Nous risquerions, si nous ne nous pressons pas, qu’il n’y ait plus de place pour le graphite de Madagascar.
Nous espérons que Monsieur le Gouverneur Général, qui jusqu’à l’heure présente est resté sourd à nos appels les plus pressants, va enfin nous donner satisfaction.
Il serait question de l’achat par le Gouvernement d’une certaine quantité de graphite – quantité proportionnée au stock existant chez chacun des producteurs. Ce serait une excellente mesure et un acte de justice car le Gouvernement n’a pas le droit de se désintéresser aujourd’hui de la situation des exploitants de graphites qu’il a, sur des renseignements erronés, incités à la surproduction et qui sont aujourd’hui acculés à la ruine.
Un bon mouvement de la part de M. le Gouverneur Général dans ce sens serait certainement bien accueilli.

Le certificat d’études primaires élémentaires

Les examens de toutes catégories deviennent de plus en plus difficiles dans la Colonie.
Le certificat d’études primaires du 25 juillet à Tamatave nous en donne une preuve.
La dictée, quoique n’étant pas très difficile, par défaut de compréhension d’un certain passage, a été la pierre d’achoppement de plusieurs candidats.
La composition française avait un sujet bien sérieux pour de jeunes enfants.
Quant aux problèmes, l’un d’eux était particulièrement difficile et pourrait très bien figurer à un examen de brevet de capacité.
À l’oral, les questions posées auraient embarrassé bien des personnes qui possèdent déjà plusieurs diplômes. On peut dire qu’on n’a pas été indulgent pour les candidats qui possèdent déjà plusieurs diplômes. On peut dire qu’on n’a pas été indulgent pour les candidats, qui n’en ont que plus de mérite.
Le Tamatave


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 75 titres parus à ce jour.

4 octobre 2018

Il y a 100 ans : La crise du graphite (1)


L’effondrement est complet. La ruine des nombreux exploitants de graphite est maintenant consommée ; l’arrêt de tous les toby devient obligatoire et 200 000 indigènes vont se trouver sans travail du jour au lendemain.
Le commerce, déjà gêné considérablement par le manque de bateaux, est dans le marasme le plus complet et les affaires, qui en grande partie dépendaient de l’industrie du graphite, sont paralysées. En résumé, après une ère de prospérité, c’est la misère et la ruine en perspective pour ce pays.
Ainsi que nous l’avons établi dans une série d’articles parus ici même, la haute administration a une large part de responsabilité dans ce résultat lamentable.
Il y a un an – il y a même six mois –, l’ouverture du marché américain aux exportations directes de Madagascar aurait sauvé la situation. L’administration, pour des raisons qu’il est préférable de ne pas approfondir en ce moment, s’est y toujours obstinément refusée.
Aujourd’hui encore, en pleine crise et à l’heure où la haute administration peut se rendre un compte exact du résultat désastreux dû à son incurie, la mesure sollicitée depuis si longtemps par tous les véritables exploitants de graphite (nous mettons de côté les spéculateurs du consortium) n’a pas encore été prise.
Il importerait cependant qu’elle le fût.
Nous prévoyons les objections qu’on ne manquera pas de nous faire. Eh quoi ? nous dira-t-on, c’est au moment où l’Amérique nous ferme ses portes que vous demandez une autorisation d’exporter le graphite directement dans ce pays ?
Nous ferons remarquer à notre peu prévoyant contradicteur que si l’Amérique nous a fermé ses portes, c’est à raison de la mauvaise volonté et de l’ostracisme injustifié de nos gouvernants qui n’ont pas voulu mettre notre nouvel allié sur le même pied que l’Angleterre.
Nous ferons remarquer encore que l’interdiction d’exporter le graphite en Amérique n’existe que pour l’année 1918. Il est parfaitement possible que des affaires puissent être conclues pour 1919, si Monsieur le Gouverneur Général se décide enfin à prendre la mesure sollicitée par nous depuis si longtemps.
(À suivre.)
Le Tamatave


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3 octobre 2018

Il y a 100 ans : Les sangliers dans la Grande Île


Les sangliers continuent leurs déprédations dans certaines régions de Madagascar et cela est d’autant plus regrettable que, par suite de la raréfaction de la main-d’œuvre, les cultures ne sont ni aussi étendues, ni aussi riches qu’avant la guerre.
Andrianampoinimerina, le grand législateur hova dont nous aimons parfois à citer les sentences, disait aux fokonolona qui se plaignaient des ravages commis par les porcs des forêts : Puisque vous ne savez pas protéger vos Faritany contre les sangliers, j’enverrai mes soldats achever votre ruine.
Le lendemain, les fokonolona savaient protéger leurs cultures et le nombre des sangliers diminuait.
M. Garbit avait prescrit des mesures et même institué des primes pour encourager la destruction des sangliers, mais M. Garbit est en France et, d’ailleurs, le crédit réservé aux primes était bien modeste. Pas assez cependant puisque avant de le répartir à qui de droit, les bureaux des « Affaires civiles » et ceux de la « Colonisation » se querellent à qui distribuera cet argent.
Pendant ce temps, les sangliers continuent leurs exploits.

Personnel colonial

Conformément aux dispositions des articles 12, 13 et 14 du décret du 24 mai 1917, il vient d’être créé à Madagascar un cadre local permanent du personnel des agents secondaires des phares et balises, placé sous l’autorité du directeur des T. P.
Ces agents concourront à l’entretien et au fonctionnement de l’éclairage et du balisage des côtes ainsi qu’à la surveillance et à la protection des ouvrages à terre et à la mer, sous les ordres des ingénieurs, conducteurs et commis des T. P.
Ce personnel comprendra des maîtres et des gardiens de phares, et des gardiens stagiaires.
Le personnel faisant partie du cadre général des ports et rades de la Grande Île, régi par le décret du 25 mai 1917, est fixé pour cette colonie à trois officiers (capitaines ou lieutenants) et à un maître de port.
Le Courrier colonial

Nos Gouverneurs

Nous aurons bientôt dans nos murs deux Gouverneurs Généraux. On nous promet le troisième pour le mois de septembre.
Abondance de biens ne nuit jamais.
Le Tamatave


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