23 mai 2019

Il y a 100 ans : L’adduction d’eau potable à Tamatave


Parmi les questions qui ont déjà soumises à M. le Gouverneur Général, il en est une qui tient incontestablement la première place en ce qui concerne l’hygiène dans une ville. C’est la question eau potable, et on peut affirmer que sans eau potable il n’y a pas d’hygiène possible.
Des échantillons de l’eau qu’absorbent les habitants de Tamatave furent prélevés aux fins d’analyses et envoyés à Tananarive. Ce fut, paraît-il, l’eau d’un puits artésien qui se trouve près du Manangareza qui fut reconnue potable.
On songerait donc à amener par canalisation cette eau en ville.
En supposant que ce puits de 8 mètres de profondeur ne reçoive pas l’eau des marais qui l’entourent, ou que le sable qui est le meilleur des filtres la purifie, cette eau ne vaudra jamais celle qu’on puisse à une source pure comme nous en avons dans les montagnes aux environs de Tamatave. Nombreux sont ici les colons qui ne boivent d’autre eau que celle qu’ils font venir des sources qui coulent dans leurs propriétés. Cette eau comme digestibilité, goût et limpidité ne supporte aucune comparaison avec celle qu’on puisse à Tamatave ou à Manangareza.
On recule, paraît-il, devant les sommes qu’il faudrait dépenser pour l’adduction de l’eau de ces sources en ville. Cependant l’hygiène et la santé publique vaudraient bien le sacrifice pécuniaire que la Commune ou la Colonie pourrait s’imposer.
Du reste dans bien des villes de France et d’Algérie, l’eau qui les alimente se trouve bien plus loin qu’à Tamatave.
Qu’on y réfléchisse.

À la voirie

En vue de l’adduction de l’eau potable et de l’éclairage électrique de la ville de Tamatave, le service de la voirie dresse en ce moment le plan de la ville sur une grande échelle.

Le vapeur « Bosphore »

Un témoignage officiel de satisfaction a été accordé au vapeur Bosphore des Messageries Maritimes qui, le 21 septembre dernier, alors qu’il naviguait en convoi, réussit à éviter une torpille ennemie grâce à une heureuse manœuvre de l’officier de quart qui a obtenu la Croix de guerre
Le Tamatave




Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 82 titres parus à ce jour.

22 mai 2019

Il y a 100 ans : Les chemins de fer et le développement de Madagascar


Le chemin de fer de Tananarive à la Côte Est a été, à l’origine, l’objet de très vives critiques. Beaucoup estimaient, et certains qui ne portent pas Tamatave sur leurs cœurs estiment encore que le tracé aurait dû être dirigé vers la Côte Ouest avec Majunga pour point terminus.
Le Sud-Afrique est en effet, pour Madagascar, un marché très important à acquérir et une voie ferrée qui relierait le centre de l’Île à la Côte Ouest serait le facteur le plus important de notre expansion commerciale vers Afrique Orientale. D’autre part, Majunga est un port parfaitement à l’abri, dont la rade peut offrir un refuge en toute saison, alors qu’à Tamatave la création d’un port est une nécessité depuis longtemps reconnue.
Par conséquent, comme il a été prévu à la Conférence Économique, il faudra songer à relier la capitale à la Côte Ouest par une voie ferrée établie le plus économiquement possible.
Mais conclure, comme beaucoup l’ont fait au début, que le chemin de fer de la Côte Est serait inutile, c’était là une assertion téméraire et une critique injuste que les événements se sont chargés de démentir.
Non seulement le chemin de fer de Tananarive à la Côte Est fait d’excellentes affaires, mais on constate chaque jour une augmentation appréciable du fret, et la direction de l’exploitation se trouve dans l’obligation d’accroître sans cesse son matériel roulant pour répondre aux besoins du commerce et de l’industrie.
Des contrées des hauts plateaux, réputées pauvres et stériles, se sont développées comme par enchantement, et constituent aujourd’hui de véritables greniers de produits agricoles.
La route du Sud qui prolonge le chemin de fer vers Antsirabe et le Betsiléo étant devenue insuffisante, il a été résolu de continuer le chemin de fer de Tananarive jusqu’à Antsirabe, soit sur une distance de 168 kilomètres.
La région d’Ambatolampy-Antsirabe-Betafo, remarquable déjà par son développement économique, verra doubler sa prospérité le jour où cette nouvelle ligne sera livrée à l’exploitation.
Aussi, quand le port de Tamatave, dont les études ont été approuvées par le ministre des Colonies, sera enfin créé, toute cette partie de notre Colonie connaîtra un merveilleux développement économique dont on ne peut se faire une idée.
Le Tamatave



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21 mai 2019

Il y a 100 ans : Arrivée des Tirailleurs malgaches


Le vapeur Île de la Réunion ayant à son bord 800 Tirailleurs malgaches et une cinquantaine d’Européens est arrivé hier à Tamatave. Les Autorités Civiles et Militaires sont venues les attendre sur le quai, ainsi qu’une foule énorme de leurs compatriotes, parents ou amis, dont quelques-uns portaient des étendards et des drapeaux. Des chants malgaches avec accompagnement de tambours se firent entendre. La musique du 2e Malgache rehaussait l’éclat de la fête.
Parmi ces tirailleurs, une vingtaine portaient la croix de guerre. D’autres appartenant au 12e Colonial avaient la croix de guerre et la fourragère.
Ils tenaient soigneusement enveloppée dans un papier et montraient avec orgueil une découpure de journal du 18 juillet où se trouvait la citation de leur régiment sous les ordres du Ct Hippeau.
Ils avaient en général bonne mine, et paraissaient très satisfaits de leur séjour en France.

Le bureau de la Presse

Heureux les journalistes de Tananarive s’ils savaient apprécier leur bonheur : ils ont un bureau de la Presse, où ils peuvent aller puiser les renseignements qui leur sont nécessaires.
Aussi nous annoncent-ils, par exemple, la quantité de denrées que chargeront les bateaux sur rade à Tamatave ; que M. le Gouverneur Général descendra de la capitale tel jour, etc., etc.
Il nous faut attendre les journaux de Tananarive pour savoir ce qui se passe à Tamatave.

Nos rues

Des équipes de prisonniers par courent journellement la ville dans tous les sens, balayant et nettoyant d’une façon parfaite. C’est un plaisir que de se promener dans les rues avec ce raffinement de propreté.
Nos félicitations et nos remerciements à M. l’Administrateur-Maire, l’hygiène et la santé publique se ressentiront certainement de cet état de choses.

Audience du 11 février

Le nommé Razanga, pour avoir dérobé sur la propriété de son employeur M. C. un sac de manioc qui n’était pas encore à maturité, a été condamné à 6 mois d’emprisonnement et à 16 fr. d’amende.
Le nommés E. S. et M. H. M. ont été condamnés à 5 fr. d’amende pour défaut de nettoyage de l’emplacement de divers immeubles leur appartenant.
Le Tamatave




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20 mai 2019

Il y a 100 ans : Les tavy


Il est rare que le Journal Officiel enregistre des amendes infligées aux indigènes pour des dégâts occasionnés par des feux de brousse qu’ils allument pour faire des tavy, et malgré les mesures coercitives employées contre les délinquants, ils ne peuvent se défaire entièrement de cette vieille coutume ancestrale.
Les autorisations que l’on donne aux Malgaches de faire des tavy, outre qu’elles sont désastreuses pour la Colonie, ne sont qu’une prime à la paresse malgache.
Pour cultiver le riz de montagne, l’indigène, sans autre travail, met le feu à la brousse c’est-à-dire à la forêt, puis lorsque le feu a accompli son œuvre il ne lui reste plus qu’à jeter le riz en terre sans autre travail de préparation. Cela fait il dort sur ses deux oreilles jusqu’à la récolte.
Dans toutes les régions il y a des terres à riz, c’est-à-dire pouvant s’irriguer comme dans les Hauts-Plateaux pour donner une récolte intense.
Mais ces terres demandent à être travaillées à la bêche ou à la charrue, après que l’épaisse végétation qui les recouvre en a été soigneusement extirpée. Et c’est là un travail auquel l’indigène ne veut s’assujettir à aucun prix, malgré tous les encouragements et tous les conseils que l’Administration peut lui donner, car il y a des fonctionnaires qui s’occupent sérieusement et avec intelligence du progrès et du bien-être des indigènes.
Voilà les diverses raisons pour lesquelles les tavy ont été interdits, et voilà pourquoi aussi cette interdiction doit être rigoureusement maintenue.
Dans l’intérêt tant de la Colonie que de l’indigène lui-même on doit y arriver.

Un homme apprécié à sa valeur réelle

Jeudi dernier, étant au Greffe, j’ai rencontré la g… sympathique du dénommé Clavier, ex-président du siège de Tamatave. Il est véritablement surprenant qu’un homme puisse avoir un pareil culot de revenir dans une ville où il a su se faire apprécier à sa valeur réelle. Il rentre, paraît-il, à la Réunion. Nous lui souhaitons bon voyage et la fin qu’il mérite.
Léon B.
Le Tamatave


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18 mai 2019

Il y a 100 ans : Voies de communication (2)


(Suite et fin.)
Le pays, tout le long de la mer, est parsemé de lagunes, et le génie colonisateur du général Gallieni avait vu tout de suite la possibilité de relier ces lagunes entre elles, de les canaliser et d’obtenir ainsi une voie de communication précieuse, dont la facilité et l’économie dépassent de beaucoup toutes les autres, soit routes, soit chemin de fer.
Ces lagunes se continuant au sud de Tamatave sur plusieurs centaines de kilomètres en passant par Andevorante, Mahanoro, Vatomandry, etc., le général Gallieni avait conçu le projet de les relier entre elles d’abord et ensuite avec celles du nord pour ne former du tout qu’un unique canal, mesurant plus de 600 kilomètres.
Pour réaliser ce projet, des études ont été faites… à plusieurs reprises, et des devis dressés, à la suite desquels les adjudications ont eu lieu.
À différentes reprises même, les travaux ont été commencés, puis interrompus pour être recommencés encore. C’est une véritable toile de Pénélope, et bien que plus de 20 ans se soient écoulés depuis que le général Gallieni a lancé son idée, les colons en attendent encore la réalisation.
Cependant cette voie de communication est d’une extrême importance, car de Tamatave au Sud de l’Île, la côte toujours battue par un triple ressac ne permet nulle part la construction d’un port, et les bateaux annexes des Messageries Maritimes qui font le service de cette côte ne peuvent jeter l’ancre qu’à une grande distance quand toutefois l’état de la mer le leur permet, ce qui rend très aléatoires et dangereuses les opérations de chargement et de déchargement.
Cependant ces contrées sont réputées le plus riches de l’Île et de vaillants colons y ont mis en valeur de grandes étendues de terrain, représentant aujourd’hui de grosses fortunes.
Le programme des travaux publics présenté à la conférence économique comprend la construction des divers canaux dont nous avons parlé plus haut.
Nous sommes certains que M. le Gouverneur Général qui tient par-dessus tout à améliorer la situation économique de la Colonie veillera à ce que ces travaux soient commencés et achevés le plus tôt possible.
Le Tamatave



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17 mai 2019

Il y a 100 ans : Voies de communication (1)


L’étranger ou le touriste qui débarque à Tamatave éprouve naturellement le désir de se rendre compte par lui-même des richesses que la contrée a la réputation de posséder.
À noter que Tamatave est le port le plus important de l’île et le point obligé de débarquement pour ceux qui veulent se rendre à la capitale ou sur les Hauts-Plateaux, étant en plus la tête de ligne du T. C. E.
Or à vouloir sortir des limites strictes de la ville, l’étranger ou le touriste se heurte à l’impossibilité absolue de franchir les marais qui l’enserrent de toute part.
Il y a deux routes, celle de l’Ivoloina et celle de Melville, mais elles n’aboutissent nulle part, et le visiteur qui tenterait de les suivre se verrait obligé de revenir sur ses pas sans pouvoir aller plus loin.
Reste la voie ferrée du T. C. E. Mais qu’il essaye de descendre à une gare quelconque de Tamatave à Moramanga, c’est-à-dire sur une distance de 250 kilomètres pour en visiter les environs, et il en dira des nouvelles. Aucun chemin pratique, aucune voie d’accès ne permet de circuler autour de ces gares, qui ne sont reliées que par la voie ferrée elle-même.
Que le touriste débarque à Tamatave avec son automobile dans l’intention de gagner la capitale par ses propres moyens, tout en visitant à loisir les régions traversées. Cela lui est matériellement impossible, et il ne lui restera d’autres ressources que de charger son auto sur un fourgon du T. C. E. et de se rendre sur les Hauts-Plateaux par la voie ferrée. Du reste le cas s’est déjà présenté. Ce n’est que dans l’intérieur que se trouvent des routes permettant les communications entre les divers centres. Il n’en existe point sur la Côte Est, et le point le plus rapproché de la route allant vers l’intérieur se trouve à 100 kilomètres de Tamatave.
Mais c’est bien autre chose si, ayant vu dans le port les riches produits coloniaux,  – riz, vanille, café, manioc, épices, etc., – exportés des régions côtières tant au nord qu’au sud de Tamatave, le voyageur veut aller visiter lesdites contrées.
Il n’a pour s’y rendre qu’une seule ressource, qui est de mobiliser une armée de bourjanes, pour le transporter en filanzane lui et ses bagages, et de s’en aller par petites journées.
 (À suivre.)
Le Tamatave



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14 mai 2019

Il y a 100 ans : Main-d’œuvre et sécurité (2)


(Suite et fin.)
D’un autre côté, si cet indigène vient à disparaître au moment le plus opportun, non sans s’être lesté généralement de quelque objet vous appartenant, et dont il a cru vous débarrasser, par un avis donné immédiatement à son chef, celui-ci sera à même de l’atteindre et de lui faire infliger la correction qu’il mérite infiniment mieux que vous ne sauriez le faire, bien qu’aidé du personnel entier de la police.
Au point de vue de la perception de l’impôt, ce système offrirait de précieux avantages, car, dans les conventions stipulées entre l’employé et l’employeur, ce dernier retiendrait chaque mois une partie du salaire convenu, qu’il verserait entre les mains du chef ou de tel autre agent préposé à cet effet. À cela tout le monde trouverait son compte : l’employé qui se verrait à l’abri de vexations que je ne nomme pas ; l’employeur qui se verrait libéré de nombreux ennuis ; et l’Administration qui se verrait faciliter et assurer la rentrée des impôts.

Canal du nord

Le canal est terminé jusqu’à Rangazava à 25 kilomètres au nord de Tamatave.
Les travaux se poursuivent activement ; un pangalane de 2 km 500 dont la percée est commencée permettra de le prolonger jusqu’à 35 kilomètres de Tamatave.
Nos félicitations au chef du Service Régional des T. P. pour l’activité entendue qu’il a su déployer pour mener à bien ce travail d’une utilité de premier ordre pour la région nord de Tamatave.
Nous profitons de la circonstance pour exprimer le souhait de voir bientôt aboutir le canal à Tamatave et non à Salazamay distant de 5 kilomètres de Tamatave.

Attachez vos chiens

Passant en motocyclette sur le boulevard, M. D. fut poursuivi par un chien de grande taille. Voulant éviter le chien qui était près de l’attendre il fit une fausse manœuvre qui le projeta à près de vingt-cinq mètres. Il eut l’épaule démise et le bras très écorché. Après plusieurs jours de traitement, son état s’est amélioré. Il n’en est pas moins vrai que l’accident aurait pu avoir de très graves conséquences.
Le Tamatave


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12 mai 2019

Il y a 100 ans : Main-d’œuvre et sécurité (1)


Les nombreux vols qui se commettent en ville et dans les environs font ressortir quels avantages précieux pour assurer la sécurité offrirait le groupement des indigènes en villages de plus de vingt hommes, sous l’autorité d’un chef responsable. Cette même organisation faciliterait également la main-d’œuvre.
Pour expliquer par un exemple et en prenant pour cela le village de Tanambao qui fournit la presque totalité de la main-d’œuvre employée à Tamatave, voici quelle forme cette organisation pourrait adopter :
Ce village étant formé par des indigènes d’origines différentes et pour ce motif souvent hostiles entre eux, il serait prudent de les diviser, autant que possible, par groupes de même origine, ayant chacun un chef de même race.
Ce sont, paraît-il, les Betsimisarakas et les Antaimoros qui forment le contingent le plus nombreux. Chacun de ces deux groupes pourrait désigner un chef offrant quelques garanties de moralité et de fortune, sachant lire et écrire en français. Il serait désigné un chef unique pour les autres indigènes d’origines différentes qui ne seraient pas en nombre suffisant pour former un groupe séparé.
Chacun de ces chefs serait rémunéré de son travail par une allocation fixée par tête d’administré. On comprend sans plus d’explication les avantages que présenterait ce simple rouage.
À proprement parler, ce serait une sorte de bureau de placement, ou encore un syndicat du travail, toutes choses usitées si couramment en France. Chaque chef ayant la liste de ses hommes avec leurs aptitudes particulières, c’est à lui que l’intéressé devrait s’adresser pour obtenir le travailleur ou le serviteur qui lui est nécessaire.
Le chef consignerait sur le livret individuel le nom de l’employeur et les conventions intervenues lorsque l’employé serait engagé pour un certain temps. De cette façon on ne serait pas exposé à prendre, par exemple, comme cuisinier, un indigène ayant subi plusieurs condamnations qui, après avoir exigé un salaire auquel seuls peuvent prétendre des artistes en art culinaire, se trouve n’être pas apte à remplir l’office d’aide-marmiton.
(À suivre.)
Le Tamatave



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11 mai 2019

Il y a 100 ans : Feux de brousse


Une amende de 420 francs par contribuable a été infligée au fokon’olona d’Antanimandry pour n’avoir pas prêté son concours pour éteindre un feu de brousse allumé par le nommé Rakoto et qui a détruit une partie de la cocoteraie de l’exploitation SAVER.
Dans la province de Vatomandry, une amende de 338 frs, à raison de 2 frs par contribuable, a été infligée à chacun des fokon’olona des villages Ampasimava, Analatsara, Maromby, pour n’avoir pas voulu désigner les auteurs de feux de brousse qui ont occasionné des dégâts dans les plantations des colons de cette région et n’avoir tenté aucun effort pour éteindre ces incendies.
Une autre amende de 535 francs a été infligée à des fokon’olona du district autonome d’Ambilobe pour n’avoir pas dénoncé les auteurs de feux de brousse allumés par des leurs et n’avoir pas travaillé à éteindre ces feux qui ont détruit un pont et endommagé la ligne télégraphique.
Une amende collective de 3 frs par contribuable est infligée aux habitants des villages de Manankasina est, de Mandrosoa, Amboniriana, Andranovelona, Fianohana et Antanimafy (faritany de Mahambo, gouvernement de Mahitsy, district Ambohidratrimo), pour mauvaise volonté dans l’extinction d’un feu de brousse allumé sans autorisation et qui a causé des dégâts importants sur la propriété de M. Garassin.
Le Tamatave

Tananarive célèbre la victoire

Pour fêter l’heureuse terminaison de la guerre mondiale, on a célébré à Tananarive, dans la cathédrale d’Andohalo, magnifiquement pavoisée aux couleurs des nations alliées, le Te Deum de la victoire. Le Gouverneur Général avait délégué son chef de cabinet, le général Nicole, de nombreux officiers, et les anciens combattants de 1870 représentaient l’armée française. La colonie européenne était au complet si bien que l’église se trouvait trop petite pour contenir la foule qui s’y pressait.
Un patriotique discours de Mgr de Saure, que nous regrettons de ne pouvoir reproduire, a ému toute l’assistance, chacun a quitté la cathédrale en se promettant de rester fidèle à l’Union sacrée plus nécessaire que jamais pour le bonheur de la noble France et de l’Humanité, pour la prospérité de la Grande Île.
Le Courrier colonial


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8 mai 2019

Il y a 100 ans : On se plaint…


… Que la glace soit devenue à Tamatave aussi rare que la pluie.
Il faut faire perdre des heures pour en avoir… quand il y en a.
Ou la glace n’est pas encore arrivée ou elle est arrivée il y a une heure et il n’y en a plus. Ou on n’en délivre pas du tout, ou elle est sale.
C’est cependant un objet de première nécessité par ce temps de canicule insupportable !
C’est beau le monopole !
Quand donc un industriel qui ne se moquera pas du public installera-t-il une glacière susceptible de délivrer à la population assoiffée de la glace à une autre saison qu’en hiver ?
Il sera le bienvenu celui-là ! Il pourra compter sur la clientèle qui n’aime pas l’intermittence, et qui craint la pépie.
Pas d’eau ! Ou trop peu pour laver le linge. Le Manangareza se ressent de la canicule à l’inverse des humains… il ne coule plus. C’est dans une boue noire qu’on lave le linge et c’est plus qu’il n’en faut pour engendrer des épidémies. Nous signalons ce fait grave à M. Marcoz qui fera, nous en sommes certains avec son activité ordinaire, l’impossible pour remédier à cette situation.
À quand des lavoirs ? de l’eau municipale et des établissements de bain ?

Télégramme officiel N° 97-R

Tananarive, le 14 janvier 1919
Gouverneur Général à Chef Province Tamatave.
Réponse 67-A. – Ai appris avec surprise que vide mille mètres cubes primitivement prévu pour Ville Arras existait plus après chargement Réunion et produits priorité Madagascar. En conséquence impossible enlever aucun tonnage pour commerce. Regrette vivement que totalité cubes disponible ait été prise par Colonie Réunion. Vous prie en aviser le commerce et lui renouveler que tous mes efforts tendent à modifier situation pénible résultant encombrement nos ports du fait insuffisance bateaux et grand tonnage produits en souffrance lui faire connaître en même temps qu’outre nombreux câblogrammes déjà adressés dans ce but à Département lui câble une nouvelle fois ce jour pour obtenir que partie du tonnage des bateaux actuellement dans les eaux la Réunion soit affectée Madagascar pour enlèvement produits du commerce et que le tiendrai au courant résultats nouvelles démarches entreprises à ce sujet. Aucune erreur en ce qui concerne chargement cuirs Intendance qui est bien 400 tonnes.
Le Tamatave


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4 mai 2019

Il y a 100 ans : Pour donner satisfaction à la population malgache


Enfin, Madagascar va avoir du riz ! Ainsi en a décidé le gouverneur général qui vient de prendre des mesures énergiques pour donner satisfaction à la population mécontente et pour cause. En effet le riz ne manque pas ; il n’a pas encore pris l’habitude de voyager seul, il attend qu’on le transporte. Là est la difficulté, mais qu’on se rassure. Toutes les voitures disponibles vont être mobilisées et affectées à son transport.
Les indigènes recevront l’autorisation de décortiquer et livreront à la réquisition le riz disponible, ce qui nécessitera moins de voitures et permettra de livrer de plus grandes quantités.
Afin d’éviter le retour de la cruelle disette qui désola les années précédentes certaines régions de la Grande Île, le gouvernement général a décidé de constituer dans chaque province des stocks importants de riz, logés dans des magasins spéciaux.
Pour Tananarive seule, la réserve prévue serait de 1 000 tonnes.
D’autre part, des enquêtes sont commencées pour découvrir les trafiquants qui dissimulent des quantités importantes et des peines sévères seront appliquées aux coupables et à leurs complices si puissants soient-ils.
En outre, le Sidon prendra à Majunga un chargement important de riz pour le déposer à Tamatave.
Grâce à ces mesures, M. Schrameck a déjà réussi à améliorer la situation de la colonie dont il a la responsabilité.
Le Courrier colonial

Démobilisation

On va commencer par démobiliser les tirailleurs avant de démobiliser les vazaha ; les réservistes malgaches et les engagés pour la durée de la guerre vont être renvoyés dans leurs foyers.
En ce qui concerne les Européens, l’État-major a seulement demandé quels étaient ceux du recrutement autre que Madagascar qui désiraient se retirer dans cette colonie, quels emplois ils comptaient exercer et quel était le nom de leurs employeurs éventuels.
Le Tamatave

Un bataillon malgache à Bobenheim

Le 12e bataillon malgache, commandant Hippeau, a occupé Bobenheim près du Rhin, à quatre kilomètres de Worms, la vieille ville historique du grand-duché de Hesse.
L’Homme libre




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3 mai 2019

Il y a 100 ans : Dilemme troublant


On a médité et on méditera encore longtemps sur ce problème angoissant. Est-ce la poule qui a pondu le premier œuf ? Est-ce l’œuf qui a donné naissance à la première poule ? Malgré tous les progrès de la paléontologie et de l’archéologie, la solution n’a pas avancé depuis Pic de la Mirandole.
Un autre problème s’est posé depuis que les nations européennes ont pris goût à la politique d’outre-mer. Les colonies sont-elles faites pour les fonctionnaires ; ou les fonctionnaires sont-ils faits pour les colonies ?
Ce problème est encore plus difficile que l’autre, car ni l’œuf ni la poule ne peuvent répondre, tandis qu’il n’en est pas de même des fonctionnaires qui n’admettent pas que les colonies ne soient pas faites pour eux.
Il y a bien quelques voix timides qui s’élèvent pour nous faire croire que les fonctionnaires sont faits pour les colonies et que ces dernières sont faites pour les colons aussi bien que pour les indigènes. Mais ces voix prêchent dans le désert.
Elles avaient peut-être raison au temps, par exemple, de la colonisation de l’Australie par les Squatters, mais l’Australie n’était pas française ; elle ne peut donc nous servir d’exemple.
C’est pourquoi nous trouvons M. Schrameck bien osé quand il prétend réformer les mœurs des Lebureau malgaches et venir à bout de toutes les résistances et de toutes les passivités.
Si le gouverneur général de Madagascar réussit dans son entreprise, on pourra le mettre au même rang qu’Hercule. Mais attendons, pour lui donner pareille place, qu’il ait fait mordre la poussière à Lebureau.

M. Guyon se met à la besogne

Le dernier courrier de l’océan Indien nous apprend que, le 12 novembre dernier, revenait à Tananarive M. Schrameck, gouverneur général de la Grande Île, avec M. Guyon, secrétaire général de la colonie, qui avait abandonné, à Nossi-Bé, le Crimée pour accompagner son chef dans son voyage jusqu’à Diego-Suarez.
M. Guyon a pris possession de l’ancien bureau de M. Hesling, puis il a reçu les autorités civiles, et, dans l’après-midi, les autorités militaires ainsi que les officiers qui avaient manifesté le désir de lui être présentés.
Dès le lendemain, M. Guyon se mettait à l’ouvrage ; le contraire nous aurait surpris, nous qui connaissons l’activité de l’ancien lieutenant-gouverneur du Moyen-Congo.
Le Courrier colonial


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 82 titres parus à ce jour.

2 mai 2019

Il y a 100 ans : Cuisiniers indigènes conscients et organisés


Ceux qui trouvent que les indigènes de nos colonies viennent timidement à la civilisation les calomnient tout simplement ; les indigènes y mordent au contraire à belles dents et se hâtent d’en ingérer les morceaux qui leur paraissent particulièrement succulents. C’est ainsi qu’à Madagascar, il y a maintenant des citoyens conscients et organisés, des camarades syndiqués qu’il ne fait pas bon contrarier, car vous êtes aussitôt mis à l’index comme un infâme buveur de sueur.
Un de nos confrères de Tananarive nous conte l’interdit qui fut jeté sur lui dans la Grande Île pour avoir renvoyé son cuisinier : car c’est le syndicat des maîtres-queux qui a le plus conscience des beautés de la liberté.
Notre confrère avait donné congé à son gâte-sauce indigène, mais avec plus d’un mois de préavis de sorte que ce fonctionnaire des fourneaux ne pouvait guère crier à l’arbitraire. Par ailleurs, notre confrère avait retenu l’émule de Vatel d’un de ses amis, et, tranquille, il attendait la transmission des pouvoirs.
Hélas, cette transmission ne se fit pas, et, entre deux cuisiniers, se trouvant… assis par terre, notre confrère dut faire sa cuisine lui-même, avec la maigre ressource d’ouvrir une enquête sur les causes de sa mésaventure.
Celle-ci, d’ailleurs, ne fut pas inutile, car elle lui permit de découvrir l’existence du syndicat, et d’apprendre qu’à ce syndicat il était de règle de punir en le mettant à l’index le vazaha qui se permettait de remercier son cuisinier.
Il sut encore que les cuisiniers syndiqués avaient un président qui était chef-cuisinier chez un gros bonnet de l’administration.
Vous voyez que les cuisiniers conscients et organisés de la Grande Île apprécient, comme il convient, le dogme des droits de l’homme et du citoyen : tout pour l’indigène et rien pour le vazaha. Tout le monde ne peut pas, comme certain chef de district boycotté, faire rafler tous les cuisiniers sans ouvrage et en choisir un à son goût.
Aussi bien aurions-nous quelque hésitation à forcer un indigène à nous servir malgré lui ; trop forte serait la tentation de nous faire absorber des mets à l’huile de ricin ou à autre chose. Aussi notre confrère fit-il bien en se résignant philosophiquement à préparer ses plats lui-même.
Le Courrier colonial



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29 avril 2019

Il y a 100 ans : Pêcheries coloniales (2)


(Suite et fin.)
Les lieux de pêche autour de Madagascar et dans les environs ne manquent pas, notre colonie doit naturellement en profiter et y trouver de nouvelles sources de prospérité et de richesse.
Or, dans les eaux de Madagascar, aucun travail méthodique avec les engins de pêche actuels n’a été fait. La température des parages visés présente la question des pêches dans des conditions très différentes comparativement aux industries analogues qui fonctionnent depuis longtemps dans les pays tempérés. Ici, le poisson, aussitôt sa capture, doit être transformé immédiatement sur place en matières utiles ou, tout au moins, subir rapidement une préparation qui le garantisse des atteintes de la décomposition.
L. Bony,
Capitaine au long cours.

À propos de lait

Nous recevons avec prière d’insérer la lettre suivante :
Monsieur le Directeur,
Le lait vendu en ville par les laitiers n’est soumis à aucun contrôle, et c’est toujours avec un sentiment d’appréhension que nous le donnons à nos enfants, et surtout aux enfants en bas âge.
La semaine dernière, du lait acheté en ville et donné à des enfants avec toute la propreté requise provoqua chez ces derniers des vomissements qui ne pouvaient provenir que du lait absorbé.
M. l’Administrateur-Maire devrait faire surveiller le lait vendu en ville et en faire faire l’analyse comme cela se pratique en France et dans tous les pays.
On se montre très sévère, ici, pour les bouchers, boulangers, marchands de poissons, etc., mais par contre les laitiers ne sont jamais inquiétés.
Nous demandons donc à M. l’Administrateur-Maire de faire surveiller le lait vendu en ville, il y va de la santé du public en général et de celle de nos enfants.
Un groupe de mères de famille.

Le Congrès à Tananarive

C’est aujourd’hui que se réunissent en Congrès un certain nombre de délégués des groupements organisés des provinces.
Pour Tamatave, M. Nativel représentera le Président du Comice agricole, empêché. La Commission Consultative sera représentée par M. P. Baron.
Le Tamatave


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22 avril 2019

Il y a 100 ans : Pêcheries coloniales (1)


Les eaux entourant la Grande Île sont très poissonneuses et les bancs exploitables occupent de tous côtés une surface immense. Depuis le cap d’Ambre jusqu’au cap Saint-André, on trouve des fonds dont la surface exploitable est considérable. La limite extérieure des bancs s’écarte de la côte du nord au sud, en commençant par une dizaine de milles près du cap d’Ambre, pour atteindre une cinquantaine de milles sur le banc du Parcel sans solution de continuité. Une pareille surface dans nos pays serait une source de travail vite captée. À l’extrémité sud le banc de l’Étoile, au nord les environs des îles Nosy-Be, Nosy-Mitsiho présentent quelques fonds de pêche, et enfin un peu plus à l’ouest les bancs Gastor et Leven sont à portée d’exploitation.
D’autre part, en comparant les distances parcourues par nos pêcheurs d’Islande et de Terre-Neuve pour exercer leur industrie aux distances qu’auraient à parcourir les pêcheurs de Madagascar pour exploiter les grands bancs de Saya de Mala et Nazareth, l’avantage à coup sûr resterait à ces derniers comme distance et comme surface. Ces bancs, dont les limites sont à peine connues, sont vierges de toutes entreprises méthodiques. Le banc de Saya de Mala sur lequel on a pris à la ligne de gros poissons se trouve situé à l’est-nord-est de Diégo-Suarez, sa position est comprise entre les méridiens de 57° 40 et 60° 02 est, et les parallèles de 8° 14 à 11° 44 sud. Il a la forme d’un S dont la longueur est d’environ 310 milles sur une largeur variant de 10 à 30 milles ; la distance qui le sépare de Diégo-Suarez est environ 660 milles et sur la route, entre ces deux points, à environ 450 milles de Diégo-Suarez se trouve l’île d’Agaléga ou Galéga.
Plus au sud, à peu près à la même distance, on rencontre un autre banc de Terre-Neuve représenté par le banc de Nazareth. Ce dernier ne mesure pas moins de 200 milles de longueur sur une largeur de 26 à 75 milles. Il gît entre les méridiens de 57° à 59° 16 est, et les parallèles de 13° 39 à 16° 50 sud. Il est à portée de Sainte-Marie et de la baie d’Antongil.
(À suivre.)
L. Bony,
Capitaine au long cours.
Le Tamatave



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20 avril 2019

Il y a 100 ans : Révision du régime foncier (2)


(Suite et fin.)
Sans doute, les tribunaux se montrent aujourd’hui très prudents pour statuer dans des questions de cette nature, mais il n’en est pas moins vrai que le cas s’est présenté, et que cette épée de Damoclès est suspendue sur la tête du colon, qui peut voir, d’un coup, sa fortune disparaître, en même temps que le produit de ses sueurs et de son labeur de plusieurs années.
Devant cette iniquité que l’on peut qualifier de monstrueuse, que fait la Colonie, l’Alma Mater du colon ? Il est pénible de le dire, mais comme Pilate, elle s’en lave les mains.
Méditez les clauses de son article VI qu’elle insère tout au long dans le titre provisoire de propriété qu’elle vous impose, et qui est à prendre ou à laisser.
Art. VI. – L’autorisation d’occuper le terrain ci-dessus désigné est purement provisoire et est accordée sous la réserve expresse des droits quelconques pouvant appartenir à des tiers, dans le cas où par suite, soit d’une action en Justice, soit d’une décision du tribunal statuant sur la demande d’immatriculation, soit une sentence de tout autre tribunal, le preneur se verrait contraint d’abandonner tout ou partie de sa propriété, ce dernier n’aura aucun recours contre le domaine et ne pourra réclamer des dommages intérêts ; mais il lui sera concédé dans la même région un terrain d’une superficie égale à celle dont il aurait été dépossédé.
Voyez-vous bien le colon évincé, ruiné, de santé et d’argent, aller recommencer son via crucis sur un autre terrain, avec la même perspective d’en pouvoir être évincé, une fois mis en valeur.
Il suffirait de rapporter au premier bornage fait au moment de la demande de concession ce délai de trois mois accordé aux prétendants droits avant que le colon n’ait dépensé ni un centime de son argent ni une heure de sa sueur.
Peut-on imaginer une clause léonine plus odieuse, plus inique, plus anti-coloniale enfin.
Espérons que, dans la prochaine conférence, la législation sur la propriété foncière sera remaniée de façon à offrir toutes facilités et toutes garanties aux colons.
Le Tamatave



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