23 septembre 2013

Il y a 100 ans : Une excursion sur l’Ivondro (4)

(Suite.)
Une nuée de manœuvres se meut et circule en bon ordre, autour des machines, autour des bassines, des séchoirs, des bassins de décantation, etc., semblables à des abeilles dans une ruche à miel.
C’est M. Grenard jeune qui est le directeur de cette importante usine, qui en a été le créateur et qui en est l’âme. Fondée très économiquement, et très modestement il y a deux ans à peine, dès la seconde année elle a pris le développement que j’ai essayé de décrire, développement qui sera plus considérable encore l’année prochaine. Aussi habilement conduite, où s’arrêtera-t-elle ? D’ailleurs son directeur étudie, à cette heure, le moyen d’utiliser les déchets et les sous-produits, ce qui augmentera considérablement les bénéfices.
Mais l’usine de Las Palmas ne sera pas seule à contribuer au développement de notre colonie. Sans nous écarter de notre région, et sans compter l’usine plus ancienne établie sur l’Ivoloina, nous nous sommes laissé dire qu’un négociant, des plus honorables et des plus estimés de notre place, montait, aux environs d’Andevorante, une usine dans le genre de celle de Las Palmas.
C’est donc avec raison qu’on peut crier bien haut que Madagascar progresse, mais progresse à pas de géants contre vents et marées !! Car ce même mouvement ascensionnel se fait remarquer dans d’autres branches de sa richesse.
Après avoir longtemps admiré le fonctionnement de l’usine de Las Palmas, la blancheur et la perfection de ses produits, et chaudement félicité son intelligent directeur, nous avons dû reprendre le chemin de Tamatave, en suivant de nouveau le cours du fleuve, en pirogues, jusqu’à la gare de Mahatsara sur le T. C. E.
Là, des constatations plutôt amères sont venues jeter du noir sur les impressions si agréables que nous rapportions de la seconde partie de notre voyage.
 (À suivre.)

Le Tamatave

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20 septembre 2013

Il y a 100 ans : Une excursion sur l’Ivondro (3)

(Suite.)
Monsieur le Directeur du journal Le Tamatave,
L’hospitalité que vous avez bien voulu donner à ma précédente lettre m’encourage à vous adresser la suite du compte-rendu de notre excursion.
Je vous ai fait connaître l’énorme quantité de manioc qui se récoltait tous les jours à Tsarasaotra. Mais ce domaine n’est pas le seul produisant ce précieux tubercule. D’autres propriétaires voisins le cultivent également, et nous allons voir à quelle utilisation il est destiné.
Renonçant au filanzane, nous prenons la voie la plus commode, plus confortable du fleuve, et descendant son courant, deux heures de pirogues nous amènent au domaine « Las Palmas », autre propriété que M. Peyronnet possède en société avec MM. Grenard jeune, et Cie.
Là aussi se voient d’interminables enfilades de manioc, escaladant les collines, dévalant dans les bas-fonds, et se perdant à l’horizon.
Mais une surprise d’un autre genre vous attend au débarcadère.
À mi-coteau, au-dessus de votre tête apparaissent de vastes constructions surmontées de cheminées qui fument, et le bruit intense de machines qui y fonctionnent vient frapper vos oreilles.
C’est là l’usine où s’engloutit tout le manioc récolté dans la région, pour le transformer en tapioca et en fécule. Chaque jour, depuis le mois de juin dernier, elle absorbe trente-cinq tonnes de tubercules frais, j’ai dit trente-cinq tonnes… qu’elle convertit en produits que je viens d’indiquer, et elle continuera son œuvre jusqu’à la fin de la récolte, en octobre prochain.
Une chaudière de la force de 100 H. P. fournit la vapeur nécessaire au séchage des produits, et une machine à vapeur de 18 H. P. donne le mouvement à l’outillage employé, dont je me bornerai à donner l’énumération grosso modo. Il comprend des laveurs, des râpes, des barboteurs, des tamis, des malaxeurs et d’autres machines, très perfectionnées et récemment arrivées qui servent à donner la dernière main, pour ainsi dire, à perfectionner le tapioca et la fécule.
(À suivre.)
Le Tamatave

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19 septembre 2013

Il y a 100 ans : Une excursion sur l’Ivondro (2)

(Suite.)
Après avoir franchi la zone marécageuse et être arrivé sur les hauteurs de Farafatra, le chemin n’est plus qu’une série de montagnes russes, où la virtuosité malgache semble s’être donné libre carrière pour rendre impossible tout autre moyen de transport et de locomotion que le bourjane et le filanzane, et pour allonger la route d’une façon invraisemblable en la faisant revenir constamment sur elle-même.
Mais comme on est bien récompensé des fatigues et des émotions quand on arrive au sommet de la dernière colline qui borde la rive gauche de l’Ivondro. Là, une vue splendide s’offre à votre regard, et vous l’apprécierez d’autant plus que pendant des heures vos yeux n’ont eu à contempler que la région absolument désertique et dénudée que vous traversiez.
À vos pieds se déroule en larges méandres le beau fleuve de l’Ivondro, parsemé d’îlots boisés et bordé partout d’une ceinture d’arbres vert foncé.
Puis, à perte de vue, sur les deux rives du fleuve, et grimpant jusqu’au sommet des coteaux, l’œil contemple, avec l’étonnement et la surprise que l’on devine, des enfilades sans nombre de plantes régulièrement disposées.
Nous sommes sur les terres de M. Peyronnet qui s’empresse de venir au-devant de nous, avec la cordialité qui le caractérise et semble tout heureux de nous faire les honneurs de son beau domaine. Il est tout naturel qu’il trouve quelque satisfaction à nous voir admirer l’œuvre qu’on peut qualifier de gigantesque, accomplie par lui en moins de deux ans de labeur, car il n’y a que dix-huit mois qu’il a commencé ses travaux.
Le secret de cette fécondité et de cette rapidité de production est dans la façon dont les terres, excellentes en elles-mêmes, ont été préparées.
Puis une distribution intelligente du travail et un ordre parfait existent parmi ces centaines d’ouvriers qui, s’ils sont menés d’une main ferme, sentent du moins que cette main est tout à fait paternelle.
Je n’entrerai pas dans le détail de cette organisation modèle, car cela m’entraînerait trop loin et dépasserait de beaucoup le cadre de ma lettre, déjà beaucoup plus longue que je ne comptais la faire en commençant.

(À suivre.)
Le Tamatave

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18 septembre 2013

Il y a 100 ans : Une excursion sur l’Ivondro (1)

Monsieur le Directeur du journal Le Tamatave,
À maintes reprises j’ai pu lire dans votre vaillante feuille l’opinion émise par vous sur l’avenir de Madagascar.
Cet avenir, vous l’estimez des plus brillants, en raison des ressources de toute nature, intrinsèques, incalculables que possède notre belle colonie.
Votre satisfaction doit être grande à constater que chaque jour les faits viennent vous donner raison et établir, par les progrès réalisés, que vous avez été prophète clairvoyant.
Ce que j’ai à vous conter aujourd’hui vient corroborer mes dires, en même temps que vos prévisions. Voici :
La fête du 15 août, en tombant un vendredi, nous a procuré ce que l’on est convenu d’appeler… un pont, c’est-à-dire trois jours suivis de repos, – trois jours de congé, – bien difficiles à passer, – sans ennui profond, – dans notre bonne ville de Tamatave qui, pour être charmante, n’en manque pas moins de distractions.
D’où, nécessité d’aller en chercher par ailleurs.
Mais Tamatave ne possède pas de banlieue habitée, ni même habitable ; comme tout le monde sait, elle est séparée de son hinterland par une série de marais, encore incultivables.
Si l’on excepte la route de l’Ivoloina ou du Jardin d’Essai, il ne reste, pour franchir la zone des marais, que le chemin de Farafatra. À ce point de vue, Tamatave est une des villes les plus mal partagées de la Colonie, et le filanzane y est encore un des moyens de transport des plus appréciés.
D’ailleurs on nous avait dit que le chemin qui, par Farafatra, conduit de Tamatave à l’Ivondro, avait été remis à neuf par le zélé chef de district actuel, ce fut donc dans cette direction que fut organisée une partie de plaisir dont j’étais, et nous voilà partis à la première heure du jour, avec une armée de bourjanes.
La première impression que produit la voie de communication, la principale peut-on dire, allant de Tamatave vers l’intérieur, n’est pas des meilleures. On est à se demander à quoi a bien pu être employée la main-d’œuvre tant prestataire que pénitentiaire depuis dix-huit ans que la France occupe Madagascar !
(À suivre.)

Le Tamatave

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16 septembre 2013

Il y a 100 ans : Bricoles

Il y a des gens qui s’obstinent à ne pas vouloir comprendre pourquoi les coloniaux se montrent si empressés à regagner leurs pénates coloniales après un court séjour en France. La raison en est cependant simple comme une formule de politesse administrative. C’est qu’ils ne s’y meuvent pas à l’aise. Dans le temps un homme, dont l’existence tint une grande place dans les préoccupations du monde, que par convention on appelle toujours civilisé, Bismarck, écrivit une satire mordante des mœurs de l’époque (1860) et de l’esprit de discipline qui régnait au beau moment de l’autorité impériale : « … on ne peut se tenir tranquille, sans entendre à côté de soi : Circulez s’il vous plaît. Je ne serais pas étonné de voir au lever du matin un visage avec moustache et impériale sous un chapeau de guingois qui me dise avec la politesse d’un gardien de prison : Pissez s’il vous plaît, changez de chemise s’il vous plaît. On cesse de se moucher, d’éternuer à sa volonté dès qu’on met le pied dans cette ornière. »
Nous, les coloniaux d’aujourd’hui, sommes comme le Bismarck de 1860, nous voulons pouvoir éternuer sans qu’on nous y invite.
*
Il paraît, dit un journal métropolitain, que la résolution de la question immigration main-d’œuvre à Madagascar est excessivement grave. Elle nécessite l’intervention de la maison qui est au coin du quai.
Or, comme par là on est assez embarbouillé par les histoires de brigand, provoquées par l’intransigeance de Monsieur Ferdinand, il y en a pour un sacré moment avant que l’on s’en occupe.
D’autre part, comme au ministère, il faut se préoccuper de la pénurie des ronds de cuir, de donner satisfaction aux amicales de budgétivores, de pourvoir aux nominations de gouverneurs, etc., etc., à propos des nominations de gouverneurs indigènes, il paraît qu’il fut à un moment donné question de tirer au sort entre les administrateurs en chef et les secrétaires généraux, mais le garçon du bureau du ministre a fait remarquer que c’était contraire aux usages.
Au fond, pour nous colons, ça n’a pas d’importance, ce qui en a, c’est que nos affaires sont reléguées à l’arrière-plan.
« Des Petites Affiches. »

Le Progrès de Madagascar

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15 septembre 2013

Il y a 100 ans : Un administrateur colonial arrêté à Madagascar

L’Agence Fournier a publié la dépêche suivante :
« Tananarive, le 17 août. – M. Gauthier, administrateur des colonies, chef du district de Mananjary, a été placé sous mandat de dépôt sous l’inculpation de coups et blessures ayant entraîné la mort.
« Au cours de l’exécution des travaux de route effectués par les prestataires indigènes, deux de ceux-ci ont été frappés par M. Gauthier et sont morts quelques jours après des suites de leurs blessures. »
Au ministère des colonies, on déclare qu’il y a déjà quelque temps M. Picquié a informé le ministre de ces faits : le gouverneur général l’avisait qu’il avait saisi l’autorité judiciaire.
Le rapport sur ces faits n’est pas encore parvenu à Paris.
M. Émile-Alexandre Gauthier est né le 10 juillet 1867, à Arcueil (Seine). Météorologiste adjoint à l’Observatoire de Montsouris de 1884 à 1889, il entra en 1891, après son service militaire, à la préfecture de la Seine.
Nommé le 9 juin 1903 adjoint de 1re classe des services civils à Madagascar, il a été promu administrateur adjoint de 3e classe des colonies le 12 août 1905, de 2e classe en 1908 et de 1re classe en 1911.
La Lanterne

Crédits supplémentaires

Un certain nombre de crédits supplémentaires viennent d’être ouverts par décrets aux différents budgets de Madagascar. La plupart d’entre eux sont destinés à réparer les dégâts causés par les derniers cyclones. On sait, en effet, qu’un formidable cyclone a sévi du 21 au 26 février 1913 dans les provinces du centre et du sud-ouest.
À Anjouan, le cyclone du 3 avril, à Mohéli et à la Grande-Comore celui du 6 avril, ont causé des dégâts supplémentaires auxquels la première somme de 650 000 francs n’a pas permis de faire face. D’autre part, l’administration du chemin de fer a demandé, pour assurer l’acquittement des indemnités pour avaries, pertes et retards à payer à la suite des derniers accidents météorologiques, l’octroi d’une somme globale de 35 000 francs.
À signaler enfin, parmi les nouveaux crédits, une somme de 10 000 francs permettant de porter de 50 000 à 60 000 francs la pension de l’ex-reine de Madagascar Ranavalo.

L’Aurore

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14 septembre 2013

Il y a 100 ans : Les garanties judiciaires à Madagascar

La Ligue des Droits de l’Homme vient de transmettre et de recommander au Gouverneur Général de Madagascar une requête de sa section de Majunga qui proteste contre l’absence de garanties pour les justiciables de Madagascar et demande notamment que les réformes suivantes soient accomplies d’urgence :
1° Que le magistrat qui a fait l’instruction des crimes ne puisse présider la Cour criminelle qui connaît de ces crimes ;
2° Que le droit de récusation soit admis contre les assesseurs adjoints de ces Cours criminelles ;
3° Que les Administrateurs chefs de province qui sont chargés de la justice par l’article 8 du décret du 9 juin 1896 n’aient pas d’attributions correctionnelles, mais uniquement de simple police – la confusion entre leurs mains des pouvoirs administratifs et judiciaires entraînant les plus graves abus ;
4° Que le nombre des magistrats soit augmenté de façon à ce que les vacances ne désorganisent pas le service et de façon à ce que la fonction de juge-président ne soit jamais confiée à un magistrat d’un grade inférieur à celui qui est indisponible ou en congé ;
5° Que le recours en annulation devant la Cour de Tananarive soit admis pour les indigènes jugés par la Cour criminelle de droit commun. En effet, les indigènes n’ont actuellement aucun recours contre ces décisions, alors que s’ils sont jugés par les tribunaux indigènes ils ont la garantie d’un arrêt d’homologation par la Cour de Tananarive. De sorte que la juridiction de droit commun est beaucoup plus dangereuse pour les indigènes que la juridiction d’exception et les indigènes des colonies françaises sont beaucoup moins bien traités que les étrangers et même les indigènes des pays étrangers résidant à Madagascar qui, eux, jouissent du recours en cassation.
Les Annales coloniales

Carnet mondain

Nous apprenons le prochain mariage de Mademoiselle Faucillon, fille de Madame et Monsieur Faucillon, entrepreneur de travaux publics, avec M. Mazier, employé des domaines.
Le Progrès présente ses félicitations et ses vœux de bonheur aux futurs époux.

Le Progrès de Madagascar

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13 septembre 2013

Il y a 100 ans : Les événements et les hommes

– Ça fait toujours plaisir : un nouvel évêché vient d’être créé à Fianarantsoa. Le nouvel évêque est Mgr Givelet, ancien supérieur de la mission catholique du Betsileo.
Gageons que ce saint homme est plus heureux sous le paternel gouvernement de l’aimable Albert Picquié que n’importe quel colon de la Grande Île !
– Un commerçant de Tananarive vient d’organiser un service de transports automobiles entre cette ville et Antsirabe. Les prix sont, paraît-il, assez abordables pour permettre à nombre de nos compatriotes d’imiter leur bouillant Gouverneur et d’aller faire leur petite cure au Vichy malgache.
– Comment se fait-il qu’au début de juillet on ait découvert un Chinois assassiné dans son arrière-boutique, à Tananarive, égorgé, assommé, éventré, simplement !
La caisse était cambriolée.
Nous qui pensions que depuis le fameux règlement sur les Antaimoronas, seuls coupables de tous les crimes commis dans la Grande Île, l’âge d’or allait renaître et la fleur de la plus pure vertu s’y épanouir au paisible sommeil gouvernemental !
Est-ce que nous nous serions trompés, ou bien serait-ce M. Picquié qui, après tout, malgré ses alliances et ses affections ultra-cléricales… n’est pas le Pape ?…
– L’aviation va prendre à Madagascar un nouvel essor. En effet, l’outillage attendu de France est arrivé actuellement à Tananarive.
Le terrain d’Androhibe, où fut installé le premier champ d’aviation, va être abandonné pour un aérodrome plus grand et plus favorable aux atterrissages.

Démenti

Un journal a annoncé hier que M. Xavier Loisy, inspecteur des colonies, chef de cabinet de M. Jean-Baptiste Morel, deviendrait sous peu Gouverneur des colonies et serait chargé de l’intérim du Gouvernement général de Madagascar jusqu’à ce qu’un successeur soit donné à M. Picquié.
On nous prie de déclarer que cette information est erronée en tous points : il n’a jamais été question de confier à M. Loisy aucun gouvernement, aucun intérim, pas plus à Madagascar qu’ailleurs.

Les Annales coloniales

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11 septembre 2013

Il y a 100 ans : L’art colonial et le palais de la Reine à Tananarive

Le Figaro annonce que M. Picquié, avec la collaboration de M. Louis Dumoulin, président de la Société coloniale des Artistes Français, va poursuivre l’organisation d’un musée d’art à Tananarive.
D’après M. Dumoulin, une quarantaine de ses confrères ont déjà spontanément offert des œuvres pour ce musée. Parmi ces artistes, on cite MM. Roll, Henri Gervex, Jean Beraud, Montenard, etc.
Ce musée, installé dans l’ancien palais de la Reine qui domine si pittoresquement la ville, sera orné non seulement de collections d’artistes français, mais encore d’artistes malgaches, car il y a dans l’Imerina de véritables artistes.
Les peintres malgaches, disait M. Louis Dumoulin qui a passé près d’un an parmi eux, sont pleins de goût, et dès qu’ils seront encouragés, ils se découvriront une personnalité et puiseront dans la nature même de leur pays des éléments d’art dont l’interprétation leur sera aisée.
Il n’est pas douteux que quelque jour certaines de leurs œuvres ne puissent prendre une place honorable à côté de celles des peintres et sculpteurs français, qu’aura choisies pour le musée de Tananarive M. Picquié.
Voilà certes, ajoute le Figaro, un groupement artistique qui ne manquera pas d’originalité. Mais faudra-t-il aller jusqu’à Tananarive pour voir un tel musée ?
Le voyage ne sera pas indispensable, car il y a un autre projet en perspective : celui d’un musée colonial permanent à Paris, musée où seraient exposées, avec les œuvres des artistes de la métropole, les peintures et les sculptures des artistes indigènes formés par l’école française.
P. D.
Le Tamatave

À la Chambre

L’entretien du câble Madagascar-La Réunion. – M. Gasparin, député, a demandé par question écrite, en date du 8 août 1913, au ministre du commerce, de l’industrie, des postes et des télégraphes de faire connaître approximativement le montant des sommes dépensées annuellement depuis cinq ans pour l’entretien du câble reliant la Réunion à Madagascar.

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9 septembre 2013

Il y a 100 ans : Une exécution capitale à Tamatave

Ce matin à 6 h., un indigène du nom de Toambo a été fusillé à Tamatave, au lieu ordinaire de ces sortes d’exécution, sur le bord de la mer, en face du magasin à pétrole.
Nos lecteurs se souviennent qu’il y a quelque temps, une boutique de Chinois, sur la route de Mahatsara, fut attaquée par des malfaiteurs indigènes. Des trois Chinois qui s’y trouvaient, un fut tué sur le coup, un autre blessé grièvement, et le troisième réussit à se sauver. Après quoi la boutique fut dévalisée par les malfaiteurs.
L’information a établi que ce crime avait été commis par trois indigènes qui, tous trois, ont été condamnés à mort. Malheureusement, l’un des trois n’a été condamné que par contumace, et un second a vu sa peine commuée en celle des travaux à perpétuité.
Le troisième, Toambo, est celui qui a été exécuté ce matin.
Malgré le soin qu’on avait eu de tenir cette exécution secrète, une foule nombreuse, tant d’Européens que d’indigènes, s’était rendue sur les lieux.
C’est la milice malgache qui a fourni le peloton d’exécution sous les ordres d’un adjudant indigène. Le feu a été exécuté avec une telle précision qu’on n’a entendu qu’un seul coup, et que les balles ont traversé le poteau même auquel le condamné était attaché.
Le sergent indigène qui accompagnait le peloton lui a donné le coup de grâce.
La justice humaine ayant accompli son œuvre, le corps du supplicié a été conduit au cimetière malgache par quatre hommes et un caporal de la police.
Le service d’ordre était assuré par la police assistée d’un fort détachement de tirailleurs.
Aucun incident à signaler.
Le Tamatave

À la Chambre

L’organisation d’une Trésorerie à Madagascar. – Un député avait demandé, par question écrite en date du 7 juillet, au Ministre des finances, quelles objections ont été formulées par son département au projet d’organisation d’une trésorerie locale à Madagascar.
Le ministre a répondu : « Le département des finances n’a été saisi d’aucun projet d’organisation d’une trésorerie locale à Madagascar. »

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8 septembre 2013

Il y a 100 ans : Le bassin de radoub de Diégo-Suarez (3)

(Suite et fin.)
Une discussion s’élevait-elle entre l’ingénieur et l’entrepreneur ? Le capitaine de frégate la tranchait, souvent contre l’avis du technicien responsable, au moins en théorie. Ce dernier s’inclinait parfois, parfois résistait. Dans cette deuxième hypothèse, le différend était porté devant le ministre, d’où des retards invraisemblables dans les règlements et parfois même dans la continuation des travaux.
Aussi, la direction technique changea-t-elle sans cesse. On vit défiler des officiers de l’artillerie coloniale, du génie, des ingénieurs civils, des officiers d’administration à la tête du service technique. Les mutations étaient le plus souvent déterminées par des conflits entre les ingénieurs civils ou militaires et le capitaine de frégate. Pour le choix des techniciens, la marine se préoccupait avant tout de leur grade, il fallait qu’il fût inférieur au capitaine de frégate, qu’il n’eût pas plus de quatre galons. Militaires du génie et de la coloniale étaient capitaines, du corps des ponts ils ne pouvaient être qu’ingénieurs ordinaires.
Ce que donnerait cette organisation, il était facile de le prévoir, et l’événement a tristement justifié les prévisions. Le bassin, commencé depuis douze ans, ayant englouti des millions, n’est pas achevé. La dernière bévue retardant son ouverture est de taille : les portes de fer, envoyées de France, étaient trop larges ! Il a fallu les retourner et on attend celles qui seront à la mesure.
La marine se désintéresse de l’achèvement. Fachoda est loin, l’entente cordiale vaut mieux que les points d’appui. La défense mobile sera supprimée un jour ou l’autre.
Les six torpilleurs, ridicules rafiots qui pendant toute la mousson ne pouvaient sortir de la rade et étaient d’une valeur militaire nulle, sont démolis et vendus : nous avons là-bas encore quelques marins sans bateaux, ils continuent.
Et la marine s’en ira, laissant en plan le bassin inutilisable, passant par profits et pertes les millions qu’il a coûtés.
Nous ne pouvons laisser s’accomplir un gaspillage si scandaleux.
Victor Augagneur.
Député du Rhône, ancien Ministre, ancien Gouverneur Général de Madagascar

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7 septembre 2013

Il y a 100 ans : Le bassin de radoub de Diégo-Suarez (2)

(Suite.)
Il en fut ainsi pour le bassin de Diégo-Suarez. Entre autres imprévisions ayant grevé le coût prévu de près de deux millions, je citerai la consistance excessive des fonds à draguer. Au lieu de boues, ou de terres se laissant facilement sucer ou enlever aux godets, les entrepreneurs tombaient sur des argiles d’une compacité de roc, résistant à toutes les machines. Il fallut forer des trous dans cette masse, la désunir à la dynamite et fragments, que l’eau, pénétrant dans les fissures, ramollissait et qui, moins résistants, finissaient par céder à la drague.
Puis survint un accident dont les conséquences furent très onéreuses. La souille du bassin était creusée en bordure de la falaise argileuse. Dès qu’elle atteignit six mètres de profondeur, la falaise entière se mit à glisser dans la mer. Pour prévenir un éboulement qui aurait amené l’écroulement des bâtiments établis sur le sommet de la falaise et eût comblé d’ailleurs le bassin, on fut amené à soutenir la côte par des murs cyclopéens.
Bien entendu, personne ne fut responsable ; les plans, dans leurs promenades de Madagascar à Paris, avaient pris le caractère d’œuvres anonymes : trop de monde y avait travaillé pour qu’il fût possible de démêler où, par qui et comment s’étaient introduites ces erreurs de prévision. L’élaboration du projet avait été dirigée, vous voyez comme : l’exécution ne fut pas moins singulière.
Constamment, il y eut des conflits, des discussions parce que la direction des travaux était fatalement confuse et incohérente.
Le capitaine de frégate, commandant la défense mobile, éleva souvent, trop souvent la prétention de donner des directions au personnel technique. Cet officier changeait tous les deux ans ; il y eut six ou sept frégatons à s’occuper du bassin de radoub. Tous n’avaient pas les mêmes idées, et plus d’un entendait faire prévaloir ses conceptions sur celles de l’ingénieur chef des travaux.
(À suivre.)

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6 septembre 2013

Il y a 100 ans : Le bassin de radoub de Diégo-Suarez (1)

Qui voudra juger, dans toute leur belle étendue, l’esprit de suite et la valeur administrative du ministère de la Marine ira à Diégo-Suarez. Là on lui montrera une forme de radoub, cachée au fond de la baie de la Nièvre, au pied d’une colline argileuse sur laquelle s’élèvent les bâtiments vastes et nombreux abritant l’état-major, les marins et les services du point d’appui. Tout auprès sont les ateliers d’un arsenal, de la marine aussi, outillés pour les travaux que comporte un bassin de radoub de l’importance de celui de Diégo, construit pour recevoir nos plus gros cuirassés.
La marine, après l’alerte de Fachoda, décida d’établir, dans les mers lointaines, des points d’appui pour nos flottes : Diégo-Suarez fut désigné pour être le relais et le refuge de nos vaisseaux dans l’Océan Indien. Une défense mobile y fut organisée : elle était constituée par six torpilleurs sous la direction supérieure d’un capitaine de frégate.
En même temps se dessinaient les plans et commençaient les travaux de construction. Sur la côte s’élevaient assez rapidement les bâtiments destinés à la garnison maritime, officiers et matelots, et ceux de l’arsenal. Les six torpilleurs étaient mouillés dans une darse, à peine terminée aujourd’hui, un dock flottant servait à les réparer.
L’établissement du bassin de radoub fut extrêmement laborieux, si laborieux qu’il n’est pas encore terminé.
Les travaux furent dirigés avec une charmante fantaisie. Les plans, dressés sur place, à la suite des sondages des fonds, de l’étude des terres de la côte, devaient être approuvés à Paris par des gens évidemment très expérimentés, mais ayant le malheur de n’avoir pas vu, de discuter sur des papiers, des rapports, au lieu de se décider d’après les faits.
Dans l’étude de ces projets, résultant de concessions mutuelles (ce qui est trop fréquent aux colonies) entre les données recueillies sur place et les avis des théoriciens opérant à distance, réside un vice originel qui pèsera lourdement sur l’avenir.
(À suivre.)

Les Annales coloniales

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5 septembre 2013

Il y a 100 ans : Retards inutiles dans la livraison des colis postaux

Un de nos lecteurs nous adresse la lettre suivante que nous nous empressons de publier.
Monsieur le Directeur du Tamatave,
Au nom d’un groupe de commerçants dont je fais partie, je vous signale la façon, pour le moins incommode, avec laquelle les colis postaux nous sont remis.
Soit que le local fût trop exigu, soit en raison des travaux de réfection de l’Hôtel des Postes, depuis un certain temps, les colis postaux, après leur vérification à la poste, sont retournés en vrac à la douane, où un nouveau classement est nécessaire, avant d’être remis aux destinataires.
De sorte que, outre le retard qui en résulte, retard causé par cette double manipulation, les destinataires sont obligés d’aller d’abord au bureau de poste acquitter les droits qui leur incombent, et de se rendre ensuite à la douane, où ils doivent attendre de longues heures que leurs colis soient retrouvés.
Autrefois, c’était dans les locaux mêmes de la poste que les colis, aussitôt leur vérification terminée, nous étaient livrés, séance tenante, par un vérificateur ou employé de la douane, qui venait en opérer le dédouanement.
Moins de travail pour les employés et plus de rapidité dans la livraison, tel était le résultat obtenu.
Aujourd’hui que les travaux de la poste sont terminés, qu’une grande salle pour les colis postaux a été bâtie, avec de vastes étagères pour les recevoir, à mesure de leur vérification et classement, ne pourrait-on revenir aux anciens errements, plus pratiques et plus expéditifs ?
Du reste c’est ainsi que cela se pratique actuellement à Tananarive où un commis en Douane est chargé, en qualité de vérificateur, du dédouanement des colis postaux, comme cela résulte d’une décision administrative publiée dans le Journal officiel du 12 juillet dernier.
J’ose espérer qu’il suffira de signaler ce fait à qui de droit, pour que satisfaction nous soit promptement donnée.
Veuillez agréer, Monsieur, etc.
F. B.

Le Tamatave

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4 septembre 2013

Il y a 100 ans : La haine de la France

Le temple protestant d’Avaratr’ Andohalo est devenu le centre d’une active propagande cléricale et anti-française depuis que le Comité de la « Jeunesse Chrétienne », autorisé par M. Picquié, y a élu domicile.
Nous apprenons, en effet, qu’en suite d’une série de conférences sur l’alcoolisme, inaugurées par le Dr Ranaivo et poursuivies par le sieur Rasafimahefa, membre de ce comité, le sieur Ravelojaona, l’un des membres les plus fanatiques de l’association, vient de donner libre cours aux rancunes protestantes contre les idées françaises.
Ce huguenot a solennellement déclaré que c’est parce que la race française est la plus alcoolique de la terre que la population de la France baisse lamentablement. Il a ajouté, montrant ainsi ses grandes oreilles, que notre pays était aussi le pays des libertins, et en a profité pour établir un parallèle tout à l’avantage de l’Angleterre, pays de boissons hygiéniques et de bonnes mœurs.
Si bien choisi que fût l’auditoire, beaucoup d’indigènes ont murmuré contre ces déductions étroites et tendancieuses.
Il se peut que l’alcool soit nuisible à la race, mais le président à robe courte aurait dû savoir que nos populations les plus prolifiques sont souvent les plus alcooliques, à preuve nos populations arriérées de Bretagne où l’alcoolisme se concilie parfaitement avec le sectarisme religieux. Il aurait dû savoir aussi que, si notre population n’augmente que lentement, elle est loin de diminuer puisque, de 36 millions en 1870, elle a monté à près de 40 millions à ce jour.
Il ne devrait enfin pas ignorer que l’Angleterre ne consomme pas que du thé et que le whisky y est en particulière faveur.
Tout cela ne compte pour rien pour des cerveaux obtus dont le sectarisme ne sait qu’une chose : l’antinomie de la France libertaire avec le dogmatisme clérical.
Et pourquoi se gêner : M. Picquié, le représentant de la République, n’a-t-il pas constamment la bouche en cœur pour accueillir les prêches missionaristes ?
Marianne est bonne fille, mais qu’on y prenne garde, elle pourrait se fâcher.

Le Progrès de Madagascar

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3 septembre 2013

Il y a 100 ans : Moi seul…, et c’est assez

De cerveau trop débile pour concevoir quelque grand dessein, l’actuel Gouverneur Général de Madagascar se complaît aux méchancetés mesquines, aux petites roueries malfaisantes d’un gamin rageur et grognon. Peu importerait, s’il n’en résultait pour la colonie et ses habitants les conséquences les plus déplorables.
Entre beaucoup d’autres choses, la santé de ses administrés laisse Micromégas totalement indifférent. Il lui semble amusant de brimer certains médecins pleins de mérites et de dévouement, mais de caractère trop indépendant pour lui plaire ; de priver de médecins, de longs mois durant, des populations qui ne le prennent point du tout pour un grand homme et le lui disent ; de « saboter » enfin, le mot n’est pas trop fort ; le service de santé.
Les hôpitaux et les postes dépendant de l’Assistance médicale indigène sont dépourvus des instruments et des médicaments les plus indispensables. Entre cent exemples, on peut citer une maternité où il existe un seul bock injecteur et une seule canule vaginale pour six ou huit femmes en couches, et pas un gramme de coton hydrophile.
Mais tout cela ne touche point Micromégas qui se désintéresse entièrement de la santé des autres pour ne s’occuper que de sa santé à lui, sa chère, précieuse et fragile santé. Ah ! sur ce chapitre, par exemple, notre homme est d’une sollicitude, d’une vigilance à toute épreuve. Dût Madagascar en périr, il n’écourterait pas d’un jour sa saison aux eaux bienfaisantes d’Antsirabe. Les affaires les plus urgentes peuvent attendre, et les dossiers s’entasser sur sa table, pourvu que sur ses jambes flageolantes et précautionneusement emmitouflées, le podagre claudicant puisse faire sa petite – oh ! toute petite ! – promenade quotidienne.
Et voilà comment, à Madagascar, la santé de Micromégas est la seule qui compte. Malgaches naïfs, colons infortunés, sachez-le bien : sous le règne de Micromégas l’impotent, vous n’avez pas le droit d’être malades…

Les Annales coloniales

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2 septembre 2013

Il y a 100 ans : Vatomandry

On nous écrit :
M. le Gouverneur Général nous envoya, dit-on, un Chef de Province, les poches bourrées de bonnes intentions, l’enfer en est pavé. L’on ajoute que notre Premier reçut également des ordres très nets et très précis, entre autres : « Celui d’administrer lui-même et de le faire sainement, justement sans coteries »…
Eh bien, comment notre « Honorable » s’acquitte-t-il de sa tâche ?
Administre-t-il lui-même ou se laisse-t-il berner par quelques personnages intéressés, ou quelques sous-fifres de son entourage ?… Aurait-il déjà oublié que son prédécesseur fut soigné d’une très piteuse façon, parce qu’un de ses subordonnés associé à un grand manitou s’étaient complus à le flanquer dans la mélasse ! – Ne commencerait-il pas déjà à faire la tête aux têtes qui ne lui plaisaient pas, lors du règne de l’illustre Cartron !
N’aurait-il pas déjà donné des preuves tangibles du souci qu’il a des intérêts qui lui sont confiés ; des intérêts financiers de la Colonie, nous voulons dire en « oubliant » purement et simplement de reporter sur les rôles de perception des taxes de 1913, 6 ou 700 bœufs appartenant à certain propriétaire. Maître Cartron lui fit jadis bien des passe-droits, mais le souci de la vérité nous oblige à reconnaître qu’il n’alla cependant pas jusqu’à lui sacrifier les finances de la Colonie.
Il serait intéressant de connaître l’avis du Gouverneur Général sur ce petit tour de prestidigitation ; si beaucoup de fonctionnaires s’en permettaient souvent de pareils, M. Picquié serait moins fier de la caisse d’avance.
Continuez, M. le Chef de Province ! vous auriez tort de vous gêner, où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir, dit un vieux proverbe.
Hixe.
P.-S. Quelques broussards se réveillèrent stupéfaits l’autre matin… ils aperçurent des Malgaches pressés par bandes et armés d’angady… « Nettoyage des chemins », entendirent-ils…
Hélas ! après information, on sut que les Malgaches ne devaient nettoyer que les chemins par où devait passer l’administrateur zélé, flanqué de son chef de district.

Le Progrès de Madagascar

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