20 avril 2018

Il y a 100 ans : Actualités (1)


Un journal local a publié une Lettre ouverte à M. le Gouverneur Général Merlin.
La lecture de ce papier nous a causé un peu de déception et un peu d’affliction à la fois.
Nous sommes affligés de cet exorde, qui est une charge à fond de train contre trois des Gouverneurs Généraux qui se sont succédé à Madagascar ; l’un d’eux est décédé aujourd’hui. Certes, la critique de leur œuvre est du domaine public ; mais ne convient-il pas de retenir que, aux yeux des constants observateurs que sont les Malgaches, ces trois hommes ont ici représenté la France ?
Quant au fond, nous n’avons pas trouvé dans cette Lettre un exposé réel de la situation, telle qu’elle doit être connue à l’extérieur.
Suivons simplement la division qu’a adoptée l’auteur.
1° La main-d’œuvre ; 2° La monnaie ; 3° L’alimentation.
Madagascar a envoyé à la Défense Nationale 43 000 hommes qui ont été choisis parmi les plus robustes dans toutes les tribus de la grande île. La Métropole a continué d’en demander. M. Merlin a réussi de faire comprendre au Ministère qu’il était urgent de mettre fin au recrutement : tout le monde sait cela.
M. Garbit, on aurait mauvaise grâce à l’oublier, avait appliqué une sorte de réquisition de la main-d’œuvre qui aida beaucoup les colons, notamment les exploitants de graphites. Mais qui ignore qu’en vertu des… grands principes, le Ministère ordonna de ne pas continuer ?
De tous côtés, à Madagascar, on demande l’obligation du travail ; mais le procès-verbal de l’entrevue de la délégation des corps constitués de Fianar, Ambositra et Mananjary relate que le Gouverneur Général Merlin a répondu qu’à son grand regret et dans l’état actuel des choses, il ne pouvait promettre qu’une action administrative.
De même pour la monnaie. Le procès-verbal précité relate la déclaration de M. Merlin que la frappe d’une monnaie spéciale à Madagascar nécessitait une autorisation spéciale, par une loi à obtenir du Parlement.
Au fait, en supposant que Madagascar utilise les vieux bouts de cuivre qui traînent par-ci par-là, qui peut garantir que ce nouveau billon n’irait pas rejoindre l’ancien dont la disparition n’a pas été positivement expliquée ?
(À suivre.)
Le Tamatave


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 71 titres parus à ce jour.

10 avril 2018

Il y a 100 ans : C’est peut-être une explication


Dans un de nos derniers numéros, en parlant des indigènes malgaches qui repoussaient le papier-monnaie, nous signalions la raréfaction constante de la piastre, c’est-à-dire de la pièce de cent sous.
Notre confrère le Tamatave raconte une histoire qui expliquerait, au moins pour une part, le mystère de cette volatilisation.
Un indigène, à qui on avait volé sa malle, dut faire la déclaration de son contenu au magistrat instructeur et dit qu’outre ses effets, elle renfermait 1 500 francs en pièces de 5 francs.
Curieux par métier, le juge demanda au volé comment il avait en sa possession cette somme d’argent et le Malgache, tout penaud, lui confia son secret.
Il se procurait ces pièces de 5 francs grâce à des rabatteurs à qui il faisait une petite remise, puis il les revendait avec 10 % de bénéfice ; la différence entre le prix d’achat et le prix de vente constituait son profit.
Un jour vint où ses occupations ne permirent plus à ce naïf boursier de continuer son agiotage et il passa la suite de ses affaires à un autre indigène qui prit 20 % de commission, jugeant impossible de s’en sortir à moins !
Notre confrère ajoute que le magistrat a dressé procès-verbal contre ces deux trafiquants de monnaie.

Le bassin de radoub de Diégo-Suarez

Les journaux de Madagascar constatent avec enthousiasme le succès du bassin de radoub de Diégo-Suarez dont certains prévoyaient la faillite ; on l’avait dit inachevable et lorsqu’en 1916, le Gouvernement général manifesta la volonté de le terminer, quelques-uns crièrent à l’argent perdu.
Notre confrère, la Tribune, ne cache pas sa satisfaction et énumère complaisamment les navires qui, en novembre, ont passé au bassin. Ce fut d’abord un grand cargo anglais, en charge sur la côte Est, qui vint y faire « une grande toilette », puis le Bagdad, cruellement éventré dans la baie d’Antongil, qui vint s’y faire réparer. « D’autres navires, écrit notre confrère, y avaient pris leurs numéros. »
M. Garbit, à qui revient l’honneur d’avoir réalisé cette œuvre, peut en être fier ; le bassin de radoub de Diégo-Suarez est maintenant connu et apprécié des navigateurs, ce qui prouve que pour réaliser un travail, il suffit simplement de savoir vouloir.
Le Courrier colonial


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8 avril 2018

Il y a 100 ans : La sériciculture à Madagascar


On sait le développement que la sériciculture a pris dans la Grande Île depuis que nous nous y sommes installés.
Chargé de réorganiser ce service dans le centre de notre grande colonie de l’océan Indien, M. Fauchère a eu l’amabilité de nous communiquer les observations qu’il lui a été donné de recueillir.
C’est ainsi que les races de Séricaria mori originaires de l’Europe méridionale introduites dans la colonie, et qui ne procréaient qu’une fois par an, donnent aujourd’hui six générations après un acclimatement de deux années.
On croyait couramment que les races polyvoltines donnaient des récoltes inférieures en quantité et en qualité. M. Fauchère a pu se convaincre qu’ainsi acclimatées, ces races fournissaient des cocons identiques aux races restées monovoltines. Au surplus, tandis que les œufs de ces dernières doivent être hibernés pour éclore régulièrement, ceux des vers devenus polyvoltins éclosent naturellement douze ou treize jours après la ponte, sans que l’intervention du froid soit nécessaire ; elle serait plutôt nuisible car les œufs exposés par M. Fauchère dans des chambres à 5 degrés au-dessus n’éclosaient pas normalement.
Comme en Europe, les vers à soie de Madagascar sont sujets à plusieurs maladies, notamment la pébrine, ce terrible ennemi du sériciculteur madécasse ; la pébrine s’aggrave dans les régions tropicales du fait que les générations d’insectes se succèdent sans arrêt durant toute l’année et un peu aussi par l’insouciance des éleveurs.
Dans le but de remédier à ce grave inconvénient, M. Fauchère s’est livré à des recherches qui l’ont rassuré.
La transmissibilité de la pébrine est plus difficile qu’on croit, et en élevant des vers à soie par familles séparées, il put obtenir dans le même local des familles presque complètement indemnes, alors que les familles voisines étaient presque toutes contaminées.
Ce système d’élevage a donné toute satisfaction à notre entomologiste puisqu’il en a fait sa règle pour la production de la graine à la station séricicole de Nanisana, près Tananarive, perfectionnant seulement le système de grainage cellulaire adopté en Europe, pour l’adapter aux conditions de la sériciculture tropicale.
Ajoutons, en terminant, que les observations de M. Fauchère ne concernent uniquement que le séricaria mori.
Le Courrier colonial


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3 avril 2018

Il y a 100 ans : Amateurs de farniente (2)


(Suite et fin.)
En première ligne, nous voyons la répression du vagabondage ; cette mesure, qui s’est montrée opérante en France, porterait les mêmes fruits dans la Grande Île où trop d’outlaws vivent en marge et aux dépens des populations laborieuses.
On demandait ensuite que le livret de travail complétant la carte individuelle fût obligatoire, pour permettre de suivre le travailleur dans toutes ses pérégrinations de chantier à chantier ou de plantation à plantation. L’établissement d’un pareil livret faciliterait singulièrement les rapports entre employeurs et employés.
Il conviendrait aussi que la main-d’œuvre pénale fût réellement organisée afin d’obtenir des condamnés un rendement plus sérieux.
Il faudrait enfin réviser les conseils d’arbitrage dont les sanctions sont toujours à l’avantage de l’indigène puisqu’elles ne sont suivies d’effet réel qu’en cas de condamnation du colon. Cette mesure devrait être complétée par une augmentation notable de la contrainte par corps.
Tous ces desiderata marqués au coin du bon sens ont été exprimés il y a déjà quelque temps ; on a eu tout le temps nécessaire pour les étudier en vue de leur application.
Malheureusement, tout permet de penser que la Chambre consultative et le Comice agricole de Tananarive en ont été pour leur délibération, car il n’est pas à notre connaissance qu’elles aient été suivies d’effet.

La « Journée Galliéni » à Madagascar

Dans la Grande Île, la population de Marovoay a voulu clôturer l’année par un hommage au regretté pacificateur de Madagascar.
Elle a, les 30 novembre et 1er décembre derniers, organisé des fêtes populaires qu’elle a dénommées « Journées Galliéni ». De brillants préparatifs furent faits près d’un mois à l’avance. Les brillants résultats obtenus l’ont été en partie grâce à M. Avonts-Saint-Lager, administrateur qui a prêté la collaboration officielle aux organisateurs de ces belles journées.
La journée « Galliéni » organisée par la ville de Tamatave a eu, en dépit d’une pluie diluvienne, un plein succès et la recette réalisée a dépassé 3 000 francs.
Parmi les attractions, on remarquait un pousse-pousse dans lequel trônait l’effigie en terre glaise du kaiser enchaîné et les mains rouges de sang.
Le Courrier colonial


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1 avril 2018

Il y a 100 ans : Amateurs de farniente (1)


Le culte du farniente a toujours été le péché mignon des natures primitives, mais les indigènes de Madagascar, au moins ceux de certaines provinces, semblent avoir élevé ce culte à la hauteur d’une institution d’État, fait d’autant plus regrettable que la Grande Île souffre plus qu’aucune autre colonie du manque de main-d’œuvre.
Tous nos compatriotes de là-bas, colons, commerçants et industriels, sont unanimes sur ce point, et la presse locale, qui reflète fidèlement leur pensée à tous, ne cesse de demander l’application de mesures efficaces contre cet état de choses.
Chacun apporte son remède, chacun assure avec raison que cette crise de main-d’œuvre ne devrait pas exister puisqu’il y a pléthore de bras, et qu’il suffirait d’empêcher ces bras de rester croisés.
Dans les régions côtières, où la main-d’œuvre fait particulièrement défaut, les indigènes, dénués de besoins, sont enclins à la paresse et s’abandonnent plus qu’ailleurs encore aux douceurs du petroka.
La Chambre consultative et le Comice agricole de Tananarive réunis avaient préconisé l’année dernière quelques mesures qui, si elles avaient été suivies, auraient sans doute amélioré la situation et rendu moins pénible la crise alimentaire qui a inquiété nos colons à la fin de l’année.
Les deux assemblées réunies avaient suggéré de créer des besoins aux indigènes en agissant surtout auprès des jeunes générations.
Elles avaient également proposé la révision de la taxe individuelle, non pas seulement parce que les conditions économiques se sont modifiées depuis sa création, mais encore parce que, dans certaines régions, l’indigène travaille juste pour gagner l’argent nécessaire au payement de cette carte. Il faudrait l’augmenter ; de même pour certaines patentes, par exemple celles d’hommes robustes qui ne font rien que somnoler toute la journée derrière quelques morceaux de savon ou quelques petits paquets de poissons secs qui les autorisent à s’intituler marchands.
La Chambre consultative et le Comice agricole ayant dressé ce programme de mesures, appelées indirectes, en ont exposé d’autres qualifiées de directes.
(À suivre.)
Le Courrier colonial


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30 mars 2018

Il y a 100 ans : Nos Betsimisaraka (2)


(Suite et fin.)
Eh bien ! il est fâcheux de constater que, jusqu’ici, l’Administration a réservé presque toutes ses faveurs à la race houve, qu’elle est pourtant obligée de surveiller sans relâche, à cause de son égoïsme héréditaire, qui accepte toutes nos bontés avec une sorte de rage sourde d’être forcée de tout tenir de nous.
Il est loin de notre pensée de vouloir inaugurer à Madagascar le système de l’antagonisme des races ; mais il est de notre devoir de plaider la cause de populations fidèles, dociles, qui se sont données spontanément à nous ; nous demandons que l’Imerina ne monopolise pas les bienfaits de la civilisation que la France a introduits à Madagascar ; nous en demandons une partie pour nos braves Malgaches de l’Est.
Il serait de simple équité que la grande École Le Myre de Vilers n’instruisît pas que la jeunesse des Hauts Plateaux ; il faut qu’elle reçoive un nombre de jeunes gens des races en rapport avec le chiffre du recensement des tribus. D’ici quelques années, il en résulterait de grands bienfaits pour toute la Colonie. Nous n’insisterons pas, chacun nous comprend.
Il faut aussi que les fonctionnaires européens cessent de se considérer comme en exil hors des hauts plateaux ; qu’ils cessent d’administrer en touristes pressés ; qu’ils se mettent, comme l’ont fait les colons, à pénétrer, à étudier les tribus de cet Est vaste, fertile, tranquille, qui compte le plus grand nombre de colons ; qu’enfin, ils AIMENT véritablement ces bons Noirs bons enfants, qu’ils entreprennent à leur égard une sorte de mission, ni confessionnelle, ni laïque, simplement civique. Et un grand progrès sera accompli.
Jean d’Ivondro.
Le Tamatave

Mort au champ d’honneur

Demet (Gaston), sous-lieutenant au 8e régiment d’infanterie coloniale. – Cité à l’ordre dans les termes suivants : « Le 9 mai, a vaillamment conduit sa section à l’assaut d’une position ennemie fortement organisée sous un barrage violent d’obus, de torpilles, de grenades, de mitrailleuses. Exemple de bravoure et de sang-froid. Mortellement blessé au cours de l’assaut. »
Le sous-lieutenant Demet était le fils de M. l’officier d’administration de 1re classe d’artillerie coloniale Demet, actuellement en service à la direction d’artillerie de Tananarive.
Journal officiel de Madagascar et Dépendances


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29 mars 2018

Il y a 100 ans : Nos Betsimisaraka (1)


Un de nos amis, retour d’un rapide voyage à Tananarive, nous dit qu’il y avait une exposition des ouvrages scolaires exécutés par les élèves des diverses écoles professionnelles et ménagères de la Colonie, installée dans les locaux de l’École Le Myre de Vilers, l’établissement qui prépare les futurs instituteurs et fonctionnaires des Cadres indigènes.
Il ajoute que les suffrages de tous ceux qui ont visité cette exposition portent sur les travaux de l’École de Maroantsetra, tant par leur importance que par le caractère d’utilité pratique des objets exposés.
Ce nous est une occasion de faire ressortir le mérite de nos Indigènes de l’Est, modestes et méconnus, parce qu’ils ne savent pas s’imposer aux gâteries des puissants par des manières coulantes ; ils sont tout d’une pièce nos braves Betsimisaraka, ceux qui les connaissent particulièrement, comme nous, savent qu’ils sont bons, sociables, dociles et que leurs défauts ne résistent pas quand on veut bien s’occuper d’eux.
Il y a nombre de jeunes hommes betsimisaraka, que des Européens ont pris la peine d’éduquer, qui sont devenus des employés aussi « instruits » que leurs émules houves et, en tout cas, infiniment plus fidèles et dévoués que ces derniers.
Il y a une constatation acquise : c’est que jamais les populations de l’Est n’ont causé de soucis à l’autorité ; bien avant l’Occupation, les Vazaha s’installèrent en parfaite sécurité au milieu d’elles ; c’est dans l’Est que la Colonisation européenne a pu s’étendre et se consolider le plus.
Tandis que, sans parti pris, il s’en faut que les Houves méritent un pareil satisfecit : ce sont des gens qu’il faut constamment tenir à l’œil, le fond de leur caractère étant une ingratitude irréductible.
Les Betsimisaraka fournissent d’excellents marins côtiers, des ouvriers adroits, surtout dans les métiers qui traitent le bois.
Il y a aussi les Indigènes qui habitent le sud de la Région, ces Antaimoro qui fournissent dans tout Madagascar les plus gros contingents de travailleurs manuels et qui font preuve de véritable intelligence par la facilité avec laquelle ils s’appliquent à tout ce qu’on leur donne à faire.
(À suivre.)
Le Tamatave


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23 mars 2018

Il y a 100 ans : Régionalisme (3)


(Suite et fin.)
Ce chef de l’Est fondera solidement sa responsabilité sur la représentation des colons. Pour le mode d’élection de ces derniers, il sera tenu compte des effets funestes qui ont porté dans les vieilles colonies les abus d’un système du suffrage étendu jusqu’à l’émiettement.
Chaque province aura son assemblée propre passant ses travaux (condensés) à une Délégation régionale permanente qui siégera une fois par semaine ; cette dernière sera forcément composée de notables résidant au chef-lieu ou en étant rapproché, tout élu provincial de passage à Tamatave siégera aux assemblées hebdomadaires.
Ainsi l’Administration sera véritablement en contact avec la Colonisation. Le Chef de la Région restera au-dessus de tout soupçon. Les colons s’initieront rapidement à l’art de gouverner, étant au fait des réalités, des possibilités, des opportunités. On se connaîtra mieux.
Voilà, je crois, la seule vraie réforme : elle entraîne toutes les améliorations utiles. Je ne crois pas qu’il y ait des objections ; en tout cas, je les accueillerai avec attention.

La soirée du 31 décembre

Lundi 31 décembre, le personnel des Travaux Publics, avec le concours d’artistes amateurs de la ville, a donné une soirée au profit des Œuvres de Guerre. Malgré la pluie, il y a eu foule énorme.
Ont été particulièrement applaudis trois militaires, MM. de Bize, Brochard et Vandurme.
Une mention spéciale est aussi due à M. de Rosin pour ses tours de prestidigitation.
Notre devoir, au nom des Œuvres de Guerre, est de remercier les organisateurs de cette charmante soirée.
La recette s’est élevée à la somme de 800 francs.

Une bonne mesure

Il nous revient que, par ordre de l’Administration, le riz des usines de Majunga a été réquisitionné au prix de 320 francs la tonne.
Ce riz doit arriver par le Louqsor qui est attendu à Tamatave vers le 12 janvier.
Il sera réservé pour Tamatave et la Province la quantité nécessaire à l’alimentation de la population. Le reste sera expédié à Tananarive.
Le Tamatave


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20 mars 2018

Il y a 100 ans : Régionalisme (2)


(Suite.)
Nos Administrateurs, pas tous, se dérobent trop facilement à nos réclamations, étant couverts par les ordres multipliés et rigides dont ils dépendent.
Il nous faut avoir affaire à des hommes qui, quand nous leur demanderons : Pourquoi vous n’avez pas fait ceci, qui était nécessaire, ne puissent nous répondre : Je n’ai pas latitude de le pouvoir faire sans ordre.
Il en serait différent s’il s’agissait d’un haut fonctionnaire qui, solidement installé dans sa région, fort des consultations qu’il aura prises des notables de la colonie européenne, aura l’obligation d’agir et sera en possession de justifier ses actes.
Le provincialisme n’est qu’une forme : preuve, les changements qui y sont continuellement portés ; tandis que le régionalisme, c’est de l’organisation, c’est du définitif, c’est une fondation.
Il est certain que des contrées comme Mananjary au sud, Maroantsetra au nord, ont des besoins propres, des nécessités locales qui doivent être pourvues ou traitées en particulier ; mais il est incontestable que toutes ces localités sont solidaires entre elles, ayant même climatologie, mêmes productions et mêmes indigènes, le tout formant une région bien caractérisée : l’Est malgache.
Le chef-lieu naturel de cette région, c’est Tamatave. Il devrait y siéger un fonctionnaire autre que le chef de la province de Tamatave et qui est en même temps le maire de Tamatave. Le titre qu’on lui appliquera devra définir ses attributions, leur étendue, leur pouvoir réel : Lieutenant Gouverneur ou Chef de la Région de l’Est.
Ce qui était prématuré il y a plus de dix ans peut se réaliser aujourd’hui.
Ce haut fonctionnaire devra disposer d’un personnel et de services spécialisés à l’Est (en dehors, bien entendu, de certains grands services généraux comme les Transports, les Postes et Télégraphes).
Nous aurons alors véritablement un homme à qui parler et qui ne pourra se dispenser de répondre. Nous en avons fini avec cet anonymat administratif, cause de l’atonie générale des affaires.
(À suivre.)
Le Tamatave


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18 mars 2018

Il y a 100 ans : Régionalisme (1)


Notre confrère la Tribune, de Tananarive, a souvent exposé les graves inconvénients qui résultent de l’ingérence par trop méticuleuse du Ministère – aggravée des interventions intempestives de parlementaires peut-être bien intentionnés, mais fort mal informés des réalités – dans la direction des affaires des Colonies.
Les arguments employés par notre confrère ne se prêtaient généralement pas à la réfutation, puisque nous constatons la nouvelle tendance métropolitaine depuis quelques mois à laisser de plus en plus de liberté à notre Gouverneur Général, appuyé sur les corps élus auxquels il est aussi attribué plus d’initiatives qu’à l’origine.
Ce qui est bon pour Madagascar considéré dans son ensemble ne peut que l’être pour ses parties constituantes.
D’ailleurs, nombre de bons esprits en France plaident en faveur de la décentralisation, ou plutôt pour un régionalisme plus large, vraiment libéral. Les arguments contre, invoqués dans la Métropole par ceux qui craignent un affaiblissement du bien national, ne tiennent pas à Madagascar, où il n’existe pas d’unité malgache, où les tribus resteront de longtemps encore nettement dissemblables entre elles. Ici c’est la solidarité réelle qui règne entre les Français répandus par toute la grande île qui constitue le véritable lien d’unité, l’antidote du vieil antagonisme des peuplades ayant eu jadis trop de sujets de ne pas s’aimer.
Il n’y a donc aucun motif pour ne pas mettre fin à l’état de dépendance soupçonneuse où sont tenues les principales régions de la grande île.
La division actuelle en « provinces » n’est qu’une pure formalité (je ne dis pas forme) administrative. L’administrateur – il est fait ici abstraction des personnes – est pratiquement impuissant. Il n’est trop souvent, avec tout son personnel, qu’un agent de transmission complètement dépendant, non pas du Gouverneur Général, mais des bureaux du Gouvernement Général, ce qui est tout à fait différent.
Ce semblerait cependant, marquons-le en passant, que de plus larges responsabilités seraient actuellement laissées aux chefs de province en échange d’une action directe plus large sur les différents services de leur ressort.
(À suivre.)
Le Tamatave


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17 mars 2018

Il y a 100 ans : Légendes (2)


(Suite et fin.)
Les Malgaches, ceux du peuple, ceux qui ne passent pas leur temps à essayer de convertir leurs frères, inférieurs à leurs yeux, dans les milliers d’édifices élevés au Dieu de paix, se félicitent à l’heure actuelle ne n’avoir point suivi de pernicieux conseils. Ils eussent été les premières victimes d’un régime pure imitation du régime déchu.
Laissons dire même les choses les plus invraisemblables mises au service de causes discutables.
Il y a un gouverneur qui gouverne et agit. Le discours programme de Mahamasina nous rassure au sujet de la politique indigène qu’il entend suivre.
Nous eussions cependant aimé d’y trouver une indication plus formelle quant aux obligations du travail. Ne faut-il pas essayer de détruire les effets déplorables de cette maxime encore appliquée dans les circonscriptions de brousse : « L’indigène libéré de ses charges fiscales est libre de travailler ou non. »

Avis nécessaires

Le discours que prononça Monsieur Merlin dans la plaine de Mahamasina à Tananarive met au point la situation, en même temps qu’il trace nettement aux indigènes la ligne de conduite qu’ils ont à suivre.
En travaillant, tant pour leur compte que pour celui d’Européens, ils sont assurés de la bienveillance de l’Administration.
Rebelles au travail, pêcheurs en eau trouble, mauvais serviteurs, ils sont certains d’être traités avec toute sévérité.
Le Gouverneur veut que la colonie travaille en paix et il en sera ainsi.
Quelques exemples déjà faits suffiront à démontrer aux intéressés que le chef de la colonie tiendra ses promesses.
Une remarque en tout cas s’impose, c’est que, en pleine guerre, la colonie fut légèrement troublée du fait d’éléments Hovas, c’est-à-dire appartenant à cette fraction de la population madécasse qui reçut le plus de bienfaits du Gouvernement français et qui en partie s’est vu réserver toutes les meilleures situations administratives.
C’est parmi cette même population que l’instruction fut la plus répandue. Elle ne montra point qu’elle savait en apprécier tous les bienfaits.
Il est juste de rendre hommage à la partie saine de la population et de constater que ce n’est point parmi les travailleurs, cultivateurs ou ouvriers que les « agités » trouvèrent de complaisantes oreilles.
Le Tamatave


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16 mars 2018

Il y a 100 ans : Légendes (1)


Il me revient qu’une personne aurait déclaré, de façon à être entendue, que l’histoire qui provoqua de la part du gouvernement des décisions énergiques était une affaire de police provoquée de toutes pièces par la Sûreté Générale.
C’est une naïveté doublée d’une contre-vérité.
La première fois, les mêmes personnes, qui aujourd’hui lancent de pareilles bourdes, déclarait à qui voulait les entendre que la police avait été au-dessous de tout ; cette fois c’est elle qui aurait amorcé l’affaire avec des gens non désignés mais qui, arrêtés, ont depuis longtemps été punis.
Cette intervention policière aurait pour cause la présence de l’inspecteur des colonies Fillon auquel aurait été confiée, par le Ministère, la mission de rechercher les causes de la première crise malgache de 1915, c’est du moins la version qui fut donnée.
S’il est vrai que M. Fillon est chargé d’enquêter sur les faits passés, il arrivera probablement à cette conclusion : que l’affaire était connue de certains milieux qui se sont décidés à parler seulement au moment où l’Administration était déjà saisie.
Que les têtes de ce mouvement, qui avait pour but de permettre à quelques gros et gras personnages malgaches de pêcher en eau trouble, ont échappé à toute répression, que ce fait est uniquement dû à des faiblesses regrettables du gouvernement précédent par suite d’interventions pressantes devant lesquelles à tort on céda, ne fera croire à personne, par exemple, que c’est par oubli que l’on ne mit pas la main au collet, dès la première heure, à cet individu visqueux, rampant, qui eut tous les loisirs de brûler les papiers dont il était détenteur et parmi lesquels on eût immanquablement trouvé de précieuses indications.
Quant aux incidents d’hier, ils ne furent qu’un faible écho de ceux de 1915, mais ils prouvent néanmoins qu’il existe encore quelques cerveaux fêlés inspirés par les vieux débris de la première affaire, inconsolables d’avoir fait lamentable fiasco et d’avoir vu s’envoler ce rêve qui leur faisait s’attribuer les prébendes d’un régime indépendant ou soi-disant tel.
(À suivre.)
Le Tamatave


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 71 titres parus à ce jour.

3 mars 2018

Il y a 100 ans : Faites des routes et vous aurez du riz (2)


(Suite.)
Mais si les centres de graphite sont ceux où a sévi la crise du riz, il va de soi qu’il y a là une corrélation étroite. Poser la question c’est la résoudre.
L’exploitation du graphite a mobilisé un nombre considérable de bras qui ont manqué à la terre, laquelle devait néanmoins nourrir les ouvriers ; ipso facto, le riz s’est raréfié et son prix d’achat s’est élevé ; s’il y a eu famine, ce fut une famine relative, qui a été aggravée sans aucun doute par la fâcheuse taxation.
Au lieu de laisser aller les choses, on aurait dû chercher le remède et faire plus tôt ces constatations qui auraient permis de voir de suite que le riz manquait, non pas dans la Grande Île, mais seulement dans quelques régions. C’est ainsi que Majunga regorgeait de cette précieuse denrée tandis que Tananarive en était dépourvue et la vallée de la Soka ne savait que faire de son riz dont les bœufs se gorgent au moment du battage. La crise du riz n’était donc qu’une crise de circulation.
Le remède est tout indiqué. Construire des routes là où se trouvent les grands centres de production afin d’évacuer rapidement les denrées, établir aussi des routes dans les régions à faible rendement, créer des chemins secondaires pour éviter le retour de ce qui s’est passé à 30 kilomètres de Mahatsinjo, où le riz valait trois fois moins que dans la ville même parce qu’on manquait de moyens de communication entre ces deux points.
Les routes construites éviteront une nouvelle crise alimentaire, d’abord en empêchant l’excès d’abondance ici et la disette là, ensuite encourageant les pays producteurs à produire davantage.

L’assistance médicale indigène à Madagascar

Le crédit prévu (pour les dégrèvements accordés pour la décharge, réduction, remise ou modération de taxe faisant l’objet de mandats de payements établis au profit du trésorier payeur) au budget de l’assistance médicale indigène à Madagascar pour 1917 s’était trouvé insuffisant ; par un arrêté du 11 août dernier, le gouvernement général de cette colonie avait dû doter le budget intéressé d’un crédit supplémentaire de 30 000 francs pour couvrir l’insuffisance précité.
Un décret daté du 25 décembre 1917, paru à l’Officiel d’hier, a approuvé cet arrêté.
Le Courrier colonial


Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 71 titres parus à ce jour.

2 mars 2018

Il y a 100 ans : Faites des routes et vous aurez du riz (1)


La crise rizicole de Madagascar a perdu beaucoup de son acuité, non qu’elle soit terminée, mais on en prévoit le terme avec le rendement de la récolte de l’Ouest et les repiquages de riz de première saison dans le Centre. Une fois la « soudure » accomplie, la crise du riz ne sera plus qu’un mauvais souvenir.
Servira-t-elle au moins de leçon ? C’est plus difficile à dire.
Comme toujours, l’administration a manqué de prévoyance et d’esprit d’organisation.
En effet, n’est-il pas étrange que, par exemple, la région de Nossi-Bé, si fertile en riz, ait exporté à l’extérieur avec les autres points de l’île des quantités très grandes de cette céréale alors qu’elle a été obligée ensuite, au mois d’octobre dernier, d’en faire venir pour ses besoins, à des prix exorbitants. Il est évident que si l’administration avait fait dresser l’inventaire des stocks, les choses se seraient passées différemment : les consommateurs, déjà gênés par le renchérissement de la vie, n’auraient pas eu à payer ces… erreurs. Ce système d’imprévoyance officielle n’a pu satisfaire que les transporteurs qui d’ailleurs par ce temps de crise de tonnage n’auraient pas été embarrassés pour utiliser leurs bateaux.
Mais ne soufflons pas sur les cendres éteintes. La crise est à peu près conjurée si elle ne l’est entièrement au moment où nous écrivons ; contentons-nous d’en tirer des constatations utiles pour éviter et surtout prévenir le retour d’événements aussi fâcheux.
Ces constatations peuvent se résumer ainsi :
Les régions où le prix du riz a subi les plus fortes variations semblent être les mêmes que celles où l’on exploite le graphite, c’est-à-dire Mananjary, Fianarantsoa, Miarinarivo, Ankazobe et la côte nord-ouest. Cependant, la vallée de la Betsiboka et la côte nord-ouest n’ont pas vu s’élever sensiblement les prix : le cours de 300 francs qui inquiéta les populations de Tuléar n’avait rien que de très normal… dans les circonstances actuelles ; les centres rizicoles de Vangaindrano et du lac d’Alaotra n’ont été influencés par les cours de Tamatave et de Tananarive qu’autant que les moyens de communication ont permis économiquement l’exportation de ces régions.
(À suivre.)
Le Courrier colonial


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27 février 2018

La mort d'Alain Jeanpierre

Un auteur de la Bibliothèque malgache vient de disparaître et la maison est bouleversée. Alain Jeanpierre est mort en France le 16 février, à 77 ans. Il était né près de Paris le 26 septembre 1940 et était installé à Madagascar depuis 1989. Dans sa retraite active à Toliara, la grande ville du sud-ouest, il terminait une maison qui reflétait son bon goût d’architecte sans diplôme et continuait à élargir son immense culture doublée d’une prodigieuse mémoire.

Son livre unique, Pochades, est composé de deux longues nouvelles dont la première, « Cyclone sec », se déroule – sans le dire explicitement – à Madagascar. Charles y arrive pour la première fois, en visite chez son ami Antoine. Il découvre les plaisirs du coup de foudre et les désagréments de ses conséquences.
La seconde, « Suzanne et ses vieillards », raconte sur un ton enjoué le vilain tour que montent des copains de bar afin de protéger la petite-fille de l’un d’eux, trop jeune pour être dévorée par un agent immobilier entreprenant.

Dans Roman vrac (Bibliothèque malgache pour l’édition numérique, No Comment pour l’édition papier), où Jean-Claude Mouyon (mort en 2011) faisait entrer ses plus proches amis dans sa belle galerie de personnages, Alain Jeanpierre y était l’Archi. Décrit avec la liberté que donne la fiction :

L’Archi, depuis quelques temps il a la barbe grisonnante, le menton inquiet et l’œil rigolard. La trilogie de l’existence. Il vient de nous faire le coup du papa cinquantaine. Alors il construit à tout va pour la descendance. Il échafaude volumes et plans avec baignoires à tous les étages, panneaux solaires et éoliennes, balcons aux quatre coins cardinaux, nurserie aérienne, salons et bibliothèques, bar central, cuisines extérieures et chambres amovibles. Il en est à son dixième cahier. En ce moment il attaque le ponton et le bateau qui va avec. L’Archi, si on le laisse faire il va nous chambouler la brousse. Nous mettre le lagon dans une bulle. Il faudrait le calmer, lui trouver une autre occupation tant qu’il n’a pas l’argent pour acheter son terrain. Putain de soleil.

23 février 2018

Il y a 100 ans : Pour développer le cheptel malgache

Un de nos confrères de Madagascar préconisait la mise en valeur des pâturages de la Grande Île en attribuant des terrains aux particuliers ou aux sociétés qui pratiquent l’élevage.
Un autre confrère, les Petites Affiches de Majunga, s’élève contre cette opinion, du moins en ce qui concerne la côte occidentale.
Dans tout l’Ouest, assure-t-il, la transhumance est une règle et une nécessité pendant la saison sèche, les troupeaux paissent dans le fond des vallées et sur le haut des plateaux quand arrivent les pluies. Le rédacteur de la Revue agricole est convaincu qu’il faut un parcours de 10 000 hectares pour un troupeau de 5 000 têtes, mais le même parcours n’est-il pas aussi nécessaire pour un troupeau de 1 000 têtes et même de 100 têtes ?
Avant la conquête, le premier ministre envoyait ses troupeaux dans les riches herbages d’Andriamena, d’Ankoala et d’Ambalanjanakamby. Tous les vieux colons connaissent ce fait ; ils savent également qu’aujourd’hui les troupeaux des régions voisines font de même et convergent, dès le début de la saison sèche, vers cette magnifique prairie naturelle.
Dans ces conditions, qu’arriverait-il si l’Administration concédait des parties de cette région à un particulier ou à une société ?
« Les troupeaux du Kamoro, de la Betsiboka et de l’Ikopa, répond notre confrère, ne pourraient plus transhumer et disparaîtraient rapidement. »
Ce serait, en effet, un moyen bien singulier de conserver le cheptel de l’île. Au surplus, la région occidentale est appelée à devenir, un jour qui est peut-être prochain, un pays essentiellement agricole, et de céder des terrains dans cette partie de la colonie, même pour faciliter l’élevage en grand, serait enlever de vastes espaces à la culture.
Pour conserver le cheptel malgache, les pâturages doivent donc rester communs.
Le Courrier colonial

Accident

Dimanche dernier, sur la route de l’Ivoloina, une automobile qui portait quatre personnes heurta la charrette d’un Malgache, fit une embardée et chavira.
L’un des passagers eut seulement de légères contusions, les autres en sortirent indemnes. La voiture seule a été fortement endommagée.

Le Tamatave

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