23 novembre 2014

Il y a 100 ans : Manifestation patriotique à Tananarive (1)

On sait qu’un certain nombre d’officiers en garnison à Madagascar ont été désignés pour venir servir en France et sont arrivés à Marseille par le dernier courrier.
Leur départ a été l’occasion, pour la population de Tananarive, d’une belle manifestation patriotique.
Le samedi 19 septembre, le Cercle Tananarivien offrait un champagne d’honneur aux heureux partants et y invitait tous les officiers présents dans la capitale. Pas un ne manqua à l’appel.
De même, tous les membres du cercle étaient présents. L’immense salle était, pour la circonstance, copieusement décorée de drapeaux aux couleurs des alliés, de guirlandes et de plantes vertes.
Le président, M. de Rocca Sera, a prononcé quelques mots de vibrant patriotisme : « C’est avec un sentiment non de tristesse, mais d’envie, a-t-il dit, que je vois des compatriotes s’apprêter à courir où le devoir les appelle et où la gloire les attend. Ils auront l’honneur de contribuer à expulser les barbares du sol de la patrie, souillé par eux. »
Le général Riou a répondu au nom de tous les officiers par une allocution brève et toute militaire. Il a remercié les membres du Cercle de l’honneur fait à la garnison de la capitale. Il a tenu à rappeler à ceux qui partaient que là-bas ils auront la joie de se battre sous les ordres de deux grands Malgaches, les généraux Joffre et Galliéni, dont le souvenir est toujours vivant dans la colonie. Avec de tels chefs on est certain de marcher à la victoire. Le général Riou a terminé au milieu des acclamations en levant son verre au succès de nos armées.
Tous ont ensuite écouté debout les hymnes nationaux des quatre puissances alliées, joués par la musique du gouvernement général et les clairons malgaches.
On a entendu ceux qui ne partaient pas exprimer leurs regrets d’être forcés de rester par ordre : « Veinard ! Vous êtes désigné ? Pourquoi nous laisse-t-on ici ? Et surtout ne les ratez pas, ces sales Boches. Ce sera encore faire beaucoup d’honneur à ces brutes [manque une ligne] pour le départ, une foule énorme se pressait à la gare en dépit de l’heure matinale, et acclamait les officiers au fur et à mesure qu’ils passaient ; quand le train se mit en marche, ce fut une ovation indescriptible.
(À suivre.)

Le Courrier colonial


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22 novembre 2014

Il y a 100 ans : Les internés de l’Îlot Prune

Vendredi dernier 23 courant à 5 h. du matin, un train spécial a emporté les Austro-Allemands internés de l’Îlot Prune vers Tananarive où ils seront logés au Fort Duchesne. Cette mesure a été prise pour rendre le Lazaret à sa destination première, en raison de la peste qui de nouveau sévit à Maurice.
Du même nous aurons la paix à Tamatave, car les anciens courtiers de la maison O’Swald n’auront plus le prétexte pour nous faire croire à leur patriotisme, de nous briser le tympan contre leurs amis d’hier.


Audience correctionnelle

Hier mardi 27 octobre passait en correctionnelle le sieur Richmann de nationalité allemande représentant de la maison O’Swald de Vatomandry, inculpé d’abus de confiance au préjudice de la société du Batelage de Vatomandry.
Voici les faits. La maison O’Swald était un des plus gros actionnaires de la société de Batelage de Vatomandry dont le directeur est M. Léger. La société, ne possédant pas de coffres-forts, avait confié à la maison O’Swald, qui en possédait un, un dépôt de plus de 3 500 francs.
M. Richmann, quelque temps après, alla se renseigner à Tamatave auprès de son consul dont il ne recevait aucune instruction. Dès son arrivée, il fut interné à l’Îlot Prune par suite de la déclaration de guerre sans qu’il pût retourner même provisoirement à Vatomandry pour achever de régler ses affaires.
Apprenant cela, M. Léger lui réclama les 3 500 francs. M. Richmann répondit : « Je garde l’argent, et vous aurez les chalands. » Les bénéfices étaient partagés en effet au prorata des chalands fournis par chaque actionnaire. Mais ces chalands, appartenant à la maison O’Swald, étaient mis sous séquestre aussi bien que tout le reste. De plus la loi n’autorise pas un dépositaire à restituer une chose autre que son dépôt, même si cette chose a une valeur supérieure.
Alors M. Léger porte plainte contre M. Richmann qui s’empresse de restituer mais, sa mauvaise foi étant prouvée, il fut condamné hier au minimum de la peine prévue, c’est-à-dire à 2 mois de prison et 25 francs d’amende.
Le Tamatave


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21 novembre 2014

il y a 100 ans : M. Garbit (2)

(Suite et fin.)
Il se proposerait également, pour ne point jeter de perturbation chez les travailleurs indigènes et les colons, de n’utiliser le papier-monnaie qu’à la dernière extrémité. Une surveillance attentive de l’emploi des fonds permettra sans doute au pays d’atteindre la fin de la crise sans avoir à recourir à de trop graves expédients.
Déjà il s’est mis en rapport avec le C. N. E. P. pour la reprise des achats d’or par cet important établissement. Nous croyons que le comptoir se montrera aussi large que possible dans cette circonstance.
Nous avons entendu dire que diverses personnalités auraient été déjà consultées par le nouveau chef de la Colonie en vue de résoudre plusieurs autres questions qui se posent avec une extrême urgence : par exemple la question de l’assurance du fret au départ de Madagascar pour la France, la question Banque, la question transports maritimes, etc.
Les travaux du chemin de fer d’Antsirabe seront continués.
Puis l’administration se proposerait d’étudier un plan de campagne général de travaux pour toute la colonie. Un ordre d’urgence serait ensuite établi entre ces travaux après consultation des assemblées de colons qualifiés pour donner leur avis.
Nous sommes convaincus que M. Garbit fera toujours le meilleur accueil à tous les colons et qu’il prêtera une oreille attentive à tous leurs desiderata. Il faut que tous puissent mettre leur confiance en lui.
Notre nouveau gouverneur est un gros travailleur : rien d’étonnant par suite qu’il exige de tous les fonctionnaires une grosse somme de travail, selon leurs connaissances ou leur compétence.
Nous ne doutons pas, après l’avoir vu à l’œuvre, qu’il ne se montre d’une justice égale pour tous et sache distinguer le mérite d’où qu’il vienne.
M. Garbit a su réaliser à Bourbon une union qui paraissait paradoxale : il saura certainement réaliser à Madagascar l’accord étroit qui doit exister entre les fonctionnaires et les colons et faire disparaître les causes de dualité et d’antagonisme entre nos compatriotes, au moment où la Mère-Patrie nous offre un si magnifique spectacle d’unité nationale.
Un tel programme est de nature à donner aux colons, sinon toute satisfaction, du moins la plus grande somme possible de satisfaction.

Le Tamatave


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20 novembre 2014

Il y a 100 ans : M. Garbit (1)

Nous empruntons à la Tribune le remarquable article ci-après.
Comme il exprime parfaitement notre façon de voir, qui est celle de tous les gens sensés, nous le publions sans rien y changer.
M. Garbit va prendre les rênes du gouvernement général de Madagascar. Ce n’est pas un inconnu pour nos lecteurs. Déjà, sous Augagneur, il fit cet intérim durant quatre mois. Il fit aussi celui du gouverneur de la Réunion durant un an et demi. Dans ces divers postes, M. Garbit se montra égal, d’aucuns disent supérieur à sa tâche. Il nous fut donné en tout cas durant son séjour à Bourbon de reconnaître en lui un véritable homme du gouvernement, désireux de faire l’union entre ses administrés et d’améliorer leur situation économique.
C’est pourquoi La Tribune a accueilli sa nomination sans la moindre appréhension et même avec plaisir, bien qu’elle sache son attachement présent à son ancien chef.
M. Garbit, s’il faut en croire aux amis, nous revient avec des projets qui ont le mérite d’avoir été mûris à Madagascar au contact des hommes et des choses. Et ce n’est pas là un mince mérite. Au lieu d’avoir comme ses prédécesseurs à perdre un temps fort long dans l’étude de la Colonie et de ses besoins, M. Garbit pourra aborder de plain-pied l’exécution de ses desseins.
Et tout d’abord il s’emploiera de toutes ses forces à aider la Mère-Patrie pendant la guerre actuelle. Il se propose notamment d’envoyer en France tous les effectifs disponibles en ne gardant à Madagascar que les hommes de la réserve indispensables pour assurer la sécurité du pays. Sans doute se préoccupera-t-il d’accorder aux mobilisés les plus grandes facilités pour vaquer aux obligations de leurs fonctions civiles.
Il semble bien en effet que Madagascar, n’inspirant aucune inquiétude quant à sa sécurité intérieure et extérieure, doit, durant toute la guerre, se contenter d’une sorte de garde nationale.
À un autre point de vue, M. Garbit paraît vouloir porter tous ses efforts vers le rétablissement de la vie économique du pays.
Il nous est revenu qu’il se proposerait notamment de lever l’interdiction absolue d’exporter le riz de Madagascar, mais seulement au profit de la Métropole, de la Réunion et de Maurice, tout en assurant le ravitaillement intérieur.
 (À suivre.)

Le Tamatave


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19 novembre 2014

Il y a 100 ans : Accident

Nous avons appris hier avec regret que notre ami, le sympathique commerçant M. Chapart, avait été victime d’un accident à la gare d’Ampanotomaisma. En voulant jeter un colis dans un train en marche, M. Chapart perdit l’équilibre et eut le bout du pied pris sous la roue d’un wagon qui lui trancha quatre orteils. Il fut transporté le soir même à l’Hôpital de Tamatave où il se trouve en ce moment.
Son état n’inspire aucune inquiétude et l’on espère qu’il ne se ressentira pas trop de cet accident.

Communiqué

Un groupe de dames de la Province de Tamatave, émues de la misère qui sévit actuellement dans la Métropole, ont cru de leur devoir d’apporter leur aide matérielle aux femmes et enfants de France qui se trouvent dans le besoin.
Elles ont pensé qu’il y aurait lieu pour elles de se grouper, et de s’entendre pour préparer et confectionner des vêtements destinés à leur être envoyés.
Elles se permettent de faire un appel patriotique et pressant à toutes les dames de la ville et de la Province, et de les prier de vouloir bien se rendre le jeudi 29 octobre à 9 heures du matin au Théâtre de Tamatave, où les projets seront examinés et discutés, et les décisions prises.
Le présent avis s’adresse spécialement aux dames qui, par suite d’omission, n’auraient pas reçu de convocation personnelle.
Mesdames Bourgine, Jodin, de Chazal.

Tamatave-Cinéma

On déroulera ce soir un film sensationnel : Le Circuit de Lyon. Aucun grand prix d’automobile n’a soulevé un pareil émoi et n’a été une plus belle fête sportive. La proximité d’une grande ville, un des centres de l’industrie automobile en France, un horizon splendide, les plus hardis et les plus célèbres artistes du volant, les difficultés de la route en certains endroits, et en d’autres des alignements où, aux essais, les concurrents faisaient du 205 à l’heure ! tous les atouts. Et si la victoire alla de l’autre côté du Rhin, ce n’en fut pas moins un magnifique succès pour l’industrie française.

Le Tamatave


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18 novembre 2014

il y a 100 ans : Les anonymes du « Journal de Madagascar » (7)

(Suite et fin.)
Messieurs,
Par lettre du 11 septembre courant vous m’avez prié de vouloir bien maintenir M. l’Administrateur de Laborderie dans ses fonctions de Chef de la Province de Tamatave.
J’ai l’honneur de vous faire connaître que, désireux de vous être agréable, j’ai décidé de ne pas modifier la situation de M. de Laborderie qui sera maintenu dans ses fonctions actuelles.
Agréez, Monsieur, l’assurance de ma considération la plus distinguée.
Signé : Albert Picquié.
*
Nos lecteurs verront avec… stupéfaction les noms de Dechavanne et Jullien figurer parmi les signataires de la lettre du 11 septembre adressée à M. le Gouverneur Général en faveur de M. de Laborderie.
Ce sont cependant les mêmes personnes qui, quelques jours après, le 28 du même mois, portent plainte contre ce dernier, qui, le 4 octobre, dans le Journal, le traitent d’hypocrite !!! et qui aujourd’hui, à eux seuls, ne parlent de rien de moins que de le faire sauter ! (à la corde, sans doute).
Comment en un plomb vil, l’or pur s’est-il changé ?
Inconscience, ou…
On remarquera que, parmi les signataires ci-dessus, ne figurent pas de nombreuses personnes qui, autant que les signataires eux-mêmes, sont heureuses de voir, à la tête de la commune de Tamatave, un homme de la valeur et du caractère de M. de Laborderie.
Elles n’ont pas signé la lettre du 11 septembre parce que cette lettre ne leur a pas été présentée, tout simplement.
Y aurait-il là une manœuvre tendancieuse, ayant pour but d’accaparer notre digne administrateur, tout en lui faisant croire que les non signataires étaient de l’opposition et lui seraient hostiles ???
On voit à Tamatave des choses si… pharamineuses !!!
Le Tamatave

Avis officiel

M. le Gouverneur Garbit, délégué par décret du 21 août 1914 dans les fonctions de Gouverneur Général de Madagascar et Dépendances, a pris ces fonctions à la date du 14 octobre 1914.
M. le Gouverneur Général recevra officiellement, le mardi 20 octobre, à 9 heures et demie du matin, au Gouvernement Général, les corps constitués et autorités civiles et militaires, dans l’ordre établi par le décret du 10 décembre 1912.

Journal officiel de Madagascar et Dépendances


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17 novembre 2014

Il y a 100 ans : Les anonymes du « Journal de Madagascar » (6)

(Suite.)
Tamatave, le 30 septembre 1914
Monsieur le Directeur du Journal de Madagascar,
Dans votre n° 871 du mardi 29 septembre, sous le titre : Nouvelle protestation, vous affirmez que de nombreuses marchandises débarquées par le Natal et le Djemnah adressées à la Maison O’Swald ont été détournées et expédiées à l’Îlot Prune.
Ces deux navires appartenant à ma Compagnie, je viens apporter le démenti le plus formel aux faits signalés. Aucune marchandise n’a été livrée à la Maison O’Swald ou à des représentants de cette Maison.
Je vous prie de vouloir bien faire paraître cette rectification dans votre prochain numéro à la même place et en mêmes caractères que l’article : Nouvelle protestation.
Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de ma considération distinguée.
L’Agent Général
O. Clarke.
*
Monsieur Picquié, Gouverneur Général, Tananarive.
Les Commerçants de Tamatave, signataires du télégramme de protestation adressée le 15 septembre, en vous remerciant d’avoir donné satisfaction à leur juste réclamation, tiennent à vous informer de leur stupeur éprouvée en lisant dans le Petit Journal télégramme du 28 adressé au Gouverneur Garbit et protestent contre cette démarche indélicate faite audacieusement en leur nom.
Tamatave, le 3 octobre 1914
Suivent les signatures.
*
Gouverneur Garbit, Tananarive.
Les Commerçants de Tamatave, signataires du télégramme de protestation adressée à Gouverneur Général le 15 septembre, sachant tout intérêt que comptez porter à Tamatave quand investi de vos fonctions futures, vous demandent pas tenir rigueur du télégramme signé Jullien à vous adressé le 28 septembre à insu intéressés, population saine de Tamatave incapable de cet acte indélicat qui a soulevé votre réprobation.
Tamatave, le 3 octobre 1914
Suivent les signatures.
*
Tananarive, le 2 octobre 1914
Monsieur le Gouverneur Général de Madagascar et Dépendances, Commandeur de la Légion d’honneur à Messieurs Amand, Amiot, Antoine, Baron, Barrau, Baretty, Bergerat, Bonnet, Bouviez, Chapart, Chatillon, Cassan, Clarke, Dauphin, Déchamp, Dechavanne, Dupré, Goldoni, Golaz, Gicquel, Grenard, Isambert, Juge, Jullien, Lendresse, Le Penven, Luzet, Mallet, Michelet, Millescamps, Négro, Pignéguy, Rayeroux, Véron, Vial.
 (À suivre.)

Le Tamatave


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14 novembre 2014

Il y a 100 ans : Les anonymes du « Journal de Madagascar » (5)

(Suite.)
Mais la dépêche du 28 septembre signée Jullien a produit un autre effet non prévu par son auteur. Elle a soulevé, comme nous l’avions prévu, l’indignation des commerçants signataires de la première protestation, qui se sont empressés de réclamer du Journal de Madagascar une rectification. Non seulement celui-ci ne leur a pas donné satisfaction, mais encore, dans son dernier numéro, il laisse entendre que les commerçants approuvent la protestation Jullien.
C’est un mensonge et une calomnie de plus.
Les dimensions de notre journal ne nous permettent pas de publier toutes ces rectifications ; nous nous bornons à donner ci-après la plus courte, celle de M. Clarke, qui résume toutes les autres, ainsi que les deux télégrammes adressés en cette occasion à Monsieur Picquié et à M. Garbit par les commerçants de Tamatave.
À ce sujet, les patriotards du Journal de Madagascar traitent d’hypocrite notre digne Administrateur-Maire !!!… Hypocrites !! eux du moins ne le sont pas. Ils étalent publiquement et sans vergogne toute la noirceur de leur âme, tout le fiel de leur cœur et toute la petitesse de leur esprit.
Et maintenant, – cette exécution terminée, – de nouveau face à la frontière !
Marcel Dupuy.
*
Tamatave, le 2 octobre 1914
Monsieur le Directeur du Tamatave,
J’ai l’honneur de vous communiquer inclus copie d’une lettre que j’avais adressée au Petit Journal en le priant de vouloir bien l’insérer dans le numéro suivant la production de l’article intitulé : Nouvelle protestation.
Oncques ne vis paraître cette rectification.
Dans ces conditions, j’avais d’abord eu l’intention de recourir à votre journal pour vous demander de vouloir bien publier ma rectification afin de mettre les choses au point. Mais les Tamataviens devant s’être rendu compte, comme je l’ai fait moi-même, du peu de valeur de la Nouvelle protestation, j’estime qu’il n’y a plus maintenant qu’à considérer avec mépris le Petit Journal et ses rédacteurs anonymes.
Cependant je vous laisse libre de faire tel usage que vous voudrez de ma communication et de sa lettre d’envoi.
Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l’assurance de ma considération distinguée.
L’Agent Général
O. Clarke.
 (À suivre.)
Le Tamatave


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13 novembre 2014

Il y a 100 ans : Les anonymes du « Journal de Madagascar » (4)

(Suite.)
Arrivons au dernier fait, cause de cette polémique.
Après la protestation à lui transmise par les commerçants de Tamatave le 15 septembre dernier, ne trouvant pas dans notre législation de dispositions suffisantes pour autoriser les mesures qui lui étaient demandées, M. Picquié en a référé au gouvernement de Bordeaux qui a dicté les mesures prises par arrêté du 1er octobre, signé par M. Picquié.
Ce n’est donc pas M. Garbit qui a pris cet arrêté, sur le vu de la dépêche transmise le 29 écoulé, par les Commerçants Jullien.
Le comité des cinq, qui a rédigé les articles du Journal de Madagascar du 4 courant, savait tout cela ; mais comme précisément ce n’est pas par excès de bonne foi qu’ils pèchent, ils ont cru favorable, tout en étant… désagréables à M. Picquié, de le brouiller avec M. Garbit.
Fidèles disciples de Basile, ils ont suivi, à la lettre, sa maxime : calomniez ! il en reste toujours quelque chose.
Seulement ils ont été aussi maladroits que malhonnêtes.
Ils ont fait l’injure à M. Garbit de le croire aussi inconscient, d’aussi petit esprit qu’eux-mêmes, et ils ont rendu là un singulier hommage à sa haute intelligence, à la droiture de son caractère, et à sa grande valeur comme homme de gouvernement, de tout quoi il a donné des preuves manifestes et indiscutables pendant son intérim à la Réunion.
Une autre preuve que la dépêche signée Jullien du 28 septembre est purement tendancieuse et sciemment mensongère, est que les marchandises adressées à la maison O’Swald et apportées par le Natal ont été débarquées à Tamatave le 11 septembre, avant la protestation des commerçants du 15 septembre et que, depuis, il n’en est pas arrivé d’autres, car le Djemnah n’a rien apporté.
Or les marchandises arrivées par le Natal n’ont pu être délivrées à la maison O’Swald pour deux motifs : d’abord parce que l’expéditeur de Londres a fait défense par câble, aux M. M., de leur livrer ces marchandises, et ensuite parce que l’Administration supérieure, qui n’avait pas attendu, pour agir, la protestation des commerçants de Tamatave, avait donné l’ordre de mettre sous séquestre toute marchandise pouvant leur être adressée.
 (À suivre.)

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12 novembre 2014

Il y a 100 ans : Les anonymes du « Journal de Madagascar » (3)

(Suite.)
Les représentants de la maison O’Swald, ayant fait mettre sous scellés, par autorité de justice, toutes les marchandises qu’ils possédaient à Tamatave, M. Affeejee dut, par requête présentée au Président du Tribunal, obtenir la remise de celles qui restaient à délivrer.
M. l’Administrateur-Maire est resté étranger à cette opération dans laquelle il n’avait pas à intervenir.
Et d’une.
M. Ah-Thion, le propriétaire bien connu d’Antalaha, avait déposé à la maison O’Swald, pour être vendus, un lot de vanille provenant de sa récolte. Cette vente n’ayant pas été réalisée, M. Ah-Thion a, lui aussi, présenté requête au Président du Tribunal et sa vanille lui a été rendue. Et de deux. C’est tout.
Le Journal de Madagascar affirme que des marchandises de la maison O’Swald sont livrées à des tiers pour être vendues ; encore une fois, qu’il fasse connaître ces tiers et désigne ces marchandises s’il ne veut obliger ses lecteurs à le traiter de vil calomniateur.
M. l’Administrateur-Maire aurait eu des égards scandaleux vis-à-vis des internés de l’Îlot Prune ?
En premier lieu, il se serait empressé, sur leur demande, de faire installer des stores sous les vérandas des cases qu’ils habitent.
Le Journal de Madagascar ne peut être bien renseigné car, – non pas l’Administrateur-Maire, mais la personne chargée du ravitaillement des internés, – avait demandé à la maison de commerce Déchavanne-Jullien le prix de la toile nécessaire à ces stores. Ayant trouvé ce prix trop élevé, cette personne a acheté, au bazar, des nattes et rabanes qui ont servi à faire ces stores.
On conçoit que la firme Déchavanne et Jullien ait été furieuse de perdre cette occasion de faire un petit bénéfice et elle n’a trouvé rien de plus honorable et de plus digne que de s’en prendre à M. l’Administrateur-Maire, d’autant plus que ces internés de l’Îlot Prune avaient refusé de lui acheter 400 kilos de pommes de terre qu’elle leur avait offerts en vente.
Ces déconvenues nous expliquent les allégations du Journal de Madagascar qui seraient grotesques si, dans les circonstances actuelles, elles n’étaient monstrueusement odieuses.
Enfin, un boto a été accordé aux internés pour chaque cinq personnes par l’autorité supérieure, et une femme a été autorisée à donner ses soins à un nouveau-né.
(À suivre.)

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11 novembre 2014

Il y a 100 ans : Les anonymes du « Journal de Madagascar » (2)

(Suite.)
En France, des affiches publiées dans les journaux le disent : les Austro-Allemands qui ne veulent pas quitter la France doivent en faire la déclaration et choisir, loin du théâtre de la guerre, dans la zone indiquée par l’administration, le point où ils désirent vivre, où ils sont transportés sans frais avec un maximum de 30 kilos de bagages, où sont prévus leur logement et leur nourriture, et où on va leur donner du travail s’il y a lieu.
Si, à un moment quelconque, ils veulent quitter la France pour gagner un pays neutre, ils doivent en faire la déclaration et obtenir un passeport spécial.
Ici, les Austro-Allemands sont internés à l’Îlot Prune et soumis à la surveillance d’un détachement d’une trentaine de soldats commandés par un officier, – presque un homme pour chaque interné, – comme s’ils étaient détenus pour crimes de droit commun.
Comme ces derniers, ils doivent éteindre leurs lumières avant huit heures du soir, et défense leur est faite d’éclairer du côté de la passe.
Toute communication avec les personnes du dehors leur est interdite, et leur correspondance est soumise rigoureusement au visa de l’Administration.
Avec une sévérité que nulle législation n’avait prévue, et que seul peut excuser (?) l’état de guerre, ils ont été fouillés à trois reprises différentes, dès le premier jour, et on leur a retiré : les armes de toute nature en leur possession, leurs jumelles, des livrets, l’argent, des bijoux, etc. Des procès-verbaux de police en font foi.
La colonie ne leur donne que le logement et c’est à leurs frais, de leurs deniers, encore une fois, qu’ils pourvoient à leur entretien, comme cela a été convenu.
Cela donné, quelle opération commerciale a favorisé M. l’Administrateur-Maire de Tamatave ?
En mai-juin dernier, M. Affeejee, l’honorable commerçant de la place Duchesne, a acheté, de la maison O’Swald, une certaine quantité de marchandises dont une partie restait à livrer le jour de la déclaration de guerre.
(À suivre.)

Le Tamatave


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7 novembre 2014

Il y a 100 ans : Les anonymes du « Journal de Madagascar » (1)

La patrie pour eux n’existe donc pas ! Ils n’ont donc sur la frontière de France, aucun membre de leur famille, personne, ni parent, ni ami, pour qu’ils persistent, avec cette insistance, à vouloir détourner notre attention des événements qui se déroulent à cette frontière, afin de l’attirer sur leur petite personne, en salissant de leur bave d’honnêtes citoyens, tout en faisant étalage de leurs mesquines et basses rancunes, qu’ils voudraient peut-être nous faire épouser.
Ils restent sourds à l’appel du chef de l’État, quand dans sa patriotique proclamation à la France il s’écrie :
« À cette heure il n’y a plus de partis. Il y a la France éternelle, la France pacifique et résolue. Il y a la patrie du droit et de la justice, toute entière unie dans le calme, la vigilance et la dignité. »
À cet appel tous les Français, debout, socialistes ou conservateurs, croyants ou athées, frémissant d’enthousiasme, emportés par un superbe élan de dévouement à la patrie, de confiance en son bon droit, de passion pour sa grandeur et son indépendance, oubliant pour elle, en une minute, toutes les discordes de la veille, et réconciliés dans l’unanime amour de la France, tous les Français, dis-je, ont donné là un spectacle unique au monde, tel que l’histoire des peuples n’en a jamais enregistré de pareil.
Tour récemment à l’occasion du départ de militaires pour la France, la population de Tamatave a démontré d’une façon superbe qu’elle était animée des mêmes sentiments.
Seuls les rédacteurs du Journal de Madagascar jettent une ombre lugubre sur ce tableau.
Les motifs qui les font agir ?
Leur fiel à déverser, de vieilles rancunes à satisfaire.
Les moyens employés ?
Le mensonge et la calomnie !…
Avant de passer à la discussion des faits incriminés, voyons d’abord si des dispositions autres que celles édictées en France concernant les Austro-Allemands peuvent être appliquées aux internés de l’Îlot Prune ?
Évidemment non.
(À suivre.)

Le Tamatave


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5 novembre 2014

Il y a 100 ans : Télégramme officiel

Tananarive, le 10 octobre 1914.
Gouverneur Général à toutes Circonscriptions.
« Souscription pour ambulance et assistance coloniales dépassant 700 000 francs et magnifique effort pécuniaire donné par la population européenne et indigène paraissent suffisants pour le moment, il y a lieu sans arrêter souscriptions offertes volontairement et spontanément, suspendre appel à population et intervention administration et comité. Veuillez transmettre à comité et à toute population mes vifs remerciements et sincères félicitations pour résultats obtenus qui témoignent du patriotisme du loyalisme et du dévouement de tous. Vous félicite également ainsi que tous vos collaborateurs. »

La Cour criminelle

La Cour criminelle de Tamatave a siégé mardi et mercredi derniers.
Deux affaires lui ont été soumises.
La première, concernant une banqueroute frauduleuse commise à Vatomandry par le Chinois Laï-Thion, a valu à ce dernier 5 ans de prison et 500 frs d’amende. Li-Kong, son complice par recel, a été acquitté grâce au grand talent de son défenseur, Me Baudin.
C’est profondément regrettable, car le pays est envahi, tous les jours davantage, par des Asiatiques absolument solidaires entre eux, qui drainent à leur profit tout l’argent de la colonie et, par cette même solidarité, mettent l’Européen dans l’impossibilité de soutenir leur concurrence.
La côte Est – et en particulier Tamatave – ne sera plus bientôt qu’une colonie d’Asiatiques pour la plupart inondant le pays de produits frelatés et de camelote.
Il y a là un danger qui doit attirer l’attention des pouvoirs publics.
Dans la seconde affaire, Rainilainimanga, détenu, et Botomiasa, en fuite, étaient accusés d’avoir, dans la nuit du 1er au 2 avril dernier, commis un incendie volontaire au préjudice de M. de Bonal, sur son exploitation de graphite à Vohitsivalana (province d’Andevorante).
Tous les deux ont été condamnés à 10 ans de travaux forcés.
Nous ne pouvons que féliciter les magistrats de Tamatave d’avoir eu la main ferme dans les deux affaires ci-dessus, et que les encourager dans la voie des répressions énergiques.
Les circonstances ne sont pas à la clémence qui passerait pour faiblesse.
M. D.

Le Tamatave


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