20 novembre 2017

07 - La peste à Madagascar (1899)


Situation sanitaire de Tamatave (3)

(Suite et fin.)
Un lazaret, installé à Ivondro, permet aux voyageurs à destination des différents points de la ligne d’étapes de faire la quarantaine de cinq jours nécessaire pour la sortie du cordon sanitaire.
Les personnes entrées à ce lazaret sont : MM. Purcell et Pritchard, prospecteurs ; Mlle Hirlimann, institutrice ; M. Prunet, instituteur ; Timoléon et Stéfano, commerçants grecs ; Baudin, Lesueur et Lapaeque ; M. Fontoynont, médecin et sa femme ; le capitaine Violand et son ordonnance ; Tonnelier, Jean-Louis, Seymour, Fernand et Joseph.
Le lazaret de l’Île aux Prunes, qui est réservé aux personnes quittant Tamatave par mer, est occupé par MM. Bourges, écrivain des affaires civiles et Cerceau, comptable, sa femme et un enfant qui purgent une quarantaine de 5 jours pour pouvoir prendre La Ville d’Alger, qui doit les transporter à Vohémar.
Il y a 9 jours que pas un seul cas de peste n’a été signalé ; il est donc à peu près certain que la quarantaine, n’ayant plus de raison d’être s’il n’y a plus de cas, sera levée incessamment.
En tous cas, les mesures à prendre pour éviter le retour de cette épidémie sont surtout des mesures de propreté individuelle, des cases et des cours.
Les tinettes devront être désinfectées avec une solution de sublimé au 1/1000 ou de chaux.
Les cas d’épidémie doivent être déclarés par les habitants au commissariat de police.
Les rats étant considérés comme le principal propagateur de la maladie, l’avis engageant les habitants à Tamatave à détruire ces animaux est toujours en vigueur. – Les rats pris au piège devront être tués par l’eau bouillante et envoyés de 7 heures à 9 heures du matin et de 3 heures à 5 heures du soir à l’agent chargé de les détruire par le feu, au lieu situé entre l’abattoir et la ligne de chemin de fer, au bord de la mer, derrière le village d’Ampassimazava.
Une somme de 0,25 franc sera remise pour chaque rat rapporté. Il est bien recommandé de ne pas toucher les rats.
L’administrateur en chef-maire prie instamment la population à faire tous ses efforts pour la destruction des rats.
Journal officiel de Madagascar et dépendances
Supplément commercial (Tamatave et Côte Est)

Mercredi 20 septembre 1899.

Extrait de La peste à Madagascar 1898-1931, un livre numérique de la Bibliothèque malgache disponible dans toutes librairies proposant un rayon ebooks (2,99 €) et, à Antananarivo, à la Librairie Lecture & Loisirs (9.000 ariary).

19 novembre 2017

06 - La peste à Madagascar (1899)

Situation sanitaire de Tamatave (2)

(Suite.)
À la suite de ces 4 cas, M. l’Administrateur en Chef a fait afficher le 15 septembre l’avis suivant dans la ville :
AVIS
Conformément aux instructions de M. le Gouverneur Général et sur avis de la Commission d’hygiène, le cordon sanitaire sera, à partir du 15 septembre 1899, établi aux limites suivantes :
Au Sud, la limite à Ivondro suit la rive droite du bras du fleuve, sur lequel se trouvent les propriétés Chantepie, Bucquet, Clarenbach jusqu’à la propriété Dupuy, appelée Androhovola.
À l’Ouest et à partir de cette propriété, le limite suivra la crête des montagnes jusqu’à Soanirana et Vohitrambato ; se dirigera de ce dernier village sur Mahanoro, en deçà de l’Ivoloina, pour s’infléchir ensuite vers l’ouest du côté de la propriété « l’Avenir et la Chance. ».
Au Nord, la limite sera la rive gauche de l’Ivoloina, de façon à englober dans son enceinte Vohidotra, le Jardin d’Essais et la propriété « l’Avenir ».
Aucune personne ni aucune marchandise, ne pouvant franchir le nouveau cordon pour sortir de Tamatave.
Les contraventions seront poursuivies conformément aux dispositions de la Loi du 3 mars 1822 et du décret du 31 mars 1897.
Tamatave, le 15 septembre 1899.
L’Administrateur en Chef,
R. de  Beeckman.
L’établissement de ce cordon a surtout pour but d’isoler le foyer de l’épidémie  et de ne pas exposer la colonie entière à être mise en quarantaine.
Le cordon sanitaire est établi à l’aide de 100 miliciens encadrés.
Plusieurs des principaux commerçants et colons de la ville de Tamatave ayant adressé par télégramme une protestation à M. le Gouverneur Général, pour le prier de revenir sur sa décision qui allait paralyser le commerce local, M. le général Pennequin a répondu aux signataires qu’il prenait le plus vif intérêt à la situation créée au commerce de Tamatave par la nouvelle épidémie, et qu’ils pouvaient compter sur toute sa sollicitude pour la protection de leurs intérêts par une bienveillante application des règlements sanitaires, mais qu’il était de son devoir de faire tous ses efforts pour empêcher l’extension du fléau dans les autres ports de la colonie.
 (À suivre.)
Journal officiel de Madagascar et dépendances
Supplément commercial (Tamatave et Côte Est)

Mercredi 20 septembre 1899.

Extrait de La peste à Madagascar 1898-1931, un livre numérique de la Bibliothèque malgache disponible dans toutes librairies proposant un rayon ebooks (2,99 €) et, à Antananarivo, à la Librairie Lecture & Loisirs (9.000 ariary).

18 novembre 2017

05 - La peste à Madagascar (1899)


Cordon sanitaire

Conformément aux instructions de M. le Gouverneur Général et sur avis de la Commission d’hygiène, le cordon sanitaire sera, à partir du samedi 11 février, reporté aux limites suivantes :
Au Sud la limite reste à Ivondro, suit la rive droite du bras du fleuve sur lequel se trouvent les propriétés Chantepie, Bucquet, Clarenbach jusqu’à la propriété Dupuy appelée Androhovola.
À l’Ouest et à partir de cette propriété, la limite suivra la crête des montagnes jusqu’à Soanierana et Vohitrambato, se dirigera de ce dernier village sur Mahanoro en deçà de l’Ivoloina pour s’infléchir ensuite vers l’Ouest du côté de la propriété l’Avenir.
Au Nord la limite sera la rive gauche de l’Ivoloina de façon à englober dans son enceinte Vohidotra, le Jardin d’essais et la propriété l’Avenir.
Aucune personne ni aucune marchandise ne pourront franchir le nouveau cordon pour sortir de Tamatave.
Les contraventions seront poursuivies conformément aux dispositions de la loi du 3 mars 1822 et du décret du 31 mars 1897.
Journal officiel de Madagascar et dépendances
Supplément commercial (Tamatave et Côte Est)
Mercredi 8 février 1899.

L’épidémie s’achève

Le dernier cas de peste a été constaté le 3 février et la guérison du dernier cas remonte au 13 du même mois.
Du 31 janvier à ce jour, des indemnités, partie en à compte, et partie en totalité, représentant une somme de 5 730 francs ont été payées à 75 personnes nécessiteuses, pour la plupart, propriétaires d’immeubles contaminés et détruits.
Journal officiel de Madagascar et dépendances
Supplément commercial (Tamatave et Côte Est)
Mercredi 1er mars 1899.

Situation sanitaire de Tamatave (1)

Depuis quelques jours, quatre décès attribués à la peste bubonique ont été constatés dans la population de Tamatave.
Voici exactement la situation des décès survenus à la suite de cette maladie depuis le 24 juillet, jour de l’apparition du 1er cas, à ce jour :
24 juillet. – La Victoire Paul, âgé de 5 ans, né à Maurice.
6 septembre. – Lalanne Eliska, âgée de 37 ans, née à Maurice.
11 septembre. – Charles François, 11 ans, né à La Réunion.
12 septembre. – Marie-Louise Sade.
Depuis le 12 septembre, aucun cas.
(À suivre.)
Journal officiel de Madagascar et dépendances
Supplément commercial (Tamatave et Côte Est)

Mercredi 20 septembre 1899.

Extrait de La peste à Madagascar 1898-1931, un livre numérique de la Bibliothèque malgache disponible dans toutes librairies proposant un rayon ebooks (2,99 €) et, à Antananarivo, à la Librairie Lecture & Loisirs (9.000 ariary).

17 novembre 2017

04 - La peste à Madagascar (1898)

Marche de l’épidémie à Tamatave

2 décembre 1898 : 6 cas dont 2 décès.
4 décembre : 3 cas confirmés, 4 suspects et 4 décès.
5 décembre : 1 cas, 3 décès.
6 décembre : 6 cas confirmés, 1 décès.
7 décembre : 4 cas confirmés, 5 décès dont un Chinois et 4 indigènes.
8 décembre : 6 cas, 5 décès.
Le Journal officiel de la Colonie du 6 décembre donne des instructions à MM. les Commandants de Cercle et Administrateurs au sujet de l’épidémie actuelle.
Le Maire de Tananarive a, par une décision locale, prescrit les mesures suivantes en ce qui concerne le Chef-lieu :
Propreté et aération des habitations, cabinets, désinfection à la chaux ; création d’un service médical permettant de s’assurer de l’état de propreté des différentes parties de la ville ; obligations aux habitants de déclarer sans délai les cas d’épidémie de leur connaissance ; les malades seront transportés au Fort Duchesne et leurs habitations seront désinfectées ou incendiées, s’il s’agit de cases en paille, les effets et la literie seront brûlés. Les règles d’hygiène à observer sont les suivantes :
Ablutions corporelles le plus souvent possible, désinfection des habits et de la literie.
Éviter les excès de toutes sortes.
Description des symptômes de la maladie : abattement du malade, mal de tête, frissons, fièvre, selles et vomissements fétides, agitation, délire, du 2e au 4e jour apparition des bubons.
Les rats et les souris étant propagateurs de la peste il faut les détruire par tous les moyens possibles ; il est recommandé de les incinérer sur place en ayant soin de ne pas toucher aux cadavres.
Les autorités locales sont chargées de l’exécution de cette prescription dans tous les centres de l’île et les habitants devront les aider par tous les moyens en leur pouvoir.

Nécrologie

M. de la Haye Duponsel est décédé le 3 de ce mois, victime de la maladie épidémique qui sévit en ce moment.
M. Duponsel, originaire de l’Île Maurice, habitait Madagascar depuis 8 ans ; associé de M. Trouchet, il était une notabilité commerciale de Tamatave, très connu et très aimé, sa mort a causé dans notre ville une légitime émotion.
Journal officiel de Madagascar et dépendances
Supplément commercial (Tamatave et Côte Est)

Samedi 10 décembre 1898.

Extrait de La peste à Madagascar 1898-1931, un livre numérique de la Bibliothèque malgache disponible dans toutes librairies proposant un rayon ebooks (2,99 €) et, à Antananarivo, à la Librairie Lecture & Loisirs (9.000 ariary).

15 novembre 2017

03 - La peste à Madagascar (1898)

La peste bubonique à Tamatave (3)

(Suite et fin.)
Le courrier et les agents à destination de Tananarive seront dirigés directement sur cette ville, la route de Majunga sera du reste, en raison des circonstances, utilisée le plus possible pour le transport du personnel et du matériel civil et militaire. À cet effet une grande partir des porteurs de l’Administration employés sur la route de Tamatave seront envoyés à Majunga et il serait avantageux que le commerce de la capitale, dans son propre intérêt aussi bien que dans l’intérêt général, abandonnât la route de Tamatave pendant toute la durée de la quarantaine qui isole désormais ce dernier port du reste de l’île.
Les mesures prises à Tamatave pour combattre les premières atteintes du fléau sont des plus rigoureuses mais elles se justifient par l’intérêt supérieur du salut public et par l’impérieuse nécessité d’employer tous les moyens pour sauvegarder les autres régions de la colonie contre toute contamination. C’est ainsi que sur l’avis du conseil sanitaire de Tamatave, il a été décidé qu’en raison de l’absence de tout autre moyen efficace de désinfection, les locaux, les objets de literie et les vêtements des personnes atteintes par le mal seraient brûlés. En outre l’Administration se préoccupe d’installer sur l’île aux Prunes, en rade de Tamatave, un ou deux pavillons d’isolement pour y faire séjourner en observation pendant un certain temps les colons, les officiers et fonctionnaires qui désireraient rentrer en France. L’ensemble des dispositions qui ont été prises aussi rapidement que possible, l’activité et le dévouement qu’a déployés le corps médical de Tamatave dès que les premiers cas suspects ont été constatés permettent d’espérer que l’épidémie pourra être enrayée et circonscrite.
M. le docteur Lidin, Directeur du service de santé, a quitté, le 28, Tananarive, se rendant à Tamatave pour examiner la situation sur place et se rendre compte du caractère réel de l’épidémie.
Journal officiel de Madagascar et dépendances
Supplément commercial (Tamatave et Côte Est)

Samedi 3 décembre 1898.

Extrait de La peste à Madagascar 1898-1931, un livre numérique de la Bibliothèque malgache disponible dans toutes librairies proposant un rayon ebooks (2,99 €) et, à Antananarivo, à la Librairie Lecture & Loisirs (9.000 ariary).

14 novembre 2017

02 - La peste à Madagascar (1898)

La peste bubonique à Tamatave (2)

(Suite.)
Complétant les indications qui avaient été transmises la veille, M. l’Administrateur de Tamatave télégraphiait le 25 novembre ce qui suit : « Depuis hier un nouveau cas un décès et ce matin un cas à Tanambao qui n’a pas encore été constaté, deux suivis de décès et six autres décès qui peuvent être attribués à la même cause. Il est impossible jusqu’à présent de retrouver le point de départ de la contamination. »
Le 26 un nouveau décès et trois nouveaux cas étaient signalés soit au total seize cas dont treize indigènes et trois créoles parmi lesquels treize ayant été suivis de décès dont un de créole. Dès que ces informations sont parvenues à Tananarive, M. le Gouverneur Général a pris les mesures les plus rigoureuses en vue de localiser le fléau, s’il est réellement confirmé que l’on se trouve en présence de la peste bubonique et d’empêcher autant que possible sa dissémination dans l’île.
Le comité d’hygiène de la colonie à Tananarive et le conseil sanitaire à Tamatave se sont réunis dans la journée du 26 novembre pour examiner la situation et proposer au chef de la colonie tous les moyens propres à étouffer l’épidémie. À l’issue de la séance du comité d’hygiène, M. le Gouverneur Général a pris un arrêté dont le texte a été affiché simultanément à Tananarive et à Tamatave et dans tous les postes de la ligne d’étapes aux termes duquel les villes de Tamatave et d’Andévorante ainsi que la région qui les sépare ont été mises en quarantaine.
Les convois montant de personnels et de marchandises seront arrêtés à Andévorante et les convois descendant ne pourront pas dépasser Mahatsara. Toutefois cette mesure ne s’applique qu’aux porteurs constituant ces convois afin que ceux d’entre eux qui auraient pu être contaminés pendant leur séjour à Tamatave ne puissent ni regagner l’Imérina ni communiquer avec les bourjanes provenant du plateau central. D’autre part, des ordres ont été adressés à M. l’Administrateur en chef à Majunga pour que le courrier ainsi que les officiers et fonctionnaires arrivant de France par le paquebot du 2 décembre soient débarqués dans ce port à l’exception du personnel appelé à servir à Nossi-Bé et à Diégo-Suarez.
(À suivre.)
Journal officiel de Madagascar et dépendances
Supplément commercial (Tamatave et Côte Est)

Samedi 3 décembre 1898.



Extrait de La peste à Madagascar 1898-1931, un livre numérique de la Bibliothèque malgache disponible dans toutes librairies proposant un rayon ebooks (2,99 €) et, à Antananarivo, à la Librairie Lecture & Loisirs (9.000 ariary).

13 novembre 2017

01 - La peste à Madagascar (1898)

Le quotidien Les Nouvelles, à Antananarivo, où paraît quotidiennement la chronique Madagascar il y a 100 ans dont vous retrouvez une partie ici (et davantage dans les livres numériques parus ou à paraître) a publié une série d'extraits de l'ouvrage La peste à Madagascar 1898-1931 que revoici, pour une série de 31 chroniques puisées dans la presse du passé. L'histoire de précédentes épidémies de peste telle qu'elle s'est racontée par le pouvoir colonial, les scientifiques et les journalistes...
La peste bubonique à Tamatave (1)

Les renseignements fournis par le service médical de Tamatave paraissent établir que les décès survenus dans la population indigène de Tamatave depuis plusieurs jours sont dus à la peste bubonique qui règne sous la forme endémique dans l’Inde. Voici en effet le texte du télégramme adressé à M. le directeur du service de santé par le médecin chargé du service sanitaire à Tamatave : « ai été avisé hier soir par administrateur que médecin civil avait constaté plusieurs décès indigènes et soignant quelques malades atteints de fièvre infectieuse à forme suspecte, avons constaté ce matin plusieurs cas présentant des symptômes non douteux de fièvre à bubons, recherches microscopiques faites par le docteur Clouard dénotent dans ganglions bacilles courts à bouts renflés ne se colorant pas par la liqueur de Gram offrant tous caractères de bacilles yersin, allons prendre toutes mesures possible pour limiter contagion. »
Dès la réception de cette nouvelle, M. le Gouverneur Général a prescrit de faire les recherches les plus minutieuses en vue de découvrir l’origine de la contamination, mais les individus atteints appartenant presque tous à la race indigène il n’a pas été possible, jusqu’à présent du moins, de déterminer exactement la provenance de l’épidémie.
Complétant les indications qui avaient été transmises la veille, M. l’Administrateur de Tamatave télégraphiait le 25 novembre ce qui suit : « Depuis hier un nouveau cas un décès et ce matin un cas à Tanambao qui n’a pas encore été constaté, deux suivis de décès et six autres décès qui peuvent être attribués à la même cause. Il est impossible jusqu’à présent de retrouver le point de départ de la contamination. »
(À suivre.)
Journal officiel de Madagascar et dépendances
Supplément commercial (Tamatave et Côte Est)

Samedi 3 décembre 1898.

Extrait de La peste à Madagascar 1898-1931, un livre numérique de la Bibliothèque malgache disponible dans toutes librairies proposant un rayon ebooks (2,99 €) et, à Antananarivo, à la Librairie Lecture & Loisirs (9.000 ariary).

11 novembre 2017

Il y a 100 ans : Santé et assistance médicale

Par arrêté du 11 août 1917, pris en conseil d’administration, l’ambulance de Mananjary est rattachée au service de l’assistance médicale de la province et prend le nom d’hôpital de l’assistance médicale indigène de Mananjary.
Il est annexé au dit hôpital de l’assistance médicale indigène un service spécial destiné au traitement des Européens et assimilés.
Le prix de remboursement de la journée d’hospitalisation dans cet hôpital est fixé à un taux unique de 9 francs pour les militaires et les fonctionnaires, quelle que soit leur catégorie, et pour les particuliers.
Le prix de remboursement de la journée d’hôpital pour les femmes et pour les enfants au-dessus de 12 ans, des fonctionnaires et agents, ainsi que des militaires dont la solde est à la charge du budget local ou du budget colonial, est fixé à un chiffre égal à celui qui serait applicable au chef de famille lui-même ; ce tarif est réduit de moitié pour les enfants de 5 à 12 ans ; le traitement est gratuit pour les enfants au-dessous de 5 ans. Mais le budget local ou le budget colonial devra rembourser au budget de l’assistance médicale indigène le prix intégral de la journée tel qu’il est fixé ci-dessus.
Les recettes de l’hôpital, quelle qu’en soit la nature, seront effectuées directement par le service de l’assistance médicale indigène auquel incomberont les dépenses de fonctionnement du nouveau service.
Le présent arrêté, qui aura son effet à compter du 1er août 1917, sera inséré au Journal Officiel de la Colonie et publié ou communiqué partout où besoin sera.

Garde indigène

Par arrêté du 23 août 1917, l’effectif du personnel indigène de la brigade d’Antsirabe est porté, à compter du 1er septembre 1917, à 115 hommes, répartis conformément au tableau ci-après :
Adjudant : 1
Sergents 1re classe : 2
Sergents 2e classe : 2
Caporaux 1re classe : 4
Caporaux 2e classe : 5
Gardes 1re classe : 23
Gardes 2e classe : 78
Effectif : 115

Journal officiel de Madagascar et dépendances

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 67 titres parus à ce jour.

10 novembre 2017

Il y a 100 ans : On parle d’organiser des chantiers agricoles nationaux (2)

(Suite et fin.)
À ce sujet, le Bulletin des Renseignements coloniaux écrit : En agriculture alimentaire, on considère que la capacité productive d’un individu est très bonne quand il produit de quoi nourrir 200 de ses semblables ; elle est passable au coefficient 30, médiocre à 10, mauvaise au-dessous de ce chiffre. Or, le coefficient de l’indigène de la région côtière, à Madagascar, est de 2 à 5 lorsqu’il est livré à lui-même. Ce coefficient peut s’élever à 20 et atteindre même 60 si le travailleur malgache est employé sur une exploitation bien organisée sous la direction d’Européens. Que cette situation puisse se modifier avec le temps, cela n’est pas douteux, mais actuellement on ne peut compter sur l’extension des cultures de villages pour augmenter la production.
Peut-on compter au moins sur les cultures européennes ? Les colons demeurés sur leurs terres sont, hélas, trop peu nombreux. Il faudrait sans doute une organisation nouvelle permettant une production intensive, immédiate, grâce à laquelle la Grande Île pourrait fournir une surproduction de riz suffisante pour nourrir toute la France pendant plusieurs mois. Quatre mois, six mois au plus suffisent en effet pour obtenir une récolte de riz et 200 000 individus employés utilement pendant deux cents jours par an donneraient un supplément de récolte suffisant pour assurer le chargement de 250 navires.
M. Carle, directeur de la colonisation à Madagascar, propose de soumettre les travailleurs agricoles malgaches à la « réquisition civile » et de les organiser en chantiers agricoles nationaux qui travailleraient sous la direction d’Européens pris parmi les colons mobilisés ou mobilisables. Les travailleurs indigènes recevraient un salaire suffisant pour leur nourriture.
Ajoutons que le Comice agricole de Tananarive s’est déclaré partisan de cette combinaison et la Commission administrative nommée pour l’étudier s’est prononcée pour la mise en essai immédiate de ce programme.
Mais il ne suffira pas de produire beaucoup de riz, il faudra encore le transporter ; cela ne dépend plus de la colonie, mais de la métropole qui seule dispose ou, du moins, devrait disposer de moyens de transport.

Le Courrier colonial

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8 novembre 2017

Il y a 100 ans : On parle d’organiser des chantiers agricoles nationaux (1)

Puisque la France fait appel à ses colonies, qu’elle leur demande d’intensifier leur production de matières alimentaires, offrant à plusieurs d’entre elles d’acheter la totalité de leurs récoltes, il serait bon de savoir dans quelles limites elle peut compter sur elles. Il importe d’élucider cette question, de ne pas se payer de mots afin d’éviter des désillusions fâcheuses et inévitables.
Les denrées alimentaires les plus généralement produites, abstraction faite des contrées de l’Afrique du Nord, sont le riz, le manioc, les légumes secs, les arachides, le sucre. (Nous laissons de côté la viande.)
Quelles sont, pour ces matières, les possibilités de nos diverses colonies ? L’augmentation de production est avant tout une question de main-d’œuvre ; l’abondance de cette main-d’œuvre, sa valeur, son rendement différant très sensiblement d’une colonie à l’autre et même d’une région à une autre dans une même colonie ; les méthodes qu’il conviendra d’employer pour l’utiliser, pour augmenter son rendement habituel, seront très différentes selon qu’elles s’appliqueront à des Asiatiques ou à des Africains. Conviendra-t-il de faire appel à l’agriculture indigène ou à la culture européenne ? Là où l’organisation sociale est fortement constituée, comme en Indochine, on pourra sans doute recourir à la culture indigène sous le contrôle effectif des municipalités indigènes ; il n’en saurait être de même sur la côte d’Afrique et à Madagascar où l’organisation, communale est encore trop vague.
L’expérience qui vient d’être tentée dans la Grande Île nous paraît concluante : intensifier les cultures des villages a été tenté par deux arrêtés du 15 décembre 1916 : le résultat a été nul. Là où l’on craignait le contrôle d’un chef de district sévère, la terre a été remuée sans qu’aucune semence ait été plantée ; dans la majorité des cas, les villageois ont consommé les semences qu’on leur avait fournies comme avances.
(À suivre.)

Le Courrier colonial

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7 novembre 2017

Il y a 100 ans : L’inconvénient des mesures trop radicales

Les Français de la Grande Île continuent à se plaindre de la rareté de la monnaie. À ce sujet, un de nos correspondants nous écrit :
« Oui, les piastres se raréfient, et cela devient inquiétant d’autant plus que si l’on fait sa petite enquête, on croit comprendre qu’une des causes de la fuite des piastres ou de leur ensachement dans des salaka solidement noués (ce qui revient au même) est celle-ci : il y a quelque temps, on avait engagé les indigènes, engagé un peu énergiquement, à payer leurs impôts en numéraire plutôt qu’en billets.
« Naturellement, le résultat obtenu fut tout l’envers de celui qu’on attendait : les piastres disparurent complètement, et les indigènes se dirent, non sans bon sens, que puisque le percepteur ne voulait pas de billets, c’est que ceux-ci ne valaient pas grand’chose ; ils ont donc payé en papier afin de s’en débarrasser au plus vite et mis en lieu sûr ces bonnes piastres, si honnêtes que le Trésor les réclamait.
« Comme dit la sagesse des nations : Dépasser le but n’est pas l’atteindre. Les Malgaches en ont fait une fois de plus l’expérience. »
Et puisque nous parlons d’insuffisance de numéraire, il conviendrait peut-être de rappeler ici une idée de notre confrère local, la Tribune de Madagascar, qui demande qu’on fasse rentrer les 3 millions de créance dont les Indiens sont les principaux débiteurs ; selon notre confrère, les maisons allemandes paieraient de suite, en numéraire, et ce serait une ressource immédiate que, suivant les circonstances et le moment, le Trésor rembourserait à vue.

Le commerce de l’or à Madagascar

Le gouvernement de la Grande Île avait demandé l’avis de la Chambre des Mines sur l’opportunité d’interdire – en raison des circonstances actuelles – la vente de l’or aux particuliers et aux bijoutiers, afin de réserver la totalité de la production aurifère actuelle à la métropole. La Chambre des Mines a répondu dans un sens favorable sous condition que les droits acquis des Européens seraient sauvegardés.

Le Courrier colonial

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6 novembre 2017

Il y a 100 ans : La question du riz à Madagascar

À Madagascar, les cours du riz ont subi une hausse excessive provoquée surtout par l’insuffisance de la main-d’œuvre, et peut-être aussi – mais ce n’est qu’un bruit – par certains spéculateurs. Toujours est-il que ce renchérissement a causé une émotion intense dans la colonie qui avait déjà vu une notable proportion de ses disponibilités réquisitionnées par l’Intendance pour ravitailler Bourbon.
Il ne faut pas oublier que le riz est la base de la nourriture des indigènes, et que les prix actuellement pratiqués sont au-dessus de leurs moyens.
En présence de ce fâcheux état de choses, les comices agricoles de la Grande Île ont préconisé divers moyens susceptibles de remédier à la situation.
Les colons sont d’autant plus mécontents que plusieurs milliers de travailleurs mobilisés rentrent à la Réunion (d’aucuns en sont à leur troisième rapatriement) pour assurer la coupe des cannes gravement compromise par l’absence de main-d’œuvre suffisante. Et les colons disent, non sans ombre de raison, que puisque la métropole est si prodigue de voyages pour les travailleurs réunionnais, elle pourrait bien rendre à Madagascar quelques milliers de recrutés qui y sont encore, mais attendent d’un moment à l’autre leur ordre de route.
On demande à la Grande Île de surproduire pour ravitailler la France, qu’on lui en laisse au moins les moyens.

La question des Chambres de commerce à Madagascar

Le 15 juin dernier, la Chambre consultative de Tananarive se réunissait pour prendre connaissance du projet de décret transmis au ministre par le gouvernement général et tendant à donner la personnalité civile à certaines chambres consultatives.
La Chambre consultative de Tananarive a approuvé vivement ce projet qui correspond à des desiderata depuis longtemps formulés ; néanmoins, le projet lui semble quelque peu imparfait.
Le but souhaité serait, en effet, la transformation des chambres consultatives en chambres de commerce, avec un statut personnel, la législation régissant les chambres de commerce de la métropole n’étant pas applicable à la Grande Île, du moins intégralement.

Le Courrier colonial

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 67 titres parus à ce jour.

3 novembre 2017

Il y a 100 ans : Détaillants roublards

Nos confrères de la Grande Île signalent que dans divers centres de la colonie des hommes jeunes et vigoureux, dont le travail devrait contribuer à la vie économique de l’île, exercent un commerce de menus comestibles.
Ils font remarquer judicieusement que ce commerce au détail (riz, manioc, patates, pommes de terre, légumes, œufs, poissons secs et autres menus comestibles avec ou sans préparation culinaire) n’avait été, jusqu’ici, imposé qu’au demi-droit de la patente en raison de ce qu’il n’était exercé que par des vieillards, des femmes et des infirmes. Mais il n’en est plus de même actuellement et nombreux sont les gaillards forts et solides demandant leurs moyens d’existence à ce commerce insignifiant qui flatte leur goût à la paresse et leur amour du petraka.
Le farniente, élevé à la hauteur d’une institution, finit par être scandaleux. On voit même des gars solides venir au zoma avec trois mangues, en vendre deux, manger la troisième et déclarer leur journée bien remplie.
Dans ces conditions, le gouvernement de la Colonie et le Conseil d’administration ont estimé qu’il y avait lieu de compléter l’article 21, par trop bienveillant, de l’arrêté du 30 octobre 1909 sur les patentes et de réserver la faveur de la réduction de cette taxe aux vieillards âgés de plus de soixante ans, aux femmes ou aux individus atteints d’infirmités les empêchant de se livrer à un autre travail.
En conséquence, un arrêté pris le 11 juin 1917 sanctionne cette modification.

Les cuirs de la Grande Île

Depuis le commencement de l’année, les cuirs semblaient, du fait de la réquisition, s’être évanouis dans la Grande Île ; il n’en arrive toujours pas de la brousse, mais Morondava en a fait un modeste envoi.
Des bruits inquiétants avaient couru, entre autres celui que l’intendance raflait tous les cuirs qu’elle trouvait. C’était exagéré ; néanmoins, elle réquisitionne sans discernement (cela se voit en France aussi) et empile son butin dans des magasins où il se détériore plutôt. Si cette détérioration est aussi grave qu’on le dit, les cuirs malgaches seront dépréciés à leur arrivée en France et ce sera le résultat le plus clair de la réquisition.

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2 novembre 2017

Il y a 100 ans : La mutualité à Madagascar

Sous la présidence du chef de la province de Tananarive et du chef du service de la Colonisation, les associations syndicales du Betsimitatatra et d’Alasora ont tenu leur assemblée générale annuelle sous les ombrages du jardin de Nanisana.
On y discuta la situation financière et administrative et on décida d’augmenter le taux de la redevance annuelle fixée à deux journées par hectare ou fraction d’hectare et de le porter à moitié de la valeur de l’impôt sur les rizières. Ainsi, cette redevance sera plus facile à répartir, les rôles plus faciles à établir et les redevances à réunir.
De son côté, la Société coopérative de Nanisana a tenu sa réunion dans laquelle il a été décidé de vendre, aux sociétaires, les semences au prix du jour ; les travaux des rizières seront effectués avec les instruments de la société, mais les bœufs devront être la propriété des sociétaires ou fournis par eux.
Une société du même genre a été créée à Ambatolampy et les statuts ont été élaborés par M. Letorey, chef du district, particulièrement compétent en cette matière.

Les routes à Madagascar

Bien que M. Merlin soit déjà arrivé à Madagascar, le souvenir de son prédécesseur n’est pas près de s’effacer de la mémoire des colons, ce qui est aussi honorable pour ceux-ci que pour celui-là.
Aussi bien, un de nos correspondants d’Ambodihara nous écrit pour nous marquer sa satisfaction de voir la route d’Ampasimazava à Mananjary presque achevée.
Il faut dire que cette route est un des derniers cadeaux faits par M. Garbit aux planteurs, les pionniers de la première heure de l’Antsaka. Grâce à l’activité du conducteur et du surveillant et aussi au bon vouloir des prestataires – rara avis – (encore qu’ils soient peu nombreux), la route touchera Mananjary dans un temps relativement peu éloigné.
Cette route avait été commencée dans les derniers jours d’avril. Aussi, les colons nous prient d’en exprimer tous leurs remerciements à l’ancien gouverneur général aujourd’hui sur le front de guerre.

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1 novembre 2017

Il y a 100 ans : Joyeusetés coloniales (2)

(Suite et fin.)
Heureusement, la marmite s’enfouit dans la terre et n’éclate pas. Vous croyez peut-être qu’il a tiré sur le jaune ! Pas du tout ! Il ne s’est pas douté que celui-ci trottinait derrière moi. Il est si petit !
Enfin, tombe-t-il de la pluie ! Ma corpulence ne me permet pas de m’aplatir, comme lui, contre la tranchée du côté opposé à celui où l’eau ruisselle. Je suis toujours trempé et lui, il reste sec !
Voyons, ma capitaine, vous ne me direz pas que c’est juste. Alors il faut bien que je rétablisse un peu l’équilibre en lui bourrant les côtes.
— Tu voudrais que les chances s’égalisent entre ton camarade et toi ?
— Oui, ma capitaine.
— Eh bien, il n’y a qu’un moyen : comme il n’est pas possible de l’allonger, on va te raccourcir. Préfères-tu que ce soit par en haut ou par en bas ?
— Quoi, ma capitaine, réplique le Sakalave effaré ?
— On va te couper la tête ou les jambes à ton choix.
L’indigène considère son chef avec ahurissement : le voyant observer un imperturbable sérieux, il croit qu’il ne lui reste plus qu’à choisir entre ces deux terribles alternatives. Alors, pris d’épouvante, il détale à toutes jambes et va se réfugier, tout tremblant, dans le réduit le plus obscur de la tranchée.
Depuis ce moment, l’Annamite est heureux. Jamais plus le Malgache ne s’approche de lui, de crainte sans doute qu’en les voyant l’un près de l’autre, ses idées d’égalité ne reprennent le capitaine.
Chanteclair.

Les os pour l’engrais

L’engrais manque un peu partout, même aux colonies.
À ce sujet, la Revue vétérinaire et agricole de Madagascar conseille à ses lecteurs d’utiliser les nombreux stocks d’os qui restent sans emploi dans les usines frigorifiques et de conserves de viandes. À défaut de les employer à l’état pulvérisé, ce qui évidemment les rend plus assimilables, on peut les employer concassés, notamment pour les cultures arbustives.

À la mémoire du capitaine Muscatelli

En vue de commémorer le nom du capitaine Muscatelli dont nous avons donné les brillants états de service et la mort glorieuse, la caserne de la garde indigène de Majunga portera désormais le nom du vaillant inspecteur tué à l’ennemi.

Le Courrier colonial

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