25 avril 2016

Il y a 100 ans : On plantera des niaoulis à Madagascar

Dernièrement, nous avons parlé des vertus antiseptiques et antimicrobiennes de la variété d’eucalyptus niaouli, spéciale à la Nouvelle-Calédonie.
Son action bienfaisante est d’autant plus indéniable qu’aux Nouvelles-Hébrides, les îles de Mallicollo et de Spiritu-Santo sont des centres fiévreux permanents ; à telle enseigne qu’une compagnie d’occupation envoyée par le gouvernement français dans la première de ces îles dut abandonner son poste au bout d’un mois, avec son effectif presque entièrement décimé par les miasmes paludéens. Or, bien que dépendances géographies et voisines de la Nouvelle-Calédonie, les Nouvelles-Hébrides n’ont pas le niaouli.
Mieux encore : la Nouvelle-Calédonie a des marais et des moustiques ; jamais, grâce à ses forêts de niaoulis, elle n’a connu les fièvres paludéennes, même parmi les agglomérations d’ouvriers travaillant aux travaux miniers ou à la construction des voies ferrées ; les malades des Nouvelles-Hébrides n’ignorent pas cette immunité, puisqu’ils viennent y refaire leur sang anémié.
On pourrait en dire autant des îles Loyalty : Maré et Lifou, au sud, ont le niaouli qui les exempte de la fièvre : Ouvéa, au nord, n’a pas le niaouli, mais en revanche, elle connaît le paludisme.
Il est donc fortement question de reboiser une partie des terrains dénudés de Madagascar, notamment les Hauts Plateaux, privés de l’humidité que l’arbre seul peut leur donner, en arrêtant le lavage du sol et en se dépouillant de ses feuilles pour former l’humus.
Mais nos confrères de la Grande Île mènent une campagne pour qu’on choisisse un peu plus rationnellement qu’on ne l’a fait jusqu’ici, les essences d’arbres destinés à reconstituer la forêt malgache. Oui, le reboisement s’impose, surtout dans les régions arides, desséchées par un soleil ardent qui stérilise chaque jour un peu plus un sol dur et calciné.
Et puisque le niaouli a fait ses preuves en tant qu’antifiévreux, notre confrère le Tamatave demande qu’on voie se multiplier au plus tôt les bosquets, les bordures et les digues de niaoulis, dont les feuilles, tombant à terre et se décomposant au contact de l’humus, dégageront leur huile essentielle, qu’entraîneront les pluies jusqu’aux bas-fonds marécageux où elle viendra tuer les miasmes paludéens.

Le Courrier colonial

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont maintenant disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 48 titres parus à ce jour.

22 avril 2016

Il y a 100 ans : La défense nationale a besoin de graphite

Télégramme officiel n° 204
Tananarive, le 29 janvier 1916.
Gouverneur Général à Présidents Chambres Consultatives.
Besoins graphite pour défense nationale devenant de plus en plus pressants vous fais connaître que ce produit à destination Métropole recevra désormais priorité absolue à l’embarquement sur tous autres chargements je vous serais obligé en aviser intéressés de votre région et en même temps faire appel leur activité pour développement intensif production graphite.
Garbit.
Nous recevons à ce sujet la lettre suivante :
L’administration nous la baille belle et elle ne pouvait agir plus ironiquement à notre égard, en faisant appel, d’un côté, à notre activité pour le développement intensif de la production du graphite, et de l’autre en nous retirant le moyen d’obtenir ce développement de production, c’est-à-dire la main d’œuvre.
Alors que dans certaines provinces, telle celle de Vatomandry, les instructions de M. le Gouverneur Général sur les Tavy sont strictement observées, dans d’autres au contraire, telle une partie de la province de Tamatave, ces instructions sont scandaleusement méconnues. Là, les travailleurs sont tous partis aux tavy, brûlant des montagnes entières de forêts et laissant les chantiers déserts.

Objet trouvé

Une broche trouvée sur la voie publique a été déposée aux épaves du Commissariat de Police.
Le Tamatave

Les Chinois continuent à envahir la Grande Île

Madagascar est condamnée à l’immigration chinoise.
En vain, le gouverneur général prend des arrêtés pour expulser ces indésirables ; il y en aura toujours. Le mois dernier encore, quatorze célestiaux sont débarqués à Tamatave, amenés par un bateau qui venait de Maurice.
Les colons pensent avec raison que, si l’on accepte les Chinois des îles voisines, ce n’est vraiment pas la peine de se débarrasser des autres ; ces derniers, au moins, sont connus et plus faciles à surveiller.

Un contingent à Diégo-Suarez

On doit répartir, dans les différents casernements de Diégo-Suarez, un contingent d’Annamites, engagés volontaires.
Ce contingent ne comprend pas moins de 5 000 hommes.

Le Courrier colonial

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20 avril 2016

Il y a 100 ans : Les Affaires (3)

(Suite et fin.)
De là les ordres d’arrestation immédiats et simultanés tant à Tananarive qu’à Fianarantsoa et dans divers autres centres et la divulgation qui s’en suivit de cette affaire qui ne fut d’ailleurs apprise du public, avec une immense stupéfaction, que plusieurs jours après les arrestations dont la plupart, opérées discrètement, passèrent inaperçues.
Conçue sans statuts, cette Société dénommée : Vy vato sakelika (association forte et dure comme pierre et fer) qui avait un foyer initial au chef-lieu même de la Colonie, recrutait plus particulièrement ses adeptes parmi les individualités propres, de par leur situation personnelle, à rendre des services effectifs. Elles étaient reçues selon des cérémonies rituelles rappelant quelque peu celle de l’ancien Fatidra local.
Destinée à préparer le cœur et l’esprit des indigènes dans une seule et même idée d’indépendance et de rétablissement d’un nouveau Gouvernement malgache, cette société secrète dont l’appellation se traduisait par les lettres symboliques : V. V. S. était divisée en sections composées de moins de 20 membres et dirigées par un chef ou plutôt trésorier, chargé pour les besoins financiers futurs de recueillir 1 % des revenus, des émoluments ou des salaires de chaque membre.
L’initiation ou consécration pouvait s’effectuer en vue du développement intensif de l’association, en présence seulement de quelques membres ou même d’un seul sans que la présence d’un dignitaire à cette cérémonie fût essentielle.
Des sept serments à caractère tendancieux que prononçait l’adepte et de la prière qui s’en suivait, il se dégage nettement que celui-ci s’engageait sans réserves à poursuivre le soulèvement contre l’oppresseur, en l’espèce la France.
Se reconnaissant à des signes distinctifs, pénétrés de leur mission, les premiers membres de la « V. V. S. » ne tardèrent pas à développer, soit dans des réunions, soit par des kabary appropriés, où renaissait l’amour de la patrie, l’extension de cette société et à lui créer des ramifications qui au cours de ces derniers mois s’étendirent dans presque tous les grands centres de la Colonie.
C’est au moment où la France traverse une période difficile que la Justice est appelée à examiner la participation à ces événements de chacun des 41 indigènes déférés devant la Juridiction de céans.

Le Tamatave

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19 avril 2016

Il y a 100 ans : Les Affaires (2)

(Suite.)
Mais avant de procéder aux interrogatoires, M. le Président donne lecture de l’exposé ci-après, écouté dans le plus grand silence.
Exposé
Pour permettre à l’auditoire de suivre les débats qui vont s’ouvrir, il va être fait un exposé retraçant brièvement la genèse de l’affaire dite « Provocation à la révolte », sur laquelle le Tribunal du 2e degré de la province est appelé à statuer.
En septembre et octobre de l’année 1915, le Gouvernement de la Colonie, ainsi que l’Administration Provinciale, étaient avisés de l’existence d’une Société secrète en formation par des indigènes qui avaient été sollicités d’en faire partie et qui avaient cru devoir loyalement prévenir le Gouvernement. Les noms des principaux militants étaient notoirement connus et les renseignements recueillis de divers côtés en se recoupant avaient mis nettement l’Administration supérieure sur la trace du projet de complot, qu’elle se proposait d’éventer au moment propice lorsque les fils et ramifications auraient été déterminés avec précision. Mais les précautions prises par les affiliés qui ne se réunissaient jamais au même endroit ne permirent pas, malgré toutes les dispositions prises, de recueillir des preuves suffisantes du but que les membres de cette Association poursuivaient. La surveillance étroite exercée autour d’elle n’en fut que plus active et rétrécissait déjà le cycle de ses recherches, lorsque subitement, vers fin décembre, un indigène d’une province de l’intérieur sollicité et pressé d’entrer dans cette Société secrète se décidait, spontanément par un loyalisme exemplaire, à signaler les menées subversives dont il était l’objet et à faire des révélations détaillées.
Dès lors, la trame tissée patiemment par certains indigènes, désireux de recouvrer, pour des raisons que les débats mettront probablement en relief, l’indépendance d’une Nation malgache formée de l’unité de toutes les races de la Grande Île, était percée à jour.
Les arrestations faites à Ambalavao fin décembre obligèrent l’Administration à précipiter les événements, car dès ce moment les affiliés voyant leur Société découverte pouvaient se concerter pour égarer les investigations de la justice et faire disparaître certains éléments de culpabilité.
 (À suivre.)

Le Tamatave

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13 avril 2016

Il y a 100 ans : Les Affaires (1)

C’est dans la grande salle du palais de l’ex-premier ministre à Tananarive que siège le Tribunal qui doit juger ces affaires.
41 prévenus, tous indigènes, sont au banc des accusés :
Rajaobelina, commerçant.
Ravolohina, publiciste rédacteur du Fitarikandro.
Raboanary, ex-employé au Comptoir National d’Escompte.
Randretsa, tailleur lettré.
Ranaivojaona, commerçant, lettré.
Randrianaly, commerçant failli.
Ramanitra, receveur des autos.
Ramandriamanana, clerc d’avoué.
Randria Michel, médecin.
Rajoanah, Commis des Travaux Publics.
Ranjavola, Instituteur de la Mission Protestante Française.
Raharison, ancien Adjudant de la Garde Indigène.
Jullien, Frère de la Mission Catholique.
Ces treize premiers accusés ont comme circonscription d’origine Fianarantsoa.
Ratsimiseta, Rédacteur en chef du journal Le Fitarikandro.
Ramaolimiaso, Chef de Station du T. C. E.
Razafimbada, écrivain interprète des Affaires Civiles.
Rabemalanto, employé de commerce (Maison Gros et Darrieux).
Razafindrabeso, employé de commerce (Maison Gros et darrieux), déjà condamné, fut de ceux des indigènes exilés avec Ralambo au début de la déclaration de guerre.
Razaka, tailleur.
Rajaonera Samuel, commerçant.
Razafimahefa Louis, étudiant en médecine à Tananarive.
Ces neuf accusés ayant comme circonscription d’origine Tananarive.
Ratantely, menuisier.
Ramilijaona, photographe.
Jafetra Samuel, photographe domicilié à Tamatave.
Randriajafitrimo, journaliste, rédacteur en chef du Loharano.
Ramaromisa, instituteur à la Mission Protestante Française.
Rajoanarivo, Médecin de l’A. M. I.
Raphaël Raboto, Médecin de l’A. M. I.
Rason, étudiant en médecine.
Ratsimbazafy, étudiant en médecine.
Bonifasy Ramasy, étudiant en médecine.
Ivavoangy, étudiant en médecine.
Robin Joseph, étudiant en médecine.
Raphaël, Frère des Écoles Chrétiennes.
Venance, Père de la Mission Catholique.
Randriamahefy, Comptable à Tananarive.
Ravelojaona, Pasteur et Instituteur.
Razafimahefa, Maître d’École.
Rabary, Pasteur de la Mission Protestante Française.
(À suivre.)

Le Tamatave

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12 avril 2016

Il y a 100 ans : Morts au champ d’honneur

Laugier (Jules), capitaine d’infanterie coloniale. – Tué le 6 octobre 1915, au cours des opérations offensives en Champagne. A été cité à l’ordre du jour dans les termes suivants : « Remarquable commandant de compagnie, possédant l’affection et la confiance de sa troupe, se trouvait à la tête de sa compagnie disposée pour donner l’assaut à une tranchée ennemie lorsqu’il a été tué le 6 octobre 1915.
« Cet énergique officier qui, du 25 septembre au 6 octobre, avait conduit sa compagnie à l’assaut des tranchées allemandes dites de la Main de Massiges, s’était distingué par sa bravoure et son calme dans le danger. D’une haute valeur morale, il écrivait entre deux combats, quelques jours avant de tomber, cette phrase où se traduisaient la noble simplicité de son cœur et l’esprit de sacrifice qui l’animait : « Je mourrai avec joie si ma mort peut être utile à mon pays. »
Cet officier avait commandé, comme lieutenant, avec distinction, le poste administratif de Berevo en 1913-1915.
Picard (René), instituteur, adjudant de bataillon au 300e d’infanterie. – Tué à l’ennemi d’une balle en pleine poitrine le 25 septembre 1915, à l’âge de 25 ans, près de Neuville-Saint-Wast, en accomplissant une mission de confiance. Cité à l’ordre du jour en ces termes : « A toujours fait preuve dans ses fonctions du plus grand sang-froid et du plus entier dévouement. Légèrement blessé une première fois, a voulu rejoindre son chef de bataillon et a été tué en lui portant un compte rendu. »
Legendarme (Gabriel), instituteur, sergent au 237e d’infanterie. – Tombé le 11 juin 1915 à Notre-Dame de Lorette et mort trois jours après à l’hôpital de Gauchin-le-Gal (Pas-de-Calais) des suites de ses blessures. Il était âgé de 33 ans.
Taupin (Étienne). – Tué à l’ennemi à Souchez le 8 juillet 1915.
Ces trois derniers étaient : le premier, le frère ; les deux autres, les cousins-germains de Mme Grellet, femme du garde principal commandant la brigade de la garde indigène d’Analalava.

Journal Officiel de Madagascar et Dépendances

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11 avril 2016

Il y a 100 ans : Manœuvres boches anti-françaises (2)

(Suite et fin.)
En étouffant l’affaire, le gouverneur se fût certainement rendu impopulaire.
Au contraire, M. Garbit exposa la situation aux délégués des corps constitués ; dans les provinces de l’intérieur, ce fut aux chefs de province que cette mission fut confiée.
Dès la première heure, il donna des ordres formels pour la recherche et la poursuite des gens suspects à des titres divers, avant même que personne dans le public n’ait connu leurs coupables menées.
Les débats auront la plus large publicité.
Le gouverneur a donné jusqu’ici trop de preuves de son attachement aux colons, de sa volonté de maintenir, de faire progresser l’activité économique du pays pour le plus grand profit de tous, pour que nous ayons le droit de douter de son action.
Ceci ne nous empêchera point, après l’affaire, d’énumérer ici les vœux que formulent les colons désireux de voir redresser la politique indigène jusqu’ici suivie, sachant eux-mêmes s’inspirer de la situation nouvelle.
Mais nous voulons croire que le Gouvernement, qui a su faire montre d’énergie contre les perturbateurs, continuera en faisant rechercher l’auteur du factum qui n’a pu que soulever l’indignation de nos confrères mauriciens après qu’ils furent exactement renseignés.
Jeter, par des récits absolument mensongers, le discrédit sur un pays français dans les circonstances actuelles constitue, en effet, une véritable trahison.

Les Affaires

Ainsi que c’était annoncé, les débats ont commencé lundi. – Les premières audiences ont été occupées par la lecture de l’acte d’accusation et les interrogatoires d’identité.
Pas d’incidents.

Les caimans

Les pluies torrentielles de ces jours derniers ont fait déborder tous les cours d’eau et rempli tous les marigots des environs.
Les caïmans, qu’une longue sécheresse avant cantonnés dans leurs mares fangeuses, en ont profité pour venir faire une balade aux environs de Tamatave, et tâcher de cette façon de varier leur menu. C’est ainsi que la présence de quelques-unes de ces intéressantes et gracieuses bestioles a été constatée dans les petits cours d’eau entre Manangareza et le chemin de Farafata, administrativement nommé route Melville.
Avis aux voisins et aux amateurs de chasse.

Le Tamatave

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28 mars 2016

Il y a 100 ans : Manœuvres boches anti-françaises (1)

De la Tribune :
Nos confrères mauriciens reçurent, postés à Tamatave, des fiches anonymes au sujet des affaires actuellement en cours de règlement devant la justice compétente à Madagascar.
Tout écrit anonyme doit, en principe, être de plano rejeté, c’est une infamie et l’individu qui s’en rend coupable acquiert tous les droits à la mésestime publique, plus encore lorsque – c’est le cas, en la circonstance – cet écrit a pour but d’essayer de jeter le discrédit sur un pays où flotte notre très glorieux pavillon.
Ce n’est certainement pas à un Français qu’il faut attribuer la paternité du factum incriminé dont le contenu est d’allure nettement anti-française.
C’est l’œuvre d’un bochophile honteux.
En admettant, en effet, et tous ici nous savons actuellement qu’il n’y a rien d’approchant, en admettant comme l’insinua le salarié du Kaiser, que Madagascar fût à feu et à sang, notre devoir à nous, Français, eût été de faire face à la situation, avec le concours des Européens nos alliés, nous efforçant, en outre, de faire tous nos efforts pour empêcher de laisser filtrer au dehors toutes nouvelles tendancieuses susceptibles d’être exploitées par nos ennemis.
En cela nous n’aurions fait qu’imiter les Boches et les Austro-Boches étouffant les cris de misère des populations ouvrières de Berlin, de Leipsick, de Dresde, de Vienne, sans compter les incidents nés en Hongrie.
Nous n’en étions pas là heureusement !
Tout a été dit de ce qui devait, pouvait être dit avant les débats.
Nous pouvons et devons cependant répéter que l’ordre, nulle part, n’a jamais été troublé un instant – que les arrestations effectuées n’ont donné lieu à aucun incident et que la plupart sont même passées inaperçues – enfin, que l’ensemble de la population malgache qui s’efforce chaque jour de nous donner de nombreuses preuves de loyalisme est absolument étrangère à ces criminelles intrigues, les réprouve hautement, et demande elle aussi le juste châtiment des coupables.
Dans le factum en question, on affirme que l’administration a tout fait pour étouffer l’affaire.
C’est le comble de l’absurde et de la mauvaise foi.
(À suivre.)

Le Tamatave

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27 mars 2016

Il y a 100 ans : Une lacune

L’Officiel de la Colonie portant la date du 22 janvier contient deux arrêtés très intéressants.
Le premier règlemente le fonctionnement des sociétés indigènes. Désormais, ces sociétés ne pourront se réunir sans, au préalable, en avoir obtenu l’autorisation de l’administration.
Le second arrêté porte réorganisation du service intérieur de l’École de Médecine et la refonte des règlements de 1902.
À la suite des incidents en cours de règlement, les modifications apportées s’imposaient.
Mais il y a un article 58 ainsi conçu :
Art. 58. – Les étudiants devront saluer et avoir une attitude respectueuse vis-à-vis des représentants de l’autorité, des administrateurs, des officiers et des professeurs.
Ce sont là d’excellents conseils ou plutôt de sages prescriptions.
Il me semble cependant qu’il y a une lacune à combler dans cet article 58.
En effet, si des élèves de l’École de Médecine doivent avoir le respect de l’autorité, de leurs professeurs, avec qui ils sont en contact permanent ; si ces mêmes manifestations de respect doivent être observées pour MM. les administrateurs et officiers rencontrés dans la rue ou en visite à l’école, on s’étonnera en constatant que toute une catégorie de personnes n’ont pas droit au respect mobilisé, d’après l’arrêté, au profit des personnes désignées.
Les Européens colons ne réclament ni hommages, ni révérences, ni autres marques extérieures de respect très superficielles, cependant, ils estiment, avec raison, qu’il n’eût pas été superflu, et pour cause, de rappeler ces jeunes gens et d’une façon générale à la déférence due aux Européens.
Il est évident que cette prétention va paraître exorbitante à quelques esprits affinés, avisés et adroits, mais il est probable qu’en haut lieu, on reconnaîtra qu’en effet on aurait pu mieux dire.
Il ne suffit pas d’ailleurs de faire des élèves studieux et respectueux seulement de l’autorité. Il faut encore essayer de les façonner, d’en faire des jeunes gens bien élevés, ceux-là, seuls, comprendront qu’ils doivent être déférents vis-à-vis des Européens sans distinction de catégorie. Car en somme, s’ils doivent d’être ce qu’ils sont, s’ils vivent dans un état meilleur, c’est à l’effort commun des Européens qu’ils en sont redevables.
Un ancien.

Le Tamatave

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25 mars 2016

Il y a 100 ans : Autour des affaires (2)

(Suite et fin.)
Stupide, car ils n’auraient pas trouvé d’écho dans le pays, et ils n’avaient d’autre idéal que de s’emparer du pouvoir, au besoin par le crime, s’imposer en maîtres absolus, et, surtout, mettre la main sur les caisses publiques pour garnir leurs poches désespérément vides depuis qu’il est devenu nécessaire de travailler pour les remplir.
C’était un État-major, mais sans troupe, et ce n’était pas suffisant pour une action vigoureuse, simultanée, exigeant surtout du courage, ce dont ils manquent totalement.
Le recrutement des subalternes, qui ignoraient le véritable but, s’est poursuivi pendant près de dix ans, avec un ensemble de précautions raffinées, à tel point que rien n’a transpiré, pas plus du côté de l’administration que du côté des colons.
C’est lorsque jugeant, sans doute, le moment opportun, c’est-à-dire le moment où le gouvernement se montrait le plus bienveillant pour les indigènes, que les inspirateurs du mouvement ont activé leur propagande, et se sont départis de la prudence si longtemps observée. C’est ce qui les a perdus.
Il est évident qu’il y a là-dessous l’action boche qui s’est employée à précipiter le mouvement.
41 inculpés comparaîtront mardi devant le Tribunal indigène. 192 inculpés seront frappés de peines administratives. 2 seulement ont été l’objet d’une ordonnance de non-lieu.
La sentence rendue, satisfaction ne sera pas encore donnée à l’opinion publique. Elle souhaite voir prendre des garanties pour l’avenir. Tous les colons sont de cet avis.
En résumé, telle est cette affaire, qu’on a si maladroitement grossie à plaisir, et dont la réussite était impossible.
Le Tamatave

Le canal d’Andranonandriana

Les habitants de ce quartier ont demandé à diverses reprises au service compétent le curage de ce canal avant la saison des pluies.
On s’est, comme toujours, empressé de ne pas leur donner satisfaction ; aussi lors des dernières grosses pluies tombées les riverains ont-ils été inondés.
Depuis deux ans, il a fallu que chaque année les intéressés s’adressent au Chef de la Colonie pour obtenir que ce canal soit mis en état de laisser s’écouler les eaux.
Qu’ils s’adressent encore une fois à M. le Gouverneur Général s’ils veulent obtenir satisfaction.

La Dépêche malgache

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21 mars 2016

Il y a 100 ans : Autour des affaires (1)

Sous ce titre, La Tribune, mieux renseignée que nous ne pourrions l’être, publie une étude longue et consciencieuse dans laquelle, froidement, elle rend compte des derniers événements qui ont eu lieu à Tananarive, et explique leur genèse. Nous ne saurions mieux faire que de la résumer.
C’est ainsi qu’elle nous fait connaître qu’il ne s’agit pas, en effet, d’une seule affaire, mais bien de deux, d’allures distinctes, savoir : 1° Affiliation à une société illicite ; 2° Participation consciente à un complot contre la sûreté de l’État et les particuliers.
On sait aujourd’hui qu’un certain nombre d’indigènes ont été sollicités de donner leur adhésion à un mouvement d’agitation, en vue d’obtenir en bloc : 1° La naturalisation française ; 2° La substitution, à l’administration subalterne européenne, d’une administration exclusivement composée d’éléments indigènes.
À cela s’arrêtait, pour les recrues d’une certaine catégorie, la connaissance du programme élaboré par les Ténébreuses Puissances Supérieures.
L’idée n’est pas neuve. Beaucoup y ont souscrit, mais ils ont eu le tort de ne pas demander pourquoi ils étaient tenus de garder le secret… que d’ailleurs ils ont observé.
Ces acceptations étaient nombreuses pour les faux-cols reluisants, qui s’attribuent complaisamment des mérites supérieurs à ceux de la moyenne de leurs contemporains, et se voyaient déjà « mpanjaka » de villes et de villages.
L’aéropage supérieur se compose, dit-on, d’atrophiés mentaux, personnalités doucereuses, persuasives, jouissant d’une réelle influence sur les indigènes. Il se réservait d’indiquer, à l’heure jugée propice, et dans les sections où les invités avaient léché le sang de poulet (!), les moyens qu’il comptait employer avec le concours de leurs adhérents, pour sauver le Capitole malgache.
Il ne s’agissait plus pour eux de pétitionnement, par des moyens loyaux et reconnaissants.
Les méthodes violentes, les procédés les plus lâches, en honneur chez ces crétins malfaisants, incapables du moindre courage, avaient leur prédilection pour réaliser leur rêve stupide.
(À suivre.)

Le Tamatave

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18 mars 2016

Il y a 100 ans : Ce qui se passe à Tananarive

(De notre correspondant particulier.)
Le photographe S. Jafetra s’est montré si arrogant qu’on l’a mis en cellule, il a refusé de faire choix d’un avocat pour le défendre.
Les arrestations continuent à Ambositra et à Moramanga.
Plusieurs des inculpés qui doivent comparaître devant le tribunal le 27 ont déclaré à l’instruction qu’ils regrettaient que le coup ait manqué ; ce sont les anarchistes de la bande.
Le bruit court qu’on aurait arrêté, en France, deux médecins hovas, partis récemment de Madagascar, sous le prétexte d’aller compléter leurs études en Europe ; ils devaient se rendre en Suisse pour s’entretenir avec l’ambassadeur allemand ; ils avaient été envoyés en mission par le comité révolutionnaire. Ils ont été arrêtés depuis, par câblogramme.
Il paraît qu’on apprendra de drôles de choses à l’audience ; l’affaire est plus grave qu’on le suppose.
On dit que la culpabilité du père Venance serait absolument établie.

Le « Persépolis »

Ce vapeur arrivé ce jour à midi vient de Majunga et des ports du nord. Il a pris à Majunga 200 tirailleurs sénégalais et 11 sous-officiers à destination de notre port.
Ce steamer relèvera pour le sud dimanche à 17 heures.

Noyé

Un manœuvre de la Société du Wharf qui opérait le débarquement des marchandises de la Ville d’Oran, sur le Wharf, est tombé accidentellement à la mer, ce matin vers 8 heures.
Malgré les secours immédiats apportés, il n’a pu être repêché et son corps n’a été retrouvé qu’à 11 heures.
En tombant à la mer, le malheureux a dû heurter le rebord du chaland, car le médecin a constaté qu’il avait une jambe brisée.
La Dépêche malgache

Fausse nouvelle

À propos de la « pitoyable aventure » de Tananarive, certaines personnes affirmaient qu’aucun contingent des troupes européennes se trouvant encore actuellement à Madagascar ne pourrait être éloigné de la Colonie, leur présence étant nécessaire pour y maintenir l’ordre et la sécurité.
Cette nouvelle est dénuée de tout fondement ; et comme dit notre spirituel confrère de Majunga, elle est uniquement due à ce sacré soleil de Madagascar qui vaut douze fois et demie celui si connu de la Cannebière.

Le Tamatave

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont maintenant disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 48 titres parus à ce jour.

15 mars 2016

Il y a 100 ans : L’Affaire ? (2)

(Suite et fin.)
Hypocrites et lâches, c’est sous le masque d’un pseudo-loyalisme, qu’on pourrait même traiter d’exagéré, qu’ils envisageaient le moyen de nous trahir.
Le 27 janvier, c’est-à-dire dans quelques jours, ces misérables auront à répondre devant la Justice de leur ignoble forfait, ils seront jugés d’après la loi malgache.
Nos magistrats n’auront pas à fouiller bien loin le code des 305 articles pour punir toute cette valetaille, l’application de l’article 1er semble tout indiquée au moins pour les meneurs.
La manière forte seule est capable de servir d’exemple salutaire au reste de la population.
Nous attendrons le verdict avec confiance.

Le carnet d’un boto de pousse-pousse

En gens pratiques, les Anglais viennent une fois de plus de nous montrer l’exemple en envoyant au front tous ces inutiles désignés sous les noms de célibataires et veufs sans enfants. Ce moyen de trouver des hommes était relativement simple, mais encore fallait-il y penser. Certes, l’auteur du projet va perdre l’estime des postulantes anglaises au mariage ; je suis persuadé qu’il s’en moque et que la satisfaction d’avoir, en la circonstance, accompli son devoir envers la patrie lui suffit amplement.
Il y a bien eu pour les célibataires un moyen de tourner la loi, ce fut de convoler. Nombre d’entre eux n’ont pas hésité, mais la plupart, de deux maux ont choisi le moindre, ils ont rejoint le front. Eh bien ! cette loi qui vient de révolutionner la corporation des célibataires anglais va recevoir paraît-il son application en France et bien entendu dans les colonies françaises. Nos célibataires de Tamatave sont dans la consternation, le mariage ou le front. Cruelle énigme. Ceux qui en ont pris leur parti vont rejoindre la caserne, mais pour les autres qui craignent le feu des tranchées que faire… les jeunes filles européennes manquent sur place. C’est encore la ramatoa qui va sauver la situation, le choix ne manque pas et le gros avantage, c’est de pouvoir les essayer avant de les conduire devant le Maire. C’est pour cela que depuis quelque temps la ramatoa à Tamatave fait prime et que les célibataires les plus haut placés ne craignent plus de s’afficher en leur compagnie. En temps ordinaire ce serait d’un triste exemple, mais actuellement…
Eh bien ! c’est la même chose.
Sarah B.

La Dépêche malgache

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont maintenant disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 48 titres parus à ce jour.

14 mars 2016

Il y a 100 ans : L’Affaire ? (1)

La politique toute de faiblesse suivie par nos derniers gouvernants à l’égard de la race Hova nous a valu le complot fomenté par quelques-uns d’entre eux pour le renversement de notre gouvernement.
On a tout fait uniquement pour cette race au détriment des autres peuplades. Considérés comme les plus intelligents, les plus aptes à la civilisation, on a presque rendu aux Hovas l’autorité, la prédominance qu’ils avaient avant la conquête. On les voit aujourd’hui dans toutes nos administrations ; dans les villes et les villages on ne rencontre que des Hovas galonnés, à rendre jaloux un gouverneur général, représentant l’autorité supérieure et abusant de cette autorité pour continuer à tyranniser ceux qui sont sous leur coupe, se retranchant toujours et prudemment derrière des ordres supérieurs qu’ils prétendent avoir reçus. On nous dira peut-être pourquoi ceux ainsi opprimés ne se plaignent pas. C’est bien simple : l’indigène n’aime pas à se plaindre en général de ses supérieurs, il craint trop et avec raison les représailles de toutes sortes dont il serait par la suite la victime.
On a créé à grands frais des écoles professionnelles, des facultés de médecine, etc., sur les hauts plateaux. Quels sont les résultats obtenus ? Quels sont les fruits que nous en avons retirés ?
La plus grande ingratitude, la haine du vazaha.
Ces sont ces intellectuels qui lèvent aujourd’hui l’étendard de la révolte ; et, pour mettre leur projet à exécution, ils ne devaient reculer devant aucun crime.
Nous n’avons pas besoin d’étrangers qui viennent nous imposer leurs lois et leurs coutumes, nous sommes assez intelligents et capables de nous gouverner nous-mêmes, nous sommes mûrs pour nous mettre en République.
Voilà le sinistre projet qu’ils mûrissaient depuis plusieurs années, aidés et conseillés dit-on par nos ennemis actuels.
Pour remercier la France de tout ce qu’elle a fait pour eux, ces ingrats profitent de ce que tous ses enfants sont à la frontière, défendant pied à pied le sol de la Patrie outrageusement violé, pour lever l’étendard de la révolte.
(À suivre.)

La Dépêche malgache

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13 mars 2016

Il y a 100 ans : Les poissons sacrés d’Ambondrona (2)

(Suite et fin.)
Quoi qu’il en soit, il est vraiment remarquable de voir les marakely obéir au moindre signe du vieillard, comme le fameux poisson de Courteline ; mais ici c’est une réalité ; on pense seulement que c’est son assiduité à les nourrir et à leur causer qui a provoqué cette domesticité surprenante ; en tout cas, ce vieux Sihanaka doit accomplir cette besogne à un point de vue symbolique quelconque, mais là encore, M. Toussaint n’a pu obtenir le moindre renseignement.
L’opinion publique veut que ces marakely ne soient nourris qu’avec des boulettes de tany fotsy (terre blanche), mais le vieux prêtre n’a jamais voulu en donner la preuve.
Ces poissons sont d’une espèce particulière, ce ne sont pas des fony pourtant répandus dans les eaux du Sahanaka, et ils diffèrent aussi des marakely de l’Émyrne, bien qu’ils s’en rapprochent davantage.
Le Courrier colonial

1er Bataillon de marche des tirailleurs malgaches

Sous n° 38, une demande d’armes et de munitions est adressée au service de l’artillerie, par la voie du colonel commandant militaire à Sousse.
Cette demande comprend :
3 sabres modèle 1845
3 revolvers modèle 1892
355 fusils modèle 1886 modifié 93
1 mousqueton modèle 1892
355 baguettes de fusil
356 ficelles de nettoyage
89 nécessaires d’armes modèle 1874
18 cartouches modèle 1886 en chargeurs
42 600 cartouches modèle 1886 en paquets
108 cartouches pour revolver modèle 1892
Journal des marches et opérations du 1er Bataillon de marche des tirailleurs malgaches

L’organisation de la province de Tuléar

Un arrêté du 24 novembre et un autre du 25 novembre, tous deux publiés à l’Officiel du 4 décembre 1915, visent l’organisation de la province de Tuléar. Le premier porte organisation de l’administration indigène dans cette province ; il examine, après les dispositions générales, tout ce qui a trait à la communauté de village, – aux chefs de fokontana, – aux relations des communautés avec les autorités, – aux attributions et obligations du fokondaty, ainsi qu’à ses droits et prérogatives et à sa responsabilité collective.
Le deuxième arrêté détermine les attributions des fonctionnaires et de l’administration française et de l’administration indigène dans la province de Tuléar.

Les Annales coloniales

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont maintenant disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 48 titres parus à ce jour.