14 janvier 2018

Il y a 100 ans : Vanille et vanilline (4)

(Suite et fin.)
Cette année, elle promet d’être aussi bonne. Il ne semble donc pas que les cours de 17 à 19 francs le kilogramme, pratiqués l’an dernier aux conditions de Paris pour les lots de bonne qualité, puissent s’élever si la vanilline continue à entrer en France, si le Mexique peut toujours nous expédier ses produits.
Au cas où l’interdiction que nous réclamons serait appliquée, nos colons auraient la satisfaction d’écouler rapidement leur récolte à des cours qui seraient un peu plus rémunérateurs, sans atteindre toutefois ceux qu’ils ont connus il y a quelques années.
Le consommateur français ne s’apercevrait guère de la différence, et une culture coloniale particulièrement intéressante ne risquerait pas de perdre de son importance.
Nous voulons espérer que M. René Besnard, dont nous connaissons toute la bonne volonté, s’emploiera pour faire cesser une situation si préjudiciable à nombre de ses administrés.
Que l’on n’invoque pas ici les difficultés de transport. Amener les vanilles du Mexique ou celles de nos colonies, c’est exactement la même chose.
Quant à la vanilline, les 750 000 francs d’or qu’elle fait sortir annuellement de France valent bien que l’on accorde à nos colons, sur nos bateaux, l’infime place nécessaire pour envoyer dans la métropole leur récolte de vanille.
Jean Peyraud.

Le coup d’œil des Malgaches

Les qualités de race des Malgaches, l’acuité de leur vue, la subtilité de leur ouïe et de leur odorat, leur souplesse et l’habileté qu’ils déploient à ramper sans bruit, les rendent particulièrement aptes au métier de patrouilleur. Mais, surtout, ils excellent au lancement des grenades. Il ne faut pas oublier que, pasteurs de troupeaux pour la plupart, ils ont accoutumé de ramener les bêtes qui s’écartent en leur jetant un caillou et ils arrivent à une précision telle que le caillou atteindra très exactement et souvent de fort loin le point visé, la corne droite du bœuf, par exemple… Tirailleurs, ils se servent de leurs grenades avec la même virtuosité que, pasteurs, leurs cailloux.

Le Courrier colonial

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 71 titres parus à ce jour.

13 janvier 2018

Il y a 100 ans : Vanille et vanilline (3)

(Suite.)
Suivant les dernières statistiques que nous avons consultées, il entre encore annuellement en France plus de 5 000 kilogrammes de cette mixture chimique au prix de 150 francs le kilogramme.
C’est donc 750 000 francs d’or qui sortent pour que la malfaisante vanilline puisse entrer.
Est-ce admissible ? Alors que tant de choses dont l’utilité ne saurait être contestée ne peuvent plus être achetées à l’étranger, parce qu’il faut ménager nos ressources en or, la vanilline continue à jouir d’un régime de faveur.
Il faut croire que les rois de la chocolaterie sont bien puissants !
Cependant, ce n’est pas un secret pour personne que la vanilline nous vient d’Allemagne par des voies plus ou moins indirectes. Même en temps de guerre, les usines boches réussissent à introduire chez nous cette drogue dont les effets nocifs ne sont même plus discutés !
Nous demandons avec insistance aux Pouvoirs Publics de mettre fin à ce scandale, de réserver l’or de la France pour un meilleur usage, d’interdire rigoureusement l’importation de la vanilline.
En même temps, ils rendraient service à nos colons dont la vanille trouverait des débouchés à des prix qui ne seraient pas tout à fait des prix de famine.
D’autre part, ne doit-on pas interdire l’introduction en France des vanilles du Mexique ? À vrai dire, nous savons qu’il en est question, mais il faudrait se hâter de prendre cette mesure, car ici encore, c’est notre or qui s’en va à l’étranger sans aucune nécessité, puisque les vanilles de nos colonies sont d’assez bonne qualité pour que les consommateurs puissent se passer des vanilles du Mexique. Celles de la Réunion notamment peuvent rivaliser avec elles.
Et puis, quand bien même nos vanilles coloniales seraient un peu moins finement parfumées que leurs concurrentes du Mexique, les nez les plus délicats ne doivent pas oublier que nous sommes en temps de guerre et qu’ils peuvent bien faire quelques sacrifices aux dépens de leur nerf olfactif !
Précisément, la récolte de la vanille a été très abondante l’an dernier, elle fut même au-dessus de la normale tant à Bourbon qu’à Madagascar et aux Comores.
(À suivre.)
Jean Peyraud.

Le Courrier colonial

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10 janvier 2018

Il y a 100 ans : Vanille et vanilline (2)

(Suite.)
La tôle manque, alors construisons des navires en bois, comme le fait l’Angleterre. Rien qu’en Cochinchine, il est possible de construire des navires à l’arsenal de Saïgon, aux chantiers des Messageries Fluviales, aux ateliers de construction mécanique de la Société de dragages de Mytho dont le directeur général, M. Dessoliers, est mobilisé en France.
En Annam, le port de Cam-Ranh, œuvre de l’actif marquis de Barthelemy, se prêterait également à la mise en chantier de bateaux de petit tonnage.
Madagascar, la Réunion, les Antilles, l’A. O. F., l’A. E. F., Cap Lopez en particulier, peuvent également construire des navires si le sous-secrétaire d’État aux transports maritimes, M. de Monzie, qui y paraît d’ailleurs résolu, demande à ces colonies de le faire.
Ainsi se créerait cette flotte marchande coloniale que nous réclamons depuis si longtemps avec tous les esprits avertis. Jamais elle ne fut plus nécessaire, jamais aussi l’occasion ne fut plus favorable pour doter nos possessions d’outre-mer des moyens de transport indispensables à leur développement.
Pour mieux faire toucher du doigt à nos lecteurs l’acuité de la crise des transports entre la métropole et nos lointains territoires, nous laisserons de côté les doléances de nos colons dont les produits sont encombrants et occupent une place considérable dans les cales des navires, pour ne nous occuper que des lamentations des planteurs de vanille dont les produits – tout le monde le sait – exigent le minimum de place à bord.
Or, la vanille elle-même de la Réunion, de Madagascar, des Antilles, de Tahiti, etc., ne peut être amenée en France, ou, si elle l’est, elle arrive avec une telle lenteur que les producteurs éprouvent de ce fait le plus sérieux préjudice !
Cependant, la vanille est une des cultures particulièrement précieuses de notre empire d’outre-mer ; de toute nécessité il faut la protéger, l’encourager.
Or, le croirait-on ? La rivale de la vanille, la vanilline, ce produit essentiellement boche contre lequel le Courrier Colonial mène depuis bientôt dix ans une inlassable campagne, a conservé chez nous tous ses débouchés d’avant-guerre.
 (À suivre.)
Jean Peyraud.

Le Courrier colonial

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8 janvier 2018

Il y a 100 ans : Vanille et vanilline (1)

Dans son dernier numéro, ce journal s’est fait l’écho des doléances de nos colons, invités à surproduire par l’administration, alors que les rares navires envoyés par la métropole ne peuvent même pas enlever une production normale.
Produits du sol et produits du sous-sol sont comme sœur Anne : ils ne voient jamais rien venir !
Le ministre du ravitaillement, M. Maurice Long, – nom qui semblait le prédestiner à ce poste ingrat, – annonçant à la Chambre qu’il réduisait le nombre des bateaux assurant les transports entre Madagascar et la France, ajoutait qu’il comptait sur le patriotisme de nos colons pour les empêcher de se plaindre d’une pareille mesure.
Nos compatriotes auraient tort de se lamenter, car leurs lamentations seraient sans résultat. Ils le savent et ne perdront pas leur temps en jérémiades quand bien même ils ne sauraient que faire de leurs loisirs.
Mais ils ne s’attendaient vraiment pas à voir leur patriotisme mis à l’épreuve de cette manière. Ils étaient décidés à venir par tous les moyens possibles en aide à la métropole ; leur activité, leur dévouement, leur expérience étaient à son service, et alors qu’ils étaient si bien disposés, on leur dit de rester inactifs par patriotisme !
Ne faites rien, ne produisez rien, voilà l’effort qui est demandé à nos possessions d’outre-mer quand tous les coloniaux et nombre de métropolitains sont d’accord pour affirmer que la métropole ne pourra subsister qu’avec l’existence de ces lointains territoires. Le blé, l’orge, le riz, le maïs, le manioc, le sucre qu’ils doivent produire en abondance pour suppléer à l’insuffisance de la production de la mère patrie semblent devenus quantité négligeable, si l’on en croit M. Maurice Long.
Voilà qui est bien fait pour encourager nos colons et attirer vers nos possessions les immigrants et les capitaux qui leur seront indispensables après la guerre.
Les bateaux se font rares. Soit. Que l’on se hâte alors d’en construire dans toutes nos colonies possédant le bois et la main-d’œuvre nécessaires.
(À suivre.)
Jean Peyraud.

Le Courrier colonial

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6 janvier 2018

Il y a 100 ans : Les tirailleurs malgaches (2)

(Suite et fin.)
Le bataillon vient, cette fois, de monter tout entier dans le sous-secteur nord du bois de Quiney. À cette occasion, beaucoup d’indigènes, qui faisaient partie de la S. H. R., ouvriers ou conducteurs, ont demandé à quitter la section pour monter en ligne avec leurs camarades, parce qu’ils veulent « gagner la croix de guerre et puis aller après à Paris ». Ceci rappelle qu’en arrivant à Soissons, un Malgache, fusilier-mitrailleur, qui voyait qu’au lieu de participer comme combattant à l’offensive, on l’employait à casser des cailloux sur les routes, a déserté le bataillon et est allé, le 16 avril au matin, se présenter, avec son fusil-mitrailleur, au colonel commandant le ne colonial, pour lui demander de l’utiliser, lui et son fusil.

Le pain de riz

Dans une intéressante étude sur le riz de Madagascar, M. Petré établit la composition et la valeur chimique du blé comparée avec le riz de la Grande Île et celui de Saïgon ; il conclut à la possibilité de l’admission de 10 à 15 % de farine de riz dans la fabrication du pain, sans qu’il en résulte le moindre inconvénient pour la santé publique.
La presse locale demande que ces considérations soient prises en valeur (étant donné les difficultés que l’Administration rencontre pour se procurer de la farine) et qu’on intensifie la culture du riz dont la farine aura un placement assuré.
Nos lecteurs se souviennent vraisemblablement que notre directeur avait eu déjà cette idée et qu’il avait énergiquement préconisé cette addition du riz au blé de froment, sans aucun succès d’ailleurs.
Souhaitons que nos confrères de la Grande Île soient plus heureux car notre colonie de l’océan Indien ressemble à sa métropole. Ce ne sont pas les excédents de farine qui l’encombrent.


À Majunga

À Majunga, un Indien de Marovoay, employé de commerce, augmentait sa matérielle en prenant une « petite commission » sur le change des billets de banque.
S’étant fait prendre flagrante delicto au moment où il faisait payer un change pour un billet de 50 francs, il a été condamné à 1 500 francs d’amende et à l’affichage du jugement à Majunga, dans chaque district et dans chaque canton de la province.

Le Courrier colonial

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5 janvier 2018

Il y a 100 ans : Les tirailleurs malgaches (1)

On sait que, parmi les bataillons que le recrutement de Madagascar fournit actuellement sur notre front, les uns combattent, les autres sont uniquement employés comme bataillons d’étapes. Un de ces bataillons a été constitué au camp de Saint-Raphaël, conformément à la décision ministérielle du 8 décembre 1916, et dès le 4 avril 1917, joyeux et plein d’entrain, il quittait le camp pour être dirigé vers la zone des armées. Il débarqua à Soissons et fut mis du 10 au 30 avril à la disposition du génie et de l’artillerie pour des travaux routiers et des manutentions de matériel et de munitions.
Tandis que le reste du bataillon devait être employé au ravitaillement des unités d’assaut, une de ces compagnies fut désignée avec la compagnie de mitrailleuses, pour participer aux attaques contre le canal de l’Aisne et voie ferrée de Soissons-Laon. Les deux compagnies furent engagées, le 5 mai, par le colonel du R., sous les ordres de qui elles avaient été placées ; elles s’élancèrent, comme à l’exercice, à l’assaut de la tranchée « Aviatik » qui leur avait été assignée comme objectif, l’atteignirent, mais ne purent s’y maintenir, notre progression sur le mont des Singes ayant été arrêtée par des mitrailleuses allemandes qui n’avaient pu être réduites. Quelques jours après, le bataillon de tirailleurs malgaches attaché à la … D.I. fut de nouveau employé par moitié en ligne et par moitié pour le service routier et les ravitaillements.
Les services rendus depuis cette date par le bataillon malgache ont été reconnus par le général commandant le D.I. dans son ordre du 13 août 1917.
« Au moment où le bataillon de tirailleurs malgaches va quitter le D.I., le général de division tient à lui exprimer ses regrets de se séparer d’une belle troupe qui lui a donné toute satisfaction.
« Par leur tenue, leur attitude, leur discipline, leur bonne volonté au travail, les tirailleurs malgaches n’ont mérité que des éloges et les unités mises en secteur ont tenu très honorablement le front qui leur a été confié.
« Le général est persuadé que le bataillon continuera à rendre d’excellents services partout où on l’emploiera et il lui adresse son adieu, avec les meilleurs souhaits pour tous. »
(À suivre.)

Le Courrier colonial

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2 janvier 2018

Il y a 100 ans : La question du riz à Madagascar

Nos lecteurs se souviennent-ils que nous leur avions parlé de l’initiative de certains colons qui, pour remédier à la pénurie du riz dans la Grande Île, avaient pris les mesures nécessaires pour en faire venir d’Indochine ? Par ailleurs, deux maisons de la colonie avaient manifesté l’intention de faire venir 5 000 tonnes de riz de notre France d’Asie ou de l’Inde britannique, afin d’enrayer la hausse constante du précieux aliment.
À ce sujet, notre confrère la Tribune de Madagascar écrit que la réussite de cette tentative ne pourra se réaliser effectivement que par une intervention pécuniaire du gouvernement pour résoudre la crise du fret.
La question du riz est devenue si aigüe dans la Grande Île que le premier acte de M. Merlin, le nouveau gouverneur général, a été de chercher à remédier à cette situation.
Comme il paraît que dans certaines régions, notamment à Majunga, il y a des stocks de riz, on envisage leur transfert dans les districts où le riz fait défaut, ce qui arrêterait sensiblement la crise actuelle.
Cette question du riz a eu sa répercussion – inattendue – sur le tronçon de voie ferrée déjà posé à Tsiafahy.
L’impossibilité de se procurer le matériel nécessaire pour pousser le rail jusqu’à Antsirabe justifiait en quelque sorte cette mesure, mais la rareté du riz a conduit l’administration à reporter les rails enlevés à la ligne Moramanga-Alaotra.
Jusqu’ici cette région a été considérée comme devant produire intensivement le riz le jour où les prix des transports seront abaissés ; elle pourra donc de la sorte intensifier ses cultures vivrières et contribuer à l’alimentation des tobys où toute une armée d’ouvriers travaillent aux carrières de graphite.
Cette mesure qui, un moment, a pu inquiéter les colons ayant des intérêts dans la vallée d’Ambatolampy, n’empêche nullement l’administration de s’intéresser à leurs droits puisqu’elle se préoccupe actuellement de se procurer le matériel nécessaire à la ligne d’Antsirabe ; mais la question du riz imposait en quelque sorte cette opération.
En outre, quels qu’aient été les frais qu’elle a occasionnés, peu considérables d’ailleurs, il est assuré qu’ils seront vite récupérés par le rendement du fret qui descendra de la région du lac Alaotra.

Le Courrier colonial

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1 janvier 2018

Il y a 100 ans : La perception des impôts dans la brousse

Dans sa séance du 20 août, le Comice agricole de Tananarive s’est joint au Comice agricole de Mananjary pour demander que la perception des impôts s’effectue sur les tobys et les plantations d’une façon régulière et légale ; il a été également demandé que les miliciens ne soient pas en service dans leur district d’origine.
De son côté, le Comice agricole de Tamatave avait formulé les mêmes desiderata et joint une protestation indignée à celle des colons et des corps constitués de Mananjary. Tout ceci afin d’éviter les invasions nocturnes d’agents de perception lâchés en meutes sur des camps d’ouvriers.
Que s’était-il donc passé ?
Peu de chose : un acte illégal.
Voici les faits rapidement résumés :
Dans la nuit du 26 au 27 mai dernier, des miliciens en armes sous les ordres d’un caporal (ancien ouvrier de la Compagnie Lyonnaise renvoyé pour indélicatesse) firent irruption dans les habitations des ouvriers de cette compagnie à Ampagarinamazo et les firent sortir avec… douceur. Le prétexte de cette « mission » était de rechercher les « sans-carte », c’est-à-dire les ouvriers en retard dans le paiement de leur impôt de capitation.
Or, sur 553 ouvriers qu’emploie la Compagnie Lyonnaise, il ne s’en est trouvé que 11, arrivés tout nouvellement au chantier et qui s’étaient précisément engagés pour payer leur taxe. Ces faits ne pouvaient donc justifier aucunement l’inqualifiable agression de la milice, mais s’il faut en croire l’opinion générale, il s’agit là d’un fonctionnaire, mécontent de la compagnie et qui voulait se venger.
Et voilà pourquoi les comices agricoles de Tananarive, de Tamatave et de Mananjary ont exprimé les doléances exposées plus haut. Avouons qu’elles sont justifiées.
Le Courrier colonial

Santé et assistance médicale

Par décision du 28 septembre 1917, l’exercice de la médecine est interdit pendant quatre mois au médecin indigène Rakotomanga (Titus), qui s’est rendu coupable de manquements professionnels graves.
Par décision du 29 septembre 1917, l’exercice de la médecine est interdit pendant quinze jours au médecin indigène Ratrimosalama, pour manquements professionnels et négligence dans son service.

Journal officiel de Madagascar et dépendances

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