4 mai 2019

Il y a 100 ans : Pour donner satisfaction à la population malgache


Enfin, Madagascar va avoir du riz ! Ainsi en a décidé le gouverneur général qui vient de prendre des mesures énergiques pour donner satisfaction à la population mécontente et pour cause. En effet le riz ne manque pas ; il n’a pas encore pris l’habitude de voyager seul, il attend qu’on le transporte. Là est la difficulté, mais qu’on se rassure. Toutes les voitures disponibles vont être mobilisées et affectées à son transport.
Les indigènes recevront l’autorisation de décortiquer et livreront à la réquisition le riz disponible, ce qui nécessitera moins de voitures et permettra de livrer de plus grandes quantités.
Afin d’éviter le retour de la cruelle disette qui désola les années précédentes certaines régions de la Grande Île, le gouvernement général a décidé de constituer dans chaque province des stocks importants de riz, logés dans des magasins spéciaux.
Pour Tananarive seule, la réserve prévue serait de 1 000 tonnes.
D’autre part, des enquêtes sont commencées pour découvrir les trafiquants qui dissimulent des quantités importantes et des peines sévères seront appliquées aux coupables et à leurs complices si puissants soient-ils.
En outre, le Sidon prendra à Majunga un chargement important de riz pour le déposer à Tamatave.
Grâce à ces mesures, M. Schrameck a déjà réussi à améliorer la situation de la colonie dont il a la responsabilité.
Le Courrier colonial

Démobilisation

On va commencer par démobiliser les tirailleurs avant de démobiliser les vazaha ; les réservistes malgaches et les engagés pour la durée de la guerre vont être renvoyés dans leurs foyers.
En ce qui concerne les Européens, l’État-major a seulement demandé quels étaient ceux du recrutement autre que Madagascar qui désiraient se retirer dans cette colonie, quels emplois ils comptaient exercer et quel était le nom de leurs employeurs éventuels.
Le Tamatave

Un bataillon malgache à Bobenheim

Le 12e bataillon malgache, commandant Hippeau, a occupé Bobenheim près du Rhin, à quatre kilomètres de Worms, la vieille ville historique du grand-duché de Hesse.
L’Homme libre




Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 82 titres parus à ce jour.

3 mai 2019

Il y a 100 ans : Dilemme troublant


On a médité et on méditera encore longtemps sur ce problème angoissant. Est-ce la poule qui a pondu le premier œuf ? Est-ce l’œuf qui a donné naissance à la première poule ? Malgré tous les progrès de la paléontologie et de l’archéologie, la solution n’a pas avancé depuis Pic de la Mirandole.
Un autre problème s’est posé depuis que les nations européennes ont pris goût à la politique d’outre-mer. Les colonies sont-elles faites pour les fonctionnaires ; ou les fonctionnaires sont-ils faits pour les colonies ?
Ce problème est encore plus difficile que l’autre, car ni l’œuf ni la poule ne peuvent répondre, tandis qu’il n’en est pas de même des fonctionnaires qui n’admettent pas que les colonies ne soient pas faites pour eux.
Il y a bien quelques voix timides qui s’élèvent pour nous faire croire que les fonctionnaires sont faits pour les colonies et que ces dernières sont faites pour les colons aussi bien que pour les indigènes. Mais ces voix prêchent dans le désert.
Elles avaient peut-être raison au temps, par exemple, de la colonisation de l’Australie par les Squatters, mais l’Australie n’était pas française ; elle ne peut donc nous servir d’exemple.
C’est pourquoi nous trouvons M. Schrameck bien osé quand il prétend réformer les mœurs des Lebureau malgaches et venir à bout de toutes les résistances et de toutes les passivités.
Si le gouverneur général de Madagascar réussit dans son entreprise, on pourra le mettre au même rang qu’Hercule. Mais attendons, pour lui donner pareille place, qu’il ait fait mordre la poussière à Lebureau.

M. Guyon se met à la besogne

Le dernier courrier de l’océan Indien nous apprend que, le 12 novembre dernier, revenait à Tananarive M. Schrameck, gouverneur général de la Grande Île, avec M. Guyon, secrétaire général de la colonie, qui avait abandonné, à Nossi-Bé, le Crimée pour accompagner son chef dans son voyage jusqu’à Diego-Suarez.
M. Guyon a pris possession de l’ancien bureau de M. Hesling, puis il a reçu les autorités civiles, et, dans l’après-midi, les autorités militaires ainsi que les officiers qui avaient manifesté le désir de lui être présentés.
Dès le lendemain, M. Guyon se mettait à l’ouvrage ; le contraire nous aurait surpris, nous qui connaissons l’activité de l’ancien lieutenant-gouverneur du Moyen-Congo.
Le Courrier colonial


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2 mai 2019

Il y a 100 ans : Cuisiniers indigènes conscients et organisés


Ceux qui trouvent que les indigènes de nos colonies viennent timidement à la civilisation les calomnient tout simplement ; les indigènes y mordent au contraire à belles dents et se hâtent d’en ingérer les morceaux qui leur paraissent particulièrement succulents. C’est ainsi qu’à Madagascar, il y a maintenant des citoyens conscients et organisés, des camarades syndiqués qu’il ne fait pas bon contrarier, car vous êtes aussitôt mis à l’index comme un infâme buveur de sueur.
Un de nos confrères de Tananarive nous conte l’interdit qui fut jeté sur lui dans la Grande Île pour avoir renvoyé son cuisinier : car c’est le syndicat des maîtres-queux qui a le plus conscience des beautés de la liberté.
Notre confrère avait donné congé à son gâte-sauce indigène, mais avec plus d’un mois de préavis de sorte que ce fonctionnaire des fourneaux ne pouvait guère crier à l’arbitraire. Par ailleurs, notre confrère avait retenu l’émule de Vatel d’un de ses amis, et, tranquille, il attendait la transmission des pouvoirs.
Hélas, cette transmission ne se fit pas, et, entre deux cuisiniers, se trouvant… assis par terre, notre confrère dut faire sa cuisine lui-même, avec la maigre ressource d’ouvrir une enquête sur les causes de sa mésaventure.
Celle-ci, d’ailleurs, ne fut pas inutile, car elle lui permit de découvrir l’existence du syndicat, et d’apprendre qu’à ce syndicat il était de règle de punir en le mettant à l’index le vazaha qui se permettait de remercier son cuisinier.
Il sut encore que les cuisiniers syndiqués avaient un président qui était chef-cuisinier chez un gros bonnet de l’administration.
Vous voyez que les cuisiniers conscients et organisés de la Grande Île apprécient, comme il convient, le dogme des droits de l’homme et du citoyen : tout pour l’indigène et rien pour le vazaha. Tout le monde ne peut pas, comme certain chef de district boycotté, faire rafler tous les cuisiniers sans ouvrage et en choisir un à son goût.
Aussi bien aurions-nous quelque hésitation à forcer un indigène à nous servir malgré lui ; trop forte serait la tentation de nous faire absorber des mets à l’huile de ricin ou à autre chose. Aussi notre confrère fit-il bien en se résignant philosophiquement à préparer ses plats lui-même.
Le Courrier colonial



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29 avril 2019

Il y a 100 ans : Pêcheries coloniales (2)


(Suite et fin.)
Les lieux de pêche autour de Madagascar et dans les environs ne manquent pas, notre colonie doit naturellement en profiter et y trouver de nouvelles sources de prospérité et de richesse.
Or, dans les eaux de Madagascar, aucun travail méthodique avec les engins de pêche actuels n’a été fait. La température des parages visés présente la question des pêches dans des conditions très différentes comparativement aux industries analogues qui fonctionnent depuis longtemps dans les pays tempérés. Ici, le poisson, aussitôt sa capture, doit être transformé immédiatement sur place en matières utiles ou, tout au moins, subir rapidement une préparation qui le garantisse des atteintes de la décomposition.
L. Bony,
Capitaine au long cours.

À propos de lait

Nous recevons avec prière d’insérer la lettre suivante :
Monsieur le Directeur,
Le lait vendu en ville par les laitiers n’est soumis à aucun contrôle, et c’est toujours avec un sentiment d’appréhension que nous le donnons à nos enfants, et surtout aux enfants en bas âge.
La semaine dernière, du lait acheté en ville et donné à des enfants avec toute la propreté requise provoqua chez ces derniers des vomissements qui ne pouvaient provenir que du lait absorbé.
M. l’Administrateur-Maire devrait faire surveiller le lait vendu en ville et en faire faire l’analyse comme cela se pratique en France et dans tous les pays.
On se montre très sévère, ici, pour les bouchers, boulangers, marchands de poissons, etc., mais par contre les laitiers ne sont jamais inquiétés.
Nous demandons donc à M. l’Administrateur-Maire de faire surveiller le lait vendu en ville, il y va de la santé du public en général et de celle de nos enfants.
Un groupe de mères de famille.

Le Congrès à Tananarive

C’est aujourd’hui que se réunissent en Congrès un certain nombre de délégués des groupements organisés des provinces.
Pour Tamatave, M. Nativel représentera le Président du Comice agricole, empêché. La Commission Consultative sera représentée par M. P. Baron.
Le Tamatave


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22 avril 2019

Il y a 100 ans : Pêcheries coloniales (1)


Les eaux entourant la Grande Île sont très poissonneuses et les bancs exploitables occupent de tous côtés une surface immense. Depuis le cap d’Ambre jusqu’au cap Saint-André, on trouve des fonds dont la surface exploitable est considérable. La limite extérieure des bancs s’écarte de la côte du nord au sud, en commençant par une dizaine de milles près du cap d’Ambre, pour atteindre une cinquantaine de milles sur le banc du Parcel sans solution de continuité. Une pareille surface dans nos pays serait une source de travail vite captée. À l’extrémité sud le banc de l’Étoile, au nord les environs des îles Nosy-Be, Nosy-Mitsiho présentent quelques fonds de pêche, et enfin un peu plus à l’ouest les bancs Gastor et Leven sont à portée d’exploitation.
D’autre part, en comparant les distances parcourues par nos pêcheurs d’Islande et de Terre-Neuve pour exercer leur industrie aux distances qu’auraient à parcourir les pêcheurs de Madagascar pour exploiter les grands bancs de Saya de Mala et Nazareth, l’avantage à coup sûr resterait à ces derniers comme distance et comme surface. Ces bancs, dont les limites sont à peine connues, sont vierges de toutes entreprises méthodiques. Le banc de Saya de Mala sur lequel on a pris à la ligne de gros poissons se trouve situé à l’est-nord-est de Diégo-Suarez, sa position est comprise entre les méridiens de 57° 40 et 60° 02 est, et les parallèles de 8° 14 à 11° 44 sud. Il a la forme d’un S dont la longueur est d’environ 310 milles sur une largeur variant de 10 à 30 milles ; la distance qui le sépare de Diégo-Suarez est environ 660 milles et sur la route, entre ces deux points, à environ 450 milles de Diégo-Suarez se trouve l’île d’Agaléga ou Galéga.
Plus au sud, à peu près à la même distance, on rencontre un autre banc de Terre-Neuve représenté par le banc de Nazareth. Ce dernier ne mesure pas moins de 200 milles de longueur sur une largeur de 26 à 75 milles. Il gît entre les méridiens de 57° à 59° 16 est, et les parallèles de 13° 39 à 16° 50 sud. Il est à portée de Sainte-Marie et de la baie d’Antongil.
(À suivre.)
L. Bony,
Capitaine au long cours.
Le Tamatave



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20 avril 2019

Il y a 100 ans : Révision du régime foncier (2)


(Suite et fin.)
Sans doute, les tribunaux se montrent aujourd’hui très prudents pour statuer dans des questions de cette nature, mais il n’en est pas moins vrai que le cas s’est présenté, et que cette épée de Damoclès est suspendue sur la tête du colon, qui peut voir, d’un coup, sa fortune disparaître, en même temps que le produit de ses sueurs et de son labeur de plusieurs années.
Devant cette iniquité que l’on peut qualifier de monstrueuse, que fait la Colonie, l’Alma Mater du colon ? Il est pénible de le dire, mais comme Pilate, elle s’en lave les mains.
Méditez les clauses de son article VI qu’elle insère tout au long dans le titre provisoire de propriété qu’elle vous impose, et qui est à prendre ou à laisser.
Art. VI. – L’autorisation d’occuper le terrain ci-dessus désigné est purement provisoire et est accordée sous la réserve expresse des droits quelconques pouvant appartenir à des tiers, dans le cas où par suite, soit d’une action en Justice, soit d’une décision du tribunal statuant sur la demande d’immatriculation, soit une sentence de tout autre tribunal, le preneur se verrait contraint d’abandonner tout ou partie de sa propriété, ce dernier n’aura aucun recours contre le domaine et ne pourra réclamer des dommages intérêts ; mais il lui sera concédé dans la même région un terrain d’une superficie égale à celle dont il aurait été dépossédé.
Voyez-vous bien le colon évincé, ruiné, de santé et d’argent, aller recommencer son via crucis sur un autre terrain, avec la même perspective d’en pouvoir être évincé, une fois mis en valeur.
Il suffirait de rapporter au premier bornage fait au moment de la demande de concession ce délai de trois mois accordé aux prétendants droits avant que le colon n’ait dépensé ni un centime de son argent ni une heure de sa sueur.
Peut-on imaginer une clause léonine plus odieuse, plus inique, plus anti-coloniale enfin.
Espérons que, dans la prochaine conférence, la législation sur la propriété foncière sera remaniée de façon à offrir toutes facilités et toutes garanties aux colons.
Le Tamatave



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19 avril 2019

Il y a 100 ans : Révision du régime foncier (1)


Le principe qui domine tout, c’est celui de la propriété foncière. Celle-ci est la base, la pierre angulaire de toute colonisation. Il serait oiseux d’en faire la démonstration.
Le programme des travaux de la conférence du 14 courant comprend entre autres questions : la révision du régime foncier et de celui des concessions à Madagascar.
Or la législation qui régit cette matière dans notre Colonie est ce qu’il y a de plus monstrueusement mauvais et ridicule.
La presse, de quelque opinion qu’elle fut, a été unanime à la flétrir de la façon la plus violente.
Justement ému des plaintes formulées au sujet de cette législation, M. Augagneur chargea M. Rousset de corriger les imperfections du décret du 16 juillet 1897 régissant la matière. Au lieu de cela, ce fonctionnaire rédigea un nouveau décret du 4 février 1911 de cent coudées plus défectueux que le précédent.
Ce fut un « tollé » général devant le bien-fondé duquel M. Picquié remit l’étude de cette si importante question à une Commission présidée par M. Gamon. Devant cette solution, la presse et les intéressés se sont tus, attendant, anxieux, la nouvelle législation. Il y a déjà cinq ou six ans de cela et rien n’a encore été fait à ce sujet.
Nous ne recommencerons point la critique qui en été faite à cette même place, tout le monde la connaît. Nous ne rappellerons qu’un seul point qu’il eût suffi de modifier dans le décret du 10 juillet 1897 pour rendre ce dernier acceptable :
Lorsque, au bout de deux, trois, quatre ans au plus, le colon a mis en valeur son terrain, – même acheté de la Colonie aux enchères publiques, – il doit en demander l’immatriculation et la délivrance du titre définitif.
Or, du jour où avis par affiches est donné au public de cette demande d’immatriculation, les prétendants droits, – qui sont toujours des indigènes – ont un délai de 3 mois pour revendiquer devant les tribunaux la propriété des dits terrains. Or, on connaît la moralité du Malgache et la valeur de son témoignage surtout lorsqu’il s’agit d’évincer un vazaha.
(À suivre.)
Le Tamatave



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18 avril 2019

Il y a 100 ans : Société de Géographie


Dans sa dernière réunion, la Société de Géographie a renouvelé son bureau : le prince Bonaparte, de l’Institut, a été élu président ; MM. Cordier, de l’Institut, et Renaud, directeur du service d’hydrographie au ministère de la Marine, vice-présidents, et M. Guillaume Grandidier, secrétaire général ; ce dernier en remplacement du regretté baron Hulot.
M. Guillaume Grandidier est docteur ès sciences et un colonial de longue date. On lui doit des explorations à Madagascar et dans l’Est africain. Son nom est attaché à l’œuvre magistrale que son père, l’éminent membre de l’Institut, et lui consacrèrent à Madagascar et qui, bientôt achevée, constituera un véritable monument scientifique. Au moment où la Société de Géographie, qui célébrera dans deux ans le centenaire de sa fondation, va orienter ses travaux vers la mise en valeur des colonies françaises et des terres lointaines que depuis un siècle elle a tant contribué à faire connaître, on ne pouvait faire un meilleur choix pour les fonctions de secrétaire général.
Journal des débats politiques et littéraires

Le voyage de M. Schrameck

Certaines personnes prêtent à M. le Gouverneur Général l’intention de s’embarquer sur le Cordillère afin d’aller contracter l’emprunt nécessaire aux grands travaux publics dont il a tracé le programme, et duquel la Colonie attend sa prospérité future.
Espérons qu’il aura l’approbation du Gouvernement et obtiendra la forte somme qui est indispensable pour faire sortir Madagascar de la léthargie actuelle.

Réception officielle

M. l’Administrateur Marcoz, Chef de la Province et Maire de Tamatave, a reçu ce matin officiellement : le Commandant d’Armes, la Commission Municipale, les Corps constitués, les membres du Tribunal, les avocats, les fonctionnaires de tous ordres, européens et indigènes.
Le Tamatave


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8 avril 2019

Il y a 100 ans : Chambre consultative de Majunga


Vente des biens allemands. — M. Barriquand expose la question telle qu’elle a déjà été traitée dans diverses réunions précédentes et demande au Gouverneur Général d’en hâter la solution.
MM. Blanchard et Vuillerme font part des craintes qu’a le commerce dans le maintien d’une situation anormale, du fait que la plupart des maisons indiennes travaillent encore sur le crédit allemand.
La discussion porte ensuite sur la question des réquisitions et des bénéfices illicites.
Le Gouverneur Général assure à l’Assemblée que les marchandises allemandes, lorsqu’elles seront vendues, le seront avec des garanties telles que le commerce de la place n’aura à craindre et à supporter aucun effet de concurrence.
Le Gouverneur Général expose le devoir du Gouvernement à mettre à la portée de tous les deux matières : riz et tissus. Le riz a déjà été réquisitionné pour empêcher un désastre par suite de la spéculation, il en sera de même pour les tissus aussi nécessaires que le riz, si les prix pratiqués continuaient à aller en progressant.
Le Gouverneur Général fait part de sa résolution à arrêter d’une façon énergique les tendances exagérées à la spéculation et à frapper avec toute la rigueur des lois ceux qui abuseraient d’une situation tout exceptionnelle, allant jusqu’à exploiter des sinistres pour retirer des bénéfices disproportionnés sur des marchandises qu’ils possédaient depuis longtemps. En résumé, la question de la réalisation des biens allemands dépend du Parquet Général. Le chef de la Colonie estime que la meilleure solution de la question serait dans ce que ce soit l’Administration elle-même qui en fasse l’acquisition pour les mettre à la portée de tous aux prix les plus bas,
Statut indien. – M. Barriquand expose à nouveau qu’il existe ici une question indienne, plus que partout ailleurs, et demande à ce qu’il soit étudié un statut indien. Après discussion, M. le Gouverneur Général pense que ce projet est délicat à résoudre, et qu’on ne supprimerait quelques difficultés que pour en faire surgir de nouvelles plus importantes.
Le Tamatave



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4 avril 2019

Il y a 100 ans : Le cuivre à Madagascar


Les recherches d’or puis de graphite qui ont successivement accaparé la main-d’œuvre minière ont naturellement fait négliger les recherches d’une substance minérale, le cuivre, dont on peut dire, semble-t-il, qu’elle sera un jour l’une des principales richesses de notre grande colonie. Bien que quelques concessions aient été données, notamment dans la région d’Ambatofangehana, à l’ouest d’Ambositra, aucune exportation de quelque importance de minerais de cuivre n’a été faite jusqu’aujourd’hui.
Vers 1911, on signalait de nombreux affleurements cuprifères dans l’Ambongo et le Bouéni. La couche minéralisée contenait toujours au moins 11 % de cuivre avec une teneur en argent de 150 grammes par tonne.
Cette région, placée entre l’Ankarafansika et l’Andranomavo, occuperait une surface d’un million d’hectares. Cependant, les minerais de cuivre y seraient assez disséminés et c’est cela, sans conteste, qui a été jusqu’à présent l’obstacle à une exploitation régulière. On doit, toutefois, admettre que sur une telle étendue affectée aux prospections, on arrivera à découvrir des gisements dont la situation et la richesse permettront la création d’exploitations continues.
En réalité, le cuivre se trouve dans toutes les régions de l’île : à Vohemar, à Majunga, non loin de l’Ikopa, dans la région de Tuléar.
Le gisement de cuivre d’Ambatofangehana, indiqué ci-dessus, a été mis en exploitation à la fin de 1916 et a fourni plusieurs milliers de tonnes d’un minerai à 12 % de cuivre. De petits fours qui donnent 10 tonnes de mattes à 70 % de cuivre par mois ont été installés aux abords de la mine.
Dans la région de Vohemar, les recherches ont été interrompues par la guerre. Dans cette région, le minerai est très riche. Certains échantillons de sulfure de cuivre ont donné jusqu’à 45 %.

Taxes locatives

Une Commission, composée de MM. Lutton, administrateur, Maury, agent-voyer, Dupré, propriétaire, Niveau, entrepreneur, visite en ce moment les immeubles de la ville, en estime sur place la valeur locative, afin d’en établir les taxes qui seront prochainement perçues.
Le Tamatave


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3 avril 2019

Il y a 100 ans : Les cuirs de Madagascar (2)


(Suite et fin.)
Ainsi, un de nos compatriotes de là-bas, de passage à Paris, nous assurait qu’il aurait été préférable de traiter de gré à gré avec les exportateurs et à des prix suffisants pour l’indigène qui, aujourd’hui, doit compter ; la guerre a été sa grande éducatrice.
Des tractations raisonnables eussent incité le Malgache à développer sa production et à rechercher une bonne préparation. L’intendance supportait ipso facto des dépenses moindres (ici : intendance signifie : contribuable) que celles des achats de cuirs à l’étranger. Oui, mais alors, vous me rétorquerez que la mission Desmarets n’avait plus sa raison d’être.
Ma foi, nous n’aurions pas osé avancer une chose pareille, et il nous est agréable que vous l’ayez dite vous-même.
En même temps que l’Administration ménageait nos deniers, on n’aurait pas vu tant de cuirs pourrir dans les entrepôts.
Après ça, vous me direz qu’on a bien vu le blé pourrir par montagnes dans les ports d’Algérie. Mon Dieu oui, et même dans les ports de la métropole.
Heureusement que la guerre est finie !
G. B.

Un mouvement administratif à Madagascar

On dit qu’un mouvement administratif était en préparation depuis un certain temps déjà au gouvernement général de la Grande Île lors du départ du courrier.
On prêterait à M. Schrameck l’intention de débarrasser la colonie de « notables non-valeurs » et les bureaux du gouvernement général lui-même de braves gens depuis longtemps fatigués, mais qui n’envisagent qu’avec répugnance l’idée d’être mis à la retraite.
Le Courrier colonial

Les cotonnades

On dit que des nouvelles reçues ces jours derniers ont annoncé une baisse de 75 % sur les tissus de coton anglais. De grosses commandes auraient été passées par des maisons créoles de la Place de St-Denis.

La chaleur à Tamatave

La pluie qui est tombée dans la nuit de lundi dernier a sensiblement rafraîchi la température. Malgré cela, il y avait hier soir 33° dans le local des colis postaux. Ce qu’il y a de plus pénible dans ce local, c’est le manque d’air. Aussi le public est-il toujours pressé d’en sortir et accuse les employés lorsqu’il y a encombrement des clients.
Le Tamatave


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2 avril 2019

Il y a 100 ans : Les cuirs de Madagascar (1)


On sait que, vu la nécessité de protéger le cheptel métropolitain, si fort décimé par les… erreurs de l’Intendance, l’Administration française avait décidé des achats importants de cuirs hors de France, et prévu un crédit de 56 millions de francs environ.
Un de nos lecteurs nous écrit que « hors de France » ne sous-entendait pas « hors des colonies ». Et ce lecteur ajoute même :
« Nous avons dans nos colonies la possibilité de trouver la presque totalité des cuirs qui nous sont nécessaires. Madagascar seule pourrait en fournir des quantités considérables ainsi que j’en ai vu la preuve sous forme d’un tableau à la Chambre de commerce :
« La Grande Île a exporté, en 1911, 638 000 peaux, soit un poids de 6 388 210 kg ; en 1913, 735 000 peaux d’un poids total de 7 406 616 kg ; en 1913, 800 000 peaux pour 8 032 698 kg ; en 1914, 552 000 peaux, d’un total de 5 525 932 kg ; et en 1915, 736 000 peaux d’un poids total de 7 863 889 kg ; soit une moyenne annuelle de 696 000 peaux… »
Notre correspondant occasionnel paraît bien renseigné, mais ne prouve rien hélas ! et les lecteurs du Courrier Colonial savent pourquoi. Mais continuons :
« La moyenne d’exportation des cuirs de Madagascar représente environ 700 000 peaux. Si nous ajoutons les cuirs de l’Afrique du Nord, du Maroc et de l’A. O. F., on ne peut nier l’importance de l’appoint que nos colonies peuvent fournir à l’industrie du cuir. »
Mais, cher lecteur, nous n’avons jamais dit autre chose et vous prêchez des convertis. Toutefois, permettez-nous d’ajouter à votre plaidoyer qu’il serait bon que l’Intendance modifiât ses méthodes. Pour Madagascar, où nous sommes très exactement renseignés, voici ce qui s’est passé, et M. Desmarets aura le bon goût de ne pas nous contredire.
La Commission des cuirs opérant dans la Grande Île n’a voulu payer que des prix très inférieurs aux cours commerciaux pratiqués au moment de la réquisition, et même de 30 % au-dessous des prix d’avant-guerre. C’est presque de l’Histoire ; c’est officiel, et sur ce chapitre, nous ne craignons pas d’être démentis.
(À suivre.)
G. B.
Le Courrier colonial



Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 80 titres parus à ce jour.

26 mars 2019

Il y a 100 ans : Pour faire travailler le Malgache (2)


(Suite et fin.)
Mais aujourd’hui où les prix ont baissé, les terrains, nouvellement défrichés, ne sont plus cultivés. Voyant que les porcs de race étrangère se vendaient mieux que les porcs indigènes, les Malgaches se sont procuré des porcs vazaha et ont même été jusqu’à les nourrir avec du riz de choix pour que la chair de leurs élèves fût plus succulente et pût se vendre plus cher !
Ayant fait la même remarque pour les basses-cours, les femmes achètent des œufs de poules vazaha qu’elles payent le triple, afin d’élargir leur clientèle.
Enfin, le Malgache, bien qu’il ne soit pas très zélé pour nos méthodes de riziculture, les adopterait cependant si on lui fournissait de bonnes semences et si on lui assurait des débouchés. Le jour où l’indigène sera alléché par le gain, la brousse se défrichera vite, les sources seront captées et la Grande Île deviendra un grenier d’abondance.

Du riz pour les colons de Madagascar

La population de la Grande Île ne comprendrait-elle plus que des indigènes ? On serait tenté de le croire en lisant nos confrères de la presse locale.
C’est ainsi que les marchés, et notamment celui d’Analakely, se trouvent facilement pourvus de riz de deuxième qualité, c’est-à-dire du riz que consomment les indigènes, mais il est difficile, pour ne pas dire impossible, de se procurer du riz supérieur, le seul que consomment les Européens.
En se plaignant de cette situation, nos confrères ajoutent que, pour obtenir ce riz, il faut des demandes des visas à n’en plus finir, indépendamment des commissions de contrôle, de ravitaillement, bref toute la lyre !
La population européenne affirme qu’elle ne connaît même plus le goût du riz et elle compte sur M. Schrameck pour le lui rendre !
Le Courrier colonial

Courrier de France

On dit qu’un bateau aurait quitté Marseille dans la dernière quinzaine de décembre et arriverait à Tamatave vers le 20 janvier.
Il apporterait des permissionnaires et une partie des gradés demandés télégraphiquement par M. le Gouverneur Général.
Sous toutes réserves.
Le Tamatave


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 80 titres parus à ce jour.

21 mars 2019

Il y a 100 ans : Pour faire travailler le Malgache (1)

A tout hasard, et pour éviter tout malentendu, je répète ce que j'ai déjà dû écrire ici ou là: cette compilation de la presse d'il y a 100 ans ne reflète, évidemment, que les idées de cette époque - et non les miennes.


Le Malgache est-il foncièrement paresseux ?
Est-ce une affaire d’appréciation et dépend-elle du bout de la lorgnette dont on se sert ?
« Lynx pour nos pareils et taupes envers nous », a dit le fabuliste, tant les travers humains sont pareils, aussi bien dans la Métropole qu’aux colonies.
D’après les observations qu’un abonné a adressées à notre excellent confrère la Tribune de Madagascar, l’indigène de la Grande Île n’est pas plus paresseux qu’un autre, mais on a toujours négligé de l’encourager au travail, on l’a laissé croupir dans sa routine comme on a laissé rouiller dans la brousse les charrues que Gallieni avait fait venir d’Europe pour conquérir le Malgache à nos méthodes agricoles européennes.
En même temps qu’on négligeait de l’éduquer, on se refusait à étudier sa mentalité ; le Malgache n’est pas réfractaire à l’effort, mais, outre qu’il n’a pas l’argent nécessaire pour s’outiller, il aime les bénéfices immédiats qui se réalisent assez facilement. Or, il ne paraît guère qu’on lui a facilité la besogne.
Ainsi, l’année dernière, on a demandé aux indigènes de cultiver les légumes et même de surproduire, leur récolte a été réquisitionnée, payée un prix raisonnable il est vrai, mais…
Mais – et c’est que n’admet pas l’indigène, simpliste – des intermédiaires ont surgi de partout, vendant des produits qu’ils n’avaient point récoltés, pour lesquels ils n’avaient point peiné ; ils les ont vendus, à Tananarive par exemple, cinq fois plus cher qu’ils ne leur avaient coûté ; or les indigènes travailleurs se demandent encore à l’heure actuelle pourquoi ce ne sont pas eux, producteurs, qui bénéficient des augmentations de prix.
Mais ceci n’est qu’un côté de la question, ainsi que le fait justement observer l’abonné de la Tribune.
Ce qu’il faut à l’indigène, c’est un bénéfice immédiat et assuré, et il est très possible de le satisfaire.
Quand le manioc et la patate ont atteint des prix élevés, il ne fut pas nécessaire d’exhorter les Malgaches à les cultiver ; ils défrichèrent d’eux-mêmes tous les terrains disponibles.
(À suivre.)
Le Courrier colonial



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20 mars 2019

Il y a 100 ans : Le départ de M. Marcoz Administrateur-Maire et de Mme Marcoz


Avant de prendre le paquebot qui devait les porter à Tamatave, M. et Mme Marcoz ont été l’objet d’une grande manifestation de sympathie de la part des habitants de Majunga.
Un vin d’honneur leur fut offert, auquel assistaient tous les colons de la province, les corps constitués, les fonctionnaires, le Commandant d’armes et les officiers de la garnison.
Y assistaient également les dames de Majunga qui étaient venues remercier Mme Marcoz du bon accueil qu’elles avaient trouvé auprès d’elle et lui témoigner tous leurs regrets de lui voir quitter Majunga, où par son charme, sa bonne franchise et son amabilité, elle avait su conquérir tous les cœurs. Elles espèrent néanmoins que les sympathies qu’elle trouvera à Tamatave ne lui feront pas oublier Majunga.
À ce vin d’honneur, M. Orsini, président de la Chambre Consultative, dans un discours vint dire, au nom de la population majungaise, combien on regrettait la décision qui allait priver Majunga d’un administrateur tel que M. Marcoz. L’ardeur avec laquelle il avait appuyé les efforts des colons de la Province qu’il dirigeait depuis plus de 3 ans, les travaux utiles qu’il avait fait exécuter et les solides amitiés qu’il avait su inspirer ne faisaient qu’augmenter les regrets de la population.
M. Marcoz, visiblement ému, remercia M. Orsini et la population des marques de sympathie dont il était l’objet et déclara qu’il suivrait de loin les améliorations et le développement de cette province, et s’il lui était donné de venir s’y consacrer à nouveau il verrait se réaliser dans ce retour son souhait le plus vif et le plus sincère.
Il remercia également le Commandant et les officiers d’avoir assisté à cette fête, les dames, les messieurs et la population entière. Il leva son verre à la ville de Majunga, à son avenir, à sa prospérité et à tous les Majungais.
À leur départ, une foule nombreuse vint présenter à M. et à Mme Marcoz leurs respectueux hommages et leurs souhaits de bon voyage.
Le Tamatave



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