15 septembre 2014

Il y a 100 ans : Les événements et les hommes

Le Journal de Madagascar publie dans son numéro du 14 juin 1914 la lettre par laquelle l’honorable Monsieur Bérard jette à la face du Gouverneur Général sa démission de 2e adjoint au maire de Tamatave.
Tamatave, le 11 juin 1914.
Monsieur le Gouverneur Général,
J’ai l’honneur de vous adresser ma démission de 2e adjoint et membre de la Commission municipale de Tamatave.
J’ai, comme beaucoup de mes collègues, toujours estimé que les attributions purement consultatives des commissions municipales étaient insuffisantes et de nature à décourager les meilleures bonnes volontés.
J’espérais qu’un jour l’Administration supérieure comprendrait que des communes comme Tamatave avaient le droit de ne pas rester éternellement en tutelle.
Depuis six mois que le nouveau décret du 9 octobre 1913 a enfin paru, j’attendais tous les jours votre arrêté convoquant les électeurs de Tamatave à choisir leurs représentants.
Je vois, par l’exemple de récentes nominations, que vous n’entendez pas renoncer à laisser substituer les commissions municipales et à remplacer vous-même les membres indépendants par des amis dévoués.
J’estime dans ces conditions que ma place n’est plus désormais dans cette parodie de municipalité ; et, laissant à d’autres l’honneur de prendre ma place en récompense de leur soumission, j’attendrai que le représentant de la République Française à Madagascar veuille bien y appliquer le décret qui nous permettrait de jouir d’une des rares institutions de notre pays qu’on ait bien voulu nous octroyer.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Gouverneur Général, l’assurance de ma haute considération.
E. Bérard.
Commentant cette lettre, Les Petites Affiches de Majunga écrivent, dans leur numéro du 30 juin :
Ainsi fortement et fermement motivée, cette lettre résume bien la situation politique à Madagascar.
D’une part un pouvoir absolu sans frein et sans contrôle, laissant à son détenteur la possibilité de commettre toutes les iniquités, tous les abus qu’il lui plaît de commettre, d’autre part la masse des contribuables, colons et indigènes, jouissant d’un seul droit, celui… de payer, sans discussion possible.

Les Annales coloniales


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14 septembre 2014

Il y a 100 ans : M. Picquié aime l’aviation (3)

(Suite et fin.)
Mais M. Rabemananjara, et les autres membres du Comité, sont tout fiers de voir leurs noms imprimés sur des affiches et des circulaires. Ils en éprouvent une enfantine gloriole. C’est tout à fait malgache.
Pour d’autres, le profit escompté est aussi vain, mais moins innocent, parce qu’ils doivent comprendre que l’entreprise qu’ils patronnent et encouragent ne sert pas l’intérêt général.
M. Picquié espère peut-être trouver là un regain de popularité. Le calcul est mesquin autant qu’erroné. De tels procédés ne peuvent faire naître qu’une popularité toute factice et de commande.
Et comment juger d’aussi grossiers moyens quand on connaît la façon dont la chose va être présentée aux indigènes. Il serait naïf de croire que les souscriptions seront libres, ainsi que le proclame la circulaire.
Pour le Malgache timide et perpétuellement apeuré devant le moindre représentant de l’autorité, du « fanjakana », des sollicitations de ce genre sont des ordres. Le gouverneur « madinika » et le « mpiadidy » ne diront pas à leurs contribuables qu’ils sont libres de ne rien verser du tout. Ils savent trop bien que leurs listes de souscription risqueraient de rester vierges, et, à défaut d’autre sanction, leur amour-propre en souffrirait. Il faudra, ordre de l’administrateur, verser qui quatre sous, qui dix sous, ou plus. Et pour plus d’un pauvre bougre, ce sera la marmite de riz de la journée, impatiemment attendue par la « ramatoa » et les « zazakely » qui s’envolera, sur les ailes du biplan.
Qu’on aille, après cela, soutenir que M. le Gouverneur général Picquié n’est pas le père et la mère des Malgaches.
Henri Cosnier,
Député de l’Indre.

La vie administrative

L’Officiel du 27 juin 1914 publie :
Un arrêté rendant l’enseignement obligatoire dans un périmètre de 6 kilomètres de rayon autour de l’école officielle de Befotaka et de 10 kilomètres autour de Mangindrano (district de Maromania).
Un arrêté rendant l’enseignement obligatoire dans un cercle d’un rayon de 6 kilomètres autour de l’école d’Ambodimadiro.
Un arrêté déclarant d’utilité publique les travaux de construction d’un hôpital indigène à Tananarive, dans le quartier d’Andrefan, Imahamasina, Befelatanana et Ankadivory.

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13 septembre 2014

Il y a 100 ans : M. Picquié aime l’aviation (2)

(Suite.)
Quant à l’utilité de doter Madagascar d’un ou plusieurs biplans, j’avoue qu’elle m’échappe entièrement. Au point de vue militaire, la question de se pose même pas. S’en servira-t-on pour le transport de la poste ? Il est démontré depuis longtemps que ce projet demeurera de longtemps irréalisable, à cause, tant de la configuration même du sol, que des difficultés insurmontables qui se présentent pour le ravitaillement et l’atterrissage. Je ne vois donc, des futurs avions malgaches, qu’un emploi possible : faciliter les déplacements de M. le Gouverneur général Picquié, qui pourrait, par la voie des airs, faire de rapides tournées dans la colonie, sans avoir à souffrir des lenteurs et des mille incommodités que comportent les voyages par terre et par eau. Mais les biplans ne sont pas encore construits et, d’ici là, le roi, l’âne ou M. Picquié…
Si donc la souscription a lieu, ce sera une somme relativement considérable, une centaine de mille francs peut-être, dont le bas de laine malgache, déjà si peu lourd, se verra allégé, et cela sans profit pour la colonie.
Tout le monde, cependant, ne perdra pas à cette manifestation intempestive de loyalisme et de générosité. Il y a d’abord M. Rabemananjara qui trouve ici une occasion de plus de mettre en avant son envahissante personne. Ce brave commerçant est, depuis trois ou quatre ans, le truchement quasi officiel du gouvernement général. Il est de toutes les fêtes et se laisse mettre à toutes les sauces. C’est le grand organisateur. En réalité, c’est un pantin dont la haute administration tire les ficelles. On cherche, en mettant à chaque instant sa personnalité falote, à faire croire que le peuple malgache tout entier parle par sa bouche, lorsqu’il vante les bienfaits de M. Picquié, lui prodigue les louanges les plus ampoulées, et proclame l’actuel Gouverneur général le père et la mère des Malgaches, comme d’ailleurs l’ont été et le seront tous les gouverneurs généraux de Madagascar. La réalité est beaucoup plus modeste, et personne n’est dupe. On sait là-bas ce qu’il faut penser de ces manifestations « spontanées » (!) d’enthousiasme et de gratitude : c’est de la pauvre comédie, bien usée à l’heure qu’il est.
 (À suivre.)
Henri Cosnier,
Député de l’Indre.

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12 septembre 2014

Il y a 100 ans : M. Picquié aime l’aviation (1)

Dans le courant du mois de mai dernier, chaque administrateur chef de province, à Madagascar, recevait le document suivant :
« Tananarive, le 6 mai 1914.
« Le Président du Comité central malgache d’aviation
« À M. l’Administrateur chef de la Province de X…
« En raison de l’ardent désir manifesté par la population malgache d’offrir à la colonie un ou plusieurs biplans, M. le Gouverneur général a bien voulu accorder au Comité central d’aviation malgache, qui vient de se former à Tananarive, l’autorisation d’ouvrir une souscription volontaire. (Lettre n° 579, du 23 avril 1914.)
« Afin de porter cette autorisation à la connaissance de la population indigène, j’ai l’honneur de vous informer que le Comité a adressé aux Gouverneurs indigènes et chefs de canton de toutes les circonscriptions de l’Île un certain nombre d’exemplaires d’une circulaire dont vous voudrez bien trouver sous ce pli copie conforme. Il est bien entendu que les souscriptions sont entièrement libres et volontaires et que chacun peut donner ce qu’il veut.
« Pour le Comité :
« Le Président,
« Rabemananjara. »
La circulaire dont il est question dans cette lettre est rédigée dans ce style exagérément imagé et quelque peu emphatique cher aux Malgaches. Les chefs indigènes y sont invités, de façon pressante, à faire tous leurs efforts pour que le produit de la collecte soit le plus élevé possible.
Pour qui connaît la mentalité indigène et sait de quelle manière sont interprétées des invitations de cette nature, le document que nous venons de reproduire est tout à fait savoureux.
Au risque de contrister M. Rabemananjara, notable commerçant de Tananarive, je me permets de douter que le désir d’offrir à la Colonie un ou plusieurs biplans soit aussi ardent qu’il veut bien le dire. Et cela pour une bonne raison : c’est que les neuf dixièmes des Malgaches ne savent même pas ce qu’est un aéroplane, n’en ayant jamais vu. Il en partit bien un pour Tananarive, il y a deux ans. Mais, dès le deuxième vol, l’appareil fut mis hors d’usage. Il est donc exact de dire qu’en dehors des habitants de la capitale, la foule des Malgaches ignore ce que peut être un biplan.
(À suivre.)
Henri Cosnier,
Député de l’Indre.

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10 septembre 2014

Il y a 100 ans : Les forces militaires stationnées dans nos colonies

Au moment où l’attention est attirée sur la défense de nos colonies, il nous paraît intéressant d’indiquer les troupes qui y sont stationnées.
[…]
Afrique Orientale
Les troupes du groupe de l’Afrique Orientale sont placées sous le commandement d’un général de brigade, qui a son quartier général à Tananarive.
Elles comprennent :
Deux bataillons d’infanterie coloniale (Émyrne, Diégo-Suarez) ;
Trois régiments de tirailleurs malgaches ;
Un régiment d’artillerie coloniale ;
Une brigade indigène (Côte des Somalis).
[…]

Autorisation d’ouverture des travaux de la 3e section du chemin de fer de Tananarive à Antsirabe

J. O. du 5 août.
Le Président de la République Française décrète :
Art. 1er. – Est autorisée dans les conditions techniques et financières fixées par le département des colonies l’ouverture des travaux de la troisième section du chemin de fer de Tananarive à Antsirabe, qui va d’Ambatolampy à l’Ilempona.
Rappelons qu’une loi du 31 décembre 1912 a autorisé la colonie de Madagascar à construire avec ses propres ressources un chemin de fer entre Tananarive et Antsirabe.
L’ouverture des travaux de le 1re section de Soanierana à Behenjy (33 kil.) et celle des chantiers de la seconde (26 kil. 377) ont été autorisées par deux décrets en date du 19 janvier 1913 et du 8 janvier 1914.
Le comité des travaux publics des colonies a examiné le projet définitif de la 3e section qui va d’Ambatolampy à l’Ilempona, sur une longueur de 35 kil. 820, et dont le coût est évalué à 3 023 000 fr. Il a été d’avis que ce projet pouvait être adopté sous réserves de diverses observations de détail dont il sera tenu compte en cours d’exécution.
Quant aux ressources indispensables à l’exécution des travaux, elles seront largement fournies par la caisse de réserve de la colonie qui possédait 15 millions de francs le 31 mai 1913 et recevra les excédents des recettes sur les dépenses constatées à la clôture de l’exercice 1913.
Les Annales coloniales


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8 septembre 2014

Il y a 100 ans : Arrêté interdisant l’exportation hors de Madagascar...

Arrêté interdisant l’exportation hors de Madagascar et de ses dépendances de tous produits à destination des pays avec lesquels la France est en état de guerre

Le Gouverneur Général de Madagascar et Dépendances, commandeur de la Légion d’honneur,
Vu les décrets des 11 décembre 1895 et 30 juillet 1897 ;
Vu le décret du 6 mars 1877 ;
Vu l’état de guerre existant entre la France et des pays étrangers,
Arrêté :
Art. 1er. – L’exportation hors de Madagascar et de ses dépendances de tous produits et marchandises généralement quelconques à destination des pays avec lesquels la France est en état de guerre (territoire métropolitain et colonies) est interdite.
Art. 2. – Les infractions au présent arrêté seront punies d’une amende de 1 à 100 francs et d’un emprisonnement de un à quinze jours ou de l’une de ces deux peines seulement, sans préjudice de la confiscation prévue par l’article 10 de la loi du 4 germinal an II.
Art. 3. – MM. le procureur général, chef du service judiciaire, le directeur des douanes et les chefs de province et de district autonome sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté.
Tananarive, le 11 août 1914.
Albert Picquié.
Journal officiel de Madagascar et Dépendances

Colonies et Protectorats : Madagascar

Un arrêté du gouverneur général vient d’ériger en municipalités, dans les conditions prévues par le décret du 9 octobre 1913, les commissions municipales de Diego-Suarez et Fianarantsoa.
Les Conseils municipaux comprendront, outre l’administrateur-maire, savoir :
À Diego-Suarez : huit membres français et trois membres indigènes ;
À Fianarantsoa : cinq membres français et deux membres indigènes.
Journal des débats politiques et littéraires

Communiqué : Ministère des Colonies

Décret aux termes duquel M. Garbit, gouverneur de 2e classe des colonies, est chargé par intérim des fonctions de gouverneur général de Madagascar. (Journal officiel.)

Le Figaro


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6 septembre 2014

Il y a 100 ans : Arrêté révoquant l’autorisation de vendre des boissons alcooliques...

Arrêté révoquant l’autorisation de vendre des boissons alcooliques dans les établissements tenus par les sieurs O’Swald et par la « Deutsche Ost Afrikanische Gesellschaft »

Le Gouverneur Général de Madagascar, commandeur de la Légion d’honneur,
Considérant qu’il importe, en présence de l’état de guerre existant entre la France et l’Allemagne, d’interdire aux nationaux de ce pays le commerce de l’alcool et des boissons spiritueuses exercé, soit au détail, soit en gros, par personnes interposées ; qu’il existe là une question d’ordre public justifiant la révocation de l’autorisation de vendre des boissons alcooliques dans les établissements tenus à Madagascar par les sieurs O’Swald et C° et par la « Deutsche Ost Afrikanische Gesellschaft »,
Arrête :
Art. 1er. – Sont révoquées les autorisations de vendre de l’alcool ou des boissons spiritueuses, soit au détail, soit en gros, dans les établissements tenus par les sieurs O’Swald et C° à Mananjary, Nosy-Be, Tamatave, Tananarive, Vatomandry et par la « Deutsche Ost Afrikanische Gesellschaft », à Analalava.
Art. 2. – MM. les administrateurs, chefs des provinces intéressées, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté.
Tananarive, le 11 août 1914.
Albert Picquié.

Arrêté révoquant l’autorisation de vendre des boissons alcooliques dans les établissements tenus par le sieur Mezger, à Fort-Dauphin

Le Gouverneur Général de Madagascar, commandeur de la Légion d’honneur,
Considérant qu’il importe, en présence de l’état de guerre existant entre la France et l’Allemagne, d’interdire aux nationaux de ce pays le commerce de l’alcool et des boissons spiritueuses exercé, soit au détail, soit en gros, par personnes interposées ; qu’il existe là une question d’ordre public justifiant la révocation de l’autorisation de vendre des boissons alcooliques dans l’établissement tenu à Fort-Dauphin par le sieur Mezger,
Arrête :
Art. 1er. – Est révoquée l’autorisation de vendre de l’alcool ou des boissons spiritueuses en gros dans l’établissement tenu par le sieur Mezger, à Fort-Dauphin.
Art. 2. – M. l’administrateur, chef de la province de Fort-Dauphin, est chargé de l’exécution du présent arrêté.
Tananarive, le 12 août 1914.
Albert Picquié.

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5 septembre 2014

Il y a 100 ans : Arrêté révoquant l’autorisation de vendre de l’alcool...

Arrêté révoquant l’autorisation de vendre de l’alcool dans l’établissement tenu par le nommé Katebenidis, à Tananarive

Le Gouverneur Général de Madagascar, commandeur de la Légion d’honneur,
Vu les décrets des 11 décembre 1895 et 30 juillet 1897 ;
Vu le décret du 9 octobre 1913, portant règlement général de la vente des boissons alcooliques ou spiritueuses et fixation des licences applicables au commerce de ces boissons ; vu notamment l’article 6 de ce texte ;
Vu le procès-verbal dressé le 2 août courant contre M. Katebenidis ;
Constatant que le fait de servir à boire à des gens en état d’ivresse et à des mineurs âgés de moins de seize ans est contraire à l’ordre public et qu’il importe, dans ces conditions, de révoquer l’autorisation de vendre de l’alcool dans l’établissement tenu par le sieur Katebenidis, à Tananarive ;
Sur la proposition de M. le chef de la province de Tananarive,
Arrête :
Art. 1er. – Est révoquée l’autorisation de vendre de l’alcool dans l’établissement tenu à Tananarive par le sieur Katebenidis.
Art. 2. – M. le chef de la province de Tananarive est chargé de l’exécution du présent arrêté.
Albert Picquié.

Arrêté révoquant l’autorisation de vendre de l’alcool dans l’établissement tenu par le nommé Papaconstantin, à Tananarive

Le Gouverneur Général de Madagascar, commandeur de la Légion d’honneur,
Vu [… voir ci-dessus] ;
Vu le procès-verbal dressé le 2 août courant contre M. Papaconstantin ;
Constatant que le fait de servir à boire à des gens en état d’ivresse et à des mineurs âgés de moins de seize ans est contraire à l’ordre public et qu’il importe, dans ces conditions, de révoquer l’autorisation de vendre de l’alcool dans l’établissement tenu par le sieur Papaconstantin, à Tananarive ;
Sur la proposition de M. le chef de la province de Tananarive,
Arrête :
Art. 1er. – Est révoquée l’autorisation de vendre de l’alcool dans l’établissement tenu à Tananarive par le sieur Papaconstantin.
Art. 2. – M. le chef de la province de Tananarive est chargé de l’exécution du présent arrêté.
Tananarive, le 10 août 1914.
Albert Picquié.
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4 septembre 2014

Il y a 100 ans : Arrêté sur les mercuriales de certaines marchandises

Le Gouverneur Général de Madagascar et Dépendances, commandeur de la Légion d’honneur,
Vu les décrets des 11 décembre 1895 et 30 juillet 1897 ;
Considérant qu’en raison de la situation actuelle, il importe, afin d’éviter les accaparements et le renchérissement des marchandises, denrées et produits de première nécessité, d’en taxer le prix eu égard à leur valeur réelle,
Arrête :
Art. 1er. – Dans les communes, chefs-lieux de province, de district et agglomérations importantes, les administrateurs-maires, les chefs de province ou de district autonome sont autorisés, sur approbation télégraphique du Gouverneur Général, à établir par décision municipale ou locale, et suivant les besoins, des mercuriales des marchandises, denrées et produits de première nécessité énumérés ci-après :
Les œufs, la volaille, la farine, le pétrole, le charbon de terre, le charbon de bois, le sucre cristallisé ou en morceaux, les allumettes, les bougies, le lait, le lait condensé, les pommes de terre, le saindoux.
Art. 2. – Les prix fixés par la mercuriale seront établis eu égard à la valeur normale des marchandises, denrées et produits, et constitueront une limite maximum du prix de vente obligatoire pour tous commerçants sans distinction, que les ventes soient opérées en magasin ou sur les marchés publics.
Art. 3. – Toute personne d’avoir vendu à un prix supérieur à celui fixé par la mercuriale des marchandises des espèces indiquées à l’article 2 du présent arrêté, sera passible d’une amende de 1 à 15 francs et d’un emprisonnement de 1 à 5 jours ou de l’une de ces deux peines seulement.
En cas de récidive, le maximum sera toujours prononcé.
Art. 4. – MM. le procureur général, chef du service judiciaire, le directeur des affaires civiles, les administrateurs-maires et chefs de circonscription sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté.
Tananarive, le 11 août 1914.
Albert Picquié.

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3 septembre 2014

Il y a 100 ans : Arrêté interdisant l’exportation de la farine, du riz et du maïs

Le Gouverneur Général de Madagascar et Dépendances, commandeur de la Légion d’honneur,
Considérant qu’en raison de l’état de guerre existant, il est nécessaire de prendre des mesures spéciales pour assurer le ravitaillement de la population de la Colonie en vivres de première nécessité ;
Sur l’avis du conseil de défense,
Arrête :
Art. 1er. – L’exportation hors de Madagascar et de ses dépendances de la farine, du riz et du maïs est interdit.
Art. 2. – Les infractions au présent arrêté seront punies d’une amende de 1 à 100 francs et d’un emprisonnement de un à quinze jours ou de l’une de ces peines seulement, sans préjudice de la confiscation prévue par l’article 10 de la loi du 4 germinal an II.
Art. 3. – MM. le procureur général, chef du service judiciaire, le directeur des douanes et les chefs de province et de district autonome sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté.
Tananarive, le 8 août 1914.
Albert Picquié.

Arrêté relatif à la rédaction des télégrammes et des câblogrammes privés

Le Gouverneur Général de Madagascar et Dépendances, commandeur de la Légion d’honneur,
Arrête :
Art. 1er. – Est promulgué dans la colonie de Madagascar et Dépendances, et notamment dans la province des Comores, le câblogramme n° 261 en date du 8 août 1914 de M. le ministre des colonies, dont la teneur suit :
« Décret du 7 août courant publié Journal Officiel du 8, rend applicable colonies dispositions décret du 31 juillet 1914 interdisant usage langage secret et limitant langues étrangères admises pour rédaction des télégrammes privés en langage clair ; ces dispositions sont applicables tant aux télégrammes échangés dans intérieur colonie qu’aux câblogrammes originaires ou à destination ces colonies. Promulguez et assurez exécution ; langues autorisées pour télégrammes privés sont français et anglais. » – Signé : Raynaud.
Art. 2. – Le présent arrêté sera déposé dans les greffes des tribunaux pour être tenu à la disposition des justiciables.
Art. 3. – M. le procureur général, chef du service judiciaire, est chargé de l’exécution du présent arrêté qui sera inséré au Journal Officiel de la Colonie et publié ou communiqué partout où besoin sera.
Tananarive, le 10 août 1914.
Albert Picquié.

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2 septembre 2014

Il y a 100 ans : Ordre prescrivant la mise en sursis d’appel

Le Gouverneur Général de Madagascar et Dépendances, commandeur de la Légion d’honneur,
Vu les décrets des 11 décembre 1895 et 30 juillet 1897 ;
Vu l’instruction confidentielle du 13 août 1912 ;
Vu l’avis du général commandant supérieur des troupes,
Ordonne :
Art. 1er. – Les hommes de troupe des classes de la territoriale (1893 à 1898 inclus) appelés sous les drapeaux par mon ordre de mobilisation générale du 2 août courant sont provisoirement maintenus en sursis d’appel dans leurs foyers.
Art. 2. – Tous ces hommes se tiendront prêts à répondre au premier appel.
Art. 3. – Le général commandant supérieur des troupes et les chefs de province et de district autonome sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent ordre.
Tananarive, le 10 août 1914.
Albert Picquié.

Avis officiel relatif à l’amnistie

Le Gouverneur Général est informé que le Parlement a adopté, le 5 août 1914, une loi portant amnistie entière, pour les faits antérieurs au premier jour de la mobilisation, à tous les insoumis de terre et de mer qui ont volontairement demandé leur incorporation dans le délai de 40 jours ; en ce qui concerne les colonies, l’amnistie s’étend à tous les crimes purement militaires et aux délits de toute nature connexes à la désertion. Cette loi est étendue aux colonies en exécution de l’article 2.
En conséquence, et nonobstant la non-promulgation de cette loi, ces prescriptions seront exécutées dans toute l’étendue du Gouvernement Général de Madagascar et Dépendances, conformément au câblogramme n° 254 du 6 août 1914 de M. le Ministre des colonies.

Avis officiel relatif au retrait de l’exequatur précédemment accordé au consul allemand

Le Gouverneur Général de Madagascar et Dépendances, commandeur de la Légion d’honneur, a l’honneur de porter à la connaissance du public que, par décret du 4 août 1914, l’exequatur est retiré au consul allemand.

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1 septembre 2014

Il y a 100 ans : Mobilisation générale à Madagascar et Dépendances

Le Gouverneur Général de Madagascar et Dépendances, commandeur de la Légion d’honneur,
Vu les décrets des 11 décembre 1895 et 30 juillet 1897 ; vu l’instruction confidentielle du 13 août 1912 ; vu le câblogramme ministériel n° 235 du 2 août 1914,
Ordonne la mobilisation générale des forces de mer et de terre sur tout le territoire de Madagascar et Dépendances.
Le premier jour de la mobilisation est fixé au 4 août 1914.
Le Gouverneur Général de Madagascar et Dépendances,
Albert Picquié.

Proclamation aux habitants

L’Allemagne vient de déclarer la guerre à la Russie et à la France. Les deux nations alliées, fortes de leurs droits et soucieuses de leur dignité, répondent à cette brutale agression.
L’Italie a notifié sa neutralité. – L’Autriche n’est pas engagée dans le conflit. – L’Angleterre reste notre amie.
Déjà les hostilités sont ouvertes et les armées en marche. L’armée française, fière d’un long passé de gloire, aidée par la puissante armée russe, soutiendra vaillamment les intérêts qui lui sont confiés. Sa cause est juste, c’est la cause de la civilisation et de l’humanité. – Elle triomphera.
Nous ferons de notre côté tout ce qu’il sera possible de faire pour le service de la France. Bien que nous soyons éloignés du théâtre de la guerre, j’ai fait mobiliser toutes les forces militaires de Madagascar et rappeler les réservistes européens et malgaches. Nous sommes prêts ainsi à repousser toutes les attaques.
Je n’ai aucune appréhension. Je sais que tous les Français acceptent joyeusement les sacrifices qui leur sont demandés, que tous accompliront ce que le Devoir et la Patrie exigeront d’eux. – Restons calmes et confiants, faisons trêve à nos discussions, n’ayons qu’un objectif : LA FRANCE.
Malgaches !
Vous savez ce que vous devez à la France, elle vous a adoptés comme ses enfants, elle vous protégera. Montrez-vous dignes d’elle, n’ayez aucune crainte, n’écoutez pas ceux qui colportent des fausses nouvelles, vaquez à vos travaux, continuez vos cultures, fermez l’oreille aux mauvais conseils. Signalez les méchants à l’Administration qui les arrêtera et les punira. Obéissez à tous les ordres qui vous seront donnés, vous ne serez pas inquiétés car vous serez défendus par nos soldats.
Vive la République !
Vive la France !
Vive Madagascar !
Albert Picquié.

Journal officiel de Madagascar et Dépendances


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31 août 2014

Il y a 100 ans : L’agitation recommence à Sainte-Marie

Le courrier de Madagascar nous apporte une énergique protestation des Saintmariens contre l’arrêt de la Cour de Tananarive, dont nous avons donné l’analyse. On se souvient que la Cour a admis les droits civils des Saintmariens, mais non leurs droits politiques. À ce dernier point de vue, ils auraient, d’après l’arrêt, un statut indigène.
C’est contre cette décision et surtout contre les motifs sur lesquels elle s’appuie, que s’élèvent les Saintmariens.
Ils affirment qu’ils ont toujours joui du statut français, et que l’arrêt de la Cour innove en pareille matière. Ils n’admettent pas la thèse que leurs mœurs soient un obstacle à leur qualité de citoyens français, puisque depuis longtemps ils ont abandonné leurs coutumes pour adopter les mœurs françaises.
À la vérité, l’union libre est assez couramment pratiquée chez eux ; mais depuis quand, disent-ils, cette pratique constitue-t-elle un empêchement dirimant à l’exercice des droits de citoyens français ?
La Cour semble établir une incompatibilité absolue entre les lois de la civilisation et la pratique d’une vie « très voisine de la douce nature. » – « Nous ne pensons pas, répliquent les Saintmariens, que les lois françaises fussent si antinaturelles. »
Les protestataires ne réclament point le droit de vote. Ils s’élèvent même contre l’idée d’institutions électives à Sainte-Marie.
Ce qu’ils veulent, c’est être traités en citoyens français, pour n’être pas à la merci du fisc qui n’hésite pas, disent-ils, à démolir leurs pauvres cases quand ils ne peuvent payer l’impôt et à les réduire à coucher à la belle étoile.
S’ils étaient citoyens français, de tels procédés ne seraient point permis à leur égard ; ils comparent le fisc au cheval d’Attila sur le passage duquel l’herbe ne poussait plus !
Les Saintmariens, qui ont toujours eu le respect des autorités constituées, entendent que celles-ci respectent leurs droits. Aussi vont-ils se pourvoir en cassation contre la décision de la Cour de Tananarive.

Le Courrier colonial


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