22 octobre 2010

Danse l'Afrique danse ! Une forte délégation malgache à Bamako

Les nostalgiques de Sanga, c'est-à-dire des trois éditions malgaches des Biennales africaines de danse contemporaine (j'en suis, de ces nostalgiques) peuvent mettre le cap sur Bamako, au Mali, pour en retrouver l'ambiance dans une huitième édition intitulée Danse l’Afrique danse! Du 29 octobre au 5 novembre, ils ne devraient pas être trop dépaysés: la présence de Madagascar est importante, nous l'allons montrer tout de suite.
Puisque Bamako, c'est un peu loin, je pioche dans le programme illustrations et textes à propos des danseuses et danseurs malgaches.

Julie Iarisoa - Cie Anjorombala
Sang couleur
(Concours - pièces collectives)


«Mon sang n’a pas de couleur, mais il a du goût», dit en exergue Julie Iarisoa, chorégraphe de ce quatuor pour danseurs portant jupes et perruques blanches, «qui évoque le respect réciproque en acceptant les différences». Un travestissement qui s’insinue dans leur manière de se mouvoir, poupées aux gestes un peu raides, bondissant sur leurs fesses pour traverser le plateau. Les mains claquent, les pieds frappent le sol et les danseurs se divisent par couples, échafaudant l’art de la chute sur des portés audacieux. Vissés au sol, les corps font les toupies et donnent à voir une break dance au rythme ralenti qui en accentue la fluidité. Souvent de dos, les quatre s’amusent de leurs tenues, se retrouvent en jupon et plongent leurs mains dans des pots de peinture pour recouvrir un tableau noir, puis leur peau, de coulées blanches et crayeuses. De l’action painting dansé bien dans le ton de la gestuelle, à la fois expressionniste et abstraite.

Harimalala Angela Rakotoarisoa - Cie Soranihafa
Sora
(Concours - pièces collectives)


«Toute chose a son origine. L’homme, la nature et l’être vivant. Sora le souffle de vie, mais Sacrifice pour l’homme qui est prêt à chercher son origine afin de protéger ce qui a déjà existé», dit en exergue la chorégraphe Angela Rakotoarisoa. Le décor est posé, baigné d’une lumière rose comme l’aurore: un long tube de tissu qui traverse verticalement le plateau, un lit suspendu et le reflet mat d’un rond de métal posé sur un socle, écran aveugle d’une danse offrande, avant d’être saisi et secoué par les danseurs, zébrant l’air de ses vibrations sourdes. L’homme et la femme occupent des espaces distincts. A lui, le sol d’où il surgit, s’extrayant du tube de tissu pour nous convier à la naissance du geste. A elle, le lit suspendu qui bouge au rythme de ses gestes. Tous deux, corps chrysalides, soumis à la métamorphose par la grâce du mouvement, d’une parade amoureuse à la vigueur acrobatique à un pas de deux où se dépose l’instant de la rencontre.

Junior Zafialison
Ail ? Aïe ! Aïe !
(Concours - solos)


Un titre programmatique qui fait référence aux vertus médicales de l’ail sans négliger ses désagréments pour dire ce qu’il en est de la dualité intrinsèque de l’homme. Assis sur un plateau nu, Junior Zafialison pile l’ail dans un mortier et de ce coup frappé, répétitif, s’élance le premier geste. Lent, délié et souple, le bras se soulève et entraîne le corps dans une lutte où les bras se resserrent sur la gorge. La danse, traversée de multiples influences, du port des bras classique à l’accent mis sur l’arrondi d’une épaule ou la qualité des sauts et le travail au sol, explore aussi toutes les dimensions de l’espace. Alors, le mur du plateau où il se plaque, dos au public, devient comme la page blanche où le danseur écrit sa danse et l’espace d’un changement de perspective.

Ariry Andriamoratsiresy & Gaby Saranouffi - Cies Rary et Vahinala
Fangalapiery
(Hors concours)


Contraste entre modernité et tradition, entre le rouleau de plastique rouge déroulé sur le sol pour dessiner une trajectoire ou servant de costume à Gaby Saranouffi qui s’y enroule lentement et le chant de Sana, musicienne du Sud de Madagascar, réputée pour son rôle de gardienne des coutumes ancestrales. Contraste entre la danse aux ressorts dynamiques d’ Ariry Andriamoratsiresy et la forme sculpturale et contemplative de celle de Gaby Saranouffi qui finit par retirer son enveloppe plastique, plaquée au mur, gestes secs et danse exacerbée par l’urgence. Un va et vient permanent entre deux extrêmes : «Un monde très coloré et artificiel illustré par la scénographie et le son vibrant et poignant offert par Sana qui rappellent l’omniprésence des attaches de chacun.»

19 octobre 2010

Jean Joseph Rabearivelo : Œuvres complètes, tome 1

L'événement est de taille - et j'y reviendrai quand j'aurai pris connaissance du volume: le premier tome d'une édition critique des Œuvres complètes de Jean Joseph Rabearivelo est (si j'ai bien compris quelques articles sur une conférence de presse qui s'est déroulée hier et à laquelle je n'étais pas présent) sur le point de paraître. La date officielle de sortie en France est le 28 de ce mois, et le mois prochain à Madagascar.
Il s'agit d'un épais volume - 1280 pages - coordonné par Serge Meitinger, Liliane Ramarosoa et Claire Riffard, qui reprend les textes du diariste (les mythiques Calepins bleus), de l'épistolier et du moraliste. C'est-à-dire la part de son œuvre la plus mal connue, au contraire des poèmes qui l'ont rendu célèbre dans le monde entier.
Je vous le disais, j'y reviendrai.

14 octobre 2010

Archives sonores de Madagascar

C'est une collection de disques que les spécialistes connaissent, j'imagine, mais que pour ma part je découvre grâce à la mise en ligne d'une partie d'entre eux sur le site de Gallica. Si je comprends bien, le Musée de la Parole et du Geste de l'Université de Paris a réalisé ces enregistrements à l'occasion de l'Exposition coloniale internationale de 1931. Plusieurs d'entre eux viennent d'être mis en ligne - d'autres étaient peut-être déjà disponibles. Une recherche sur l'ensemble et le mot "Madagascar" fournit vingt résultats aussi divers que des chants de piroguiers, de lutte ou de travail.
Admirez l'état d'un disque avant de l'écouter - vous accepterez dès lors sans problème le grésillement qui accompagne ces vieux 78 tours.

Et voici une image qui accompagne une de ces réalisations.


12 octobre 2010

Trois photographes à Ilakaka

Si, comme moi, vous étiez passé sur la Nationale 7 avant et après la découverte du saphir à Ilakaka, près du parc de l'Isalo, vous avez vu la différence... Depuis une bonne décennie, cette ville surgie au milieu de nulle part est devenue le symbole d'un Far West malgache. Elle a souvent attiré des journalistes et des photographes. Afriphoto vient d'en rassembler trois dont les regards se complètent pour rendre ce lieu plus familier sans rien lui enlever de sa bizarrerie.
Sans commentaires, voici trois exemples. Les liens renvoient non aux galeries du terrain inlassablement creusé par les chercheurs de saphirs, mais aux galeries des photographes.






10 octobre 2010

BNM : la Bibliothèque Numérique Mauricienne

Un site qui met en vedette la Bibliothèque malgache électronique a tout pour susciter de ma part, vous le comprendrez aisément, un préjugé favorable.
C'est donc avec grand plaisir que je salue la naissance d'un site cousin du mien, la Bibliothèque Numérique Mauricienne.


Son concepteur, Stéphane Sinclair, me dit en outre que ma démarche l'a inspiré. Tant mieux! D'autant qu'il est parti sur les bases d'une présentation beaucoup plus claire que la mienne. (J'avais pensé réorganiser tout le site en juillet, et puis je n'en ai pas eu le temps - ce sera pour la prochaine plage de temps libre, ou relativement libre).
Vous l'aurez compris, j'aime ce site d'une île voisine, où tous ceux qui s'intéressent à l'histoire de l'Océan Indien trouveront une matière riche, déjà abondante et dont la vocation est d'offrir une documentation en expansion.
Un fil RSS (auquel je me suis abonné sans attendre) permet de ne rien manquer des prochaines nouveautés du site.

7 octobre 2010

Lire et voir : colonie et indépendance (?)

Donc, 2010 était - est encore, puisque l'année n'est pas finie - une date anniversaire essentielle, puisqu'un demi-siècle s'est écoulé depuis la décolonisation de Madagascar et de beaucoup d'autres territoires occupés auparavant par la France. France qui a célébré, laissez-moi rire, l'événement en pompe moyenne plutôt que grande. Chez nous, c'était un peu compliqué, en raison du climat politique.
Ce n'est pas une raison pour ne pas en parler quand des documents sortent à cette occasion, comme La fin de l'empire colonial, le numéro hors-série des Cahiers de l'Express daté d'octobre-novembre. On y trouve, entre autres choses, un long article de Jean Fremigacci intitulé Madagascar de la première à la seconde indépendance 1960-1973. Je ne possède pas la compétence nécessaire pour juger du contenu de cet article, mais voici, pour le plaisir, une photo qui l'illustre. Elle a été prise lors de la Fête de l'Indépendance du 26 juin... 1960!


Dans la foulée, j'ai cherché d'autres documents, et j'ai trouvé une mine que certains d'entre vous connaissent probablement, le site de l'INA sur lequel une simple recherche donne accès à 75 vidéos concernant Madagascar. Allez-y voir, vous ne perdrez pas votre temps. (Pour ma part, j'ai cru que j'allais y passer la journée.)
On y apprend qu'on extrait du pétrole depuis longtemps à Madagascar. Que deux cosmonautes américains sont passés par Antananarivo. Que Philibert Tsiranana reçoit chez lui en toute simplicité. Avant de connaître une fin de règne agitée. Que les grandes secousses connues depuis l'Indépendance ont trouvé place dans les médias français, de 1972 à 2009.
Des documents dont nous connaissons certes l'origine (et il ne faut jamais l'oublier), mais qui n'en sont pas moins précieux.

6 octobre 2010

Citation : comment devenir française en épousant un Malgache

Je viens seulement de lire Infrarouge, le roman de Nancy Huston paru en mai. Je ne le regrette pas: non seulement le livre est excellent, mais en outre il me permet de renouer avec mes chères citations, le mot clé étant cette fois plutôt "Malgache" que "Madagascar".
Rena Greenblatt, d'origine canadienne, et à la vie amoureuse, disons... compliquée, se trouve avec son père et l'épouse de celui-ci en Toscane, où elle leur a offert une semaine de vacances. Les choses ne se passent pas trop bien, mais elles sont surtout pour elle l'occasion d'opérer des retours en arrière dans son existence. Et d'expliquer par quels détours compliqués elle a obtenu la nationalité française.
Or j’avais acquis la nationalité française par mon mariage avec Fabrice qui, bien qu’haïtien de naissance, avait lui-même été naturalisé lors de son premier mariage avec une Malgache ayant précédemment épousé un Basque; ce genre de chaîne d’entraide était plus facile à réaliser dans les années 1980 que de nos jours…
Amusant, non?

25 septembre 2010

En librairie : cuisine et lémuriens

Non, il ne s'agit pas de cuisiner des lémuriens, comme on a pu le voir il n'y a guère dans des images que les amateurs de la nature malgache ont trouvé révulsantes. Mais (ouf!) de deux livres différents et sans le moindre rapport entre eux. Sinon qu'ils concernent, évidemment, Madagascar.
Comme chaque fois que je n'ai pas lu le livre dont il est question, la présentation est celle de l'éditeur.

William Chan Tat Chuen. Ma cuisine de Madagascar

«La mer est la limite de ma rizière» (ny ranomasina no valamparihiko) aurait dit le grand roi Andrianampoinimerina qui lança l’unification de l’île à la fin du XVIIIe siècle. La cuisine malgache d’origine, avec le zébu, le riz et les brèdes, s’est enrichie pendant son histoire de plusieurs traditions culinaires telles: la chinoise, l’indienne, et la française.
Dans ce nouvel ouvrage, William Chan Tat Chuen nous offre un itinéraire gourmand à travers les saveurs d’une île, qui lui rappellent à la fois son enfance, et des traditions culinaires qui marquent une identité malgache plurielle et ancestrale. À la fois parcours anthropologique et gourmand son récit nous expose toute la richesse d’une île dont les spécialités ne manquent pas de piquant! Des recettes de zébu, aux différentes variantes de rougails et d’achards, c’est toute une géographie gustative qui nous est dévoilée ici. Mais aussi la cuisine malgache au-delà de la nécessité de répondre et de satisfaire la population est une cuisine qui accompagne les rituels de la vie; les croyances, les interdits (les fadys), et nous laisse entrevoir une culture complexe et très influencée par les superstitions.
Avec de nombreuses recettes, l’auteur nous révèle les mœurs et l’histoire d’un pays aux multiples facettes, où l’on n’est pas étonné de déguster du foie gras, des nymphes frites, de nombreux poissons et où l’on trouve aussi du vin, une très bonne bière et où l’on a renoncé à manger de la tortue de mer puisqu’elle est devenue une espèce protégée.

Après de nombreux ouvrages consacrés à la culture chinoise, et en particulier à la gastronomie, À la Table de l’empereur de Chine (2002) et récemment À la table du «Rêve dans le Pavillon Rouge» (2010), William Chan Tat Chuen, sinologue et spécialiste des cultures et rituels alimentaires, nous invite à travers Ma Cuisine de Madagascar à partager avec lui les saveurs de son pays natal.

Jean-Marie Defossez et Fabien Mense. Les Sauvenature, tome 10: Le refuge des lémuriens

Les Sauvenature participent à un atelier écologique à Madagascar et apprennent que les lémuriens sont menacés par la déforestation. Il entreprennent d'une part de sauver une femelle brûlée par un incendie et de trouver d'autre part une solution alternative pour que les habitants de l'île n'aient plus à brûler les forêts.

Après les tortues, les dauphins, les éléphants, etc., cette série de romans écologiques pour jeunes lecteurs s'intéresse donc aux lémuriens...

19 septembre 2010

Thalassa et la vanille de Madagascar


Fidèle à Madagascar depuis des années, l'émission Thalassa trouve encore des sujets sur la Grande Ile. Prochaine émission ce vendredi 24 septembre à 20h35 sur France 3, avec quatre sujets dont l'un, pendant treize minutes, montre Christelle sur la route de la vanille. Présentation:

Christelle explore toujours la grande île de Madagascar. Après la rencontre avec les Vezos, le peuple de la mer, elle s’intéresse à la récolte et à la transformation de la vanille. La vanille, cette orchidée merveilleuse qui offre ses gousses parfumées, est une épice que Madagascar exporte massivement. Christelle va suivre la route de la vanille qui la mènera en bateau vers le grand port de Tamatave.

16 septembre 2010

Ben Arès, une (re)naissance

C'est un texte court et dense, dans lequel la phrase halète, où se joue une naissance, prolongée les jours suivants dans l'écriture. Le poète n'est pas étranger à sa propre vie. Celle-ci bat en mots qui se déversent sur les pages, flux tendu, flux des corps, premier éclat quand tout se joue en un instant entre l'eau et l'air, dans l'accompagnement du sang, dans l'accomplissement de ce qui se renouvelle à chaque instant un peu partout sur Terre et qui, pour le père, la mère et l'enfant, reste unique.
Ben Arès, entre ses travaux d'écriture plus amples, aime donner de petits livres en guise de signes. Je ne vous oublie pas, semble-t-il dire, ne m'oubliez pas non plus, et voici ce qui m'arrive...
Outre d'être frappé par la force de ces quelques pages, on pourra donc les prendre aussi comme le faire-part de naissance de Shaina, pourquoi pas?

L'ouvrage est en vente dans les principaux lieux de vente de livres, qui ne sont pas que des librairies, à Toliara. Et, à Antananarivo, dans les librairies Lecture & Loisirs (Tana Water Front), Md Paoly (Analakely), ainsi que chez Ethnik sarl (Isoraka, boutique Kudeta).

4 septembre 2010

Mahaleo - 1 : veloma, Raoul !

Encore une mauvaise nouvelle, qui m'emplit de tristesse: Raoul, un des sept membres du groupe Mahaleo, n'est plus. Je n'ai pas vraiment envie d'en dire davantage, tant la seule rencontre que j'ai faite avec lui respirait la générosité. On n'oubliera pas que ce musicien était aussi médecin, et qu'il a à ce titre soulagé autant de peines que sa musique et celle de ses copains ont pu le faire.
Pour la musique, le site de Mahaleo (le film) vous en met plein des oreilles, et cela fait toujours autant de bien. Pour écouter Raoul parler des ateliers qu'il animait à l'Alliance française de Toamasina en septembre 2005, quand je l'ai interviewé pour Un quart culture, l'émission que je réalisais alors sur l'antenne d'Alliance 92, c'est à télécharger ici. Un quart d'heure avec lui (malheureusement interrompue par une chanson d'Alain Souchon, dont je venais de recevoir le nouveau disque à ce moment, et j'aimais proposer de la musique qui n'était pas encore beaucoup programmée par les radios malgaches - vous me pardonnerez, je l'espère).

2 septembre 2010

Zafimaniry un jour, Zafimaniry toujours


Sophie Bazin et Johary Ravaloson semblent n'en avoir pas fini avec les Zafimaniry, auxquels ils avaient déjà consacré un beau livre, Zafimaniry intime. Cet ouvrage était bilingue. Ils font mieux aujourd'hui avec un livre trilingue: Zahay Zafimaniry / Nous, Zafimaniry / We; Zafimaniry. Il est vrai qu'il n'y avait pas trop de texte à traduire: une dizaine de lignes, produites lors d'un atelier d'écriture à Antoetra. Elles sont évidentes comme lorsqu'un travail aboutit à la simplicité de dire.
Je ne comparerai pas cette simplicité à la complexité du travail artistique des Zafimaniry. Le registre de ceux-ci est évidemment très différent, dans le détail des nervures, des volutes et des symboles gravés sur le bois. On retrouve ce détail dans les photos de Sophie Bazin. Une œuvre face à une scène de vie ou un paysage - ce qui est un peu la même chose, le paysage étant façonné par l'homme. Et on y entre par une fenêtre, seul le centre de l'image étant visible d'un côté, comme le montre cette double page:


Le cache bascule, on passe de la vie au travail, du travail à la vie, sur du carton épais comme dans un livre pour enfants. "Ce livre est moins lourd qu'une chaise", nous dit-on. Et presque aussi beau.
Il est disponible dans les principales librairies de Tana. A l'étranger, si vous ne le trouvez pas, vous pouvez toujours le commander ici. (Et c'est sur cette page que j'ai trouvé la vidéo.)




1 septembre 2010

La culture... du jeu vidéo

J'aime bien les bonnes nouvelles. Désolé, celle-ci n'en est pas une.
Je lis dans le Courrier de Madagascar un article dont l'auteur, Rindra R., donne son point de vue dès le titre: Scandaleux! L'Espace Rado devient une salle de jeux vidéo. Si l'information est exacte, et je n'ai aucune raison de penser qu'elle ne l'est pas, c'est en effet un scandale.
A priori, je n'ai rien contre les jeux vidéo. Encore que... Quand je tombe par hasard sur une séquence télévisée qui présente les nouveautés du genre, j'hésite le plus souvent entre m'enfuir en courant et exploser la télé. (Vous me direz que, raisonnablement, je peux aussi changer de chaîne, mais comment être raisonnable dans ces moments-là?) C'est généralement si bête, si violent, si mal foutu...
Les jeunes Tananariviens manqueraient-ils de salles de jeux vidéo? Il en fleurit à tous les coins de rue dans chaque quartier.
Alors, installer cette horreur dans l'Espace Rado du Ministère de la Culture, oui, du Ministère de la Culture, et dans l'Espace Rado, Rado comme Rado, le poète... Vous vous rendez compte?
Scandaleux, c'est le moins qu'on puisse dire.

21 août 2010

Le coeur transpercé de Madagascar dans le "National geographic"

On reparle du bois de rose, cette fois dans le National Geographic, prestigieux magazine de langue anglaise (mais peut-être l'édition française aura-t-elle droit à une traduction du reportage). Pas seulement du bois de rose, d'ailleurs. Le long article qui paraît dans la livraison de septembre aborde aussi d'autres blessures faites à la nature du pays. Je prends pour exemple, ci-dessous, une photo de la plaie tracée à travers la forêt par le pipeline de l'exploitation de nickel à Ambatovy.
On peut lire en ligne Madagascar's pierced heart, accompagné d'une galerie de photos et d'une carte interactive situant quelques-unes des richesses naturelles de la Grande Île.


19 août 2010

Les baobabs de Madagascar dans "L'Express"


Ce sont deux pages dans l'hebdomadaire français L'Express cette semaine: un reportage sur une mission scientifique chargée d'étudier de plus près ces arbres que, pour six des huit espèces connues, le monde entier nous envie. On a beau les avoir vus mille fois, les baobabs fascinent toujours. Et on apprend, dans l'article d'Eric Lecluyse, que tous leurs mystères ne sont pas encore percés.
Autre mystère (moins fascinant): le changement de titre de l'article. Dans la version papier, c'est: Baobabs. Sur la piste des géants. Dans la version en ligne, il devient: Les baobabs, grands corps fragiles. Et s'accompagne d'un joli diaporama.

Patrick Cauvin, auteur de "Villa Vanille", est mort

L'écrivain Claude Klotz, mieux connu sous son pseudonyme Patrick Cauvin, est mort la semaine dernière à l'âge de 77 ans. Un de ses romans n'est pas passé inaperçu à Madagascar. Villa Vanille, en effet, évoquait les événements de 1947. Le livre était paru en 1995 et, à l'époque, Patrick Cauvin n'avait jamais mis les pieds à Madagascar. Quand il y est venu présenter son livre, les choses se sont, semble-t-il, mal passées. Dans la notice que lui consacre Wikipédia, on trouve d'ailleurs une allusion à son passage dans la capitale: "Le séjour s’avère être cauchemardesque pour l’écrivain. Il découvre, une fois sur place, que la presse locale est unanimement négative à son égard et passe, de peur d’être la cible de bandits de grands chemins, ses journées confiné dans sa chambre d’hôtel."
Je n'étais pas, à cette époque, installé à Madagascar - et rien ne me laissait supposer que cela arriverait un jour. J'avais donc rencontré Patrick Cauvin pour le faire parler de Villa Vanille sans connaissance particulière du sujet qu'il y abordait.
Je vous restitue l'article que j'avais publié le 14 avril 1995 suite à cette rencontre.

Villa Vanille, le nouveau roman de Patrick Cauvin
Madagascar, 1947: la fiction pour restituer la réalité. Patrick Cauvin réécrit et fait découvrir un épisode peu connu de l'histoire coloniale française.
Les pays occidentaux ont tendance, souvent, à minimiser voire à évacuer complètement les pages de leur histoire qui ne les montrent pas sous leur meilleur jour. Pour peu qu'il soit possible d'oublier sans culpabilité, voilà tout un passé jeté à la trappe! Il en va ainsi de la sanglante répression que les colonisateurs français imposèrent à Madagascar en 1947: qui a été marqué par ce que n'en disent pas les ouvrages de référence, dans leur très grande majorité? Cent mille morts, compte Patrick Cauvin, qui n'a pas pu résister à l'envie de raconter cela. Il a découvert son sujet en le confrontant à sa propre expérience:
En 1960, je sortais de la guerre d'Algérie et je suis devenu professeur dans un CET de banlieue. Là, j'ai rencontré un autre professeur, d'origine malgache, qui, au bout d'un mois, m'a dit: Tu ne parles jamais de l'Algérie... Lui ne parlait jamais de Madagascar, mais il a fini par me raconter la répression de 1947. J'y pense depuis trente ans... J'ai été très impressionné par ce sujet, et j'avais envie de faire un roman à l'intérieur de ce cadre.
C'est Villa Vanille, un gros livre qui ne ressemble pas trop à la production habituelle de Patrick Cauvin chez qui on a coutume de trouver des histoires tendres, de l'amour servi en grandes quantités, mais guère de réflexions sur la manière dont tourne le monde. Notre métier, c'est de surprendre, dit-il. Sans doute, ce livre-ci va-t-il troubler le lecteur de Cauvin. Mais je ne sais pas si c'est un tournant pour moi, je ne crois pas aux tournants. Cela dit, il y a quand même une histoire d'amour. Cauvin oblige!
Les colons tentent, dans Villa Vanille, de préserver leur pouvoir et leurs privilèges, dont la plupart d'entre eux ne comprendraient pas la disparition. Ils ne craignent pas d'utiliser pour cela les moyens les plus violents, d'enrôler des milices qui effectuent le sale travail. C'est vrai qu'il y a aussi de l'amour dans ce roman. Mais on mentirait en essayant de faire croire que c'est le thème le plus présent à l'esprit du lecteur. Et ce qui est le plus personnel à l'auteur est aussi le plus fort. Si je n'avais pas fait l'Algérie, je n'aurais pas écrit ce livre. J'ai connu des colons, j'ai senti chez eux cette impression d'un paradis perdu. Mais il y avait différentes espèces de colons...
Au fond, on pourrait se demander pourquoi ce n'est quand même pas l'Algérie qui a été le cadre historique choisi par Cauvin, pourquoi il est allé chercher si loin, dans un pays où il n'a jamais mis les pieds (Je me suis privé des paysages, dit-il), un sujet qu'il aurait pu rapprocher de ce qu'il connaissait mieux.
Quand un moment comme celui-là est ainsi occulté, c'est le rêve pour le romancier. Il est très libre, ce qui n'aurait pas été le cas face au mythe colonial indochinois ou algérien. L'équivalent n'existe pas à Madagascar, pour des raisons économiques. Madagascar, c'était la vanille... Alors, les journaux de l'époque en parlaient très peu, ça n'intéressait personne.
Il y a du souffle dans cette grande aventure terrible, vécue sous plusieurs angles à la fois par les différents personnages. Ils se déchirent, se rapprochent, rencontrent l'horreur qui les marquera pour toujours. Sous la forme d'un roman populaire qui se lit à toute allure, Patrick Cauvin fait ici ce qu'on peut appeler une œuvre de salubrité publique. Il faut lui en savoir gré.

Trois ans plus tard, quand l'adaptation télévisée du roman est sortie, j'étais ici, et donc mieux placé pour comprendre l'accueil plutôt glacial réservé au livre. Paradoxe: le téléfilm a été diffusé peu de temps après à la télévision malgache (sur TVM, si je me souviens bien). J'ai donc écrit un autre article, paru le 6 juillet 1998, que voici.

Cinquante ans après, un souvenir toujours douloureux à Madagascar
Les îles de l'océan Indien se trouvent actuellement placées dans une grande période de commémorations. Cette année, comme dans d'autres parties du monde, on y célèbre le cent cinquantième anniversaire de l'abolition de l'esclavage. L'an dernier, à Madagascar, on se souvenait des tragiques événements de 1947, peu présents dans les manuels d'histoire de France, mais très marquants en revanche dans le chemin vers une indépendance enfin acquise en 1960. C'est dans ce cadre que se situe Villa Vanille qui, avant d'être un téléfilm, fut un roman de Patrick Cauvin.
Les troubles de 1947, le colonisateur les appelle une révolte. Les Malgaches récusent le mot et lui préfèrent celui d'insurrection. Les points de vue, à l'époque, étaient tellement peu conciliables qu'ils ont provoqué des combats violents, une répression d'une brutalité insensée et ont débouché sur la mort de 90.000 à 100.000 personnes, selon les chiffres les plus fiables. On comprend que cela puisse laisser des traces. Et que la démarche de Patrick Cauvin ait été accueillie, à Madagascar, avec circonspection.
Mettant en scène des personnages essentiellement français, Patrick Cauvin a, aux yeux des Malgaches, perpétué un mensonge historique. Cela dit, une universitaire malgache, Nivoelisoa D. Galibert, auteur d'un savant ouvrage consacré à la littérature qui s'est écrite à propos de son pays, faisait récemment remarquer que, sur le sujet, les écrivains nationaux avaient de leur côté gardé le silence. Celui-ci vient certes d'être brisé par Raharimanana dont le nouveau recueil de nouvelles, Rêves sous le linceul (Le serpent à plumes), évoque la répression de 1947. Il le fait, bien entendu, en termes beaucoup plus durs que Patrick Cauvin.
Celui-ci, pourtant, était convaincu de rendre justice à un peuple alors opprimé. Mais comment restituer une telle violence inscrite, à l'époque, dans la logique de la colonisation?
Il convient donc de savoir que, pour être pétri de bonnes intentions, Villa Vanille passe à côté de son sujet. A moins que celui-ci soit l'histoire de ces hommes auxquels les Malgaches reprochent leur attitude...

18 août 2010

Citation : Madagascar, au loin...

Les habitués de ce blog le savent: chaque fois que je trouve une allusion à Madagascar dans un ouvrage de littérature, je la donne ici. Quelqu'un m'a dit un jour que cela avait une utilité très réduite. Comme je tiens compte des remarques, j'y ai réfléchi. Et je continue. Car il me semble quand même fournir ainsi, en vrac, une base d'informations à travers laquelle se dessine une sorte d'image collective, bien que fragmentaire, de Madagascar.
En ces temps de rentrée littéraire, les romans ont parfois un rapport, le plus souvent lointain, avec Madagascar. Comme dans Le premier mot, de Vassilis Alexakis, qui sort aujourd'hui.
L'argument du livre est la quête inachevée de Miltiadis, professeur de littérature comparée. Il rêve de trouver le premier mot prononcé par l'homme dans quelque civilisation lointaine. Et, alors qu'il en est à vivre ses derniers jours, sa sœur est contaminée par son obsession, prolongée au-delà de la mort de Miltiadis et mêlée de souvenirs autant que de faits présents.
Elle observe Aliki, l'épouse de Miltiadis, d'abord dans l'intimité du couple, puis dans la manière dont elle survit à son mari. De brèves notations donnent à penser qu'Aliki pourrait se tourner vers Madagascar pour y trouver un nouveau départ. La première fois, c'est le réveillon de Noël et Miltiadis est toujours vivant. Aliki est au téléphone.
Aliki conversait avec un architecte qui l’avait employée dans le passé et qui habite aujourd’hui Madagascar.
La veuve en reparle après la mort de Miltiadis.
- Après la messe anniversaire qui aura lieu en février, à Saint-Étienne, je pense faire un voyage à Madagascar. J’ai un ami architecte là-bas.
Puis la décision est prise.
Elle ira à Madagascar à la fin du mois. Je suppose que c’est son ami qui prendra en charge le billet.
Madagascar comme une sorte d'antithèse de la Grèce?

16 août 2010

En boutre, une Belge du bout du monde, côte ouest


Quand on lui demande combien de Belges vivent à Madagascar, Laetitia Wittock répond comme moi qu'il y en a environ 400. Comme moi, elle en connaît peu - ils sont dispersés dans toute l'île, et même sur les eaux qui l'environnent, dans son cas particulier.
Arrivée dans la région de Morondava il y a quelques années avec ses fils qui tournaient un film comme travail de fin d'études, elle y est restée. Elle s'est retrouvée à la direction de TV Soa Menabe, qui fait de l'éducation au service du développement dans le coin, puis s'est mis en tête de faire construire un boutre à Belo-sur-mer. Elle l'a baptisé Nofy-be et, depuis, elle navigue en compagnie de ceux qui aiment ça. Du tourisme nautique, hors des sentiers battus.
Elle racontait cela, et bien d'autres choses, dans une émission de la RTBF, Les Belges du bout du monde, qui était diffusée hier sur la Première (radio) et qu'on peut maintenant écouter en podcast.
(Message personnel à Adrien Joveneau, qui anime l'émission: la dernière fois que nous avons parlé ensemble, c'était il y a très longtemps, et à propos du Rwanda. Pour Madagascar, c'est quand tu veux.)
Cette émission est aussi l'occasion d'entendre une partie de la famille Njava, elle aussi entre la Belgique et Madagascar...

15 août 2010

Mardi, France 5 : Vu sur terre - Madagascar


Afin d'évoquer la fragilité de notre planète et de mieux la protéger, cette série propose d'abord de l'observer et d'apprendre à l'aimer. Les destinations choisies entraînent le téléspectateur vers des lieux où le quotidien des femmes, des hommes et des enfants se déroule au travers d'une vie harmonieuse, forte, épargnée par un temps qui va trop vite. Loin des grands axes de développement, ces lieux "en retrait" sont simplement à l'abri des débordements souvent agressifs engendrés par l'activité humaine. Pour découvrir ces espaces, l'équipe est allée à la rencontre de ceux qui les habitent...
Madagascar.
Madagascar est l'une des plus grandes îles de la planète. Pays d'histoire et de légendes, elle est surnommée l'île rouge, la couleur de sa terre. Elysée est une étudiante en botanique. Elle se passionne pour l'arbre emblématique de cette île: le baobab. C'est dans le grand sud malgache, un territoire aride et difficile d'accès, qu'elle mène ses recherches. Soloda est une Vezo, peuple de nomades de la mer. Elle vit dans un village isolé de tout, posé sur le sable face au canal de Mozambique. Après quelques années loin des siens, l'amour de la mer guide de nouveau ses pas. Gilles est un passionné de nature et a posé ses valises au pied des plus belles montagnes de l'île. Il s'est mis en tête de reboiser la vallée de Tsaranoro.

(Présentation extraite du site de la chaîne. Diffusion: mardi 17 août, 21h28, dimanche 22 août, 22h35 et mardi 31 août, 15h32. Durée: 51 minutes.)

11 août 2010

Jean-Joseph Rabarivelo : une mise au point de Liliane Ramarosoa

J'avais réagi, le mois dernier, à un article du site Madagascar Tribune où un certain Ny Ando R. s'indignait de voir l'œuvre de Jean-Joseph Rabearivelo "confisquée" par des chercheurs étrangers en vue d'une édition intégrale.
Liliane Ramarosoa, qui fait partie de l'équipe éditoriale - et qui, faut-il le rappeler? est bien malgache - répond à son tour sur le même site, dans une tribune qui possède, entre autres intérêts, celui de préciser la teneur et la portée du projet.
Un discours peut en cacher un autre, titre-t-elle avec pertinence.
Il faut lire cet article qui constitue, je l'espère, une mise au point définitive sur le début d'une polémique superflue. Sa conclusion me réjouit tout particulièrement:
Mais au bout du compte, il faut remercier ce Ny Ando R. et tous ceux qui hurlent avec les loups de leurs discours réducteurs. Ils prouvent combien Rabearivelo est intemporel, comme tout grand auteur. Il faut voir en effet - on pourra le lire bientôt dans les Calepins bleus! - comment cet esprit libre et ce génial précurseur a su régler leur compte, avec quel talent et quelle élégante férocité, à tous les «Diafoirus» de tous les cieux et de tous les temps.


Un dessert à la vanille de Madagascar pour 1.000 $, ça vous tente?

J'ai failli m'étrangler ce matin. Le jour pointait à peine, et j'avais déjà un poids sur l'estomac! Non, je n'avais rien mangé, mais la lecture du Soir m'a coupé l'appétit.
J'y apprends que le restaurant Serendipity 3, à New York, qu'Andy Warhol appréciait, propose un dessert à 1.000 $! Ça me dépasse... Bien sûr, pour ce prix-là, "vous aurez droit à cinq boules de vanille de Tahiti et de Madagascar, des fruits confits parisiens, des cerises de massepain, des dragées ou du chocolat. Le tout recouvert de feuilles d’or."
Vous comprenez, vous, qu'on puisse payer une glace 1.000 $? Moi, non. Même si, en poussant mon enquête plus loin, je découvre que le chocolat utilisé dans ce dessert est le plus cher du monde (il vient de la côte vénézuélienne), qu'on trouve du caviar coloré or dans la composition, que le tout est servi dans un "Baccarat Harcourt Crystal goblet" (si, si...) et que le précieux récipient vous appartient quand vous avez tout mangé (SI vous avez tout mangé?).
On peut se restaurer plus raisonnablement: la glace trois boules est, j'allais écrire tout bêtement, à 9,50 $. Et le Mixed Grill à 22 $.
Bon, je ne sais pas trop qu'en penser. De la vanille de Madagascar à ce prix, je n'en avais en tout cas jamais entendu parler.
Si ça vous tente, c'est dans la 60ème rue (225 E). Mais il faut, pour déguster ce Golden Opulence Sundae, commander 48 heures à l'avance. Le temps de réfléchir?

Recherches sur la faune de Madagascar

Elles ne sont pas récentes, les recherches en question, puisqu'elles datent du 19ème siècle. Elles font suite aux découvertes de François P.L. Pollen et de D.C. Van Dam. Les quatre volumes illustrés qui en sont la matérialisation ont été publiés aux Pays-Bas entre 1868 et 1877. Les Recherches sur la faune de Madagascar et de ses dépendances, d'après les découvertes de François P.L. Pollen et D.C. Van Dam sont maintenant disponibles sur Internet et, fidèle à mes promesses (autant que faire se peut), je les ai renseignés dans le supplément bibliographique permanent, qui commence à prendre de l'ampleur.
Comme beaucoup des planches de ces volumes sont très belles, je ne résiste pas au plaisir de vous en faire découvrir un échantillon. (Elles sont fortement allégées par rapport aux originaux, pour ne pas trop ralentir votre navigation.)





3 août 2010

Ce soir à la télévision : Madagascar, l'enfer du décor


C'est au programme de France 5 (tout juste si je savais que ça existait, France 5, moi qui ai le souvenir de l'ORTF!), à 20h37 et pour 52 minutes - soyons précis.
Dans le cadre d'une série documentaire consacrée aux maux de la Terre, Sale temps pour la planète, rendez-vous, donc, à Madagascar, avec un regard, vous le comprendrez très vite, peu touristique. Voici d'ailleurs comment la chaîne présenté l'émission:
Série documentaire produite par Elle est pas belle la vie!, avec la participation de France Télévisions, de Planète Thalassa et du CNC. Réalisation: Morad Ait-Habbouche et Hervé Corbière. 2010.
Quatrième saison de cette série documentaire qui étudie les conséquences des changements climatiques à travers la planète, notamment celles des réfugiés.
Madagascar, l'enfer du décor. Connue pour ses îles et ses plages paradisiaques, Madagascar attire, chaque année, 300.000 touristes en moyenne. Des voyageurs qui ne fréquentent que les hauts lieux du tourisme local, Sainte Marie, à l'est, et Nosi Bé, à l'ouest. Ce film entraîne le téléspectateur dans l'enfer du décor, très loin des clichés de la grande île... Chemins de traverse, notamment dans le sud du pays où des millions de Malgaches sont oubliés des autorités et des hommes. Cette population vit avec moins de 2 dollars par jour. Une survie au quotidien et les prévisions des experts du GIEC ne risquent pas de les rassurer: les sécheresses vont se multiplier, les sols vont s'appauvrir, l'eau va se faire de plus en plus rare, les ressources halieutiques s'épuisent d'ores et déjà. L'instabilité politique du pays rend le sort de ses 20 millions d'habitants incertain.

1 août 2010

L'Ensemble national malgache: photos de danse

Du 3 au 6 mai 1961, Roger Pic (1920-2001) photographiait un spectacle de l'Ensemble national malgache de passage à Paris, au Théâtre Sarah-Bernhardt et au Théâtre des Nations. Une douzaine de clichés sont maintenant visibles sur le site Gallica. En voici un.

Ce lien m'a été apporté par la veille que j'ai installée à partir de Gallica et d'Internet Archive. Vous pouvez la suivre sur cette page, un peu plus bas à droite. Elle vous offre des liens vers les dernières numérisations disponibles sur ces deux sites. Et les textes numérisés (pas les images) sont systématiquement ajoutés, au fur et à mesure, dans le Supplément permanent à la bibliographie Madagascar sur Internet.

31 juillet 2010

Fanjanteino Rakotomalala Félix en finale du 1500 mètres aux Championnats d'Europe

Dans ma culture, il n'y a pas que les livres, même s'ils occupent, et de très loin, la première place dans mes goûts et mon temps. Dans ma culture, il y aussi, entre autres choses, l'athlétisme. Je me régale donc cette semaine, au mépris des conseils de mon médecin (dormir, dormir, dit-elle!), en suivant les Championnats d'Europe - je sais qu'il y a en même temps les Championnats d'Afrique, mais Kevin Borlée est belge, la marche athlétique est d'un meilleur niveau sur le vieux continent, et on ne se refait pas...
Souvent, je peste, quand l'insupportable Patrick Montel, fort de ses vérités révélées et de ses convictions profondes, intervient à tort et à travers, occupant l'antenne comme si quelqu'un allait la lui enlever, coupant l'interview d'un médaillé, n'en laissant pas placer une à ses consultants, ne regardant pas ce qui se passe tant il est lancé dans ses péroraisons, etc.
Bon, c'est quand même Patrick Montel, hier soir, qui a attiré mon attention sur une athlète française que je ne connaissais pas. Il avait une curieuse façon de lui attribuer un prénom aux consonances familières. Dans sa bouche, cela donnait quelque chose comme Fanch'. "Tout le monde l'appelle comme ça", ajoutait-il pour justifier son moindre effort.
Je me suis donc renseigné. Fanch' s'appelle, en réalité, Fanjanteino Rakotomalala Félix et elle est née à Antanimena. Elle a trente ans, est affiliée au Stade Sottevillais, est championne de France en titre des 800 et 1500 mètres, distance sur laquelle elle était engagée hier. Elle a tenu son rang pendant toute la course, a terminé deuxième (en 4'04"75, à trois secondes et des poussières de son record personnel) et s'est donc propulsée en finale. Ce sera dimanche à 22h15, heure malgache. Je serai là (enfin, devant la télé). Vous aussi, peut-être, pour suivre cette athlète d'origine malgache qui fait des merveilles en France et, ces jours-ci, à Barcelone.

27 juillet 2010

Bibliothèque malgache 59/ Henri-Philippe d'Orléans à Madagascar

Je profite d'une période plus calme dans mes activités professionnelles pour ajouter un titre à la Bibliothèque malgache électronique (BME), le cinquante-neuvième.
Henri-Philippe d'Orléans (1867-1901) a passé l'essentiel de son existence à courir le monde. L'Europe, l'Asie et l'Afrique ont été ses terrains d'exploration, dont il a ramené plusieurs ouvrages, des photographies et sur lesquels il a fait quelques découvertes. Ainsi qu'une mauvaise rencontre: à Saïgon, en 1901, il contracte le paludisme, dont il meurt.
Lors de ses deux mois de voyage à Madagascar, peu de temps avant l'expédition française de 1895, il cherche - et trouve - des arguments en faveur de la colonisation. Qu'il s'agisse de faire œuvre noble de civilisation, de se reposer sur des arguments puisés dans le passé, d'envisager une expansion économique, tout lui est bon pour plaider l'usage de la force, avec des mots qui ne laissent aucune place à l'ambiguïté: «Baïonnettes, sortez du fourreau; grondez, canons; sonnez, fanfares et clairons!» Ce va-t-en-guerre se plaçait donc dans une tendance générale qui ne tarderait pas à faire lever les armes contre le royaume de Madagascar.
Pour adoucir, si c'est possible, le ton belliqueux de ce texte, j'y ajoute un extrait de L'âme du voyageur tel qu'il est paru dans La Revue de Paris le 15 mai 1896. Les belles descriptions ne modifient en rien son point de vue, mais apportent des émotions parfois détachées de celui-ci.
Comme tous les autres ouvrages de la BME, celui-ci est téléchargeable gratuitement sur le site de la Bibliothèque malgache (choisir la rubrique "bibliothèque malgache électronique gratuite" dans le menu et aller en bas de page pour les liens).

18 juillet 2010

Quand Bernard Giraudeau parlait de Madagascar

Il y a un peu plus de deux ans, je vous donnais copie d'une grosse page extraite d'un livre de Bernard Giraudeau, Les dames de nage. Il y était question d'un passage par Madagascar, dans une scène brève mais éblouissante. La mort de l'écrivain-acteur, hier, m'incite à vous renvoyer vers cette note. Vous ne devriez pas être déçus.

16 juillet 2010

Quelques monstres de Madagascar ???

Vous le savez si vous suivez régulièrement ce blog, je tente de rassembler les informations concernant tous les livres en français concernant Madagascar et disponibles gratuitement sur Internet. Une bibliographie (BME 58) a été établie, et elle est mise à jour chaque fois que je trouve une "nouveauté" (c'est-à-dire un livre ancien récemment numérisé).
Dans cette bibliographie, je ne reprends ni les articles ni les images (cartes, gravures, etc.). Il faut bien se limiter, sous peine d'être débordé.
Je ne résiste pourtant pas au plaisir de vous présenter trois estampes rencontrées sur le site Gallica. Et que vous avez peut-être déjà vues si vous consultez ici le "fil" des nouveautés de cette ressource - colonne de droite, plus bas... encore plus bas... voilà, vous y êtes.
Voici donc ces images de monstres prétendument trouvés à Madagascar.




Ces estampes, il faut quand même le signaler, datent des années 1660, époque où la rigueur scientifique n'était pas une qualité universelle...

15 juillet 2010

Bibliothèque malgache 58/ Maudave à Madagascar sous Louis XV

La Bibliothèque malgache électronique (BME) poursuit son chemin, fortement dépendant du temps dont je dispose pour m'y consacrer. Mais avec la ferme volonté de continuer à faire circuler gratuitement, après une réédition soigneuse, des textes libres de droits parfois difficilement accessibles et qui sont pourtant des sources indispensables pour les chercheurs ou les simples curieux.
Voici donc le 58ème volume de la collection, La colonisation de Madagascar sous Louis XV d'après la correspondance inédite du comte de Maudave, par Henri Pouget de Saint-André (1886).
Le comte de Maudave, né en 1725 près de Grenoble et mort en 1778 à Mazulipatam en Inde, est un peu le chaînon manquant des tentatives françaises de colonisation de Madagascar entre Flacourt au siècle précédent et Benyowsky qui lui succédera. Trois tentatives manquées, mais trois noms qui ont marqué l'histoire de Fort-Dauphin pendant quelques années.
Henri Pouget de Saint-André, entré dans la famille de Maudave, a eu accès aux lettres et aux journaux qu'il avait laissés. Il retrace, sans cacher son admiration pour l'homme ni sa colère envers ceux qui l'empêchèrent de mener son entreprise à bien, l'aventure d'une installation décidée en 1768 et abandonnée deux ans plus tard. L'optimisme habite d'abord le "commandant pour le roi dans l'île de Madagascar", avant la déception.
Cet ouvrage doit être situé dans le contexte précis de son époque: l'année précédant sa parution, un traité d'alliance franco-malgache a été signé, décevant les partisans d'une colonisation. En montrant comment Maudave aurait pu réussir un siècle auparavant, Pouget de Saint-André leur fournit des arguments...
En attendant la refonte complète du site de la Bibliothèque malgache, cet ouvrage est, comme les 57 autres de la collection, téléchargeable aux formats PDF et DOC, sur la page du catalogue de la BME (aller en bas de page, les titres étant classés par numéro dans la collection).

14 juillet 2010

A qui appartient Rabearivelo? Une polémique stérile

A qui appartient Rabearivelo?
La réponse me semble évidente: à celles et ceux qui le lisent. A celles et ceux qui travaillent sur son œuvre et la font connaître.
Remplacez le nom du poète malgache par celui de n'importe quel autre écrivain, ma réponse sera identique.
Ce matin, sur le site de Madagascar-Tribune.com, un certain Ny Ando R. s'indigne pourtant sous un titre provocateur: "Le journal intime et l'intégrale de l'œuvre de Jean-Joseph Rabearivelo: une affaire française?"
Le problème - non, le scandale! - à ses yeux tient au fait que les éditions prochaines des Calepins bleus (octobre 2010) et de L'œuvre intégrale (2011) sont présentées dans "un opus de promotion" signé par par Laurence Ink, Liliane Ramarosoa et Claire Riffard sous la coordination de Serge Meitinger. Le compte est rapidement fait: une Malgache (et encore! elle travaille à Bucarest!) et trois vazaha.
Scandale, donc...
Pauvres Liliane, Laurence, Claire et Serge... La première disqualifiée parce qu'elle a accepté, il y a quelque temps, un poste à la hauteur de ses compétences, après deux doctorats, de longues années d'enseignement à l'École Normale Supérieure et un passage à la vice-présidence de l'Université d'Antananarivo. Les autres disqualifiés parce qu'ils s'approprient un patrimoine national malgache.
Faut-il rire ou pleurer de cette réaction? Laisser glisser ou se mettre en colère?
Personnellement, je ris, mais d'un rire colérique.
Ny Ando R. devrait être fier d'appartenir au pays d'un écrivain dont les textes sont étudiés par des chercheurs du monde entier (pas seulement de France). Et heureux de voir quelques-uns d'entre eux consacrer leur temps à une édition scientifique qui manquait cruellement.
Mais qui suis-je, sinon un vazaha (encore un!), coupable désormais d'avoir ajouté quelques lignes à une polémique stérile?
Doublement coupable, puisque j'avais déjà réédité, dans la Bibliothèque malgache, six ouvrages de Jean-Joseph Rabearivelo sous forme de livres électroniques.
Disponibles gratuitement, vous vous rendez compte?
Je crois que j'aggrave mon cas...

Vonjiniaina, scénographe de Sar'nao 2010

Le Mois de la photographie à Madagascar, lancé en 1994, n'en est, rebaptisé Sar'nao seize ans plus tard, qu'à sa... douzième édition. Cherchez l'erreur! L'explication est très simple: monter un événement culturel à Madagascar n'est pas une sinécure, lui assurer la pérennité est encore plus compliqué. C'est donc pourquoi il s'agit, cette année, d'une renaissance - en plusieurs lieux d'Antananarivo, comme l'hôtel du Louvre, le CCAC, le CGM, l’AFT, le Café de la gare et le Tahala Rarihasina. Jusqu'au 30 juillet, place donc aux images (qui succèdent à d'autres images puisqu'en juin, c'était le mois de la BD).
De nombreux photographes et intervenants à des titres divers prennent part aux expositions et aux différentes animations liées à Sar'nao 2010.
Vonjiniaina, l'une d'entre eux, est à l'honneur sur le site d'Africultures, dans un entretien avec Jessica Oublié. Elle est en effet la scénographe de l'événement et s'explique sur le travail spécifique qu'elle a mené à bien dans cette perspective. "Pour moi, chaque lieu est investi d'un esprit qui lui est propre et qui tient soit de la personnalité de son propriétaire, de son architecture, de son histoire intrinsèque, du public qui le visite ou qui y vit", dit-elle notamment...

11 juillet 2010

Le quatrième roman de Jean-Claude Mouyon

La Bibliothèque malgache est heureuse et fière d'éditer le nouveau livre de Jean-Claude Mouyon. Comme Roman Vrac, le premier roman paru à cette enseigne, L'Antoine, idiot du Sud, est une trilogie. On y retrouve un humour et une écriture capables de restituer comme, je crois, nul autre écrivain ne l'a fait, le grouillement si particulier du Sud-Ouest malgache.
L'ouvrage est disponible sur commande à partir de cette page (15 € + frais de port).
Innovation: le texte en paraîtra en feuilleton dans le quotidien Les Nouvelles, dans quelques jours.
Sans attendre, voici la présentation qu'en fait l'auteur en quatrième de couverture.

Les trois courts textes qui constituent la trilogie de L’Antoine, idiot du Sud ont pour particularité d’être en apparence inachevés. Disons qu’ici l’auteur s’est amusé à jeter les bases de ce qui aurait pu constituer un seul roman, à jeter des fils et brouiller les pistes pour au final laisser le lecteur face à une œuvre abandonnée à son propre devenir. Un personnage et ses proches. Le Sud. Le quotidien. Trois ingrédients récurrents dans chacune de ces histoires qui sont autant de déclinaisons d’une idée romanesque reposant sur un unique socle.
L’idée étant d’en avoir plusieurs et d’en proposer autant… Le concept aurait pu se dérouler à l’infini dans une série intitulée Les aventures d’Antoine mais trois longues nouvelles ou courts romans, au choix, c’est déjà bien suffisant, non?
Puisse la présence d’Antoine (dit l’idiot du Sud) tisser un lien de complicité avec ses lecteurs lesquels, je crois le savoir, ne sont avares ni de sens de l’humour ni de celui de gravité.
Merci. Je vous laisse car Baba vient d’ouvrir.
L’auteur


10 juillet 2010

Natacha Andriamirado : J'écris pour mon chien

Un mois déjà que je n'ai pas donné de nouvelles. C'est bien long, même si c'est passé très vite. Je vous explique en deux mots: jusqu'à fin juin, j'étais littéralement submergé de travail. Même mon médecin insistait pour que je prenne un peu de repos. Je l'ai fait, deux semaines à Toliara, où j'ai quand même tenu à jour la bibliographie malgache sur Internet et avancé - doucement (je le précise pour le cas où mon médecin lirait ce blog) - sur quelques projets dont je vous reparlerai très vite. En attendant de concrétiser ceux-ci, je pense à tout ce dont je ne vous ai pas parlé et qui aurait mérité mon attention. Par exemple, les journées malgaches à l'Unesco. Ou le mois de la photo. Ou... bon, à l'impossible nul n'est tenu.

Me voici donc de retour pour découvrir que j'ai manqué, en octobre dernier, la sortie du premier ouvrage d'une nouvelle écrivaine malgache (qui écrit en français). Sur l'excellent site d'Africultures, Boniface Mongo Mboussa publie un entretien avec Natacha Andriamirado à propos de son recueil de nouvelles, J'écris pour mon chien.
Je vous renvoie à cet entretien pour en savoir plus sur cette collaboratrice de La Quinzaine littéraire puisque, malheureusement, je n'ai pas lu son livre. Dont je ne peux que vous proposer quelques lignes.

Je n'ai jamais vraiment répondu à ta question, je ne pouvais pas te dire que j'avais écrit toutes ces chansons parce que je t'aimais. Je n'avais pas le droit de te montrer ainsi mon amour. Parce que toi tu ne m'aimais pas. Je devais aussi t'inspirer un peu de dégoût. Alors je me suis excusée de t'avoir importuné. Et je suis partie. Je t'ai dit au revoir en prenant garde de ne pas me faire de croche-pieds ou de te tomber dessus. Et j'ai pensé à nouveau à ta question. Pour qui j'écris, si ce n'est pour l'amour que je te porte et dont tu ne veux pas?

10 juin 2010

Une histoire d'esclave malgache en Afrique du Sud

André Brink a publié ses mémoires: Mes bifurcations. Un gros livre dans lequel sa vie et son œuvre sont sans cesse mises en perspective avec l'histoire de son pays. On le sait, la terre d'accueil de la Coupe du monde de football n'a pas toujours été, et jusqu'à une époque très récente, un modèle de démocratie. L'anecdote malgache que j'y trouve remonte certes à des temps beaucoup plus anciens. Elle illustre un passage consacré au châtiment des esclaves.
Tel fut le châtiment réservé en 1714 à la jeune Trijntje originaire de Madagascar, lorsqu’on apprit qu’elle avait été contrainte d’avoir une relation avec le brasseur Willem Menssink, personnage violent qui, afin de la soumettre, donnait le fouet à sa propre épouse Elizabeth, en s’exclamant: “Ne sais-tu pas que la coutume au Cap est de vivre suivant les préceptes de l’Ancien Testament?” Poussée au désespoir par les avances du brasseur et la cruauté de son épouse, Trijntje avait tenté d’empoisonner sa maîtresse et tué l’enfant qu’elle avait eu de Menssink. Elle fut emmenée sur le lieu d’exécution à l’angle sud-est du château, où elle fut étranglée; on attacha son cadavre à un poteau fourché; il resta exposé là, “afin qu’il soit consommé par le temps et les volatiles des cieux”. Menssink, comme il était blanc et, en outre, indispensable à la Compagnie en sa qualité de brasseur, sortit du tribunal libre comme le vent.
Mes bifurcations est, par ailleurs, un livre formidable, dont je ne peux que conseiller la lecture.

6 juin 2010

En librairie : Visages d'exclusion dans la société malgache contemporaine

Dans la collection "Espaces interculturels", un ouvrage d'Anne Marie Ricaldi Coquelin, Visages d'exclusion dans la société malgache contemporaine, dont je donne copie de la quatrième de couverture.
Entre tradition et modernité, la société malgache vit, en ce début du XXIe siècle, une époque charnière de son histoire.
Elle est en mutation et nul ne sait aujourd'hui ce qu'il restera des traditions et de l'organisation sociale avec l'arrivée espérée du développement économique.
Cet ouvrage explore ces mutations au travers des témoignages de ceux qui sont pris au piège de ces transformations profondes et se retrouvent en situation d'exclusion. Il décrit leur stratégie de vie et souvent de survie. Enfin, des suggestions sont formulées pour améliorer le sort de ceux qui, à ce moment de l'histoire sociale malgache, n'ont pas encore retrouvé de véritable place dans leur société.
Anne-Marie Ricaldi Coquelin est docteur en Sciences de l'éducation; elle a passé la plus grande partie de sa carrière dans des pays en voie de développement. Elle a, en outre, travaillé cinq ans en Thaïlande auprès des populations cambodgiennes, six ans au Vietnam et sept ans à Madagascar comme chef de projet pour la coopération française et conseiller du ministre de la Population.
Elle a conduit cette recherche en collaboration avec les jeunes chercheurs du Centre d'Analyses et de Prospectives pour le Développement à Madagascar, rattaché à l'Institut du Travail Social de Tananarive.

Par ailleurs, un recueil de nouvelles sur lequel j'ai peu de renseignements mais qui comporte au moins un sujet malgache vient aussi de paraître, dans une collection qui semble orientée vers les adolescents. Il s'agit de Il ne fait jamais noir en ville, par Marie-Sabine Roger.
Une employée modèle et dévouée se découvre égoïste et révoltée lorsqu’elle adopte un chat. Une femme libre et célibataire toujours réquisitionnée pour les corvées familiales en oublie sa vie. Un vieux voisin maniaque terrifie sa voisine de palier. La garde alternée c’est une semaine vide pour ce père solitaire. Un couple de mariés valse, tendrement enlacé sous le regard goguenard des convives: ils ont les tempes blanches. La charge est lourde pour ce conducteur de pousse-pousse à Madagascar, sa cliente est pleine de sentiments contradictoires quant à sa présence sur cette île si pauvre. Comment faire ses adieux à un père tendrement aimé qui vient de mourir. Quitter sa maison pour toujours, abandonner la campagne, le jardinage pour un appartement en ville où la vie est si facile. Dix nouvelles, l’écriture précise et évocatrice de l’auteur, le ton tour à tour tendrement humoristique léger et grave, les chutes inattendues, font de ce recueil de nouvelles un beau voyage au pays des mots.
Marie-Sabine Roger est née en 1957. Elle vit ici et là entre Madagascar, le sud de la France et la Réunion. Après avoir été enseignante en maternelle pendant plusieurs années, elle se consacre aujourd'hui à l'écriture.

4 juin 2010

Gasy Bulles 2010

Je n'ai pas oublié avoir, trois années de suite, participé à la réalisation d'un annuaire des dessinateurs de BD - les "bédéistes", comme on dit ici - malgaches. Pour écrire de courtes biographies, je les ai tous rencontrés. J'en retiens un bel enthousiasme collectif et le désir très vif de progresser dans leur art. Ils sont toujours là - d'autres ont surgi depuis, bien sûr - et ils se retrouvent pour la sixième édition de Gasy Bulles.
Du 7 au 19 juin, la BD envahit donc le Centre culturel Albert Camus et l'Alliance française d'Antananarivo.
Au menu, des expositions, des contes, un spectacle de danse contemporaine, des films, une caravane-BD, un concours et un stage - avec le retour de Barly Baruti que vous pouvez voir et entendre dans une vidéo que j'avais réalisée l'année dernière à l'occasion de son précédent passage.
Le programme complet est disponible sur le site du CCAC.