1 septembre 2014

Il y a 100 ans : Mobilisation générale à Madagascar et Dépendances

Le Gouverneur Général de Madagascar et Dépendances, commandeur de la Légion d’honneur,
Vu les décrets des 11 décembre 1895 et 30 juillet 1897 ; vu l’instruction confidentielle du 13 août 1912 ; vu le câblogramme ministériel n° 235 du 2 août 1914,
Ordonne la mobilisation générale des forces de mer et de terre sur tout le territoire de Madagascar et Dépendances.
Le premier jour de la mobilisation est fixé au 4 août 1914.
Le Gouverneur Général de Madagascar et Dépendances,
Albert Picquié.

Proclamation aux habitants

L’Allemagne vient de déclarer la guerre à la Russie et à la France. Les deux nations alliées, fortes de leurs droits et soucieuses de leur dignité, répondent à cette brutale agression.
L’Italie a notifié sa neutralité. – L’Autriche n’est pas engagée dans le conflit. – L’Angleterre reste notre amie.
Déjà les hostilités sont ouvertes et les armées en marche. L’armée française, fière d’un long passé de gloire, aidée par la puissante armée russe, soutiendra vaillamment les intérêts qui lui sont confiés. Sa cause est juste, c’est la cause de la civilisation et de l’humanité. – Elle triomphera.
Nous ferons de notre côté tout ce qu’il sera possible de faire pour le service de la France. Bien que nous soyons éloignés du théâtre de la guerre, j’ai fait mobiliser toutes les forces militaires de Madagascar et rappeler les réservistes européens et malgaches. Nous sommes prêts ainsi à repousser toutes les attaques.
Je n’ai aucune appréhension. Je sais que tous les Français acceptent joyeusement les sacrifices qui leur sont demandés, que tous accompliront ce que le Devoir et la Patrie exigeront d’eux. – Restons calmes et confiants, faisons trêve à nos discussions, n’ayons qu’un objectif : LA FRANCE.
Malgaches !
Vous savez ce que vous devez à la France, elle vous a adoptés comme ses enfants, elle vous protégera. Montrez-vous dignes d’elle, n’ayez aucune crainte, n’écoutez pas ceux qui colportent des fausses nouvelles, vaquez à vos travaux, continuez vos cultures, fermez l’oreille aux mauvais conseils. Signalez les méchants à l’Administration qui les arrêtera et les punira. Obéissez à tous les ordres qui vous seront donnés, vous ne serez pas inquiétés car vous serez défendus par nos soldats.
Vive la République !
Vive la France !
Vive Madagascar !
Albert Picquié.

Journal officiel de Madagascar et Dépendances


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31 août 2014

Il y a 100 ans : L’agitation recommence à Sainte-Marie

Le courrier de Madagascar nous apporte une énergique protestation des Saintmariens contre l’arrêt de la Cour de Tananarive, dont nous avons donné l’analyse. On se souvient que la Cour a admis les droits civils des Saintmariens, mais non leurs droits politiques. À ce dernier point de vue, ils auraient, d’après l’arrêt, un statut indigène.
C’est contre cette décision et surtout contre les motifs sur lesquels elle s’appuie, que s’élèvent les Saintmariens.
Ils affirment qu’ils ont toujours joui du statut français, et que l’arrêt de la Cour innove en pareille matière. Ils n’admettent pas la thèse que leurs mœurs soient un obstacle à leur qualité de citoyens français, puisque depuis longtemps ils ont abandonné leurs coutumes pour adopter les mœurs françaises.
À la vérité, l’union libre est assez couramment pratiquée chez eux ; mais depuis quand, disent-ils, cette pratique constitue-t-elle un empêchement dirimant à l’exercice des droits de citoyens français ?
La Cour semble établir une incompatibilité absolue entre les lois de la civilisation et la pratique d’une vie « très voisine de la douce nature. » – « Nous ne pensons pas, répliquent les Saintmariens, que les lois françaises fussent si antinaturelles. »
Les protestataires ne réclament point le droit de vote. Ils s’élèvent même contre l’idée d’institutions électives à Sainte-Marie.
Ce qu’ils veulent, c’est être traités en citoyens français, pour n’être pas à la merci du fisc qui n’hésite pas, disent-ils, à démolir leurs pauvres cases quand ils ne peuvent payer l’impôt et à les réduire à coucher à la belle étoile.
S’ils étaient citoyens français, de tels procédés ne seraient point permis à leur égard ; ils comparent le fisc au cheval d’Attila sur le passage duquel l’herbe ne poussait plus !
Les Saintmariens, qui ont toujours eu le respect des autorités constituées, entendent que celles-ci respectent leurs droits. Aussi vont-ils se pourvoir en cassation contre la décision de la Cour de Tananarive.

Le Courrier colonial


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30 août 2014

Il y a 100 ans : Les progrès de l’agriculture à Madagascar (4)

(Suite et fin.)
Grâce à la création de cette artère vivifiante : le chemin de fer d’Antsirabe à Tananarive, dont la partie centrale de l’île est redevable à M. Picquié, les produits agricoles des plateaux pourront, non seulement parvenir aux populations et aux villes de la côte, mais faire l’objet encore d’exportations de plus en plus considérables. Cette voie ferrée, qui drainera les produits d’une région prospère et les amènera vers le port de Tamatave, est destiné à jouer vraiment le rôle de facteur de richesse dans l’œuvre de colonisation de la Grande Île.
A. Lemaire
Le Courrier colonial

La vie administrative

L’Officiel du 30 mai 1914 publie un arrêté municipal portant règlement de voirie et de police pour la ville de Diégo-Suarez.
Il publie aussi, selon la picquiésienne tradition, une décision interdisant la divagation des chiens à Ihosy (province de Betroka), une décision interdisant la divagation des chiens dans le district de Manja (province de Morondava), et une décision interdisant la divagation des chiens dans la commune de Majunga.
Un arrêté du 19 mai réglemente le fonctionnement de l’abattoir d’Anamakia (district d’Antsirane), et, le 19 mai également, a été approuvée une décision locale concernant le fonctionnement et la police du marché d’Anamakia.
La débite auxiliaire des timbres fiscaux pourra, dans les centres importants de la colonie, être confiée, sur leur demande, à des commerçants installés dans les différents quartiers de ces centres.
Ces débitants auxiliaires, dûment commissionnés, achèteront aux receveurs des domaines la quantité de figurines qui leur conviendra, déduction faite d’une remise de 1 % consentie à leur profit sur le montant de leurs achats. (Arrêté du 6 mai, Journal Officiel du 30 mai 1914.)
Un arrêté transfère à Mahatsara-gare (province de Tamatave) le bureau de poste auxiliaire de 3e catégorie d’Ivondro.
Le bureau de poste auxiliaire de 3e catégorie d’Ifandana (province de Betroka) est ouvert au service des colis postaux ordinaires de 5 kilos.

Les Annales coloniales


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29 août 2014

Il y a 100 ans : Les progrès de l’agriculture à Madagascar (3)

(Suite.)
Tout en conservant les procédés de riziculture dont ils héritèrent de leurs ancêtres, les indigènes ont réalisé, à l’instigation de l’administration, de réels progrès, particulièrement aux environs de Tananarive. D’autre part, l’extension des travaux d’hydraulique agricole a augmenté les surfaces disponibles, aptes à la production du riz.
Ces plantations n’occupent pas seulement les bas-fonds et les marais ; elles s’étagent sur le flanc des collines, grâce à d’ingénieux travaux de terrassement.
Sur les côtes de l’île, 60 000 hectares sont plantés en manioc. La culture de la pomme de terre, qui date seulement de l’occupation française, a pris une grande extension. Elle fait de plus en plus partie de l’alimentation de l’indigène et l’élevage du porc, de jour en jour plus prospère, utilise des quantités considérables de ce tubercule.
On peut citer encore, comme cultures secondaires, la patate, le maïs, le haricot, le tabac, le chanvre, presque tous les légumes d’Europe qui viennent fort bien sur les hauts plateaux, enfin de blé qui réussit particulièrement dans la région du Vakinankaratra.
C’est qu’en effet les indigènes ont été amenés, sitôt les bas-fonds mis en culture, à étendre leurs rizières sur les versants par un système de gradins successifs exigeant beaucoup de travail, comme celui qui couvre toute la montagne dominant Betafo.
Ainsi les hauts plateaux fournissent aux décortiqueries, pour être consommé dans la colonie ou exporté, un riz de très bonne qualité dont l’abondance est due, à la fois, aux conseils et aux travaux de l’administration et à l’habileté des cultivateurs indigènes. Les colons européens qui possèdent des rizières les font cultiver par des indigènes qui sont, en quelque sorte, leurs métayers.
Si, dans l’Imerina et le Betsileo, notre œuvre s’est surtout bornée à étendre, en les perfectionnant, les modes de culture des indigènes, l’agriculture n’en a pas moins pris un remarquable développement par la création d’un système d’irrigation moderne et scientifique et par l’industrialisation de produits qui n’étaient autrefois cultivés que dans la limite des besoins de la population.
 (À suivre.)
A. Lemaire

Le Courrier colonial


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28 août 2014

Il y a 100 ans : Les progrès de l’agriculture à Madagascar (2)

(Suite.)
Grâce aux travaux exécutés notamment sous le règne d’Andrianampoinimerina, les agriculteurs malgaches avaient pu mettre en culture la vallée de l’Ikopa et les plaines de la Sisaony et de la Mamba, sillonnées de canaux et de digues multiples. En utilisant les combinaisons permises par la topographie du sol et le régime des eaux, l’indigène avait réussi à obtenir deux récoltes de riz par an. Ce sont ces procédés que notre administration s’est attachée à développer en tenant compte des progrès de la science de l’hydraulique agricole moderne.
La région qui nous occupe, plateau central très élevé et très dénudé, n’a pas donné naissance, pour les raisons que nous venons d’exposer, à de nombreuses exploitations agricoles prospères. Celles qui existent aujourd’hui sont à peu près localisées dans le Betsileo et la région du Vakinankaratra où une population dense et souple occupe un terrain relativement riche. L’établissement dans le centre de l’île d’un réseau bien compris de voies de communication, et celui d’un chemin de fer, permettant de drainer vers les ports les produits agricoles, ont stimulé le zèle et l’activité des indigènes. La création d’industries nouvelles, nécessitant des matières premières en plus grande abondance, a incité les agriculteurs à étendre leurs cultures. Aujourd’hui ils sont assurés de trouver un débouché pour leur blé dans les minoteries d’Antsirabe, pour leur manioc et leur riz dans des féculeries et des décortiqueries de plus en plus nombreuses.
La création de fabriques de conserves de viande, de salaisons, a été, d’autre part, un puissant stimulant pour l’élevage et les cultures qui y sont liées.
Celle du riz, demeuré la base de l’alimentation malgache, occupe la première place. Après avoir été négligée au moment de la conquête, puis compromise quelques années par les ravages des sauterelles, elle s’est si bien développée que la colonie, incapable, avant 1906, de pouvoir suffire à sa propre consommation en riz, a exporté, en 1913, 10 664 tonnes de ce produit, représentant une valeur de 2 286 000 francs.
(À suivre.)
A. Lemaire
Le Courrier colonial


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27 août 2014

il y a 100 ans : Les progrès de l’agriculture à Madagascar (1)

Les hautes terres de Madagascar, habitées par les populations les plus denses et les plus développées de l’île, se trouvaient mises en culture bien avant l’occupation française. Aussi, dans cette partie de l’île où cependant le climat, relativement tempéré, aurait pu permettre aux immigrants de prendre une part active aux travaux agricoles, les colons n’ont-ils pas cherché à le faire, et sont-ils consacrés de préférence à l’échange et à l’industrialisation des produits cultivés par les indigènes.
L’agriculteur européen, désireux de s’adonner à la production, aurait, en effet, malaisément triomphé de la concurrence des producteurs indigènes qui occupent, depuis longtemps, les meilleures terres et se procurent avec beaucoup moins de difficulté que nous la main-d’œuvre nécessaire, recrutée souvent dans leur groupe familial. D’autre part, les hauts plateaux ne se prêtent pas, en général, aux cultures riches, qui attirent surtout les Européens : on n’y cultive guère avec succès que le riz, le maïs, le manioc, la pomme de terre, le froment, cultures pauvres, dont l’utilisation industrielle ou commerciale peut seule intéresser nos compatriotes.
Le caractère spécial que devait prendre la colonisation européenne dans l’Imerina et le Betsileo avait été dégagé et mis en lumière dès 1900 par l’administration locale dans les renseignements et conseils donnés aux immigrants. Ceux-ci étaient avertis que les plateaux pouvaient seulement convenir aux colons venus sans espoir de retour et disposés à se contenter d’une modeste aisance sans vouloir tenter de grosses entreprises et essayer de réaliser une fortune rapide.
Ces considérations sont demeurées vraies dans leur ensemble, et il semble bien que le rôle de l’Européen doit se borner à orienter l’effort indigène, à industrialiser et à mettre en circulation les produits obtenus.
Dans ces régions où l’alternance de saisons nettement limitées partage l’année en une période de sécheresse presque complète et une période de pluies très abondantes, les Hova avaient compris la nécessité d’emmagasiner et de distribuer régulièrement l’eau nécessaire à la culture, à celle du riz principalement.
(À suivre.)
A. Lemaire

Le Courrier colonial


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26 août 2014

Il y a 100 ans : Académie des sciences - Le charbon à Madagascar

Une fort intéressante étude de M. J. Giraud sur la géologie de Madagascar a été présentée par M. Douvillé. Il a constaté des grès et schistes feldspathiques de 200 mètres d’épaisseur, avec des couches de charbon visibles dans la région de Benembra, d’une formation analogue à celle des « tillites » du Transvaal et des Indes, et que l’on pourrait assimiler à l’ouralien ; des grès ferrugineux et des schistes charbonneux de 300 mètres d’épaisseur ; et enfin dans le jurassique supérieur, au nord de l’Ambango, des marnes, très intéressantes au point de vue économique, car elles contiennent des nodules phosphatés de 45 à 50 % de phosphate tricalcique.
Le Temps

Pour le docteur Salvat

Le cas du docteur Salvat, directeur de l’Institut Pasteur à Tananarive, a soulevé une indignation unanime à Madagascar.
Par l’article de notre éminent collaborateur, Victor Augagneur, paru la veille de son entrée dans le cabinet Viviani, nos lecteurs sont au courant de cette affaire où la mauvaise foi de M. Picquié et la désinvolture avec laquelle il traite les affaires éclatent avec évidence.
Il faut rappeler que le docteur Salvat est un savant estimé, dont les travaux à la direction de l’Institut Pasteur de Tananarive sont unanimement appréciés. Il s’est refusé à faire de la clientèle, ne sortant de son laboratoire que pour donner des consultations, gratuites d’ailleurs, sur la demande de ses confrères dans les cas les plus graves.
M. Picquié, en lui enlevant la direction de l’Institut Pasteur, pour lui donner un poste de médecin de colonisation, a fait, une fois de plus, une mauvaise action.
Mais… le Département est intervenu immédiatement, a câblé à Micromégas et lui a interdit de désorganiser le service médical de Madagascar comme il avait désorganisé tous les autres depuis quatre ans. Le Gouverneur Général a reçu l’ordre de maintenir le docteur Salvat à son poste,… en attendant le jour très prochain où M. Picquié recevra l’ordre de quitter le sien.

Les Annales coloniales


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25 août 2014

Il y a 100 ans : Un drame au Palais de Justice de Tananarive (2)

(Suite et fin.)
Une fois le meurtrier désarmé, on s’empressa auprès de sa victime, qui ne tarda pas à expirer, la dernière balle ayant perforé les deux poumons et tranché l’artère aorte.
Une enquête fut ouverte sur place et, à midi, M. Dupont était incarcéré à la prison civile.
Le malheureux, qui aurait agi sous l’empire d’un accès de folie, paraît regretter vivent son acte et refuse toute nourriture.
Ce drame a produit une grosse émotion dans la paisible ville de Tananarive, et « l’affaire Dupont » a pendant plusieurs jours défrayé toutes les conversations.
Le Courrier colonial

Calomnie ou jalousie

La Revue des troupes coloniales, dans son numéro de février 1914, paru tardivement, commentant l’Insurrection dans le sud de Madagascar, ose dire, page 193 :
« Les mouvements militaires sont limités par la réduction systématique du budget des frais de route et quelquefois aussi par la pusillanimité des administrateurs responsables du maintien de l’ordre qui, confinés dans leur tour d’ivoire, désireux avant tout de « ne pas avoir d’histoire », empruntent à l’autruche le moyen de se soustraire à l’orage. »
Celui qui a écrit ces lignes n’a pu le faire que par ignorance complète du courage, du dévouement et de l’activité dont font preuve dans les postes les plus difficiles les fonctionnaires civils aussi bien administrateurs qu’agents des Affaires indigènes et des Services civils.

Les blancs sont partis

Le Cri de Paris publie l’entrefilet suivant :
Il y a quelque temps, se rendant à Majunga pour un procès, un monsieur arrive au tribunal de cette ville.
Après avoir parcouru vainement les bureaux et les couloirs sans rencontrer l’ombre d’un fonctionnaire, il avise un superbe nègre qui balayait la rue devant le tribunal.
Un court dialogue s’engage :
— Le greffier n’est pas là ?
— Je ne crois pas.
— Peut-on voir quelqu’un ici ?
— Les blancs sont partis.
— Quand reviendront-ils ?
Le nègre fait un geste évasif.
Alors, le monsieur, agacé, lui demanda :
— Et toi, qu’est-ce que tu fais ici ?
— Moi, répondit tranquillement le nègre, je suis le condamné à mort.
Nous constatons que d’autres, après nous, signalent le désordre dans lequel est plongé le service judiciaire à Madagascar, sous la direction de l’incapable et trop serviable Teulet.

Les Annales coloniales


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24 août 2014

Il y a 100 ans : Un drame au Palais de Justice de Tananarive (1)

Un drame rapide et terrible, qui a mis en émoi tout Tananarive, s’est déroulé le samedi 16 mai, au Palais de Justice de la ville.
M. Dupont, propriétaire de l’Hôtel de France, a tué, en plein prétoire, à coups de revolver, sa maîtresse Mlle Adrienne Legros.
M. Dupont, conseiller général de l’île de la Réunion, maire des Avirons, était arrivé de 21 février dernier à Tananarive, avec Mlle Legros, âgée de vingt-cinq ans, abandonnant, pour elle, situation, femme et enfants.
Il descendit à l’Hôtel de France, dont il se rendit acquéreur peu après.
Bientôt survint un compatriote, M. M…, dont s’éprit la jeune femme qui ne tarda pas à déclarer tout net à son amant qu’elle allait le quitter pour vivre avec M. M…
M. Dupont, qui avait tout sacrifié pour elle et l’entretenait depuis neuf ans, prit mal la chose et lui administra une sévère correction.
Elle s’enfuit et alla se réfugier chez M. M… qui lui conseilla de porter plainte.
L’affaire vint au tribunal correctionnel le 16 mai et fut renvoyée à une audience ultérieure. C’est alors que se produisit le drame.
M. Dupont fit d’abord mine de sortir mais, voyant que Mlle Legros restait dans la salle, assise aux côtés de son nouvel amant, il revint, prit place sur un des bancs réservés au public, derrière son ancienne maîtresse dont le séparait un autre banc, sur lequel se trouvait l’inspecteur de police Massoni.
Par-dessus l’épaule de celui-ci, il braqua un revolver dans la direction de Mlle Legros et tira. La jeune femme, atteinte au bras, se précipita vers le tribunal en poussant des cris.
M. Dupont se lança à sa poursuite, entraînant l’inspecteur Massoni qui cherchait à le retenir.
Arrivé à la barre, il tira deux autres coups de revolver sur Mlle Legros qui, mortellement atteinte, s’affaissa près du siège du ministère public.
M. Dupont se retourna alors vers son rival pour l’abattre à son tour. Une lutte terrible s’engagea entre l’inspecteur Massoni et le meurtrier, beaucoup plus vigoureux que le policier.
Enfin, M. Dupont put être maîtrisé, grâce à l’intervention du procureur de la République, du président et de l’interprète Ralambo, qui étaient venus à la rescousse.
(À suivre.)

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23 août 2014

Il y a 100 ans : Muflerie d’exportation

La muflerie, puisqu’il faut l’appeler par son nom, ne gîte pas seulement chez nos tyranneaux de France. Nos missionnaires du Betsileo, à Madagascar, en savent quelque chose. Qui voudra s’édifier là-dessus n’a qu’à lire dans le dernier numéro du bulletin Chine, Ceylan, Madagascar le récit de l’arrivée de Mgr Givelet. Trains qui n’arrivent pas ou arrivent un jour en retard, gouverneur général de Tananarive qui ne digne pas recevoir – ce n’est pas son jour ! –, administrateurs goujats qui s’emparent dans l’auto publique des places réservées au vicaire apostolique et à son compagnon, départ d’Antsirabe précipité pour déconcerter l’accueil des populations, procession de bienvenue interdite sur le chemin au-devant du prélat à Fianarantsoa, ses bagages déposés par erreur à la station précédente pour qu’il fût sans mitre ni crosse, avouez que ces caprices du hasard et cet enchaînement de contretemps si bien calculés dénotent chez quelques énergumènes de la colonie une dose peu commune de sectarisme.
Mais à quoi bon cet appel : depuis quelques lustres, la muflerie n’a-t-elle pas pris logement avec le ministère des Colonies, 27, rue Oudinot, après en avoir chassé les Frères ? Étonnons-nous donc que la muflerie soit un article d’exportation !
La Croix

Découverte d’un riche gisement aurifère dans la région de Diégo-Suarez

Le 22 mai, la colonie française de Diégo-Suarez se réjouissait de l’heureuse nouvelle que venait de recevoir le sympathique président de la Chambre consultative, M. Mortages.
Un télégramme venait, en effet, de lui annoncer que les recherches entreprises dans la plaine de Bérésiki avaient abouti à la mise au jour d’un gisement aurifère d’une richesse incroyable, suivant l’expression même des ingénieurs.
Il y a quelque temps, ces mêmes ingénieurs avaient mis au jour un gîte renfermant 400 kilogrammes du précieux métal, et ils n’avaient même pas songé à claironner partout cette nouvelle, alors que certaine société aurifère, dont il a été maintes fois question ici, se montre infiniment moins scrupuleuse.
Cette nouvelle découverte montre une fois de plus que les richesses minières de la région de Diégo-Suarez ne le cèdent en rien aux richesses agricoles.

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22 août 2014

Il y a 100 ans : Les scandales continuent à Madagascar (3)

(Suite et fin.)
D’autre part, M. B… est originaire des Antilles. Or, il est dans la Grande Île deux personnes qui ont voué aux Français nés aux colonies, aux créoles, une haine féroce. La première est M. le Procureur général Teulet qui ne pardonne point à l’honorable M. Michel, créole lui aussi et Procureur général de l’Indochine, de l’avoir supplanté pour ce poste auquel il eut la présomption de prétendre ; le second est M. Dessaigne qui a conservé un pénible souvenir de son contact avec un confrère créole à Tahiti.
Il fallait donc une occasion pour se débarrasser de M. B… On la fit naître. Et, pour l’exploiter, les courtisans ne ménagèrent point leur concours.
M. le Gouverneur Général Picquié et M. le Procureur général Teulet ont commis là, une fois de plus, un révoltant abus de pouvoir. Ces deux hommes, dont on voit depuis quelque temps les noms associés dans tous les scandales dont Madagascar est le théâtre, ont besoin d’être énergiquement rappelés au respect du droit et du devoir. Il est temps que prennent fin les exploits regrettables de ces deux amateurs d’histoires.
M. Teulet, à Madagascar, comme en Indochine, comme en Nouvelle-Calédonie, a complètement donné la mesure de son insuffisance et de son inaptitude aux fonctions qu’il exerce. Persistera-t-on à lui accorder une confiance qu’il ne mérite pas et à lui laisser prendre des responsabilités qui le dépassent ? Cela serait plus qu’imprudent.
M. Picquié conduit notre belle colonie à la ruine par le désordre, l’anarchie et la délation. Quand Madagascar en sera-t-il délivré ?
Henri Cosnier,
Député de l’Indre.
Les Annales coloniales

Accident d’automobile à Madagascar

M. Delayen, le propriétaire minier bien connu à Madagascar, a été victime d’un accident automobile dont les conséquences ont été heureusement moins graves qu’on aurait pu le craindre.
Il a reçu les premiers soins à Maevatanana, puis a été transporté à l’hôpital de Tananarive.
Son état s’étant rapidement amélioré, il est parti pour Isoavinandriana où il compte passer un mois pour achever sa convalescence.
Nous lui souhaitons un prompt et complet rétablissement.

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21 août 2014

Il y a 100 ans : Les scandales continuent à Madagascar (2)

(Suite.)
La délation est organisée et encouragée ; la justice est bâillonnée et le bon plaisir règne en maître.
Il n’est pas exagéré de dire qu’une sorte de petite terreur, occulte, hypocrite et sournoise pèse en ce moment sur Madagascar grâce au Gouverneur Général Picquié. Et son premier, son plus fidèle lieutenant, son plus zélé collaborateur n’est autre que le plus haut magistrat de la colonie, le Procureur général Teulet qui, sans vergogne, jongle avec la loi dont il est le représentant.
J’ai déjà, dans le numéro des Annales Coloniales du 31 mars 1914, parlé de l’histoire invraisemblable de ce magistrat, M. B…, qui, lors de ses précédents séjours à Madagascar, n’avait laissé que d’excellents souvenirs. Ce magistrat rentrait dans la colonie prendre possession du poste auquel il venait d’être nommé, accompagné de sa jeune femme. À son passage à Diégo-Suarez, il fut l’objet, de la part d’un commis des postes, de provocations calculées et réitérées suivies de voies de fait. Sans entrer dans le détail des faits il semble si bien résulter des documents de l’enquête que le coup était machiné, que dans cette affaire on voit apparaître tous les comparses habituels à la solde du Gouverneur Général.
Selon le but désiré, on traduisit non pas l’agresseur mais M. B… devant la Cour d’appel, on permit à divers témoins d’apporter des allégations dont la fausseté a été établie ensuite devant la Cour…
Le magistrat en question, M. B…, fut donc – ce qui, encore, était un ordre – poursuivi et condamné. Je ferai simplement remarquer que M. B… fut poursuivi en vertu de l’article 311 du Code pénal alors qu’il n’avait jamais frappé et qu’au contraire il l’avait été, ainsi qu’il résulte formellement de tous les témoignages cités par l’accusation. Je souligne le mot accusation car M. B… fut délibérément mis dans l’impossibilité de se défendre. Je regrette de ne pouvoir signaler ici tous les procédés invraisemblables et perfides dont MM. Teulet et Dessaigne, pour ne citer que ceux-là, usèrent vis-à-vis d’un fonctionnaire dont le seul tort était de ne pas plaire à M. Picquié. On le lui dit, d’ailleurs, sans ambages.
 (À suivre.)
Henri Cosnier,
Député de l’Indre.

Les Annales coloniales


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20 août 2014

Il y a 100 ans : Les scandales continuent à Madagascar (1)

Avec un acharnement, une ténacité, une méthode et un esprit de suite dignes d’une meilleure cause, et qui n’ont d’égale que l’inexplicable complaisance de ceux qui le laissent poursuivre en paix son œuvre néfaste, M. le Gouverneur Général Picquié achève de désorganiser Madagascar, d’y semer le trouble et la haine, et de se rendre odieux à tous, lui et ses complices.
À maintes reprises, les lecteurs des Annales Coloniales ont été à même d’apprécier les actes de ce haut fonctionnaire dont le maintien au poste élevé qu’il occupe est un véritable défi à l’opinion publique. Tout récemment encore, je signalais les procédés scandaleux dont on avait usé envers un colon parfaitement honorable, et dont le seul tort était d’avoir été l’ami du prédécesseur de M. Picquié. D’autres faits analogues se sont produits. L’un d’entre eux mérite d’une façon toute particulière d’être connu du public. Il met en pleine lumière une fois de plus les tares de l’administration de M. Picquié, dont les caractéristiques sont la malveillance, l’arbitraire et la déloyauté. Ce nouveau scandale met au surplus en scène les mêmes comparses, dont j’ai déjà souligné le rôle équivoque ou franchement détestable, et parmi lesquels il faut, en première ligne, citer M. le Procureur général Teulet, chef du Service judiciaire dans la Grande Île.
Le but poursuivi par M. Picquié est avant tout de détruire, tant qu’il le pourra, l’œuvre républicaine de notre ami Augagneur et l’une de ses principales préoccupations consiste à marquer la haine qu’il éprouve pour tous ceux, fonctionnaires ou colons, qui servirent la politique bien française de son prédécesseur. Ces faits, en outre, montrent de manière évidente que M. Picquié se sert, pour satisfaire ses ressentiments, d’agents provocateurs prêts à toutes les besognes, et qu’il trouve parmi certains fonctionnaires et même chez de hauts magistrats, de trop dociles exécuteurs. Il existe, rappelons-le une millième fois, à Madagascar, une sorte de camarilla à la solde de l’actuel Gouverneur Général, marchant au doigt et à l’œil, prenant le mot d’ordre, abdiquant toute conscience professionnelle, pour rendre possible l’accomplissement de vengeances misérables.
(À suivre.)
Henri COSNIER,
Député de l’Indre.

Les Annales coloniales


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19 août 2014

Un auteur de la Bibliothèque malgache a inspiré Lautréamont

Jean-Jacques Lefrère, spécialiste de Lautréamont et de ses Chants de Maldoror, vient de signaler un emprunt (un de plus, il y en a d'autres) enfoui par l'écrivain dans la masse tumultueuse de son grand livre, chef-d'oeuvre de la littérature du 19e siècle.
Je vous renvoie au détail de son article pour tout savoir du fait divers raconté par Le Figaro du 12 septembre 1868, et du passage des Chants de Maldoror directement pompé sur l'article du quotidien.
Plagiat, donc. Aujourd'hui, Lautréamont aurait probablement utilisé Wikipedia, comme Michel Houellebecq et tant d'autres. (N'en prenons pas prétexte pour insérer le signe = entre les noms de Lautréamont et de Houellebecq, je m'en voudrais si cette proximité était mal interprétée.)
Mais pourquoi donc prendre la peine de vous parler de cela, qui semble devoir n'intéresser que les lecteurs les plus sourcilleux des sources attribuées à leurs auteurs préférés?
Parce que l'auteur de l'article paru dans Le Figaro s'appelle Emile Blavet, une vieille connaissance de la Bibliothèque malgache. Il est venu faire un tour chez nous en 1896, dans la foulée de la conquête de l'île par la France, a séjourné deux mois à "Tananarive" et dans les environs après le voyage terrestre obligé de Tamatave à Tana, puis en en rapporté un récit de voyage, Au pays malgache, publié en 1897 et réédité sous forme de livre électronique gratuit par la Bibliothèque malgache.
Curieux détour, n'est-ce pas, pour affirmer que Lautréamont s'est inspiré d'un auteur de la Bibliothèque malgache. Mais le fait est là, irréfutable.
Il n'entraîne cependant pas comme conséquence que lire Emile Blavet serait un peu lire Lautréamont...

Il y a 100 ans : L’avenir de Diégo-Suarez

La décision récemment adoptée de terminer et de rendre utilisable le bassin de radoub de Diégo-Suarez a été accueillie avec joie par les colons de la région. Quand ce bassin sera terminé, ses dimensions permettront d’y recevoir de très gros navires.
Il en résultera forcément un mouvement important, car les escadres européennes n’hésiteront plus à vernir séjourner dans les eaux de Madagascar, certaines d’y trouver les moyens de s’y faire réparer, ce qui n’est pas le cas actuellement.
Mais il est indispensable que le bassin de radoub de Diégo-Suarez soit doté d’un outillage complet, donnant aux plus grosses unités la certitude de trouver des ateliers en mesure de procéder aux réparations les plus importantes qu’une escadre puisse avoir à effectuer en cours de route.
S’il est vrai que l’on doive trouver là un des éléments principaux de la prospérité future de Diégo-Suarez, il serait imprudent, cependant, de négliger les autres, notamment l’agriculture et l’élevage qui restent les bases de la richesse de Madagascar comme de tous les autres pays.
La mise en rapport des immenses et fertiles régions qui s’étendent dans le nord de la Grande Île vaudrait mieux pour la prospérité de Diégo-Suarez que la découverte de dix mines d’or sur le plateau d’Antsirane. Avec une réglementation intelligente, Madagascar pourrait, en quelques années, décupler son cheptel et sa production agricole.
Étant donné la disproportion énorme existant entre les exportations actuelles de la Grande Île et ce qu’elle pourra exporter plus tard, il n’est pas exagéré de dire que sa production, à tous égards, est encore à l’état rudimentaire.
Certes, Madagascar ne peut du jour au lendemain donner son maximum de production ; mais il y a, dans notre belle colonie de l’océan Indien, un champ d’activité immense qui appelle toutes les activités et toutes les énergies.

Les foires à Madagascar

Par arrêtés insérés au Journal officiel de Madagascar du 2 mai, la foire annuelle de Betafo aura lieu désormais les derniers lundi et mardi de juin, et celle d’Ambohimasina les premiers lundi et mardi de septembre.
La foire annuelle d’Antsenavolo a eu lieu les 7 et 8 juin.
Enfin, un arrêté a autorisé à Ambovombe, province de Fort-Dauphin, la création d’une foire qui a eu lieu les 8 et 9 mai.

Le Courrier colonial


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