17 août 2017

Il y a 100 ans : Initiative privée

Nous préjugions hâtivement quand nous disions qu’il ne fallait pas trop compter sur l’initiative privée pour remédier aux cruautés de la vie actuelle.
En voici un exemple qui nous vient, il est vrai, de la Grande Île, mais qui peut néanmoins démontrer victorieusement que les particuliers ont plus vite fait de s’aider eux-mêmes que d’attendre l’intervention du ciel, c’est-à-dire de l’État.
Actuellement, la question du riz est devenue primordiale dans les terres de l’Océan Indien, et notamment à Sainte-Marie de Madagascar dont les habitants ont été, du jour au lendemain, du fait du cyclone, privés de toutes communications avec la Grande Terre.
Mais il s’est trouvé un colon qui a fait les démarches nécessaires pour conjurer la disette.
Un armateur de Tamatave avait embarqué des denrées alimentaires dont un certain nombre de tonnes de riz de Madagascar à bord d’un voilier, et ce voilier dut, par suite du mauvais temps, relâcher dans la rade de Sainte-Marie.
Comment s’y prit ce colon anonyme ? C’est ce qu’on ne nous dit pas, mais il réussit à obtenir de l’armateur tamatavien la cession de 8 tonnes du précieux riz blanc qui faisait tant défaut aux Saint-Mariens.
Ce même colon réussit également à faire venir, à Sainte-Marie, 15 autres tonnes de riz.
Certes, après de désastre causé par le dernier cyclone, ce n’était pas l’abondance, mais c’était suffisant pour calmer les premières inquiétudes.

La dernière de M. Lebureau

Un de nos correspondants de Tananarive nous écrit la lettre suivante :
« Il faut que je vous dise que l’Administration des P. T. T. a signifié au public le nouveau tarif postal entre la France et ses colonies avant que ce nouveau tarif ait été publié au Journal officiel de la colonie et déclaré applicable à Madagascar. Il me semble que cette surtaxe – en droit – est illégale. »
Notre correspondant s’émeut trop facilement ; c’est tout bonnement l’administration locale qui a devancé l’heure de l’application d’une mesure officielle.
Il reste aussi à savoir si ce n’est pas non plus le Journal officiel qui était en retard, et cela prouve, une fois de plus, qu’à Madagascar comme en France, l’unité, cette fameuse unité dans l’action qui doit nous assurer la victoire, n’est pas encore au point.
À part cela, tout va bien !

Le Courrier colonial

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont maintenant disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 66 titres parus à ce jour.

16 août 2017

Il y a 100 ans : Le commerce de menus comestibles

Il a été constaté, dans divers centres de la Colonie, que des hommes jeunes et vigoureux et dont le travail devrait contribuer à la vie économique de l’île, exerçaient un commerce de menus comestibles.
Or ce commerce au détail de riz, manioc, patates, pommes de terre, légumes, œufs, poissons secs et autres menus comestibles avec ou sans préparation culinaire n’avait été, jusqu’ici, imposé qu’au demi-droit de la patente en raison de ce qu’il n’avait été exercé que par des vieillards, des femmes et des infirmes.
Actuellement il n’en est plus de même et nombreux sont les hommes forts et solides demandant leurs moyens d’existence à ce commerce insignifiant qui flatte leur goût à la paresse.
Le Gouvernement de la Colonie et le Conseil d’Administration ont estimé, dans ces conditions, qu’il y avait lieu de compléter l’article 21, par trop bienveillant, de l’arrêté du 30 octobre 1909 sur les patentes pour réserver la faveur de la réduction de cette taxe aux vieillards âgés de plus de 60 ans, aux femmes ou aux individus atteints d’infirmités les empêchant de se livrer à un autre travail.
Un arrêté pris le 11 juin 1917 sanctionne cette modification.

Au Gouvernement Général

Hier vendredi, dans la matinée, M. le Gouverneur Général a donné audience aux membres de la commission consultative, de la commission municipale et du comice agricole qui désiraient l’entretenir sur des questions très intéressantes, et demander son avis.
M. Garbit leur a donné satisfaction avec sa bonne grâce habituelle, et montré qu’il avait sur ces questions une compétence qui a étonné tout le monde. Nous en rendrons compte dans notre prochain numéro.
Le Tamatave

Serait-ce vrai ?

On nous affirme que des incidents regrettables se seraient produits à Majunga. Notre confrère des Petites Affiches, M. Bontoux, a été l’objet d’une agression, le 31 mars, à 8 h. ¼ du soir, de la part
Les Petites Affiches ont publié un papier incriminant un officier.
La Censure nous interdit de le reproduire à Paris.

Les Annales coloniales

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15 août 2017

Il y a 100 ans : Le départ de M. Garbit

Le départ de M. Garbit a été l’occasion d’une manifestation telle qu’on ne se souvient pas d’en avoir vu à Tamatave, même à l’époque du Général Galliéni.
Exprimer en chiffres le nombre des manifestants est une besogne que nous n’entreprendrons pas. Il suffira de dire, pour ceux qui connaissent notre ville, que la place se trouvant entre les quais et les bureaux de la Douane, de même que les rues qui y conduisent, étaient littéralement couvertes de monde, d’une façon tellement dense qu’il était impossible de s’y frayer un passage. Le service d’ordre lui-même a été débordé, et n’a pu maintenir un chemin libre pour l’auto du Gouverneur Général qui a dû mettre pied à terre et se frayer un passage à travers cette masse humaine. Celle-ci se refermant sur lui pour l’ovationner et lui serrer la main, à mesure qu’il avançait, M. Garbit a mis plus d’une demi-heure pour franchir l’espace qui sépare la Douane du quai.
En chemin il a dû écouter les compliments débités par des élèves des écoles officielles que maîtres et maîtresses avaient eu la délicate attention d’amener. Parmi ces jeunes orateurs, s’est principalement distinguée la très charmante et toute gracieuse Gisèle Sadreux, qui a rempli son rôle d’une façon parfaite. Ces petits discours, fort bien tournés, n’ont pas laissé que d’émotionner profondément M. Garbit.
En même temps ces élèves lui ont remis, de même que les dames de la ville, des gerbes de fleurs, non plus des bouquets, afin, sans doute, d’accréditer la réputation de Tamatave comme étant par excellence la ville des fleurs.
Arrivé péniblement sur le quai, M. Garbit y a trouvé, au grand complet, le personnel militaire, administratif, judiciaire, les corps constitués, chambre consultative, commission municipale, comice agricole, les représentants des puissances étrangères, colons, commerçants et industriels de la région. Il a essayé, sans y parvenir, en raison de la cohue, de serrer la main à tout ce monde, et enfin il a pu s’embarquer, accompagné d’un grand nombre des assistants, pendant que la musique du 2e Tirailleurs Malgaches faisait retentir l’air des accents de la Marseillaise.
Cette grandiose manifestation laissera un souvenir ineffaçable non seulement dans l’esprit de celui qui en a été l’objet, mais encore dans celui de tous ceux qui en ont été les témoins.

Le Tamatave

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13 août 2017

Il y a 100 ans : Ordre à la garde indigène

Le Gouverneur Général a le regret de porter à la connaissance du personnel de la garde indigène la mort glorieuse de M. Muscatelli, inspecteur de 2e classe, capitaine au 22e régiment d’infanterie coloniale, décédé, le 18 avril 1917, à la suite d’une blessure au ventre par éclat d’obus, reçue le 16 avril, alors qu’il conduisait sa compagnie à l’attaque du village de Laffaux (nord-est de Soissons).
M. Muscatelli s’est conduit dans toutes les circonstances en véritable héros.
Il avait été blessé le 28 octobre 1915 à Massiges, cité à l’ordre de la division en février 1916 pour sa belle conduite dans les combats du 3 au 12 février 1916 et fait chevalier de la Légion d’honneur le 25 octobre 1916.
Avant sa mort, le capitaine Muscatelli fut fait officier de la Légion d’honneur.
Il signale également la brillante conduite à l’ennemi de :
1° M. Dousse (Jean), garde principal de 1re classe, sous-lieutenant au 359e régiment d’infanterie, nommé chevalier de la Légion d’honneur par arrêté du ministre de la guerre en date du 17 avril 1917, avec la mention suivante :
« Officier d’une grande bravoure, ayant par son exemple beaucoup d’ascendant sur ses hommes. S’est particulièrement distingué aux combats de juin et juillet 1916. Une blessure (Croix de guerre) » ;
2° M. Chatelain, garde principal de 2e classe, sous-lieutenant au 48e régiment d’infanterie, cité à l’ordre du régiment avec la mention  suivante :
« Officier très vigoureux et d’une grande bravoure. Est resté dans les tranchées de première ligne sous un bombardement extrêmement violent et y a été blessé » ;
3° M. Stattner, garde principal de 2e classe, adjudant au 2e régiment étranger, décoré de la Médaille militaire par arrêté du ministre de la guerre en date du 15 février 1917.
Cet ordre sera lu dans tous les détachements de la garde indigène à l’appel journalier et affiché, en français et en malgache, pendant un mois, dans tous les corps de garde en un lieu apparent.
Tananarive, le 18 juin 1917.
Le Gouverneur Général,
H. Garbit.

Journal officiel de Madagascar et dépendances

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11 août 2017

Il y a 100 ans : Le vin d’honneur du 21 (4)

(Suite et fin.)
Répondant à M. Caucé, M. Garbit a d’abord remercié l’orateur pour les paroles si flatteuses qu’il vient de lui adresser, et remercie ensuite les assistants pour être venus si nombreux lui apporter le témoignage de leur sympathie par une si grandiose manifestation, preuve des liens d’amitié qui les unissent.
Il remercie encore les corps constitués pour la collaboration intelligente et dévouée qu’ils n’ont cessé de lui prêter. S’il a obtenu quelques succès, c’est à leur concours qu’il le doit, car pour donner satisfaction aux besoins du pays, il faut les connaître, et c’est par eux surtout qu’il les a connus.
En présence des témoignages de profonde sympathie qui lui sont prodigués, ce n’est pas sans émotion qu’il s’éloigne de Madagascar ; mais son devoir l’appelle ailleurs.
Bien qu’éloigné, il continuera à suivre avec le plus vif intérêt le développement de la colonie, dont il s’emploiera à défendre les intérêts auprès de la mère patrie, autant qu’il le pourra.
Au jour de la victoire, il se réjouira avec nous mais avec le regret de ne pouvoir se trouver au milieu de nous pour mieux la célébrer. Il espère toutefois qu’après la conclusion de la paix, il reviendra, avec plus d’autorité qu’aujourd’hui, mettre à exécution les projets de travaux utiles que le développement de la Colonie réclame.
Il formule des vœux de bonheur et de prospérité pour tous les assistants, fait des vœux pour le triomphe des alliés et de la France, lève son verre en leur honneur, et en l’honneur des colons de Tamatave, et termine en criant : Vivent les alliés, vive la France !
Les assistants, qui ont vigoureusement applaudi les principaux passages de ce discours, répondent par les cris : Vive la France ! Vive M. Garbit !

M. Garbit doit s’embarquer lundi sur le Sydney.
Le Tamatave lui souhaite un bon voyage et… un prompt retour. Il souhaite également que les hasards de la guerre ne lui soient pas défavorables.

Le Tamatave

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10 août 2017

Il y a 100 ans : Le vin d’honneur du 21 (3)

(Suite.)
Vous croyez que votre grade de Lieutenant-Colonel d’Artillerie vous crée le devoir, selon vous supérieur, de participer d’une façon plus directe à l’Action, et alors, obéissant à votre conscience de soldat, vous abandonnez gaiement une situation des plus brillantes et des plus enviées, un pays où vous n’avez que des amis, pour aller vous jeter en pleine fournaise et vous mêler à cette pléiade de héros qui, depuis tantôt trois ans, luttent si âprement pour la défense, non seulement de notre Patrie menacée dans son existence, mais encore de la liberté universelle, de la civilisation et du droit compromis. Qui de nous ne s’inclinerait devant une semblable décision ?
Soyez-en certain, Monsieur le Gouverneur Général, tous nos vœux vous accompagnent dans cette nouvelle mission ! Tous ici, nous souhaitons vivement que le Colonel Garbit ait, sur le front, des succès comparables à ceux du Gouverneur Général Garbit à Madagascar ; nous souhaitons que le Livre d’or de notre Colonie s’enrichisse bientôt de quelqu’une de vos actions d’éclat ; nous souhaitons enfin et surtout qu’une fois la vermine allemande chassée des pays qu’elle souille si ignominieusement, une fois anéanti cet empire de bandits militaires qui rêve encore de courber le monde entier sous sa domination brutale et féroce, vous reveniez au milieu de nous, selon l’expression de notre immortel Chant du Départ, beau de votre gloire personnelle, de celle de la France et de ses Alliés, et de la Liberté du Monde reconquise !
Messieurs, je porte un toast en l’honneur de Monsieur Garbit, notre Gouverneur Général, à l’avenir glorieux du Lieutenant-Colonel Garbit et à son prochain retour parmi nous, comblé d’honneurs bien mérités ; et j’adresse un salut fraternel à tous ceux, Français et Alliés, qui sacrifient si généreusement leur vie pour sauvegarder nos libertés à tous !

Inutile d’ajouter que de vigoureux applaudissements ont souligné et fréquemment interrompu cette allocution qui exprimait si bien les sentiments de la population.
 (À suivre.)

Le Tamatave

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4 août 2017

Il y a 100 ans : Le vin d’honneur du 21 (2)

(Suite.)
D’ailleurs ce que nous aimions en vous par-dessus tout, c’était votre grand désir de travailler toujours en communion d’idées avec les éléments représentatifs des colons à qui vous demandiez une incessante collaboration à laquelle nous n’étions pas habitués dans ce pays où la puissance du pouvoir central n’est contrebalancée par aucune institution vraiment libérale ; c’était surtout votre grande accessibilité qui faisait que le plus humble d’entre nous pouvait vous aborder sans crainte, vous exprimer ses doléances, et était à peu près certain de sortir de votre cabinet réconforté, avec un peu plus d’espérance au cœur !
Je me permettrai seulement de faire ici une constatation d’ailleurs toute personnelle ! Il y a plus de trente ans que je partage mon existence entre les principales colonies françaises : Indo-Chine, Afrique Occidentale et Madagascar ; c’est vous dire que j’ai vu passer un certain nombre de Gouverneurs – car si quelqu’un se donnait la peine de vouloir trouver une qualité à notre haute administration coloniale, ce n’est certainement pas dans la stabilité de ses institutions et de son personnel qu’on devrait la chercher ! Eh bien ! je vous le dis en toute sincérité et sans aucune intention de flatterie, parmi tous ces personnages plus ou moins illustres, vous êtes jusqu’à présent le seul qu’il m’ait été donné de voir quitter son poste en ne laissant derrière lui que des regrets unanimes. N’est-ce pas le plus bel éloge qu’on puisse faire de votre administration ?
Si quelque chose peut tempérer la peine que nous éprouvons tous de votre départ, c’est la compréhension de la noble ambition qui en est la cause et du bel exemple qu’il nous donne à tous ! Depuis que vous avez assumé la direction de notre Colonie, vous n’avez cessé de faire contribuer celle-ci à toutes les œuvres de guerre civiles ou militaires. Vous avez ainsi rendu d’incontestables services à la Défense Nationale ; mais vous jugez que cela n’est pas suffisant !
(À suivre.)

Le Tamatave

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3 août 2017

Il y a 100 ans : Le vin d’honneur du 21 (1)

Splendidement réussi a été le vin d’honneur offert jeudi dernier, 21 juin, par la population européenne de Tamatave, à M. le Gouverneur Général Garbit, à l’occasion de son départ de la Colonie.
Le Tout-Tamatave était présent, ainsi que les autorités civiles et militaires de même que les représentants des puissances étrangères, le tout au grand complet.
La salle de l’Hôtel de France, où a été donné le vin d’honneur, était artistiquement ornée à profusion de lumières, de draperies, de fleurs et de drapeaux des Alliés. La musique du 2e tirailleurs agrémentait la soirée.
C’est M. Caucé qui, au nom de la population, a prononcé l’allocution d’usage. La tâche était difficile à remplir pour ne pas tomber dans des redites, en raison des nombreux discours prononcés ces temps derniers sur le même sujet. M. Caucé a triomphé pleinement de cette difficulté, comme on peut s’en rendre compte par la teneur de son allocution que nous donnons ci-après.

Monsieur le Gouverneur Général,
Délégué une nouvelle fois par la Population de Tamatave pour vous présenter ses respectueux hommages, je suis vraiment désolé d’avoir à prononcer aujourd’hui, au lieu des mots habituels de bienvenue, des paroles d’adieu !
Lorsque, lors de mon dernier voyage à Tananarive, vous m’annonçâtes votre prochain départ, je ne pus m’empêcher de vous dire combien vous seriez regretté dans l’île entière, et surtout dans notre ville de Tamatave. Les marques de sympathie que vous recevez tous les jours de tous les côtés, l’affluence que vous voyez ici se presser autour de vous, vous disent mieux que je ne pourrais le faire, que je ne m’étais pas trompé sur les sentiments de mes concitoyens à votre égard.
Est-il nécessaire ou simplement utile de détailler ici les causes multiples de cette profonde sympathie qui unissait toute la Colonie à son Gouverneur ; de rappeler tous vos efforts pour conserver à Madagascar, malgré la crise effroyable qui sévit sur le monde entier, toute son activité industrielle, agricole et commerciale, cela tout en donnant à la Métropole une aide considérable en hommes, en matériel et en matières premières ; d’énumérer les travaux faits et ceux que vous désiriez faire ? Je ne le pense pas ! tous vos actes sont présents à notre mémoire, et tous, nous connaissons quels étaient vos projets d’avenir !
(À suivre.)

Le Tamatave

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1 août 2017

Il y a 100 ans : Les braves

(De La Tribune.)
Nous avons annoncé, il y a quelques mois, la disparition à Verdun de Jules Gros, ancien Receveur des Domaines à Tamatave, qui avait été également en service à Tananarive où il comptait de nombreux amis. Après avoir pris part à tous les combats du front depuis le commencement de la guerre, il était devenu adjudant et avait disparu le 23 février 1916 lors des premières attaques contre Verdun.
Après de longs mois de manque absolu de nouvelles, sa famille apprenait que, grièvement blessé, il avait été fait prisonnier et envoyé dans un camp de représailles en Pologne. Il parvenait quelques mois après à aviser les siens que les mandats et même la nourriture qui lui étaient adressés étaient gardés par les Boches et que le régime infligé aux prisonniers était horrible. Dégoûté d’un tel régime, il décidait de quitter un tel pays. Après avoir employé sept nuits à traverser dans la neige la Forêt Noire, il franchissait le Rhin, traversait la Suisse et arrivait à Lons-le-Saunier le 2 avril, au profond étonnement de sa famille et de ses amis.
Il s’occupe de publier une brochure pour faire connaître le régime infligé aux prisonniers et se propose même de nous en faire parvenir un exemplaire.

M. Garbit à Tamatave

Ainsi qu’on l’avait annoncé, ce matin, un peu après 9 h., M. Garbit est arrivé à Tamatave, où il séjournera jusqu’à l’arrivée du Sidney qui doit le transporter en France. Une foule nombreuse et sympathique était allée l’attendre à la gare, heureuse de lui témoigner sa reconnaissance pour tout ce qu’il a fait et projeté de faire pour notre région.
Le Tamatave

L’or malgache

Afin d’encourager l’exploitation de l’or, un arrêté en date du 9 mars 1917 autorise la colonie à consentir des avances sur les remises d’or qui lui sont faites et à procéder à des achats fermes d’or extrait du sol de la Grande Île.
Ces avances sont consenties sur la base de 2 fr. 60 le gramme, sauf pour l’or d’Ambilobe, pour lequel il n’est attribué que 2 fr. 25, sous réserve d’examen du métal présenté.
La colonie achètera l’or ferme 2 fr. 75 le gramme ; celui d’Ambilobe sera acquis à 2 fr. 40.

Le Courrier colonial

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29 juillet 2017

Il y a 100 ans : Les eaux thermales d’Antsirabe (2)

(Suite et fin.)
« La réputation qui tend de plus en plus à faire d’Antsirabe l’unique et véritable sanatorium de l’océan Indien est on ne peut plus méritée ; les plus réputées de nos stations thermales de la Métropole et du monde ne peuvent que lui envier, sans espoir de les posséder jamais, cet ensemble si rare et si divers de facteurs thérapeutiques, qui en font à la fois une station thermale exceptionnelle, une rare station climatérique et une station d’altitude méritant de beaucoup la meilleure place parmi toutes celles des régions tropicales. La coquette capitale du Vakinankaratra, discrètement enfouie dans son berceau de mimosas odorants, doit devenir le centre d’attraction de tous les rhumatisants, surmenés, anémiés, débilités des îles Bourbon et Maurice, de l’Est et du Sud africains. Tous y trouveront les oxydations activées nécessaires à leurs cellules encombrées, la désintoxication de leur organisme, la régularisation du fonctionnement de leurs divers organes encrassés, l’élimination de leurs déchets, la guérison de leurs maux.
« En quelques semaines, une volonté soutenue et efficace, comme sous l’action d’une baguette magique, aura transformé l’infecte cuvette marécageuse d’antan en un parc verdoyant autour d’un petit lac artificiel où évoluent déjà les chatoyants cyprins folâtrant parmi les lotus bleus. Une piste cavalière fait le tour de la cuvette, promettant les émotions coutumières aux fervents du turf, à proximité, un superbe tennis. De nombreuses excursions tenteront les amateurs de footing aussi bien que les partisans du filanzana. Et les jeunes rêveurs neurasthéniques, et ceux qui, tels les deux heureux vieillards à barbe blanche, âgés l’un de 60 et l’autre de 65 ans, qui affirmaient hautement à mon confrère Magunna qu’ils étaient « redevenus jeunes et vigoureux depuis qu’ils plongeaient leurs vieux membres dans cette fontaine de Jouvence », pourront à loisir aller atténuer leur excédent de radioactivité reconquise sur les bords du mélancolique lac de Tritriva, enseveli au fond de son noir cercueil de basaltes. »

Les Annales coloniales

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27 juillet 2017

Il y a 100 ans : Les eaux thermales d’Antsirabe (1)

Nous avons déjà dit, dans ces colonnes, quelles sont les vertus des eaux thermales d’Antsirabe, et nous avons parlé d’un rapport présenté au comité d’hygiène et de salubrité publique de Madagascar par M. le docteur Salvat, docteur en médecine, pharmacien de première classe, directeur de l’Institut Pasteur à Tananarive, professeur d’hygiène et de thérapeutique à l’école de médecine de cette ville.
Il est indubitable que notre grande colonie possède à Antsirabe une station thermale qui est l’une des plus privilégiées du globe et mérite en tous points la faveur dont elle commence à jouir, non seulement à Madagascar, mais encore à Bourbon, à Maurice et jusque dans le Sud africain.
Ces eaux sont riches en gaz rares et en émanation radioactives.
Depuis de nombreuses années, les indigènes connaissant les vertus de ces eaux leur demandent un soulagement à leurs maux.
M. le gouverneur Garbit a fait construire des bâtiments à l’usage des Européens qui, de plus en plus nombreux, font usage des eaux.
« L’ancienne installation, lisons-nous dans le rapport de M. le Dr Salvat que publie l’Officiel de Madagascar, était constituée par une douzaine de paillottes disposées çà et là au hasard des émergences.
« Le nouvel établissement thermal s’élève dans une dépression au N.-O. de la ville : il se compose de deux corps de bâtiments séparés, allongés et disposés à angle droit ; l’un d’eux est réservé aux indigènes. Bien que très rapidement construit, l’établissement actuel est fort bien aménagé et correspond parfaitement au but auquel il est destiné : permettre aux Européens et aux indigènes de bénéficier, dans de bonnes conditions, des réels bienfaits des eaux thermales. »
Le docteur Salvat conclut ainsi :
« Ainsi donc, tout est réuni dans cette cuvette enchantée d’Antsirabe ; climat à température moyenne de 17°, sans grandes oscillations, exempt de paludisme ; rayons ultra-violets intenses ; atmosphère chargée de radioactivité ; eaux thermales dont l’analyse vient de permettre d’expliquer les heureux résultats des observations cliniques par le dosage des émanations radioactives. »
(À suivre.)

Les Annales coloniales

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25 juillet 2017

Il y a 100 ans : Des traverses pour les chemins de fer

L’Institut colonial de Marseille vient de prier le Président de la Chambre de commerce et d’industrie de Majunga de lui adresser des échantillons des bois susceptibles de faire des traverses pour nos chemins de fer, car les forêts des régions qui en fournissent la majeure partie ont été systématiquement détruites par l’ennemi.
Les traverses des chemins de fer employées par la Compagnie du P.-L.-M. ont comme dimensions : 2 m. 60 de long, 0 m. 21 de large et 0 m. 13 d’épaisseur.
Les principales qualités que doivent remplir ces bois sont l’imputrescibilité et la résistance à l’arrachement des tire-fonds ; on estime qu’ils doivent pouvoir résister à un effort d’arrachement de 4 600 kilos.
« Nous vous serions obligés de vouloir bien nous signaler les différentes essences de bois qui, à votre avis, rempliraient ces conditions, en nous en indiquant la densité et en nous faisant connaître si la situation des forêts dans lesquelles ces essences se trouvent permettrait leur transport facile à un port d’embarquement et les rouages déjà existants qui pourraient s’occuper de la fabrication de ces traverses, en un mot, tous les renseignements qui vous paraîtraient susceptibles de permettre l’étude de cette question.
« Il serait désirable que des exploitants de vos forêts nous adressent des échantillons assez volumineux de ces bois que nous communiquerions aux compagnies de chemin de fer intéressées pour leur permettre de se livrer à des expériences. Ces études entraîneraient certainement une connaissance plus approfondie des bois de nos colonies qui pourraient, de ce fait, s’introduire dans la construction et dans l’ébénisterie. »
Les Annales coloniales

Avis aux exportateurs de minerais uranifères

Conformément aux nouvelles instructions du Département, l’exportation des minerais uranifères radioactifs est interdite à destination des pays neutres pendant la durée de la guerre, la production totale de Madagascar étant réservée à la France et à ses alliés.

Journal Officiel de Madagascar et Dépendances

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont maintenant disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 64 titres parus à ce jour.

23 juillet 2017

Il y a 100 ans : Les orphelins de la guerre à Madagascar

L’Association nationale des orphelins de la guerre (siège social : 40, quai d’Orléans) a reçu, par l’intermédiaire de sa dévouée et infatigable déléguée à Majunga, Mme Billaud, la somme de 3 500 francs, souscription recueillie à la suite d’un émouvant appel de Mme Graff à la population de cette localité.
Les souscriptions adressées à l’œuvre depuis deux ans par sa fidèle déléguée à Majunga atteignent aujourd’hui 40 000 francs.
Quant à la déléguée générale de l’Association, Mme Vuillod, qui n’a pas cessé de déployer depuis les premiers mois de la guerre, dans la Grande Île et particulièrement à Tananarive, un zèle digne de toutes les admirations, ses envois à l’Association (dont une forte partie représente des cotisations annuelles) s’élèvent déjà à la somme de 60 183 fr. 30.
De tels faits se passent de commentaires. Ils resteront un glorieux témoignage de la contribution patriotique de Madagascar à l’œuvre de solidarité nationale qui, depuis le 5 août 1914, ne cesse de recueillir, sur tout le territoire, tous les orphelins de la guerre en détresse.
Il se trouvera pourtant encore des gens pour nier l’utilité des colonies.

Tragique accident

M. Maréchal, payeur des finances à Madagascar (bien connu en Indochine où il exerça pendant de longues années les mêmes fonctions), vient d’être victime à Marseille d’un terrible accident, qui lui a coûté la vie.
Voyant passer un tramway avec remorque, M. Maréchal croyait atteindre une place sans danger ; malheureusement, il perdit l’équilibre et tomba. Les roues le happèrent, lui faisant des blessures qui entraînèrent presque immédiatement la mort.
Tous les Indochinois regretteront cet excellent homme, qui ne comptait dans la colonie que des sympathies.
Le Courrier colonial

La peste à Maurice

M. le consul de France à Maurice fait connaître que l’épidémie de peste bubonique qui sévit dans cette île depuis 18 ans et qui était en décroissance marquée, s’est manifestée pour la première fois, depuis le 21 juin 1916, par la découverte, le 9 décembre, de foyers de cette maladie, dans les districts éloignés de Port-Louis, le plus rapproché en étant distant de 15 kilomètres.
De la daté précitée à ce jour, il a été constaté vingt cas de peste, dont onze se sont terminés fatalement.
Journal Officiel de Madagascar et Dépendances

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont maintenant disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 64 titres parus à ce jour.

21 juillet 2017

Il y a 100 ans : On va manger du zébu

De la Presse :
Vous souvenez-vous de l’heureux temps où l’on menaçait les Parisiens de la viande de chameau ? Ce n’était pas que le bœuf manquait, mais on était en quête de nouveautés alimentaires.
Aujourd’hui – par nécessité – on va nous mettre en mesure de manger du zébu.
Pour obvier à la pénurie de notre cheptel national, le Gouverneur de Madagascar vient de permettre l’exportation des zébus abattus (bœufs malgaches), dont la saveur de la chair peut être comparée à celle des bovidés européens. Ces zébus arrivent en France, coupés en quartiers, dans les cales frigorifiques de nos grandes compagnies de navigation.
La Ville d’Alger, de la Compagnie Havraise Péninsulaire, a débarqué à Marseille 4 600 quartiers et 1 880 colis de ventres de ces zébus, qui sont appelés, sous peu, à pallier le déficit de notre bétail.
Ajoutons qu’une tentative d’élevage des zébus en Provence a fort bien réussi.
Le Courrier colonial

Expulsion

Par arrêté du 26 janvier 1917, il est enjoint au nommé Ahmed Morassi, en résidence à Sainte-Marie, de quitter la colonie de Madagascar et Dépendances, à destination d’Aden, par le premier paquebot qui suivra la notification qui lui sera faite des prescriptions du présent arrêté.

Vacances de postes au service de l’intendance

En raison du nombre important des engagements contractés par les artisans indigènes, le service de l’intendance dispose de quelques vacances dans ses magasins.
Par conséquent, les boulangers, les bouchers, les tailleurs, les cordonniers et les écrivains dactylographes qui seraient désireux :
1° Soit de servir en France pour la durée de la guerre ;
2° Soit de contracter un engagement volontaire pour servir à Madagascar dans la section des commis et ouvriers militaires ;
3° Soit de travailler à l’intendance comme ouvrier ou manœuvre civil,
ont intérêt à se présenter ou à écrire d’urgence en franchise (c’est-à-dire sans timbre sur l’enveloppe et sans timbre pour réponse) à l’officier commandant la section des commis et ouvriers militaires à Tananarive (Analakely) ou au service de l’intendance de Diego-Suarez, Majunga et Tamatave.

Journal Officiel de Madagascar et Dépendances

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont maintenant disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 64 titres parus à ce jour.

19 juillet 2017

Il y a 100 ans : Mauvais temps à Vatomandry (2)

(Suite et fin.)
Mais, là où il y a eu de plus grands dégâts, c’est dans les campagnes : les vanilleries surtout, dans lesquelles les arbres d’abri ont fait un véritable massacre.
Nous envisageons, dès ici, une grande diminution sur la récolte prochaine qui promettait cependant d’être importante. On peut compter une réduction de 50 % au moins.
Les plantations de riz ont également beaucoup souffert ; car elles avaient été déjà fortement endommagées par les grandes crues de ces temps derniers.
L’année 1917 ne s’annonce donc pas bien prodigue pour les planteurs. Et il y a lieu de prévoir, dès maintenant, la famine très prochaine. Surtout si l’on envisage de près la pénurie de la main-d’œuvre qui devient de plus en plus difficile.
D’un autre côté, les exploitations de graphite ont également subi de grosses pertes par les digues et les constructions des toby enlevées.
Ces installations deviennent incontestablement très difficiles à refaire à cause de la pénurie de la main-d’œuvre. Si l’Autorité Supérieure ne prescrit pas des instructions sérieuses sur l’obligation imposée aux indigènes de travailler d’une façon continuelle, c’est la fin de toutes les entreprises à brève échéance.
Un vieux colon.
Le météore a donc parcouru presque toute la colonie, car de Tananarive on nous écrit que là aussi il a exercé ses ravages.
Le Tamatave

Morts au champ d’honneur

Iola, capitaine d’infanterie coloniale, dont la citation et le décès ont été publiés au J. O. des 11 novembre et 27 décembre 1916, était le gendre de M. et Mme Raufast, domiciliés à Majunga.
Mouchet (André-Constant), sergent fourrier au 30e bataillon de tirailleurs sénégalais. – Tué à l’ennemi le 5 octobre 1916 au moulin de Gradesnica (Serbie).
M. Mouchet était adjoint des services civils de Madagascar.
Mulsant (Camille), sous-lieutenant au 33e d’artillerie. – Tué dans la Somme, à l’âge de 19 ans, le 15 octobre 1916.
M. Mulsant (Camille) était le neveu de M. de Fontbrune, administrateur des colonies.

Journal Officiel de Madagascar et Dépendances

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17 juillet 2017

Il y a 100 ans : Nouvelles de Sainte-Marie de Madagascar (2)

(Suite et fin.)
Le Sidney, qui a mouillé ce matin sur notre rade venant de Diégo-Suarez, va lever l’ancre ce soir pour Tamatave ; le temps nous fait donc défaut aux colons, aux planteurs et aux habitants de l’île, pour adresser une pétition à notre distingué et bienveillant Gouverneur Général de Madagascar, pour le supplier de faire rétablir, – de toute impérieuse nécessité, – l’ancien itinéraire des annexes Bagdad et Sidon pour des escales mensuelles aller et retour Diégo, Ste-Marie, Tamatave ; au retour, Tamatave, Ste-Marie sur Diégo.
Nous signalons de plus à Monsieur le Gouverneur Général que, sur la population de cinq mille âmes, il y a encore cinq cents détenus de la maison de force et de correction qu’il faut nourrir, que sans le Bagdad ou le Sidon, le fournisseur actuel ne trouvera aucun transport de Tamatave à Ste-Marie pour les fournitures de riz.
Que le journal Le Tamatave nous vienne en aide dans cette circonstance, en publiant nos appels à qui de droit.
Un vieux colon.

Mauvais temps à Vatomandry (1)

D’un autre côté, un ami de Vatomandry nous fait de sa région le navrant tableau ci-après :
Depuis le 4 au soir, nous traversons une période de grosses averses qui n’ont pas manqué de faire gonfler et déborder les rivières alors qu’elles n’avaient pas encore repris leur cours normal depuis les dernières grandes crues.
La journée du 5, temps à grains fréquents ; mais dès le commencement de la nuit, le vent souffle et ne tarde pas à prendre une tournure inquiétante. On se fait la réflexion : « Si cela dure, nous sommes perdus. »
En effet, le 6 au matin, on constate déjà pas mal de dégâts :
1° À l’Assistance médicale, la toiture de la Maternité est complètement enlevée (construction nouvelle en maçonnerie couverte de tôle) ; une grande partie de la « varangue » (en tôle) des bureaux du médecin inspecteur est également enlevée.
2° À la Douane, la toiture (tôle) du hangar débarcadère en partie enlevée.
3° L’abattoir complètement écrasé.
4° Au Marché, l’une des constructions en chaume également écrasée.
5° Quelques cases indigènes et de gros arbres brisés ou déracinés.
(À suivre.)

Le Tamatave

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16 juillet 2017

Il y a 100 ans : Nouvelles de Sainte-Marie de Madagascar (1)

11 février 1917.
Les nouvelles ci-après que nous recevons de notre correspondant de Ste-Marie, et que nous nous empressons de publier, viennent confirmer de tout point ce que nous disons dans l’article précédent.
D’après ces nouvelles, aux voiliers perdus, il faut ajouter le Star.
Notre petite colonie, dans les journées des 5 et 6 février courant, vient d’être visitée par un terrible météore qui a été d’une violence extrême et n’a rien de comparable avec les autres cyclones depuis un demi-siècle. Les arbres fruitiers, les girofliers sont en grande partie renversés, déracinés, brisés par le vent de Nord-Est. Les vanilleries détruites en majeure partie et la récolte pendante aura au moins la moitié de perdue.
Girofle. – On peut être certain que la récolte de cette année n’atteindra pas dix tonnes. Pour les années prochaines, 1918 et 1919, ce seront les mêmes déficits. Ce ne sera donc qu’en 1920 que les jeunes girofliers rapporteront.
Vanille. – La récolte de la vanille cette année sera aussi en déficit de moitié sur 1916 et ce n’est qu’en 1919 que les dégâts seront réparés. Avant cette époque, nous n’avons pas à compter sur des résultats rémunérateurs ; il faudra donc refaire les plantations. On se souviendra longtemps de cette grande calamité.
À ces pertes, il faut ajouter maintenant les plantations de manioc, anéanties par le vent, les cases des indigènes renversées dans les villages et, sur l’arbre à pain qui a assuré aux Malgaches pour deux mois leur nourriture, il ne reste plus le moindre fruit sur pied.
Le riz. – Le riz manque complètement sur place et, les côtiers ayant disparu, il manque absolument tout moyen de ravitaillement pour recevoir des riz de Tamatave, Fénérive ou Maroantsetra. Donc, disette complète. Chez les commerçants, plus de riz, plus de farine, plus de sucre ; en un mot, ils sont entièrement dépourvus de marchandises alimentaires ; cela à la suite de la perte des deux voiliers Star et Frégate qui étaient chargés en plein à Tamatave à la date du 3 février pour transporter à Ste-Marie les vivres alimentaires qui nous faisaient défaut ; ces deux voiliers ont coulé en plein sur rade de Tamatave.
(À suivre.)

Le Tamatave

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