25 septembre 2018

Il y a 100 ans : Chambre des Mines de Madagascar (1)


Le dernier courrier de l’océan Indien nous apporte le compte rendu de la dernière assemblée générale de la Chambre des Mines de Madagascar à Tananarive.
M. Bourdariat, co-directeur et président, a lu le rapport concernant les travaux de la Chambre pendant l’année 1917.
Au cours de cet exercice, les mines communes ont continué à se développer en dépit des crises de transports et de main-d’œuvre auxquelles sont venues se joindre celles de la monnaie divisionnaire et du ravitaillement des exploitations.
Poursuivant sa marche ascendante, la production du graphite a atteint 35 000 tonnes environ contre 25 000 en 1916 ; malheureusement le marché européen n’a pu absorber toute cette production d’où est résultée une baisse sensible des cours et la formation de gros stocks tant à Madagascar qu’en France. La Compagnie a demandé d’exporter directement le graphite aux États-Unis ; cette solution pourrait améliorer la situation à condition, toutefois, d’avoir en même temps le tonnage nécessaire.
Les mines d’or et de pierres précieuses ont été moins prospères que les mines de graphite, celles-ci attirant, par des salaires plus élevés et moins aléatoires, la main-d’œuvre de celles-là.
M. Bourdariat a fait ressortir que la Chambre n’a négligé aucun des problèmes qu’a engendrés la situation actuelle, n’épargnant aucune démarche auprès des pouvoirs publics pour les solutionner au mieux des intérêts miniers. Mais il reste encore beaucoup à faire. La crise des transports maritimes a été quelque peu atténuée par l’affrètement d’un vapeur par la colonie et la conservation sur la ligne de l’océan Indien de plusieurs navires désignés pour aller naviguer dans d’autres mers. Néanmoins, les ports et le carreau de la mine sont encombrés de gros stocks attendant vainement leur embarquement ; de nouvelles restrictions de tonnage – probables – ne feraient qu’aggraver la situation.
Les difficultés de main-d’œuvre constatées en 1916 se sont accentuées en 1917, causées par une demande excessive et la hausse des salaires. Il y a aussi la rareté de la monnaie divisionnaire dont il faut faire état.
(À suivre.)
Le Courrier colonial


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 75 titres parus à ce jour.

24 septembre 2018

Il y a 100 ans : Le Comice agricole


Dans la séance de clôture, les membres du Comice agricole de Tamatave ont émis, avant de se séparer définitivement, le vœu suivant : de porter à cinq le nombre des délégués du Comice agricole actuel au sein de la nouvelle Chambre consultative du commerce, de l’industrie et de l’agriculture.
Création d’un syndicat agricole de la région
La création d’un syndicat d’agriculteurs de la région ayant été décidée, M. Nativel a été chargé d’élaborer les statuts de ce syndicat.
Route de Melville
Des exploitants de graphite de la région du Fanandrana ayant demandé qu’un tronçon de route partant de celle de Melville soit construit pour se permettre de se rendre à leurs toby, un membre fait observer qu’il n’y voit pas d’inconvénient, à la condition que le projet du prolongement de la route de Melville ne soit pas abandonné. Le point terminus de cette route, dit-il, se trouve en un point isolé qui n’aboutit à rien et d’un accès difficile. Il indique la convenance qu’il y aurait à prolonger la route jusqu’à l’embouchure du Fanandrana.
Le Comice partage à l’unanimité cette manière de voir.
Projet d’une installation de bains pour les animaux atteints par les tiques
Les tiques faisant un grand ravage parmi les chevaux, vaches laitières, etc., et s’attaquant principalement aux animaux fins et importés, M. Espérandieu, le vétérinaire de notre ville, avait préparé le projet d’une installation de bains, comme il en existe dans tous les pays d’élevage, pour les animaux atteints par les tiques. Le coût de cette installation serait de quinze mille francs.
Les sommes nécessaires à la réalisation de ces divers projets n’ayant pas été prévues au budget, leur réalisation a été renvoyée à plus tard.

Soirée théâtrale au profit des Œuvres de Guerre

Cette soirée a été très réussie, nos artistes malgaches se sont distingués, spécialement Mlle Raveloary, l’artiste bien connue, qui a été très applaudie.
Un seul fait regrettable que nous ne pouvons passer sous silence.
Lorsque l’orchestre a joué la Marseillaise, tout le monde s’est levé à l’exception d’une seule personne, W. D., qui seul est resté ostensiblement assis, tandis qu’il s’est levé pour l’Hymne national de son pays.
Ses compatriotes mauriciens nous avaient habitués à plus de correction.
Le Tamatave


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 75 titres parus à ce jour.

23 septembre 2018

Il y a 100 ans : Le 14 juillet à Tamatave


Depuis des années, le temps se montrait maussade et n’hésitait pas à venir en trouble-fête jeter des ondées torrentielles sur les choses et sur les gens. Toutefois, cette année, il n’y a pas à se plaindre. Le 13 au soir, la retraite aux flambeaux ainsi que les illuminations en ont été particulièrement favorisées. Aussi, une foule énorme a pu suivre et acclamer la musique militaire toujours si entraînante et si goûtée de la population.
Remarquées parmi les maisons les mieux décorées, les Messageries Maritimes, le Comptoir d’Escompte, la Maison Haugou-Allain et la Société du Wharf.
Que dirons-nous de la revue des troupes qui a eu lieu le lendemain 14 à 8 heures et demie du matin sur l’Hippodrome des Manguiers ? Le soleil est venu prendre part à la fête et chauffer de ses rayons l’enthousiasme déjà grand de la foule. On a pu admirer la bonne tenue des hommes composant notre garnison, leur air martial, la précision de leurs mouvements.
Après la revue, M. l’Administrateur-Maire a prononcé la belle allocution que nous donnerons dans notre prochain numéro.
Le Commandant Muller a répondu à M. l’Administrateur par une improvisation que nous publierons également samedi prochain.
Cette cérémonie, éminemment patriotique et toujours si émouvante pour un cœur français, avait attiré une foule considérable et tout ce que Tamatave compte de familles distinguées s’y trouvait réuni.
La revue aussitôt terminée ont eu lieu les courses de bicyclettes et de canots.
Puis le restant de la journée a été consacré aux divers jeux annoncés : jeu de baquet, mât de cocagne, etc., qu’il serait trop long d’énumérer.
Le Tamatave

La hausse du bœuf malgache

Nous avons déjà indiqué que le bœuf madécasse était devenu d’un prix exagéré, surtout à l’état de viande de boucherie.
Et pourtant, dit le Phare de Majunga, cette hausse n’est pas due au manque de bœufs ; au contraire, ils abondent, car les Malgaches encouragés par les prix élevés qu’ils en retirent ont augmenté considérablement leur cheptel depuis le commencement de la guerre.
La cause de cette hausse est uniquement due à l’énorme consommation qu’en font les usines frigorifiques de toute la colonie, de sorte qu’un bœuf qui valait 40 francs en 1911 se vend aujourd’hui jusqu’à 150 francs.
Le Courrier colonial


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 75 titres parus à ce jour.

22 septembre 2018

Il y a 100 ans : Encore la monnaie, toujours la monnaie


Les timbres qui nous servent de monnaie n’ont, en raison même de leur nature, qu’une durée éphémère. Sur ceux actuellement en circulation, il devient impossible même à la loupe d’en reconnaître les chiffres indiquant leur valeur. À peine si par leur couleur on peut les distinguer. On les a, dit-on, remplacés par d’autres, mais à Tamatave ces nouveaux timbres sont inconnus, et ce pendant que la monnaie fait complètement défaut, même à la poste. Une personne s’est vu refuser ces jours-ci un timbre de 0 fr. 15 parce que la poste n’avait pas 0 fr. 10 à lui rendre, sur une monnaie de 0 fr. 25. À Tananarive, la nouvelle monnaie circule, et en abondance. Un Tamatavien de passage dans la capitale, s’étonnant de la facilité avec laquelle on lui changeait des billets de banque contre des timbres en carton, demanda à Monsieur qui de droit pourquoi Tamatave n’avait encore en circulation que les vieux cartons d’une malpropreté repoussante, et encore, pas assez pour ses transactions. Il lui fut répondu… que Tamatave n’avait pas demandé de la nouvelle monnaie, celle qu’elle possédait devait être encore bonne et en quantité suffisante.
C’est pour cela que la monnaie de bœufs n’a pas encore fait son apparition à Tamatave.

Au cinéma

Le 4 août prochain, à l’occasion de la journée des Troupes Malgaches, l’aimable propriétaire du cinéma de notre ville, M. Caruso, donnera une soirée sont le produit sera attribué aux troupes malgaches.
Félicitations et remerciements.

Au Comice agricole

Les membres du Comice agricole se sont réunis jeudi dernier. Cette séance est la dernière, puisque les Comices agricoles sont supprimés dans la Colonie.
Au moment de clore la séance, les membres du Comice ont remercié M. l’Administrateur-Maire de la collaboration dévouée et clairvoyante qu’il a prêtée aux intérêts agricoles de la région. De son côté, M. de Laborderie leur a dit combien ils avaient su lui faciliter la tâche et les a remerciés de leur bienveillant concours.

Le riz

Le riz est vendu en ce moment par l’Administration à 0,38 le kilo et on nous assure qu’étant donné l’abondance ce cette denrée, nous pourrons l’obtenir bientôt à 0,20 le kilo.
Le Tamatave


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 75 titres parus à ce jour.

21 septembre 2018

Il y a 100 ans : La crise du graphite (2)

(Suite et fin.)
Nous savons de source sûre que Monsieur le Gouverneur Général a été avisé depuis le début de l’année que le Ministre autorisait les exportations directes du graphite de Madagascar sur l’Amérique sous condition qu’une quantité de 2 000 tonnes mensuelles serait réservée pour les besoins de la France et de l’Angleterre.
Or les stocks existants, tant en France qu’ici, assuraient cette réserve pour plus d’une année.
Dans ces conditions, il apparaît que M. le Gouverneur Général, mieux placé que le Ministre pour juger de l’importance et des effets de la crise, aurait dû immédiatement prendre un arrêté autorisant les exportations directes sur les États-Unis dans les limites qui lui étaient fixées !
Nos amis Américains n’attendaient peut-être que cette preuve de bon vouloir pour nouer des relations avec nous.
Nous pouvons même affirmer que, dans l’attente de cette mesure, plusieurs affaires avaient été ébauchées. Tous nos espoirs sont maintenant envolés et nous ne pouvons que déplorer une fois de plus l’absence de toute compétence et de responsabilité chez ceux qui, détenant le pouvoir, sont chargés de la sauvegarde des intérêts vitaux de notre pays.
Le Tamatave

Question indiscrète

Notre confrère l’Action de Madagascar pose la question suivante, ce qui ne veut pas dire qu’elle sera résolue quoique en dise l’adage courant :
« Comment l’administration expliquera-t-elle que la province de Tananarive ait pu, sans difficultés, expédier 600 tonnes de riz à la Réunion qui n’en demandait pas, et qu’il soit défendu aux particuliers d’exporter plus de vingt postaux de riz par mois, en France qui, elle, en a bien besoin et est à l’heure présente au moins aussi intéressante que Bourbon ? »

Nécrologie

Nous apprenons la mort de M. J. Husson, ex-directeur du Comptoir d’escompte de Paris à Tamatave et ancien président de la Chambre de commerce de Madagascar, décédé à Paris lundi dernier, à l’âge de soixante-quatorze ans.

Le Courrier colonial

P.-S. Il ne suffit pas d'un clic pour changer d'ordinateur. Désolé pour ce silence...

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 75 titres parus à ce jour.

14 septembre 2018

Il y a 100 ans : La crise du graphite (1)


Nous avons publié dans notre dernier numéro l’avis émanant du Consulat américain portant à la connaissance des intéressés que toute exportation de graphite pour les États-Unis ne sera autorisée pendant le reste de l’année 1918, même lorsque les chargements proviendraient de ports européens offrant le plus de facilités pour les expéditions.
Ceci démontre que nos amis américains, écœurés des procédés de nos gouvernants (poussés eux-mêmes par une bande de caïmans affamés de gros bénéfices) ont pris la seule mesure compatible avec leur dignité justement froissée – celle de se passer de nous et de nos graphites.
Il a dû leur en coûter beaucoup pour mettre en exploitation des mines jusqu’alors jugées inexploitables ; mais, devant les prix exorbitants que nos « trusters » en herbe ont voulu leur imposer, ils n’ont pas hésité à faire les efforts nécessaires et aujourd’hui le succès a couronné leurs efforts de façon inespérée ; à tel point qu’ils peuvent maintenant se passer de nous.
En résumé, le marché américain qui nous était indispensable pour équilibrer la production et la consommation est en fait perdu pour nous. C’est la ruine définitive de nombre d’exploitants et l’avenir économique de notre Colonie peut-être irrémédiablement compromis !
Ces messieurs du Consortium peuvent être fiers de leur œuvre ! Il est vrai que, s’ils ont pu pendant longtemps se frotter les mains en constatant l’importance des bénéfices que leurs coupables manœuvres faisaient refluer vers leurs coffres-forts, ils doivent maintenant commencer à rire jaune, car l’importation du graphite en Amérique, même provenant des ports d’Europe, était interdite, c’en est fait des gros bénéfices escomptés. Le Pactole est tari ! De plus, l’avenir de leurs exploitations est compromis ; mais les énormes bénéfices réalisés leur permettront de tenir le coup, tandis que tous les petits exploitants seront ruinés.
Il est certes plus que déplorable que nos gouvernants aient prêté la main, en France, à d’aussi coupables agissements mais il faut que chacun prenne sa part de responsabilité en cette affaire.
(À suivre.)
Le Tamatave


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 75 titres parus à ce jour.

13 septembre 2018

Il y a 100 ans : Une déception


Des commerçants de la place, croyant que le Bankoku-Maru serait à Tamatave dans les premiers jours de juillet et connaissant l’important tonnage de ce vapeur, avaient préparé à l’avance, pour exporter à la Réunion, du maïs, légumes secs, arachides, conserves et saindoux.
Ce bateau est non seulement immobilisé à Zanzibar, mais on ne sait pas au juste quand il atteindra Tamatave.
Ce retard cause un énorme préjudice au commerce local. En effet, ne recevant presque plus de marchandises de France, les commerçants perdent la vente et par conséquent les bénéfices. D’un autre côté, le commerce du riz, qui en temps ordinaire leur laissait quelque bénéfice, est entre les mains de l’Administration, et il ne leur reste plus que l’exportation permise à la Réunion et Maurice. Si une grande place ne leur était pas réservée sur le premier courrier allant à la Réunion et Maurice, le petit commerce s’exposerait à des pertes sèches du fait de certaines céréales, emmagasinées déjà depuis près de deux mois, et qui sont périssables. Aussi espèrent-ils que Monsieur le Gouverneur Général, qui exprima dernièrement ses regrets pour n’avoir pu réserver au commerce local une plus grande place sur le Djemnah, fera le nécessaire pour qu’ils puissent charger sur le plus prochain paquebot les marchandises qu’ils comptent expédier à la Réunion et à Maurice. Et ce sera justice.
Un commerçant.

Avis concernant l’importation du graphite aux États-Unis

Un précédent avis faisait connaître que l’entrée de certains produits aux États-Unis, parmi lesquels se trouvait le graphite, avait été prohibée, sauf sous certaines réserves.
À cet effet, il avait été prévu que 5 000 tonnes de ce minerai pourraient être importées après le 1er juillet 1918.
Il résulte d’instructions télégraphiques que vient de recevoir le Consul américain que cette disposition a été modifiée, en sorte qu’aucune licence généralement quelconque ne sera plus délivrée, à partir du 1er juillet courant, pour l’entrée du graphite aux États-Unis durant le reste de l’année 1918, même lorsque les chargements proviendraient de ports européens offrant le plus de facilités pour les expéditions.
Le Tamatave


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 75 titres parus à ce jour.

6 septembre 2018

Il y a 100 ans : Le courrier du « Bankoku-Maru »

L’incendie qui s’est déclaré à bord du Bankoku-Maru est maîtrisé. Les colis postaux sont intacts. Le courrier se compose de neuf cent cinquante-huit sacs de correspondances pour Madagascar, la Réunion et Maurice. Quatre cent vingt sacs sont intacts, cinq cent vingt-sept sacs sont détériorés par l’inondation des cales et ont perdu leur étiquette. On pense que le navire pourra continuer sa route vers le 10 juillet. Les sacs de lettres intacts seront acheminés sur leurs destinations respectives via Maevatanana et Tananarive. Tous les sacs en mauvais état continueront sur Tamatave et de là seront dirigés sur Tananarive où le service postal procédera à leur ouverture et à la reconstitution de leur contenu.
On nous fait très justement observer à ce propos qu’étant donné l’importance des opérations d’embarquement et de débarquement que doit effectuer ce bateau dans les différents ports, il s’écoulera environ trois semaines entre la date d’arrivée du Bankoku-Maru à Majunga et celle des sacs postaux avariés à Tananarive. Pendant toute cette longue période, les sacs mouillés achèveront de pourrir avec leur contenu et la plupart des correspondances seront irrémédiablement perdues.
L’Administration des Postes dont la direction a toujours fait tous ses efforts pour donner satisfaction au public ne pourrait-elle pas, en demandant au besoin un complément de personnel à l’Administration militaire, faire opérer le tri des sacs postaux avariés dès l’arrivée du bateau à Majunga ?
Les opérations de débarquement et d’embarquement retiendront ce vapeur une huitaine de jours dans ce port. C’est tout ce qu’il faut pour mener à bien, dans les meilleures conditions possibles, cette délicate opération.
Nous ne doutons pas qu’en cette circonstance la Direction des Postes ne fasse comme d’ordinaire tous ses efforts pour donner satisfaction à la population, privée depuis longtemps de nouvelles de France.

Ce qui précède était écrit lorsque nous avons reçu l’avis suivant :
Persépolis part demain 9, Zanzibar chercher courrier du Bankoku-Maru. Sera de retour à Majunga vers le 15. En vue d’accélérer le plus possible acheminement des correspondances les 527 sacs détériorés seront reconnus à Majunga et dirigés ensuite sur leurs destinations respectives.
Le Tamatave

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 75 titres parus à ce jour.

4 septembre 2018

Il y a 100 ans : Gouvernement Général


Par décret en date du 22 janvier 1918, rendu sur la proposition du ministre des colonies :
M. Merlin (Martial-Henry), Gouverneur Général de Madagascar et Dépendances, a été nommé Gouverneur Général de l’Afrique Occidentale française, en remplacement de M. Van Vollenhoven, relevé de ses fonctions sur sa demande et placé dans la position de disponibilité.
Par décret en date du 22 janvier 1918, rendu sur la proposition du ministre des colonies :
M. Garbit (Hubert-Auguste), précédemment délégué dans les fonctions de Gouverneur Général de Madagascar, a été nommé Gouverneur Général de Madagascar et Dépendances, en remplacement de M. Merlin, nommé Gouverneur Général de l’Afrique Occidentale française.
M. Garbit, Gouverneur Général de Madagascar, a été placé dans la position de disponibilité sans traitement et maintenu sous les drapeaux.
Par décret en date du 22 janvier 1918, rendu sur la proposition du ministre des colonies :
M. Schrameck (Abraham), préfet en disponibilité, est délégué dans les fonctions de Gouverneur Général de Madagascar et Dépendances, en remplacement de M. Garbit, placé, sur sa demande, dans la position de disponibilité.
Journal officiel de Madagascar et Dépendances

Le « Sydney »

Une personne digne de foi nous assure que le Sydney, porteur de notre courrier de France, ayant à son bord le Gouverneur Général Schrameck, sera à Tamatave le 17 juillet. Peut-être même avant.
Acceptons-en l’augure.

Nouvelles maritimes

De L’Action :
Le Bankoku-Maru, dont nous n’avions plus de nouvelles depuis plusieurs jours, s’est échoué volontairement, dimanche, à Zanzibar, un incendie s’étant déclaré dans une cale à marchandises.
Environs 400 soldats malgaches et 140 soldats européens, qui voyageaient sur le pont, ont été débarqués, puis rembarqués dès que le feu a été maîtrisé.
On ignore l’importance du sinistre.
Des essais sont faits pour renflouer le bateau. Si l’on réussit, le Bankoku-Maru arrivera à Majunga avec un retard plus ou moins important. Dans la négative, le Bagdad, au lieu de retourner à Durban, ira chercher le courrier et les colis postaux à Zanzibar, et l’on fera le transbordement successif pour Madagascar des marchandises qui ont échappé à l’incendie.
Le Tamatave


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 74 titres parus à ce jour.

2 septembre 2018

Il y a 100 ans : Journée des Troupes malgaches


Un des récents communiqués de l’Agence Havas nous a appris que les journaux faisaient l’éloge des troupes malgaches qui ont pris part à la grande bataille du 11 juin au cours de laquelle la ruée allemande sur Paris a été clouée sur place. Cette nouvelle a suscité une légitime émotion dans la Colonie ; Européens et Indigènes ont appris avec joie que nos tirailleurs ont participé à la défense du sol sacré de la Patrie, de cette douce France si humaine pour tous ses enfants, quels qu’ils soient.
M. le Gouverneur Général Merlin a pensé que l’occasion était bonne pour honorer nos soldats originaires de la Grande Île ; aussi a-t-il décidé de créer pour le 4 août prochain une journée des Troupes malgaches.
Les fêtes seront organisées avec le plus grand éclat dans les différentes provinces et le produit de la journée, ainsi que les versements ou souscriptions, seront exclusivement attribués aux troupes malgaches se trouvant en France ou en Orient.

Le « Bankoku-Maru »

Télégramme officiel n° 77.
Tananarive, le 1er juillet 1918.
Gouverneur Général à Provinces Diégo, Majunga, Tamatave.
Veuillez noter à presse locale note suivante :
On signale que le cargo japonais Bankoku-Maru est arrêté à Zanzibar par un incendie qui s’est déclaré à son bord. On travaille activement à éteindre l’incendie qui semble circonscrit à une partie seulement du bateau. Une partie des passagers qui avait d’abord été évacuée par mesure de précaution a depuis réintégré le bord. De ce fait il est tout au moins probable que le Bankoku-Maru n’atteindra Majunga qu’avec un sensible retard.
Merlin.

Fête nationale américaine

La fête nationale des États-Unis a été célébrée dans toute la Colonie avec une grande animation. À Tananarive, banquets, réceptions, discours, échanges de télégrammes de félicitations avec la métropole, etc.
À Tamatave, pavoisement, illuminations, retraite aux flambeaux, représentation théâtrale au profit des œuvres de guerre.
Partout, grand enthousiasme pour nos vaillants alliés, qui combattent avec nous pour le triomphe du droit de la justice et pour la liberté du monde.
Le Tamatave


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 74 titres parus à ce jour.

30 août 2018

Il y a 100 ans : Un Administrateur comme il en faudrait beaucoup


On nous écrit :
Ambohimasoa, le 25 juin.
Monsieur le Directeur,
Lorsque, en 1916, M. l’Administrateur Besson quitta Tamatave pour rejoindre le poste d’Ambohimasoa, Le Tamatave fit connaître à ses lecteurs que c’était avec un sincère et profond regret que la population de Tamatave voyait s’éloigner M. Besson.
Mais ce qui fait le malheur des uns fait souvent le bonheur des autres ; aussi, nous, colons d’Ambohimasoa, nous fûmes très heureux de voir les regrets qu’emportait avec lui notre nouveau chef de district, et nous comprenons aujourd’hui très bien les regrets des Tamataviens. En effet, travailleur infatigable servi par une longue expérience des affaires qui lui sont soumises, accueillant tous les colons grands et petits avec une même bienveillance, M. Besson a su s’attirer ici plus que les sympathies, l’estime et le respect de tous. La réussite de la foire qui vient d’avoir lieu à Ambohimasoa et dont le succès a été complet est due à son intelligente activité. Plus de 2 000 bœufs y avaient été amenés puis des porcs, des moutons, des volailles, du riz, des tissus indigènes, du tabac, etc. Le chiffre des transactions a dépassé 100 000 francs.
De nombreux prix ont été distribués aux indigènes ; un prix d’honneur a été décerné à un honorable colon de la région, pour ses produits agricoles et une charrue de sa fabrication. C’est la première fois qu’on voit à Ambohimasoa un concours agricole et industriel et une grande foire et M. l’Administrateur Besson, chef du district, espère bien obtenir l’an prochain encore de meilleurs résultats.
Avec un tel Chef, le pays s’est développé considérablement, et ne peut par la suite qu’augmenter. Aussi tous les colons espèrent qu’on laissera encore longtemps ici M. Besson afin qu’il puisse achever l’œuvre si bien commencée.
Recevez, etc.
Un colon.
N. D. L. R. – Faute de place, nous n’avons pu publier plus tôt la précédente lettre. Que notre correspondant nous excuse.

Trouvaille

Un sac à main en linon blanc trouvé sur la voie publique par le Brigadier de police Ra.
Le Tamatave


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 74 titres parus à ce jour.

29 août 2018

Il y a 100 ans : Le voyage de M. Merlin à Majunga


Au cours de la réunion, à Majunga, des assemblées : Chambre consultative, Comice agricole, présidée par le Gouverneur Général, diverses questions importantes ont été discutées.
Port de Majunga. Pour lequel un rapport complet a déjà été remis à M. l’Administrateur en Chef Compagnon. C’est une question d’intérêt capital pour la province et la Chambre consultative l’a toujours placée en tête de toutes ses revendications. Elle estime que le projet présenté donnerait toute satisfaction avec une dépense relativement peu élevée.
Prolongement du Wharf. Facilement réalisable attendu que la plupart des matériaux sont déjà réunis et qu’il ne manque plus que deux ou trois tonnes de ferrures diverses.
Études du projet de construction des lignes de chemin de fer d’intérêt local de Mampikony à Marovoay et de Tsaratanana à Marovoay.
Achèvement du boulevard de ceinture.
Continuation du service des Colis Postaux.
Rétablissement des Sœurs Infirmières à l’hôpital de Majunga.
Étude de la possibilité d’établissement d’une ligne de navigation assurant un service régulier par la côte ouest d’Afrique, le Cap et terminus en Indo-Chine.
Vu les circonstances actuelles, ces différents projets ont été remis après la guerre, sauf pour la création d’un cours Supérieur à l’École des enfants européens, dont satisfaction sera donnée si les disponibilités du personnel le permettent.
M. le Gouverneur Général a examiné ensuite, avec les assemblées, le projet de création d’une maternité dans le groupe hospitalier de Mohabibe, la création d’un enseignement professionnel indigène, la création d’une école française pour les jeunes Indiens, etc.
Sur tous ces points, des solutions favorables et prochaines peuvent être dès maintenant envisagées.

Vente

C’est le commerçant indien Ibrahim M. Lala, propriétaire d’un magasin dans la rue du Commerce et d’un autre dans celle de l’Artillerie, qui s’est rendu acquéreur de l’hôtel Collomp pour la somme de 36 600 francs plus les frais.
Il compte y installer un autre grand magasin de toileries.
Le Tamatave


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 74 titres parus à ce jour.

28 août 2018

Il y a 100 ans : Les permissionnaires et convalescents de Madagascar


Le colonel de Puineuf, député, avait demandé si, en raison des difficultés actuelles et du renchérissement de la vie, les permissionnaires et convalescents de Madagascar ne pouvaient pas, comme ceux de la métropole et du C. E. O., toucher l’indemnité journalière de 2 francs.
L’honorable député des Deux-Sèvres a reçu du ministre de la Guerre la réponse suivante :
« Les militaires rentrant en France après un séjour aux colonies bénéficient, pendant la durée de la permission qui leur est accordée en arrivant, des dispositions du décret du 29 mai dernier, allouant, à partir du 1er janvier 1918, aux permissionnaires de l’intérieur la solde de présence augmentée d’une indemnité journalière de 2 francs. Au point de vue de l’allocation de l’indemnité représentative de vivres, ces militaires sont, pendant la durée des congés de convalescence obtenus au débarquement en France, traités comme les autres militaires en service aux armées ou à l’intérieur, c’est-à-dire que cette indemnité ne leur est due que s’ils sont envoyés en congé à la suite de blessures ou maladies contractées en service commandé ou pour accidents consécutifs à ces blessures ou maladies. »

Les biens allemands à Majunga

Les Majungais s’étonnent à bon droit qu’ayant réalisé les biens allemands mis sous séquestre à Tamatave, à Vatomandry, à Nossi-Bé et un peu partout, l’administration n’ait pas encore usé de cette mesure à Majunga.
Notre confrère l’Action de Madagascar qui a l’habitude d’appeler un chat un chat et Rollet un fripon, demande s’il n’y aurait pas en jeu, comme on se le chuchote à l’oreille, quelques intérêts particuliers qui primeraient les intérêts généraux ?

Un Malgache se noie à Argenteuil

Un indigène malgache, Rabenavo, âgé de vingt-quatre ans, voulut faire une pleine eau, dimanche dernier à Argenteuil : il avait fait le pari de traverser la Seine, du jardin public à la « Ferme » ; malheureusement c’est un cadavre qui a été repêché à 300 mètres au-dessus de la « Distillerie ».
Rabenavo appartenait à la 123e section D. C. A. d’Épinay.
Le Courrier colonial


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 74 titres parus à ce jour.

27 août 2018

Il y a 100 ans : Petite monnaie (2)


(Suite et fin.)
En effet, pour faire approuver par les Chambres le projet, il fallait compter sur plusieurs mois s’il n’était pas renvoyé aux calendes grecques, car nos représentants ne sont jamais pressés. En second lieu, il pourrait bien arriver que quelques grincheux, pour faire de l’opposition, n’eussent pas trouvé le projet à leur goût et que leurs collègues, comme des moutons de Panurge, sans même avoir lu le projet (car cela s’est vu déjà), eussent été de l’avis de l’opposition et, sous un prétexte quelconque, auraient purement et simplement rejeté le projet.
Donc, pour éviter tout cela, nous devons nous contenter pendant la guerre de la monnaie de carton quels que soient les inconvénients qu’elle présente.

Le riz

La Commission Consultative et la Municipale ont demandé à M. le Gouverneur Général de lever la réquisition du riz dans la province de Tamatave.
À ce sujet, les avis sont partagés.
Des commerçants sérieux estiment que, si l’administration lève la réquisition, elle se verra obligée de la rétablir et ce, jusqu’à la fin de la guerre, pour éviter les accaparements et la spéculation.
D’autres non moins sérieux et également expérimentés dans les affaires, disant qu’étant donné l’abondance du riz cette année-ci, l’accaparement et la spéculation deviendront impossibles.
Dans les deux cas, l’avenir seul nous dira qui a raison.
Le Tamatave

Les mutilés de la guerre à Tananarive

Les membres de l’Amicale des Mutilés et Réformés de la guerre se sont réunis à Tananarive et ont adopté définitivement les statuts de leur société ; les membres présents ont ensuite constitué ainsi le Bureau de leur Amicale pour 1918 :
Président : M. G. Cazeneuve, médaillé militaire, décoré de la croix de guerre et colon à Tananarive.
Vice-présidents : M. Bontoux, publiciste à Majunga et M. Leroy, médaillé militaire, décoré de la croix de guerre, colon à Tananarive.
Trésorier : M. Phénix, commis des Services civils à Tananarive.
Secrétaire : M. R. Chot, décoré de la croix de guerre, commis des Transports publics à Tananarive.
Le Courrier colonial


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 74 titres parus à ce jour.

26 août 2018

Il y a 100 ans : Petite monnaie (1)


Le président de la Chambre consultative du Commerce et de l’Industrie de Tananarive soumettait le 4 mars au Gouverneur Général un projet ainsi conçu.
Le président soumet à l’Assemblée une lettre soumettant au Gouverneur Général un projet ayant pour but de remédier à la crise monétaire et au manque de monnaie divisionnaire.
Ce projet propose la création, avec l’aide et sous le contrôle de l’Administration, d’un certain nombre de coupures de 0 fr. 50 et de 1 franc.
Ces coupures une fois tirées seraient immédiatement déposées dans les coffres du Trésor. Elles ne sortiraient qu’en échange de la même valeur en billets de la Banque de France qui prendraient leur place et seraient conservées en dépôt jusqu’au retrait de cette monnaie occasionnelle.
Quand cette monnaie ne serait plus nécessaire, il serait accordé aux détenteurs un délai déterminé pour en faire l’échange et ces coupures seraient alors remboursées au moyen de leur contre-valeur en dépôt au Trésor.
Dans un avenir prochain, ces coupures devraient être remplacées par une monnaie divisionnaire fiduciaire en métal bon marché.
Cette monnaie, dont l’exécution doit néanmoins être soignée, ne peut être frappée qu’en France, étant donné le poids du métal et le matériel spécial de frappe qu’elle nécessite.
Il semble que depuis longtemps déjà cette monnaie devrait circuler à Madagascar, et plus on attend, plus on rencontrera de difficultés d’exécution.
Au point de vue budgétaire, cette opération ne devrait soulever aucune difficulté, car il est bien certain que les frais de tirage des coupures ou de frappe et de transport des pièces seraient largement couverts par la plus-value qui résulterait de la non présentation au remboursement de nombreuses pièces ou coupures.
La Chambre approuve à l’unanimité ce projet.
Ce projet était tout ce qu’on peut demander de pratique à tous les points de vue. Malheureusement, le Gouverneur Général a répondu d’abord que le métal était en ce moment-ci très rare en France, que pour frapper de la monnaie il fallait une loi de l’État, et que cela demanderait trop de temps.
(À suivre.)
Le Tamatave


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 74 titres parus à ce jour.