29 juin 2017

Il y a 100 ans : Séance de l’Académie malgache (1)

Présidence de M. le Dr Fontoynont.
Étaient présents : Mme Hodgkin, MM. Dr Standing, Chazel, De Guise, Guédès, R. P. Dubois, R. P. Muthuon, R. P. Cadet, Rajaofera, Rasamimanana, Maisonneuve, Lamberton.
Excusés : MM. Hesling, Sharman, Dr Villette.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.
Le président donne lecture de la correspondance comprenant diverses lettres de M. Lacroix. Notre savant collègue nous signale que les eaux des sources minérales de Sainte Marie de Marovoay contiennent un sel purgatif exploitable. Il nous signale également l’intérêt qu’il y aurait à rechercher si le mot malgache « vatodidy » désigne une seule espèce minérale ou si c’est un terme générique appliqué à toutes les roches qui se taillent facilement.
L’Académie décide de faire recueillir dans les diverses provinces des échantillons de « vatodidy » qui seront ensuite envoyés à M. Lacroix pour étude.
M. le Dr Fontoynont dépose sur le bureau et offre pour les collections du Musée une batterie de fusil qui porte la date de « 1835 ». Elle serait donc antérieure à la création des usines de Mantasoa par Laborde. Il serait intéressant de rechercher où elle a été fabriquée.
Il est donné lecture d’une communication de M. Fraud au sujet de la capture de la Mahajamba. Notre collègue était chef du district de Port-Bergé au moment où se produisit cet événement géographique. Il eut lieu vers mars 1903, et il fut causé par les pluies diluviennes qui tombèrent à deux reprises cette année-là. La crue de la Mahajamba déploya et emporta une colline qui séparait le lit de la Mahajamba de celui de la Kamoro. D’autre part, M. Fraud voit dans ce phénomène un cas de la loi de Baer qui veut que, dans l’hémisphère sud, les fleuves coulant vers l’équateur rongent constamment leur rive gauche. Tout en reconnaissant le grand intérêt de la communication de M. Fraud, M. Carle fait remarquer qu’il a visité le lieu où s’est faite la capture et qu’il n’a vu aucune trace de colline. Il semble qu’un nouvel examen des lieux, par un géologue, serait indispensable pour trancher cette question.
(À suivre.)

Bulletin de l’Académie malgache

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont maintenant disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 62 titres parus à ce jour.

28 juin 2017

Il y a 100 ans : L’avenir de Madagascar (11)

(Suite et fin.)
Ces textes impliquent sournoisement, mais clairement toutefois, que le dit décret doit avoir nun effet rétroactif.
Or, notre Code civil, dans son titre préliminaire sur la publication, les effets et l’application des lois en général, dit textuellement dans son article 2 : « La loi ne dispose que pour l’avenir ; ELLE N’A POINT D’EFFET RÉTROACTIF. »
Mais, dans notre colonie de Madagascar, M. Lebureau, plus fort que la loi, plus fort que le code, s’assied dessus et légifère à sa convenance. Industriels, mes amis, vous êtes prévenus.
Puis l’on s’étonnera que colons et industriels n’affluent pas aux colonies ! C’est le contraire qui aurait lieu de surprendre.
Pour expliquer cette chose regrettable, on s’empresse d’ajouter : « Le Français n’est pas colonisateur. »
Permettez, M. Lebureau ! Cette affirmation est trop générale, elle ne concerne que l’administration française, notre administration qui, en matière de colonisation, ne possède ni principes, ni méthode, ni esprit de suite, ni expérience, ni assez d’hommes compétents.
Quant au Français en lui-même, colon ou industriel, il possède à un degré très élevé des qualités éminemment colonisatrices : initiative, activité, courage, intelligence et par-dessus tout esprit débrouillard.
Qui n’admire dans tous les pays étrangers, notamment dans les pays d’Amérique, la riche colonisation française. C’est que nos compatriotes y ont trouvé partout une liberté très grande et des facilités complètes pour y exercer leur activité en même temps que bienveillance et même appui de la part des autorités.
Le Général Galliéni lui-même, bien que puissant colonisateur, a été impuissant à vaincre la force d’inertie et le mauvais vouloir de M. Lebureau qu’on lui a envoyé, cadre d’Europe. On reste stupéfait à voir la quantité d’instructions sages et pratiques données par lui, mais qui sont restées lettre morte, M. Lebureau ayant pris sur lui de ne pas les exécuter.
Donc, avant de faire l’inventaire de ce qu’on peut faire dans la colonie de Madagascar et d’y appeler colons et industriels, commençons par leur en rendre l’accès abordable, en supprimant les trop nombreuses entraves qui, pour le moment, lui en interdisent l’entrée. Souvenons-nous que c’est dans les colonies que se trouve l’avenir de la France.

Le Tamatave

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26 juin 2017

Il y a 100 ans : L’avenir de Madagascar (10)

(Suite.)
« En cas de contestation, ajoute l’article, et à défaut d’entente amiable, il serait statué par le Conseil du Contentieux de la Colonie » !!!
Le Conseil du Contentieux ! Sais-tu, brave industriel, de qui ou de quoi il est composé ? Je vais te le dire.
Il comprend six membres, dont cinq – tu as bien lu, cinq sur six – sont tout ce que M. Lebureau possède comme fine fleur. Honnêtes ? Absolument. Instruits ? Savants même ? Comme pas un ; mais qui, sur les questions industrielles, doivent, en général, posséder autant de notions que l’enfant qui vient de naître.
Le sixième membre est un colon intelligent et honnête lui aussi, mais qui en fait de connaissances industrielles doit être à la hauteur de ses collègues. Puis que veux-tu qu’il fasse contre cinq, surtout s’il veut ménager le renouvellement de son mandat ? et surtout encore contre cinq gaillards convaincus que c’est arrivé et que, bien mieux qu’au pape, le don de l’infaillibilité leur a été octroyé. Du reste, tous les six ont les yeux constamment fixés sur la girouette pour savoir d’où tourne le vent. Avec cela, l’industriel est fixé sur la nature de la sentence qui le frappera.
Par contre, s’il est frère ou ami, il peut sauter les pieds joints par-dessus tous les règlements, dispositions ou décrets qui s’effaceront devant lui pour lui permettre de faire ce qui lui plaira.
Avant le décret du 3 juin 1913, certains industriels avaient obtenu, dans un esprit plus large, des concessions de prise d’eau qui échappaient à la main-mise de M. Lebureau. Cela ne pouvait être, car ce dernier en eût séché de dépit. Aussi le décret du 3 juin 1913 contient, dans son article 21, les deux subtils alinéas suivants :
« Art. 21. – Les propriétaires des ouvrages et établissements de toute nature soumis à l’autorisation en vertu du présent décret et existant au jour de sa publication, seront tenus de faire diligence dans un délai de deux ans, à compter de cette date, pour obtenir l’autorisation exigée par le dit décret.
« Toutefois, s’il s’agit d’établissements ou d’exploitations antérieurement autorisées par l’Administration, le délai ne courra que de la mise en demeure adressée à chaque propriétaire, et sa durée ne sera que d’un an. »
(À suivre.)

Le Tamatave

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24 juin 2017

Il y a 100 ans : L’avenir de Madagascar (9)

(Suite.)
Le tabac. – Par son climat et la nature de ses terres, Madagascar peut produire des tabacs dont la qualité égalerait ceux de Cuba et des Philippines. Il est désolant autant que douloureux de constater avec quelle brutalité cette industrie a été tuée dans l’œuf. C’est encore une convenance personnelle qui en a été la cause. Il fallait à tout prix libérer d’une concurrence qui ne pouvait qu’être funeste les tabacs importés d’Algérie par les grands électeurs des Étienne et des Thomson. Et on n’a pas hésité à sacrifier Madagascar.
Là aussi, M. Lebureau, desserrez vos entraves.
Nous pensions avoir épuisé l’aride et fastidieuse question de l’utilisation des eaux de Madagascar par l’industrie, mais les nombreuses et vives observations qui nous ont été faites nous obligent à y revenir.
Développer dans notre colonie les diverses et nombreuses industries auxquelles elle se prête serait élever sa prospérité pour le moins à la hauteur de celle qu’atteignent les colonies ou les pays neufs les plus riches et les plus avancés.
Mais ce serait pour M. Lebureau l’abomination de la désolation. Aussi a-t-il eu soin d’y jeter son Holà ! et de préparer de telles entraves qu’à les remarquer un industriel sérieux s’empressa de s’en éloigner, pour échapper à une tyrannie aussi odieuse, en même temps que ruineuse et déprimante.
L’industriel calcule les dépenses qu’il peut faire en se basant sur les bénéfices possibles à réaliser. C’est ainsi que doit procéder un père de famille honnête, consciencieux. La législation en main, M. Lebureau lui dira : « Vous ferez les dépenses qu’il me plaira de vous imposer et de la manière qui me conviendra. »
Nous ne saurions assez répéter que M. Lebureau, le ZAPTATOUT, aussi ignare que malintentionné, n’a aucune préparation et ne possède aucune compétence pour remplir ce rôle tyrannique, et pendant 30 ans il tiendra le malheureux industriel, ainsi qu’il est stipulé dans le même article ci-dessous.
Il est vrai que, pour déguiser ce vol manifeste, car c’en est un, l’article 21 du même décret, dans son troisième alinéa, stipule qu’une indemnité pourra être allouée à l’industriel ainsi évincé.
Ah ! Le bon billet qu’a La Châtre !
 (À suivre.)

Le Tamatave

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23 juin 2017

Il y a 100 ans : L’avenir de Madagascar (8)

(Suite.)
Et si, malgré tout, ce dernier finit par installer son industrie, il n’est jamais qu’un étranger, un intrus dans son usine que le moindre caprice peut arrêter et, mieux que cela, faire démolir et disparaître. Voyez ce qu’édicte, dans son troisième alinéa, l’article 19 du décret du 3 juin 1913 : « Les ouvrages, terrains, bâtiments et engins de toute sorte déterminés au cahier des charges comme constituant des dépendances immobilières de la concession FONT PARTIE DU DOMAINE PUBLIC » !!!
Donc, c’est bien dans une sorte de socialisme d’État que vient s’annihiler l’industriel conduit à Madagascar par sa mauvaise étoile.
Il serait trop long de relever une par une toutes les entraves dont on l’entoure, nous ne pouvons que demander avec la plus grande énergie que ces entraves soient supprimées avant que de songer à développer à Madagascar les industries aussi diverses que nombreuses auxquelles, par ailleurs, notre colonie offre tant de facilités.
Le sucre. – Dans son câblo du 21, Havas nous annonce que le ministre du ravitaillement a invité les préfets à mettre en vigueur la carte-sucre. Cette denrée si nécessaire à l’alimentation est donc rationnée en France et constitue une question de la plus grande actualité qui préoccupe autant les consommateurs que les pouvoirs publics. À l’heure actuelle, la France ne fabrique plus assez de sucre pour sa consommation, et au cours de l’année qui vient de s’écouler, elle a dû en importer 532 751 tonnes contre une exportation de 134 935 tonnes, soit un déficit de 397 786 tonnes, ou en chiffres ronds 400 000 tonnes.
Or, tout le monde sait avec quelle facilité et quelle richesse pousse la canne à sucre à Madagascar. À l’époque de notre conquête, plusieurs fabriques de sucre étaient en pleine prospérité tant sur l’Ivondro que sur l’Ivoloina. Mais des convenances politiques ou personnelles les ont tuées, et on peut en contempler encore les ruines imposantes. Cependant quels services ne rendraient-elles pas à la France actuellement, si elles fonctionnaient encore !…
Allons, M. Lebureau, un bon mouvement ; lâchez les liens qui entravent cette industrie qu’un peu plus de liberté rendrait sous peu des plus florissantes, et encouragez les initiatives qui se manifestent.
(À suivre.)

Le Tamatave

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21 juin 2017

Il y a 100 ans : L’avenir de Madagascar (7)

(Suite.)
M. Augagneur, aussitôt avisé, trancha la question dans les 24 heures.
Mais le force d’inertie de M. Lebureau n’a pas de limites. Forcé de s’exécuter, il répond : « Vos plans sont incomplets. »
L’industriel demande en quoi.
« Pas d’explications à vous donner. Ils sont incomplets ; refaites-les. »
Refaits, vous les présentez à nouveau.
« Vos plans ne sauraient être approuvés, tant ils sont absurdes. »
?…
« Comment, vous le demandez ? Vous mettez dans votre usine des chambres d’eau… C’est pour prendre des bains ? »
Le malheureux ignorait que ces chambres d’eau étaient destinées à recevoir des turbines.
Un autre demande :
« Combien d’eau prendrez-vous à la rivière ? »
« Mais, le cas échéant, tout ce qu’elle pourra donner. »
« Cela, jamais nous ne pourrions le permettre ! Y pensez-vous ? Que deviendraient les populations situées au-dessous de votre usine ? » (Les expressions amont et aval lui étaient inconnues.) « Elles n’auraient plus d’eau pour boire et leurs animaux mourraient de soif. »
L’homme à l’omniscience, « Zaptatout », ignorait que cette eau, toute cette eau, devrait être restituée sur l’heure à la rivière, en la forçant à passer par les auges des turbines et fournir ainsi la force motrice désirée.
Tout ce que dessus est authentique et nous pouvons donner les noms des fonctionnaires et industriels qui y sont visés. Pour abréger, nous passons sur d’autres incidents tout aussi édifiants.
Et c’est à de tels… personnages que la législation confie la direction et le contrôle de l’utilisation de la houille blanche à Madagascar.
Ce n’est pas tout.
Nous ne saurions assez insister sur la situation, pour le moins singulière, dans laquelle la législation sur la matière met l’industriel. Ce dernier apporte ses capitaux, sa science, son expérience, mais c’est un agent n’ayant aucune préparation pour cela, et qui, d’ailleurs, n’aspire qu’à une chose, faire le moindre effort possible, c’est, dis-je, cet agent qui lui imposera sa manière de voir et sa volonté sur la nature, la forme et la dimension des travaux à exécuter, heureux si par ses exigences et ses vexations il peut déterminer l’industriel à aller se faire pendre ailleurs.
 (À suivre.)

Le Tamatave

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18 juin 2017

Il y a 100 ans : L’avenir de Madagascar (6)

(Suite.)
L’industriel qui veut s’en servir se heurte à une sorte de socialisme d’État qui le jette pieds et poings liés entre les mains de M. Lebureau et celui-ci le tient en lisière sous sa direction et son contrôle absolu. Or, l’ignorance, l’outrecuidance et le mauvais vouloir de M. Lebureau, en général, ont acquis à ce dernier une réputation universelle. Et, suprême ironie, l’industriel, l’homme de science et d’expérience, ne peut se mouvoir que sous sa coupe, obligé, pour ainsi dire, de se faire son homme-lige.
Que la Colonie se réserve la propriété absolue de toutes les eaux de Madagascar, sans que leur aliénation puisse jamais être permise, passe encore.
Qu’en accordant une autorisation de prise d’eau, elle fasse toutes réserves utiles quant aux droits des tiers et aux dommages que la retenue des eaux pourrait causer aux propriétés riveraines, rien de plus juste.
Mais qu’un agent ignare qui, de sa vie, n’a vu une prise d’eau, encore moins une usine quelconque, vienne imposer sa manière de voir à un homme d’expérience connaissant bien son métier, il n’y a que dans notre pays où l’on puisse admirer une chose aussi… paradoxale (soyons modérés).
De par la législation en la matière, l’industriel est obligé, dans un délai fixé, de soumettre ses plans et devis à l’approbation de M. Lebureau. Mais si l’industriel doit soumettre ses plans dans un délai fixe, aucun délai n’est imposé à M. Lebureau pour les examiner, de sorte que si l’industriel n’est pas persona grata et n’a pas montré… patte blanche, ou graissé les rouages, il attendra longtemps, – des mois, des années, – des nouvelles de ses plans. Quand, lassé d’attendre, il ira, respectueusement, en référer à M. Lebureau dans son cabinet, il entendra celui-ci lui répondre d’une voix mielleuse :
« Désolé, mon cher Monsieur ; mais j’ai 73 affaires à étudier avant la vôtre. Patience ! votre tour viendra. »
Malheureusement pour M. Lebureau, l’industriel qui attendait depuis deux heures dans la salle d’attente l’avait entendu faire une réponse identique aux réclamants qui l’avaient précédé. Il avait pour chacun 73 affaires à étudier avant la sienne (authentique).
(À suivre.)

Le Tamatave

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16 juin 2017

Il y a 100 ans : L’avenir de Madagascar (5)

(Suite.)
Les malvacées, auxquelles appartient le pam-pam, ou Urena lobata que le service de colonisation est parvenu à domestiquer.
Les bananiers, surtout sauvages, ou chanvre de Manille, les ananas, les bambous, si nombreux dans ce pays, les débris de canne à sucre, les ravenales dont la richesse de la fibre a déjà fait l’objet d’expériences concluantes, les lianes de toutes sortes qui inondent les forêts, les lougousso qui empoisonnent les champs, tous les focoïdes, etc., etc.
Beaucoup de ces plantes donnent de la soie végétale de grande valeur, et toutes donnent de la pâte à papier, autrement facile à obtenir que celle que l’on obtient des forêts. De plus, toutes ces plantes se reproduisent dans l’année même, quand ce n’est pas tous les six mois, tandis qu’un arbre demande de 40 à 50 ans avant que d’être en état d’être coupé à nouveau.
La seconde cause de la crise du papier réside dans la rareté de la houille. Ce n’est pas que nos mines et celles de l’Angleterre qui nous fournissent ce combustible, ne continuent à donner, même plus qu’en temps ordinaire. Mais le charbon ou houille noire est indispensable aux besoins de la guerre qui, à l’heure actuelle, prime tout.
Ici encore, M. Achile Bergès, dans son rapport, nous fait connaître que Madagascar possède une richesse jusqu’ici presque complètement délaissée.
C’est la houille blanche, qui se trouve partout sous la main, elle aussi en quantité inépuisable. De sorte que notre colonie pourrait fournir à la mère-patrie, et même à l’Angleterre, des fibres et de la pâte à papier nécessaires à leurs industries, et détourner à son profit ces centaines de millions, dont elles paient le tribut aux pays étrangers.
Tout cela serait fort beau si la législation en vigueur à Madagascar sur l’utilisation de la force motrice hydraulique ne venait jeter le holà ! C’est ce que nous allons démontrer.
Nous avons dit que la richesse de Madagascar en houille blanche était incalculable. Mais que dire de la législation qui en régit l’utilisation ?
 (À suivre.)

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15 juin 2017

Il y a 100 ans : L’avenir de Madagascar (4)

(Suite.)
Peut-on imaginer une clause léonine plus odieuse, plus inique, plus anti-coloniale, plus monstrueuse enfin. Et, naïvement, M. Lebureau a le… courage de nous demander comment on peut aider au développement de la colonie ! Sa demande est-elle sérieuse ? On pourrait en douter.
La législation sur la propriété foncière remaniée de façon à offrir toutes facilités et toutes garanties au colon, à quoi ce dernier pourra-t-il employer son énergie et son initiative ? Il n’aura que l’embarras du choix suivant son goût et ses aptitudes, car Madagascar présente des ressources si étendues et si variées qu’il serait difficile de trouver une autre colonie, ou même un autre pays, en présentant un ensemble aussi complet.
Les crises que subit la France en ce moment vont nous guider dans cette énumération.
D’abord, celle du papier qui touche directement le journalisme, tant en France qu’en Angleterre.
Elle provient de deux causes : d’abord le manque de matière première que les fabricants tant anglais que français faisaient venir des pays étrangers, pour plusieurs centaines de millions par an. Pour y remédier, d’aucune ont proposé de mettre en coupe réglée les forêts de l’Afrique équatoriale, d’autres proposent d’aller exploiter les bambous de nos colonies de l’Extrême-Orient, etc. Personne ne songe aux ressources que présente Madagascar. Et cependant, il suffirait de remettre au jour le rapport dont nous avons parlé de la commission présidée par Monsieur Achille Bergès, et qui affirme que Madagascar possède des plantes textiles, et quantités inépuisables et de qualité bien supérieure à celles que l’on va chercher dans les pays étrangers. Quantités inépuisables, qualité supérieure… Que l’on demande à M. Augagneur, qui, frappé par cette affirmation, a tenu à en vérifier l’exactitude par lui-même.
L’énumération, ici, de toutes ces plantes, serait trop longue, elles sont d’ailleurs connues de tout le monde. En voici quelques-unes au hasard.
Les cypéranées, auxquelles appartiennent les zouzours, ou cyperus, avec les fibres duquel les anciens Égyptiens ont fait du papyrus, qui a donné son nom aux produits similaires, soit le papier.
 (À suivre.)

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11 juin 2017

Il y a 100 ans : L’avenir de Madagascar (3)

(Suite.)
Or on connaît la moralité du Malgache et la valeur de son témoignage surtout lorsqu’il s’agit d’évincer un vazaha.
Sans doute, les tribunaux se montrent aujourd’hui très prudents pour statuer dans des questions de cette nature, mais il n’en est pas moins vrai que le cas s’est présenté, et que cette épée de Damoclès est suspendue sur la tête du colon, qui, s’il n’est pas « persona grata » auprès de M. Lebureau, peut voir d’un coup sa fortune disparaître, en même temps que le produit de ses sueurs et le labeur de plusieurs années.
Devant cette iniquité que l’on peut qualifier de monstrueuse, que fait la Colonie, l’Alma mater du colon ? Il est pénible de le dire mais, comme Pilate, elle s’en lave les mains avec un cynisme qui n’a pas de nom.
Méditez les clauses de son article VI qu’elle insère tout au long dans le titre provisoire de propriété qu’elle vous impose, et qui est à prendre ou à laisser :
Art. VI. – L’autorisation d’occuper le terrain ci-dessus désigné est purement provisoire et est accordée sous la réserve expresse des droits quelconques pouvant appartenir à des tiers ; dans le cas où par suite, soit d’une réclamation émanant d’un tiers, soit d’une action en Justice, soit d’une décision du tribunal statuant sur la demande d’immatriculation, soit d’une sentence de tout autre tribunal, le preneur se verrait contraint d’abandonner tout ou partie de sa propriété, ce dernier n’aura AUCUN RECOURS contre le domaine et ne pourra réclamer de dommages intérêts ; mais il lui sera concédé un terrain d’une superficie égale à celle dont il aurait été dépossédé.
Voyez-vous bien le colon évincé, ruiné, de santé et d’argent, aller recommencer son « via crucis » sur un autre terrain, avec la même perspective d’en pouvoir être évincé, une fois mis en valeur.
Il suffirait de reporter au premier bornage – fait au moment de la demande de concession – ce délai de trois mois accordé aux prétendants droits, avant que le colon n’ait dépensé ni un centime de son argent, ni une heure de sa sueur.
Seulement ce serait trop simple et M. Lebureau se trouverait désarmé. Car pour lui, le colon, comme nous l’avons déjà dit, voilà l’ennemi !
 (À suivre.)

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10 juin 2017

Il y a 100 ans : L’avenir de Madagascar (2)

(Suite.)
Or la législation qui régit cette matière dans notre colonie est ce qu’il y a de plus monstrueusement idiot, mauvais et ridicule. La presse, de quelque opinion qu’elle fut, a été unanime à la flétrir de la façon la plus violente. M. Lebureau, impassible, contemple avec satisfaction le malheureux colon se débattant dans les entraves et les pièges que présente cette législation. Le colon !… voilà l’ennemi et cette législation lui permet, d’une chiquenaude, d’envoyer le colon… se faire pendre ailleurs.
Justement ému des plaintes formulées au sujet de cette législation, M. Augagneur chargea M. Rousset de corriger les imperfections du décret du 16 juillet 1897 régissant la matière. Au lieu de cela, ce fonctionnaire rédigea un nouveau décret du 4 février 1911 de cent coudées plus défectueux que le précédent.
Ce fut un tollé général devant le bien-fondé duquel M. Picquié remit l’étude de cette si importante question à une commission présidée par M. Gamon. Devant cette solution, la presse et les intéressés se sont tus, attendant, anxieux, la nouvelle législation.
Il y a déjà quatre ou cinq ans de cela, et comme sœur Anne…
Nos braves colons ont oublié que, lorsque M. Lebureau se trouve en présence d’une question qui l’ennuie, il s’empresse de nommer une commission à qui il en confie l’étude. Tout le monde sait à quoi s’en tenir : la dite question a reçu les honneurs d’un enterrement de première classe. Est-ce là le sort de notre législation foncière ? Avec le Gouverneur général actuel, il y a lieu d’espérer que non.
Nous ne recommencerons point la critique qui en a été faite ; tout le monde la connaît. Nous ne rappellerons qu’un seul point qu’il eût suffi de modifier dans le décret du 10 juillet 1897 pour rendre celui-ci acceptable.
Lorsque, au bout de deux, trois, quatre ans ou plus, le colon a mis en valeur son terrain, – même acheté de la colonie aux enchères publiques, – il doit en demander l’immatriculation et la délivrance du titre définitif.
Or, du jour où avis par affiches est donné au public de cette demande d’immatriculation, les prétendants droits, – qui sont toujours des indigènes, – ont un délai de trois mois pour revendiquer devant les tribunaux la propriété des dits terrains.
(À suivre.)

Le Tamatave

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8 juin 2017

Il y a 100 ans : L’avenir de Madagascar (1)

À M. le président du Comice agricole.
Sur le vœu présenté par les commissions économiques de la Chambre des Députés et le désir exprimé par le Gouvernement, M. le Gouverneur Général vous a demandé : « de vouloir bien procéder à une étude aussi complète que possible, portant sur l’ensemble des ressources de votre région, etc. »
On a procédé à cette étude maintes fois, et peut-être en retrouverait-on trace dans les cartons à oubliettes du Gouvernement général ou du Ministère des Colonies, car une des premières a été faite il y a une quinzaine d’années par une commission envoyée à cet effet par M. Doumergue, alors Ministre des Colonies. Cette commission était composée de trois personnes dont deux, M. Achille Bergès de Grenoble et M. Thury de Paris-Genève, jouissent dans le monde entier d’une réputation incontestée de science et d’expérience.
Peut-être le rapport de cette commission, rédigé sans esprit de parti et sans considération de personnes, a-t-il été un peu sévère à l’égard de certains travaux de colonisation, notamment ceux de la construction du T. C. E.
Il était naturel que, sur ce dernier point, M. Thury le grand électricien et M. Bergès le père de la Houille blanche ne puissent pas admettre que le T. C. E., côtoyant sur son parcours d’importantes chutes d’eau, n’eut pas mis à profit la force motrice hydraulique, qui aurait permis de réduire les courbes et par suite la longueur de la voie en faisant épouser à cette dernière des pentes deux et trois fois supérieures.
M. Lebureau, froissé dans son amour-propre, s’en est vengé en envoyant le susdit rapport dormir du sommeil éternel dans quelque carton, si même il ne l’a pas jeté au panier.
Et cependant… il serait aujourd’hui d’actualité aussi vraie qu’il l’était alors. On pourrait le reprendre sans y changer un mot.
Mais passons et répétons ce qui a été dit tant de fois, dans le cas où le Gouvernement serait réellement disposé à favoriser le développement de la colonie.
Partons d’un principe qui domine tout. C’est celui de la propriété foncière. Celle-ci est la base, la pierre angulaire de toute colonisation. Il serait oiseux d’en faire la démonstration.
(À suivre.)

Le Tamatave

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont maintenant disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 62 titres parus à ce jour.

5 juin 2017

Il y a 100 ans : À propos de mobilisation

En raison de la multiplicité des demandes faites par les fonctionnaires en vue d’être mobilisés, le Gouverneur Général a décidé de donner tout d’abord satisfaction aux plus jeunes en mobilisant, sans aucune exception, pour être envoyés en France, tous les fonctionnaires des classes 1900 à 1917.
Il ne pourra être donné une suite quelconque aux demandes formulées par les autres fonctionnaires avant que ceux appartenant à la catégorie ci-dessus aient reçu intégralement satisfaction.
On signale quelques erreurs commises à propos de la mobilisation. Certains cas particuliers nous sont connus au sujet desquels nous reviendrons si besoin est.
Nous sommes d’ailleurs bien convaincus que M. Garbit, mieux informé, remettra au point ce qui a besoin de l’être, simplement au nom de l’équité.

Poignée de nouvelles

M. Bastel, chef de la sûreté générale, revient à Madagascar. Il s’est embarqué sur le Sidney le 18 janvier.
Le retour de M. Bastel va être la cause d’un mouvement administratif qui n’affectera pas Tamatave.
M. Vally, dit-on, Administrateur en Chef, serait appelé à prendre la direction de Fianarantsoa où, et pour différentes raisons, la présence d’un administrateur expérimenté est nécessaire. M. Berthier serait appelé à la Province de Tananarive, M. Carron, mobilisé sur sa demande, devant rentrer en Europe en mars. Il servirait comme lieutenant dans la cavalerie ou l’artillerie.
D’autres mouvements sont prévus, nous les connaissons. Tout au moins nous les pressentons. Il est prématuré d’en parler ici.

Cyclone

Télégramme officiel n° 45.
Tananarive, le 25 janvier 1917.
Gouverneur Général à Chef Province Tamatave.
Priorité. – Observatoire Tananarive signale présence cyclone au large Océan Indien à hauteur région Vohémar, Antalaha et qui se dirigerait vers Madagascar. Prenez dispositions en conséquence.
Le Tamatave

Service solennel à Mananjary

À l’église paroissiale de Mananjary, le 1er décembre, un service solennel a été fait à la mémoire des soldats de la Grande Île morts pour la patrie.

Le Courrier colonial

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4 juin 2017

Il y a 100 ans : Le R. P. Freydier (2)

(Suite et fin.)
Mais, à toutes ces qualités, il en joignait une autre non moins appréciable aux heures tragiques que nous vivons ; c’est celle du plus pur et du plus ardent patriotisme.
Ainsi que le Delenda Carthago de l’antique roman, pas une de ses allocutions ne se terminait, si même elle ne traitait exclusivement cette question, sans rappeler les malheurs et les souffrances de la France, le dévouement et la vaillance de nos soldats qui sacrifient héroïquement leur vie pour le salut de la mère-patrie, c’est-à-dire pour notre salut à tous. Il insistait toujours auprès des mères de famille pour leur rappeler que leur devoir le plus sacré était d’envoyer leur fils au front, ajoutant qu’elles n’avaient point à se désoler puisque Dieu le voulait ainsi.
En même temps, il rappelait avec insistance à ses auditeurs qu’ils avaient tous le devoir sacré de joindre leurs efforts à l’effort commun, soit en aidant de leur obole les œuvres de guerre, soit surtout en ne cassant de prier pour la France, pour la victoire finale. À cet effet, tous les jours, y compris fêtes et dimanches, le R. P. Freydier convoquait les fidèles à l’église paroissiale afin d’y prier en commun pour la mère-patrie, notamment par la récitation du chapelet qu’il ne laissait à personne d’autre que lui le soin de présider, à de rares exceptions près.
C’est donc un ardent patriote en même temps qu’un saint missionnaire que Madagascar a perdu. Nos regrets n’en sont que doublement amers.
En souvenir de lui, nous tâcherons de ne pas oublier les paroles par lesquelles il a terminé sa dernière allocution prononcée le dimanche même qui a précédé sa mort et qui sont comme son testament mystique : « Aimez-vous les uns et les autres. Aimez surtout les enfants et élevez-les avec soin, afin d’en faire de bons citoyens utiles à la France ! »
Le R. P. Freydier était né le 30 janvier 1845 à Mont, canton de Tence (Haute-Loire). En octobre 1863, il est entré à la Cie de Jésus, où il a consacré une grande partie de sa vie au professorat, préparant les candidats aux écoles de Saint-Cyr et Polytechnique. Ordonné prêtre en 1877, il est venu à Tamatave en avril 1903, et y est resté jusqu’à sa mort, sauf un séjour de 3 ans à l’Île Bourbon.

Le Tamatave

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3 juin 2017

Il y a 100 ans : Le R. P. Freydier (1)

Samedi dernier, la dépouille mortelle du R. P. Freydier, Supérieur de la Mission catholique de Tamatave, dont la mort si rapide a si péniblement surpris tout le monde, a été accompagnée à sa dernière demeure par la population entière de Tamatave. La population entière n’est point ici une hyperbole, car protestants et libre-penseurs se pressaient autour de son cercueil conjointement avec les catholiques. C’est que le défunt était un de ces hommes rares que la France seule produit, et dont elle fait ses apôtres pour son expansion dans le monde.
Esprit large autant que cultivé, de vues très élevées, très tolérant, libéral même, planant au-dessus de toutes divergences politiques ou religieuses, il se souvenait qu’à l’exemple du Christ, il se devait tout à tous. Pour ce motif, accueillant avec tout le monde, riches ou pauvres, petits ou grands, – petits surtout, – il se donnait sans compter.
Mais en cela même, la lame a usé le fourreau, et comme les soldats au front, il est mort sur la brèche. En effet, n’ayant pas voulu ménager sa santé, ni prendre le repos et les soins nécessaires, son excès de zèle a hâté sa fin, car, avec des ménagements, sa robuste constitution lui aurait permis de vivre encore de longs jours, étant de cette race forte du centre de la France qui, généralement, défie les ans et les maladies.
En même temps qu’une noble figure, c’est un homme de grande valeur qui disparaît et qui sera difficilement remplacé. Possédant une voix puissante, harmonieuse, d’une diction pure, doué en un mot d’un véritable talent oratoire, il ne prononçait jamais, cependant, que des allocutions aux idées claires, précises, pratiques, – telles que l’explication et le commentaire des évangiles, – à la portée de tout le monde, et que les plus simples pouvaient facilement comprendre. Ces allocutions, il les prodiguait et les improvisait avec la plus grande facilité. Il était donc un missionnaire, un apôtre dans toute l’acception du mot, ce qui ne l’empêchait pas d’être en même temps un homme du monde, un gentleman accompli, de relations très agréables. Cela explique la considération et la respectueuse sympathie dont tout le monde l’entourait.
(À suivre.)

Le Tamatave

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30 mai 2017

Il y a 100 ans : La réquisition des bateaux

Ce n’est pas sans une certaine déception que les colons de Madagascar ont appris la réquisition de presque tous les bateaux venant visiter notre Colonie. C’est que la question du convoiement des transports de troupes est des plus difficiles à résoudre. La marine doit chaque jour, en Méditerranée principalement, assurer la sécurité d’un grand nombre de vapeurs affrétés. Elle est chargée en outre, avec le concours des marines alliées, du service de patrouille qui fonctionne de Gibraltar à la côte de Syrie. On a réquisitionné pour ce service tous les chalutiers, remorqueurs, yachts à vapeur, embarcations à moteur qu’on a pu trouver. La marine a fait construire des avisos, des vedettes, des canonnières jusqu’à l’extrême limite de la production des chantiers. Notre flotte s’est ainsi augmentée de plus de 500 unités. C’est encore insuffisant. Et c’est pour cela que le ministre de la Marine, bien qu’il ait donné d’autres commandes, a aussi réquisitionné nos bateaux.
Nous devons nous incliner.

Les petits ruisseaux vont aux grandes rivières

On nous écrit :
Un arrêté qui n’a pas encore vu le jour, mais qui paraîtra incessamment, accorde, aux administrateurs chefs de Province ou de district qui ne sont pas logés, une indemnité de logement de 125 fr. par mois, à compter du premier janvier 1917.
Naturellement, les petits fonctionnaires sont oubliés.
Naturellement aussi, les petits ruisseaux vont aux grandes rivières.
B.

Le monument Galliéni

Tamatave, le 22 janvier 1917.
Le Comité pour l’érection d’un monument au Général Galliéni à Tamatave a l’honneur de remercier Messieurs les Souscripteurs de leur générosité et informe le public que la souscription sera close le premier février, la somme recueillie étant suffisante pour couvrir les frais d’achat et d’érection du monument. Il prie les détenteurs de listes de souscription de bien vouloir les remettre avec les sommes recueillies, s’il y a lieu, à Monsieur Covain, Trésorier du Comité.
Pour le Comité :
Le Président, Cauce.

Le Tamatave

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28 mai 2017

Il y a 100 ans : Mort au champ d’honneur

Miquelard, lieutenant-colonel d’infanterie coloniale.
Le commandant Miquelard était en Afrique lorsqu’éclata la guerre, il fut un des conquérants du Cameroun où il commandait une colonne opérant auprès de la Guinée espagnole. Il s’empara de plusieurs points importants, ce qui lui valut le grade de lieutenant-colonel, la croix d’officier de la Légion d’honneur et la Croix de guerre avec palme et étoile. Après son retour du Cameroun, où il resta jusqu’à la conquête définitive, le colonel Miquelard, quoique fort épuisé par le climat du Cameroun, partit presque aussitôt sur la Somme où il resta en première ligne pendant un mois et demi. Son régiment, ayant été très éprouvé, fut mis à l’arrière pour un temps indéterminé. Puis son régiment fut désigné pour servir à l’armée d’Orient. Le 15 septembre 1916, il s’embarquait à Toulon et débarquait le 22 à Salonique, où il était envoyé presque aussitôt dans la région de Florina qu’il contribua à enlever. Le 14 octobre, le régiment que commandait le lieutenant-colonel Miquelard était engagé contre les Bulgares et son chef tomba au champ d’honneur au cours de cette journée.
M. le lieutenant-colonel Miquelard a servi dans la Colonie en qualité de chef de bataillon. Il a été commandant d’armes à Fianarantsoa et officier d’ordonnance du général Winckel-Meyer.
Journal officiel de Madagascar et dépendances

Le régime forestier à Madagascar

En vertu du décret du 23 septembre 1916, le gouverneur général de Madagascar vient de prendre un arrêté promulguant le régime forestier applicable à Madagascar.
Aux termes de cet arrêté, la durée des contrats sera de deux à cinq ans, suivant l’étendue des concessions ; en aucun cas, les concessions ne dépasseront 10 000 hectares. Elles pourront être renouvelées si le concessionnaire a rempli toutes les clauses de son contrat.
Sous aucun prétexte, la durée totale des renouvellements successifs ne pourra excéder vingt ans. L’autorisation de défricher sera donnée par le gouverneur général.
Le Courrier colonial

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