17 juin 2018

Il y a 100 ans : Le temps [en février 1918]


Notre correspondant tananarivien nous écrit :
À partir du 6, le temps s’est brusquement brouillé en Émyrne. Tout indiquait l’action d’un cyclone au loin. Mais où ?
Nos services sont si mal organisés que, pendant plusieurs jours, pas un des bureaux du Gouvernement Général ne put dire rien de certain.
On dit d’abord que c’était Majunga qui était atteint ; d’autres soutenaient que c’était Tamatave ou même la Réunion…
Une pareille « organisation » est le comble du ridicule, ou plutôt de l’intolérable.
Enfin, le 9, des renseignements commencèrent à arriver.
La région majungaise n’avait pas de cyclone mais se trouvait sous un déluge affreux, inondant des lieux habités, interrompant les communications.
Le météore était entré dans la grande île par Mananjary, était parvenu près de Fianar en touchant au passage Ambositra. Il y a des dégâts.
Nous sommes tous heureux ici de savoir que pour cette fois vous autres, Tamataviens, avez été épargnés.
En Émyrne, le temps a eu une tenue raisonnable. Des accalmies de la pluie ont prévenu le danger d’inondation ; les riz vont bien. Aujourd’hui, dimanche, encore un peu de grisaille court le ciel ; la température est fraîche.
La réquisition des riz de récolte en Émyrne est prononcée. Hier, samedi, la Municipalité a procédé à la distribution des cartes de riz aux Européens. Elle s’occupe aussi des besoins de la population indigène. Enfin, M. Berthier (Administrateur-Maire) est en train d’achever son projet de Boucherie municipale, qu’il a conçu depuis assez longtemps déjà. L’état sanitaire à la capitale est satisfaisant.
Le Tamatave

Au moins, c’est net

Les indigènes malgaches ont horreur du papier monnaie, nous l’avons dit mainte fois, mais ils n’avaient pas encore témoigné leur antipathie aussi ostensiblement qu’à Nossi-Bé, où plus de deux cents Antemoros ont quitté les chantiers pour n’y plus revenir.
Ces camarades « conscients et organisés » de l’océan Indien ont signifié à leurs employeurs qu’ils ne travailleraient dorénavant que chez ceux qui les paieraient en piastres.
Le Courrier colonial


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 71 titres parus à ce jour.

15 juin 2018

Il y a 100 ans : Le graphite (2)


(Suite et fin.)
En Angleterre, où l’individualisme est encore plus intense que chez nous, les négociants anglais ayant horreur de l’intervention de l’État dans leurs affaires, en Angleterre on envisage très sérieusement l’établissement de trusts, de cartels.
Il ne faut pas perdre de vue que les institutions organisées dans un but de défense d’intérêts économiques considérables joueront plus efficacement encore après la guerre que maintenant. Cette considération devrait suffire à stimuler le zèle des intéressés.

Le prix du riz

L’Officiel du 2 février contient un arrêté détaillant les prix du riz dans les provinces de Tamatave, de Tananarive et d’Antsirabe.
Nous ne voulons voir là qu’une entrée en matière, l’indication de la volonté du Gouvernement de faire une guerre méthodique aux ignobles procédés de la Spéculation.
Nous croyons utile de calmer les alarmes de quelques-uns, qui s’écrient : Ah ! la campagne du riz s’ouvre sur des prix hauts, consacrés officiellement !
Il y a erreur.
La vraie récolte ne vient qu’en mai, et même juin.
En ce moment, il ne s’agit que du riz de « première récolte ». Les Sakalaves du Nord-Ouest précisent bien : « vary madinika », le petit riz.
C’est une coutume – erronée d’ailleurs – dans tous les pays où l’agriculture n’est pas bien avancée, de cultiver en avance des variétés de blé (ou de riz) « hâtives », c’est-à-dire végétant en 12 ou 15 semaines, mais donnant peu de rendement comparativement aux variétés de grande végétation. C’est bien encore du « petit riz » qu’il s’agit, ces prémisses qui sont utiles pour calmer la faim du paysan producteur mais ne peuvent véritablement régulariser la situation du marché des consommateurs achetant.
L’Administration est bien obligée, pour les prix, de se conformer à l’état réel du stockage.
Mais nous l’attendons pour le règlement de la prochaine vraie récolte. Elle aura eu tout le temps de s’organiser, de préparer son artillerie lourde contre les profiteurs. Dût-elle mettre complètement la main sur toute la récolte, elle serait alors coupable, ayant pu s’y préparer avec toute la marge souhaitable, de ne pas obtenir le retour à la normale du marché des riz malgaches.
Le Tamatave


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13 juin 2018

Il y a 100 ans : Le graphite (1)


La baisse survenue sur le graphite n’est pas sans avoir provoqué chez les industriels s’occupant de ce produit une légitime émotion.
D’un côté, on attribue cette modification des cours à la spéculation ; d’un autre côté, on estime que des stocks ayant été constitués en Europe, les achats ayant momentanément cessé, une baisse s’est produite.
Sera-t-elle momentanée ou de durée ? Toute la question est là.
Les uns disent qu’une hausse surviendra, essentiellement temporaire, un abaissement des prix devant s’ensuivre.
À l’appui de cette thèse, on cite des précédents qui se seraient constatés en d’autres colonies mais sur d’autres produits, le caoutchouc, par exemple.
Le procédé pour arriver à une sorte d’accaparement serait le suivant : intensifier les achats d’un produit, pendant une période déterminée, développement d’une industrie ou d’exploitations s’il s’agit de caoutchouc, puis arrêt brusque des achats.
Inévitablement, les cours subissent une dépression plus ou moins forte et de durée plus ou moins longue suivant le degré de résistance des vendeurs.
Tout le monde est d’accord sur ce point, qu’il est utile et équitable que les graphites de Madagascar soient vendus et livrés directement aux consommateurs américains.
On ne s’explique pas en effet pourquoi les marchandises de provenance malgache ne peuvent être vendues par les producteurs, alors que ces mêmes produits peuvent être vendus et livrés aux États-Unis ou en Angleterre après avoir transité par Marseille.
Pour arriver à un résultat dans ce sens, l’action individuelle est inopérante. Il faudra nécessairement que les producteurs de graphite, comme d’ailleurs les agriculteurs, s’organisent, se groupent soit en syndicat soit en association.
On a constitué un consortium en France, il eût été sage d’en constituer un à Madagascar. Il faut être organisé pour l’achat et pour la vente.
À l’heure qu’il est, les Boches ont groupé toutes leurs industries, elles font bloc.
Nous devons en faire autant chez nous.
(À suivre.)
Le Tamatave


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11 juin 2018

Il y a 100 ans : « La forêt tragique », par Albert Garenne


En lisant les détails de cette iliade exotique, on pense aux héros de Fenimore Cooper, aux combats sans merci qu’ils livrèrent dans le cadre solennel d’une nature primitive. Mais ici, aucune fiction et toute la supériorité du commandement européen, servie par le dévouement sans borne des auxiliaires betsiléos, s’affirme en une action authentique, en des gestes de guerre chevaleresque que semble souligner la beauté émouvante et farouche du décor.
Annales africaines

M. Merlin a pris contact avec les indigènes

M. Merlin, gouverneur général de Madagascar, a pris contact avec les indigènes de la colonie, au mois de décembre dernier, dans un grand kabary qui avait réuni plus de 10 000 auditeurs.
Reconnaissant la dureté des temps, les exigences cruelles de l’heure présente, M. Merlin a assuré les indigènes que la situation s’améliorerait. Déjà, il a fait relever le salaire des agents de l’administration chargés de famille, fait acheter du riz pour ravitailler la population et soulager les nécessiteux. Il a enfin engagé les indigènes à travailler plus régulièrement et plus activement pour rétablir l’équilibre de la situation présente.
Le gouverneur général a terminé son discours en assurant l’assistance que la France remporterait la victoire et qu’elle se souviendrait des témoignages d’affection que les indigènes de la Grande Île lui ont donnés.
Le prince Ramahatra a répondu à M. Merlin par une affirmation éloquente du loyalisme malgache.

Des bœufs malgaches pour Maurice

Le Secunder a ramené de Vohémar une cargaison de bœufs pour ravitailler les boucheries de Maurice dont les réserves tiraient à leur fin. Des colons ayant manifesté le désir d’en acheter quelques-uns comme bêtes de trait, les autorités ont décidé de marquer les bœufs importés de Madagascar des deux lettres F. C. accompagnées d’une large flèche.
Ces animaux seront rigoureusement réservés à l’alimentation et des peines ont été édictées contre les Mauriciens qui emploieraient à leurs travaux des bœufs ainsi marqués.
Le Courrier colonial


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9 juin 2018

Il y a 100 ans : Sur la plage


J’allais tout le long, le long du rivage, d’Hastie à Tanio – pour fuir un peu mes semblables, pour causer, ou plutôt écouter causer les bêtes, en l’espèce les poissons.
Ils approchaient tous du bord de l’eau, contemplant le spectacle qui pourrait être féerique des lumières de la ville, projetant leurs éclats comme des tessons brillants sur la mer pour l’instant pousseuse.
Il y en avait de toutes les tailles, de toutes couleurs et de toutes espèces.
— Que faites-vous là et que dites-vous, ô poissons ?
Une forte et belle carangue, large et grasse et ondulante comme une belle personne de trente ans, eut un rire perlé :
— Nous jouissons de la soirée qui est belle, et nous rions de l’imbécillité des hommes qui est sans mesure !
— Comment cela ?
— Mais oui ! Vous vous plaignez de pâtir sur votre languette de sable rouge, alors que nous croissons et multiplions dans l’eau qui nous entoure ! Vos pêcheurs d’Hastie en sont encore à leurs antiques pirogues qu’une lame sournoise chavire, tandis qu’un bateau breton nous apporterait en masses sur votre marché. Il n’y a pas de meilleur vivier pour nous que Tamatave, parce qu’il n’y a guère que vos puissants du moment qui envoient de temps en temps leurs Betsimisaraka nous harponner ou nous amorcer. Vous êtes pour nous les meilleurs propriétaires : vous passez devant notre abondance rêvant à votre pays lointain et vous serrant la ceinture ; d’autres que vous auraient depuis longtemps organisé un système d’engins qui racleraient nos récifs dans les moindres recoins, et nous serions obligés de nous précipiter au fond des abîmes océaniques… Vivez longtemps, ô Tamataviens !
Le jour viendra où Tananarive vous enverra jusqu’aux minces goujons de l’Ikopa ; alors nous jouirons de la liberté complète, sous l’égide de votre indifférence, et nous irons déposer nos laitances au bord du quai, sous les yeux de vos douaniers !
Ainsi causa la belle carangue, applaudie par un parti de mulets gras qui firent des cabrioles dans l’eau en son honneur.
Flanoche.
Le Tamatave


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8 juin 2018

Il y a 100 ans : En chef


L’administration de Madagascar comprend actuellement une trentaine d’administrateurs en chef, luxe que ne s’offrent point nos autres colonies, soit par identité de grade, soit par assimilation comme en Indo-Chine.
Le Ministère est décidément bien bon, mais ne pourrait-il songer un instant à notre budget éprouvé par les lourdes charges qu’il suppose de ce chef, charges aggravées par les indemnités allouées sous le gouvernement précédent aux hauts perchés de la hiérarchie, tandis que, en bas, il y a… ceinture, en dépit des indemnités allouées aux titulaires de fonctions mais non aux auxiliaires.
Il semble que cette situation devrait prendre fin. Que le Ministère absorbe donc une partie des administrateurs en chef que l’on ne sait où caser ici pour des causes différentes.
Nous ne faisons pas querelles de personnes, mais on voudra bien admettre que nous ayons le droit de veiller un peu à notre sacoche nationale, s’il nous est permis de nous exprimer ainsi.
D’autre part, les mises à la retraite différées empêchent ceux qui attendent leur tour de passer et l’on ne voit pas très bien pourquoi ceux-ci, méritant autant que les autres, marqueraient le pas sans raison.
Méritants autant que les autres ? évidemment oui. S’il y a des administrateurs indifférents ou à « touffe », il y en a d’autres par contre qui, sans réussir à contenter les Tant Pis et les Tant Mieux, accomplissent consciencieusement leur tâche avec plus ou moins de bonheur.
La situation des administrateurs changera lorsqu’ils auront plus d’initiatives, partant plus de responsabilités. Sans doute, les services n’aiment pas beaucoup l’intervention des administrateurs dans leurs affaires, nous comprenons cela dans une certaine mesure.
Mais il faut tout de même admettre que, si un Chef de province doit être rendu responsable de ce qui est bien ou mal dans la région qu’il administre, il est des droits qu’on ne saurait lui contester.
Au Gouverneur d’arbitrer les différents susceptibles de s’élever et de prendre des sanctions… efficaces contre qui les mérite.
Alors, la machine roulera et, comme les tanks ou les « Michelin », franchira avec aisance tous les obstacles.
Tanio.
Le Tamatave


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7 juin 2018

Il y a 100 ans : Qu’est-ce que Tamatave ? (3)


(Suite et fin.)
Aujourd’hui, le Gouvernement de Madagascar est entré dans la voie de la participation des colons à l’administration de la Colonie. Il faut sortir de cette stagnation et agir : ce sera la meilleure façon d’honorer la mémoire de nos devanciers, qui avaient poussé jusqu’à l’exaltation l’idée de la plus grande France.
Que ce soit le quai qui aille au navire ou le navire qui aille au quai ; que ce dernier soit aménagé au milieu des récifs ou en plein sable, n’importe : il faut adopter un système et en commencer tout de suite l’exécution.
Il faut aussi relier économiquement Tamatave avec ses arrière-pays. Il faut au Nord ouvrir les régions de Mandritsara et d’Ambatondrazaka ; au sud, le Vakinankaratra, le Betsileo.
Nous avons déjà le tramway T. C. E. Il reste à la faire adulte selon la formule : réduction de trajet et de tarif.
Il faut en finir avec les pangalanes Nord et Sud.
Il faut… se mettre à agir pour sortir de la rêvasserie !

Le graphite

Une baisse sensible s’est manifestée dans le prix de vente du graphite. En quelques jours ce minerai a baissé de trois cents francs, dit-on. C’est pour cette raison qu’un certain nombre d’exploitants ont envoyé en France le câblogramme suivant.
Questure Chambre Députés
Demandons respectueusement Pouvoirs Publics droit pour Madagascar exporter librement graphite en Amérique en raison spéculation ayant causé baisse désastreuse graphite. Conséquence ruine totale de cette industrie primordiale ici Pétition suit par courrier.
Groupes exploitants graphite.

La monnaie

La monnaie manque totalement à Tamatave et on ne sait où se la procurer.
Les commerçants eux-mêmes se voient journellement dans l’obligation de refuser de vendre, n’ayant pas de monnaie à rendre aux clients.
Nous ne parlerons pas du marché couvert, là, elle est absolument introuvable.
À Tananarive, il suffit de se présenter au bureau de poste pour en avoir tandis qu’ici, la poste n’en ayant pas en dépôt, ne peut donc en donner.
Pourquoi les Tananariviens sont-ils privilégiés sur ce point ?
Cela ne peut plus durer, il convient d’y apporter remède immédiatement.
Le Tamatave


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2 juin 2018

Il y a 100 ans : Qu’est-ce que Tamatave ? (2)


(Suite.)
Les documents dont M. Carle regrette avec raison l’injustifiable enterrement relatent les qualités à la fois de souplesse, d’énergie, de robuste santé que devaient réunir les colons de ce temps pour s’implanter au milieu des indigènes, se maintenir en ce pays de côtes, alors que les sels de quinine n’étaient pas répandus comme de nos jours.
Le ravitaillement des colons était chose difficile. Rien de plus poignant que la lecture des innombrables rapports de mer des capitaines des voiliers réunionnais. La Réunion gisant à l’est de Tamatave, le trajet normal ayant pour terminus Fort-Dauphin au sud-ouest de l’alizé de sud-est (le suète comme disent les marins) soufflant presque toute l’année, il fallait « souquer de la toile » sous un angle de navigation de plus en plus fermé, avec la terrible côte malgache sous la hanche tribord.
Les traitants étaient unanimes à signaler comme les plus riches les pays Betanimena et de Farafangana, avec le puissant arrière-pays des hauts-plateaux. Mais il y avait la « barre », la terrible barre qui interdit l’accès de la terre tout le long de l’immense côté, et qui avait le sinistre pouvoir de happer, pour ainsi dire, au passage les carcasses de bois.
Un jour, fuyant devant la tempête, désemparé, ne pouvant plus tenir la mer, un capitaine aperçut un intervalle où les récifs ne « blanchissaient » pas. Il « bourra » dedans, jeta l’ancre en eau relativement calme. Sous tribord, un arc de sable blanc. Les indigènes de l’habitaient pas, mais ils s’y rendaient quelquefois pour célébrer des consécrations de rite : Toamasina, qui devint Tamatave dans le langage des matelots créoles.
Par la suite, il fut reconnu que tous les autres refuges de la côte Est étaient décidément précaires ; c’est ainsi que Tamatave devint la Métropole maritime de l’Est malgache.
On avait espéré que l’occupation française donnerait à Tamatave une organisation digne de sa destination.
Hélas ! nous savons qu’on n’a abouti qu’à des projets purement bureaucratiques, autour desquels on s’est disputé fort inutilement.
 (À suivre.)
Le Tamatave


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1 juin 2018

Il y a 100 ans : Qu’est-ce que Tamatave? (1)


Lors de la dernière séance de l’Académie Malgache, à Tananarive, M. Carle, Chef du Service de Colonisation, fit cette importante remarque que rien n’avait été fait, jusqu’ici, pour sauver de l’oubli le souvenir des efforts faits par les colons à Madagascar avant l’occupation et dont les faits sont consignés aux Archives de la Réunion.
Observation judicieuse, si l’on considère cette vérité que l’avenir d’un pays ne tire sa substance que dans les choses du passé : tout le problème est de bien adapter ces rudiments, à la lumière de l’expérience acquise.
Cette grave question intéresse tout particulièrement notre région de l’Est, car c’est ici que la colonisation de la grande île a commencé, par l’intermédiaire de l’île de la Réunion.
Aucun de nous ne peut répondre fructueusement à cette question : qu’est-ce que Tamatave, que peut-on raisonnablement espérer qu’elle devienne, si nous n’avons pas une connaissance immédiate des actes de nos devanciers, des vicissitudes de leur action.
Il ne faut pas considérer l’île de la Réunion dans son état actuel, par rapport à ce qu’elle fut à l’époque que nous évoquons.
Cette île fut longtemps le point de concentration, le point de réunion des vestiges épars des intérêts français dans les mers du Sud. Elle disposait d’une organisation propre, assez remarquablement développée.
Les Réunionnais, avec une constance fort louable, ne cessèrent de considérer la grande île de Madagascar comme partie intégrante du patrimoine français, et ils ne cessèrent d’agir sous cette inspiration.
Leurs négociants commencèrent par essaimer la côte Est – pour tard la côte Sud-Ouest et Nord-Ouest – de leurs traitants, pour traiter de toutes sortes d’affaires avec les naturels (aujourd’hui, le terme « colons » a prévalu).
Il est juste de noter que les Réunionnais eurent quelques émules mauriciens ; mais ces derniers s’égayèrent en plus grand nombre vers les grandes possessions britanniques : Indes, Australie, surtout l’Afrique du Sud voisine.
(À suivre.)
Le Tamatave


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30 mai 2018

Il y a 100 ans : La Betsiboka a débordé


À la suite des dernières pluies, la Betsiboka a débordé, causant quelques morts. C’est ainsi qu’aux environs de Maevatanana, une femme traversant un ruisseau s’est noyée. Des indigènes qui voulaient visiter leurs champs d’où les eaux semblaient se retirer ont été enlevés par des caïmans. Un seul put s’échapper et porter la fâcheuse nouvelle au village.

« La forêt tragique »

La forêt tragique par Albert Garenne, capitaine d’infanterie coloniale, 1 vol. in-16. Prix : 4 francs. Librairie Plon-Nourrit et Cie, 8, rue Garancière, Paris, VIe.
Le capitaine Garenne nous avait donné déjà Ialina, idylle exquise ayant la Grande Île pour décor et contée à la manière de Pierre Loti, ce maître évocateur. Dans son nouveau livre, si vécu qu’on le croirait un récit réel, l’auteur nous raconte les dramatiques péripéties de la carrière d’un officier colonial à la tête de ses tirailleurs indigènes et ses randonnées à la poursuite des légendaires bandits fahavalos.
Comme dans les livres de Cooper et de Gustave Aymard, on vit une guerre d’embuscades, de surprises tragiques, une ruée irrésistible à l’assaut des repaires inexpugnables.
Le chef de la rébellion a pu s’enfuir, mais nos soldats n’ont perdu qu’un mort et ont pu imposer le respect de nos armes.
Ce livre, dans lequel l’auteur démontre la supériorité du commandement européen et le dévouement sans bornes des loyaux betsiléos et dans lequel il a semé des actions chevaleresques, nous rend plus familières les beautés et les ressources de notre belle colonie de l’océan Indien.

Les colons de la Grande Île emploient le système D

Ne comptant plus que sur eux-mêmes, nos compatriotes de la Grande Île ont résolu d’employer désormais le système D, et la première expérience qu’ils en ont faite ne semble pas leur avoir trop mal réussi.
C’est ainsi que le Général Foch, vapeur de la Cie de Transport et de Remorquage de Madagascar, a effectué avec succès son premier voyage aux Comores avec vingt passagers et son plein chargement.
Nul doute que cette initiative ne soit renouvelée à bref délai.
Le Courrier colonial


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28 mai 2018

Il y a 100 ans : C’est assez logique


À la nouvelle qu’un projet de loi avait été déposé à la Chambre par deux députés dont un colonial pour la réquisition des zébus de la Grande Île, une certaine émotion s’était manifestée chez nos éleveurs de l’océan Indien. La réquisition des cuirs a laissé de tels souvenirs qu’une levée de boucliers s’organisait déjà contre l’exportation du bétail.
À vrai dire, nous ne comprenons pas cette appréhension ; au surplus, nous partageons l’avis d’un vieux Malgache, à Paris en ce moment, à qui nous demandions de nous faire connaître son opinion. Il nous a répondu :
« Que les colons ne s’en fassent pas ; pour transporter des bœufs, il faut des bateaux et on vient de nous réduire encore le nombre des derniers qui nous desservaient… Les zébus resteront longtemps encore dans la brousse… »

La mort de M. Dupuy

Le courrier de l’océan Indien nous apporte la nouvelle de la mort de M. Dupuy, directeur du Tamatave.
Nous avons été d’autant plus douloureusement surpris que notre confrère nous avait envoyé, par le courrier précédent, de très intéressants documents sur la fabrication des pâtes à papier coloniales.

Exposition

Le service de l’Enseignement de la Grande Île a organisé, dans les locaux de l’École Le Myre de Villers, à Mahamasina, une exposition d’enseignement professionnel (industrie et agriculture).
M. Merlin a inauguré cette exposition.

Journées Galliéni : un blessé

Le lundi 17 décembre dernier, au cours des Journées Galliéni, qui ont eu lieu un peu partout dans la Grande Île, un tam-tam-bœuf était organisé à Mahabibo. Un Comorien, nommé Hassim, fut grièvement blessé en luttant contre un taureau et dut être conduit à l’hôpital en assez fâcheux état.

C’est trop simple !…

Les jardins de Tananarive avaient des bancs métalliques qui ne sont plus aujourd’hui que des débris pour avoir trop longtemps servi.
Bien que leur vue ne soit pas très esthétique, l’administration les conserve jalousement parce qu’elle ne peut les remplacer par d’autres bancs de même fabrication ; elle n’a pas encore songé à faire comme les particuliers qui, ne pouvant recevoir des montures métalliques, se sont fait faire des bancs en bois.
Le Courrier colonial


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27 mai 2018

Il y a 100 ans : Une réunion importante du commerce Majungais (2)


(Suite et fin.)
Parmi les autres sujets discutés, citons encore le riz. On a demandé, dans cette réunion, que le cours du paddy soit fixé pour un an à 125 francs la tonne et à 340 franco bord Majunga afin d’éviter que les achats de l’administration ne provoquent une hausse toujours injustifiée.
Cette activité du commerce majungais ne peut avoir que d’excellents résultats. Comme l’écrivait notre collaborateur Rondet Saint, il n’y a qu’à savoir vouloir. Espérons que cette intéressante réunion sera suivie de beaucoup d’autres et que cet exemple sera imité ailleurs.

La réquisition des travailleurs à Madagascar

Le gouverneur général de Madagascar vient de prendre une mesure que nous ne saurions trop applaudir parce qu’elle répond depuis longtemps à une nécessité. Elle s’applique aux travailleurs civils qu’on répartira entre les chantiers sous la direction des colons européens.
On estime que deux cents journées de deux cent mille hommes permettront de cultiver et de récolter assez de riz pour charger deux cent cinquante navires.

De la coupe aux lèvres

Nous avons annoncé que Madagascar avait affrété un bateau japonais pour charger 40 000 balles de riz et nous avons même mentionné l’enthousiasme que les colons de la Grande Île manifestaient à l’idée qu’ils allaient être ravitaillés par leur « premier affrété ». Une correspondance de Bourbon nous apprend que ce navire japonais a dû arrêter son chargement pour entrer en cale sèche et réparer ses avaries.
Espérons que ce retard, s’il est exact, sera de courte durée.

Le tourisme aux colonies

Le Journal officiel de Madagascar a publié un arrêté aux termes duquel les conducteurs d’automobiles de l’Administration, transportant des bagages, marchandises ou colis postaux, sont autorisés à donner la remorque aux voitures particulières en détresse chaque fois que leur chargement le leur permettra, moyennant une taxe de 1 franc au kilomètre.
Cette mesure a été prise sur la demande de l’Automobile-Club de Madagascar afin de développer le tourisme sur les routes de la Grande Île, car beaucoup d’automobilistes hésitaient à se mettre en route, par crainte de la fâcheuse panne. Il en sera tout autrement désormais puisqu’ils savent pouvoir être secourus.
Le Courrier colonial


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 71 titres parus à ce jour.

26 mai 2018

Il y a 100 ans : Une réunion importante du commerce Majungais (1)


Dans les derniers jours de l’année qui vient de finir, le commerce majungais a tenu une très importante réunion à laquelle assistaient des directeurs, agents ou représentants des maisons des régions de l’Ouest. De très intéressantes questions y ont été développées et des résolutions excellentes adoptées.
On y a d’abord exposé la question monétaire, afin de remédier le plus possible à la crise qui ne fait qu’empirer. Les commerçants de régions de l’Ouest ont suggéré que tout l’or extrait du sol de la Grande Île soit réquisitionné et expédié sur la France qui le rembourserait en argent et en billon. Les commerçants de la colonie ne peuvent admettre que cet or soit employé encore à la fabrication de bijoux massifs qui sont aussitôt exportés sur l’étranger parce qu’invendables dans la colonie.
À cet égard, voici la production aurifère de la Grande Île depuis cinq ans : 1 804 kg. 48458 en 1913 ; 1 624 kg. 48387 en 1914 ; 2 092 kg. 99150 en 1915 ; et 1 515 kg. 36722 cent. en 1916, soit une moyenne de 1 500 kg. par an d’une valeur d’environ 4 millions qui pourraient être échangés avec la France pour la même somme en monnaies divisionnaires.
Il n’est pas besoin d’être un grand économiste pour reconnaître qu’une telle mesure améliorerait immédiatement le commerce de la colonie, que l’État y gagnerait et qu’enfin la Défense nationale récupérerait ainsi un notable contingent de l’or qui prend la route de l’étranger.
L’assemblée a examiné aussi la question des billets de banque qui rencontrent d’énormes difficultés pour s’écouler en dépit des lois et décrets promulgués dans la colonie.
Au lieu de faciliter le commerce, ces billets sont devenus l’objet de spéculations. C’est ainsi que des indigènes vendent leurs pois du Cap 400 francs la tonne si on les paie en numéraire, et ne les cèdent qu’à 600 francs si on les paye en billets de banque, soit un agio effectif de 50 %.
L’assemblée des commerçants de Majunga a déclaré cette situation intolérable et engagé énergiquement le gouvernement général à agir vite et à faire respecter la loi.
(À suivre.)
Le Courrier colonial


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25 mai 2018

Il y a 100 ans : Plus que jamais !


La crise des gouverneurs ne nous autorise d’aucune façon à jeter le manche après la cognée, à nous laisser aller au découragement.
Au contraire, il nous faut nous arranger d’un mal que nous ne pouvons empêcher et tâcher de le faire tourner à notre profit.
Nous avons tant attendu que nous pouvons sans péril attendre encore un peu. Seulement, il faut mettre à profit la pause qui nous est imposée par les circonstances.
Cette période peut être utilisée non pas pour mettre au point nos désirs, car nous savons ce que nous voulons, mais pour en préparer l’expression lors de l’arrivée du nouveau gouverneur.
En somme, que recherchons-nous ?
Que la Colonisation acquière un peu plus de personnalité, ne soit plus le joint des bureaux du Ministère.
Plus spécialement, et sans pousser à aucun particularisme dont le jeu ne pourrait qu’être néfaste, il faut que l’on tienne compte des intérêts régionaux et que nous ne soyons plus, de ce chef, le jouet des bureaux de Tananarive.
Ensuite, il y a la question maritime. Tamatave doit être un port, oui ou non ?
Telle est la question nettement à poser à celui qui vient vers nous.
Il ne s’agit plus de « projet » – il y en a trop – mais d’un « plan » pratique, arrêté une fois pour toutes, à présenter au nouveau gouverneur. Il ne pourra faire autrement que de répondre : Je donne, ou bien : Je ne donne pas ! Nous saurons à quoi nous en tenir.
Tout vaudra mieux que l’état d’indécision où nous sommes depuis 20 ans.
On voit donc que nous avons de quoi occuper notre loisir imprévu. À l’œuvre !
Le Tamatave

Mort d’un inspecteur des Colonies

M. Charles Hoarau-Desruisseaux, inspecteur général des Colonies, officier de la Légion d’honneur, qui avait repris du service au début de la guerre, vient de mourir.
Originaire de la Réunion, il fut un de nos plus remarquables inspecteurs des Colonies.
Il fut mis à la retraite avant la limite d’âge parce que, dans un rapport sur l’administration de Madagascar, il avait émis un jugement défavorable pour les talents administratifs de M. Augagneur !
Le Courrier colonial


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24 mai 2018

Il y a 100 ans : Pour le riz


Dernièrement, la Tribune a publié une série de « Notes » écrites au jour le jour par un colon qui paraît bien connaître la grande île.
Nous en avons retenu cette leçon générale : « Ce n’est pas le riz qui manque à Madagascar, ce sont les routes ».
Rien n’est plus vrai.
Un de nos amis, colon qui a fourni une longue et active carrière à la Côte Est, nous disait récemment : La région Nord-Centre de Mandritsara est un généreux « grenier » de produits de toutes sortes pour l’Est ; il s’agirait, moyennant quelques travaux de communication, que tout cela pût se déverser pratiquement vers les ports de la baie d’Antongil !
Plus près de Tamatave, toujours au Centre, il y a l’incomparable région des lacs Alaotra.
Tout le monde se rappelle le fiasco lamentable de la fameuse route Tamatave-Ambatondrazaka, par monts et par vaux. Projet étudié à la diable, dont l’exécution fut ordonnée hâtivement. Logiquement, la route devait descendre la vallée de l’Onibe, aboutir à Foulpointe, qui est en communication, facile à rendre pratique, avec Tamatave et les pangalanes Nord.
Cela, c’est le passé. Dans le présent, il y a un fait nouveau : le tramway Moramanga-Ambatondrazaka, qui s’embranche sur notre grande ligne Tananarive-Tamatave.
Il faut demander au gouvernement l’effort de l’achèvement de ce tramway en 1918 ; et, dès maintenant, mettre sur le tapis la question de son prolongement progressif vers Mandritsara, en ligne centrale de Madagascar.
C’est nécessaire, cela s’impose.

« L’Action »

Un nouveau journal vient de naître : L’Action, édité à Tananarive.
Nous souhaitons la bienvenue à notre nouveau confrère.

T. S. F.

Les travaux pour l’installation du poste central de T. S. F. commenceront bientôt aux environs de la capitale ; de la sorte, en cas de rupture des câbles, nous ne demeurerons pas sans nouvelles.
Nous ne savons combien de temps dureront les travaux.
La dépense dépassera certainement un million.

La classe 19

Les jeunes gens de la classe 19 seront appelés à passer le conseil de révision le 13 courant. Étant donné le nombre d’engagés volontaires de cette classe, il y aura peu de candidats.
Le Tamatave


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