23 septembre 2017

Il y a 100 ans : La méningite et la rougeole à Tananarive

Quelques familles ont été émues par la nouvelle que ces épidémies sévissaient à Tananarive. Elles pourront être rassurées par la lecture des renseignements suivants puisés à bonne source.
Tananarive, le 22 juillet 1917
Il est exact que la rougeole et la méningite cérébro-spinale ont fait leur apparition au Bataillon de l’Émyrne, mais jusqu’ici elles n’ont touché, l’une et l’autre, que des jeunes gens de la classe 18. Il y a, je crois, quatre ou cinq méningitiques sur quatre cents hommes et sept ou huit rougeoleux.
La méningite n’attaque, paraît-il, que ceux dont le système nerveux est assez faible ou assez peu formé pour donner prise au microbe de cette maladie ; c’est pourquoi elle sévit surtout parmi les Malgaches qui épuisent leur système nerveux par leur inconduite ou par la boisson ; c’est pourquoi elle atteint non pas les Européens adultes, mais les enfants et les jeunes gens de la classe 18. Elle se manifeste d’abord par une sorte de fièvre, puis par des douleurs dans les articulations et dans la région des reins ; c’est-à-dire qu’elle commence par entamer la moëlle épinière par le bas puis elle monte petit à petit. Quand elle est arrivée au cou, le malade ressent des douleurs à la nuque qui font prévoir un dénoûment fatal à bref délai. Une fois arrivée au cerveau, on peut dire que c’est fini.
On a pris, bien entendu, des mesures de prophylaxie. La 4e Compagnie, composée de jeunes, a été transférée au Fort Duchesne, de façon à ne pas laisser les hommes si serrés dans les chambres ; on arrose celles-ci avec du sulfate de cuivre et du crésyl ; on devient sévère pour la propreté ; on donne à manger aux hommes un morceau de pain et un bifteck avant d’aller à l’exercice ; les infirmiers passent à midi dans les chambres pour mettre un préservatif (menthol, je crois) dans les fosses nasales des hommes, etc.
On voit par ces détails que le mal est enrayé et qu’il n’y a rien qui puisse inquiéter sérieusement.

Le Tamatave

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 66 titres parus à ce jour.

22 septembre 2017

Il y a 100 ans : Gouverneurs généraux (2)

(Suite et fin.)
Très maître de ses impressions, il a eu l’autorité, le discernement et la bienveillance qui font un chef.
Avec intelligence, le gouverneur général traça, puis réalisa le programme d’une œuvre considérable qui devait s’étendre sur de nombreuses années et dont les buts étaient nettement déterminés : la pénétration complète et l’occupation définitive du pays, une organisation administrative ferme avec une large décentralisation et un contrôle effectif, la constitution d’un cadre social dans lequel devront évoluer vers le progrès les peuplades barbares et sans cohésion disséminées sur toute l’étendue du territoire, la reconnaissance complète des richesses naturelles du sol et du sous-sol, l’étude rapide de l’outillage économique à donner à la Colonie et enfin la création de cet outillage.
La Guerre actuelle, en suspendant l’exécution de ce programme quasi terminé après un labeur long de six années, et pour l’achèvement duquel M. Merlin venait d’obtenir les subsides nécessaires sous la forme d’un emprunt de 171 millions, apporte au gouverneur général l’occasion de donner une nouvelle preuve de ses qualités éminentes de sang-froid et de prudence. C’est lui qui, dans une magnifique entente réalisée avec le général Aymerich, commandant des troupes de l’A. E. F., décida la reprise des territoires du Cameroun aliénés douloureusement en 1911, cette forme de « petite Alsace-Lorraine », comme il disait fort justement d’ailleurs. C’est lui qui prépara le plan d’offensive mûrement réfléchi et qui coordonna les efforts des alliés dans des entrevues historiques où il discuta sur la carte, avec le général Dobbel commandant le corps expéditionnaire franco-anglais, les manœuvres combinées qui devaient nous rendre rapidement maîtres de la Colonie allemande.
À Madagascar, M. Martial Merlin va trouver une colonie riche et en plein développement ; les brillantes qualités administratives du nouveau gouverneur général assurent d’avance à la Grande Île une ère toute de prospérité et de rayonnement économique.

Le Tamatave

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21 septembre 2017

Il y a 100 ans : Gouverneurs généraux (1)

Sous ce titre, le Courrier Colonial du 18 mai dernier publie un article de M. Henri Mailier, dans lequel il félicite M. Maginot de s’être affranchi des influences parlementaires qui auraient voulu des politiciens à la tête de chacun de nos gouvernements généraux, et d’avoir choisi, dans le corps colonial même, les hommes les mieux qualifiés pour occuper ces hautes fonctions.
Voici son appréciation sur M. Merlin, appréciation qui nous fait augurer un avenir de grande prospérité pour Madagascar et fait s’évanouir complètement les quelques appréhensions qui pouvaient encore rester sur son compte.

La personnalité sympathique de M. Martial Merlin est bien connue de nos lecteurs qui savent de quel beau passé colonial est faite la carrière du nouveau gouverneur général de Madagascar. C’est une grande figure de notre épopée africaine digne de Roume, dont il faut au Sénégal le dévoué collaborateur, et de Brazza, dont il continua au Congo l’œuvre pacifique en même temps que glorieuse.
C’est en 1908 que M. Merlin fut chargé, avec le titre de gouverneur général, d’organiser nos « possessions du Congo français et dépendances ». Une tâche immense, non au-dessus de ses forces, l’attendait à Brazzaville. Il fallait, en effet, organiser un empire pour lequel, par imprévoyance, on avait jusqu’alors refusé de demander à la métropole les subsides nécessaires pour l’ébauche d’un outillage économique ; il fallait enrayer le courant défavorable que les scandales de 1906 avaient créé en Europe ; il fallait achever la pacification des territoires du Tchad ; il faudra, par la suite, diriger et coordonner les efforts militaires qui devront mous rendre maîtres du Cameroun allemand !
Remédier à la situation, mettre de l’ordre et de la méthode, coordonner les efforts, préciser les responsabilités, ne rien heurter, ne rien brusquer dans la mesure du nécessaire, telle était la tâche qui incombait au gouverneur général.
Esprit méthodique et réfléchi, caractère ferme et consciencieux, d’une ténacité souple, M. Martial Merlin a donné la preuve qu’il était à la hauteur de la mission difficile qui lui était confiée.
(À suivre.)

Le Tamatave

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20 septembre 2017

Il y a 100 ans : Le vin d’honneur (5)

(Suite et fin.)
Pour cela, il apporte une longue expérience des choses coloniales acquise dans d’autres pays où il a pu voir les fautes et les erreurs commises et se rendre compte des moyens de les éviter.
Dès son arrivée à Tananarive, il étudiera avec soin les questions intéressant la colonie, et s’il n’arrive pas à les résoudre toutes complètement, la faute en sera aux difficultés de l’heure présente.
Pour nous exciter à patienter, songeons à ceux qui, pour nous, se sacrifient à la frontière.
Ayons les yeux fixés sur la Métropole afin de mieux la servir et lui fournir tout ce dont elle a besoin, que Madagascar, pour sa part, s’est efforcé de faire jusqu’ici.
La guerre finie, par la richesse de ses colonies, la France est appelée à être plus grande qu’elle ne l’était avant.
Il termine en levant son verre à la commune de Tamatave, à la prospérité de Madagascar, à la France, aux nations alliées, à la victoire prochaine.
Au moment de se séparer, M. Merlin a renouvelé ses remerciements pour la belle manifestation dont il était l’objet, et assuré à la population de Tamatave qu’il descendrait des hauteurs (de Tananarive) le plus souvent possible pour venir se reposer sur la plage de Tamatave, et écouter les doléances des colons.
Ces paroles ont laissé la meilleure impression.

M. Merlin, en raison de notre bonne volonté, voudra bien nous excuser pour avoir si mal rapporté ses paroles, et surtout si mal traduit ses pensées, justifiant en notre personne la vérité du proverbe italien : Traduttore, traditore !

Le départ

Hier matin, à huit heures précises, M. le Gouverneur Général est parti pour la Capitale par train spécial. Il était accompagné de Madame Merlin, de son jeune fils, de M. et Madame Hesling et de son secrétaire particulier ; M. Assel. Dans le train sont montées également diverses personnalités de Tananarive venues à Tamatave pour saluer M. Merlin à son arrivée ; entre autres, M. Joly, l’éminent directeur de notre grand confrère La Tribune.

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19 septembre 2017

Il y a 100 ans : Le vin d’honneur (4)

(Suite.)
Monsieur le Gouverneur Général,
Au nom des Corps constitués, Commission Municipale, Commission Consultative du Commerce et de l’Industrie, Comice Agricole, au nom de la population tamatavienne tout entière et en mon nom particulier, je vous souhaite la bienvenue parmi nous. Nous désirons vivement que vous, Madame Merlin et votre fils, vous trouviez au sein de notre grande famille malgache tout le bonheur désirable.
Je profite de l’occasion qui m’est offerte pour adresser un salut fraternel à l’équipage, officiers, sous-officiers et matelots du croiseur Du Chayla qui vous a transporté jusqu’ici.
Nous sommes heureux de fêter sa visite en même temps que votre arrivée parce que nous le considérons en quelque sorte comme une délégation de cette phalange de héros qui, sur toutes les mers du globe, soutiennent si vaillamment l’honneur et la gloire du pavillon français.
Messieurs, levons nos verres et buvons : à M. le Gouverneur Général Merlin et à sa famille, à Messieurs les Officiers, Sous-Officiers et Matelots du croiseur Du Chayla, et aux glorieuses Marines françaises et alliées, à la France enfin, notre chère Patrie, champion éternel du droit et de la liberté et aux nombreuses nations qui luttent avec elle pour la défense du monde civilisé contre la barbarie scientifiquement organisée.

À ce discours, M. Merlin a répondu en remerciant d’abord M. Caucé pour les paroles de bienvenue qu’il lui a adressées, tant en son nom qu’au nom de la Commission Municipale, de la Commission Consultative du Commerce et de l’Industrie ainsi que du Comice Agricole, ces trois corps représentant les éléments dont se compose la colonie : administration, commerce et industrie, agriculture. Il a été très sensible à la réception si brillante et sympathique qu’il a reçues d’eux au nom de la population. L’administration a le devoir d’assister les hommes d’initiative qui viennent travailler à une plus grande France, en exposant dans les colonies leurs capitaux et leur santé. Pour lui, il les aidera de tout son cœur, et sera heureux de concilier leurs intérêts avec les intérêts généraux.
 (À suivre.)

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18 septembre 2017

Il y a 100 ans : Le vin d’honneur (3)

… celle du développement des moyens de communications tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, les premiers d’une exécution difficile et coûteuse dans un pays aussi accidenté que Madagascar ; et enfin celle qui tient au cœur de beaucoup d’entre nous, parce qu’ils y voient un élément de progrès pour le pays, de la participation des colons à l’administration de la Colonie, participation qui n’existe, jusqu’à présent, qu’à l’état embryonnaire. À ces questions d’ordre général et, si je puis m’exprimer ainsi, permanent, s’en ajoutent d’autres d’origine accidentelle, dont il faut rechercher les causes, soit dans les événements qui ensanglantent notre Mère Patrie et l’Europe entière, soit dans le cyclone qui a ravagé une grande partie de la colonie au mois de février dernier ; je veux parler principalement : de la crise qui sévit actuellement sur notre côte Est, et même en Imerina et au Betsileo, sur le riz, la base de l’alimentation indigène ; de la circulation monétaire, dont la difficulté s’accroît de jour en jour ; de la pénurie de plus en plus complète des moyens de transport de nos produits en Europe ; et enfin, en ce qui nous concerne particulièrement, nous autres Tamataviens, de la réparation des désastres causés par le cyclone de février et des moyens d’en prévenir le retour. Les trois premières des questions de cet ordre, la disette de riz, la difficulté de la circulation monétaire et de la pénurie de fret seront sans doute l’objet de vos vives préoccupations dès votre entrée en fonctions, car si des solutions rapides n’y étaient pas apportées, on pourrait craindre de prochains bouleversements dans notre vie économique, et peut-être des catastrophes.
Certes, ne nous illusionnons pas : la tâche est rude et il y a là de grosses difficultés à vaincre ; nous avons cependant pleine confiance que votre longue expérience vous permettra de les surmonter. Nous le souhaitons vivement, pour le bien général, et nous vous promettons de vous apporter sans marchander tout notre concours pour atteindre le but désiré par tous : la prospérité de plus en plus grande de ce tronçon éloigné de la Patrie qui s’appelle Madagascar !
 (À suivre.)

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17 septembre 2017

Il y a 100 ans : Le vin d’honneur (2)

(Suite.)
Cet honneur est en même temps un plaisir tout particulier pour moi, parce qu’il me permet d’adresser mes plus sincères et respectueuses félicitations à celui que j’ai connu autrefois Administrateur et Directeur des Affaires Politiques et Indigènes du Sénégal, et qui, fils de ses œuvres, s’est élevé depuis aux plus hauts grades de la hiérarchie coloniale.
Il y a quelques jours, M. Le Gouverneur Général, nous faisions nos adieux à M. le Gouverneur Garbit, partant en France pour y accomplir son devoir patriotique de soldat. Pendant les trois ans qu’il a gouverné la Colonie dans des circonstances que la guerre européenne rendait plus difficiles, M. Garbit avait su acquérir toutes les sympathies et a laissé derrière lui d’unanimes regrets. Ce n’est pas sans une grande appréhension que nous avions appris son prochain départ. Mais cette appréhension a fait place à la confiance lorsque nous avons connu le nom de celui auquel le Gouvernement de la République confiait les destinées de notre Colonie, car nous savons trouver en vous un homme de carrière ayant consacré toute une existence laborieuse à l’organisation et à l’administration de nos grandes colonies de l’Afrique Occidentale et de l’Afrique Équatoriale, et cela nous autorise à avoir la conviction que notre île de Madagascar ne pourra que tirer de très grands avantages de votre longue expérience des choses coloniales.
Vous arrivez, M. le Gouverneur Général, dans un pays complètement nouveau pour vous, et bien différent sous tous les rapports de ceux que vous avez jusqu’à présent administrés. Mais les questions à résoudre, tout en se présentant sous d’autres aspects, n’en sont pas moins, au fond, les mêmes que dans la plupart des autres colonies. Parmi celles d’ordre général, et sans vouloir entrer ici dans aucun détail, je citerai, comme nous intéressant particulièrement : celle de la main-d’œuvre, si difficile à résoudre dans un pays aussi peu peuplé que le nôtre et rendue encore plus aiguë par la large contribution consentie à la Défense Nationale ; celle de la propriété foncière, qu’il reste à établir sur des bases équitables respectant les droits acquis, mais ne permettant pas les abus qui apportent une réelle entrave à la colonisation…
(À suivre.)

Le Tamatave

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13 septembre 2017

Il y a 100 ans : M. Merlin à Tamatave (3)

(Suite et fin.)
En même temps une délégation de vieux Malgaches est venue assurer M. Merlin de la loyauté du peuple malgache, et de sa reconnaissance pour tous les bienfaits que la France lui avait prodigués.
M. Merlin, tout en la remerciant, lui a répondu que Français et indigènes devaient être unis pour travailler ensemble à la prospérité de la colonie, comme membres d’une même famille. Lorsque les membres d’une famille sont unis, tout va bien. Tout va au plus mal quand ils ne le sont pas.
Là-dessus il serre la main, disant que dans ce geste c’est la main de tout le peuple malgache qu’il serre. Cela a été le signal d’une ovation de la part de la masse des indigènes qui se pressaient sur les quais.
Puis, en automobile, M. Merlin s’est rendu à l’Hôtel du gouvernement. La ville était magnifiquement pavoisée et des arcs de triomphe dressés sur son passage. Sur tout le parcours, une double haie ininterrompue de tirailleurs a rendu les honneurs et maintenu la foule énorme qui s’y pressait. Aussitôt arrivé à l’Hôtel du gouvernement, M. Merlin a reçu les corps constitués, les représentants des puissances étrangères ainsi que les fonctionnaires de tous ordres et le corps des officiers. En somme, excellente impression.

Le vin d’honneur (1)

Mercredi soir, à 5 h. précises, a eu lieu le vin d’honneur offert par la population à M. le Gouverneur Général à l’Hôtel Métropole.
Le hall était artistiquement décoré de tentures et drapeaux des alliés et orné de fleurs à profusion.
Une foule énorme et sympathique emplissait la salle jusqu’à déborder sur la cour. L’excellente musique du 2e Malgaches était venue rehausser l’éclat de cette manifestation, par l’exécution des meilleurs morceaux de son répertoire.
C’est M. Caucé, premier adjoint, qui a nom de la population a souhaité la bienvenue à M. Merlin en ces termes :

Monsieur le Gouverneur Général,
Les fonctions de premier adjoint au Maire et aussi la mission que j’ai reçue de la Commission Municipale, de la Commission Consultative du Commerce et de l’Industrie et du Comice Agricole réunis, me procurent l’honneur de vous adresser des paroles de bienvenue au nom de la population de Tamatave.
(À suivre.)

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11 septembre 2017

Il y a 100 ans : M. Merlin à Tamatave (2)

(Suite.)
Et nous sera-t-il permis d’espérer, Monsieur le Gouverneur Général, que continuant une vieille tradition à laquelle cette Ville tient beaucoup et vous rappelant que c’est là où pour la première fois vous avez mis le pied sur le sol malgache, vous voudrez bien venir, chaque année, passer quelque temps à Tamatave qui est en quelque sorte la seconde Capitale de la Colonie.
Je laisse à d’autres voix plus autorisées que la mienne le soin de vous exprimer plus tard divers desiderata et de vous exposer certaines questions intéressant la vie économique, politique ou administrative de la Colonie, je veux seulement me faire l’interprète de la Municipalité de Tamatave et de toute la population européenne et indigène pour vous prier d’agréer nos souhaits bien sincères de bienvenue et de bonheur.
Permettez-nous d’y associer respectueusement Madame Merlin et votre jeune fils.

M. Le Gouverneur a répondu en quelques mots, remerciant la municipalité et la population de Tamatave pour l’accueil si sympathique qu’elles lui avaient réservé, ajoutant qu’il apportait une longue expérience des choses coloniales et une grande bonne volonté qu’il mettrait à étudier les questions intéressant Madagascar, sur lesquelles il réservait de s’expliquer dès qu’il les aurait mûrement approfondies après son arrivée à Tananarive.
Il a promis ensuite de venir de temps à autre séjourner à Tamatave qui est comme la seconde Capitale de l’Île, sur le sol de laquelle il a mis pour la première fois le pied sur la terre malgache et qui a été la première à recevoir l’effort de la colonisation française et les préliminaires de la conquête.
Aussitôt après, la toute charmante Gysele Sadreux est venue offrir un magnifique bouquet à M. Merlin, en lui adressant une allocution fort bien tournée, qu’elle a prononcée d’une façon impeccable.
À peine M. Merlin s’était-il mis en marche pour se rendre à l’Hôtel du gouvernement, qu’un groupe d’écoliers malgaches est venu le saluer et lui dire combien ils étaient reconnaissants envers la France pour l’éducation qu’elle donnait aux indigènes.
 (À suivre.)

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10 septembre 2017

Il y a 100 ans : M. Merlin à Tamatave (1)

Le croiseur Du Chayla, transportant à Madagascar M. le Gouverneur Général Merlin, est arrivé dans notre rade hier matin, un peu après huit heures.
À 3 heures précises, ainsi que cela était annoncé, M. Merlin est descendu à terre, et a été reçu sur le quai par le Maire de Tamatave assisté de la Commission municipale, et de hauts fonctionnaires et la population entière.
L’heure avancée et l’exiguïté de notre format nous obligent à remettre à notre prochain numéro le compte rendu de cette réception qui a été vraiment grandiose et dont la splendeur a dépassé tout ce qu’on pouvait imaginer.
Voici en attendant l’allocution par laquelle M. de Laborderie, Administrateur-Maire, a salué M. Merlin à son arrivée sur la terre malgache.

Monsieur le Gouverneur Général,
Je suis heureux que mes fonctions d’Administrateur-Maire de Tamatave me procurent l’insigne honneur d’être le premier au nom des assemblées constituées et de la population entière à vous exprimer nos souhaits respectueux de bienvenue.
Nous n’ignorons point, Monsieur le Gouverneur Général, votre longue et brillante carrière coloniale et nous savons à quelle grande œuvre vous avez attaché votre nom dans ces belles colonies de l’Afrique Occidentale et surtout de l’Afrique Équatoriale. Aussi sommes-nous convaincus à l’avance que, malgré les circonstances actuelles, malgré les nombreuses et grandes difficultés du moment, vous saurez rendre plus florissante et plus prospère encore la situation de notre chère Grande Île.
Veuillez recevoir l’assurance que de notre côté vous trouverez toujours les concours les plus absolus et les plus dévoués et que tous continueront, comme ils l’ont déjà fait, à accomplir leur devoir et à vous seconder autant qu’ils le pourront pour l’accomplissement de votre grande et lourde tâche.
Les témoignages manifestes de sincère et déférente sympathie qui ont déjà salué et vont saluer votre passage, la foule qui se porte au-devant de vous, l’air de fête que Tamatave a pris en votre honneur sont la preuve la plus éloquente de nos sentiments à votre égard et valent mieux que des paroles.
(À suivre.)

Le Tamatave

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9 septembre 2017

Il y a 100 ans : M. Merlin

Si la nouvelle du départ de M. Garbit a soulevé dans tout Madagascar une si profonde émotion, ce n’est pas seulement parce que la Colonie perdait en lui un homme de grande valeur, colonial expérimenté, ayant fait montre de rares qualités comme administrateur, mais aussi – et peut-être surtout – à cause de la menace, suspendue sur nos têtes, de voir arriver, pour le remplacer, un parlementaire ou arriviste quelconque, dont le nom était déjà chuchoté, ignorant tout des colonies en général, et de la nôtre en particulier, et pour qui celle-ci n’aurait été qu’un fief à gros bénéfices.
Mais quand on a été renseigné sur son successeur, plus colonial encore et de plus d’expérience que M. Garbit, comme on a pu le voir par ses états de service, il s’est produit dans tous les esprits une grande détente et un grand soulagement qui ont fait tourner vers lui les espérances que l’intelligente initiative de M. Garbit avait fait naître.
On s’est dit, avec juste raison, qu’un Gouverneur tel que M. Merlin, titulaire d’un poste que M. Garbit n’occupait que comme intermédiaire, aurait – à tous les points de vue – plus d’autorité que ce dernier pour mener à bien tant de travaux d’utilité publique sans lesquels le développement rationnel de la Colonie est impossible.
Du reste voici de quelle manière Le Phare de Majunga présente M. Merlin à ses lecteurs :
D’une correction parfaite, de caractère calme et froid, d’un esprit pondéré et juste ; d’une expérience qui a fait ses preuves. M. Merlin a laissé les meilleurs souvenirs aux nombreux fonctionnaires d’Afrique qui ont servi sous ses ordres et aux colons qui, dans ces contrées aux difficultés multiples, ont rendu hommage à ses qualités de chef.
L’œuvre d’organisation et de pacification accomplie dans les immenses territoires qu’il commande avec une autorité et une science incontestées depuis quinze ans prouve que c’est un vrai chef que la France nous envoie et nous pouvons avoir confiance dans la façon dont il envisagera à solutionner les multiples problèmes qui se posent en ces temps troublés pour l’avenir et la fortune de Madagascar.
Nous saluons donc bien respectueusement M. Merlin à son arrivée dans notre colonie, où il peut être sûr de voir se grouper autour de lui toutes les bonnes volontés.

Le Tamatave

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7 septembre 2017

Il y a 100 ans : Le riz, toujours le riz (2)

(Suite et fin.)
Qui a mangé ce riz ?
Celui apporté des ports du Sud, il y a trois jours, par le Persépolis, a été vendu aux enchères à des prix exorbitants, sur le Wharf même avant d’arriver en magasin, et il s’en faut de beaucoup qu’il y en ait eu pour tout le monde.
- Que la région du lac Alaotra, dépendant de la province de Tamatave, produit toujours, et a produit cette année, du riz en grande quantité. Les années précédentes, ce riz arrivait à Tamatave, dont l’approvisionnement était ainsi assuré à des prix normaux.
Cette année, pour des motifs qu’on n’est pas arrivé à bien comprendre, et au moyen de tarifs spéciaux, ce riz a été dirigé sur Tananarive qui sans doute l’a tout absorbé puisqu’il n’en revient pas un grain sur la côte.
Or l’Émyrne est par excellence le pays producteur de riz… Quid ?
- Que s’il existe réellement dans la colonie, comme d’aucuns le prétendent, des stocks suffisants de riz pour satisfaire aux besoins de la population, l’administration a le devoir, comme elle en a le pouvoir, de faire circuler ce riz, et de châtier sévèrement les agioteurs quels qu’ils soient, qui ne craignent pas d’affamer le pays.
La population entière, tant européenne que malgache, attend avec anxiété.

Mort au champ d’honneur

Le Journal Officiel de samedi dernier contient la mention suivante :
« Joachim Firinga, de Sainte-Marie, sergent au 80e bataillon de tirailleurs sénégalais. – Tombé glorieusement, le 16 avril 1917, au combat de Cerny (Aisne). »
Qui n’a connu, à Tamatave, la figure sympathique et énergique de ce serviteur dévoué de la France ? Du reste ses démêlés avec l’Administration, qui voulait le traiter comme un vulgaire Malgache, l’ont rendu célèbre. En raison des services rendus à la France par son père, en raison surtout de ceux rendus par lui, comme militaire, à l’époque de la conquête, il était fier de se dire Français et il en revendiquait le titre. Son opiniâtreté a fini par triompher de l’opposition qui lui était faire et, donnant sa vie pour la France, il a prouvé qu’il était digne de ce titre. Donc honneur à sa mémoire !
L’île de Sainte-Marie peut être justement fière de son enfant.

Le Tamatave

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6 septembre 2017

Il y a 100 ans : Le riz, toujours le riz (1)

Nous avons reçu de M. Modrin, l’honorable commerçant et industriel bien connu de Tananarive, la lettre ci-après, écrite tant en son nom qu’au nom des commerçants et sociétés qui en sont les signataires. Nous nous faisons naturellement un devoir de la publier, estimant que le principal rôle d’un journal est d’être une tribune libre permettant la manifestation impartiale de la discussion et de la réplique. Cette lettre est d’ailleurs rédigée en termes trop courtois pour que nous ne la publiions pas sans retard.
Tananarive, le 16 juillet 1917.
Monsieur le Rédacteur
Le Tamatave
Dans un article intitulé Le riz qui a paru dans votre journal du 11 juillet dernier, un de vos correspondants formule des critiques très vives contre certains commerçants ou industriels en riz, qu’il accuse d’accaparement.
Émus par cette accusation, qui tend à jeter le discrédit sur tous les négociants en riz, Nous soussignés, propriétaires de rizeries dans la région de Tananarive, déclarons en ce qui nous concerne,
Que nous n’avons aucun stock en riz ou paddy.
Que nous nous bornons à travailler, au jour le jour, le paddy que nous nous procurons et à le livrer ensuite au commerce.
Nous vous serions très obligés, Monsieur le Rédacteur, d’insérer notre déclaration dans votre prochain numéro, et comptant sur votre obligeance, nous vous prions d’agréer, avec nos remerciements anticipés, l’assurance de notre considération distinguée.
Suivent les signatures :
La Mauricienne Limited, Eug. Bochard et Cie, G. Modrin, Eug. Micoin et Cie.
Ayant communiqué la réponse ci-dessus à l’auteur de l’article qui l’a motivée, celui-ci nous a répondu :
- Qu’il n’avait eu nullement l’intention de viser aucun commerçant en particulier et notamment ceux désignés ci-dessus.
- Que l’administration ayant dû faire établir, il y a peu de temps, l’inventaire du riz existant tant chez les producteurs que chez les intermédiaires, la quantité recensée a dû lui paraître suffisante pour atteindre la prochaine récolte puisque, dit-on, on vient d’autoriser l’exportation par le Caucase de 500 tonnes de cette denrée ; il se demande ce qu’est devenu le riz recensé puisque Tamatave et toute la région en sont absolument dépourvus.
(À suivre.)

Le Tamatave

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont maintenant disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 66 titres parus à ce jour.

5 septembre 2017

Il y a 100 ans : Les Malgaches regrettent M. Garbit

Le dernier courrier de l’océan Indien nous apprend que la nouvelle du départ de M. Garbit n’a pas été accueillie avec enthousiasme.
Tous les colons, à l’unanimité, regrettent fort, non pas par question d’individualité, mais par simple effet de logique, qu’un gouverneur général qui avait tant fait pour la Grande Île et avait fini surtout par s’identifier avec elle, soit rappelé, au moment où gouverneur et gouvernés, étroitement unis, allaient recueillir le fruit de cette heureuse collaboration. Sans vouloir mettre en doute les hautes qualités de M. Merlin, les colons souhaitent que ce changement de personnalités n’aille pas compromettre l’œuvre si laborieusement accomplie.

Mauvais effet des allocations

Les allocations accordées aux familles des engagés malgaches a eu un mauvais effet : en invitant ainsi les indigènes à la paresse, l’administration a compromis l’intensification des cultures vivrières qui rendront moins, dans certaines provinces, que l’année dernière.
Les indigènes comprendront, mais trop tard, qu’ils seront les premières victimes de leur apathie.

La banque d’émission de la Grande Île

La question de la création d’une banque d’émission à Madagascar est toujours à l’étude et fait l’objet des discussions des Chambres consultatives ; ces dernières, notamment celles de Diégo-Suarez et de Tananarive, n’en reconnaissent pas l’urgence et concluent à ce que, jusqu’à nouvel ordre, on s’en tienne au statu quo.

Les miettes de l’Histoire

On ne s’est jamais tant occupé de la petite reine de Madagascar que depuis sa descente au tombeau.
Voici encore une anecdote que les journaux locaux content sur elle, mais, du moins, celle-ci a-t-elle l’avantage de sortir des lieux communs pour entrer dans ce qu’on est convenu d’appeler les miettes de l’Histoire.
Au Kabary de Mahamasina, le jour de son couronnement, la petite reine présenta son époux, le premier ministre Rainilaiarivony, comme le véritable souverain d’Émyrne, et regagna son trône ; malheureusement, le mouvement qu’elle fit occasionna la chute du diadème qui ceignait son front.
Les assistants considérèrent cet incident comme un fâcheux présage de la chute de la royauté hova et l’on sait quels événements se chargèrent de le ratifier.

Le Courrier colonial

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3 septembre 2017

Il y a 100 ans : Diégo-Suarez demande un pharmacien

Dans une des dernières séances de la Chambre consultative de Diégo-Suarez, l’Assemblée a discuté un cas anormal qui témoigne une fois de plus avec quelle incohérence s’est faite la mobilisation.
La province de Diégo ne possède que deux pharmaciens qui ont, par surcroît, à approvisionner les provinces de Vohémar, Nossi-Bé et Ambilobé. Or, l’un de ces pharmaciens, M. Roubelat, est dans un état de santé si précaire qu’il néglige fort sa pharmacie et n’aspire qu’à rentrer en France pour se soigner et se reposer. Il reste donc le second pharmacien, M. Giuliani, ce qui serait suffisant, à la rigueur, si cet honorable commerçant n’était mobilisé et n’attendait chaque jour son ordre de partir pour France. Que cet ordre lui arrive et Diégo sera sans pharmacien.
C’est pourquoi la Chambre consultative et le Comice agricole de Diégo-Suarez, réunis, ont demandé à l’Autorité supérieure de maintenir M. Giuliani en sursis afin de ne pas laisser sans pharmacien les quatre provinces que nous avons énumérées plus haut.
Nous ignorons quel accueil a été fait à ce vœu des plus légitimes.

Ah ! ces cuirs de Madagascar

Sur la demande du gouverneur général de Madagascar, le ministère des Colonies a autorisé jusqu’à nouvel ordre la sortie – à destination des colonies alliées – des cuirs refusés par l’administration militaire comme inemployables pour les besoins de l’armée.
Et nous nous trouvons placés devant ce dilemme, anxieusement perplexes.
Si les cuirs sont mauvais, c’est un triste cadeau que nous faisons aux colonies alliées ; si, au contraire, les cuirs sont bons, pourquoi l’administration les a-t-elle refusés ?
Ah ! ces cuirs de Madagascar !…
Le Courrier colonial

M. Trouchet

Trop tardivement pour assister à ses funérailles, nous avons appris le décès de M. Trouchet. Depuis longtemps dans la Colonie, au développement de laquelle il a puissamment contribué par son intelligent et rude labeur, il était estimé de tous ceux qui l’ont approché.
Parfait gentleman, sportsman accompli, travailleur infatigable, sa mort laisse un grand vide dans notre société.
Que les très honorables familles si cruellement éprouvées par ce deuil veuillent bien agréer nos plus vives et sincères condoléances.
La Rédaction.

Le Tamatave

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30 août 2017

Il y a 100 ans : La déforestation dans la Grande Île

Aujourd’hui que l’Europe souffre d’une véritable « famine de bois », les peuples coloniaux pouvaient se consoler en escomptant, devant que le reboisement fut un fait accompli, se ravitailler dans les forêts de leurs possessions d’outre-mer.
Il leur faut déchanter.
C’est ainsi que les belles forêts de la crête centrale de Madagascar n’existent pour ainsi dire plus ; celles de Tsinjoarivo que le voisinage du Rova a conservées ne sont plus que des bois vermoulus qui font, néanmoins, un joli décor aux chutes pittoresques de l’Onivé ; c’est à l’est seulement qu’on peut encore espérer rencontrer des forêts dignes de ce nom ; et pourtant si les Européens n’y ont pas mis la hache, les chercheurs de miel y ont commis maints dégâts.
Dans cette région fort accidentée, c’est une suite de sommets atteignant jusqu’à 1 200 et 1 400 mètres d’altitude, sur une orientation générale nord-sud ; la grande faille de Mangoro en est le plissement le plus important.
Le voyageur a le droit d’espérer rencontrer là des forêts vierges abritant de nombreuses chutes d’eau, mais si ces dernières ruissellent toujours, les arbres sont couchés sur le sol où ils pourrissent au milieu des clairières ainsi créées ; ce sont naturellement de beaux individus, des arbres géants ; les chasseurs de miel les ont abattus uniquement pour cueillir le maigre essaim que les abeilles avaient établi à 30 mètres au-dessus du sol, mettant ainsi bas une riche réserve forestière qui aurait certes pu concourir à enrayer notre disette de bois continental.
Il en est ainsi un peu partout et les colons qui ne cherchent pas un profit immédiat mais songent à l’avenir et à ses conséquences sont navrés de cette insouciance et désireraient fort que l’Administration de la Grande Île s’inquiétât un peu plus de la conservation des bois de la colonie.
Le Courrier colonial

Le riz, encore le riz, toujours le riz

Le prix de cette denrée monte sans s’arrêter, à mesure qu’elle se fait plus rare.
Les corps constitués de l’île entière et la presse sans exception poussent à l’unisson le même cri d’alarme.
Sus aux accapareurs s’il y en a, qu’ils soient européens ou indigènes.

Le Tamatave

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29 août 2017

Il y a 100 ans : Une question troublante

La perte du Yarra qui fut coulé le 29 mai, ainsi que nos lecteurs doivent se le rappeler, fut connue à Madagascar le 3 juin seulement, par le truchement du consul français d’Aden.
Le gouvernement général de la Grande Île non plus que l’agent principal des Messageries maritimes à Madagascar ne possédaient aucun renseignement sérieux et durent télégraphier en France. Or, dès le 1er juin, le torpillage était connu dans certains milieux de la colonie.
Mais laissons la parole à notre confrère la Tribune de Madagascar qui est ordinairement bien renseignée.
« Une question se pose. Il y a quatre ou cinq jours, le bruit du torpillage du Yarra courait avec persistance. D’où venait ce bruit ? Quelle en est l’origine ? Pourrait-on le savoir ? Car enfin il est extraordinaire que le fait se soit trouvé malheureusement confirmé deux jours après… »
Ceci peut se lire dans le numéro de la Tribune de Madagascar du 5 juin ; le fait, d’après notre confrère, était donc connu au plus tard de 1er juin et notre consul d’Aden ne le télégraphia que le 3.
Il y a donc dans la Grande Île des gens doués de la double vue, ou… quelques vagues Boches, travestis en neutres, habitent-ils encore la colonie pour y perpétrer leurs petites traîtrises ?

Madagascar se plaint des surmulots

Les surmulots, rats campagnards à l’apparence débonnaire, font de grands ravages, cette année, dans les cultures de la Grande Île.
Renseignés très certainement par l’arrêté de M. Garbit, ils ont jeté leur dévolu sur les haricots notamment ; leur invasion a gagné le nord et l’ouest, et si l’administration madécasse ne prend pas les mesures nécessaires, la province d’Ambositra connaîtra l’année prochaine ce que la Bible appelle les « vaches maigres ».
Les indigènes ne récolteront ni maïs, ni riz, ni pommes de terre, les surmulots « voraçant tout », nous écrit un de nos amis, colon dans la région.
Le Courrier colonial

Le général Nicole

Le général Nicole, commandant supérieur des troupes de l’Océan indien, s’est embarqué à Marseille, le 5 juillet, sur le Djemnah, des M. M., à destination de Tamatave.

Le Tamatave

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