28 octobre 2013

Il y a 100 ans : Liberté !

M. Picquié, assez malmené par la presse indépendante, vient d’inventer une thèse commode pour les Gouverneurs des Colonies : celle d’une liberté de presse mitigée, adaptée au despotisme de nos petits satrapes. La doctrine est hypocritement colorée de l’intérêt supérieur de la domination : défense de parler des rhumatismes ou des goûts policiers de notre Gouverneur sous peine de détruite le prestige de la République ! À entendre les défenseurs papelards de notre autocrate, on se croirait ramené à l’époque où la fistule faisait pâmer d’admiration les courtisans de Louis XIV. C’était la bonne époque, celle regrettée de tous les laquais pour qui le baisemain paraît insuffisant et qui rêvent d’un geste plus adéquat à la souplesse de leur échine.
Les « bons apôtres » disciples de Veuillot, qui revendiquait la liberté pour ses amis et la refusait à ses adversaires, font chorus avec les courtisans.
Ils oublient que leur rage impuissante s’exerça, il n’y a guère encore, contre l’énergique représentant des idées républicaines à Madagascar, M. Victor Augagneur.
Contre lui, toute licence était permise : légende du canapé, libelles ornés de caricatures répandus à profusion dans la Colonie.
L’on se souciait peu, à l’époque, du prestige de l’autorité française ; il ne vint jamais, du reste, à l’idée de M. Augagneur d’invoquer l’intangibilité désuète dont essaie de se couvrir son pâle successeur. On l’entendit proclamer, au contraire, la nécessité d’une opposition qui mettait en relief sa haute personnalité : c’était l’ombre au tableau.
Le Progrès de Madagascar

La mission de M. Giraud

M. Giraud, le distingué professeur en mission à Madagascar, a terminé ses travaux.
Des observations qu’il a faites, il résulte que la région de Benenitra contient du charbon exploitable sur une superficie considérable.
En ce qui concerne les pierres précieuses, les grenats de Madagascar ne sont pas tous, paraît-il, peu appréciés comme ceux de l’Ouest. Il y en aurait dont la valeur marchande serait assez élevée.
D’une façon générale, les pierres précieuses malgaches, soigneusement sélectionnées, sont estimées sur le marché européen.

Le Tamatave

Madagascar il y a 100 ans - Janvier 1913 est disponible :
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