10 mai 2018

Il y a 100 ans : Marinage


Voici encore une nouvelle mauvaise saison, un « hivernage », comme l’on dit, qu’il nous faut traverser. Jusqu’à ce jour, les pluies se répartissent assez régulièrement sur le Grande Île. D’aucun côté on ne parle encore de perturbations atmosphériques.
Puissions-nous atteindre ainsi le mois de mai !
Mais le passé est là, le bilan de 1917 n’est pas fameux. Il est plutôt inquiétant. Un raz-de-marée – même pas un vrai cyclone ! – en rade de Tamatave a anéanti la presque totalité de notre tonnage à voiles. Quant à notre tonnage à vapeur, l’accident du Bagdad à Maroantsetra réduit Madagascar à deux petits vapeurs : Persépolis et Sidon.
L’un des deux étant réservé aux besoins de la côte Ouest, il ne reste pratiquement, pour la navigation côtière de l’Est, qu’un seul vapeur annexe.
C’est si peu que ce n’est rien.
Pour l’Est, l’urgence est que quelque chose de pratique soit arrêté, adopté, mis à exécution.
Nous ne repasserons pas en revue toutes les propositions qui ont été suggérées ; notre sentiment est qu’il y en a trop, que c’est fini de délibérer et qu’il faut passer à l’application.
Mais il y a eu le projet d’un port aux Manguiers, d’un autre à Tanio, d’un refuge à Hastie… Nous n’avons pas de préférence pour le projet X, celui d’Y ou celui de Z. Nous disons seulement que la métropole maritime de l’Est de Madagascar ne peut pas plus longtemps rester dans cet état précaire, qui tient en alarme incessante les colons, met en défiance les capitaux.
Faites-nous un port digne de l’importance réelle de Tamatave, voilà tout ce qu’il nous faut. Et, de ce port, faites le point d’attache d’une flottille moderne, active, solide de grand et moyen cabotage pour alimenter de fret régulièrement les navires de grandes lignes.
Tamatave pourrait, doit avoir trois bons bateaux de 500 tonnes trafiquant activement de Fort-Dauphin à Diégo, visitant tous les recoins, attirant et fixant ainsi colons et indigènes en une foule de points jusqu’à présent délaissés faute de relations. Ces trois unités serviraient à remplir les cales des long-courriers ; elles iraient le plus souvent à la voile, mais auraient un moteur moderne pour les vents contraires et pour se soustraire au danger.
Le Tamatave


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