22 octobre 2015

Il y a 100 ans : Re-port

Pour répondre à l’article du journal Le Tamatave du 1er septembre sur le port, nous tenons à faire savoir que nous ne descendons ni de la lune ni d’ailleurs et que nous n’avons pas dormi comme la Belle si connue, lorsqu’on a discuté les projets du port sur la côte Est.
Il nous est bien libre de présenter des observations qui n’enlèvent nullement le talent de MM. les ingénieurs Bourgougnan et Bidel, si distingués soient-ils.
En somme, un ingénieur présente un amas de connaissances diverses, particulièrement scientifiques, connaissances qui elles-mêmes sont fondées sur l’expérience, la théorie et la pratique.
Mais il y a des choses qui peuvent échapper et il est impossible à un homme, si fort qu’il soit dans sa partie, de tout savoir. Il y a toujours une place pour l’inconnu, l’imprévu.
Le confrère du Tamatave se contente d’encenser MM. Bourgougnan et Bidel, en voulant faire passer notre vieux loup de mer pour un imbécile. Qu’il nous sorte des arguments techniques nous expliquant que nous avons tort, que le projet actuellement adopté est le meilleur et sûr de donner entière satisfaction.
Si le rédacteur du Tamatave ne peut faire cette démonstration, qu’il se taise.
Il est exact qu’il a été fait une enquête de commodo et d’incommodo, pro forma, il y a environ deux ans, mais a-t-on seulement tenu compte des quelques observations faites par les habitants de Tamatave ? Ne leur faisait-on pas plutôt ressortir que, s’ils se montraient hostiles au plan qui leur était soumis, le projet d’un port à Tamatave pourrait être définitivement abandonné ?
Qu’importe, leur disait-on, que ce port donne satisfaction ou non ! on aura dépensé des millions et les Tamataviens en profiteront plus ou moins.
Ce plan primitif soumis au ministère n’a pas été agréé dans son ensemble et, en août 1914, il y a plus d’un an, le Ministre des Colonies nous envoyait M. Bidel, ingénieur, chargé spécialement de l’étude du port.
Nous avons ouï dire que, depuis, ce plan avait subi de notables retouches, mais le public en a-t-il jamais eu connaissance, et a-t-il été appelé à donner son avis ?
Enfin, nous ne souhaitons qu’une chose, c’est que notre vieux loup de mer ait tort et que le port de Tamatave, tel qu’il va être fait, soit l’un des plus sûrs de l’Océan Indien.

La Dépêche malgache

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont maintenant disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 34 titres parus à ce jour.

20 octobre 2015

Il y a 100 ans : La transformation des procédés de culture (2)

(Suite et fin.)
« En raison de l’insuffisance des disponibilités budgétaires de l’exercice en cours, il n’est pas possible de généraliser, cette année, la mesure précédemment indiquée.
« Toutefois, des surveillants agricoles pourront être, dès maintenant, attribués à certains districts où la question présente un caractère particulier d’urgence.
« Les chefs des diverses circonscriptions où se pose encore la question des tavy auront à m’adresser, sans retard, leurs propositions en vue d’étendre, en 1916, les dispositions qui précèdent à toutes les régions où leur mise en vigueur aura été jugée nécessaire.
« Le recrutement des surveillants agricoles sera opéré soit sur place, soit sur les hauts plateaux, après entente avec les chef des circonscriptions centrales voisines. Toutes garanties seront prises afin de n’employer que des agents sérieux, possédant des connaissances pratiques suffisantes et, autant que possible, une autorité personnelle reconnue. Il conviendra de suivre de près les travaux exécutés sous la direction de ces agents et de me rendre compte des résultats acquis.
« Je compte que cette organisation, jointe à une lutte de plus en plus serrée contre le procédé des tavy, donnera des résultats décisifs, quant à la transformation des procédés de culture de vos administrés, et que vous ne négligerez rien pour atteindre, le plus rapidement possible, le but poursuivi. »

Toujours les « tavy »

À Madagascar, les tavy font encore parler d’eux. Cette fois-ci, ce sont les colons d’une importante province de la Côte Est qui protestent contre l’autorisation donnée aux indigènes d’incendier la brousse, et font remarquer combien cette coutume est dangereuse, surtout dans un pays où les bosquets abondent.
Le Courrier colonial

Réquisition du « Bagdad »

Tandis qu’il était à Vatomandry, ainsi que nous l’avons relaté dans notre dernier numéro, M. Garbit, Gouverneur général de Madagascar, fut informé que le commandant du Bagdad refusait d’embarquer le fret accepté par l’agent général des M. M. Le Gouverneur mit fin aux fantaisies de ce commandant en donnant ordre de réquisitionner le bateau.

Les Annales coloniales

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19 octobre 2015

Il y a 100 ans : La transformation des procédés de culture (1)

Le 10 juillet, M. Garbit a signé une claire et ferme circulaire au sujet de la transformation des procédés de culture utilisés par les indigènes de régions forestières.
Plusieurs chefs de province et de district autonome avaient, dans leurs rapports économiques de l’année 1914, exposé au Gouverneur général Garbit leurs vues au sujet de la tolérance à laisser aux indigènes habitant les régions forestières, en matière de débroussaillements sommaires, qualifiés tavy :
« Les propositions faites à cette occasion répondent, dans leurs grandes lignes, aux dispositions qui avaient été prises, par circulaire du 26 mai 1909, en vue d’empêcher la destruction progressive des régions boisées.
« Des actes ultérieurs ont eu spécialement pour objet, en réglementant plus sévèrement les défrichements de l’espèce, d’inciter les indigènes à abandonner leurs procédés habituels de culture en montagne, en faveur de la mise en valeur rationnelle et suivie de terrains de culture choisis une fois pour toutes dans les plaines et vallées, à proximité des lieux habités.
« Or il semble que vos administrés, en continuant des errements condamnables, n’aient pas répondu, comme il aurait convenu, aux désirs de l’administration. Une action suivie s’impose donc pour diriger fermement les cultivateurs indigènes dans la vie nouvelle.
« À cet égard, il m’a paru utile de mettre à la disposition de certains chefs de district de la région côtière des auxiliaires recrutés parmi les agriculteurs indigènes des hauts plateaux et qui seront spécialement chargés de développer, parmi les populations forestières, les connaissances qui leur manquent actuellement, en matière de travaux agricoles rationnels.
« Ces agents seront plus spécialement employés à faire préparer les rizières, creuser des canalisations, établir des barrages, etc., en groupant les efforts de la population, toutes les fois qu’une semblable mesure sera jugée opportune.
« Il est en effet avéré que les indigènes de la côte n’ont qu’un goût très relatif pour le travail en commun et que, même quand il ne s’agit que d’intérêt individuel, il est nécessaire d’exercer sur eux une certaine pression pour les faire sortir de leur habituelle inertie.
(À suivre.)

Les Annales coloniales

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18 octobre 2015

Il y a 100 ans : Le calicot à Diégo-Suarez

D’un de nos correspondants :
Le vulgaire calicot, avec quoi l’on fait chemises et jupons, se vend ici un prix fou. Pourquoi ? on n’en sait rien au juste, ou plutôt il y a trop de raisons pour que nous puissions discerner la vraie.
On dit que, par suite de la guerre, le calicot est devenu très rare, mais on dit aussi qu’il est accaparé et caché par des spéculateurs pour le vendre plus cher au bon moment.
Le cas est embarrassant. Ce que nous savons bien, hélas ! c’est que le prix de la tonne, qui a augmenté de 10 et de 20 p. 100, ne va pas s’arrêter en si beau chemin, et que les commerçants soupçonnés d’accaparement en profitent pour augmenter leur marchandise. Mais on dit tant de choses.
Ce n’est pas que le calicot me soit personnellement indispensable, mais un autre on dit a éveillé mon attention, et retiendra, je l’espère, la vôtre.
On dit que les magasins allemands de Madagascar regorgent d’étoffes de coton et de calicot qui sont immobilisées. Ne pourrait-on pas les vendre et les mettre ainsi en circulation ?
Attendra-t-on, étant donné le jeu des séquestres, que le prix du calicot ait encore augmenté et que la plus-value ainsi obtenue retourne aux Boches dont les biens doivent être administrés « en bon père de famille » ?

À l’Académie malgache

Dans une des dernières séances de l’Académie malgache, le secrétaire a lu une communication de M. Hesling et offert de très beaux spécimens de mica provenant de la province de Vakinankaratra.
« Parmi les minéraux constituant la pegmatite d’Ambatofotsikely, dans la province de Vakinankaratra, on rencontre une superbe muscovite ; ce mica se présente en cristaux énormes mesurant jusqu’à 1 mètre de diamètre.
« Parfois presque nulle, sa coloration peut passer au brun, notamment dans les parties riches en inclusions. Ces dernières, de couleur rougeâtre ou noire, verte quelquefois, sont constituées par de la magnétite et de l’ogéliste. »
Après cette intéressante communication, les membres de l’Académie malgache ont épuisé l’ordre du jour et levé la séance après avoir demandé que les communications scientifiques soient précieusement conservées dans des dossiers spéciaux.

Le Courrier colonial

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16 octobre 2015

Il y a 100 ans : Viande frigorifiée et viande sur pied

La question de l’introduction du bétail malgache continue à préoccuper très vivement nos colons de la Grande Île. On ne peut s’en étonner, en raison de l’importance qu’elle présente pour cette colonie.
Nos correspondants ne diffèrent d’avis que sur la manière dont les bœufs arriveront en France. Les uns prêchent en faveur de la viande frigorifiée, les autres en faveur du bétail vivant.
En général, les premiers se trouvent à proximité des usines frigorifiques déjà créées à Madagascar, les seconds habitent loin de ces établissements.
Les uns et les autres ont raison.
Les bœufs de la Grande Île nous parviendront plus aisément sous la forme de viande frigorifiée, mais il faut pour cela créer de nouvelles et importantes usines dont l’édification ne sera pas faite avant la fin de la guerre.
Mais, même lorsque Madagascar possédera toutes les usines frigorifiques nécessaires, il y aura grand intérêt à expédier, en même temps, dans la métropole, du bétail vivant.
Ne sera-t-il pas rationnel, après avoir rempli les cales de viande frigorifiée, de charger le pont et toutes les parties des navires où les animaux pourront respirer de bœufs vivants ?
La colonie a intérêt à offrir ses bovidés à la métropole sous les deux formes et l’expérience a prouvé que si l’on peut mettre sur un navire moins de bœufs vivants que de bœufs frigorifiés, il est manifestement faux de prétendre que le bétail sur pied ne peut pas être pratiquement amené en France.

De la main-d’œuvre pour le Musée d’Histoire naturelle

Après avoir approuvé le budget du Musée d’Histoire naturelle de Tananarive, M. Garbit a mis à la disposition de l’Académie malgache vingt prisonniers pour faciliter les fouilles à Antsirabe.
Le Courrier colonial

Promotions au 2e Malgaches

Ont été nommés :
Au grade de sous-lieutenant (active) : Couzinet, adjudant chef à la 4e compagnie.
Au grade de caporal (réserve) : Daffreville (en religion frère Ignace), 2e classe à la section Hors-Rang.
Félicitations.

Le pain à Tamatave

Un instant menacés de manquer de pain, les Tamataviens peuvent être rassurés pour le moment. Des commerçants industrieux de notre place ont fait, sur divers points du globe, d’importantes commandes qui ont commencé à arriver. Donc nous ne manquerons pas de pain.

Le Tamatave

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15 octobre 2015

Il y a 100 ans : Copie du télégramme officiel n° 906

Gouverneur Général à Chef Province Tamatave.
Les opérations de la mobilisation étant virtuellement terminées sauf pour ce qui concerne les dernières classes de la territoriale maintenues provisoirement dans leurs foyers, le Journal Officiel de samedi 21 août publie le résultat des travaux des commissions appelées à statuer relativement :
Primo aux sursis à accorder aux colons en vue du maintien de la vie économique dans la Colonie. Secundo aux fonctionnaires pouvant être relevés de la non affectation, affectation spéciale ou indisponibilité afin d’être mis à la disposition de l’autorité militaire. Les numéros suivants du Journal Officiel publieront successivement comme conséquence de ces travaux : Primo la liste des colons laissés à la disposition de l’autorité militaire (sauf bien entendu ceux appartenant aux classes de l’active ou assimilés à ces classes comme omis, etc.). Secundo la liste de fonctionnaires des classes appelées maintenus dans la non affectation, etc., etc. Les raisons qui ont justifié leur maintien. Tertio le résultat définitif et comparé de ces diverses opérations. Le Gouverneur Général profite de cette circonstance pour féliciter toute la population française de l’île du zèle patriotique qu’elle a montré dans ces circonstances et qui a permis d’apporter à la Métropole le double concours qu’elle était en droit d’attendre de la Colonie au point de vue militaire et au point de vue économique.
Tous, qu’ils aient été désignés pour servir plus directement la France en étant parmi les élus appelés à combattre sur le front ou qu’ils aient été conservés dans la Colonie pour libérer d’autres unités ou encore qu’ils aient été maintenus à leur poste pour contribuer à fournir à la mère-patrie les ressources diverses dont elle pouvait avoir besoin ont accompli leur devoir avec la joie pour les premiers et l’abnégation pour les autres qui convenaient à l’heure présente. Le Gouverneur Général remercie également tous les corps élus du concours si précieux et si éclairé qu’ils lui ont donné. Afin de se conformer à l’esprit des instructions ministérielles il remercie enfin toute la presse de l’île pour la belle tenue qu’elle a toujours montrée rendant inutile toute censure réelle qui a pu ainsi être remplacée en fait par d’amicaux conseils.

Le Tamatave

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14 octobre 2015

Il y a 100 ans : Le port de Tamatave

Nous avons annoncé la pose de la première pierre du port de Tamatave, ce qui donne à penser que les Tamataviens doivent être enchantés de la mise en valeur économique et commerciale de leur ville.
Il paraît qu’il n’en est rien et que l’emplacement choisi pour le port n’est pas très heureux, mais comme les études sont terminées, il n’y a plus à revenir sur la question et il suffit d’en tirer tout le parti possible.
D’aucuns désireraient voir apporter au plan adopté quelques modifications nullement irréalisables d’ailleurs et qui sont, au surplus, assez judicieuses.
Il faudrait que le nouveau port ait au moins un quai aménagé particulièrement pour l’embarquement des bœufs gras à bord de bateaux spéciaux ; et pour faciliter cette modification demandée, il est nécessaire que l’administration du port et le T. C. E. soient en parfaite communion d’idées.
Après un voyage plutôt confortable, dans des wagons aménagés ad hoc, des bovidés venant des riches pâturages des plateaux du Centre doivent pouvoir être embarqués directement dans les entreponts des bateaux, par un quai à plans inclinés. Dans l’intérêt du bétail, qu’il faut déprécier le moins possible, il est indispensable de supprimer l’opération plutôt barbare de la mise à l’eau de l’animal à coups de matraque et l’exercice non moins brutal du palanquage à l’aide des grues à vapeur.
À l’heure où l’exportation des bœufs de Madagascar est pour ainsi dire un fait accompli, il faut perfectionner tous les moyens propres à éviter la fatigue au bétail et le mettre en état de supporter, avec le moins de risques possibles, les vicissitudes de la traversée.
Le Courrier colonial

Chronique militaire

Le commandant Mativat est désigné comme commandant du 2e Malgaches en remplacement du commandant Régnier.
Le commandant Roy prendra le commandement du bataillon de Diégo en remplacement du commandant Mativat.
Le capitaine Bonhomme prendra les fonctions de major au 2e Malgaches.
Sont désignés pour embarquer sur l’Ispahan à destination de France :
Commandant Barfety, lieutenant Laroussie, adjudant de territoriale Schnœbele.
Notre compatriote le sous-lieutenant Collet du 2e Malgaches a été nommé au grade de lieutenant.
Félicitations.

Le Tamatave

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13 octobre 2015

Il y a 100 ans : Pour l’« urena lobata » de la Grande Île (2)

(Suite et fin.)
Ces avantages consisteraient en concession gratuite des terrains nécessaires à l’installation des usines et de leurs dépendances ; concession gratuite jusqu’à concurrence de 500 ha des terres nécessaires à la culture de l’urena lobata, à condition que les usines fonctionnent au moins pendant cinq ans ; location, pendant ce temps, du droit de récolte (dans une région qu’on déterminerait) de la plante venant à l’état spontané sur les terres domaniales, moyennant un loyer annuel de principe de 1 franc. Ce bail serait renouvelable pour une ou plusieurs périodes moyennant un loyer annuel dont le taux serait fixé suivant les résultats obtenus par les concessionnaires.
Vu ces considérations, M. Garbit, Gouverneur général de Madagascar et dépendances, a pensé qu’il était intéressant d’encourager l’exploitation de ce textile, et à la suite d’un rapport motivé du directeur des affaires civiles, il a, à cet effet, pris en conseil d’administration un arrêté concédant des avantages spéciaux en vue de l’utilisation de la fibre fournie par l’urena lobata.
Le Courrier colonial

Augmentation du fret pour Madagascar

Le Président de la Chambre de Commerce de Diégo-Suarez a reçu la lettre suivante du sous-secrétaire d’État de la Marine marchande au ministre des Colonies :
Par lettre du 27 avril dernier, vous avez demandé mon avis au sujet de l’application, par la Compagnie des Messageries, d’un nouveau tarif de fret comportant une augmentation de 10 francs par unité de taxe, sauf pour les marchandises communes de 1ère et de 2e catégories et pour les marchandises spéciales pour lesquelles l’augmentation ne serait que de 5 francs.
J’ai l’honneur de vous faire connaître que la Compagnie des Messageries Maritimes, dont j’ai appelé l’attention sur les inconvénients que présenterait la mise en vigueur d’une telle mesure, vient de m’informer que l’application ne s’appliquerait que dans la direction de Madagascar, sans manifester l’intention de revenir sur sa décision.
Comme le cahier des charges laisse à la Compagnie la faculté de régler à son gré le taux de fret applicable aux marchandises, je ne dispose d’aucun moyen d’action me permettant de l’amener à renoncer au relèvement des tarifs en question.

La Dépêche malgache

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11 octobre 2015

Il y a 100 ans : Pour l’« urena lobata » de la Grande Île (1)

L’urena lobata est une plante textile, très répandue à Madagascar, dont la tige renferme une fibre analogue à celle du jute, et dont jusqu’ici les Sakalaves et les Betsimisaraks se servaient pour la confection de leurs cordages.
En outre, il est possible d’en obtenir des étoffes et des tissus pour les lambas.
Elle ne paraît être cultivée méthodiquement qu’au Brésil, et pourtant elle mérite de fixer l’attention des coloniaux, en raison des fortes et longues fibres que l’on extrait de son liber, et qui trouveraient certainement leur utilisation dans la fabrication de sacs servant au transport des produits coloniaux.
L’urena lobata est connue dans la Grande Île sous les noms divers de paka, kirijy, et autres ; elle y pousse abondamment à l’état sauvage et n’est appréciée, come nous l’avons dit, que de quelques tribus indigènes.
Au contraire, à Tahiti, ses fibres sont tenues pour supérieures à celles du jute, et les habitants les emploient à la confection de leurs filets de pêche et de tissus, grossiers, il est vrai, mais durables.
Or, actuellement, la Grande Île importe annuellement près de 2 millions de sacs de jute, et les besoins locaux ne font qu’augmenter, sans compter que les îles-sœurs en font également une grande consommation.
Il conviendrait donc, ainsi que le dit M. le Gouverneur général de la Grande Île, de favoriser, à Madagascar, l’installation d’une industrie dont le but serait d’utiliser sur place une plante dont la fibre est, à différents points de vue, si intéressante ; d’ailleurs, l’administration locale s’est déjà préoccupée d’encourager la fabrication locale d’articles d’emballage, et a frappé d’un droit les sacs de jute, afin de favoriser l’industrie indigène. Mais la pratique n’a pas tardé à démontrer les inconvénients de ce système, et il importait de recourir à d’autres mesures.
En conséquence, M. Garbit a décidé de proposer au conseil d’administration les avantages pouvant être consentis à la première entreprise de ce genre qui s’installerait dans la colonie et qui remplirait les conditions que fixerait l’administration en ce qui concerne les délais d’installation, d’exploitation et l’importance de la fabrication.
(À suivre.)

Le Courrier colonial

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9 octobre 2015

Il y a 100 ans : Réponse à Sarah B.

Comme ce gros oiseau qui a nom « autruche », qui, tant qu’il a la tête cachée et ne voit pas son ennemi, pense qu’il n’est pas vu de lui, vous vous êtes imaginé, sans doute, qu’on ne saurait vous découvrir à travers le voile de la dissimulation sous lequel vous avez voulu vous cacher.
D’abord, sans être grands clercs, laissez-nous vous dire de suite que Sarah B. est une femme ou une jeune fille, et non un vulgaire boto de pousse-pousse, car nous savons lire entre les lignes. Sans quoi nous ne lui ferions pas l’honneur d’une réponse, n’ayant pas l’habitude par dignité de nous commettre avec des gens de cette espèce.
Mais nous avons su vous connaître au goût raffiné de vos aperçus artistiques, à la façon élégante de votre charmant style.
Votre critique serait charmante si elle n’était pas si cruelle… C’est à se demander si tant de fiel peut entrer dans l’âme d’une femme. Vous avez mal compris, Sarah B., le but que nous nous sommes proposé en organisant cette soirée ; car, vraiment, vous auriez été plus indulgente, plus clémente. Sans avoir la sotte prétention que vous voulez attribuer de nous poser en acteurs dramatiques ou lyriques, nous avons travaillé dans un but tout à fait patriotique et fraternel, et le haut patronage sous lequel nous avons organisé cette fête, nous est le garant de nos bonnes intentions. – Vous êtes trop Parisienne pour pouvoir apprécier les amusements coloniaux et votre jugement est trop exclusif. – Il faut espérer qu’une autre fois vous ne pousserez pas ce cri de découragement qui ne convient pas à un cœur de Française, et saurez mieux étudier la situation avant de vous servir de l’arme dangereuse de l’épigramme. Ne cherchez pas à vouloir paraître plus méchante que vous ne l’êtes.
Les plus humbles de vos dévoués serviteurs.
Les deux organisateurs
de la Soirée franco-malgache
du 8 août 1915,
de Rosin et Nagès.
N. D. L. R. – Les signataires de cette réponse ont tort de se fâcher, notre charmante collaboratrice, puisque collaboratrice il y a, a simplement voulu très amicalement leur donner un bon conseil.
Personnellement ils sont hors de cause, à quoi bon dès lors engager une polémique qui ne pourrait que faire bâiller nos lecteurs.

La Dépêche malgache

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7 octobre 2015

Il y a 100 ans : Tribune libre

Monsieur le Directeur du Tamatave,
J’ai l’avantage de réclamer l’hospitalité de vos colonnes, pour mettre au point certaine critique théâtrale, émanant du carnet d’un boto de pousse-pousse, parue dans le numéro du 14 courant de la Dépêche malgache. Cette critique est signée Sarah B.
Sarah B. me fait l’effet d’une blasée, du genre de ces individus dont les travers ont enfanté tant de chansons créoles. Quiconque a passé ou vécu à Saint-Denis, Réunion, a dû entendre chanter dans les rues de la ville les jours de Carnaval : « Si n’a pas bonbon Maxence, mi manze pas ; si n’a pas tabac Mazeau, mi fime pas. » C’est suggestif, n’est-ce pas ? Pour Sarah B., pas de théâtre en dehors des théâtres parisiens ; pas d’amusements, même patriotiques, si les acteurs ne sont pas des professionnels, et encore pas des moindres, s’il vous plaît ; dans ce cas-là, aimable Sarah B., vous auriez dû rester à Paris, et ne pas venir à Tamatave, où votre bon goût ne pourrait que s’émousser, s’étioler, s’atrophier. Le champ de Tamatave n’est pas assez vaste, et vos conceptions idéales n’y peuvent évoluer à leur aise.
À un génie aussi transcendant il faudrait un champ plus vaste, un centre tout autre, un Paris en un mot.
Vous étiez bien, sur les Boulevards parisiens. Pourquoi les avoir quittés pour venir échouer sur les arides plages de Tamatave ?
J’ai éprouvé des rancunes en lisant votre carnet du 14 août 1915, et permettez-moi, aimable Sarah B., de vous rappeler ce qu’a dit un grand poète : « La critique est aisée, et l’art est difficile. »
Soyez plus indulgente une autre fois et dites-vous bien que des amateurs convertis en acteurs improvisés ne méritent pas une critique si sévère, surtout quand le but principal de la fête organisée était de soulager bien des infortunes résultant des événements actuels.
Il m’est pénible, Sarah B., d’être obligé de vous donner des leçons de bienveillance, alors que c’est dans le cœur des femmes qu’ordinairement résident les sentiments les plus bienveillants, témoins les Dames de France, de la Croix Rouge, dont le dévouement affectueux est à toute épreuve.
Je vous prie néanmoins de vouloir bien agréer mes sincères et respectueuses salutations.
Au revoir aimable Sarah B.
Ant. De Rosin,
un des organisateurs
de la Soirée franco-malgache
du 8 août 1915.

Le Tamatave

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6 octobre 2015

Il y a 100 ans : Le carnet d’un boto de pousse-pousse

On dirait que c’est un fait exprès. Samedi dernier, je me plaignais amèrement que, sous prétexte d’œuvres bienfaisantes, on attirait les Tamataviens au théâtre et que les pauvres étaient loin d’en avoir pour leur argent. Eh bien le lendemain la mesure a été comblée.
Il ne suffit pas, pour s’exhiber sur une scène, d’avoir de la bonne volonté comme unique talent.
À cette représentation, nous avons subi des numéros d’un faible désespérant et des choses superbes ont été dites ou chantées d’une façon telle que c’est par simple politesse si le public n’a pas vidé la salle après la première partie du programme. Cependant un professionnel rehaussait par sa présence l’éclat !!! de la soirée, c’est du reste le seul qui nous empêcha de bâiller.
Le meilleur numéro fut incontestablement la musique militaire qui dans toute autre circonstance serait passée inaperçue, elle est à féliciter et c’est sincèrement que je le fais.
Existe-t-il un moyen de remédier à cela ? Sans doute, il suffirait d’une direction. Qu’un amateur, et il n’en manque pas, on l’a bien vu lors de la fête du 75, conseille ces inexpériences, enlève du programme les numéros trop faibles, enlève même certains acteurs qui seraient mieux au poulailler que sur la scène, et il serait possible, ici comme ailleurs, de passer au théâtre une soirée intéressante, cela permettrait d’éviter au public et en particulier à un Gouverneur Général d’assister au sabotage de jolies choses.
Sarah B.

Exportation du riz

Gouverneur Général, à toutes circonscriptions.
Nouvelles instructions Département suppriment le riz de la nomenclature de l’arrêté du 24 février 1915 et placent ce produit dans la catégorie des articles dont la sortie Colonie reste subordonnée autorisation préalable Département. Toutefois je continuerai à délivrer par délégation du ministre autorisations sortie riz sur pays français ou alliés si transport est assuré par vapeurs français ou alliés. – Garbit.
(Communiqué.)

La rougeole

Afin d’enrayer l’épidémie de rougeole qui sévit actuellement sur les jeunes enfants, l’administration a décidé de fermer, pendant 15 jours, l’École maternelle et l’École enfantine de Tamatave.

La Dépêche malgache

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont maintenant disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 34 titres parus à ce jour.

5 octobre 2015

Il y a 100 ans : La tournée de M. le Gouverneur Général sur l’Ivondro (6)

(Suite et fin.)
Cette visite a bien clos la tournée du chef de la Colonie pour le laisser sous la meilleure impression.
M. le Gouverneur Général, bien que très courte ait été sa tournée, a dû constater qu’on ne l’avait pas trompé, car il a pu se rendre compte, de visu, du progrès qu’avait atteint la colonisation dans la vallée de l’Ivondro et de l’importance de l’effort, – effort couronné de succès, il est vrai, – auquel les planteurs avaient dû se livrer.
Ce n’est pas cependant que ceux-ci, jusqu’à ces derniers temps, n’aient été traités en parias par l’administration. À l’époque de la conquête, ils disposaient d’une voie fluviale qui leur permettait d’apporter économiquement leurs produits jusqu’à Tamatave. Cette voie leur fut interdite, et dès lors les produits pauvres dont ils pouvaient disposer, et dont la vente eût constitué pour eux une ressource pécuniaire, sont restés sans valeur entre leurs mains. Cela occasionna une crise à laquelle les planteurs peu fortunés ne purent résister et durent abandonner la lutte. Ceux qui ont résisté et ont triomphé n’en ont que plus de mérite. Grâce à la haute impulsion de M. Garbit et au bon vouloir du chef de la Province et du chef de district, les planteurs vont bientôt pouvoir compter, en plus du T. C. E., sur une route et un canal. Ils ne ménageront pas leur reconnaissance.

Collège de jeunes filles de Tananarive

À la rentrée du 16 août, le Collège de jeunes filles de Tananarive prendra possession du nouveau local construit spécialement à son intention.
Tout y a été organisé suivant les prescriptions de l’hygiène la plus minutieuse.
Trois vastes dortoirs permettront d’accueillir nombre d’enfants des régions moins saines qui viendront respirer l’air vivifiant de Tananarive.
Elles y trouveront, avec les soins maternels d’une surintendante expérimentée, l’instruction qui les préparera à une vie utile.
L’enseignement est celui des collèges de France ; des cours spéciaux prépareront au Brevet simple et au Brevet supérieur.
Le nouveau Collège de jeunes filles comptait au mois de juillet 93 élèves, dont 11 pensionnaires. La 4e année secondaire a été ouverte en 1915, la 5e année le sera en 1916.

Le Tamatave

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4 octobre 2015

Il y a 100 ans : La tournée de M. le Gouverneur Général sur l’Ivondro (5)

(Suite.)
En remontant la rivière, on nous indique, au hasard, la propriété de M. Maillot avec 30 000 plants de caféiers, des cacaotiers, une belle vanillerie et une importance plantation de manioc ; celle de Técher, avec 20 000 plants de caféiers ; de J. Fontaine avec 10 000 ; de L. Fontaine avec 3 000 ; de Derveilher avec 7 000 ; de deux Chinois avec 7 à 8 000 ; de la Société « Caféière de l’Ivondro » avec 72 000, et d’autres qui commencent à peine leurs plantations, ou qui, mobilisés comme M. Jadras, ont dû les abandonner. Il faut remarquer que tous ces planteurs disposent d’abondantes pépinières, qui leur permettent d’augmenter chaque année leurs plantations d’une façon importante. Tous également plantent sur une grande échelle du manioc destiné à être transformé en tapioca.
Il faut remarquer encore, en le soulignant, qu’environ deux mille hectares de riches terrains, sur les deux rives du fleuve, sont la propriété d’indigènes qui ne les cultivent pas et se refusent à les vendre ou à les louer aux Européens, même au poids de l’or. C’est ce qui explique qu’en parcourant l’Ivondro, on éprouve une sensation pénible à voir de grands espace incultes à côté de riches plantations. Il serait à désirer que, comme cela a été fait en Algérie, des mesures fussent prises pour que ces terrains soient livrés à la colonisation.
C’est encore ce qui explique pourquoi, sur la vallée du Fanandrana, bien que cette rivière n’offre pas à la navigation autant de facilités que l’Ivondro, il se trouve plus de colons que sur cette dernière, tous très sérieux ; mais le temps a manqué pour les visiter. Pour en donner une idée, on peut citer les noms des planteurs ci-après : MM. Golaz, Chapart, Serre, Bourgoin, Ansel, Mallet et Pouchon, Tricard, Balisson et d’autres dont le nom nous échappe.
À l’angle formé par l’embouchure du Fanandrana sur l’Ivondro, M. le Gouverneur Général s’arrête chez M. Chantepie pour visiter ses magnifiques plantations, car, des plus anciennes de la région, elles sont aujourd’hui en plein rapport, et les produits (cacao, vanille, café) livrés au commerce par M. Chantepie sont des plus estimés. Son installation du reste est un modèle.
(À suivre.)

Le Tamatave

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3 octobre 2015

Il y a 100 ans : La tournée de M. le Gouverneur Général sur l’Ivondro (4)

(Suite.)
À peine ont-ils mis le pied hors du canot, que les visiteurs trouvent à mi-coteau l’usine de M. Grenard destinée à l’élaboration du manioc et à sa transformation en tapioca. M. Garbit la visite en détail avec l’intérêt qu’il apporte à tout ce qui contribue au progrès colonial.
Cette visite est d’autant plus intéressante que l’usine est en plein fonctionnement, et on ne se lasse pas d’admirer ces ouvriers qui travaillent et s’agitent en silence comme des abeilles dans une ruche de miel.
Mais la soirée s’avance. Vite on escalade le mamelon sur lequel se trouve la maison d’habitation, de la véranda de laquelle la vue s’étend sur une grande étendue de plantations voisines.
À notre droite, aux dires d’un voisin, sur les terrains dépendant de la propriété « Las Palmas », sont plantés 100 000 pieds de caféiers, sans compter les 300 hectares de manioc pour approvisionner l’usine.
En face de nous, de l’autre côté du fleuve, s’étend la belle propriété de M. T. Payet avec ses 30 000 pieds de caféiers, en plein rapport pour une bonne partie, et ses plantations de canne à sucre pour approvisionner son usine à rhum, dont on aperçoit le toit à travers le feuillage.
À ce sujet, pour donner une idée du développement que prend la vallée de l’Ivondro, il n’est pas hors de propos de faire connaître que son frère Edgard possède une autre usine à rhum, plus haut, dans la même vallée, et qu’à eux seuls, les deux frères Payet ont versé au fisc 83 000 fr. de droits pour la présente année, en ayant payé plus de 80 000 fr. l’année dernière. C’est là un chiffre qu’il est facile de vérifier au Trésor, et qui ne manque pas d’éloquence.
De plus, M. Edgard Payet installe à l’heure actuelle, dans son usine, l’outillage nécessaire à la fabrication du sucre : ce sera la première de ce genre qui fonctionnera à Madagascar depuis la conquête, car celles qui existaient avant ont toutes été arrêtées, à la suite d’un… malentendu regrettable. Le sol et le climat de ce pays sont cependant des plus favorables à la plantation de la canne à sucre. Nous augurons donc un plein succès à la nouvelle industrie, tout en félicitant M. E. Payet de sa courageuse initiative.
(À suivre.)

Le Tamatave

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2 octobre 2015

Il y a 100 ans : La tournée de M. le Gouverneur Général sur l’Ivondro (3)

(Suite.)
Encore un mot, car je ne saurais terminer sans vous prier, Messieurs, de vous joindre à moi pour remercier Madame Sisteron qui a bien voulu apporter à cette réunion la grâce et le charme de sa présence.
Les applaudissements par lesquels les colons saluent cette allocution témoignent que M. Chantepie avait fidèlement interprété leurs sentiments.
M. Garbit, comme toujours, répond par quelques mots bien sentis. Il se dit très sensible  la réception si cordiale qu’il reçoit des planteurs de l’Ivondro, et il est heureux de constater l’union qui règne entre eux ainsi que l’effort opiniâtre avec lequel chaque année ils développent leurs plantations, qu’il était loin de croire aussi importantes. Il les encourage et leur promet que l’administration fera tout son possible pour les aider. Il se joint à M. Chantepie pour envoyer un souvenir ému à nos soldats qui souffrent et combattent pour nous à la frontière.
Il lève son verre au triomphe des armées alliées, à la prospérité de Madagascar, et en particulier des planteurs de l’Ivondro, et termine par ce cri qui doit consacrer l’union de tous les Français : Vive la France !!!
Inutile de signaler les applaudissements qui ont suivi.
Après la… promenade du matin, on se serait volontiers prélassé à table jusqu’au soir, au milieu des desserts variés et des vins fins qui se succédaient, si M. Garbit n’avait rappelé que la visite des planteurs de l’Ivondro était loin d’être terminée, et, à son exemple, on quitte, – bien qu’à regret, – cette magnifique propriété, aux plantes tropicales de toute beauté, et dont aucune description ne saurait donner une idée exacte.
En quarante minutes, M. le Gouverneur Général et les personnes qui l’accompagnent arrivent à la propriété « Las Palmas », après avoir entrevu seulement les plantations intermédiaires.
Là, l’aspect est tout autre que celui de la propriété de M. Borgeaud. Ce ne sont plus les hautes et denses frondaisons de plantes en plein rapport qu’on avait admirées chez ce dernier. Ici, les caféiers, jeunes, de trois ans à peine, en moyenne, mais vigoureux et déjà en rapport, s’étendent à l’infini, escaladant les coteaux aussi loin que la vue peut s’étendre.
(À suivre.)

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1 octobre 2015

Il y a 100 ans : La tournée de M. le Gouverneur Général sur l’Ivondro (2)

(Suite.)
Heureusement qu’à un détour apparaît le fleuve et un canot automobile vient prendre les promeneurs harassés pour les reconduire en quelques minutes aux habitations de M. Borgeaud où les attendait un déjeuner vraiment royal, aussi plantureux que succulent, auquel tous, les promeneurs surtout, ont fait le plus grand honneur.
Au dessert, M. Chantepie, l’un des plus méritants et des plus anciens planteurs de la vallée de l’Ivondro, a prononcé la délicate allocution suivante :
Monsieur le Gouverneur Général,
C’est une grande satisfaction pour nous, surtout dans les circonstances actuelles, de nous trouver groupés autour de vous, et nous vous remercions de cette nouvelle marque d’intérêt que vous voulez bien donner aux planteurs de la vallée de l’Ivondro et du Fanandrana.
MM. Caucé d’abord, et Borgeaud ensuite vous ont dit déjà, M. le Gouverneur Général, d’une façon excellente et parfaite, tout ce qu’il y avait à dire, et ont ainsi résumé notre pensée.
Ma tâche s’en trouve d’autant plus simplifiée que je ne saurais dire davantage et mieux qu’il ne l’ont fait.
Les paroles que vous aussi, vous avez prononcées, M. le Gouverneur Général, nous ont été au cœur. « Comment, nous disiez-vous, une entente constante pourrait-elle ne point exister entre ces hommes, qu’ils soient colons ou fonctionnaires, qui n’ont plus qu’une seule pensée commune ? »
Oui, dans cette pensée qui nous est commune, notre entente sera constante.
Par devoir patriotique d’abord, et puis aussi parce que nous avons à cœur de vous témoigner notre gratitude en écartant de votre chemin toutes les questions irritantes ou mesquines qui vous rendraient plus pénible la tâche à laquelle vous vous êtes si entièrement dévoué.
Avant de terminer, permettez-moi de formuler le vœu qu’à votre prochaine visite nos cœurs et nos pensées soient libérés des angoisses de l’heure actuelle.
Messieurs, je vous invite à lever vos verres en l’honneur de M. le Gouverneur Général et de ses dévoués collaborateurs.
Vive la France ! Vive la République ! Vivent les armées alliées !
 (À suivre.)

Le Tamatave

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