4 décembre 2016

Il y a 100 ans : Carnet d’un boto de pousse-pousse

Nous allons posséder une philarmonique, des pourparlers sont engagés pour sa fondation et une réunion générale des amateurs ou non de belle musique aura lieu dans quelques jours. C’est un succès assuré, car il n’est pas un Tamatavien qui puisse s’opposer, ne fût-ce que par inertie, à la création d’une société musicale dont nous avons déjà pu apprécier et le futur chef et les futurs exécutants. C’est une bonne fortune de posséder ces éléments et ce serait une grosse faute de les négliger. Des esprits grincheux, il n’en manque pas, diront peut-être que ce n’est pas le moment de songer à faire de la musique quand nos héroïques soldats font bravement leur devoir à Verdun ou sur la Somme en réduisant les Boches à l’état de chair à saucisses. Personne ne se laissera influencer par ces grincheux qui seront bien obligés, pour faire comme tout le monde, de verser leur thune au guichet du Théâtre les jours de représentation et de participer ainsi, malgré eux, aux œuvres de guerre. À l’heure actuelle, à part évidemment les embusqués, chacun fait ce qu’il peut ; c’est pour cela que notre future philarmonique, instituée dans un but patriotique, réunira tous les suffrages. S’il y a des mécontents, tant pis pour eux, cela leur allégera peut-être le porte-monnaie, mais cela leur adoucira les mœurs ; ce sera une compensation.
Sarah B.
La Dépêche malgache

Un hommage à Gallieni

Un de nos lecteurs de Sainte-Marie de Madagascar nous écrit :
Toute la colonie a été péniblement affectée en apprenant le décès du général Gallieni qui a été le grand bienfaiteur du pays. La mort de cet homme de bien, universellement apprécié par ses hautes qualités d’esprit et de cœur qui le faisaient aimer et respecter, est une bien grande et bien douloureuse perte.
Nous, colons de Sainte-Marie, nous ressentons vivement ce malheur irréparable, car c’est à lui que notre petit pays d’adoption est redevable de l’essor économique de notre agriculture, le développement de la prospérité de toute la colonie en nous accordant la main-d’œuvre pénale.
Après une existence si bien remplie, laissant une trace ineffaçable de son passage, ses enfants ont le droit d’être fiers d’un père qui a donné de si beaux exemples militaires et de colonisation.

Le Courrier colonial

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont maintenant disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 55 titres parus à ce jour.

3 décembre 2016

Une enquête à Ilakaka

Ce n’est pas, et de loin, le prix littéraire le plus retentissant de l’automne parisien, mais il nous touche de près : le Prix du Masque de l’année va à un roman policier paru en octobre, La vallée du saphir, par Jean Ely Chab. L’auteur, nous apprend l’éditeur, est professeur, vit à la Réunion et est venu plus de quarante fois à Madagascar, où il situe son roman.
Après une brève séance de divination, le lieu est précisé, dans une graphie vaguement phonétique : « Ilakak’, la ville du saphir ! » On pourrait, bien sûr, discuter du bien-fondé de ce choix, malgré l’explication fournie en note : « Pour des raisons pratiques liées à la prononciation, l’écriture de son nom a été simplifiée. » Car on n’est pas tout à fait convaincu par une élision de voyelle finale qui ne prend pas en compte l’accentuation. Passons, et admettons qu’il s’agit d’un détail, même s’il irrite un peu à la lecture.
Nous voici donc dans ce qu’on a beaucoup appelé le far-west, à l’époque où le petit village, suite à l’affluence de chercheurs de saphirs, était passé de quelques cases le long de la Nationale 7 à un gros bourg au développement anarchique. Monza, l’inspecteur de police venu de Tana et affecté à Ranohira, alors qu’il est un citadin dans l’âme, sait comme tout le monde ce qu’est devenu cet endroit.
Il va avoir l’occasion de le vérifier lui-même, pour une enquête qui l’entraîne dans un village où un ombiasy a été tué. Par les dahalo, a conclu la gendarmerie dans un rapport que Monza a été prié de confirmer, son supérieur hiérarchique a été très clair. Mais Monza n’apprécie pas trop son supérieur et voit dans cette affaire l’occasion de mener enfin des investigations sur le terrain.
Il va y mettre du sien, se retrouver au creux de la terre où les prospecteurs envoient des pauvres types creuser au péril de leur vie, croiser une jeune femme trop belle pour être vraiment honnête, provoquer malgré lui la mort d’une prostituée, placer dans son sillage une vendeuse de café et de beignets…
L’enquête est musclée mais moins complexe qu’on aurait pu l’espérer. Les paysages et les atmosphères, en revanche, sont parfaitement restitués. Et, puisque Monza aime la photographie, il apprécie à leur juste valeur les clichés qui ornent les murs du salon, dans le casino d’Ilakaka : « L’inspecteur s’attarda un instant sur quelques encadrés : des portraits et des paysages d’une qualité artistique évidente. Pas étonnant, puisque les clichés étaient signés de Pierrot Men ! Monza appréciait depuis toujours les reportages humanistes de ce grand photographe. Chacune de ses photos était une histoire à elle seule : l’histoire de gens simples ; des moments de vies interceptés par l’œil d’un poète. Le visage du policier esquissa un léger sourire. Il avait lui-même englouti ses premières payes dans l’achat d’un vieux Minolta argentique, et passait de longs dimanches à traîner en ville en quête d’images. Mais ses photos, même s’il en était très fier, n’avaient rien de comparable avec celles du maître de Fianarantsoa. »

1 décembre 2016

Il y a 100 ans : De l’eau

Nous avons publié, dans notre supplément de jeudi dernier, une lettre ouverte à M. le docteur Salvat, au sujet de l’eau potable à Tamatave. Cette lettre, signée « un lecteur », émane d’un vieux colon.
Nul n’ignore que nous ne possédons à Tamatave aucune adduction d’eau et que chacun s’approvisionne au fur et à mesure de ses besoins au moyen de puits artésiens enfoncés dans le sol. Dans certains endroits de la ville, la nappe souterraine se rencontre parfois à partir de deux mètres cinquante, dans d’autres, il faut aller jusqu’à 4 mètres et plus.
Cette nappe d’eau souterraine qui sert à l’alimentation de la ville est-elle potable et peut-on s’en servir sans danger aucun ? À l’époque des grandes pluies, les eaux qui s’infiltrent à travers le sable ne polluent-elles pas cette eau que nous buvons ?
Pourquoi, en été principalement, cette eau, mise dans une cuvette par exemple, laisse apercevoir, après quelques heures, à sa surface et sur les parois du récipient, un liquide huileux et cette eau, après 24 heures, dégage une odeur nauséabonde.
L’été dernier, l’état sanitaire a laissé beaucoup à désirer et la rumeur publique a attribué à la mauvaise qualité de l’eau les nombreuses mortalités que nous avons eu à enregistrer. M. le Gouverneur Général, justement ému, vient de confier à l’éminent savant qu’est M. le docteur Salvat la mission d’analyser ces eaux que nous consommons journellement.
Avant de nous prononcer, attendons les résultats de ces analyses.
Nombre de nos lecteurs nous diront qu’en 1903-1904 – époque où on se souciait un peu plus du bien-être des Tamataviens – des échantillons d’eau provenant de notre nappe souterraine ont été envoyés à Paris en fin d’analyse et que le rapport concluait que cette eau filtrée naturellement à travers le sable était plus lourde que celle provenant d’une source, mais aussi pure.
Mais, depuis, on a asséché ou plutôt recouvert d’une couche de sable les marais qui se trouvaient aux alentours de la ville, on nous a doté de quelques égouts modèles et si étanches que toutes les eaux et immondices qu’ils reçoivent s’infiltrent dans le sous-sol.
Si notre eau est aujourd’hui polluée, ne cherchons pas plus loin, c’est au génie malfaisant du progrès que nous le devons.
Aqua.

La Dépêche malgache

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30 novembre 2016

Il y a 100 ans : Un jeune Malgache mort pour la France

Du Temps :
Un jeune caporal de pure race malgache, Joseph Ranaivo, était tué le 20 juillet, sur le front de la Somme, à l’âge de vingt et un ans. Il était le fils aîné d’une notabilité de Tananarive, M. Charles Ranaivo, reçu docteur en médecine à Paris, et qui s’était naturalisé français. Le général Gallieni s’intéressait tout particulièrement à lui.
Joseph Ranaivo fut appelé comme fils de Français avec sa classe. Il avait conquis la Croix de guerre et les galons de caporal il y a quelques semaines.
Il écrivait, le 30 juin, au fiancé de sa sœur, le docteur Guy Parson, un de ses compatriotes, médecin auxiliaire dans un régiment d’artillerie :
« Mon cher vieux, je n’ai pas peur de mourir, surtout pour la patrie, mais enfin on ne sait jamais ce que nous réserve l’avenir ; ainsi, j’entre dès ce soir dans une phase où ma vie est plus que jamais en danger. En tout cas, si jamais il arrive que la mort me fauche, tu le sauras aussitôt. Je mets ma chère petite famille entre tes mains…
» C’est pénible d’écrire une pareille lettre, mais il le faut…
» Maintenant « haut les cœurs » et en avant avec cette devise : « Fais ce que dois, advienne que pourra. » Travaillons pour les intérêts et l’avenir de ceux que nous aimons ; vengeons nos morts ; culbutons les Barbares envahisseurs et que leur humeur belliqueuse soit éteinte pour jamais.
» Je suis très heureux d’avoir cet honneur de combattre pour la délivrance de la France ; c’est un événement unique au monde.
» Tout marche à merveille maintenant, santé, moral, enthousiasme et patience. J’espère que l’effort qu’on déploiera concordera avec tout cela et qu’enfin le dénouement fatal arrivera sous peu. »
Ce beau sacrifice si noblement offert d’un jeune soldat appartenant à l’élite sociale et intellectuelle du peuple malgache témoigne de l’attachement de Madagascar à la France et de la possibilité de nous assimiler peu à peu la population madécasse.
Le Gaulois

Exportation minière

Durant le mois de juillet, il a été exporté par le port de Tamatave :
Poudre d’or, 85 k. 246 gr.
Pierres précieuses, 42 k. 813.
Béryl (déchets), 1 330 k.
Graphite, 201 tonnes.
Corindons, 38 tonnes.

La Dépêche malgache

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29 novembre 2016

Il y a 100 ans : Carnet d’un boto de pousse-pousse

Quand ces lignes paraîtront, le Gouverneur Général aura quitté Tamatave pour la Capitale ; c’est le signal du départ pour les nombreux Tananariviens qui, chaque année, viennent passer quelques jours parmi nous ; dans une semaine au plus, la saison tamatavienne sera terminée et notre bonne ville reprendra son aspect calme et triste.
J’ai voulu connaître, avant leur départ, l’impression de ce qui les a frappés le plus à Tamatave ; c’est le climat idéal dont nous jouissons actuellement, ou l’aspect de la mer, l’activité du port, la présence de nombreux navires sur rade, la gare monumentale, la promenade classique de l’Ivoloina ou encore les gueuletons, les vins d’honneur, les thés, les cinémas ou les concerts ; pas du tout, c’est l’exquise propreté de la ville, l’élégance de nos trottoirs et tout particulièrement le manque de lumière qui fait ressembler nos rues à des coupe-gorges et donne à la ville cet aspect caractéristique d’un village dont les finances seraient mal gérées. Ce n’est pourtant pas la faute des allumeurs de réverbères qui frottent éperdûment les vitres au risque de les dépolir, les pauvres ne peuvent rien avec rien.
Les coupables, nous les connaissons, ils sont disparus heureusement et l’un dans une retraite dorée et l’autre dans une douce sinécure doivent rire dans leurs vieilles barbes du bon tour qu’ils nous ont joué.
Sarah B.

À la douane

Un arrêté du premier juillet réglemente à Madagascar la tenue du personnel européen des douanes.
D’après cet arrêté, les agents de ce service doivent justifier dans un délai de trois mois, à partir du premier juillet, de la détention effective des effets et accessoires représentant l’uniforme réglementaire. À cet effet, ils devaient recevoir dès la promulgation de cet arrêté une indemnité de 250 francs payable en une seule fois.
Cette indemnité a été versée aux intéressés à Tananarive le 15 juillet, tandis qu’à Tamatave les agents de ce même service n’ont encore rien reçu.
Aurait-on décidé de supprimer le port de la tenue à Tamatave ?

La Dépêche malgache

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28 novembre 2016

Il y a 100 ans : Tribune libre

On nous écrit :
La consternation règne dans certaines familles de Tamatave depuis que la Curé a annoncé que la première communion solennelle des enfants n’aurait pas lieu cette année.
Outre que ces familles se trouvent désappointées de voir leurs enfants ne pas accomplir cette noble action qui porte le bonheur et la joie au sein de leurs membres chaque année, elles se trouvent encore contristées de voir les sacrifices qu’elles se sont imposés à grand peine rendus inutiles par la brusque décision de M. le Curé.
Par le temps où nous visons, le manque de marchandises et leurs prix exorbitants ont augmenté sensiblement les dépenses nécessaires à cette fête de famille, et si nous nous arrêtons à la somme de quatre-vingts francs nous serions par trop modestes, car il a été presque impossible de s’en tirer cette année avec cette somme ; nous connaissons une famille, pour ne citer que cet exemple, qui, tout simplement qu’elle a procédé, a dépensé plus de cent francs.
Combien de ces familles, dont les chefs sont en face de l’ennemi, n’ont pour subsister que la modique, et encore bien heureuse indemnité de soutien de famille accordée par le Gouvernement, et se comprend-il qu’elles se trouvent consternées !
Réserver ce nécessaire pour l’année prochaine est une question impossible à envisager, car des enfants de 10 et 11 ans profitent trop vite pour que des vêtements faits cette année puissent servir pour l’année prochaine.
Aussi nous faisons-nous l’écho de ces pauvres familles éplorées et pensons-nous que M. le Curé, qui se trouve être le père de toutes les familles chrétiennes, voudra bien prendre en considération les sacrifices que se sont imposés celles de ces familles qui ont pu se procurer le nécessaire pour leurs enfants, et annoncer, très prochainement, que son intention n’avait été que de prévenir que cette fête était retardée de quelque temps, et que les familles dont les enfants sont prêts les verront, à la rentrée des classes des écoles chrétiennes, accomplir ce bel et noble acte.
Un groupe de pères de famille.

La Dépêche malgache

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27 novembre 2016

Il y a 100 ans : Le Gouverneur général à Majunga (3)

(Suite et fin.)
La réponse du Gouverneur fut, disent les Petites Affiches, un nouveau témoignage de sa bienveillance pour notre province. Cette partie du programme fut un succès de bon aloi, tous les assistants unis dans une même pensée patriotique applaudirent chaleureusement à l’improvisation de M. le Gouverneur.
Un dîner à la Résidence, où quelques dames avaient été aimablement invitées, clôturait cette journée bien remplie.
La salle, brillamment éclairée, offrait le plus joli coup d’œil ; de la verdure et des fleurs partout ; une moisson de roses disposées avec art donnait à la salle des fêtes un cachet d’élégance qui révélait un goût sûr et discret.
Le lendemain, le Gouverneur visita l’usine de conserves. Laissons parler les Petites Affiches :
« Les ateliers étaient pleins d’animation, les ouvriers à leur poste, et M. le Gouverneur et sa suite ont assisté à la manipulation des viandes et à leur mise en boîte. Dans une salle réservée à la dégustation, M. le Gouverneur a tenu à goûter les divers produits de l’usine, depuis la modeste boîte de conserve jusqu’aux pâtés délicieux qui doivent être bientôt mis dans le commerce.
« À 5 heures, la visite de M. le Gouverneur prenait fin, et M. Garbit, en compagnie de M. Grandjean, chef du secrétariat particulier, prenait place sur une canonnière de la Compagnie Occidentale, qui devait le conduire à Maevatanana, tandis que les Majungais regagnaient la ville sur le Victor-Guilgot au milieu des hourras poussés des deux côtés.
« Cette visite à Boanamary a permis à tous les assistants de juger de l’importance qu’a pris l’usine et des développements qui y ont été apportés. C’est une grande industrie qui vient à son heure, et qui contribuera au développement de la Grande Île, et particulièrement de la côte ouest.
« La venue de M. le Gouverneur général à Majunga avec son seul secrétaire particulier, l’aimable M. Grandjean, a donné à sa visite un sens amical qui n’a échappé à personne. Il est venu comme un ami et il a été reçu comme tel. La population gardera bon souvenir de son passage et nul doute que M. Garbit lui-même n’emporte, des quelques heures passées parmi nous, la meilleure impression. »

Les Annales coloniales

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24 novembre 2016

Il y a 100 ans : Le Gouverneur général à Majunga (2)

(Suite.)
« Tout cela constitue, j’en conviens, un programme imposant dont personne ne peut songer à croire possible la réalisation immédiate. Il reste beaucoup à faire chez nous pour la mise en valeur de notre région. Je disais déjà, à votre précédent voyage, que nous passions pour des colons turbulents et un peu indisciplinés. Il y a à cela plusieurs raisons. Nous avons l’impression que nous avons toujours été un peu négligés, depuis l’occupation, à cause de notre éloignement de la capitale. Il faut reconnaître, en outre, que l’esprit d’initiative, qui caractérise nos compatriotes, leur crée certaines petites habitudes d’indépendance, d’ailleurs plus apparentes que réelles. Cet esprit d’initiative se serait régulièrement développé, s’il avait pu évoluer plus à l’aise. Mais nul ne peut méconnaître que nous avons hautement souci des intérêts de notre région, et de la Colonie.
« Il serait injuste de ne pas rappeler ici la générosité inlassable des Majungais pour les œuvres de guerre. Le total des souscriptions de la province atteint plus de 300 000 francs. Nous devons ce résultat en grande partie à notre Comité des Dames de la Croix-Rouge, dont l’activité et le dévouement font ici l’admiration de tous.
« Je ne voudrais pas laisser passer cette occasion sans dire combien nous sommes fiers de nos valeureux soldats, de l’armée de Verdun, combien nous suivons avec une angoissante attention les péripéties de la formidable bataille de tous les temps. On sent déjà que la victoire va récompenser un tel effort, et que cette victoire aura une influence décisive sur toute la guerre.
« La ville de Majunga adresse un souvenir ému à la mémoire du général Galliéni. Ce qu’il a fait dans la Colonie, son rôle important dans la guerre actuelle, sont trop présent à la mémoire de tous pour qu’il soit besoin de les rappeler. Nous déplorons de le voir disparaître au moment où le triomphe des armées alliées, auquel il avait tant contribué, allait lui apporter le brillant couronnement d’une carrière si bien remplie.
« Messieurs, je vous propose de boire à la santé de M. le Gouverneur général Garbit, à la prospérité de notre grande Colonie de Madagascar, au prochain triomphe de nos vaillants soldats et des armées alliées de la France. »
 (À suivre.)

Les Annales coloniales

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23 novembre 2016

Il y a 100 ans : Le Gouverneur général à Majunga (1)

Le dernier courrier nous apporte le récit d’un voyage qu’a fait à Majunga le Gouverneur général Garbit.
Il arriva accompagné seulement de M. Grandjean, chef du Secrétariat général, et fut reçu à l’appontement, décoré et pavoisé pour la circonstance, par les autorités civiles et militaires et nombre de colons et fonctionnaires qui avaient tenu à présenter leurs hommages de bienvenue au chef de la colonie. M. Marcoz, Administrateur-Maire, était allé au-devant de lui jusqu’à Marovoay. Après les présentations, le cortège se dirigea vers la Résidence où les autorités et les corps constitués furent reçus par le Gouverneur.
Le lendemain, le Gouverneur général reçut les corps constitués qui venaient au nom de la ville de Majunga exprimer les besoins et desiderata de la ville et de la province.
Le président de la Chambre consultative, M. Orsini, lui rappela son précédent voyage :
« En ce qui nous concerne, vous avez solutionné dans un sens favorable quelques-uns des vœux exprimés à votre dernier voyage à Majunga, notamment la question des sacs vides et le rattachement douanier des Comores. À la réunion de ce matin, que vous avez bien voulu présider, nous vous avons rappelé quelques-uns de nos anciens desiderata. Les difficultés actuelles peuvent en différer l’exécution, mais le constant souci apporté par vous à tous les besoins de la Colonie que vous dirigez avec tant d’autorité vous les fera retenir pour leur réalisation en des temps meilleurs.
« Au nombre de nos demandes les plus urgentes, nous vous avons indiqué :
« Aménagement du port.
« Prolongement du wharf actuel.
«  Dragage de certaines petites rivières.
« Amélioration du cours de la Betsiboka.
« Prolongement du boulevard maritime.
« Agrandissement des quais et du wharf de Marovoay.
« Travaux de captage et de canalisation des eaux pour augmenter la superficie des rizières de Marovoay, etc., etc.
« Il reste à l’étude un certain nombre de questions importantes, tant municipales que provinciales. Nous en poursuivons la mise au point avec M. l’administrateur Marcoz, qui a su rallier ici tous les suffrages, tant par son dévouement aux intérêts de la province que par son attitude personnelle envers chacun de nous, laquelle lui a gagné toutes les sympathies.
(À suivre.)

Les Annales coloniales

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22 novembre 2016

Il y a 100 ans : La Grande Île pendant la guerre (2)

(Suite et fin.)
Ce ne sont là que les plus frappantes des mesures prises depuis le début de la guerre. Dans d’autres domaines, mille décisions de détail ont poursuivi le lent travail de perfectionnement qui améliore peu à peu la condition des populations. Le gouverneur général actuel, M. Garbit, a notamment entrepris une refonte générale de l’enseignement, qu’il considère à juste titre comme la base même de notre politique indigène. Son arrêté du 14 février 1916 oriente nettement les programmes scolaires dans un sens pratique et professionnel ; à cet effet, l’apprentissage manuel prend désormais une place plus considérable dans les écoles régionales ; l’enseignement du français y devient également prépondérant, afin de faciliter les relations entre Européens et indigènes. À signaler également la création à l’école Le-Myre-de-Vilers, d’une section spéciale destinée à préparer les élèves géomètres du service topographique. Cette création, faite par arrêté du 25 avril 1915, a pour objet de fournir aux géomètres européens des auxiliaires indigènes nombreux et bien préparés.
D’autres séries de mesures ont enfin amélioré l’assistance aux indigènes. La lutte contre la mortalité infantile, considérable dans les pays froids tels que l’Imérina, a été notamment secondée par des distributions de vêtements faites au moyen de crédits ouverts aux chefs de province. Un arrêté du 25 juin 1915 a prescrit l’assèchement des rizières dans les régions où sévit encore le paludisme. D’autres arrêtés ont entrepris une croisade contre les fumeurs de chanvre, encore trop nombreux.
Quelques chiffres pour conclure. Malgré la crise inséparable d’une période de guerre, le bilan financier de la colonie présentait à la date du 31 décembre 1915 un excédent de recettes de 5 800 000 francs (recettes : 32 400 000 francs, dépenses : 26 millions 600 000 francs). Quant au commerce, il s’élevait pour 1915 au chiffre global de 109 833 000 francs (importations : 43 800 000 francs ; exportations : 66 millions), en excédent de 19 millions sur 1914 et de 11 millions sur 1913. Ces résultats sont éloquents si l’on songe aux effets de la mobilisation, de la rareté du fret et du resserrement du crédit.

Le Temps

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21 novembre 2016

Il y a 100 ans : La Grande Île pendant la guerre (1)

Notre correspondant de Tananarive nous écrit :
La guerre n’a pas troublé le développement de Madagascar. Le calme qui n’a cessé de régner d’une extrémité à l’autre de l’île depuis le début de la lutte justifie à lui seul le régime instauré par la France. Ici, d’ailleurs, comme dans les autres parties de notre domaine colonial, l’administration s’est appliquée à ne pas interrompre la politique de réformes commencée dans le temps de paix.
Les mesures les plus intéressantes prises depuis la guerre sont peut-être celles qui concernent la situation politique et économique des indigènes.
D’abord dans les municipalités. Comme en Indochine, comme dans l’Afrique du nord, mais avec les tempéraments que comporte une civilisation indigène moins avancée, l’administration de la colonie s’efforce d’associer plus étroitement les indigènes à la gestion des intérêts locaux. De là les arrêtés des 23 décembre 1914 et 9 janvier 1915 qui ont porté de 1 à 3 le nombre des membres indigènes des commissions municipales à Tananarive, Tamatave, Majunga, et de 1 à 2 à Nossi-Bé. Le même régime sera appliqué aux villes de Diégo-Suarez et de Fianarantsoa dès que les élections, suspendues pendant la guerre, pourront avoir lieu.
Seconde réforme : adoucissement du régime de l’indigénat. L’arrêté du 19 juillet 1914 avait déjà dispensé de peines spéciales certaines catégories d’indigènes. Un autre arrêté du 15 février 1915 dispense des mêmes peines les titulaires du brevet de douze honneurs et au-dessus. Il s’agit là d’une distinction très appréciée des Malgaches et dont il était utile de relever le prestige.
Troisième réforme. Un arrêté du 28 mai 1915 a constitué des zones territoriales réservées aux besoins des indigènes et ne pouvant être concédées aux Européens. On saisit sans peine l’importance de cette mesure. Dans les régions où se développe la colonisation européenne, il était devenu nécessaire de constituer dans les terres domaniales des réserves pour assurer la subsistance des autochtones. On prévenait ainsi tout conflit futur entre les colons et la population indigène. On rendait du même coup un service indéniable aux colons, en facilitant l’immatriculation des terres désormais mises à leur disposition.
(À suivre.)

Le Temps

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20 novembre 2016

Il y a 100 ans : Les cuirs, cette fois nous y voyons clair ! (2)

(Suite et fin.)
Toutes les opérations doivent être effectuées avec la célérité nécessaire pour qu’il n’en résulte aucun retard dans les mouvements. Il appartient aux Chefs de Province et aux intéressés eux-mêmes de faire, le cas échéant, toutes les diligences nécessaires.
Quarto. – Les cuirs pour lesquels main-levée de la réquisition aura été donnée soit par la mission d’inspection, soit par l’Intendance, soit par les Chefs de Province en vertu de leur délégation comme non susceptibles, après examen et en raison de leur qualité, d’être utilisés pour la défense nationale suivront les règles présentement en vigueur en ce qui concerne l’exportation hors de la Colonie ; les cuirs pour lesquels main-levée n’aura pas encore été donnée et qui ne seront pas encore réquisitionnés peuvent être librement transportés à l’intérieur de la Colonie ; ils peuvent faire l’objet d’une autorisation d’exportation hors de la Colonie selon les règlements présentement en vigueur, sous réserve du droit de réquisition qui peut s’exercer en tous lieu et en tout moment, en particulier dans les ports de transbordement. Il est d’ailleurs entendu que les cuirs réquisitionnés auront toujours la priorité sur tous les autres cuirs pour le transport soit sur le chemin de fer, soit sur les paquebots annexes, soit sur la grande ligne.
Quinto. – Le règlement au gré des fournisseurs pourra être effectué soit dans la Métropole, soit dans la Colonie.
Le Gouverneur Général compte sur le patriotisme de tous, si constamment manifesté dans la Colonie, et quels que soient les inconvénients qui peuvent en résulter pour certains, pour faciliter dans toute la mesure en leur pouvoir les opérations qui vont être effectuées et qui intéressent au premier chef la défense nationale. Il convient d’ailleurs d’observer que les conditions dans lesquelles sont faites les réquisitions assurent aux détenteurs de cuirs non seulement une rémunération équitable, mais même une part légitime de bénéfice.
Garbit.

Le Tamatave

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont maintenant disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 55 titres parus à ce jour.

19 novembre 2016

Il y a 100 ans : Les cuirs, cette fois nous y voyons clair ! (1)

Télégramme officiel n° 82-T
Gouverneur Général à toutes Circonscriptions y compris les Comores.
PRIORITÉ. – Primo. – La mission de ravitaillement en cuirs a pour objet de rassembler et d’acquérir directement au nom du Ministère de la Guerre et pour le compte de l’État les cuirs nécessaires à l’armée.
Ces cuirs devenus propriété de l’État sont destinés à être tannés à façon pour le compte de l’État et manufacturés ensuite dans les mêmes conditions. Ils ne doivent cesser à aucun moment d’être et de rester la propriété de l’État.
Secundo. – Conformément aux ordres du Ministre de la Guerre, la totalité des stocks de cuirs propres à la défense nationale doivent être réquisitionnés dans toute l’étendue de la Colonie par la Mission de ravitaillement ainsi que cela d’ailleurs a lieu dans la Métropole où la réquisition générale des cuirs est maintenant en vigueur.
Tertio. – Cette réquisition d’accord avec la Mission d’inspection aura lieu dans les conditions prévues par l’arrêté local du 27 août 1909 et dans les formes ci-après : A) la réquisition sera effectuée par l’Intendance dans les localités où ce service est représenté ; B) par les Chefs de Province par délégation de l’autorité militaire dans les localités où le service de l’Intendance n’est pas représenté. Le règlement des indemnités sera fait soit à l’amiable, soit par la Commission prévue au titre V de l’arrêté – qui donne toujours facilités aux intéressés pour défendre et faire valoir leurs intérêts, sous réserve d’ailleurs du droit d’appel qui est conféré aux parties par l’article 52 de l’arrêté précité.
Dans les localités où cette commission ne pourra pas être constituée l’Administration déterminera, selon les instructions reçues du Chef de la Mission de ravitaillement, les lots et fractions de lots devant être réquisitionnés comme susceptibles d’être utilisés pour la défense nationale.
La fixation du prix dans ces localités, si elle n’est pas faite à l’amiable, sera effectué par la commission constituée soit à Tananarive, soit au port d’embarquement, soit au port de transbordement selon les cas.
(À suivre.)
Garbit.

Le Tamatave

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17 novembre 2016

Il y a 100 ans : Le réveil d’une province

Fort-Dauphin, dont beaucoup de gens ignorent peut-être les sites pittoresques et la passé tragique, vient de prendre son essor. La fête du 14 juillet fut célébrée avec un entraînement remarquable ; la fanfare de la Mission catholique parcourait nos rues illuminées encombrées par une population enthousiasmée ; puis une revue passée par notre sympathique commandant d’armes M. Brot et parmi la foule joyeuse la gracieuse fanfare de la Mission protestante faisait entendre les morceaux les plus variés.
Nous savons tous que, depuis bien des années, à pareille époque, les colons virent à l’approche de ce jour immortel une circulaire les invitant à rester chez eux. Cette année, à 9 heures, contrairement à cette coutume néfaste, nous nous vîmes sans surprise réunis dans le salon de la Résidence où Monsieur Béréni, avec cette modestie unie à de la bienveillance, rendit hommage à nos héros de l’heure, aux chers disparus et au triomphe prochain.
Le clou de cette fête dont chacun emporta un inoubliable souvenir fut une soirée théâtrale organisée par la bienveillante population hova ; la recette s’élevant à peu près à 850 frs est exclusivement destinée à adoucir les souffrances de nos vaillants frères d’armes afin qu’ils sachent que, même dans les recoins perdus de nos colonies, on n’oublie pas ceux qui là-bas meurent pour défendre notre patrie.
Le Breton René.
Fort-Dauphin, le 18 juillet 1916.
Le Tamatave

La canne à sucre revient en faveur

Une campagne active va être menée en faveur de la culture de la canne à sucre et du rétablissement des usines à sucre, jadis abandonnées à Madagascar en pleine prospérité.
Les événements actuels serviront de leçon sans doute. En tout cas, ils auront permis de montrer ce que valent nos colonies et ce qu’elles peuvent produire.
Si on s’était préoccupé un peu plus activement de la question des transports, si des bateaux avaient assuré des services réguliers, la métropole aurait eu de ses colonies, en particulier de Madagascar, toutes les satisfactions qu’elle était en droit d’attendre.

Le Courrier colonial

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16 novembre 2016

Il y a 100 ans : Un Malgache cité et décoré

Nos lecteurs se rappellent peut-être que l’indigène Guy Parson, ancien élève de l’École de médecine de Tananarive, et Médecin de colonisation, est parti en France au printemps 1914 pour obtenir le diplôme de Médecin-dentiste.
La guerre ayant éclaté peu après son arrivée à Paris, il s’est mis spontanément à la disposition de notre gouvernement pour aller visiter les hôpitaux l’après-midi pendant ses études puis, ayant obtenu le diplôme qu’il ambitionnait, il s’est engagé comme médecin auxiliaire dans l’armée française et a été envoyé à Verdun. Il vient d’y être cité et décoré de la croix de guerre.
Voici le texte de l’ordre intéressant Parson.
« Le Colonel Commandant p. i. l’artillerie du 9e C. A. cite à l’ordre du jour de la brigade les militaires dont les noms suivent : … Parson Guy, médecin auxiliaire au 12e Régiment d’Artillerie 5e Groupe A. D. 152. Engagé volontaire pour la durée de la guerre, a montré depuis son arrivée au front, et en particulier au cours des bombardements du 30 avril et du 4 mai 1916, un dévouement et une compétence au-dessus de tout éloge.
« Signé : Colonel Gasconia. »
Avec la Tribune, nous adressons à ce jeune homme nos sincères et bien vives félicitations pour sa brillante conduite. Il donne là un bel exemple de fidélité et d’affection pour sa seconde patrie.
Ajoutons que Guy Parson est le fiancé de Mlle Aimée Ranaivo, fille du Docteur Ch. Ranaivo bien connu de la colonie européenne de Tananarive, aujourd’hui médecin aide-major à l’hôpital de Maevatanana.
Le Tamatave

Morts au champ d’honneur

Jolyot (Auguste), adjudant aux tirailleurs marocains. – Tué à la tête de sa section en chargeant les Allemands à Prunay (Marne).
Longeron (Camille), conducteur au 56e régiment d’artillerie. – A pris part à des combats en Alsace, dans les Vosges et à la bataille de la Marne. Tué à Verdun par l’explosion d’un obus de gros calibre.
Raillard (Julien), chasseur à pied. – A participé aux combats sur l’Yser, en Belgique. Blessé d’éclats d’obus à la tête et aux mains et évacué sur l’hôpital de Calais où il est mort des suites de ses blessures.
Ils étaient, tous trois, les cousins de M. Pernot, garde principal, chef du poste administratif de Bemaneviky.

Journal officiel de Madagascar et dépendances

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15 novembre 2016

Il y a 100 ans : Séance des corps constitués au Gouvernement Général (4)

(Suite et fin.)
La susdite Cie avait bien obtenu le droit de creuser un canal d’Ivondro à Tamatave, mais pour percevoir des droits pour le passage du public sur ce canal, ne le pouvant pas sur celui qui existait déjà, elle avait imaginé de le creuser en pleine terre. Le montant des travaux à exécuter s’élevait à 600 000 fr. Mais la Cie ne put s’entendre avec les propriétaires des terrains à traverser, et alors elle imagina de donner l’embryon de voie ferrée qui existe encore, comme tête de ligne à son canal. En revanche, cette voie ferrée a coûté plus de 2 millions (il y en a eu pour tout le monde), sans compter son matériel roulant, et le surcroît de dépenses occasionné par un personnel plus nombreux et le transbordement à Ivondro. Mais à cette époque bénie (pour quelques-uns) c’était la manière d’entendre les économies. Si la colonisation devait en souffrir, on n’en avait cure. Et dire que de pareils errements qu’on peut qualifier de criminels durent encore, c’est ce qui paraît absolument incroyable.
Cela a été dit et redit cent fois ; mais il n’y a de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre !…

Mort au champ d’honneur

Le dernier courrier vient d’apporter à M. Pierre Vautrain, le très sympathique Administrateur d’Andévorante, la triste nouvelle de la mort de son frère, Georges Vautrain, chef d’Escadron, décoré de la croix de guerre, tué glorieusement à Hardencourt (Somme), après avoir pris part à toutes les grandes batailles, depuis Namur jusqu’à Verdun, en passant par celles de la Marne et de l’Yser.
Dans cette horrible guerre, il y a des familles particulièrement éprouvées. Celle de M. Vautrain est du nombre.
Déjà en 1914, au début de la campagne, son frère aîné Maurice Vautrain, chef de Bataillon, décoré de la Légion d’honneur, était tombé glorieusement devant Namur.
En cette douloureuse circonstance, nous ne pouvons que lui donner l’assurance de la part que nous prenons au deuil cruel qui le frappe, et le prier d’agréer nos plus sincères condoléances.

Le Tamatave

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11 novembre 2016

Il y a 100 ans : Séance des corps constitués au Gouvernement Général (3)

(Suite.)
M. le Gouverneur général ne voit pas très bien la nécessité du prolongement de cette route ainsi qu’il est dit ci-dessus. Le but principal de cette voie de communication était de permettre aux gens de Tamatave l’accès du fleuve de l’Ivondro, et réciproquement.
Or ce but est atteint dès le moment qu’elle débouche à Melville sur le fleuve. Du reste l’utilité pratique de cette route est très limitée et nullement en proportion avec les frais d’entretien qu’elle exigera. Elle ne pourra réellement servir qu’à quelques colons qui se trouvent sur son parcours. C’est déjà beaucoup. Mais elle est absolument inutile à l’immense majorité des colons et indigènes qui peuplent tant la vallée de l’Ivondro que celle du Fanandrana, et nous sommes heureux de voir M. le Gouverneur général se rendre enfin à cette évidence.
La route de Tamatave à Melville n’a été demandée et construite que 1° pour … et 2° pour, en fin de compte, obliger les colons de l’Ivondro et du Fanandrana à se servir de la voie ferrée pour terminer leur trajet du fleuve à Tamatave. C’est là une erreur économique phénoménale que jamais nous ne cesserons de dénoncer. Priver les producteurs des voies faciles et économiques qu’ils ont sous la main sous prétexte de progrès !!!
Et dire que les rois barbares de l’Émyrne qui ont fait mettre en état le canal d’Ivondro à Tamatave se sont montrés plus partisans du progrès que nous, conquérants prétendus civilisateurs.
À l’époque de notre conquête, le canal d’Ivondro à Tamatave, par le Tapakala et le Manangareza, était l’unique voie de communication entre ces deux points. C’est même par ce canal que la Cie des Messageries fluviales a transporté son matériel à Ivondro. Par ce fait, ce canal faisait partie du domaine public et, aucune loi ne l’ayant désaffecté, il en fait encore partie. Il était donc et il est encore inaliénable et imprescriptible.
On a allégué que, par son contrat, la colonie l’avait cédé à la Cie des Messageries fluviales. Faux ! archi-faux !
Les jurisconsultes qui ont rédigé le contrat se sont bien gardés de commettre pareille… imprudence. Sur cette question, on a joué sur les mots.
(À suivre.)

Le Tamatave

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8 novembre 2016

Il y a 100 ans : Séance des corps constitués au Gouvernement Général (2)

(Suite.)
Le port. – Traitant une question d’eau salée, celle du port est venue naturellement sur le tapis.
Sans ambages, M. le Gouverneur Général déclare que, selon lui, non seulement la construction du port est différée jusqu’à la fin de la guerre, mais encore qu’après cette date, il s’écoulera de longues années avant qu’on ne puisse songer à l’entreprendre.
En effet, ou ces travaux seront faits aux frais de la Colonie, en prélevant sur ces réserves, ou bien ils le seront sur un emprunt.
Dans le premier cas, il paraît peu équitable de faire supporter à la colonie entière les frais d’une entreprise qui ne profitera qu’à une région, alors que la somme ainsi employée pourrait servir à d’autres travaux tout aussi urgents et tout aussi utiles.
D’un autre côté, si une route ou une voie ferrée peut se faire par fraction chaque année, il n’en est pas de même pour un port qui doit être construit tout d’une pièce sans arrêt.
Il faut donc envisager que ces travaux ne pourront être pratiquement faits que sur un emprunt.
Or, la guerre terminée, non seulement les capitaux pouvant venir en colonie seront très rares, mais ils seront surtout horriblement chers. Il ne faut donc pas espérer pouvoir s’en procurer à des conditions raisonnables avant cinq ou six ans, et encore…
On peut conclure de tout cela que la construction du port de Tamatave est renvoyée aux calendes grecques.
(Pauvre port de Tamatave, cependant si nécessaire.)
Ne pouvant mieux faire et comme pis-aller, M. le Gouverneur Général songerait à construire un bassin-abri pour le batelage… en attendant mieux… Les études pour ce bassin vont être terminées, si elles ne le sont déjà.
 Route de Melville. – Cette route est sur le point d’être terminée, et pourra être livrée à la circulation dès que les ponts que l’on est en train de construire seront terminés.
Quelques membres exposent qu’il y aurait convenance à prolonger cette route de cinq à six kilomètres jusqu’à l’embouchure du Fanandrana. Là, un bac permettrait de traverser l’Ivondro, et la route pourrait remonter la vallée du Fanandrana pour parer aux difficultés que présente à la navigation cette rivière coupée par de nombreux rapides.
(À suivre.)

Le Tamatave

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